Salut à tous, voilà le chapitre 6, qui est plus long que tous les précédents pour me faire pardonner d'avoir sauté une semaine ;) Il s'y passe beaucoup de choses alors accrochez vos ceintures et garder les bras dans le véhicule...


- J'en sais rien, répéta Dean pour la dixième fois déjà.

Tout semblait se résumer à cela depuis que Castiel les avait laissé partir quelques heures plus tôt; on ne lui posait que des questions auxquelles il n'avait pas de réponses. Sam était en colère parce que cela n'avait aucun sens mais, Dean s'en doutait, également parce qu'il s'était fait mettre K.O. par l'ange sans rien avoir vu venir. Assis entre les deux frères, Bobby les écoutait se chamailler, un verre de tord-boyaux à la main.

- Mais ce qui me dépasse le plus, c'est pourquoi il t'a guéri des blessures qu'il t'avait lui-même infligées…

- Écoute, Sam, je ne suis pas dans sa tête, ok ? Il s'est excusé pour ça puis il m'a soigné, c'est tout, dit Dean en haussant les épaules. Il avait vraiment l'air de regretter ses actes…

Sam et Bobby le fixèrent sans mot dire, sidérés par son apparente désinvolture.

- Quoi ? J'ai un truc sur le visage, c'est ça ?

- Dean… Je crois que ce que Sam essaie de te dire, c'est que tu ne devrais pas prendre cette histoire à la légère. Cet ange se comporte bizarrement, et peut-être qu'il a juste un faible pour toi – à condition que les anges soient équipés pour – ou peut-être – et c'est malheureusement plus probable – qu'il essaie de gagner ta confiance pour ensuite te pousser à nous trahir. N'oublie pas ce que sont les anges, déclara solennellement Bobby.

La crainte que lui évoquèrent ces paroles fut aussitôt remplacée par de la colère, dans un réflexe de défense purement inconscient :

- Tu ne le connais pas, Bobby, et toi non plus, Sam ! Moi oui, et croyez-moi, je suis doué pour cerner les gens : il était sincère. S'il l'avait voulu, il nous aurait capturés Sam et moi et nous aurait torturés jusqu'à ce que l'un de nous craque. Encore mieux, il m'aurait suivi jusqu'ici, auquel cas cet endroit serait déjà réduit en cendres à l'heure où l'on parle.

Silence contemplatif. Bobby ôta sa casquette et se frotta le crâne en soupirant.

- J'espère que tu as raison, fiston. Je t'en prie, promets-moi au moins de rester vigilant si tu devais le recroiser.

- Ouais, ouais, répondit Dean en terminant sa bière d'une traite, pressé de changer de sujet.

C'était sans compter Sam, qui sembla avoir une illumination :

- Attendez, peut-être que l'on devrait se réjouir au lieu de s'inquiéter.

- Comment ça ?

- Si cet ange craque pour Dean et qu'il a des remords pour ce qu'il lui a fait, on pourrait se servir de lui… Imaginez à quel point on serait forts avec un ange dans nos rangs ! Et pas n'importe quel ange en plus, un séraphin !

Bobby haussa les sourcils d'un air appréciateur alors que Dean fronça les siens d'un air scandalisé.

- Il a pas tort, même si ça reste risqué…

- Je rêve, vous voulez que je lui fasse les yeux doux pour qu'il rejoigne notre cause ?! Pourquoi ai-je l'impression d'être la fille qu'on marie au prince du royaume adverse pour assurer le respect du traité de paix ?

- Allez, princesse, qui sait, ça pourrait se révéler tout bénéf', le taquina Sam avec un clin d'œil complice.

- Vous me dégoutez, tous les deux, grimaça Dean en pensant voilà exactement pourquoi j'aurais dû rester dans le placard.

- Cela ne t'avait pas dérangé de le charmer pour voler sa Lame, pourtant, lui rappela Bobby.

- Oui, mais là… c'est différent, se défendit Dean sans trop savoir pourquoi ça l'était.

- Très bien, à toi de voir, Dean. On n'essaie pas de te marier, loin de là. Je n'aimerais pas d'un ange comme gendre, après tout, plaisanta Bobby, faisant glousser Sam.

