Un Derek ne peut vivre sans un Stiles – 3
« - J'ai attrapé un coup de soleil, un coup d'amour, un coup d'je t'aime, j'sais pas comment... »
ça, c'est moi. Bon évidemment que vous savez que ça, c'est moi. Ce que vous ne savez pas c'est que je suis en train de chanter à tue-tête en étoile sur mon lit, avec Derek qui me fixe d'un air exaspéré. Mais je fais comme si je n'avais rien vu.
« - Stiles...
- J'dors plus la nuit ! J'fais des voyages, sur des bateaux qui font naufrages !
- Stiles !
- Oui, bon, je t'ai entendu, quoi ?
- Tu peux arrêter ça ?
- On peut même plus chanter tranquillement dans sa propre chambre alors ?
- C'est ça que tu appelles tranquillement ? T'étais limite en train de gueuler !
- Mais n'importe quoi... C'est toi qui a cette impression avec ton ouïe de super loup-garou, c'est tout! »
Il tourna les yeux au ciel, je savais qu'il avait raison mais je n'avais pas l'intention de le laisser avoir raison. C'est moi qui ait le dernier mot et puis c'est tout. En plus, c'est toujours un plaisir de le voir faire sa tête de grincheux du dimanche... Enfin, du samedi. Puisqu'on est samedi.
« - Bref, je vais aller voir Chris.
- Ho, je viens !
- Il n'en est pas question ! »
Pas question, pas question, et mon cul c'est du poulet ! À peine a-t-il prononcé ces mots que je me lève d'un bond pour attraper ma veste et je le regarde avec un énorme sourire, qui laisse sûrement entendre qu'il pourra toujours ronchonner mais je ne compte pas rester là à rien faire.
« - On y va ? »
Il soupira et laissa tomber plutôt que commencer une nouvelle dispute. Heureusement qu'il me laisse avoir le dernier mot de temps en temps, sinon on passerait vraiment notre temps à nous disputer. Et à nous réconcilier au lit, aussi, du coup, je crois que mon père ne tarderait pas à comprendre notre relation et... Oui, il faut définitivement que je lui parle. Genre. Je sais pas. Lui apprendre déjà que je suis gay, même si je l'ai déjà fais et qu'il ne m'a pas cru. Bon, je ne le pensais pas vraiment non plus à ce moment-là, donc c'est un peu normal. Uns fois tous les deux grimpé dans la voiture et filant dans la direction de la maison du chasseur, le silence se fait un moment. Parce que je réfléchis à comment je vais apprendre la nouvelle à mon père.
« - C'est du Richard Cocciante que tu chantais, non ? »
Je regarde Derek avec des grands yeux alors qu'il a balancé ça comme s'il parlait de la pluie ou du beau temps. Alors que dans ma tête, j'avais plutôt l'impression d'être arrivé dans la 4éme dimension. Ou une réalité virtuelle. Une réalité alternative. Peut-être que Derek n'était tout simplement pas Derek. Peut-être qu'un cornichon avait pris sa place. Pourquoi un cornichon ? Je suppose que je vois bien un cornichon écouter du Richard Cocciante. Enfin, non, parce qu'un cornichon n'est pas doué d'intelligence, pas assez pour écouter de lui-même une certaine musique. Mais s'il le pouvait, peut-être que... Bref.
« - Tu connais ça, toi ?
- J'aurais préféré éviter, crois-moi... Mais je ne t'imaginais pas écoutant ce genre de musique.
- Je l'écoutais pas, je l'avais juste dans la tête !
- Je sais ce que c'est... » Grommela-t-il, ses sourcils se fronçant. Je le fixais quelques secondes avant de comprendre.
« - Ne me dis pas que je te l'ai mis aussi dans la tête ?
