Salut à tou(te)s, voilà enfin le chapitre 13, juste à temps pour le retour du Messie (je plaisante à peine, vraiment désolée pour l'attente…).
J'en profite pour vous demander quelque chose d'important : est-ce que l'une (ou l'un, sait-on jamais) d'entre vous aimerait devenir mon/ma beta ? Cela pourrait me motiver à écrire plus et surtout à m'améliorer, donc si vous êtes intéressé, envoyez-moi un MP ou dites-le moi dans un review et on discutera de tout ça ensemble. De préférence quelqu'un qui écrit aussi, qui connait bien SPN et qui a un très bon français.
Enfin, je vous annonce que j'ai créé une playlist avec toutes les chansons qui m'ont inspirées pour écrire cette fic, cherchez juste « W pour Winchester » sur youtube^^ Toutes les chansons sont dans l'ordre des chapitres.
Bonne lecture !
Michel tint sa promesse : dès le lendemain, les exécutions se multiplièrent à travers le monde entier.
Par deux, par cinq, puis par dix.
Pour un manque de respect envers un ange. Pour un couvre-feu non respecté. Pour des soupçons non confirmés.
Moins de la moitié des victimes se revendiquaient réellement du « mouvement W » et encore moins l'osaient jusqu'à leur dernier souffle. De toute manière, leurs aveux n'influençaient pas leur destin; ils n'étaient qu'une dernière bravade courageuse, que l'ultime sursaut d'une dignité en voie de disparition.
La fréquence des exécutions était telle que la plupart des anges avaient été mutés à ce poste. Tous vêtus de complets ou tailleurs aussi sobres que leur expression, ils alignaient les accusés sur l'échafaud, énonçaient brièvement leurs torts - fondés ou non - puis les brûlaient vifs de l'intérieur, les transformant en d'absurdes photophores humains devant les Fidèles qui y prenaient plaisir et les chaînes de télévision nationales qui y étaient obligées.
L'efficacité avait remplacé le rituel. Une procédure devenue sommaire. Banalisée.
Ce qui n'ôtait toutefois rien à l'horreur de ses spectateurs.
Attablés dans la salle de réunion, Charlie, Sam, Dean et Bobby venaient d'assister à la seizième mise à mort de la semaine : ce n'était qu'un adolescent. Il avait tagué « W » sur un mur de son école et ses camarades l'avaient dénoncé, certainement de peur d'être punis à sa place.
Il ne pleura pas, mais sa mère oui. Un ange dut la maitriser. Il lui toucha le front et elle s'effondra d'un bloc, ses hurlements coupés net.
- Ça suffit, craqua Dean en se levant pour tourner le dos à l'écran du portable de Charlie.
C'était pourtant lui qui avait mis un point d'honneur à ne rater aucune diffusion jusqu'ici, par solidarité. Sauf que ses journées se résumaient désormais à voir des gens mourir et à boire dans l'espoir d'oublier leurs visages terrifiés, sans succès.
Ils réapparaissaient toujours dans ses cauchemars, aux côtés d'un ange impossible à oublier.
- Il a raison… on ne peut plus attendre à ne rien faire, on doit agir avant qu'il ne soit trop tard ! dit Sam avec détermination malgré son front plissé de chagrin.
- C'est déjà trop tard ! s'écria l'ainé. Tout ça ne te suffit pas ?! Même si on parvenait à tuer d'autres anges, combien de personnes de plus mourraient par notre faute ? Et si les anges décidaient de s'en prendre aux enfants cette fois ?! Ils viennent de tuer un gosse de quinze ans, bordel !
- Dean, ce n'est pas de votre faute… la plupart de ces gens ont choisi de vous suivre de leur plein gré, parce que vous leur avez redonné espoir, intervint Bobby d'un ton réconfortant.
- Bien sûr que c'est de notre faute ! Ces gens avaient tous une famille, des amis, qui maintenant les pleurent à cause de nous et de notre stupide vidéo !
Il se couvrit la bouche, les yeux brillant de larmes. Une réalisation équivalente à une gifle en pleine face :
- Mon Dieu… on leur a donné la corde avec laquelle se pendre.
