Salut à tou(te)s, me voilà enfin de retour ! En passant, j'avais complètement oublié de vous le dire : je me suis fait tatouer le symbole anti-possession de la série ! :D A la cheville, pour les curieux. Oui j'ai eu mal. Non je ne le regrette pas, c'est même le meilleur truc qui me soit arrivé en 2016 (ok le 2ème).

Mais retournons à nos moutons : ce chapitre est plus court que les précédents parce qu'il a été difficile à écrire mais aussi parce qu'il fait office de tournant; après lui, l'histoire ne sera plus jamais la même et Dean non plus. Vous comprendrez.

Bonne lecture !


Il pleuvait des cordes.

Dean se déplaçait le plus rapidement possible à travers la ville, ralentissant quand il passait à côté d'anges pour ne pas attirer leur attention et gardant la tête soigneusement baissée sur ses chaussures qui frappaient le trottoir inondé à intervalles réguliers. Ses rangers noires créaient des ondes de choc miniatures qui projetaient des gerbes d'eau grisâtre autour de leur semelle massive; elles atterrissaient parfois sur une autre paire de pieds au propriétaire amorphe.

Les gouttes parfaitement rondes restaient en suspension sur le cuir, immuables.

Dean dut prendre un métro bondé, puis un bus grinçant, et encore marcher une quinzaine de minutes dans un trajet qui ne dura au total qu'une heure mais qu'il ressentit comme une éternité.

Lorsqu'il arriva enfin à destination, il était trempé jusqu'aux os, son sweatshirt gris désormais anthracite lui collait à la peau. Il descendit la volée de marches quatre à quatre avant de pousser sans ménagement le videur du Purgatoire qui faisait pourtant une tête et demie de plus que lui et le double de sa largeur. Il appuya sur la brique qui ouvrait la porte de la boîte et s'y engouffra, écartant rideau sur rideau avec rage.

Autant d'obstacles qui donnaient plus de temps à Naomi pour faire subir Dieu sait quelle torture à Castiel.

Il se fraya un chemin à travers la foule en ignorant les injures que les gens bousculés lui jetèrent et se mit à chercher désespérément Balthazar dans le chaos de luxure. Il finit par l'apercevoir en grande conversation avec une jeune femme asiatique au fond de la salle.

- Balthazar ! l'apostropha-t-il à bout de souffle une fois parvenu devant lui.

- Tiens donc… Dean, si je ne m'abuse ? Tu n'es pas avec ton cavalier, ce soir ? sourit-il faussement en faisant signe à la femme de les laisser.

- Non… Il a été enlevé ! Par Naomi…

Le sourire de l'ange se fana à ce nom. Un éclair de terreur passa sur ses traits, troublant son masque d'insouciance… l'espace d'un instant.

- Ah… et en quoi cela me concerne-t-il ?

Dean n'en crut pas ses oreilles. Il l'attrapa par le col de son blazer noir et le plaqua contre le mur recouvert de la même fourrure synthétique pourpre que le sol.

- Tu plaisantes ? Je viens de te dire qu'un de tes potes - un de tes frères – est en danger et tu ne te sens pas concerné ?!

Deux gardes du corps s'approchèrent d'eux pour saisir Dean suite à cette démonstration de colère peu discrète, mais Balthazar les congédia d'un geste désinvolte.

- Écoute, très cher : la dernière fois que j'ai croisé Naomi, j'ai failli y laisser ma peau ou pour être exact, mon identité, alors il est hors de question que j'y remette les pieds.

- … Elle a essayé de te réparer aussi ?

- Oui. Les autres anges ont toujours été jaloux de mon charisme unique, j'aurais dû le voir venir...

- Donc tu saurais la retrouver, en déduisit Dean, ignorant complètement son manque de modestie.

Balthazar pinça les lèvres et lâcha un soupir amer, agacé de s'être vendu si facilement.

- Peut-être.

