Salut à tou(te)s et désolée pour le retard qui j'espère, trouva de la justification à vos yeux ;) Chapitre hot, gay, et Destiel alors si ce n'est pas votre truc… il est encore tant d'arrêter de me lire !

Pour la deuxième partie de la fic, je vous conseille la merveilleuse playlist "delirium#" sur 8tracks par "extreme-dinosaur".

J'ai aussi tenté de faire un POV Castiel tout en gardant le système de narration intact, j'allais pas passer à du « je » après 8 chapitres^^ J'espère que la différence se verra néanmoins…

Wow j'espère beaucoup.

Bonne lecture !


Dean attendait sur un banc aux abords d'un parc de jeu, la capuche de son sweatshirt gris dissimulant partiellement son visage. Par mesure de prudence, il jetait des coups d'œil répétés aux mères qui discutaient sur les autres bancs, mais elles étaient trop occupées à se plaindre de leur mari respectif pour remarquer que l'ennemi public numéro un se trouvait à une vingtaine de mètres d'elles.

Un infime déplacement d'air lui apprit que l'ange s'était téléporté sur le banc à sa gauche avant même qu'il ne le voie.

- Bonjour, Dean, le salua Castiel.

- Hey.

Leurs positions étaient identiques : penchés en avant sur leur siège, mains croisées reposant sur leurs cuisses, le regard fixé droit devant sur les enfants qui jouaient. Aucun d'eux n'éprouva le besoin de parler immédiatement, souhaitant repousser au maximum le moment où ils devraient aborder un sujet plus que délicat qui flottait au-dessus d'eux tel un nuage menaçant. Heureusement, le silence ne les avait jamais dérangés, comme s'ils étaient de vieux meilleurs amis qui avaient depuis longtemps dépassé ce stade.

Deux gamins joufflus se poursuivaient en riant à travers le parc, lorsque le second trébucha sur la bordure de la pelouse et tomba par terre. Les rires hauts perchés cessèrent immédiatement et l'enfant qui courait en tête fit demi-tour il aida son camarade à se relever, puis le consola tout naturellement en le serrant dans ses bras potelés.

Quelques secondes plus tard, les deux garçons jouaient de nouveau ensemble comme si rien ne s'était passé; cette scène émut Dean, qui regarda Castiel du coin de l'œil.

Il fut surpris de trouver sur ses lèvres le même sourire attendri que sur les siennes.

- Les enfants sont extraordinaires, dit le séraphin avec admiration. Leur intuition est si juste, leurs comportements si désintéressés… Ils sont purs.

Dean hocha la tête, se remémorant les meilleurs moments de son enfance avant qu'elle ne lui ait été brutalement arrachée. Les câlins réconfortants de sa mère, les sandwichs beurre de cacahuète et confiture qu'elle lui faisait à déjeuner, prenant toujours le soin d'enlever la croûte du pain rien que pour lui, les parties de pêche avec son père, son petit frère la première fois qu'il l'avait pris dans ses bras, il était si minuscule… Quand il revint au moment présent, Castiel l'observait attentivement, les sourcils froncés dans le soleil éblouissant d'un après-midi de printemps.

- Comment va… Charlie ? s'enquit-il de sa voix grave.

- Elle va bien, un peu secouée, mais ça va. Merci encore, d'ailleurs, répondit Dean, surpris qu'il lui porte un intérêt sincère.

Castiel eut l'air soulagé. Il regarda brièvement ses pieds, puis reposa ses yeux bleus sur Dean, mais ce dernier n'y vit pas l'intensité de quelqu'un qui essayait de convaincre, seulement de la crainte et de l'incertitude :

- Je veux que tu saches que je n'avais pas le choix. Je suis conscient que cela ne change rien au résultat, mais c'est… important.

Ses épaules ployaient sous le poids de sa culpabilité-, Dean se demanda en frissonnant de combien de morts il était responsable. Une part de lui eut l'impression qu'il essayait de s'excuser.

Envers lui.

