Salut à tou(te)s, j'espère que vous allez bien !

Au risque de me répéter : je suis désolée pour l'attente :/ Merci à celles qui continuent à me lire et à laisser des reviews malgré ça, et à celles qui ne le font pas ou plus eh bien... J'aimerais bien savoir pourquoi, est-ce parce que ma fic est déprimante ? Mal écrite ? Pas assez de lemon ? XD Si c'est pour ça, je vous comprends, mais pas d'inquiétude, une belle scène vous attendra juste avant la fin... Une scène que j'ai envie d'écrire depuis la saison 10 à vrai dire, mais je ne peux pas vous en dire plus ;)

J'en profite pour vous dire que j'ai posté cette fic sur mon compte AO3 (Vicky_Strife), au cas-où, pour une raison qui m'échappe totalement, vous aimeriez la télécharger.

Bonne lecture !


Dean se releva et se dirigea droit vers la porte grande ouverte, un trou béant de lumière dans lequel sa silhouette caractéristique aux jambes arquées s'engouffra sans se retourner.

Castiel ne pouvait pas savoir que le jeune homme avait dû se faire violence pour s'en empêcher; il n'avait donc pas essayé de le retenir, combien même son nom lui avait brûlé les lèvres.

Après avoir attendu quelques minutes en vain, le séraphin roula sur le côté pour se redresser péniblement sur ses coudes, avant de se mettre debout à l'aide de la chaise de dentiste. Sa main dut réajuster sa prise sur le cuir plastifié, dérapant à la première tentative sur la mare de sang encore visqueux qui s'était écoulé de sa cuisse transpercée quelques heures plus tôt.

À moitié couché en travers de la chaise et essoufflé par l'effort, il vint à fixer le cadavre de Naomi de l'autre côté de celle-ci, d'abord dans l'espoir d'atténuer ses vertiges, puis dans une toute autre optique.

Une partie de lui lui intimait de la frapper encore et encore jusqu'à ce que son corps devienne impossible à identifier, la même partie qui aurait souhaité qu'il la tue lui et pas Dean.

Mais ces pulsions étaient aussi mauvaises qu'inutiles.

Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.

Tout d'un coup, il sentit les ondes énergétiques de plusieurs de ses semblables affluer dans sa direction, telle une demi-douzaine de comètes convergeant sur un même point.

Parmi eux, la signature immanquable d'un archange.

Castiel se dépêcha de dégager la Lame angélique du linoléum et se téléporta sur Terre en épuisant les maigres restes de sa grâce.


Dean courut plus qu'il ne marcha hors de la salle et dans le couloir baigné de lumière blanche. Il fallait qu'il s'éloigne le plus rapidement possible du séraphin, alors pourquoi avait-il l'impression d'y laisser une partie de lui-même ? Pourquoi son diaphragme était-il contracté au point de rendre sa respiration douloureuse, pourquoi avait-il l'impression que ses tripes étaient une masse de serpents emmêlés les uns sur les autres, pourquoi voulait-il faire demi-tour-

Pourquoi ne l'appelait-il pas ?

Et si… non, non. Il n'était pas si mal en point… si ?

Une nausée plus violente que les autres l'obligea à arrêter sa marche forcée et il se plia en deux pour vomir sur le sol jadis immaculé. La bile lui brûla tellement la gorge sur son chemin que les larmes qu'il avait réussi à retenir jusque-là finir par couler.

Stoïque, il s'essuya la bouche d'un revers de manche et poursuivit jusqu'à la cellule de l'ange.

- Hé.

L'être releva la tête, la lumière éclairant son visage anguleux au moins autant que l'espoir.

- Je te sors d'ici et tu me ramènes sur Terre. Deal ?

- D'accord, dit-il avidement en se levant de sa couchette. Les clés sont toutes suspendues au bout du couloir, à gauche.

Dean acquiesça et alla les chercher le plus rapidement possible. Aucun ange ne lui tomba dessus; pas besoin de gardien, avec tous les sceaux qui recouvraient les murs des cellules, les risques d'évasion étaient réduits à zéro. Il revint avec le trousseau de clés et les essaya toutes, jusqu'à ce que la serrure clique.

- Merci infiniment, Dean. Tu ne le regretteras pas. Es-tu blessé ? lui demanda l'ancien prisonnier quand il aperçut sa mine pale et ses yeux rougis.

- J'espère bien et non, ça va. Il faut qu'on bouge, tes potes vont bientôt se ramener et ils ne seront pas contents.

- Attends, et Castiel ?

Dean se figea. Déglutit. Faillit jeter un coup d'œil à l'autre extrémité du couloir.