Dean resserra sa prise sur son vêtement, son visage à quelques centimètres du sien, avant de déclarer d'un ton qui n'appelait aucune négociation:

- Amène-moi chez elle. Tout de suite.

L'ange le dévisagea un moment avec une curiosité dédaigneuse. Évidemment, il y avait de la crainte dans ses yeux verts, cependant elle n'était pas causée par lui, combien même il aurait pu le tuer d'un claquement de doigt pour le punir de son audace. Non, ce qu'il vit principalement, c'était une détermination bouillonnante.

Dean avait le regard d'un homme prêt à tout pour défendre ce qui lui était cher dans la plus pure abnégation, et Balthazar comprit pourquoi Castiel s'était entiché de lui.

L'idiot

Il soupira une fois de plus en levant les yeux au ciel.

- Comme tu voudras, mais je ne le fais que parce que tu es un de mes meilleurs clients.


Douleur fulgurante dans tout son corps.

Fatigue écrasante dans son esprit.

Castiel n'avait pas encore cédé grâce à la seule force de sa volonté, toutefois cela ne saurait tarder. Inexorablement la tige de métal continuait à creuser un sillon dans sa cervelle, elle atteindrait bientôt sa cible et une fois qu'elle l'aurait fait, il réciterait tout ce qu'il savait tel un automate. La torture ayant échoué, Naomi avait en effet dû passer à l'extraction manuelle.

Une tige était déjà en place dans son hémisphère droit, elle brouillait ses connexions neuronales et rendait ses pensées chaotiques, un tumulte de sons et d'images. Parmi ces dernières, un visage parsemé de taches de rousseur était récurrent; l'éclat malicieux de prunelles vertes comme le feuillage des arbres en été, une dent pointue qui brillait au coin d'un sourire éclatant.

Des millénaires d'existence derrière lui et les souvenirs d'un seul être défilaient sous paupières closes.

Il lui fallut un moment pour y associer le prénom qui s'y rattachait, et une fois qu'il y parvint, il ne le lâcha plus de peur de le perdre à jamais :

Dean.

Des larmes vinrent troubler ses iris céruléens, reflétant les néons aveuglants au-dessus de lui. Il distingua vaguement Naomi à travers elles elle s'était penchée pour observer l'eau salée s'accumuler au bord de ses paupières, d'un air à mi-chemin entre la fascination et la perplexité.

Dean, je suis désolé…

Par sa faute, ils étaient tous perdus.


Dean et Balthazar apparurent dans un couloir percé de plusieurs cellules closes. Le blanc y régnait dans toute sa froide stérilité jusqu'aux barreaux mêmes, renforcé par une lumière de la même couleur qui semblait émaner de partout et de nulle part à la fois.

Les mains sur les genoux, Dean s'efforça de calmer ses nausées, qui n'étaient pas dues qu'à la téléportation; cet endroit le rendait malade.

Son corps savait qu'il était étranger à ce monde.

- Tu trouveras Naomi derrière la porte du fond. Bonne chance ! s'exclama Balthazar d'une voix de fausset avant de se volatiliser dans un battement d'ailes.

- Non-non-non, attends ! s'écria le jeune homme en se redressant maladroitement pour le retenir.

Trop tard, sa main s'était refermée sur le vide.

- Fils de pute…

Il était seul en territoire hostile et n'avait aucune chance d'en sortir sans l'aide d'un ange.

Il prit une profonde inspiration et dégaina sa Lame. Résigné, il s'engagea dans le couloir à pas de loup, passant devant une dizaine de geôles désertes, jusqu'à une qui ne l'était pas; il se colla rapidement contre le mur adjacent afin de rester hors de vue.

Un homme d'apparence plus jeune que Castiel mais à la même beauté sculpturale était assis sur une banquette face à l'ouverture et contemplait la paume de ses mains dans une immobilité totale, les épaules courbées.

Comment allait-il passer devant lui sans qu'il ne le voie ?

- Qui est là ? demanda soudain le prisonnier avec un accent qui semblait provenir d'une langue ancienne.