- … Je sais. Je suis probablement taré, mais je te fais confiance, soupira le jeune homme en ignorant la pointe d'inquiétude dans ses tripes.

Un sourire rayonnant de reconnaissance fendit le visage de l'ange à ces paroles et Dean ne put empêcher sa propre bouche de s'entrouvrir, ébahi par sa beauté singulière. Elle lui rappelaient celle des statues grecques qu'il avait vues une fois dans un musée pendant une sortie scolaire, peu avant la mort de sa mère. Une beauté qui avait la douceur du marbre et la rudesse de la pierre.

- Qu'attends-tu de moi, Dean ?

L'intéressé cligna plusieurs fois des yeux, tâchant de remettre son cerveau en fonction.

- Ta coopération. Je ne te demande pas de tuer tes frères, bien sûr, enchaina rapidement Dean en voyant l'ange secouer la tête de gauche à droite. On a surtout besoin que tu continues à fermer les yeux et que tu brouilles notre piste. Oh, et il faudra que tu me passes ta Lame quand je te le demanderai.

- … Que comptez-vous faire ?

- Nous avons appris que six anges se répartissaient la Terre : Zachary, Uriel, Bartholomée, Naomi, toi, et au sommet de la pyramide, Michel, qui reçoit apparemment les ordres de Dieu en personne.

Castiel plissa les yeux, perplexe.

- C'est exact mais… le nom de Naomi ne me dit rien.

- Sérieux ? Pourtant la plupart des anges que j'ai… interrogés, m'ont confirmé qu'elle servait directement Michel.

L'ange paraissait profondément désorienté. Dean se rappela de sa crise de la veille et préféra changer de sujet :

- Bon c'est pas grave, on s'occupera d'elle plus tard, quand on sera sûrs qu'elle existe, histoire de ne pas gâcher une invocation.

Castiel se pencha vers lui après avoir contrôlé que personne ne les avaient entendus et chuchota avec véhémence :

- Vous comptez invoquer tous ces anges ?! Puis quoi, les poignarder avec une Lame en espérant être assez rapides ? C'est du suicide, ils sont extrêmement forts-

- Plus forts que toi ? l'interrompit Dean en soulevant un sourcil espiègle.

- Moins disposés à changer leur vision des choses, corrigea l'ange avec un sourire triste.

- Oh, je connais ça…, maugréa-t-il en faisant allusion à sa récente dispute avec Bobby.

Soudain, le séraphin se tendit et annonça à mi-voix :

- Mon lieutenant m'appelle. Je dois te laisser.

- Ah euh, ok…

Il se leva et la main de Dean se mut comme de sa propre volonté pour le retenir par un pan de son trenchcoat beige :

- Hum… Rendez-vous à neuf heures sur le ponton ? demanda-t-il, son cœur battant la chamade.

Putain Dean, t'es pas en train de lui demander d'être ton cavalier au bal de fin d'annéesSi ?

- C'est noté, répondit Castiel un rien troublé par son geste avant de se volatiliser.


Castiel apparut dans le commissariat qu'il avait entièrement réquisitionné suite à l'évasion de Dean et Hannah lui déclara avec fierté :

- Nous avons suivis tes ordres, Castiel, et nous avons retrouvé un résidant de l'immeuble détruit par les rebelles.

Non…

- Où est-il ? demanda-t-il d'une voix dure.

- Dans la cellule numéro 4… Nous sommes en train de l'interroger pour qu'il nous dévoile d'où viennent les mille dollars que l'on a retrouvés sur lui, répondit l'ange subalterne en fronçant les sourcils devant le manque de réjouissance de son supérieur.

Castiel se téléporta tout de suite dans ladite cellule, sachant pertinemment ce qu'il allait y trouver le résidant en question, un jeune homme asiatique à peine majeur, était dans un piteux état. Il n'avait même plus la force de crier. L'ange qui le torturait s'arrêta et recula en croisant les mains derrière le dos quand il l'aperçut, tel le bon soldat qu'il était.

- A-t-il dit quoi que ce soit ? le questionna Castiel sans daigner le regarder.