- Il… il est parti par ses propres moyens, maintenant écoute-moi, il faut qu'on se casse d'ici !

- … Ton langage est très étrange mais je crois en avoir discerné l'essentiel.

L'ange posa la main sur son épaule et une seconde plus tard, ils se retrouvèrent dans une forêt sombre à la végétation dense.

- Putain, mais où tu nous as emmenés ?! s'exclama Dean en regardant autour de lui.

Il était à peu près sûr d'avoir entendu les fougères bruisser derrière eux.

- Toutes mes excuses, cela fait tellement longtemps que je ne suis plus revenu sur Terre… Mes plans ne sont plus tout à fait à jour.

- Tu règleras ton GPS plus tard, ramène-moi chez moi, soupira Dean, exaspéré.

- Peux-tu m'expliquer où est-ce, plus précisément ?

Dean lui décrivit du mieux qu'il put où il habitait et à son grand soulagement, il ne les déposa cette fois-ci qu'à cinq miles du QG, en plein centre-ville. Médusé, l'être observa les gratte-ciels recouverts d'écrans géants qui diffusaient les publicités des derniers produits à la mode, régulièrement interrompues par le Règlement angélique qu'une voix robotique répétait à en devenir dingue. Passaient ensuite les visages de Sam et Dean, avec l'habituelle mention « recherché – récompense » en rouge criard.

- C'est toi…, comprit-il à haute voix.

Dean l'agrippa par le bras et l'entraîna brusquement dans une ruelle sordide, juste avant qu'une ange au chignon impeccable ne les voie.

- Oui, raison de plus pour faire profil bas, je te rappelle que tu es toi aussi un fugitif maintenant ! lui chuchota-t-il dès qu'elle eut passé.

L'ex-prisonnier hocha docilement la tête, avant de lui demander d'un air perplexe :

- Mais que s'est-il passé ? Pourquoi mes semblables… vous dominent-ils ? Ce n'est pourtant pas dans leurs attributions…

Dean fronça les sourcils, sidéré.

- Bon sang, depuis combien de temps n'es-tu pas sorti ?!

- Depuis Adam et Ève.

- Rien que ça…

Il le dévisagea longuement et ne décela aucune trace de mensonge ni de plaisanterie sur ses traits. Pour autant que les anges connaissent l'humour. Il n'était plus sûr de rien.

Tout ce qu'il savait, c'était qu'il sentait une migraine pointer le bout de son nez et que son attitude lui rappelait trop celle de Castiel.

Il glissa discrètement la main dans la poche de son sweatshirt pour y récupérer sa Lame en lançant avec un sourire sans joie:

- C'est dommage, j'ai un peu de peine à croire un mot de ce que peuvent dire ceux de ton espèce.

Il visa le cœur de l'ange d'un coup sec mais ce dernier avait aperçu l'éclat argenté de l'arme à la lueur de la rue principale; il esquiva son attaque à temps et l'envoya valser contre le mur de briques.

Quand les effets du choc se furent dissipés, Dean était seul.


Castiel atterrit sous un vieux pont qui enjambait une rivière tarie depuis longtemps; son lit était désormais jonché de détritus, bidons vides et autres seringues usagées. Vestiges d'une époque où les clochards existaient encore. Il n'eut pas le temps de s'orienter ni de se trouver un abri sûr avant de perdre connaissance.

Il s'effondra sur la terre sablonneuse en soulevant un nuage de poussière.


À peine une minute plus tard, l'ex-prisonnier du Paradis apparut aux côtés du corps inerte. Il s'accroupit, passa sa main au-dessus de celui-ci afin d'évaluer son état, puis le recueillit dans ses bras et le souleva.

Comme lui, d'autres anges allaient très vite retrouver sa trace. Il pouvait déjà sentir leur approche, infimes perturbations multidimensionnelles de l'atmosphère.

Il se téléporta dans la chambre à coucher de la maison inoccupée la plus proche qu'il pût trouver et déposa soigneusement le séraphin sur le lit. Sans perdre de temps, il cassa un des miroirs de la pièce d'un coup de poing et utilisa un de ses éclats pour s'ouvrir une veine et dessiner des sceaux de protection contre le papier-peint avec son sang.

Son travail achevé, il guérit la blessure de son frère et la sienne avant de tirer une chaise en bois près de lui et de s'installer à son chevet.


Dean arriva une bonne heure plus tard devant l'entrée du canal, sa migraine au paroxysme. Au moins cette douleur le distrayait-elle de celle de l'hématome qui était en train de fleurir sur son omoplate gauche, là où elle avait heurté le mur suite à la contre-attaque de l'ange.

