Chapitre 6
En route pour l'aventure !
- Devenir un dieu ? Mais t'es malade !
C'est seulement le lendemain de la découverte de ses origines que Shoyo soumit cette requête à son maître Kageyama.
Pourtant, dans la tête du shinki, tout paraîssait simple : il était persuadé que d'autres shinkis étaient dans la même situation que lui, et voulaient savoir qui était leur famille. Et il voulait les guider en devenant leur chef. Il avait déjà même trouvé son nom : « le dieu des âmes perdues ». Sauf que... le dieu de la guerre le ramena bien vite à la réalité :
- Je te rappelle que tu as déjà demandé « subtilement » aux shinkis si ils voulaient retrouver leur famille, mais il faut aussi que je te rappelle comme ça s'est terminé ?
Ça, Shoyo n'en avait pas vraiment besoin.
En effet, la plupart des shinkis à qui il avait posé la question l'avait regardé en souriant d'un air gêné, puis lui avaient dit que cette question faisait partie de celles qu'ils valaient mieux ne pas poser. Enfin, ce n'était pas le pire. À l'annonce de cette question, Yamaguchi avait fui en courant, et Shoyo l'avait poursuivi, prenant cela pour un potentiel oui. Mais le garçon aux cheveux verts courait incroyablement vite, et l'avait semé rapidement. D'ailleurs, Tsukishima avait passé le restant de la journée à chercher son serviteur et en voulait encore mortellement aux deux zigotos.
- Et puis, devenir un dieu, ça ne se fait pas comme ça !
- Ah bon ? Et comment on fait alors, Monsieur-je-sais-tout ?
- Euh... il faut demander à Kiyoko, c'est la déesse de... pleins de trucs ! Je suis sure qu'elle doit savoir, elle !
Pour une fois, Shoyo était fier d'avoir comme maître Kageyama. Il avait enfin trouvé une piste pour devenir un dieu. Kageyama, tout fier de susciter une véritable admiration pour son shinki, en rajouta une couche :
- Le mieux, c'est d'aller demander à Tanaka et Nishinoya si ils savent où on peut la trouver, ils sont complètement fous amoureux d'elle !
Et c'est comme ça que les deux compères durent endurer une loooongue liste de toutes les qualités de Kiyoko Shimizu, alias Benten, déesse de l'Éloquence, de la Musique, de la Littérature, des Arts, des Vertus, de la Sagesse, de la Prospérité et de la Longévité (oui, Tanaka et Nishinoya connaissent la liste complète, c'est bien la seule chose qu'ils ont retenu sans difficultés).
Au final, les deux dieux acceptèrent de révéler le lieu où se trouvait leur bien-aimée, à condition qu'ils puissent accompagner Kageyama et Hinata dans leur voyage. Mais c'était sans compter sur un petit rappel à l'ordre...
- Eh les deux idiots, je vous rappelle qu'elle refuse de vous voir depuis que vous avez traumatisé son shinki !
- Mais Chikara, on voulait juste lui demander comment elle avait réussi à être le shinki de Kiyoko-sama !
Shoyo eut alors droit à l'histoire complète de l'époque pas si lointaine où Tanaka et Nishinoya rendaient une visite quasi-quotidienne à déesse. Celle-ci leur avait présenté son shinki Hitoka, mais les deux compères la terrorisèrent par leur « exubérante » bonne humeur. Depuis, Kiyoko refusait de les voir avant que sa shinki soit prête à les supporter.
La manière dont Tanaka raconta l'histoire donnait presque l'impression qu'il s'agissait d'un événement tragique, mais on en était loin, sachant que cela s'était passé il y a une semaine.
Notre petit rouquin apprit donc également à respecter l'autorité de Chikara, celui-ci ayant son propre maître et un des dieux les plus puissants sous sa coupe.
Kageyama mit alors fin aux suppliques de Nishinoya pour aller voir Kiyoko afin de demander ce pourquoi ils étaient venus au départ :
- Et elle habite où, Kiyoko ?
- Dans une grotte qu'elle a aménagé dans la montagne que vous voyez là-bas. Comme il n'y a pas de couverture réseau et qu'elle ne risque pas de t'appeler, vous allez devoir y aller à pied.
Le dieu de la Guerre jeta alors un regard inquiet à son shinki : il espérait que celui-ci avait retenu que les dieux pouvait se téléporter n'importe où quand une personne les appelait ou demandait leur aide, ce qui était bien pratique.
À son grand soulagement, Shoyo semblait avoir comprit la conversation, ce qui épargna à son maître une longue séance d'explications.
- Enfin, on met combien de temps pour aller à cette montagne ?
- Si vous volez, je dirais deux-trois jours, pas plus.
Le rouquin ne put alors s'empêcher de rajouter son grain de sel :
- Deux-trois jours ? Mais comment on va faire pour manger et dormir, Kageyama ?
- Mais tu es mort, bon sang ! Techniquement, tu n'as pas besoin de manger ou de dormir, c'est juste par habitude que l'on fait ça !
Heureusement, cette conversation ne se termina pas par un débat parsemé d'explications de notre jeune Bishamonten, les deux comparses décidant tout simplement de s'acheter à manger, « au cas où ils auraient un petit creux », comme disait Shoyo pour se justifier.
Enfin, le maître et le shinki se décidèrent à partir, leurs affaires prêtes.
Shoyo était cependant déçu, pensant que leur départ aurait plus d'impact sur leurs nouveaux camarades. Bon, il fallait reconnaître que l'absence de Tsukishima ne le dérangeait pas plus que ça, mais le sourire chaleureux de Koshi lui aurait donné du courage pour partir, car supporter les remontrances de Kageyama pendant trois jours sans aucun échappatoire possible ne le réjouissait guère.
Mais toutes ses inquiétudes disparurent quand ils commencèrent à voler, le dieu comme le serviteur redevenant des enfants pendant ce laps de temps. C'est donc en souriant bêtement que nos deux héros rentrèrent en collision avec deux jeunes garçons, dont l'un n'attendit pas pour faire savoir son mécontentement :
- Mais qui êtes-vous pour oser rentrer dans Daikokuten, le Dieu de la Richesse ?
Son voisin le ramena immédiatement sur terre :
- Tu sais, tu peux juste dire ton nom normal, Oikawa, personne ne t'appelle Daikokuten de toute façon... et en plus, on connaît Tobio, donc tu sais qui c'est normalement.
- Mais Hajime-chan, c'est pour impressionner mes ennemis... Oh salut Tobio-chan, tu ne m'avais décidément pas manqué !
