CHAPITRE 4
Alors qu'elle était assise sur le siège passager, Bellamy sentait qu'elle était stressée. Ils n'avaient pas plus discuté que ça depuis qu'ils avaient quitté la salle de danse, mais ce silence commençait à lui peser sur l'estomac. De là où il était, il pouvait sentir les effluves de son parfum, un parfum mélangé à l'odeur de transpiration douce d'une fille qui venait de danser. Et ça le mettait dans un état second. Il repensa à leur danse, leur échange. Il n'en revenait toujours pas d'avoir été si connecté avec elle alors qu'ils ne se connaissaient pas. Cela faisait des années qu'il n'avait pas ressenti ce genre de choses. Aujourd'hui, il était sûr d'une chose, il ne pourrait pas repartir d'ici sans cette fille. Elle était faite pour lui, il n'en doutait pas.
_ Merci de m'emmener.
Elle s'était décidée à lui parler, ce qui était sans doute un grand pas entre eux. Bellamy se disait que peut-être elle avait ressenti que leur impro était un signe, et qu'ils étaient semblables. Bellamy sourit, avant de poser ses yeux sur elle. Elle était belle, mais ses yeux semblaient si tristes.
_ Pas de quoi. Vous n'avez pas de voiture?
_ Non. Ça coute cher.
Bellamy pourrait jurer qu'à ce moment là, elle avait envie de parler, de se confier. Il ignorait si elle était prête à le faire, et si elle allait bien prendre le fait qu'il l'encourage à continuer. Mais il ne voulait pas abandonner, et si lui parler permettait de la faire changer d'avis, alors il se devait d'essayer.
_ C'est pour votre maman qu'on va à l'hôpital?
Clarke ne tourna même pas sa tête dans sa direction mais du côté de sa fenêtre où elle laissa son regard se perdre à l'extérieur. Bellamy repositionna son regard devant lui, afin de ne pas avoir un accident, et se mordit la lèvre. Il n'aurait peut-être pas du lui demander ça.
_ Oui. Elle a fait une tentative de suicide... Encore.
_ Je suis désolée Clarke. Elle va bien?
_ Ils ont dit que ça allait. Mon père est mort il y a quelques années. Pour oublier ma douleur, j'ai commencé à me plonger dans la danse, alors qu'elle, elle a plongé dans l'alcool.
Elle s'était arrêtée, et Bellamy ne savait pas quoi dire. Il comprenait pourquoi quand Clarke dansait, elle semblait si belle, si pleine d'émotions indescriptibles et troublantes. La danse était son échappatoire, et c'était ça qui lui permettait de revivre.
_ Je n'ai pas été là pour elle au début, et je n'ai pas remarqué qu'elle buvait de plus en plus souvent. C'est quand elle a commencé à maigrir que je me suis alertée. Je l'ai obligée à vendre la maison, et j'ai vendu ma voiture pour lui payer une cure dans un centre de désintoxication. Elle y est restée un moment, mais en sortant, elle n'a pas été guérie. Elle est restée aussi dépressive qu'avant. C'est pour ça que je ne peux pas partir. Je ne veux pas l'abandonner.
Bellamy entra sur le parking de l'hôpital, et à peine fut-il garé, que Clarke sortit de la voiture. Il n'avait même pas eu le temps de lui répondre. Son histoire était effectivement compliquée, et il connaissait désormais les raisons de son refus. A sa place, il aurait sans doute fait la même chose, et n'aurait pas pu mieux faire pour sa mère. Elle avait fait des sacrifices pour elle, avait renoncé à sa voiture, à sa maison, pour l'aider et lui montrer qu'elle n'était pas seule. C'était beau, et en même temps, terriblement triste.
Il la suivit jusqu'à l'accueil où elle demanda la chambre de sa mère et s'empressa de monter dans l'ascenseur. Une fois à l'étage désiré, elle se rapprocha d'un médecin qui était à l'accueil.
_ Bonjour, je suis Clarke Griffin. On m'a appelée pour ma mère.
_ Bonjour mademoiselle. C'est moi qui vous ai appelée. Je suis le docteur qui s'est occupé d'elle.
_ Qu'est ce qu'il s'est passé? Est-ce qu'elle va bien?
_ Oui, elle va bien. Elle a pris une importante dose de médicaments. Heureusement, elle a semblé regretter son geste car c'est elle qui a contacté les pompiers. On lui a fait un lavement pour enlever tous les médicaments et là, elle est placée en chambre.
_ Oh mon dieu. Je peux la voir?
_ Bien sûr, suivez moi.
Clarke commença à suivre le médecin, et Bellamy resta dans son coin. Il ne voulait pas s'imposer, elle avait besoin d'être avec sa mère, pas avec lui. Mais sans qu'il ne s'y attende, il la vit se retourner pour voir s'il la suivait, et son regard se fit suppliant. Elle ne voulait pas y aller seule, c'était sûrement trop dur à supporter. Alors sans dire un mot, et sans qu'elle ait besoin de le lui demander, il se rapprocha d'elle et lui attrapa la main. Elle soupira un peu, mais il savait que ça représentait un soulagement chez la blonde. Ils avançaient dans différents couloirs, avant de se retrouver devant une chambre. Clarke inspira, avant que le médecin ne lui dise que si elle avait besoin de quoi que ce soit, qu'elle demande à une infirmière.
