Δ Chapitre 5 : Soupçons
- Du nouveau pour le dossier rouge, lança Becker en entrant dans le bureau.
Elle lui déposa un parchemin sous les yeux et Hermione en prit aussitôt connaissance. Un meurtre. Cette fois il s'agissait d'un meurtre.
Hermione quitta presque aussitôt la pièce et fila en direction de la salle des archives des sorciers pour consulter la fiche d'Elena Rosier. Ce nom de famille lui disait vaguement quelque chose et l'arbre généalogique confirma vite ses pensés. Elena était la fille d'Evan Rosier, un sang pur, qui avait été scolarisé à Poudlard en même temps que Rogue. Il avait rejoint les rangs de Voldemort par la suite et c'était à lui qu'on devait la mutilation du nez D'Alastor Maugrey. Ce dernier était d'ailleurs celui qui l'avait tué lors de ce même combat. Hermione était impressionnée de voir la quantité d'informations qui étaient conservées dans les archives du ministère. Cependant, après avoir longuement étudié le dossier, elle constata qu'il manquait une information importante : le nom de la mère de cette jeune fille. Cependant, à en juger par son père, il était certain que sa mère était ou avait aussi été une sang pure. Elena avait été scolarisée à Dumstrang pour ensuite se lancer dans des longues études de médicomage. Elle avait été tuée à seulement vingt-deux ans.
Hermione referma le dossier avec un goût amer. Pour l'instant, cela ressemblait beaucoup trop aux actions des mangemorts. Un né-moldu qui disparaissait et une sang pure, qui semblait être quelqu'un de bien, tuée. L'avait-on assassiné parce qu'elle refusait de les rejoindre pour entamer une nouvelle fois les actions menées dans le passé ? Hermione se mordilla la lèvre inférieure et finit pas ranger le dossier, sans oublier de prendre en note tous les éléments qui lui semblaient importants.
Quand Hermione passa la tête dans le bureau des Aurores, elle tomba sur l'une des personnes qu'elle avait le moins envie de voir. Ron.
- Hermione !
Ils n'avaient pas encore eu l'occasion de parler de ce qu'il s'était passé, lorsqu'elle était passée chez lui à l'improviste.
- Je voulais vraiment te le dire pour Lavande, déclara-t-il, mais le moment ne s'est pas présenté...
- Tu aurais pu le signaler lorsqu'on mangeait chez Harry et ta sœur, lui fit remarquer Hermione. Je l'ai bien fais pour Blaise. D'ailleurs, pourquoi n'est-elle pas venue avec toi ?
- Elle avait beaucoup de travail.
- Et qu'est-ce qu'elle fait au juste ?
- Elle fait des études de médicomage. Elle vient d'entamer sa quatrième année.
Lavande, médicomage ? Hermione grimaça et se mit à plaindre tous les futurs patients qui allaient devoir la supporter.
- De toute façon, ce n'est pas pour ça que je suis ici, fit-elle. Vous avez le dossier d'Elena Rosier ?
- Celle qu'on a retrouvée morte ce matin ? Pourquoi tu veux son dossier ?
- Parce que Granger est l'adjointe d'Alicia Becker, la chef du magenmagot. Cela te dit quelque chose Weasley ?
Malefoy était là, tapis dans un coin sombre de la grande pièce, à moitié caché par des étagères. Il était avachi sur l'un des fauteuils et soignait son bras en sang.
- Tu devais retourner à Saint-Mangouste , lui lança Ron sur un ton de reproche.
- Je n'ai pas besoin de qui que ce soit, pour s'occuper de quelques brèves coupures, répliqua-t-il. Mais continuez ! Votre conversation, au sujet de « Lavande », avait l'air tellement intéressante...
Hermione se concentra sur Ron, ignorant l'intervention de Malefoy et tendit une main impérieuse dans sa direction.
- Les informations Ron, s'il te plait.