Mais Dean ne rit pas; il était bien trop troublé pour cela. Il était partagé entre la raison qui lui disait que l'idée de Sam ne manquait pas de génie et entre la morale qui lui disait, elle, que jamais il ne devrait jouer ainsi avec les sentiments de quelqu'un, fût-il un ange. Quelques semaines plus tôt, il aurait sûrement accepté de jouer le jeu sans faire d'histoire, alors qu'est-ce qui avait changé entretemps ? Pourquoi ne pouvait-il se résoudre à berner l'ange encore une fois ? Pourquoi ce qu'il penserait ou non de lui comptait-il désormais ? Tout ce qu'il savait, c'est qu'il jouait avec le feu, un feu qui était susceptible le dévorer dès que le vent soufflerait dans sa direction et dont il pouvait déjà sentir déjà la brise sur sa peau.

Soudain, la porte de la salle de réunion s'ouvrit et un Noir du même âge que Bobby annonça :

- Hé les gars, votre experte est arrivée. Je vous l'envoie ?

- Oui, merci, Rufus, répondit Bobby.

- Quelle experte ? demanda Dean une fois qu'il fut reparti.

- Tu te rappelles de la vidéo qu'on avait filmée au début de cette année ?

Dean dut chercher un instant dans sa mémoire.

- … Ouais ?

- Sam a trouvé quelqu'un qui saura la diffuser.

Bobby termina son verre de scotch avant de le reposer sur la table d'un geste empreint de gravité.

- Les garçons, il est grand temps de donner un coup de pied dans la fourmilière.


Castiel patientait à nouveau dans la salle d'attente au Paradis. Il regardait la pendule contre le mur et se répétait mentalement l'histoire qu'il avait élaborée de toutes pièces en espérant qu'elle serait assez crédible pour ne pas éveiller les soupçons de Michel.

La porte s'ouvrit plus rapidement qu'à sa dernière visite, le prenant par surprise; il était temps de mettre son mensonge à l'épreuve.

- Bonjour Castiel, entre.

- Merci.

Les deux anges s'installèrent face à face dans le bureau, comme à leur habitude.

- Alors, où en est ton enquête ? s'enquit Michel en croisant les jambes, faisant couiner le cuir de son fauteuil.

- Les rebelles sont toujours introuvables…

Castiel vit les muscles de la mâchoire de son supérieur se contracter.

- … mais nous avons retrouvé l'un des locataires du bâtiment qui avait explosé à proximité du commissariat. Nous sommes en train de l'interroger afin de savoir pourquoi il avait quitté son domicile une heure avant sa destruction, et où sont les autres locataires. Je pense qu'ils ont été payés par la Résistance pour abandonner l'immeuble puisqu'aucun corps n'a été retrouvé dans les décombres.

- Je vois… a-t-il parlé ?

Castiel se raidit.

- Malheureusement, pas encore… Il s'agit d'une vieille dame et elle n'a plus toute sa tête.

Michel plissa ses yeux de glace. Castiel soutint son regard inquisiteur du mieux qu'il put.

- Castiel, il est très important que tu retrouves ces rebelles… Tu comprends ? dit-il d'une voix mielleuse qui provoqua un frisson désagréable chez l'intéressé.

Le séraphin n'aimait pas la tournure que prenait la discussion au fond de lui grandissait une angoisse qui surpassait le simple mauvais pressentiment.

- … Oui, Michel.

- Parfait.

Tout d'un coup, l'archange claqua des doigts et Castiel se retrouva dans une pièce entièrement close au plafond sillonné de néons éblouissants. Il essaya de bouger mais ses jambes et ses bras étaient pris dans quatre étaux métalliques rattachés à ce qui ressemblait à s'y méprendre à une chaise de dentiste.

Une peur terrible lui noua la gorge tandis qu'un ange se matérialisa à ses côtés, une femme d'âge mur qui était néanmoins parvenue à conserver la beauté de sa jeunesse.

- Eh bien, Castiel… Je ne compte plus le nombre de fois où tu as passé entre mes mains.

- Qui êtes-vous ? Libérez-moi ! gronda Castiel en se débattant vainement.

- Cela n'a aucune importance. Un Fidèle nous a reporté ton comportement… altruiste, à l'hôpital. Michel est préoccupé.