Rien ne l'insupportait plus que la torture.

- Non, chef.

- Je vois. Je m'en occupe à partir de maintenant.

L'ange sortit docilement de la pièce. Castiel s'approcha de la silhouette menue poisseuse de sang. Il savait ce qui devait être fait pour protéger à la fois Dean et lui-même, même s'il ne s'en réjouissait pas.

- Je suis sincèrement navré.

Il posa sa main sur le front du garçon terrifié qui le fixait du seul œil qui lui restait et mit fin à ses souffrances.


Dean faisait les cents pas sur le ponton, imaginant mille façons de formuler une question téméraire qu'il comptait bien poser à l'ange quand il serait là, pour les rejeter aussitôt l'une après l'autre - non, trop osée, ridicule, nunuche… Il finit par s'arrêter à l'extrémité de la plate-forme avec un soupir exaspéré et contempla la lune, espérant vainement qu'elle lui soufflerait les bons mots, ou à défaut, qu'elle lui enverrait une claque assez puissante pour lui remettre les idées en place.

Parce que Dieu sait que c'était le chaos dans sa tête.

- Bonsoir, Dean, dit une voix désormais familière derrière lui.

Le jeune homme se retourna et sourit avant de se frotter nerveusement la nuque.

- Hé, salut, Cas… Euh, je, euh, voulais… euh… te demander…

Les mains dans les poches de son trenchcoat, l'ange s'approcha de lui d'une démarche confiante et le regarda avec le plus grand sérieux :

- Tout ce que tu veux.

Les deux parurent également surpris par cette réponse catégorique à la dévotion latente.

- Hum… est-ce que tu serais d'accord de venir avec moi au… Purgatoire ? demanda enfin Dean en se mordant les lèvres, regrettant déjà sa décision impulsive et toute sa misérable existence pendant qu'il y était.

Castiel fronça les sourcils et pencha la tête sur le côté.

- … Pas le vrai Purgatoire, j'imagine ?

Dean resta un instant bouche-bée.

- ça existe pour de vrai ?! Suis-je bête, bien sûr que ça existe, pourquoi cela n'existerait pas, après tout je viens de proposer un rencard à-

Il s'interrompit brutalement et passa une main sur son visage pour retenir le rire hystérique qui menaçait de s'échapper de sa gorge avant de reprendre :

- Non, euh, c'est une boîte… Une discothèque. ça fait un bail que je ne suis pas sorti, tu sais, depuis que toute ton espèce veut ma mort…

Le séraphin resta longtemps figé avec la même expression, si bien que Dean se demanda s'il l'avait entendu ou s'il était sur radio-anges. Lorsque le jeune homme fût sur le point de le secouer pour le tirer de sa torpeur et mettre fin à son embarras, il répondit d'un ton soigneusement posé :

- Si c'est ce que tu souhaites. Où est-ce ?

Jackpot, Dean.


Castiel se téléporta à l'adresse que lui avait donnée Dean en compagnie de ce dernier. Il parut n'avoir pas apprécié le voyage intraspatial et chancela quelques secondes en jurant.

- Finalement, je crois que j'aurais préféré prendre le bus, grogna-t-il, les mains sur les genoux.

- Dois-je te rappeler que tu es activement recherché ? Prendre les transports publics serait la pire décision que tu pourrais prendre…

- Oh, j'ai des doutes à ce sujet, répondit-il avec un sourire en coin.

Cet homme était décidément déconcertant et ses allusions difficiles à saisir. L'ange observa la rampe d'escaliers devant laquelle ils se trouvaient et distingua d'infimes éclats de voix et de musique qui montaient de celle-ci. Le reste de la rue était constitué de vieilles échoppes qui avaient fermés depuis belle lurette, probablement depuis l'arrivée de ses semblables sur la Terre. Aucune âme dans les environs.

- Tu es sûr que c'est ici ? Je ne perçois rien…

- Sûr.