Il passa la grille rouillée et écarta les longues tiges d'une plante tombante qui poussait dans une fissure de la paroi afin d'appuyer sur un bouton dissimulé par la chevelure végétale. Celui-ci enverrait un signal directement dans la salle de réunion et on lui enverrait un bateau pour venir le chercher.

Ce fut Sam qui déboula dans le chenal quelques instants plus tard, au volant de son Bébé. Dean monta à bord du bateau à moteur noir après avoir caressé sa coque avec tendresse. Il faudrait qu'il la lustre à nouveau.

- Dean, tu vas bien ?! Et Cas ? Tu as pu le retrouver ? le questionna son cadet en lui cédant la place conducteur.

- Ouais, ça va et oui j'ai pu le retrouver…

Il fit vrombir le moteur si fort que cela couvrit la réponse de son frère. Ce fut en partie intentionnel.

- On en parle devant Bobby, promis ! lui cria Dean par-dessus le bruit.

Après s'être descendu un grand verre de scotch avec une aspirine, il tint sa promesse.

- J'ai été retrouver cet autre ange que je connaissais, Balthazar... Il tient un club dans les bas quartiers que je fréquente parfois, expliqua-t-il lorsqu'il vit Bobby et Sam ouvrir la bouche en même temps, et il a accepté de m'emmener voir Naomi. Sauf que cet enfoiré…

Il se reversa un verre et le but d'une traite. La suite de l'histoire sortit de sa bouche avec détachement, comme s'il racontait un film dont il n'était pas le protagoniste mais un simple spectateur :

- … il m'a abandonné au Paradis à la seconde où on a débarqué. Alors j'ai dû trouver…

Pause néanmoins nécessaire, le temps d'une inspiration douloureuse.

- …Castiel tout seul. Naomi était en train… de le torturer et c'est là qu'elle m'a dit… que c'était lui qui avait tué John.

Sam recula sur sa chaise, choqué. Bobby plissa juste les yeux, ses jointures blanchissant sur son verre de tord-boyaux.

- Tu… tu es sûre qu'elle n'a pas menti ? demanda le premier avec un espoir si innocent qu'il en était touchant.

Dean pouffa d'un rire amer.

- « Sûr » ?! Ce fils de pute l'a avoué devant moi ! Il nous a tous menti à cette même table, en nous regardant droit dans les yeux ! s'écria-t-il en pointant du doigt le plan de celle-ci.

Il soupira profondément et se pinça l'arête du nez.

- Tu avais raison depuis le début, Bobby. Je suis désolé…

Son père adoptif serra tendrement son avant-bras.

- Oh, fils, j'aurais tellement préféré avoir eu tort…

Dean lui offrit un sourire fugace, ses yeux verts brillant de larmes.

- Mais… et ensuite ? Castiel, Naomi, que s'est-il passé ? l'interrogea Sam, le front plissé.

Il feignit l'indifférence en haussant les épaules :

- J'ai tué Naomi, et Castiel… Je voulais le tuer mais il était trop faible pour se défendre ou s'enfuir alors… je l'ai laissé là. J'imagine que les autres emplumés l'ont retrouvé. Mon seul ticket de sortie, c'était un ange qui était prisonnier dans une cellule là-haut – pourquoi, j'en sais rien - : en échange de sa liberté, il a accepté de me ramener ici. J'ai bien sûr essayé de le tuer dès qu'il a exécuté sa part du marché mais il a été plus rapide que moi… Il s'est enfui, et je suis rentré. Voilà, vous savez tout.

Bobby hocha la tête. Il avait l'air de vouloir lui reprocher un millier de choses mais eut la décence de remettre ses remontrances à plus tard pour qu'il se repose. Sam quant à lui avait besoin de temps pour digérer ces nouvelles; il demeura étonnamment silencieux, même si son frère pouvait voir les questions qui tournaient en boucle dans sa tête. Il avait les mêmes, sauf qu'il les refoulait au fin fond de son esprit à mesure qu'elles (ré)apparaissaient.

Là où reposait déjà ce qu'il avait pu ressentir pour Castiel.

Dean alla s'enfermer dans sa chambre avec le reste de la bouteille de scotch qu'il avait entamée et en but encore une gorgée, allongé tout habillé sur son lit, avant de sombrer dans un sommeil de plomb.


Il émergea en fin de matinée, la bouche pâteuse et le moral dans les talons.

Il avait rêvé du séraphin. Il l'avait vu recroquevillé par terre dans la salle de Naomi pendant que des anges le rouaient de coups de pied, jusqu'à ce qu'il ne respire plus.

