Bonjour à tou(te)s, j'espère que vous allez bien ! Voilà le chapitre 4 : je vais essayer de publier un nouveau chapitre chaque samedi mais ne m'en voulez pas si je ne respecte pas toujours ce plan; ce sera pour la bonne cause ;)

Je voulais juste savoir, les gens qui suivent l'histoire et qui ont laissé des reviews pour les premiers chapitres mais qui ne le font plus depuis un moment, est-ce que c'est parce que vous vous êtes lassés de ma fic ou parce que vous êtes tous en train de vous dorer la pilule sous les cocotiers ? Simple curiosité X) Sachez que les reviews c'est aussi pour dire ce que vous n'aimez pas, donc n'hésitez pas :)

Suggestion musicale: "Counting Bodies Like Sheep To The Rythm of the War Drums" par "A Perfect Cycle"

Sur ce, bonne lecture !


- Putain de merde, Bobby, répète-moi ça ?! s'écria Dean en frappant la table de la salle de réunion du plat de sa main valide.

- Je comprends ta frustration, fiston, mais cela ne sert à rien de t'énerver contre moi. L'arme ne peut pas être répliquée… en tout cas pas par des humains. Je ne sais même pas quel métal, voire quels métaux la composent et encore moins dans quelle proportion ! Navré, mais on va devoir se contenter de celle qu'on a.

Dean fulminait. Des jours qu'il se terrait parmi les rats comme un criminel, à guérir ses blessures à coup de whisky et de patience. A faire le même cauchemar nuit après nuit. A mentir chaque matin quand Sam s'enquérait de la raison des cernes sombres sous ses yeux. Est-ce que c'est à propos de Papa ? Quelque chose comme ça.

- C'était prévisible, je suppose, soupira Dean en se levant pour faire quelques pas, le dos tourné. On a besoin d'un nouveau plan.

- Eh bien, il nous faut plus de Lames, sinon on n'a aucune chance contre les anges… dit Sam en apportant trois bières, dont une qu'il ouvrit pour son frère, son bras étant toujours immobilisé par une attelle.

- Exactement, répondit son aîné après en avoir bu une grosse gorgée. Et pour ça, nous avons besoin d'anges. Mais pas tous les anges en portent… Donc…

- Il faut trouver lesquels en portent. Si on a leur nom, on pourra les invoquer, enchaîna Bobby.

Dean extirpa doucement la Lame de sa boîte et un sourire diabolique étira sa bouche:

- Et pour avoir ces noms… Il faudra les soutirer à nos chers angelots, finit-il en regardant l'arme tourner entre ses doigts.

Le reflet argenté de cette dernière vacilla dans ses iris vert olive, matérialisation du feu vengeur qui brûlait en lui.


Quelques jours plus tard, Sam remonta à la surface vêtu d'un long manteau en laine effilée. Une barbe mangeait son visage anguleux et ses cheveux mi-longs étaient tirés en arrière, cachés sous un bonnet miteux. Après avoir repositionné la plaque d'égout, il se mêla discrètement à la foule sur le trottoir, ni vu ni connu; personne ne prêtait attention aux clochards.

Il n'eut pas à faire vingt mètres qu'il croisa un ange, descendant la rue en sens inverse.

- M'sieur l'ange, hé, m'sieur l'ange, fit-il d'une voix rauque en tirant sur la manche du veston anthracite de l'intéressé.

L'être retira brusquement son bras comme s'il avait la peste. L'aversion était perceptible sur ses traits encore emprunts de jeunesse; il avait l'air d'avoir à peine la majorité.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

- J'ai des infos… Sur le mec à la TV, là.

Il avait à présent toute son attention.

- Vraiment ?

- Oui… Mais j'veux d'abord qu'on discute d'ma récompense.

- Bien sûr, monsieur… ?

- Jack. Suivez-moi, j'connais un endroit tranquille ou personne essaiera d'me faucher mes infos, chuchota-t-il en lançant des regards suspicieux aux passants qui commençaient à les regarder avec curiosité.

- … Je vous suis. J'espère que vous ne me faites pas perdre mon temps.

Sam pouffa de rire :

- Oh non, m'sieur l'ange, j'oserai pas !

Il entraîna l'ange deux blocks vers l'ouest et le fit pénétrer dans une vieille scierie désaffectée.

- C'est là qu'je crèche, expliqua Sam pour dissiper sa méfiance.