Le jeune homme jeta des coups d'œils par-ci par-là, d'un air peu certain. Après quelques secondes, ce fut finalement Malefoy qui se leva de son fauteuil pour se diriger vers le bureau du chef des Aurores. Il s'avança vers une pile de dossiers parfaitement bien rangés sur un angle du bureau, dans lequel il fouilla pour finalement en sortir un parchemin qu'il tendit à Hermione. Elle l'attrapa de mauvaise grâce et en lut rapidement le contenu. Elena Rosier avait été retrouvée morte dans une chambre vide de Saint-Mangouste.
- Elle était dans le service des brulés, signala Malefoy.
- Mais comment est-ce possible ? S'exclama Hermione en levant les yeux vers Ron, ignorant toujours l'ancien Serpentard. A Saint-Mangouste ! Et personne n'a entendu ou vu quoi que ce soit ?
Ron, secoua la tête d'un air navré.
- En fait si, intervint une nouvelle fois Malefoy.
Ron et Hermione se retournèrent vers lui.
- J'y étais. Avec Potter, crut-il bon d'ajouter.
- Et ? Insista Hermione.
Malefoy la toisa pendant quelques secondes, d'un air satisfait.
- Ce que je dis t'intéresse finalement ?
Hermione aurait voulu lui dire qu'elle n'avait absolument pas besoin de son aide ou de son avis, mais à en juger par la pièce vide et l'incompétence de Ron sur le sujet, elle n'avait pas d'autres choix.
- Je t'écoute, finit-elle par dire de mauvaise grâce.
- Nous avons accompagné Londubat qui était blessé à Saint-Mangouste dans la mâtiné. Potter a vu quelqu'un partir en courant et il s'est lancé à sa poursuite. Cela semblait être un homme.
- Et tu ne l'as pas poursuivit avec lui ? S'enquit Hermione surprise.
- D'un, nous avons juste vu une silhouette cachée sous une capuche s'enfuir, donc rien de complètement alarmant. Et de deux, je devais m'occuper de l'autre idiot qui se vidait de son sang dans mes bras ! Mais peut-être que j'aurais dû laisser Londubat crever par terre ? Ajouta-t-il en adressant à Hermione un regard appuyé.
Hermione ne répondit rien, attendant qu'il poursuive.
- Lorsque le meurtre a été signalé, j'étais toujours là-bas et j'ai donc été le premier Aurore sur place. Nous n'avons aucuns indices. Il faut attendre que Potter revienne.
Hermione jeta un œil au parchemin que Malefoy lui avait donné. Tout ce qu'il venait de lui dire était inscrit noir sur blanc. Une affreuse pensé lui traversa cependant l'esprit. Malefoy était arrivé le premier sur les lieux du crime, comme s'il avait su où chercher. Comme s'il avait su où aller pour faire disparaître les éventuelles preuves. Hermione releva le nez et scruta Malefoy d'un air méfiant. Il la fixait également, mais son expression était indéchiffrable. Soutenait-il ce qu'elle pensait ? La défiait-il au contraire de s'imaginer quoi que ce soit ? Où la regardait-t-il simplement parce qu'elle le faisait elle-même ?
- Tu veux passer chez Harry ce soir ? J'y vais après le travail, lui lança soudain Ron dont elle avait momentanément oublié la présence.
- Je vais finir tard, répliqua-t-elle simplement avant de sortir du bureau des Aurores.
Lorsqu'elle revint dans son propre bureau, Hermione se retint de parler de ses soupçons à la chef du magenmagot. D'un, son impression concernant de Malefoy n'était qu'une supposition, une première supposition. De deux, elle ne voulait pas non plus que ses sentiments à son égard altèrent son jugement. Elle préféra donc s'asseoir sur sa chaise en silence. Elle ouvrit le dossier rouge et nota tout ce qu'il lui semblait important, sans oublier de mentionner Malefoy. Lorsqu'elle le referma, Becker s'était levée pour se rapprocher d'elle.
