CHAPITRE 3
_ Alors... Parlons peu parlons bien Thélonius. Que pense-tu de notre choix? Demanda Marcus en buvant une gorgée de bière.
_ Et bien... Il est parfait, à mon sens. Mais je dois vous dire que Clarke ne sera certainement pas apte à vous suivre.
_ Pourquoi ça? Demanda Bellamy. Comment on peut refuser une proposition pareille?
_ Je ne pense pas qu'elle quittera Fairbanks. Sa situation est très compliquée. Sa mère est malade, et elle est dans un institut ici. Elle ne partira jamais loin d'elle. Je peux essayer de la convaincre, mais je ne vous promet rien.
Bellamy vit Thélonius sortir son téléphone portable et quelques secondes, il comprit que c'était la blonde qu'il était entrain d'appeler. Bellamy se repassait ce qu'il avait dit. Elle s'appelait Clarke, un nom peu commun pour une demoiselle, et il adorait ça. Ça la rendait spéciale. Mais il repensa aussi à sa mère. Ayant lui même eu une mère malade, il savait à quel point ça pouvait être dur à vivre et il comprenait qu'elle ne souhaite pas le suivre. Mais il était bloqué, car à cet instant, il ne voulait qu'elle.
« Clarke? Bonsoir c'est le directeur Jaha... Oui je sais qu'il est tard... En fait, je suis avec mon vieil ami Marcus Kane... Oui, Clarke écoute au moins... Je me doute que tu ne compte pas partir... C'est une chance en or pour toi... Tu devrais au moins écouter ce qu'ils ont à te dire... Bien... Je comprends. Bonne soirée à toi aussi. »
Lorsqu'il raccrocha, il avait un visage désolé et compatissant. Bellamy savait qu'elle avait refusé la proposition. Sans même chercher à avoir plus d'infos en plus. Elle avait été catégorique.
_ Ecoutez, Clarke réserve une salle de danse tous les samedi matins. Vous pourriez peut-être essayer de la convaincre demain matin. Si elle vous a en face, elle ne pourra pas fuir.
_ D'accord!
Bellamy était déterminé. Il ne partirait pas d'ici sans lui avoir parlé au moins une fois, sans lui avoir dit qu'il la voulait elle et personne d'autre comme partenaire.
[..]
Il était dix heures du matin quand Bellamy et Marcus arrivèrent à l'école. Il faisait assez frais, malgré qu'ils étaient en Juin. Mais la température est plus basse en Alaska qu'à New York, et il le ressentait à cet instant. Il se dirigèrent rapidement vers le bâtiment pour ne plus sentir la fraicheur du matin piquer leur peau, et regardèrent le tableau des salles attribuées. Il trouva le nom de Clarke inscrit sur une salle au deuxième étage, et il n'attendit pas Marcus pour prendre les escaliers. Les couloirs étaient déserts et silencieux. Etant à la fin de l'année, il ne restait que la remise des diplômes pour clôturer officiellement les cours. Et les élèves n'avaient plus besoin de venir. Sauf elle apparemment. Quand il arriva devant la salle qu'elle avait réservée, il entendit la musique si forte, qu'il savait qu'elle ne remarquerait pas sa présence. Alors il la regardait, bouger, complètement dans son monde.
[LOIC NOTTET – Million Eyes]
Elle avait fait un super choix de musique, encore une fois. Elle allait d'un côté de la pièce, lentement, au rythme des mots qui prenaient possession de la pièce. Quand le refrain sonnait, et que la voix du chanteur se faisait plus forte et plus aiguë, Clarke accentuait ses mouvements, leur donnant plus de force et de sens. Il retrouvait les mêmes émotions qui s'étaient dégagées de ce petit corps la veille. Il admirait le fait qu'elle ait encore la force de danser après le spectacle qu'elle avait donné. Il en connaissait beaucoup qui seraient restés au lit.