Dean ferma les yeux et laissa l'arrière de sa tête heurter la paroi. Et merde. Il était enfermé après tout, donc il ne risquait rien, pas vrai ? De toute façon, il devait retrouver Cas coûte que coûte.

Il vint calmement se poster devant la grille, la Lame bien en évidence.

- Dean. Je suis venu sauver Castiel. Toi, qui es-tu ?

- Tu es un humain…, murmura l'ange en s'approchant des barreaux pour mieux l'examiner.

A quoi bon mentir ?

- Oui.

Tout d'un coup, un hurlement guttural les interrompit. Un cri de souffrance et de désespoir qui glaça le sang de Dean.

Il aurait reconnu cette voix entre mille, même s'il ne l'avait jamais entendue si… brisée.

Il pivotait déjà pour s'élancer dans sa direction quand une main suppliante le retint par la manche de son sweatshirt:

- Non, attends, je t'en prie ! Libère-moi, par pitié ! Je n'en peux plus d'être dans cette cage… Je vous aiderai, toi et Castiel, je le jure.

Dean se libéra de son emprise et jeta par-dessus son épaule après une demi-seconde d'hésitation :

- Pas le temps, désolé !

Abattu, l'ange captif le regarda s'éloigner au pas de course, le front appuyé contre la grille.


Castiel était sur le point de cesser d'exister.

Il sentait ce qu'il était s'échapper hors de lui en même temps que son sang qui coulait sur ses tempes, son essence qui peu à peu disparaissait.

Son énergie vitale et son enveloppe demeurerait, mais pas tout le reste. L'ardoise serait effacée. Les réglages d'origine restaurés.

Il n'était plus qu'un nom répété inlassablement telle une prière, qui soudain et contre toute attente, trouvât réponse.

Dean ouvrit la porte de la salle d'un coup de pied, faisant sursauter Naomi qui arrêta ainsi son travail minutieux.

- Toi ?! C'est impossible, comment as-tu pu entrer au Paradis ? l'interrogea-t-elle en attrapant sa Lame sur le chariot à roulettes.

Dean nota à peine sa présence.

- Cas, tu m'entends ? Castiel ! cria-t-il en s'approchant avec précaution de la chaise où le séraphin était étendu, tout en surveillant la femme en tailleur debout de l'autre côté de celle-ci.

Ses yeux pâles et rougis par les larmes se posèrent sur lui, hagards, puis un mince sourire étira ses lèvres gercées :

- D-Dean…

La gorge du jeune homme se dénoua et une vague de chaleur se propagea dans sa poitrine.

Il est vivant. Il me reconnait.

- Ainsi Castiel nous a bel et bien trahis au profit de la Résistance…, conclut Naomi à haute voix, un rictus de dégout tordant le coin de sa bouche peinte.

Dean eut le réflexe d'enlever les aiguilles plantées dans la tête de Castiel, mais se ravisa bien vite; si cela avait mis tant de temps à un ange expérimenté pour les manœuvrer sans le tuer, qu'espérait-il accomplir ? Il menaça donc Naomi de la pointe de son arme en désignant le séraphin du menton :

- Retire-lui ces trucs !

Elle le regarda avec le sourire d'un adulte face aux inepties d'un enfant. Le fait qu'elle ne l'ait pas encore attaqué et que des renforts ailés n'aient pas apparu afin de l'immobiliser l'alarmait au plus haut point. Aucun sceau ne l'en empêchait, Dean était à sa merci. Et ce depuis déjà deux bonnes minutes.

Qu'attendait-elle ?

- Bien sûr, répondit Naomi d'un ton presque aimable.

Elle ôta délicatement les deux tiges, Castiel n'émettant qu'un faible grognement de douleur à chacune, puis délia ses bras et ses jambes. Après une demi-douzaine de coups d'œil incrédules jetés à la femme impassible, Dean aida le séraphin à s'assoir au bord de la chaise de dentiste. Il se laissa aller contre lui comme un poids mort tandis qu'il murmurait des mots réconfortants dans ses cheveux de jais.