Dean enfila un masque noir de style vénitien qui lui couvrit le pourtour des yeux ainsi que l'arête de son nez et en lui lança un identique.

- Tu viens ? Ce soir, c'est bal masqué quoi de mieux pour un fugitif, lança-t-il par-dessus son épaule avant de descendre les marches.

Interloqué, Castiel le regarda disparaitre dans les ténèbres. Pourquoi voulait-il qu'il l'accompagne ? Il n'était pas à l'aise avec les coutumes humaines et n'avait jamais été dans une de ces « boîtes ». En bref, il était la dernière personne que l'on penserait inviter à ce genre d'évènement, ou pire, de « rencard » pour utiliser la qualification de Dean. Et pourtant, le jeune l'homme l'avait fait. Pour une raison qui lui semblait aussi obscure que la fin de la cage d'escaliers qu'il avait empruntés sans même s'en rendre compte, le masque en place.

Une série de néons grésillaient faiblement au-dessus d'eux et il suivit Dean dans l'étroit tunnel jusqu'à ce qu'ils arrivent à un homme immense qui semblait monter la garde en croisant les bras sur sa large poitrine. L'ange comprit alors pourquoi il n'avait perçu aucune forme de vie : le mur de briques était recouvert de symboles énochiens invisibles à l'œil humain qui servaient à cacher aux anges l'existence même de ce lieu.

- Titanic, dit Dean au videur, qui s'écarta pour appuyer sur une brique impossible à distinguer des autres.

Une porte s'ouvrit alors, menant dans une sorte d'antichambre insonorisée au sol et aux parois calfeutrés. Deux rangées de casiers numérotés s'étendaient de chaque côté et Dean en choisit un pour sa veste en cuir et le trenchcoat de l'ange avant d'en mettre la clé dans la poche de son jeans. Il portait un t-shirt noir avec un col en V qui mettait en évidence un pendentif doré représentant une tête cornue. Le mur s'était refermé derrière eux dans un claquement sourd et avant que Castiel ne puisse s'en inquiéter, Dean ouvrit une autre porte elle aussi hermétique au bruit.

Immédiatement, une musique forte et suave les accueillit, suivie d'un cortège d'odeurs entêtantes et variées. Dean écarta les pans d'un rideau de velours écarlate et la salle fut révélée dans toute sa splendeur.

Des hommes et des femmes dansaient, buvaient, s'embrassaient, lovés les uns contre les autres comme des serpents sur des canapés baroques ou des tapis exotiques, tous vêtus de tenues pour le moins affriolantes. Certains marchaient même à quatre pattes et étaient tenus en laisse par une ou plusieurs personnes, pour la plus grande confusion du séraphin. Des filles en latex noir circulaient entre les convives avec un plateau de cocktails multicolores ou de petites boîtes au contenu étranger à l'ange, qui déglutit, mal à l'aise.

- Dean… C'est un lieu d'iniquité. Je ne devrais pas être ici, cria-t-il à Dean par-dessus la musique assourdissante.

- Relaaax, tiens prends ça, lui répondit-il en lui tendant un cocktail qu'il avait pris à l'une des serveuses.

- L'alcool n'a aucun effet sur moi.

Dean leva les yeux au ciel avant de descendre les deux verres d'une traite, une goutte égarée glissant le long de son cou et forçant Castiel à détourner le regard.

Mais partout où il fixait son attention, il y retrouvait la luxure. Comme si la promiscuité des occupants était insuffisante, au centre de la salle se tenait un arbre dans les branches noueuses duquel un boa albinos glissait lentement, caressé de temps à autres par des passants, leurs doigts glissant sur les écailles si brillantes qu'elles en paraissaient mouillées. Pour compléter le tableau même de la Tentation, deux femmes sur leur droite mangeaient une pomme rouge en se léchant mutuellement la bouche quand le jus acidulé s'en écoulait, leurs seins dénudés.

Castiel se sentait étouffer à force de refouler les sensations non désagréables que lui suscitait la vue de tant d'hédonisme.

Tout d'un coup, il sentit une main chaude se refermer sur la sienne et l'attirer sur la piste de danse.