Allongée sur le sol, il avait une envie folle de la rejoindre rien qu'en la regardant. Elle cambra son dos, plaçant ses mains à plat de chaque côté de son visage. En quelques secondes, elle se mit en pont, et fit une figure de gymnastique pour se remettre droite. Il écarquilla les yeux avec un sourire. Elle était pleine de ressources. Il se demandait s'il y avait quelque chose qu'elle ne savait pas faire. Il savait qu'elle ne l'avait toujours pas vu, même quand Marcus l'avait rejoint sur le palier de la porte. Appuyé contre l'encadrement, les deux hommes regardaient, silencieux, respectueux. Ils appréciaient juste le spectacle. Ce n'est qu'une fois que sa musique s'arrêta qu'elle reprit son souffle et que ses yeux rencontrèrent ceux du brun. Elle semblait outrée d'avoir été observée de la sorte, et surtout, elle semblait en colère. Elle attrapa une serviette qu'elle posa autour de son cou, et se rapprocha vers eux d'un pas déterminé. Bellamy ne l'avait jamais vue si proche de lui, et alors qu'elle était devant lui, il appréciait sa petite taille.
_ J'peux vous aider?
_ Clarke Griffin? Demanda Marcus.
_ C'est moi.
_ Bonjour, je suis Marcus Kane, je ….
_ Je sais qui vous êtes et ce que vous faites là. Mais j'ai déjà donné ma réponse au directeur Jaha.
_ Vous pourriez au moins écouter notre proposition.
_ Ecoutez, il y a des tonnes de filles ici qui rêveraient que vous leur fassiez votre proposition, mais pas moi!
_ Je n'y crois pas. Quelqu'un qui danse comme vous le faites, ne peut pas ne pas rêver d'en faire sa carrière. Rétorqua Bellamy avec une force dans la voix qui la fit taire. Je vous propose un marché. Une danse, juste vous et moi, et après vous me donnerez votre réponse.
_ Vous connaissez mes chorégraphies? Dit-elle avec un air de défis.
_ Une impro. Je met une chanson au hasard dans votre CD, et on danse.
Clarke réfléchit. Il était têtu celui là! Elle savait qu'il ne comptait pas la lâcher, et un instant, elle s'était perdue dans son regard. Son très beau regard.
_ Ok! Et après vous me foutez la paix!
Bellamy avança vers le fond de la pièce et déposa sa veste sur le banc à côté des affaires de la blonde. Il retira chaussures et chaussettes, pour se mettre en tenue de travail. Il se dirigea avec un regard insistant vers la blonde, et se pencha sur la chaine hifi pour appuyer frénétiquement sur les flèches de direction tandis que Marcus attrapa son téléphone pour se mettre à filmer. Bellamy ne savait pas quel CD elle avait mis, s'il s'agissait d'une compile ou bien d'un album officiel. Il choisit la chanson numéro 5, et appuya sur Play avant de prendre place au centre de la pièce. Il la vit s'approcher de lui, et soudain, plus rien autour ne comptait.
[LOIC NOTTET – Rhythm Inside]
[Listen to the sound of thunder
Écoute le bruit du tonnerre
Rolling in the soul down under
Roulant tout au fond de l'âme
Far beneath the skin, it rumbles
Loin sous la peau, il gronde
Step to the step of the drum that rolls inside
Marche au rythme du tambour qui gronde en dedans
Be your enemy or lover
Être ton ennemi ou ton amant
We are put here to discover
Nous sommes mis là pour découvrir
Your heart that beats within each other
Ton cœur qui bat en chacun]
C'était une chanson forte, avec des notes prononcées, et des temps précis. Il commença à bouger, tout en laissant ses yeux dans ceux de la blonde devant lui. D'avant en arrière, tournant, sautant. Elle se mettait sur la pointe des pieds, avant de lever une jambe qu'elle garda contre son corps avant de la faire redescendre avec force dans sa direction, comme un message de guerre. Très vite, il se rapprocha, la bloquant de son regard, l'obligeant à l'affronter, et mit ses mains sur sa taille. Mais elle le repoussa quand le refrain commença et que la voix se fit plus forte.