- L'audience de dix-huit heures a été avancée, nous devons y être dans trente minutes, déclara-t-elle en consultant sa montre.
Hermione se releva aussitôt et suivit Becker dans le long couloir menant aux ascenseurs. Leur route se fit dans un silence total, ce qui parut étrange à Hermione. Elles montèrent dans l'ascenseur et en ressortirent toujours dans le même silence. Alors qu'elles approchaient de la salle d'audience, Becker s'arrêta pour faire face à Hermione.
- Connais-tu bien le cas qui va se présenter à nous ? Questionna-t-elle.
- Bien sûr, répondit Hermione. Il s'agit de Serena Calvin, élève en dernière année à Dumstrang. Elle a été surprise entrain de lancer le sortilège Doloris sur l'une de ses camarades de classe. L'école Dumstrang a rapporté que le comportement de la jeune fille avait toujours été déviant, malgré le fait qu'elle n'ait jamais dépassé une telle limite avant ça. Le sort a été lancé dans l'enceinte de son école, un soir.
- Quelle sentence donnerais-tu ?
- Pour commencer, l'exclusion définitive de son école et l'interdiction de rejoindre n'importe quel autre établissement. Ensuite, étant majeur, elle sera envoyé à Ask..
- Non, la coupa Becker. Nous allons la renvoyer de Dumstrang, mais ce sera sa seule punition parmi toutes celles que tu viens de citer.
- Pardon ? S'exclama Hermione choquée.
- En plus de son renvoie, il faut lui trouver une autre punition, mais qui ne condamnera pas son avenir.
Hermione s'apprêta à répliquer lorsque la jeune fille en question passa près d'elles. Hermione la reconnut aussitôt grâce à la photo qui illustrait son dossier. Elle avait de long cheveux roux extraordinairement raides qui lui descendait jusqu'aux fesses et de petit yeux foncés qui contrastaient avec la blancheur de sa peau. Elle leur adressa un bref regard apeuré avant de les dépasser. Elle n'était cependant pas seule, un homme massif, au regard dur, l'accompagnait. Ce dernier s'arrêta à leur hauteur.
- Bonjour Alicia, la salua l'homme d'une voix mielleuse et dure à la fois, en lui serrant fermement la main.
- Bonjour Andrei, lui répondit Becker en souriant. Je vous présente Hermione Granger, mon adjointe.
L'homme serra la main d'Hermione, puis fit signe à Serena Calvin de s'éloigner pour les laisser seuls.
- Ces sales gosses...grogna-t-il. On leur donne tout ce dont ils ont besoin, on cède à tous leurs caprices et ils trouvent toujours le moyen de faire des bêtises.
Hermione faillit s'étouffer. « Des bêtises » ? Serena Calvin avait torturé quelqu'un !
- Ne vous en faites pas Andrei, je connais bien ce par quoi votre fille est passée. Elle a beau être majeure sur le papier, elle n'en reste pas moins une enfant. Par contre, je ne pourrais pas passer outre son renvoie. Pour le reste, faites-moi confiance.
L'homme se tourna vers Hermione, comme s'il attendait qu'elle dise quelque chose.
- Mlle Granger est mon adjointe, je la forme pour reprendre les reines, ajouta-t-elle.
L'homme sembla satisfait de la réponse et après un bref signe de tête, partit rejoindre sa fille. Néanmoins, Becker ne bougea pas et lorsqu'elle jugea que l'homme était à une distance suffisante, elle se tourna légèrement vers Hermione.
- J'ai les mains liées, déclara-t-elle d'une voix particulièrement sèche. Je dois beaucoup trop à cet homme pour...
Elle ne termina pas sa phrase, plongea son regard dans celui d'Hermione, puis finit par rouvrir la bouche.