_ ça va aller? Demanda Bellamy.
_ Je crois. Merci Bellamy, de ne pas me laisser seule.
Il ne lui dit rien, mais resserra sa main autour de la sienne et lui fit un sourire. Des fois, les mots étaient inutiles, et surtout entre eux. Et c'était plus que déroutant. Il la regarda abaisser la poignée de la porte et l'ouvrir avant qu'ils s'y engouffrent tous les deux.
_ Clarke...
_ Maman...
Elle avait lâché sa main, pour se jeter dans les bras de la dame allongée dans le lit au centre de la pièce. Lui restait vers l'entrée, sans oser faire un pas dans leur monde. Il ne les écoutait même pas parler, se contentait de se laisser envahir par ses pensées. Il sentit son portable vibrer dans le fond de sa poche, et le sortit pour regarder qui lui envoyait un message. Il avait reçu une vidéo de Marcus.
DE: Marcus
« Peut-être que si tu lui montre ça, elle changera d'avis. J'espère que tout va bien pour elle. Bon courage. »
Bellamy cliqua sur le fichier vidéo et baissa le son au maximum pour ne pas déranger Clarke et sa mère. Il laissa ses yeux posés sur cette vidéo, sur eux deux qui se mouvaient ensemble. Il trouvait qu'ils étaient beaux, et réellement faits pour danser ensemble. Même s'il l'avait senti, c'était encore plus fragrant d'un regard extérieur.
_ Bellamy?
Alors qu'il releva la tête, il vit Clarke et sa mère qui le fixaient toutes les deux. Il comprit alors qu'il devait se rapprocher et venir se présenter à la dame qui devait avoir envie de savoir qui il était.
_ Bonjour madame. Je suis Bellamy.
_ Bonjour. Je suis Abby, la mère de Clarke. Vous êtes un ami de ma fille? Elle ne m'a jamais parlé du fait qu'elle connaissait un si beau garçon.
_ Maman!
Bellamy ne put réprimer un sourire devant le compliment que lui avait fait la mère de Clarke. Ce n'était pas la première fois qu'on lui disait, et il s'était habitué depuis le temps, mais il était toujours un peu flatté de l'entendre.
_ En fait, je ne connais pas vraiment votre fille. Je fais partie de la troupe de Marcus Kane, et j'essai désespérément de convaincre votre fille de nous rejoindre.
_ On en a parlé déjà.
_ Non. Justement. On avait dit après la danse.
_ Clarke c'est une merveilleuse nouvelle ça.
_ Non maman. Ce n'est pas une merveilleuse nouvelle. Tu sais que je ne veux pas partir. C'est où d'ailleurs votre truc?
_ A new York.
_ Tu vois maman, c'est trop loin. Je ne te laisserai pas pour aller là bas.
_ Clarke... Tu sais, je suis désolée ma chérie. Aujourd'hui, je n'étais pas bien, parce que j'avais l'impression de gâcher ta vie. De gâcher ton talent. Mais j'ai regretté mon geste, je savais que tu t'en voudrais toute ta vie. Je ne veux plus être un poids pour toi ma chérie. Tu restera toujours mon bébé, et j'en ai marre que ce soit toi qui joue la maman depuis la mort de ton père.
_ Maman...
Bellamy avait vu les larmes perler sur les joues de la blonde. Le moment était mal choisi pour essayer de la convaincre, car c'était un moment de retrouvailles entre les deux femmes. Et il ne voulait en aucun cas le perturber.
_ Je pense que tu devrais accepter. Je sais que tu as un talent énorme.
_ Je suis bien d'accord avec vous. Vous auriez du voir ça, quand on a dansé ensemble...
_ Vous avez dansé tous les deux?
_ Oui, une impro. Clarke, je sais que tu as senti comme moi que nous sommes faits pour danser ensemble. On était connectés. Marcus m'a envoyé ça. Tu devrais la regarder.
Bellamy mit le téléphone entre les mains d'Abby, et appuya sur lecture une nouvelle fois, cette fois ci en montant le son au maximum. Il entendait les notes qu'il avait entendues un peu plus tôt, et qui l'avaient transporté dans le même monde que la blonde. Et il revivait tout. Il vit qu'elle ne détachait pas ses yeux du téléphone, pendant que sa mère avait les larmes aux yeux jusqu'à la fin.
_ Et vous dites que c'est une impro? Bon dieu Clarke tu attends quoi pour dire oui? Je n'ai jamais vu des danseurs autant en symbiose lors d'une impro. Il est temps que tu profite de ta vie mon coeur, que tu t'ouvre au monde extérieur et que tu lui en mette plein la vue avec tes pas de danse!
Coucou les loulous !
Voilà le chapitre 4 de Au fil de nos pas et j'espère que ça vous plait !
Vous attendiez les explications sur Abby, qu'en pensez vous?
Gros bisouuus !
