Δ Chapitre 7 : La contre-attaque

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Un mois était passé depuis la fameuse pendaison de crémaillère d'Hermione et Blaise. Un mois, qu'Hermione s'arrachait les cheveux sur son dossier rouge qui ne menait nulle part, malgré l'aide d'Harry. Un mois aussi, qu'Hermione était parvenu à tisser des liens avec Astoria. Bien sûr leur amitié était, d'un commun accord, entièrement dirigé contre Drago Malefoy. Mais cela marchait. Les deux jeunes filles avaient même finit par réellement bien s'entendre.
- Hermione, tu viens te coucher ? S'enquit Blaise.
- Oh je suis désolée, mais il me reste encore pas mal de travail... marmonna Hermione la mort dans l'âme.
- Encore ? Mais qu'est-ce que tu fous de tes journées ?!
- Je te demande pardon ? Fit-elle en relevant les yeux de ses différents dossiers, qu'elle avait étalés face à elle, sur la table de la salle à manger,
- On se voit à peine Hermione. Tu passes tes soirées à travailler, alors oui, je commence à me demander comment tu occupes tes journées au ministère.
- J'ai un travail prenant Blaise, je n'ai pas le choix, répliqua-t-elle.
Blaise l'incendia du regard et partit en direction de leur chambre. Seul.
Hermione l'observa en silence, le cœur alourdit par la culpabilité. Il avait raison, cruellement raison. Elle le délaissait totalement depuis plusieurs semaines. Il avait également raison lorsqu'il lui demandait ce qu'elle faisait des ses journées...
Elle était tellement accaparée par le dossier rouge, qu'elle prenait un retard considérable dans son travail officiel. Ce qu'elle était obligée de rattraper le soir, une fois chez elle. Cependant, son enquête n'était pas la seule chose qui la détournait de tout le reste. Non, il y avait Malefoy également. C'était à cause de lui qu'elle arrivait en regard à ses audiences ou qu'elle perdait pas mal de temps de son travail en général, étant donné qu'elle faisait le plus de détours possibles pour passer devant son bureau et l'insupporter de part sa gentillesse dégoulinante à son égard. Mais elle en avait étrangement besoin. Elle adorait voir son regard exaspéré à chaque fois qu'elle trouvait un prétexte pour passer dans le bureau des Aurores, à chaque fois qu'elle le saluait avec bonne humeur. Elle adorait aussi voir sa mine déconfite quand Astoria venait la voir et qu'elles faisaient exprès de passer non loin de lui. Elle adorait le mettre dans cet état. Malgré ça, Hermione se tenait sur ses gardes. Malefoy n'avait rien tenté contre elle depuis un mois et elle était certaine que cela ne voulait pas dire qu'il avait abandonné la partie. Elle aurait même pu parier qu'il attendait patiemment de pouvoir lui faire un coup magistral. Coup qu'Hermione attendait étrangement avec impatience.
- ET TU AS ENCORE RECU UNE LETTRE D'ASTORIA ! Hurla Blaise en se précipitant dans la salle à manger.
Hermione sursauta et reçu une enveloppe en pleine figure. Elle voulut lui reprocher son geste, mais Blaise la devança.
- Elle te confirme qu'elle serait ravie de déjeuner avec toi demain. Ce qui est marrant étant donné que tu m'as assuré avoir trop de travail pour me rejoindre à midi !
Hermione voulut répliquer, mais Blaise l'en empêcha, une nouvelle fois.
- Je ne veux pas entendre l'excuse bidon que tu vas me servir Hermione ! Je suis ton mec ! Je me permets de te le rappeler, étant donné que je passe après ton travail, après Astoria et après les rendez-vous que tu passes dans des salles vides avec Harry Potter !
- Quoi ? Mais Harry est mon meilleur ami, c'est juste pour le travail qu'on...
- Arrête, c'est bon, la coupa-t-il d'un ton dur. Je vais me coucher.

Une nouvelle semaine passa et Hermione mit quelque peu son enquête et Astoria de côté, afin de passer plus de temps avec Blaise. Ce soir-là, elle s'était même arrangée dans son travail pour partir de bonne heure, prévenant Blaise par une petite note volante, qu'elle allait pouvoir lui concocter son dîné préféré.
- Vous partez tôt ce soir, lui fit remarquer Becker alors qu'Hermione enfilait sa petite veste.
- Je suis désolée, j'ai...
- Je vous embête Mlle Granger, la coupa sa chef d'un air amusé. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi travailleur que vous. Vous le méritez, allez-y.