- Je te jure que tu me le paieras... »
Il essayait sans aucun doute de paraître menaçant mais j'étais déjà en train de mourir de rire sur mon siège, imaginant, non pas seulement Derek avec « le coup de soleil » dans la tête, mais le chanter comme je l'avais fais. Non. Ce n'était même pas envisageable. Mais drôle, ça, ça l'était, je peux vous l'assurer ! Une fois arrivé, et mon rire se calmant, parce que sinon grincheux allait finir par taper sur quelque chose – ou quelqu'un – pour se passer les nerfs, nous sonnions chez Chris. Pas de Scott en vue. En même temps, on ne l'a pas prévenu et je ne serais pas surpris qu'il se fasse sauter dessus en ce moment même par son cher bêta. Ou l'inverse. Même si je ne vois pas Scott comme un attaquant, mais sait-on jamais. L'espoir fait vivre ! Ouais. Et si le désespoir tue, je crois que Derek ne va définitivement pas faire de vieux os. Chris nous ouvrit, presque soulagé de nous voir.
« - Derek, pour une fois, tu es mon sauveur. »
Derek le fixa perplexe, ne comprenant pas à quoi il faisait référence, alors que Christopher nous laissait entrer chez lui.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Il se passe qu'un adolescent, je peux gérer, mais deux, apparemment c'est trop.
- Deux adolescents ?
- Oui. Autant avec Isaac c'était tranquille, il est plutôt sage... mais ton oncle est infernal ! Alors si tu peux le reprendre avec toi, ça m'arrangerait.
- Je ne comprends même pas pourquoi il est avec toi...
- Quand Isaac a appris que Peter était enfermé, il a voulu absolument rentrer pour le faire sortir de là, avec ou sans moi. C'est là qu'il m'a parlé de leur relation...
- Leur relation ?
- Ha... Tu n'étais donc pas au courant...
- Au courant de quoi ?! »
Derek commençait vraiment à s'énerver, et je comprenais pourquoi, si dans son esprit ça commençait à faire tilt comme dans la mienne et qu'il comprenait la même chose que moi... Mais il devait se dire, tout comme moi, que ce n'était pas possible. Mais pourquoi Isaac voulait faire sortir Peter, sinon ? Le chasseur nous fit signe de le suivre à travers le couloir, il ouvrit doucement la porte d'une chambre, on pouvait alors voir Isaac dormant torse nu, et Peter, la main sur le torse en question, la tête dans l'oreiller.
« - Je crois que c'est assez clair...
- Ho putain... »
Silence du coté de Derek, qui avait l'air de ne pas y croire tout en devenant dangereusement en colère. Moi-même, je ne m'y attendais pas du tout, je me demandais même quand est-ce que ça avait commencé, forcément après le décès d'Allison... mais avant le départ d'Isaac et Chris pour la France. Mon petit-ami, qui n'avait rien de petit soit dit en passant, s'avança d'un pas brute dans la chambre et retourna d'un coup Peter sur le dos, réveillant celui-ci par la même occasion. Pourtant, il ne sembla ni surpris ni effrayé.
« - Ho. Tu vas m'égorger avec les dents, c'est ça ? »
Derek gronda pour toute réponse. Isaac, pour sa part, était tombé du lit sur le coup et on pouvait constater que non, il n'était pas complètement nu puisqu'il avait son jean. Sauf que je me posais cette question : qui dort avec un jean ? Quelqu'un qui dort aussi avec Peter Hale apparemment. Oui, c'est peut-être plus prudent en fait. Réalisant que ça ne servirait à rien de rouer son oncle de coup, enfin je suppose, Derek relâcha finalement le plus vieux.
« - Au salon, tout de suite. » Gronda-t-il avant de se diriger vers la dite pièce. « - Et du café, si possible, je sens qu'on va en avoir besoin... »
Chris acquiesça et nous rejoignit peu après au salon, le café devant être déjà près avant qu'on arrive, je pense.
« - Alors ? Les explications, ça vient ?
- Par où commencer... » Fit Peter d'un petit sourire amusé, comme pour faire durer le suspense.
« - Par le début, généralement, c'est par ça qu'on commence. Et puis, on connait déjà la fin. »
L'oncle leva les yeux au ciel comme si je venais de lui retirer son petit plaisir. Finalement, et pour la première fois, Isaac prit la parole.