- Nous n'en sommes plus au stade de la simple corruption... murmura-t-elle. Je vous ais choisis pour votre droiture Mlle Granger, ne commettez par les mêmes erreurs que moi et ceux d'avant. Tant que je suis en poste, agissez comme je vous le dis, il ne faut pas que vous deveniez l'ennemie de certaines personnes. Mais faites en sorte de ne jamais devoir quoi que ce soit, à qui que ce soit. Lorsque vous prendrez ma place, ce genre de chose cessera. Du moins je l'espère. Il faut que vous soyez la chef du magenmagot dont le monde magique à besoin. Il faut que vous restiez cette personne blanche comme neige que personne ne pourra menacer ou défier.
Lorsqu'Hermione rentra chez elle, elle ouvrit à peine la bouche du repas. Serena Calvin avait simplement été renvoyée de Dumstrang et suspendue pendant un an, avec l'obligation de voir des médicomages pyschologues deux fois par semaine. Ce délai passé, elle pourrait retourner étudier dans une autre école. Son acte avait été mis sur le compte de sa folie suite au décès de sa mère cinq ans plus tôt. Hermione en avait encore envie de vomir. La justice n'était pas ce qu'elle avait imaginé, même dans ses pires cauchemars. Non. Là, c'était pire que tout. Comme l'avait dit Becker, ce n'était plus de la simple corruption à ce stade. Néanmoins, Hermione était quelque peu rassurée par les confessions de la chef du magenmagot. Elle voulait que tout cela change, elle voulait que ce soit Hermione qui bouleverse tout ça.
- Dis-moi ce qu'il y a... tenta une nouvelle fois Blaise.
- C'est le travail. Nous traitons des cas délicats. C'est psychologiquement plus dur que je m'y étais attendue.
- Tu ne veux pas en parler ? Insista Blaise.
Hermione lui lança un regard attendrit. C'était une des qualités qu'elle appréciait le plus chez lui. Il savait écouter sans pour autant donner son avis. Mais là, elle ne pouvait rien dire.
- Je vais m'y faire, ne t'en fais pas, répondit Hermione. Je dois juste m'adapter et comprendre que le monde ne sera jamais rose. J'ai discuté avec Malefoy aujourd'hui, ajouta-t-elle.
Blaise lui adressa un regard surpris et Hermione était certaine qu'elle se serait adressé le même regard, si elle s'était entendue prononcer cette phrase avec autant de gentillesse. Néanmoins, il était hors de question de se faire avoir par ce sale gamin manipulateur qu'était Malefoy. Il essayait de nuire à son couple ? Il allait être servit ! Elle allait faire croire à Blaise que tout allait bien et qu'elle reconnaissait même au blond certaines qualités.
- Il m'a aidé sur une affaire. Ron était incapable de me donner les informations dont j'avais besoin, donc heureusement qu'il y en avait au moins un qui faisait bien son travail.
- Celui qui faisait bien son travail, c'est Drago ? Demanda Blaise de peur d'avoir mal compris.
- Je dois bien lui reconnaître ça, répondit Hermione. Il m'a donné les informations dont j'avais besoin et sans que j'ai eu à lui demander quoi que ce soit. Je pense qu'il est très rigoureux dans son travail.
- Il m'a dit qu'il essayait de t'aider, mais que tu refusais de l'écouter ou de te tourner vers lui.
- Quoi ? S'exclama Hermione surprise.
- Il m'a dit que tu parlais avec Ron et que tu refusais de prendre en considération ce qu'il disait, répéta Blaise.
- Mais ça c'était au début, fit remarquer Hermione. Après, je l'ai écouté en voyant qu'il avait de vrais éléments à me donner.
- Il ne m'a pas dit ça.
- Oh Blaise, tu ne vas quand même croire Malefoy plutôt que moi ? Tu le connais quand même !
La mâchoire d'Hermione se resserra. Malefoy était fort, très fort même.
- Blaise s'il te plait, arrête. Ais un peu confiance en moi, ajouta-t-elle.