- Je comprends, Castiel, mais pourquoi cet humain a-t-il risqué sa vie pour te sauver de Naomi ? demanda Gadriel avec un sincère désarroi.
Le séraphin eut un sourire triste. Il venait de lui relater dans les grandes lignes les millénaires d'Histoire qu'il avait manqués à cause de son emprisonnement, ainsi que sa rencontre avec Dean et sa trahison envers le Paradis. Il avait bien sûr gardé sous silence leur attirance réciproque; quelque chose qui restait encore bien mystérieux, même pour lui. Peut-être ne comprendrait-il jamais vraiment ce feu dans sa poitrine qui l'affaiblissait autant qu'il le renforçait.
Après tout, comment expliquer l'amour à un être qui n'était pas sensé en éprouver pour un autre que son Créateur ?
- Dean est un homme altruiste et extrêmement loyal envers ceux qu'il estime être ses amis… il a dû penser que j'en faisais partie.
- Alors pourquoi t'a-t-il laissé pour mort et a-t-il tenté de me tuer ensuite ?
Les bonnes questions sont les plus douloureuses à répondre.
- Parce que j'ai exécuté son père en 1991.
Gadriel eut l'air d'avoir compris… l'espace d'une seconde.
- … Mais il sait bien que tu n'avais pas le choix, sait-il ? Tu ne faisais qu'exécuter les ordres.
Castiel lâcha un rire grave et amer, à la grande surprise de son interlocuteur qui avait décidément de la peine à concilier cette image avec son souvenir des autres anges, aussi fiers qu'austères.
- Oui, il le sait… hélas, les sentiments sont plus puissants que toute raison.
L'ébauche d'un sourire étira les lèvres de Gadriel.
- … Tu as l'air d'en parler d'expérience, mon frère…
Dean grogna de mécontentement.
Un bruit sourd et répétitif lui vrillait les tympans. Il avait l'impression qu'il provenait de l'intérieur même de sa tête, toutefois sa migraine faussait sûrement son jugement; il n'arrivait même plus à se souvenir du temps où il n'avait pas mal à la tête. Même si la bouteille qui ne quittait jamais sa table de chevet en était en partie responsable, son incursion au Paradis avait également dû chambouler quelque chose dans son cerveau.
Il roula sur le côté et heurta un corps chaud. Après quelques secondes de confusion, il sourit.
Ah oui… Lisa.
La porte s'ouvrit brutalement, laissant un rayon de lumière jaune éclairer l'obscurité poisseuse de la pièce, et la silhouette gigantesque de Sam apparut dans l'entrebâillement.
- Dean, ça va faire une heure que je toque- oh, pardon, je ne savais pas…, bredouilla-t-il à mi-voix lorsqu'il aperçut la femme brune allongée à côté de lui, encore assoupie.
- Tu veux quoi, putain ?! chuchota son ainé en se protégeant les yeux avec le dos de sa main.
Court silence. Entre ses doigts tendus, il ne voyait son frère qu'en ombre chinoise mais il pouvait presque l'entendre déglutir.
- Je… je venais juste m'assurer que tu allais bien… ça fait deux jours que tu restes cloitré dans ta chambre. Tu as mangé ? Est-ce que tu as au moins bu autre chose que de l'alcool, comme tu sais, de l'eau ?
- Il y a soixante pourcents d'eau dans le scotch alors techniquement oui, j'en ai bu, maintenant fais-moi plaisir et respecte l'intimité de ton grand-frère.
Sam soupira profondément avant de répliquer :
- Ne t'inquiète pas, je ne comptais pas m'attarder davantage : ça sent le fauve ici - et je suis poli.
La porte se referma, laissant Dean à demi-couché dans l'obscurité totale. Il pouvait déjà sentir la morsure de la culpabilité se refermer sur sa gorge, à côté de seize autres. Il n'aurait pas dû chasser son frère alors qu'il essayait seulement de l'aider.
Il n'aurait pas dû faire tant de choses et en faire tant d'autres…
Distraction providentielle, Lisa remua :
- Dean... ? Tu es réveillé ?