- Je n'en ai que faire. Parlez maintenant…

Encore quelques pas…

- … je commence à perdre-

L'ange s'arrêta subitement au milieu de la salle. Incrédule, il regarda ses pieds, puis le sol couvert d'une fine couche de sciure. Sam s'approcha pour épousseter délicatement la poussière qui camouflait un Piège Angélique peint en rouge.

- Non… ce n'est pas possible… !

- Et pourtant si ! retentit une voix enjouée dans le hangar désert.

- Qui êtes-vous ?! Montrez-vous !

Dean émergea de l'ombre d'une machine aux rouages rouillés.

- Dean Winchester. Et lui, c'est mon frère, Sam.

L'ange se raidit brièvement avant d'écarquiller les yeux, ahuri.

- Oups… Je crois que « radio-anges » ne capte pas ici, dit Dean en pointant du doigt les dizaines de sceaux qui parsemaient les parois de tôle ondulée, cachés parmi les graffitis.

Sam alla s'appuyer contre une colonne en béton, les bras croisés, tandis que son frère se rapprochait de l'ange d'une démarche confiante.

- Bon sang… que voulez-vous ?

- Ici c'est moi qui pose les questions, sale emplumé, siffla Dean à quelques centimètres de son visage.

L'ange lui lança un regard mauvais mais ne répliqua pas.

- Bien… Tu vois, on aurait besoin de plus de joujoux comme celui-ci.

Il sortit la Lame de la doublure de sa veste kaki et le visage de son interlocuteur se décomposa.

- Ouais, tu reconnais ça, pas vrai ?

Sans crier gare, Dean appuya l'arme contre la gorge de l'ange, juste sous son menton, le faisant glapir de peur.

- Tu sais aussi ce qu'elle peut faire...

Sam grimaça; son frère prenait visiblement beaucoup de plaisir à exécuter sa mission.

- Je veux les noms de tous les anges qui portent des Lames.

L'ange sembla hésiter un instant, cependant, la loyauté l'emporta sur la crainte :

- Je ne peux pas vous les donner.

Dean hocha la tête, l'air de comprendre. Puis il planta la Lame dans sa cuisse, pivotant le manche pour ouvrir davantage la plaie. Une lumière blanche aveuglante jaillit de la blessure et l'ange hurla de douleur.

- Sam, bâillonne-le, sinon il va ameuter tout le quartier, jeta nonchalamment Dean par-dessus son épaule.

Sam s'exécuta. Un frisson parcourut son dos lorsqu'il vit les yeux de son aîné alors qu'il enfilait un torchon dans la bouche de l'ange; rivés sur ce dernier, aussi sombres que deux puits mortels, il était méconnaissable.

- Alors où en étais-je… Ah oui.

Il poignarda l'ange à nouveau, dans le creux formé par sa clavicule cette fois-ci. Ensuite, ce fut le tour de son ventre. Ses cris étouffés résonnèrent dans la scierie, s'affaiblissant de plus en plus à mesure que la lumière quittait son corps.

- Dean, arrête ou il va mourir avant qu'on ait eu nos réponses ! s'inquiéta Sam.

Mais Dean ne l'écoutait pas. Il n'écoutait que la rage qui bouillonnait sous sa peau et poussait sa main à frapper l'ange encore et encore. Ses lèvres tressautaient à chaque coup de poignard, découvrant ses dents par intermittence comme un loup grondant de colère et une pensée glaça le sang de Sam : il aime ça.

- Dean !

- Je sais ce que je fais ! Rien ne t'oblige à rester si tu n'apprécies pas le spectacle...

Sam haussa les sourcils, scandalisé.

- Le « spectacle » ?!

- Façon de parler… tu n'as aucun humour, ma parole.

- Pas quand j'aide mon frère à torturer quelqu'un, non !

- « Quelqu'un » ?! Putain, Sam, c'est qu'un monstre ! Maintenant fiche le camp d'ici et laisse-moi finir le boulot !

Le cadet pinça les lèvres et sortit du hangar. Les mains sur les hanches, il regarda le ciel crépusculaire au-dessus de sa tête et tenta de se convaincre que c'était la seule solution. Qu'il fallait parfois se salir les mains pour le bien du plus grand nombre. Mais le visage inexpressif de Dean hantait sans cesse sa mémoire. Il avait découvert aujourd'hui une part de lui qu'il n'aurait jamais souhaité voir. Une part si obscure, si malfaisante, qu'il se demanda comment il avait pu la manquer parce qu'assurément, elle n'avait pu naître du jour au lendemain. Doit-on devenir soi-même un monstre pour en vaincre d'autres ?