- Et il a mentit lorsqu'il m'a dit que tu reprochais à Ron de sortir avec Lavande Brown ?
- Qu..quoi ? Articula difficilement Hermione.
Blaise se contenta de lui adresser un regard appuyé.
- Je lui ai juste reproché de ne pas m'avoir prévenue.
- Tu as toujours des sentiments pour Ron ?
- Mais bien sûr que non !
- Alors qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu ne leur as dis pour moi que le week-end dernier, je te rappelle.
- Mais cela n'a rien à voir ! Ron aurait pu me le dire au dîné chez Harry. J'ai juste été agacé de me retrouver face à Lavande lorsque je suis passée le voir.
- D'accord.
La réponse de Blaise avait été brève et sèche. Hermione n'en revenait pas. Malefoy était décidément une vrai petite teigne qui ne comptait pas abandonner la partie.
Δ
Drago traversa un long et immense couloir richement meublé. De superbes lustres en lévitation décoraient le plafond, tandis que le mur gauche était entière fait de miroir. L'autre mur du couloir était parsemé de portraits qui lui jetaient des regards curieux. Alors qu'il se rapprochait de plus en plus de la porte au fond du couloir, celle-ci s'ouvrit et Drago vit une jeune fille en sortir. Elle semblait très jeune. Elle avança dans sa direction et Drago finit par la reconnaître. Serena Calvin. Il l'avait croisé dans un couloir du ministère avec son père, dans la journée. Elle semblait quelque peu déçue, mais son regard changea lorsqu'elle croisa Drago et qu'elle s'arrêta à sa hauteur.
- Tu ne le verras pas, dit-elle avec un sourire provocateur.
- Il n'est pas là ? S'étonna Drago.
- Je suis sûr que personne ne l'a jamais vu et ne le verra jamais.
- Ce n'est pas parce qu'une sale gamine comme toi ne le mérite pas, que cela signifie que personne ne l'a vu.
- La sale gamine à reçu des félicitations, répliqua-t-elle avec fierté.
Drago arqua un sourcil interrogateur.
- Il avait laissé un mot à mon attention, précisa-t-elle.
Elle sortit de sa poche un petit parchemin roulé sur lui-même et entouré d'un ruban bleu. Elle défit la boucle et déplia le mot pour le faire lire à Drago.
« Félicitation pour cette année de liberté qui s'offre à toi. Prouve-nous que tu l'as bien mérité »
- Deux phrases... murmura Drago avec amusement. Tu es fière d'avoir eu deux petites phrases de sa part ?
- Je t'emmerde.
Des sifflements indignés résonnèrent dans tout le couloir.
- Même les tableaux connaissent les règles du respect en ces lieux, lui fit remarquer Drago en jetant un bref coup d'œil aux portraits à sa droite. Si tu veux conserver ta place, tu ferais bien de faire attention.
Serena paru quelque peu apeurée et Drago en ressentît une immense satisfaction. Elle récupéra le mot des mains de l'ancien Serpentard, le rangea dans sa poche et reprit sa route. Drago fit de même et lorsqu'il arriva face à la porte du couloir, le tableau qu'il le refermait le toisa de la tête au pied, sans la moindre gêne.
- Il est là ? Demanda Drago au vieil homme.
- Vous avez beau aimer vous jouer de Mlle Calvin, vous n'êtes mieux placés qu'elle.
-« T » est-il là ? Insista Drago sans relever la moquerie.
- Pas pour vous, comme d'habitude.
- Mais il m'a fait demander !
- Cela ne veut pas pour autant dire qu'il souhaite vous rencontrer, se contenta de répondre le portrait avant d'ouvrir le passage.