Naomi les observait attentivement en se tenant non loin d'eux, les bras croisés, lorsqu'elle eut une idée lumineuse qui lui permettrait avec un peu de chance de faire d'une pierre deux coups : se débarrasser d'un ange irréparable et du meneur de la Résistance.

Elle lança d'une voix claire :

- Castiel…

Seul Dean releva la tête; l'intéressé était trop occupé à le fixer et à s'accrocher à lui comme à une bouée de sauvetage. Le voir si faible alors qu'il connaissait toute l'étendue de sa puissance pour en avoir été maintes fois témoin lui faisait mal au cœur.

- … Tu tiens à lui, n'est-ce pas ?

La déclamation de Naomi lui avait donné la désagréable impression de se retrouver dans une pièce de théâtre, et pas n'importe laquelle.

Une tragédie grecque.

Chaque cellule de son corps lui hurlait de prendre la fuite ou de la tuer sur le champ, avant… avant quoi, il n'en avait aucune idée, seule l'imminence de la chute lui était connue. Il avait des sueurs froides et de la peine à respirer. Il se tenait au bord d'une falaise et le sol allait s'effondrer sous ses pieds d'une seconde à l'autre.

Castiel s'était également mis à remuer dans ses bras en murmurant des sons qui ne firent pas tout de suite sens, noyés par la rumeur du sang qui pulsait dans ses tympans.

Dean canalisa son anxiété grandissante par le seul moyen qu'il connaissait : l'agression.

- C'est pas tes oignons, sale pute.

Naomi se renfrogna imperceptiblement. Après un bref rire cristallin qui n'avait rien à envier à celui d'un méchant hollywoodien, elle reprit:

- Tu as raison. Je trouve juste cela incroyablement ironique, étant donné que c'est Castiel qui a exécuté John Winchester… Ton père.

« Non, par pitié ». C'est ce que répétait Castiel contre son épaule.


Dean s'était figé.

Castiel se tordit le cou pour scruter son profil, la ligne de sa mâchoire contractée et sa pomme d'Adam qui faisait l'ascenseur, attendant la réaction qu'il redoutait depuis que ce qu'il pouvait penser de lui l'importait.

Il marmonnait des excuses et des explications d'une voix rauque, les mots sortaient de sa bouche sans qu'il n'y pense, parce que tout ce qui comptait, c'était qu'il comprenne, à défaut de pouvoir lui pardonner; il n'était pas fou au point de l'espérer. Pas encore.

Au bout de la plus longue minute de sa vie, Dean finit par réagir, et Castiel eut tort de croire que cela mettrait fin à son supplice.

Il le lâcha, lentement, si lentement qu'il eut le loisir de sentir chacun de ses doigts quitter son dos. Il eut l'impression que chacun d'eux avait emporté un lambeau de chair dans leur mouvement en même temps que leur soutien, le laissant là à vaciller corps et âme sur le bord du siège.

- Dean… Dean, je suis tellement désolé ! s'entendit-il dire.

Il avait tendu la main mais Dean avait fait un pas en arrière pour se mettre hors de portée. Il serra les dents et ravala péniblement sa salive.

- Dean…

Ce dernier le regardait avec une expression qui brisa son cœur d'emprunt. Un air de confiance trahie, de déni plein d'espoir.

- Mais… mais je m'en souviens, ce n'était pas toi… ce n'était pas toi !

Sa voix présentait les trémolos d'une personne sur le point de pleurer. Castiel se mordit la lèvre et détourna le regard.

- Le vaisseau que j'avais à cette époque se dégradait trop rapidement, j'ai dû en changer…

Inspiration douloureuse, yeux fermés. Trois mots si simples et pourtant si difficiles à prononcer.

- C'était moi.

Dean secoua la tête, appuya son poing contre sa bouche, une larme coulant en silence sur sa joue gauche.

- Tu es un monstre.