Hermione lui sourit, lui souhaita une bonne soirée et sortit de son bureau. Elle ne fit pas son détour habituel par le bureau des Aurores pour embêter Malefoy. Non. Elle allait rentrer chez elle bien sagement et préparer à Blaise ce fameux repas. Cependant, lorsque l'ascenseur s'ouvrit face à elle, Harry en sortit. Il avait un air grave et excité à la fois. Le regard de celui qui avait du nouveau ! Vraiment du nouveau. D'ailleurs, il ne laissa pas à Hermione l'occasion de dire quoi que ce soit, qu'il la traîna vers la salle de réunion la plus proche. Lorsque la porte se referma derrière elle, il posa une photo sur la grande table.
- Mais quelle horreur Harry ! S'exclama Hermione d'un air dégoûté. C'est un cadavre...
- Là, regarde, insista-t-il en désignant le pied de la victime.
Hermione attrapa la photo pour l'observer de plus près.
- C'est un triangle ? Demanda-t-elle d'un air peu certain.
Harry se contenta de hocher la tête pendant qu'Hermione reposait les yeux sur la photographie. La jeune fille tuée, portait un tatouage sous le pied, au niveau de son talon. Il s'agissait d'un triangle vide, dont les contours étaient noirs. Avant qu'Hermione n'ait eu le temps de poser sa question, Harry la devança, en laissant tomber cinq autres photographies sur la table. Les victimes avaient toutes le même tatouage au même endroit.
- Ce n'est pas vrai... murmura Hermione en écarquillant les yeux. Que ce soit, des sangs purs, des sangs-mêlés ou des sorciers issus de parents moldus, tous les morts ont le même tatouage.
- Pas tous, corrigea cependant Harry. Elena Rosier, n'en avait pas par exemple.
- Tu es sûr ?
- Je suis allé vérifier son dossier.
- Tu as une liste de ceux qui n'avaient pas de tatouage ?
- Non, je n'ai pas eu le temps. J'ai pris les photos que j'avais sous la main, mais c'est tout. Je viens tout juste de faire le lien et je voulais d'abord te tenir au courant.
- C'est vraiment super Harry, lui lança Hermione en relevant les yeux vers lui. On a enfin une piste ! Il faut faire une liste de tous ceux qui avaient le tatouage et de tous ceux qui ne l'avaient pas, ajouta-t-elle.
- D'accord, je vais chercher les documents dans le bureau des Aurores.
Hermione consulta l'heure à sa montre et rattrapa Harry par la manche, alors qu'il s'apprêtait à sortir de la salle de réunion.
- Non, rentre chez toi. Ce n'est pas la peine qu'on se fasse tous les deux réprimander par notre moitié, parce qu'on rentre tard. En plus, Ginny est rentrée tôt exprès pour voir avec toi les préparatifs du mariage.
- Tu es sûr ? Demanda Harry d'un air hésitant.
- Oui, allez ! Dépêche-toi de rentrer. Je passerais te voir demain matin avec un résumé de tout ce que j'ai trouvé.
Harry n'insista pas plus et sortit dans le couloir. Hermione se laissa tomber sur l'une des chaises autour de la table, dans un profond soupire. Il n'était en effet pas nécessaire qu'Harry se fasse réprimander à sa place. Après tout, c'était à Hermione que Becker avait confié cette mission et elle ne voulait pas qu'Harry en paye lui aussi le prix dans sa vie privée.

Comme son meilleur ami l'avait suggéré, Hermione rejoignit au pas de course le bureau des Aurores, pour récupérer tous les dossiers des anciens meurtres.
- Granger, Granger, Granger, fit la voix trainante de Drago au moment où elle s'engouffra dans la pièce. Comme je n'ai pas eu le plaisir de te voir aujourd'hui, j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose.
- Oh, c'est vraiment gentil de t'inquiéter pour moi, mais tout va bien comme tu vois, répondit Hermione avec sympathie.
- Tu n'en as pas marre de faire semblant d'être gentille ?... Cela doit être épuisant non ? Mais je dois admettre que tu es une excellente comédienne.
- Arrête de dire des bêtises et...
- Tu pensais que j'avais jeté l'éponge ? La coupa-t-il d'une voix amusée. Tu pensais vraiment que je n'allais pas réagir à ta stupide riposte ? Tu pensais vraiment pouvoir te servir d'Astoria à ta guise ?
- Je m'entends vraiment bien avec elle, lui lança Hermione, qui pour une fois ne mentait pas. Pourquoi faut-il que tu vois le mal partout ?
- Je ne doute pas du fait que tu ais finis par vraiment l'apprécier, mais es-tu sûr que ce soit réciproque ?