[And if we die tomorrow
Et si nous mourons demain
What do we have to show
Que devons-nous montrer
For the wicked ways down below
Pour les mauvaises manières ici-bas
The rhythm inside is telling us
Le rythme intérieur nous dit
We can fly tomorrow
Que nous pouvons voler demain
On the beautiful wind that blows
Sur le magnifique vent qui souffle
On the cosmic track, love attack
Sur la piste cosmique, l'amour attaque
I'm gonna' get that rhythm back
Je vais récupérer ce rythme]
Elle fit quelques tours sur la pointe des pieds, s'écartant de lui au maximum. Lui s'était laissé tomber au sol, et la regardait avec un des yeux profonds et passionnés. Comme si elle était une proie sur laquelle il voulait se jeter. Alors qu'elle avançait dans sa direction en faisant de petits sauts de danse classique, il se redressa et attrapa fortement sa taille, la rapprochant au maximum de son corps. Elle se colla à son torse, le défiant d'un regard qui le transperçait. Elle pencha lentement son corps vers l'arrière, décrochant ses yeux des siens, avant de les fermer. Bellamy la fit basculer un peu sur le côté, avant de la redresser et de coller son front contre celui de la blonde. Les chuchotements de la chanson le rendaient fou, complètement absorbé par ce moment. Il avait fallu qu'il tombe sur cette chanson. Mais d'un côté, il ne s'en plaignait pas, car il adorait ce qu'il était entrain de vivre. Il était en pleine impro avec une inconnue, et pourtant, leurs mouvements s'accordaient parfaitement, comme s'ils avaient déjà dansé ensemble et se connaissaient par coeur. Sa bouche était seulement à quelques centimètres de celle de Clarke, et il pouvait sentir son souffle sur son visage. Elle était essoufflée, et pourtant pas prête à s'arrêter. Elle semblait habitée d'une fièvre qu'il connaissait plus que bien, car c'était elle qui rythmait ses danses. Elle s'était écartée vivement de lui, avec un regard encore plus intense que les minutes précédentes. Mais alors qu'elle fit de nouveaux tours sur elle même, elle s'arrêta comme si elle était bloquée, et Bellamy posa son regard sur elle. Quelque chose n'allait pas, il le savait. Elle qui semblait dans son monde pendant qu'elle dansait, était soudainement revenue à la réalité. Ce n'est que quelques secondes après, la voyant courir vers son sac, qu'il entendit la sonnerie d'un téléphone. Elle coupa la musique, avant de décrocher, d'une voix pleine d'angoisse.
_ Allo? Oui c'est moi? Quoi? Quand ça? J'arrive tout de suite. Merci.
Elle s'empressa de plonger toutes ses affaires dans son sacs et de récupérer son cd dans la chaine hifi. En un regard, Bellamy savait qu'elle n'allait pas bien. Alors il se rapprocha d'elle, et chercha son regard. Si elle avait ressenti la même chose que lui pendant leur impro, alors elle serait peut-être un peu plus apte à lui répondre.
_ Est-ce que ça va?
_ Non.. euh.. je... Vous pourriez me conduire à l'hôpital s'il vous plait?
_ Bien sûr.
Bellamy tourna la tête vers Marcus qui n'avait pas bougé de la porte. Celui ci lui fit un signe de tête approbateur et Bellamy enfila ses chaussures avec une vitesse folle. Quand ils passèrent la porte, Marcus lui tendit ses clés de voiture, prétextant qu'il devait voir Thélonius. Mais Bellamy savait que lui seul pouvait réussir à convaincre cette fille, et que c'était pour cela qu'il le laissait seul avec elle.
Coucou !
Je suis ravie de voir que cette histoire vous plait même si les histoires sur la danse c'est pas au gout de tout le monde!
J'espère qu'il en va de même pour cette suite!
Gros bisous !