Elle empoigna sa cravate bleue pour l'attirer violemment à elle, son visage à quelques centimètres du sien, l'air de chercher quelque chose qui devrait transparaître sur ses traits :

- Tu as vraiment un défaut de fabrication, n'est-ce pas, Castiel ? On continue à te reprogrammer, mais la… fêlure dans ton châssis finit toujours par se rouvrir, encore et encore… Heureusement que je suis là.

Elle le recoucha sur la chaise et lui immobilisa la tête à l'aide d'une sangle qui passait sur son front.

- Attendez, qu'est-ce que vous faites ?! Ne me touchez pas ! paniqua Castiel.

- Détends-toi, tout va bien se passer, lui dit-elle en approchant l'aiguille d'une fraise du coin intérieur de son œil.

L'instrument s'enfonça en vrombissant dans son orbite et Castiel hurla de douleur.


- Salut ! Charlie Bradbury... geek informatique et nerd de manière générale, se présenta une jeune femme rousse en souriant timidement. Tout le monde confond les deux termes, mais ils ne veulent pas dire la même chose…

Bobby, Sam et Dean se levèrent pour la saluer avant de l'inviter à s'assoir.

- C'est un plaisir de te rencontrer, Charlie. Je dois te dire que la rapidité avec laquelle tu as réussi mon défi m'a impressionné, lui dit Sam avec respect.

- Oh, merci, ce n'était pas grand-chose, tu sais, après avoir piraté la base de données du FBI…

Ce qui était selon elle une simple promenade de santé stupéfia les trois hommes.

- Oui, j'imagine… mais dis-moi, tu sais pourquoi tu es là ? poursuivit Sam.

- Ton code n'était pas évident à comprendre même une fois déchiffré, mais j'ai compris à travers tes métaphores que vous vouliez renverser le gouvernement des anges, restaurer la démocratie, tout ça…

- Exactement. Nous faisons partie de la Résistance Terrestre et nous sommes ses derniers membres. Malheureusement, les branches européennes et asiatiques ont été décimées par les anges il y a une dizaine d'années. Nous sommes le dernier espoir de l'humanité et nous avons besoin de ton aide, de ton talent pour diffuser une vidéo ainsi que des images à large échelle, tout en contournant la censure.

Charlie roula des yeux en se pinçant les lèvres.

- Okay… ça ne va pas être du gâteau mais c'est faisable. Je ne pourrais pas les diffuser plus que quelques heures avant qu'elles ne soient retirées du Net par contre les anges les supprimeront bien assez tôt. Le plus sûr moyen serait d'envoyer ces infos à un maximum de personnes par e-mail et espérer que certaines d'entre elles seront assez futées pour les enregistrer, les mettre sur clé USB ou les rediffuser à leur tour.

Sam soupira de soulagement. Leur plan, aussi fou fût-il, était « faisable ».

- Parfait… Est-ce que tu pourrais aussi diffuser la vidéo à la télé et sur les panneaux publicitaires ?

- Oui bien sûr, il suffit de prendre le contrôle des bons satellites.

Sam sourit comme un père fier de sa fille surdouée. Charlie lui rendit son sourire, hésitante mais enthousiaste.

- Alors… comment on procède ?

- Eh bien, je m'y connais bien moins que toi en informatique, alors je pensais que tu pourrais me montrer comment pirater les satellites, pendant que toi, tu t'introduirais dans le serveur central.

L'enthousiasme de Charlie diminua nettement.

- Tu veux dire… Le serveur central des États-Unis aka l'Étoile de la Mort, contrôlée par un paquet d'anges et super-surveillée ? L'énorme bâtiment au centre-ville, là ?

Elle rit d'un air incrédule.

- Oui. On s'est déjà débrouillés pour t'obtenir une carte d'employé qui te permettra d'entrer, mais pour la suite… Il faudra que tu sois discrète. Tu rentres, tu prends le contrôle du serveur, tu désactives l'algorithme de censure, tu mets les infos en ligne et tu ressors en vitesse pour sauter dans le premier taxi qui te ramènera directement ici. Nous assurerons ensuite ta sécurité.

La jeune femme resta silencieuse, les doigts crispés sur sa sacoche recouverte de badges multicolores.