- Ces deux nanas étaient carrément bandantes, pas vrai ? sourit Dean, ses yeux verts scintillant malicieusement derrière le masque.

Il prit son hésitation pour de la négation et lui demanda plus sérieusement, une pointe d'appréhension dans le regard :

- Est-ce que le fait qu'il s'agit de deux femmes te dérange ? Parce que « l'homosexualité est un péché », etcetera, selon la Bible et que tu es… eh bien… un ange ?

Il gardait la tête baissée et se tenait le bras, l'air attristé et… honteux. Castiel ne savait pas quelle conception Dean avait de lui mais il sut intuitivement qu'il venait d'assister à un spectacle rare; celui d'un homme fort qui montre sa vulnérabilité et s'attend à un revers, tout comme il sut qu'il ne voulait plus jamais le voir autrement qu'enjoué et audacieux, soit tel qu'il l'avait rencontré.

- Non, je suis totalement indifférent à l'orientation sexuelle des gens. Et même si la Bible a été écrite par des prophètes, cela restait de simples hommes, avec leur inhérente étroitesse d'esprit.

Dean le dévisagea, surpris par sa réponse libérale, avant que ses lèvres ne dessinent un tant mieux que le vacarme ambiant rendit muet. Puis il se fondit dans la foule et se mit à danser, invitant le séraphin à l'imiter, ce qu'il fit avec beaucoup moins de souplesse et d'habileté, pour le plus grand bonheur de Dean qui se mordait l'intérieur des joues pour ne pas rire. Ils continuèrent ainsi jusqu'à la fin du morceau, dansant sans se quitter des yeux, la tension palpable entre le mince espace qui les séparait. Il lui semblait par moment que Dean se rapprochait de lui pour le frôler avant de reculer aussitôt comme s'il s'était brûlé sur une flamme ouverte, le conduisant à se demander s'il avait rêvé.

Et surtout, si cela lui plairait dans l'hypothèse où la réponse serait négative.

Un éphèbe blond se glissa entre eux sans crier gare et se mit à danser avec Dean, ou plutôt contre lui. Castiel ne fut même pas sûr que « danser » était le bon terme pour décrire ce qu'il faisait; il se frottait comme une chatte en chaleur contre le corps de Dean qui… referma ses bras autour de lui. Le jeune homme lui aussi masqué se cambra alors pour l'embrasser et le regard de Dean croisa brièvement celui de Castiel avant qu'il ne réponde au baiser avec la même avidité. Leurs langues s'engagèrent dans un ballet effréné sous les yeux fascinés de l'ange, quand une femme noire en robe de soie violette entoura la taille de ce dernier d'un bras lascif. Il lui sourit poliment et la laissa mener la danse, ses mains posées distraitement sur le haut de ses hanches; il était trop occupé à observer Dean et son partenaire. Elle dut se rendre compte qu'elle ne parviendrait pas à l'intéresser car elle finit par s'en aller pour aller danser plus loin avec un homme en tenue sadomasochiste.

Les lèvres de Dean étaient gonflées et luisantes de salive lorsqu'il lui décocha un sourire voluptueux alors que le blond s'affairait à embrasser le creux sous sa mâchoire en descendant jusqu'à sa clavicule à découvert. Castiel sentit une colère terrible l'envahir, colère qui n'avait d'égal que son excitation; il voulait châtier l'éphèbe qui s'était immiscé entre eux, l'atomiser et éparpiller ses cellules aux quatre coins de l'univers pour que jamais on ne puisse reconstituer sa dépouille et il dut se faire violence pour ne pas faire de cette envie une réalité.

Mais Dean continuait à le regarder, la bouche ouverte dans un soupir d'aise, ses dents brillant par intermittence dans les flashs des stroboscopes. Ses yeux étaient deux abîmes noirs frangés de vert qui semblaient provoquer l'ange.

Qui finit par céder à ses pulsions nouvelles.