Hermione, qui avait entreprit de fouiller dans des cartons sur les étagères, s'immobilisa.
- Je dois bien avouer qu'être aussi gentille avec moi était une bonne idée, poursuivit Drago d'un air songeur. Après tout, j'aurais pu raconter tout ce que je voulais à Blaise, tu l'aurais aussitôt démentit en lui montrant tes souvenirs. C'était vraiment une très bonne idée, mais tu t'es lamentablement plantée en faisant intervenir Astoria. Je me suis aussi beaucoup amusé à te voir passer plusieurs fois par jours dans le bureau, me cherchant du regard. A un moment, je me suis même demandé si tu ne me trouvais pas à ton goût, ajouta-t-il en adressant à Hermione un sourire déplacé. Enfin bref... Le fait est, que tu n'aurais jamais dû faire confiance à Astoria. Elle n'est pas comme toi... Elle, elle est faible et tout bonnement incapable de faire des choix intelligents.
Hermione ne releva pas la flatterie, qui n'en était surement pas une et se contenta de fixer Drago avec appréhension.
- Je sais qu'elle t'a dit qu'elle était malheureuse avec moi et qu'elle serait ravie de t'aider à me le faire payer en me rendant fou, mais elle tient trop à moi en réalité. Au début, c'est vrai que votre soudaine amitié m'a exaspéré au plus au point et puis j'ai vite finis par vous voir d'une autre manière, dit-il en prenant appuie sur l'une des étagères. Pour tout t'avouer, je me suis même imaginé nu, dans un lit avec vous deux, ajouta-t-il en riant. Si l'expérience te tente, n'hésite pas !
SPLAF !
Drago porta la main à sa joue rougit par la gifle d'Hermione.
- Tu es répugnant ! Et Blaise sera ravi de te voir enfin sous ton vrai jour.
- Cela m'étonnerait qu'il soit enclin à t'écouter lorsque tu rentreras, répondit Drago d'une voix dure.
Il jeta un œil à l'horloge de la salle et un sourire étira la commissure de ses lèvres.
- Je serais toi, je ne prendrais même pas le peine de rentrer le rejoindre. Tu vas passer un sale quart d'heure.
- Qu'est-ce que tu as fais ? Lui demanda Hermione en lui jetant un regard assassin.
- Moi ? Rien. Mais je ne peux pas en dire autant d'Astoria. Tu n'imagines pas tout ce qu'elle serait prête à faire, pour ne pas me perdre.
Hermione sentit une vague de rage monter en elle et elle leva son bras en direction de Drago, qui l'arrêta cependant aussitôt.
- Ne t'avise plus jamais de me gifler, la menaça-t-il.
Son regard, si bleu d'ordinaire, sembla virer au noir et Hermione le trouva subitement effrayant.
- Avoue que cela te fait plaisir de me voir enfin riposter, ajouta-t-il d'une voix douce et dure à la fois. Tu as besoin d'adrénaline dans ta vie Granger et comme, apparemment, ton travail ne t'en procure pas suffisamment, tu as eu la stupide idée de contrattaquer. Tu sais, j'aurais finis par laisser tomber ma petite vendetta contre toi, mais tu aimes que je sois là, entre Blaise et toi. Tu ne dois même pas t'en rendre compte... Tu as besoin de moi pour rendre ta vie palpitante parce que Blaise est ennuyeux à mourir !
- Tu racontes n'importe quoi et Blaise est loin d'être ennuyeux !
- Je n'ai pas besoin de te rappeler que c'est mon meilleur ami et donc qu'il me parle de temps en temps de sa vie privée. Cela fait un mois que vous n'avez pas couché ensemble, tu passes tes soirées à travailler et tu ne prends même pas le temps de déjeuner avec lui, trop occupée à le faire avec Astoria pour m'atteindre.
Hermione serra la mâchoire et se retint de lever une nouvelle fois la main sur lui.
- Tout cela ne te regarde absolument pas.
- Oh que si, déclara-t-il d'un faux air navré.
Il jeta un nouveau coup d'œil à l'horloge ce qui alarma Hermione. Astoria était-elle avec Blaise ? Que lui disait-elle ?
- Tic tac, tic tac, chantonna Drago.
Hermione le fusilla une dernière fois du regard et sortit précipitamment du bureau des Aurores. Elle aurait tout le loisir de lui faire payer, mais pour l'heure, il fallait qu'elle se dépêche. Peut-être qu'elle pourrait arriver à temps pour empêcher Astoria de commettre une bêtise

Lorsqu'Hermione passa enfin le seuil de sa porte d'entrée tout en jetant un œil angoissé à l'intérieur de son appartement, elle comprit qu'elle arrivait trop tard. Astoria était là, pleurant à chaude larme sur l'un des canapés. Blaise, assit en face d'elle, fusillait Hermione du regard.
