Chapitre 3 : Marina

Alors que l'imposant vaisseau de guerre avançait dans l'espace silencieux, à son bord, c'était une toute autre histoire.

« Attrapez-le ! » hurla quelqu'un.

« Ne le laissez pas s'échapper » cria un autre.

Dans la cantine du vaisseau, un joyeux bazar avait débuté à cause d'un … chat. L'animal avait réussi, et dieu sait comment, à monter au bord du Karyû avant son décollage. Les détecteurs de surveillance n'ayant pas repéré sa présence à cause de son origine l'animal s'était baladé sur le navire sans problème et avait chipé de la nourriture dans la réserve. Ce fut un commis de cuisine qui le repéra et depuis, la chasse s'était éternisée, une pagaille sans précédent avait élu dans la cantine, et le chat échappait toujours à ses bourreaux.

« Que ce passe-t-il ici ? » demanda le capitaine Oki en entrant de la salle.

L'animal en fuite sauta alors dans ses bras, cherchant un refuge, le commandant Zéro, présent au moment de l'accident, qui était à sa poursuite, percuta son second, l'embrassant au passage, et s'écroulèrent tous deux sur le sol, sous le regard ahuri et amusé des quelques membres d'équipage.

Warius choqué et embarrassé, se dégagea brusquement et tenta de se composer un air impartial.

Bien que les joues rouges, il tendit la main vers Marina qui l'accepta, non sans rougir, et se redressa, l'animal toujours dans ses bras.

« Veuillez m'excuser capitaine Oki. Tenta Warius pour changer le sujet du baiser qui commençait à prendre de l'ampleur. Et merci d'avoir attrapé le chat, cela fait une demi-heure qu'on lui court après, et voyez les dégâts. »

« Ce n'est pas grave Commandant, mais qui a amené cet animal à bord ? » interrogea la jeune femme.

« Personne, capitaine, il a dû monter à bord peu de temps avant le décollage. » expliqua un soldat qui s'approcha tout en saluant son supérieur.

« Et les détecteurs ? » reprit la jeune femme, étonné que l'animal n'ait été découvert que maintenant.

« Les détecteurs d'intrusions du navire ne se déclenche quand un être vivant type : humain, humanoïde ou autre inconnu au signalement biologique et données de l'équipage enregistré dans l'ordinateur central. Les animaux sont considérés comme neutre, Mlle Okinawa n'a pas jugé que les animaux fussent une menace. » parla une voix métallique.

Surpris, tous regardèrent dans la direction de la voix, pour voir Battlyzer se tenant dans l'encadrement de la porte.

« Eh bien, nous allons corriger ça et vite. L'ennemi pourrait utiliser ces animaux pour nous piéger. C'est étonnant venant d'un génie tel qu'Okinawa. » déclara le Commandant.

« Mlle Maki n'a pas omis ce détail, Commandant. » Assura une voix ferme et sûre.

Ce tenant derrière Battlyzer, une jeune femme dans la trentaine, regardait son supérieur avec une assurance que l'on pourrait qualifier d'orgueilleuse.

Sakura Tatsumi était l'officier mécanicien, issus d'un peuple guerrier que l'on nommait les mondragorriens, la jeune femme à la beauté exotique n'en était pas moins dangereuse.

Grande de ses un mètre soixante-douze, les cheveux courts, bruns, le visage allongé et le teint mat où ressortaient ses yeux améthyste, un nez fin et petit et des lèvres roses. Un corps d'athlète aux formes généreuses a damner un saint, Sakura se distinguait de l'équipage composé d'humains et d'humanoïdes surtout par ses oreilles, longues et pointues mais aussi par sa force physique équivalente à celle d'un humanoïde, à son agilité, sa rapidité et son incommensurable amour pour la mécanique. Elle brillait littéralement dans ce domaine.

« Pouvez-vous être plus précis Officier Tatsumi ? » demanda Zéro.

« Oui, le vaisseau est pourvue de détecteurs de bombes, caméras, micros et puces espions, ainsi quand une personne ou un animal est à bord de ce navire nous savons si il est piégé ou pas mais le risque zéro n'existe et n'existera jamais. Quand à cet animal, aucun danger, sinon, nous aurions été averti, mais si vous voulez vous en débarrasser, libre à vous de le jeter par le sas. » déclara-t-elle sur un ton désinvolte dont Zéro ne se préoccupa pas.