- Oui, ma belle. Prêt à reprendre là où on en était restés…
Elle pouffa de rire et se blottit contre lui en embrassant le creux de sa clavicule. Dean caressa les doux cheveux couleur chocolat qui cascadaient sur ses épaules, perdu dans de sombres pensées, et sursauta quand il sentit une main se refermer sur son sexe.
- Cette partie-là de ton anatomie n'a pas l'air d'être prête, elle, ricana-t-elle.
Touché. En même temps, après le marathon de la nuit dernière et la quantité d'alcool qu'il s'était envoyée, ce n'était pas étonnant que le soldat soit au repos.
- Pas grave, j'en ai pas besoin pour te faire grimper aux rideaux…, susurra-t-il sensuellement à son oreille.
Elle se mordit la lèvre d'excitation, soudain très intéressée :
- Ah non ?
Pour toute réponse, Dean la fit rouler sur le dos d'un baiser fervent, puis recula sous les draps en en déposant d'autres le long de son ventre, jusqu'à ce qu'il fût à genoux entre ses jambes écartées. Il saisit délicatement ces dernières pour les relever et, la plante des pieds de Lisa sur chaque épaule, pressa sa langue le long de son intimité dans un langoureux mouvement ascendant.
Nul doute que les rebelles des chambres voisines entendirent le gémissement extatique qu'elle lâcha.
Une jeune tatoueuse aux courts cheveux roses finissait de désinfecter ses instruments et sa chaise de travail quand un infime bruissement d'ailes la fit se retourner. A la place du pigeon qu'elle crut d'abord être à nouveau entré dans son local malgré le rideau de perles qu'elle avait installé, se trouvaient deux grands hommes aux traits étrangement parents.
Deux choses éveillèrent alors sa méfiance : elle ne les avait pas entendus entrer, or son rideau faisait un véritable bruit de castagnettes, et surtout, personne de sensé ne serait de sortie après vingt-et-une heures à moins de vouloir en finir avec la vie.
Elle fit donc mine d'aller à leur rencontre en s'approchant en réalité prudemment du Glock 19 qu'elle cachait sous sa caisse… lorsque le noiraud s'entailla l'avant-bras sans sourciller avec un éclat de miroir avant de peindre des symboles de sang sur sa vitrine. Il y en avait une telle quantité qu'il aurait dû perdre connaissance. Quant aux symboles, ils avaient beau ressembler à ceux qu'elle avait vus dans la vidéo des deux frères canons, ces deux-là n'étaient pas des rebelles, pas plus qu'ils n'étaient des hommes; elle le sentait aussi clairement que le frisson glacé qui lui parcourut l'échine.
Elle reposa son arme. Elle ne lui serait d'aucune utilité.
- Je suis en train de fermer. Si c'est mon permis que vous voulez, je peux vous le mon-
- Nous n'avons que faire de ta licence, femme. Nous avons simplement besoin que tu nous tatoues ceci, déclara le plus jeune comme s'il jouait dans une pièce de théâtre.
Interloquée, elle le regarda s'emparer du bloc de feuilles qu'elle gardait toujours à portée de main sur son bureau pour gribouiller ses idées de motifs; il y inscrit plusieurs lettres d'un alphabet qu'elle ne connaissait pas en empruntant son stylo Hello Kitty.
Scène cocasse qui l'aurait fait rire, si sa vie n'était pas potentiellement en jeu.
Il lui tendit le bloc une fois son dessin terminé :
- Nous n'avons malheureusement rien à t'offrir en échange de tes services.
Bien sûr, c'est pas comme si je peinais déjà à boucler les fins de mois, pensa-t-elle en se pinçant l'arête du nez. Elle fit preuve d'un sang-froid qui l'étonna elle-même en répliquant d'un ton désinvolte, bras croisés :
- Écoutez, tant que vous ne me tuez pas et que vous ne mettez plus jamais les pieds chez moi, ça me va.
L'être la contempla d'un air presque… attendri. Son confrère, qui les avait rejoints, ayant terminé de barbouiller la vitrine qu'elle mettrait probablement toute la nuit à nettoyer, souriait également.
- Marché conclu.