Il l'avait supplié, mais il était resté assis sur un fauteuil à le regarder sans la moindre expression. À écouter ses os se briser l'un après l'autre.

Il ne voulait pas quitter le réconfort de son lit mais la faim finit par l'y forcer; après s'être débarbouillé le visage à l'évier de sa minable salle de bain, il se rendit à la cuisine commune où des pancakes froids l'attendaient. D'autres membres de la RT étaient en train de préparer le dîner et le saluèrent avec un respect religieux. Dean ne s'y habituerait jamais.

Quelques pancakes et un café engloutis, il voulut retourner dans sa chambre mais Charlie l'intercepta dans les couloirs :

- Dean !

Elle le serra dans ses bras, plus fort qu'elle n'en paraissait capable et Dean inspira le parfum fruité de ses cheveux roux en fermant les yeux. L'étreinte se termina plus vite qu'il ne l'aurait souhaité.

- Sam m'a tout raconté ce matin… je suis désolée, vraiment. Je n'arrive même pas à imaginer ce qu'on peut ressentir, mais… Castiel… ce n'était pas de sa faute, il y était contraint ! C'est cette Naomi qui le manipulait.

- Reste qu'il l'a quand-même fait. C'était lui… c'était ses propres mains, répliqua-t-il d'un ton glacial.

Le regard qu'elle lui lança faillit briser son masque. Sauf qu'il ne pouvait pas pleurer, ni devant elle, ni devant personne.

- Tu as peut-être raison… en tout cas, si tu as besoin de parler, n'hésite pas.

Il marmonna un « merci » étranglé avant de rejoindre sa chambre et son fonds de bouteille.


La première chose que vit Castiel quand il reprit connaissance fut un somptueux plafonnier en fer forgé. La lumière chaude n'émanait cependant pas de celui-ci; le soleil matinal brillait à travers une fenêtre à sa droite, transformant les particules de poussière qui virevoltaient dans l'air en poussière d'or.

- Bon retour parmi nous, mon frère.

Le séraphin sursauta et dégaina sa Lame par réflexe. Un ange qu'il ne reconnut pas était assis à côté du lit.

- Navré de t'avoir surpris. Je ne te veux aucun mal : c'est moi qui ai guéri ta blessure et qui t'ai amené ici.

Les derniers évènements lui revinrent en mémoire. Naomi. Dean. L'obscurité.

- Qui es-tu et combien de temps ai-je dormi ?!

L'inconnu eut l'air de peser le pour et le contre avant de répondre.

- Gadriel. Tu es resté dans le coma pendant 3 jours, 2 heures et 45 minutes.

Castiel se leva d'un bond et se jeta sur lui, le faisant basculer en arrière avec la chaise. Son désespoir avait trouvé le bouc-émissaire idéal.

- Toi… ! Tu es la cause de tout ! De tout ce malheur, de toute cette souffrance… tu es celui qui a laissé le Serpent entrer dans le Jardin ! Tu es l'être le plus coupable de toute la Création !

Gadriel contracta sa mâchoire à défaut de pouvoir déglutir; la pointe de l'arme risquerait de percer la peau de son cou. Il regarda le séraphin dans les yeux avec des larmes de culpabilité dans les siens :

- J'ai été abusé ! Je ne connaissais pas ses viles intentions et j'ai payé cher le prix de ma négligence… Tu peux m'imputer la responsabilité de l'Exclusion mais je ne suis pas responsable de la folie des hommes ni de ce que vous êtes devenus pendant que je moisissais dans ma cellule !

Castiel hésita longuement, les dents découvertes. Il tenait à portée de Lame la racine même de la déchéance du monde et pourtant, il ne pouvait se résoudre à le tuer.

- Comment t'es-tu échappé, après tout ce temps ?

- L'humain qui était venu pour te sauver, Dean, m'a proposé de le ramener sur Terre en échange de ma liberté. Je ne pouvais bien sûr qu'accepter… des milliers d'année à fixer les mêmes quatre, maudits murs… Il a essayé de me tuer dès que nous sommes arrivés dans cette ville mais j'ai réussi à lui échapper.

Le séraphin pinça les lèvres et détourna le regard, sans toutefois éloigner le poignard de la jugulaire de l'ange. Entendre son nom était difficile.

- … Et pourquoi m'as-tu sauvé ?

Le regret était perceptible dans sa voix.

- Vu l'empressement de ce Dean à me tuer et le fait qu'il m'avait menti quand je lui avais demandé pourquoi tu n'étais pas avec lui, j'ai pensé qu'il avait également tenté de te nuire.