Drago entra et la lourde porte se referma derrière lui. La pièce était spacieuse et lumineuse, malgré l'absence de fenêtres. Deux canapés bleu rois se faisaient face au milieu de la pièce, séparés par une table basse en bois massif. Un grand buffet s'étirait sur tout un pan du mur et Drago s'en approcha. Un petit parchemin roulé et refermé par un ruban bleu l'attendait. Une petite étiquette tout près indiquait « Drago Malefoy ». Il l'attrapa sous l'ouvrir et sortit presque aussitôt de la grande pièce. Il aimait être en ses lieux, dans ce château luxueux et méconnu du reste du monde. Seuls ceux qui en avaient connaissance pouvaient le trouver. Il restait donc invisible aux autres, même aux meilleurs sorciers. C'était là qu'était sa véritable place et non dans cette maison miteuse qui lui servait de logement. Mais cela ne durerait pas, il le savait. Il se rapprochait du but.
Δ
Hermione avait passé deux belles années avec Blaise, sans que quoi que ce soit ne se mettent en travers de leur chemin. Ils avaient réussi à être ensemble depuis huit mois, sans que rien ne vienne troubler leur beau couple. Malefoy avait-il autant d'influence que ça sur Blaise ? Visiblement, oui. Blaise n'avait jamais été quelqu'un de jaloux et il suffisait d'une phrase de cet insupportable blond pour venir gâcher une soirée. Elle avait presque du mal à reconnaître celui dont elle était tombée amoureuse.
Flash Back
- Bonjour à tous, déclara le professeur de droit pénal qui se tenait debout sur une estrade, face à une grande assemblée. Je suis heureux de vous présenter les participants du concours d'éloquence de cette année.
D'un geste de la main, il invita ses élèves à le rejoindre sur l'estrade. Hermione et Blaise en faisaient partis et se jetaient des regards impatients.
- Pour rappel, le concours d'éloquence permet à notre jury d'évaluer la compétence des élèves à s'exprimer face à un public sur un sujet précis. Les candidats de cette année s'affrontaient sur le thème de la Guerre. Je vais à présent donner le nom du gagnant.
Le professeur ouvrit l'enveloppe qu'il tenait à la main et en sortit un petit parchemin.
- Le prix est cette année décerné à... Mlle Hermione Granger !
Hermione se retint de sauter de joie à s'avança vers son professeur, sous les applaudissements grandissant de la foule. Son professeur lui serra la main, lui adressa ses plus sincères félicitation et lui remit un trophée qui représentait un homme avec une baguette pointée sur sa gorge pour amplifier sa voix.
Après un bref petit discours, Hermione descendit de l'estrade rejoindre les autres élèves qui avaient participé à ce concours. Ils la félicitèrent tous plus au moins chaleureusement, mais la seule personne qu'elle avait réellement envie de voir était Blaise. Il se tenait un peu plus en retrait et lorsque leurs regards se croisèrent finalement, Blaise ouvrit ses bras en signe d'invitation. Hermione trottina aussitôt dans sa direction et se jeta contre lui. Il referma ses bras autour d'elle et captura ses lèvres. C'était la première fois qu'Hermione l'embrassait et elle avait commencé à croire que ce moment n'arriverait jamais. Après quelques secondes, ils s'écartèrent quelques peu l'un de l'autre.
- Toutes mes félicitations Hermione, murmura-t-il en souriant.
- Tu n'es pas trop déçu ? Lui lança-t-elle embêtée.
- Bien sur que non, répliqua-t-il en levant les yeux au ciel. Je savais que c'est toi qui gagnerait, dès lors où je me suis inscrit. J'espère juste ne pas être trop loin derrière toi dans le classement.
Fin du flash back
Blaise n'avait jamais été jaloux, envieux ou soupçonneux envers elle. Il l'avait toujours admiré et respecté. Jusqu'à ce qu'ils rentrent à Londres... Jusqu'à ce que Malefoy tentent de s'immiscer entre eux. Le pire c'était qu'à présent, Hermione soupçonnait Malefoy de quelque chose, de quelque chose par rapport aux disparitions et aux meurtres. Il ne fallait pas que Blaise s'en rende compte, surtout pas !