« - Ne t'énerves pas, Derek. Tout est de ma faute, okay ? C'est... C'est moi, j'ai... Enfin. Après la mort d'Alison, j'étais inconsolable et je suis devenu plus renfermé. Bien sûr, Chris veillait sur moi. Comme un père. Mais Peter a commencé à me rendre visite de temps en temps, l'air de rien, et on passait de bon moment. Et, je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais j'ai commencé à l'aimer... En m'en rendant compte, j'ai pris peur, et j'ai profité du fait que Christopher parte en France pour fuir. Seulement... Quand j'ai appris que Peter était enfermé, je ne pouvais pas le laisser là-bas. Je sais que c'est égoïste de ma part, je sais aussi le mal qu'il a fais mais... Je ne pouvais pas faire autrement. »
Le silence se fit. Blondinet attendant la réaction de grincheux qui s'était contenté de rester silencieux et écouter jusque là. Même pour moi, c'était impossible de savoir à quoi il pensait à cet instant. Puis, au bout d'un moment qui semblait être infiniment long pour tout le monde, il se leva et partit simplement.
« - Bon bas... Les gars, ça aurait pu se passer plus mal. En tout cas, merci pour le coup de main avec Théo, on se voit bientôt ! »
Sur ces mots, je partais aussi, rejoindre mon cher et tendre Derek, qui étonnement ne s'était pas mis à hurler sur tout le monde, qui n'avait même pas bu son café alors que c'est lui qui en avait demandé, et qui avait laissé un froid considérable derrière lui. Rien que ça. Je pris place à ses cotés dans la jeep et l'observais, il était là, le regard perdu dans le vague comme s'il réfléchissait. Après hésitation, je ne pus me retenir plus longtemps.
« - ça va ?
- Je sais pas... Je suis partis parce que j'hésitais entre tout casser et tuer Peter tout de suite.
- Ho... La première aurait exaspéré Chris et l'autre aurait certainement fais pleuré Isaac.
- Je... Comprends pas. Je ne comprends absolument pas. Je ne comprends déjà pas qu'on puisse apprécier Peter, mais alors qu'on l'aime... à ce point ?
- Au point de mettre tout le monde en danger, tu veux dire ? Derek... Il y a des choses qui ne s'expliquent pas, il va bien falloir que tu t'y fasses.
- D'après toi je dois laisser ce psychopathe en liberté, alors ?
- Il est bien mieux surveiller que quand il était enfermé, d'après ce que j'ai pu voir... Ils sont entre de bonne main.
- Chris n'avait pas l'air d'accord avec toi.
- Ton oncle doit l'excéder, comme il excède presque tout le monde. Mais tu as bien vu son autorité hier soir, non ?
- Je ne dois rien faire ?
- Hmm... Si, tu pourrais faire quelque chose...
- Quoi ?
- M'embrasser. »
Il me regarda et son expression se détendit alors qu'un sourire mutin était apparus sur mon visage. Il ne se fit pas prier et m'embrassa du bout des lévres, avant que j'approfondisse le baiser, tout en glissant doucement ma main sur sa cuisse, jusqu'à remonter son entrejambe, rendant le baiser plus intense alors que Derek grognait doucement contre mes lèvres.
« - Stiles... Qu'est-ce que tu fais ?
- à ton avis, qu'est-ce que je suis en train de faire ?
- On est.. Dans une voiture...
- Merci, je suis au courant. »
Ce qui ne m'arrêta décidément pas puisque j'ouvrais son pantalon pour sortir son membre qui commençaient déjà à devenir dur. Au moins, qu'on soit dans une voiture n'avait pas l'air de le bloquer. Je me mordillais un peu la lèvre en me demandant si j'allais bien m'y prendre. Mais je ne pourrais pas le savoir avant de me lancer de toute façon. Un peu timidement, ma langue vint lécher le bout, avant de descendre lentement. J'entendis Derek soupirer de plaisir.
« - Hé merde... »
Il glissa ses doigts entre mes cheveux, m'incitant visiblement à continuer, ce que je fis donc avec un peu moins d'hésitation, le léchant encore un peu avant de le prendre doucement en bouche pour le sucer comme il se doit. Mes dents rippants un peu sur la peau sans pour autant le mordre.