Ses mots lui firent plus mal que le coup de poignard angélique qu'il avait reçu dans la cuisse quelques heures plus tôt, lui coupant le souffle. Complètement oubliée, Naomi s'était approchée d'eux et assistait au spectacle avec une curiosité aussi scientifique que malsaine.

Dean lâcha un rire sans joie :

- J'ai cru… j'ai cru que tu étais différent. Mon Dieu, j'ai été tellement aveugle… tellement stupide ! Bobby, Sam, putain, même mes cauchemars m'avaient averti…

Le séraphin pencha la tête sur le côté :

- Tes… cauchemars ?

- J'ai rêvé de toi en train de m'exécuter comme tu as exécuté mon père ! s'écria-t-il dans un soudain accès de rage en décrivant un large arc de cercle avec la Lame. Nuit après nuit, même après… même plus tard…

Il se tut et essuya ses yeux d'un revers de manche. Castiel le regarda avec une expression de pure souffrance. Savoir qu'il était un monstre était une chose, en avoir la confirmation en était une autre.

Dean renifla bruyamment en fixant l'arme dans sa main tremblante.

- Tu vas payer, Cas… Tu dois payer !

Il lança la dague… qui alla se ficher en plein dans le sternum de Naomi, passant à une dizaine de centimètres seulement à côté de l'oreille droite de Castiel. Ce dernier rouvrit les yeux dès qu'il sentit l'air déplacé par la Lame soulever une de ses mèches en sifflant.

Abasourdi, il pivota sur la chaise juste à temps pour voir Naomi s'effondrer en irradiant la salle de lumière. Des ailes de cendre grésillaient de chaque côté de son corps inerte.

Dans un état second, il regarda Dean contourner promptement la table pour récupérer sa Lame et celle de Naomi; il rangea la sienne dans la poche spéciale de son sweatshirt mais garda l'autre à la main. Il revint ensuite se poster devant le séraphin, qui le dévisageait avec des yeux écarquillés.

Un fol espoir lui faisait tourner la tête, un espoir si charmeur qu'il y crut de toutes ses dernières forces.

Peut-être lui avait-il pardonné. Peut-être que cela ne changerait rien à leur relation.

Dean s'approcha de lui et il lui sourit avec la dévotion d'un chien qui s'attend à recevoir une caresse, même si la main finit finalement par lui donner un coup : Castiel tomba du siège et percuta le sol déjà taché de son propre sang.

Son champ de vision se troubla, la lumière disparut momentanément.

Il sentit le jeune homme le tourner sur le dos et s'accroupir au-dessus de lui, puis il tira d'un coup sec sur sa cravate bleue afin de regagner son attention, le choc l'ayant désorienté.

Ses yeux s'étaient assombris, ils étaient presque noirs et des réminiscences de créatures démoniaques flashèrent dans son esprit bouleversé.

Dean était méconnaissable.

Il le vit lever la Lame au-dessus de lui et accepta son destin.

Déchirant son trenchcoat, elle transperça le linoléum entre son torse et son bras gauche, mais ce que dit Dean l'atteignit en plein cœur :

- Je ne veux plus jamais te revoir. Sinon cette fois, je ne te manquerai pas.

Remarques :

1) Je suis désolée

2) Ne me détestez pas trop svp

3) La dernière phrase est reprise mot pour mot de la fameuse scène du 10x22 qui a fait stopper net le cœur de tout fan de Castiel et/ou de Destiel à travers le monde (oui je ne suis pas très originale).

4) J'ai été inspirée par la musique « Snuff » du génialissime groupe Slipknot. Regardez-moi ces paroles, c'est ce chapitre tout craché :

« Bury all your secrets in my skin

Come away with innocence, and leave me with my sins

The air around me still feels like a cage

And love is just a camouflage for what resembles rage again...

So if you love me, let me go.

And run away before I know.

My heart is just too dark to care.

I can't destroy what isn't there.

(…)

And I won't listen to your shame

You ran away - you're all the same

Angels lie to keep control »