- Si tu ne le sens pas, personne ne t'y oblige, lui dit gentiment Dean en cherchant son regard. Tu es libre de repartir. C'est extrêmement dangereux et si tu acceptes de le faire, ta vie ne sera plus jamais comme avant. Tu seras comme nous dans leur ligne de mire et tu devras te planquer jusqu'à ce que tout soit terminé.

Charlie releva la tête, ses yeux noisette brillant de passion et de détermination :

- Repartir comme si de rien n'était, alors que j'ai une chance de renverser l'Empire ? Ce n'est pas ce que Princesse Léia ferait. S'il y a bien une chose qu'elle m'a appris – à part le fait que je suis lesbienne – c'est bien qu'il ne faut jamais laisser la peur guider nos choix et que seul le bien du plus grand nombre compte.

Ce fut au tour de Dean de sourire fièrement.

- J'aurais pas dit mieux ! Juste par curiosité… quand elle est en bikini dans « Le Retour du Jedi » ?

- Ouaip.

Dean hocha la tête avec ferveur. Oh, comme je te comprends. Sam se racla bruyamment la gorge :

- On pourrait en revenir, à, vous savez, sauver le monde, etc. ?


C'était l'heure de la sortie des bureaux et la ville entière se retrouva inondée de pendulaires qui rentraient chez eux, silhouettes mornes qui s'écartaient du chemin des anges comme un banc de sardine fendu par des requins affamés.

Soudain, les panneaux publicitaires se mirent à grésiller au-dessus de leurs têtes, l'image de la dernière voiture à la mode trembla et se couvrit de neige avant d'être remplacée par une vidéo de deux jeunes hommes en chemise à carreaux. Les uns après les autres, les passants levèrent les yeux du trottoir, décollèrent leur téléphone de leur oreille et fixèrent les écrans, curieux. Les anges firent de même avec perplexité.

« Bonjour à tous. Moi, c'est Sam Winchester, et lui, c'est mon frère, Dean. Nous sommes membres de la Résistance Terrestre et nous sommes là pour vous donner quelques trucs qui vous laisseront une chance contre les anges, qui restaureront une certaine égalité des armes. Mais assez parlé, nous n'avons pas beaucoup de temps. Dean, c'est à toi.

Chers concitoyens, ouvrez bien vos esgourdes. Première leçon : comment faire un Sceau d'Expulsion. »

Paniqués, les anges de tout l'État s'interrogeaient par télépathie, se regroupaient sur la chaussée et tentaient d'empêcher les gens de voir le reste, les assommant si nécessaire, mais ces derniers étaient trop nombreux.

« Deuxième leçon : comment faire un Piège Angélique. »

Castiel regardait lui aussi la vidéo depuis la vitrine d'un magasin d'électronique, une ride profonde séparant ses sourcils froncés. Ses poings serrés tremblaient de chaque côté de son corps.

« Et pour finir, troisième leçon… comment tuer un ange. »

Dans sa rage, le séraphin fit exploser chaque télévision du quartier à un kilomètre à la ronde.

« Certains anges portent des poignards argentés. C'est la seule arme qui peut les tuer, d'après nos connaissances. Attention, quand ils sont vraiment crevés, des ailes de cendre s'impriment sur le sol derrière eux. Alors ne détalez pas avant de vous assurer qu'ils soient bien morts. Voilà, c'est la fin de notre message. J'espère que vous avez tout enregistré, parce que n'oubliez pas ce qu'on dit : le savoir, c'est le pouvoir. Et c'est aujourd'hui plus que jamais vrai. Ah, et n'oubliez pas de consulter vos mails. Alors qu'en dites-vous… vous êtes partants pour nous aider à leur reprendre notre monde, à ces foutus emplumés ? »

Les deux frères saluèrent leurs téléspectateurs à la manière des militaires et un énorme W rouge apparut sur fond noir.


Charlie sortit du serveur central si vite qu'elle trébucha sur les marches de l'entrée; elle se redressa en jetant des coups d'œil paranoïaques alentours avant de héler le premier taxi qui passa devant elle. La voiture s'arrêta, elle s'y engouffra et énonça sa destination d'une voix chevrotante.

Le taxi se réintégra dans le trafic et le bâtiment imposant se fit de plus en plus petit dans le rétroviseur.

- C'est bon, Charlie, tu l'as fait… respire, tu l'as fait.