Il posa la main sur l'épaule du jeune homme assez fort pour le faire sursauter et le fit reculer par la seule intensité de son regard. Il le remplaça ensuite aux côtés de Dean et glissa sa jambe entre les siennes, frottant le dessus de sa cuisse contre la bosse évidente qui s'était formée sous son jeans après tant de stimulation indirecte.

Le gémissement qui lui échappa résonna plus fort dans la poitrine de l'ange que les basses assourdissantes de la musique. Dean s'agrippa si fort à sa chemise blanche qu'il la tira hors de son pantalon noir, puis ses mains le lâchèrent abruptement; il le fixa avec un tel mélange d'émotions contradictoires que Castiel s'y perdit quelques instants en essayant de les décrypter. Lorsqu'il comprit qu'il hésitait, qu'il lui demandait la permission de le toucher à nouveau, il crut qu'il allait faire sauter l'entier de l'installation électrique de la discothèque tant sa grâce bouillonnait de désir au fond de lui.

Il prit les mains de Dean et les repositionna sur ses flancs avant de l'enlacer maladroitement. Plus rien n'existait à part lui, du moins son esprit s'en était-il persuadé puisque toutes ses pensées semblaient se résumer à une litanie de Dean Dean Dean Dean Dean.

Il sentit la cuisse de ce dernier glisser à son tour insidieusement contre son entrejambe et le plaisir éclata comme des feux d'artifices sous ses paupières closes. Il tâcha de ne pas s'abandonner dans la découverte de cette sensation addictive afin de ne pas négliger Dean et continua à caresser le dos de ce dernier sans relâche, enfonçant le bout de ses doigts dans le sillon de sa colonne vertébrale, agrippant les parties les plus charnues comme ses épaules, ses trapèzes… puis ses fesses, dont il se servit pour pousser Dean encore plus près de lui, encore plus haut sur sa cuisse, ajoutant encore plus de pression sur leur sexe.

- Oh putain…, lâcha Dean dans un souffle chaud que l'ange sentit sur son visage.

Leurs lèvres étaient proches, trop proches et le désir trop grand. Il sentait le cœur de Dean battre la chamade contre son torse et son érection appuyer presque douloureusement contre la sienne, et Castiel comprit qu'il avait été trop loin. Qu'il fallait qu'il arrête tout avant qu'il ne soit trop tard.

Alors quand Dean inclina la tête pour l'embrasser, il se détourna.

Il le dévisagea comme s'il venait de le gifler mais la douleur était partagée. Le séraphin secoua lentement la tête, espérant que le peu qu'il pouvait voir de son visage montrerait assez à quel point il regrettait avoir dû le repousser.

- J'y crois pas, Castiel ?! s'exclama à l'improviste une mélodieuse voix de baryton sur leur gauche.

L'intéressé lâcha précipitamment Dean et se mit devant lui pour le protéger, les poings serrés. Jamais il n'avait envisagé la possibilité qu'il ne soit pas le seul ange dans les parages, jugeant que les symboles et l'aversion de ses semblables pour les humains auraient suffi à les dissuader de pénétrer dans un tel lieu. En conséquence, il avait laissé sa Lame au vestiaire.

Grossière erreur qu'il paierait de sa vie s'il le fallait.

- Du calme, on est potes tu te souviens ? Frères d'armes et tout le toutim ? Je ne voulais pas vous interrompre mais de tous les endroits au monde, je ne m'attendais juste pas à te croiser dans ma boîte…, dit un fringant cinquantenaire aux airs de dandy en levant les mains devant lui en guise d'innocence, un verre de scotch dans l'une d'elle.

Castiel le scruta jusqu'à ce qu'il le reconnaisse.

- … Balthazar ?


Wow je voulais finir ce chapitre un peu plus tard dans l'histoire mais il est déjà long alors ce sera pour la prochaine fois^^ Je pars en vacances pour une semaine puis je reprendrai les cours donc il faudra patienter pour la suite… Si y'en a pas c'est que l'avion se sera crashé :P Dans tous les cas, pardonnez-moi, please and thank you :3