- Tu es sûr que cela va nous dissimuler des autres anges ? demanda Castiel en réajustant sa chemise blanche par-dessus l'encre fraichement injectée dans sa peau.
À peine la tatoueuse avait-elle terminé le dernier glyphe au niveau de son flanc qu'il avait déjà cicatrisé, sous les yeux éberlués de la jeune femme.
Gadriel et lui marchaient à présent côte à côte sur le trottoir éclairé par des lampadaires qui semblaient s'étirer à l'infini, passant tour à tour d'un cercle de lumière à l'obscurité poussiéreuse, série de taches dorées ponctuant un canevas anthracite.
- Oui. Naomi n'a pas jugé bon d'effacer des informations que je ne risquais de toute manière jamais d'utiliser, au fonds de ma cellule… Je pense qu'elle a dû renforcer la sécurité suite à ma bavure et à la déchéance de Lucifer; en tout cas, j'ai entendu bien des hurlements provenant de sa salle pendant que je purgeais ma peine.
Le séraphin fronça les sourcils, pensif. Il ressentait un grand vide au fond de lui et ses interrogations ne faisaient que l'agrandir.
- Si Naomi nous a vraiment ôté ces souvenirs à moi et à tous les autres anges… Pourquoi Dieu aurait-il à la base ancré dans notre grâce de quoi nous défendre face à nos propres frères ? Et quels souvenirs nous a-t-elles encore arrachés ?
Gadriel le contempla du coin de l'œil, son visage anguleux arborant toujours la même expression méprisante, conséquence des milliers d'années passées à se haïr lui et ses geôliers.
- Crois-moi, mon frère : l'ignorance est une bénédiction.
Ils furent interrompus par un ange qui tournait au bout de la rue, patrouillant probablement à la recherche de personnes ayant violé le couvre-feu. D'un mouvement synchrone, ils se réfugièrent dans une ruelle adjacente et attendirent. Leur semblable passa devant eux sans remarquer leur présence, tandis qu'ils restaient capables de sentir la sienne.
Gadriel releva fièrement un sourcil en direction de Castiel pour lui signifier « je te l'avais dit ». Dès que l'ange se fut suffisamment éloigné, ils poursuivirent leur chemin, jusqu'à atteindre un écran géant qui surplombait un boulevard désert. Les images de dizaines d'exécutions y étaient projetées, les torts des condamnés défilant juste en dessous. La dernière montrait un adolescent montant sur l'échafaud et ce qui devait être sa mère se débattant en arrière-plan, des larmes ruisselant sur ses joues.
Même à la toute fin, alors que ses globes oculaires éclataient comme des fruits murs sous l'effet de la chaleur intense, le garçon se retint de hurler.
- … Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? demanda Gadriel à travers ses dents serrées.
Une publicité pour une marque de café défilait désormais sur l'écran telle une insulte.
Castiel prit une profonde inspiration, les yeux clos.
- On essaie de rallier nos frères à notre cause, et s'ils refusent…
Sa Lame angélique glissa hors de la manche de son trenchcoat, atterrissant directement dans la paume de sa main.
- … Nous ferons ce qui doit être fait.
Après trois jours, Dean se décida enfin à se doucher et à sortir de sa chambre. En effet, plus rien ne l'y retenait : Lisa était partie la veille peu après leur dernière partie de jambes en l'air et surtout, il était à court de whisky.
Les cheveux en bataille, il erra donc dans les couloirs du bunker en plissant les yeux, ces derniers semblant avoir oublié comment réagir à la lumière pourtant tamisée des ampoules encagées qui pendaient du plafond. Arrivé à la buvette du port, il s'installa sur un tabouret que lui céda un rebelle accommodant et ignora les regards fixés sur lui. Certains pleins d'espoir, d'autres pleins d'amertume.
Il préférait les seconds.
- Le prends pas mal mon pote mais t'as une tête à faire peur, le salua Ash en grimaçant.
- Woah, bonjour aussi, Ash, fit Dean d'un air faussement vexé.
- Essaie plutôt « bonsoir » ! C'est pas loin de dix-huit heures…
Dean jeta un coup d'œil à l'horloge au-dessus des étagères à bouteilles, qui indiquait bel et bien dix-huit heures moins quart. Merde.