- C'est le comment, pas le pourquoi.

Gadriel soupira, résigné.

- Je… je recherche simplement la rédemption. Mais si tu m'en juges indigne, alors tue-moi. J'accepterai ton choix, quel qu'il soit.

Une fois de plus, Castiel se retrouvait avec le destin d'un autre être sur les bras. La vie ou la mort ? C'était un choix auquel il avait trop souvent donné la mauvaise réponse par le passé.

Un choix dont il avait plus qu'assez.

Il remonta sa Lame dans la manche de son trenchcoat et redressa Gadriel en même temps que son siège, avant de s'assoir en face de lui sur le lit.

- Je suppose que je serais hypocrite de ne pas te laisser une deuxième chance, alors que j'ai si ardemment souhaité en bénéficier d'une moi aussi.


Entre veille et sommeil, Dean fut interrompu dans son écoute de « Whipping Post » par son frère qui toquait bruyamment à sa porte.

- Dean ? Il faut que tu viennes voir ça…

Quelque chose dans le ton de Sam l'alerta. Il ôta son casque et se leva pour aller lui ouvrir.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Viens…

Il l'entraina dans la salle de réunion, où Bobby et Charlie les attendaient. La jeune femme lui montra le dernier journal télévisé sur son portable. Un homme noiraud aux yeux bleus pâles était assis dans un somptueux bureau de style colonial, les doigts entrecroisés. Si son apparence inspirait le pouvoir et la supériorité, ce n'était rien comparé au son de sa voix mielleuse lorsqu'il entama:

« Chers téléspectateurs, bienvenue dans ce journal spécial. Je me présente : Michel, archange. Je dirige les anges et ne réponds qu'à Dieu, avec qui je suis d'ailleurs le seul à être personnellement en contact. Et laissez-moi vous dire une chose… Il est très déçu par vos récentes actions. Vous conspirez contre vos propres sauveurs, ceux qu'Il vous a envoyés pour vous aider, ceux qui font en sorte que vous ayez du pain sur la table, du vin dans vos cruches et un toit sous lequel dormir ! Certains d'entre vous ont même été jusqu'à torturer et tuer nos semblables. Je fais bien sûr allusion aux frères Winchesters, qui vous exhortent à rejoindre leur Résistance ridicule, mais ils n'ont pas compris quelque chose d'essentiel, quelque chose que je vais tenter de vous exposer ici le plus clairement possible : c'est nous qui décidons si vous reverrez votre famille en rentrant du travail. C'est nous qui décidons si vous êtes un élément utile à la société ou un parasite à éliminer. C'est nous qui faisons littéralement la pluie ou le beau temps pour vos récoltes. Nous avons ces pouvoirs car ils nous ont été donnés par Dieu en personne; nous sommes ses Créatures au même titre que vous, et pourtant vous persistez à pécher contre nous. Et notre Seigneur est las de pardonner : la transgression d'y hier sera la dernière. Plus aucun écart ne sera désormais toléré, pas la moindre incartade. Enfin, rebelles qui me regardez, sachez que si vous respirez encore, c'est uniquement par chance, et la chance tourne. »

La vidéo s'arrêta et la salle retomba dans un silence de mort. Dean ne sut quoi dire. Il avait peur pour l'humanité toute entière, pas que les membres de la RT; les anges étaient les seuls juges de la culpabilité d'un individu et leur jugement était aussi cruel que sans appel. Le teint blême de Sam et Charlie laissait à penser qu'ils partageaient ses craintes.

Bobby, qui ne se laissait jamais démonter, distribua les ordres d'une voix ferme:

- Charlie, il faudrait que tu fasses circuler un message crypté sur le net : dis à tous nos contacts de faire profil bas jusqu'à nouvel ordre. Sam, Dean, vous mettez le QG en quarantaine : personne n'entre ou ne sort sans mon accord. Vérifiez tous les sceaux ainsi que nos réserves : il faudra tenir le plus longtemps possible avant de devoir se risquer à mettre le nez dehors. Moi je vais fouiller nos archives pour trouver tout ce que je peux sur cet enfoiré d'archange.


Remarque: Dean écoutait "Whipping Post" par The Allman Brothers Band : encore une fois je l'ai choisie pour ses paroles, mais aussi parce que Jensen l'a chantée (bien mieux que l'originale) à une convention, jetez-y un œil sur Youtube ;) (((Il est ridiculement sexy franchement ne passez pas à côté de ça surtout de la fin quand il chante "I feel like I'm dyyyyiiiiiiing" d'accord c'est orgasmique)))