« - Pas.. Les dents... »
Okay, donc pas les dents. Je commençais un long va et viens alors qu'une main caressait la base, accélérant au fur et à mesure, en même temps que les râles du loup-garou que je trouvais délicieux.
« - Stiles... Arrête, je vais... »
Mais il ne put se retenir plus longtemps en sentant mes lèvres devenir plus étroite. Jouissant dans un râle de plaisir. Je n'hésitais même pas à avaler, curieux du goût que ça pouvait avoir. Et c'était... Bas... Curieux. Pas dégueulasse mais pas super bon non plus. Je relevais mon regard vers celui de Derek, pétillant encore sous le plaisir, et l'embrassait à nouveau alors qu'il rangeait son matos.
« - Faire ça en pleine journée... Alors qu'on pourrait être surpris par n'importe qui... Tu es bien plus pervers que je l'imaginais.
- C'est de ta faute, tu te rends pas compte à quel point t'es sexy... »
Je souris doucement, l'embrassant à nouveau. Il fallait profiter de ces moments-là, avant qu'on se mette encore à se disputer pour rien. Ha bas tiens, en parlant de ça...
« - Il va falloir que j'annonce notre relation à mon père.
- On est vraiment obligé ? »
Derek soupira, s'imaginant déjà le pire des scénarios ayant perdu son sourire d'amoureux transis. Bon, peut-être pas d'amoureux transis. Son petit sourire qui le changeait de son éternel air grincheux. Il ne tarda pas à démarrer et partir de là pour regagner ma demeure. Et coup de bol, mon père était là, une tasse de café en main, en train d'éplucher des dossiers ! Ha, comme le hasard est bien fait, n'est-ce pas ?
« - Salut P'pa !
- Salut fils. Et Derek.
- Ça se passe bien ton enquête ?
- On va dire ça comme ça... Et toi, tu es parti tôt ce matin ?
- Ha ouais, des trucs à voir avec la meute... » Voyant que j'hésitais à continuer, il reprit.
« - Si tu as quelque chose à dire, alors dis-le.
- Heu, voilà, en fait je voulais t'avouer que j'étais réellement plus attirer par les hommes que les femmes, et...
- Si la suite de ta phrase c'est que tu es en couple avec Derek, je suis déjà au courant.
- Quoi ? Comment ça se fait ?
- Déjà parce que je suis ton père, c'est normal que je sache ce genre de choses... Et puis, tu m'en as fais tellement d'éloge. Tu étais particulièrement affecté par son départ. Et pour finir, vous dormez dans le même lit... »
Restant sans voix, pour une fois, je me mis à rougir en entendant les propos de mon père. Je ne pouvais pas croire que ça se voyait à ce point-là.
« - Et t'as rien dis ?
- Que voulais-tu que je te dise ? Fais attention ? Franchement. Je sais que Derek est un bon gars et du moment que t'es heureux, tout me va. »
Il haussa finalement les épaules pour ponctuer sa phrase. Non seulement il était au courant pour nous, mais en plus il nous donnait sa bénédiction, si je comprenais bien. Il se mit ensuite à fixer Derek avec le plus grand des sérieux.
« - Par contre, Derek Hale, si vous faites du mal à mon fils, c'est moi qui vous égorge avec mes dents. » Derek eut alors ce qu'il ressemblait à un petit rire. Mon père. Mon héros. Venait de faire rire Derek. Cette journée était incroyable.
« - ça me paraît être un bon compromis. » Admit-il avant de me jeter un regard, l'air de se demander ce qu'était ce visage héberlué que j'affichais.
Ça fait beaucoup d'émotions pour une matinée, je trouve. Derek qui connait une musique romantique. Derek qui ne détruit pas tout sur son passage en apprenant pour Isaac et Peter. Derek qui rit. Où était le Derek que je connaissais ? En même temps, il fallait avouer que ça ne me déplaisait pas, vu que le sourire du loup-garou était tout simplement à tomber par terre... Et tomber par terre, c'était un très bon moyen de se faire sauter dessus, si vous voyez ce que je veux dire.