- Ça tombe bien, je peux te demander un verre sans passer pour un alcoolique.
Ash lui lança un regard désapprobateur mais finit par remplir deux verres, dont un pour lui.
- Écoute, Dean… je sais que tu se sens responsable pour… pour la merde que c'est dehors mais –
- Arrête, s'il-te-plait… Ne me balances pas de mensonges du genre « tu n'y es pour rien, tu ne pouvais pas imaginer… »
Il finit son verre d'une traite et se releva si vite que sa tête se mit à tourner violemment. Pour la millième fois, ses pensées s'échouèrent sur le séraphin, attirées par un courant irrésistible.
Un haut-le-cœur lui retourna l'estomac.
- Plus de mensonges, dit-il dans sa barbe.
Avant qu'Ash n'ait pu répliquer quoi que ce soit, il s'engouffra dans un des couloirs creusés à même la roche, marchant pour le seul but de marcher. Il commençait sérieusement à manquer d'air dans ce trou à rats et ses jambes le démangeaient. Pas qu'elles, d'ailleurs, ses mains rêvaient de planter une Lame angélique dans un maximum d'emplumés. Il serra les poings rien qu'à l'idée.
Par hasard ou par instinct, il se retrouva devant la cuisine commune. La responsable, Martha, une veuve bien en chair qui voyait en lui le fils que les anges lui avait arraché, avait pris soin de lui garder de côté la dernière conserve de raviolis à la viande. Cette attention le toucha tant qu'il faillit fondre en pleurs au beau milieu de la cafétéria. A la place, il serra étroitement Martha dans ses bras, retrouvant l'espace d'un instant la chaleur d'une mère partie trop tôt.
Alors qu'il s'apprêtait à engloutir lesdits raviolis encore fumants, il croisa le regard avide d'une fillette assise à la table d'en face. Dans son assiette gisaient quelques haricots blancs et des biscuits secs. Les derniers restes de la réserve jadis importante du QG.
- Ce n'est pas poli de fixer les gens, Justine, la gronda sa mère. Allez, finis ton assiette.
L'enfant secoua vigoureusement la tête et continua à fixer le repas de Dean.
Qui soupira et se leva pour aller l'échanger avec son assiette de haricots.
Embarrassée, la mère le noya sous les remerciements, cependant aucun ne le récompensa autant que le sourire solaire qu'arbora la fillette en dégustant son premier ravioli.
Rufus, vieil ami de Bobby et chargé des communications radio, était en train de surveiller les fréquences en fumant sa cigarette matinale lorsqu'elles furent soudain toutes remplacées par un seul et même message :
« Attention, ceci est une annonce de vos Sauveurs. Nous informons le rebelle Rufus Turner que nous détenons sa mère, Dorothy Turner, domiciliée à Canaan dans le Vermont. Si Rufus Turner se rend dans les vingt-quatre heures, aucun mal ne sera fait à sa mère. À défaut, cette dernière subira le supplice de l'aigle. »
Le message recommença, encore et encore. Choqué, Rufus fixa la radio en silence, assez longtemps pour que sa cigarette lui brûle les doigts; il la lâcha en jurant avant de la ramasser pour l'écraser dans le cendrier en verre.
Le visage enfouit dans ses mains, il jura à nouveau.
Comment diable avaient-ils pu la retrouver ? Ils ne s'étaient plus parlé depuis des années, depuis qu'il avait décidé de rejoindre la Rébellion. Croyant la mettre en sécurité en coupant les ponts. Avant ce matin, il ne savait même pas qu'elle était encore en vie.
Et voilà qu'elle était en danger de mort à cause de lui.
Il savait pertinemment ce qu'il devrait faire, sans pouvoir s'y résoudre. La simple idée de rester planqué sous terre en toute sécurité tandis que la femme qu'il aimait le plus au monde souffrirait le martyr le révoltait.
Il se leva et se rendit au pas de course à l'issue de secours la plus proche.
- Navré, Bobby… mais c'est ma mère ! Je n'ai pas le choix. Je suis sûr que tu comprendras.
[La suite dans le courant du mois de juillet]