Dès qu'il fut seul, Dean arracha la chemise de l'ange et lui infligea des coupures plus nombreuses mais moins profondes sur chaque centimètre de peau à découvert, complètement insensible aux geignements que poussait l'être à chaque fois que le métal déchirait sa chair avec une aisance surnaturelle.

Lorsqu'il ne fut plus qu'une silhouette brillant de mille feux et dégoulinante de sang, l'ange craqua. Dean retira le morceau de tissu qui lui obstruait la gorge.

- Pitié, je vais vous les donner… arrêtez, je vous en prie !

- Je t'écoute.

- Il y a… Zachary, Uriel… Bartholomée, Naomi, et Michel. Castiel en avait une aussi; celle que tu tiens.

Dean sourit, l'air songeur, puis roula le nom sur sa langue:

- Castiel… C'est donc ça, son nom.

- Je ne sais pas ce que vous comptez faire de ces noms mais vous allez droit au suicide! Vous avez eu de la chance avec Castiel mais cela ne se reproduira pas. Nous allons vous trouver, vous et les autres rebelles, et nous allons vous massacrez comme nous avons massacrés votre p-

La bouche de l'ange forma un « o » avant de s'illuminer de l'intérieur, suivie par ses narines et ses orbites. Dean retira la Lame de son cœur et le laissa tomber à la renverse. Deux grandes ailes noires s'imprimèrent aussitôt sur le sol de chaque côté du cadavre, transformant les copeaux de bois en cendres crépitantes.

Alerté par le cri strident et la lueur éblouissante, Sam revint au pas de course dans la salle et contempla l'ange, stupéfait.

- Il est… mort ?

- On dirait bien.

- Ces traces… c'était ses ailes.

Ce n'était pas une question, juste une remarque dite à mi-voix. Dean se tourna vers Sam, tout en essuyant la Lame avec le bâillon.

- J'ai les noms. On nettoie ce bazar et tu en attires d'autres ici. Il faut qu'on soit sûrs qu'il ne nous a pas baratinés. Il nous faut aussi plus d'infos sur ces anges. Rôle, statut dans la hiérarchie, éventuels points faibles, etc…

Sam fronça les sourcils, perdu.

- Pourquoi n'avoir pas demandé tout ça à celui-ci ?

- Il faut diminuer leur nombre un maximum… Il sont quoi, des milliers, et nous, nous sommes à peine une centaine !

Dean reporta son attention sur sa victime et eut un sourire qui n'atteignit pas ses yeux.

- Et bon, je me suis un peu emporté…


Bobby approuva le plan; Sam n'eut d'autre choix que d'appâter plus d'anges. Et plus Dean en torturait, plus il s'améliorait. Il arrivait désormais à les faire parler en quelques minutes seulement. Certains parvenaient à lui résister, toutefois, ils finissaient comme les autres : morts, leurs ailes carbonisées.

Cela révoltait Sam autant que cela l'effrayait, mais il devait admettre que son frère était doué. Et terriblement efficace.

Les anges tombaient tous dans le panneau avec une facilité déconcertante. En même temps, les Winchesters ne laissaient aucun témoin pour aller leur dire de se méfier de telles manœuvres.


Un jour, Sam ramena un ange qui portait un trenchcoat à Dean. A par cette différence d'accoutrement, il lui avait paru ordinaire.

Pourtant, devant la porte de service de la scierie, il avait posé deux doigts sur son front et il avait perdu connaissance.

L'ange avait ensuite pénétré dans le hangar, silencieusement. Il avait scruté l'obscurité de ses yeux couleur saphir et avait déclaré d'une voix de stentor :

- Je sais que tu es là. Je te conseille de sortir si tu veux qu'aucun mal ne soit fait à ton complice.

Dean avait juré dans sa barbe, reconnaissant cette voix entre mille. Comment l'avait-il retrouvé ? Comment avait-t-il su que c'était un piège ? Et surtout, avait-il vu les symboles ? S'il les avaient vus, il se retrouverait à sa merci. Il aurait pu s'enfuir mais il n'avait même pas envisagé cette option.

Car il tenait Sam.

Alors il avait vérifié que la Lame était à sa place dans sa poche, pris son courage à deux mains, et fait face à son adversaire pour le deuxième round.


Ce chapitre est un poil plus court que le précédent, je suis désolée, mais je ne pouvais pas couper à un moment plus opportun^^' Le prochain s'annonce électrique et sûrement plus long par contre. Il sera plutôt porté sur Castiel et sa personnalité.