Il connaissait la jeune femme depuis deux ans maintenant, il savait que derrière son assurance et son ton désinvolte, se cachait un grand respect envers son supérieur. Ce peuple si secret et si éloigné du reste des autres races, ne reconnaissait que les valeureux guerriers qui avaient su se distinguer pour leur force, agilité, stratégie et moral. Et Warius en faisait partie.

« Pour ce qui est de le jeter par le sas, c'est niet. Nous allons devoir le garder, mais avant cela, j'aimerais que le docteur l'examine. On ne sait jamais, un animal errant véhicule souvent des maladies, évitons qu'il nous en transmette. » annonça Zéro et attrapant l'animal par la peau du cou.

« Je vais l'amener commandant. » reprit Marina en attrapant l'animal pour l'emmener à l'infirmerie.

« Bien capitaine. » termina Warius.

La jeune femme s'éloigna d'un pas sûr du mess, caressant le chat, qui ronronnait de plaisir. Faut dire que ça change des fous furieux de tout à l'heure, pensa Marina qui sourit avant de se rappeler du baiser échangé avec son supérieur. Le rouge lui monta aux joues rien qu'au souvenir des lèvres de Zéro sur les siennes, très douces pour un homme.

« Que puis-je pour vous capitaine Oki. » interrogea une voix

« Hein… Oh pardon docteur, je vous amène ce chat, il a réussi à monter à bord. Le commandant aimerait vérifier s'il est sain. » répondit-elle.

Toujours les joues légèrement rouges, surprise dans ces pensées, elle se sentie gênée. Elle tendit l'animal et repartit faire son inspection. Elle percuta Battlyzer qui l'avait suivi pour terminer l'inspection, plus gênée que jamais, Marina bredouilla des excuses et fila en vitesse sous le regard amusé du docteur.

Pendant ce temps, Zéro qui avait fini par manger, prenait un café dans la salle des officiers, tout en lisant les divers rapports qui lui arrivait sur son terminal. Plongé dans sa lecture (passionnante dira-t-on), un souffle vint lui chatouiller l'oreille.

« Que… » souffla-t-il, surpris.

« Que ne comprenez-vous pas dans « une heure de pause », commandant Zéro ? » interrogea Sakura.

« Officier Tatsumi, je ne vous permet pas. Et puis, je veux être à jour dans les rapports. » gronda Warius.

« Warius, avec tout le respect que je te dois, tu finiras vieux garçon, à force de travailler comme ça. Ce n'est pas une vie. Entre dormir, manger et travailler, tu n'as même pas de vie privée, as-tu eu au moins une petite amie de plus de 6 mois ? » reprit Sakura, ignorant le ton de son ami.

« Oui, j'ai eu une petite amie de plus de 6 MOIS, et oui j'ai bien une vie privée. » répondit-il.

« Pour la deuxième réponse, je ne te croirais pas car tu n'aurais pas perdu ta petite amie. Je comprends que tu veuilles rendre justice à ta famille, mais, crois-tu qu'ils auraient aimé te voir ainsi ? Tu ne vis que pour la vengeance mais une fois vengé, que feras-tu ? » déclara la jeune femme sur un ton de reproche.

« Ma famille est morte, je n'ai plus personne. Alors oui, il ne me reste plus que la vengeance. » souffla Zéro entre les dents, montrant ainsi sa colère.

« Tu n'as personne, parce que ne laisse personne entrer dans ta vie. Que tu veuille rendre justice à ta famille, oui, mais si tu le fais uniquement dans la vengeance, alors tu te détruiras. Rappelle-toi de mon frère. Ne fais pas la même erreur que lui. » termina l'Officier en quittant la pièce.

Alors que la porte se referma, Warius balança violemment sa tasse de café au sol d'un revers de la main. Tatsumi avait le don de le sortir de ses gongs, mais elle avait raison.

Mais son passé le hantait, toute cette violence déchaînée sur des colons sans défense, une barbarie sans nom, une boucherie.

Par inadvertance, j'ai publié ce chapitre alors que je ne l'avais pas finis. Je m'en excuse par avance et je faire plus attention. Encore désolé.