Charlie prit une profonde inspiration puis expira bruyamment, avachie sur la banquette arrière.

- Tout va bien, mademoiselle ? s'enquit le chauffeur, plus par habitude que par réel intérêt.

- Ou-oui, merci, juste une journée stres- attention !

Un homme vêtu d'un long trenchcoat beige se tenait au milieu de la route.

- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?! s'étonna le conducteur en plantant sur les freins.

La jeune femme se cramponna au siège de devant pour ne pas être projetée contre le parebrise et cria :

- Vite, déportez-vous sur la voie de droite et évitez-le !

Le chauffeur fit ce qu'elle demanda avec un juron; la voiture se glissa juste à temps entre deux autres mais l'homme leva sa main gauche et le véhicule devant eux se retourna sur le toit aussi facilement que s'il avait été un jouet en plastique, atterrissant sur le trottoir adjacent que les piétons avaient heureusement déserté à temps. Le séraphin alla ensuite se poster sur la voie qu'il venait de libérer d'un pas assuré.

- Oh non, non, non, c'est un ange, foncez, je vous en supplie !

- Désolé, jeune fille, mais j'ai pas envie de mou-

N'étant pas d'humeur à attendre que le taxi se décide à freiner, l'ange l'arrêta à main nue, son bras tendu s'enfonçant dans la tôle du capot comme dans du beurre; l'airbag se déclencha dans un bruit de coup de feu assourdissant et Charlie se cogna la tête contre le dossier du siège avant.

Tout devint noir.


Dans la salle de réunion, Bobby, Sam et Dean suivaient les actualités sur l'ordinateur portable, nerveux mais ravis de voir que toutes les chaînes ne parlaient que de leur vidéo.

- J'ai réussi…, murmura Sam avec émotion.

- Et notre experte aussi, dit Bobby en consultant son téléphone. Je viens de recevoir le mail et mes contacts à l'extérieur m'ont assuré qu'eux aussi.

- Vous avez tous les deux assuré, sourit Dean.

Le journal télévisé fut interrompu par un flash d'information spécial qui était transmis en direct; une jeune femme rousse était ligotée à un poteau en bois planté sur un échafaud et Castiel se tenait à côté d'elle. Ils étaient au centre-ville et une foule de personnes de tout âge et de tout horizon les entouraient, contenus par des Fidèles qui formaient un rempart de sécurité.

- Merde, c'est pas vrai !

- Comment l'a-t-il trouvée ?!

« Nous sommes réunis aujourd'hui pour assister au châtiment d'une rebelle qui a diffusé des informations menaçant les fondements mêmes de notre société et prônant l'anarchie. Elle y est de plus parvenue en s'introduisant illégalement dans un bâtiment officiel. Les crimes susmentionnés sont tous deux passibles de la peine de mort. » déclara impassiblement Castiel d'une voix forte. Derrière lui, Charlie pleurait et le suppliait d'épargner sa vie. Dean se couvrit la bouche, luttant contre les larmes. Sam et Bobby détournèrent le regard, les épaules déjà courbées sous le poids de la responsabilité qu'ils allaient bientôt devoir endosser.

Le séraphin s'approcha de Charlie, posa la main sur son front et hésita pendant une fraction de seconde, court instant que la caméra choisit pour faire un zoom sur son visage : Dean crut voir Castiel serrer les dents avant qu'une lumière intense illumine la fille de l'intérieur.

Les yeux de cette dernière et tous ses organes internes fondirent sous la chaleur extrême et son corps s'affaissa, soutenu plus que par les cordes qui le maintenaient debout. De ses orbites béantes s'échappait une fumée noirâtre.

Castiel lâcha sa victime et fit à nouveau face à la foule. Un mince filet de sang s'écoula du coin de son œil, qu'il essuya d'un air absent.

« Que cela vous serve d'exemple. »

Pris de violentes nausées, Dean dut courir aux toilettes sous les yeux inquiets de Sam et Bobby. Il eut juste le temps de soulever le couvercle avant de se plier en deux par-dessus la cuvette pour vomir, comme si son corps entier se révoltait à une idée que son esprit ne s'était pas encore représenté, comme si ses tripes savaient quelque chose que son cerveau ignorait.

Ou choisissait d'ignorer.