- Je suis désolée, j'ai été retenue.
- Oui comme d'habitude. Mais retenue par quoi ? Le travail ou Drago ?
Ainsi Astoria avait parlé. Mais de quoi exactement ? Hermione sentit son estomac se contracter douloureusement.
- Je suis désolée Hermione, marmonna Astoria dans un sanglot en se tournant vers elle. Je t'avais dis que tu allais trop loin. J'aime trop Drago...
- Je peux savoir de quoi tu parles ? Lui demanda Hermione d'une voix crispée.
- Elle m'a tout dit, répondit Blaise à sa place. Que tu lui avais monté la tête pour rendre Drago fou, qu'elle était d'abord rentrée dans ton jeu, mais qu'elle avait finalement trouvé que tu allais trop loin.
Hermione lança à Astoria un regard assassin.
- Tu sais, Drago ne m'a jamais dit du mal de toi, il se fiche de toi à vrai dire, ajouta Astoria. Mais Drago il dit aussi que si je continue à faire ce que tu me dis, il me quittera. Hermione, je veux déjeuner avec Drago le midi, le rejoindre après le travail, passer du temps avec lui... Je veux juste être heureuse. J'en ai marre que tu me dises de l'ignorer ou d'être désagréable avec lui.
Hermione n'en revenait pas. Non seulement Astoria racontait ce qu'elles avaient mis en place d'un commun accord, mais en plus elle en rajoutait des tonnes. Hermione ne lui avait jamais demandé d'ignorer ou d'être désagréable avec Malefoy. Jamais.
- Je ne suis jamais allée aussi loin, expliqua Hermione à l'attention de Blaise. Je voulais juste prouver à Drago qu'on pouvait bien s'entendre avec moi.
- En étant exagérément poli avec lui, dans le seul but de le faire enrager ? Oui, je suis au courant !
- Blaise, Malefoy est un malade, il faut que tu me fasses confiance ! Je ne te l'ai pas dis, mais le premier jour où nous sommes rentrés à Londres, je l'ai croisé au ministère et il m'a dit qu'il ferait en sorte qu'on ne soit plus ensemble. Je sais aussi qu'il a fait expert de te donner le livre sur l'histoire de Poudlard pour me faire enrager et également que...
- ENCORE CETTE HISTOIRE DE LIVRE ?! S'écria Blaise en se levant brusquement du canapé.
- Tu ne peux pas être aussi naïf Blaise, insista Hermione désespérée. Il fait tout pour qu'on se dispute, comme ce soir ! Astoria en rajoute des tonnes et c'est Malefoy qui lui a demandé de faire ça ! Tu ne vois pas qu'il est en train d'obtenir également ce qu'il veut ? Ton ami est complètement fou et je peux te le prouver en te montrant mes souvenirs !
- NON, la coupa Blaise avec dureté. Ces histoires me fatiguent. On ne s'est pratiquement pas vu depuis un mois, parce que tu étais trop occupée à faire des manigances ! Astoria m'a dit que tu passais tes journées à perdre ton temps aux alentours de son bureau, dans le but de le croiser. Tu vas me dire que c'est faux ?
- Non mais...
- Donc tu préférais emmerder Drago dans son travail, plutôt que de passer du temps avec moi ?
- Non pas du tout, je voulais juste...
- Ton but n'était pas de le rendre fou ? Insista-t-il avec colère.
- C'est bien la première fois de ma vie que je t'entends hausser le ton ou te battre pour quelque chose, signala Hermione avec amertume. Et c'est vraiment dommage que ce soit contre moi. Tu n'es qu'un idiot qui se fait manipuler et tu ne t'en rends même pas compte ! Tu fais peine à voir...
Hermione voulu jeter un bref coup d'œil à Astoria, qui n'avait toujours pas bougé de son canapé, mais ce qu'elle vit la figea. Astoria avait totalement cessé de pleurer et lui adressait un regard plus que satisfait. Typiquement le genre de regard qu'aurait pu lui lancer Malefoy.
- MAIS REGARDE-LA ! S'écria Hermione en la désignant. Elle me nargue ! MAIS REGARDE !
Blaise posa rapidement ses yeux sur Astoria, mais c'était trop tard. Elle avait de nouveau adopté un regard peiné et gêné. Une grande comédienne !
- C'est moi qui fais peine à voir ? Lui demanda alors Blaise d'un air entendu. Mais tu t'es vu ? Tu ressembles à une folle depuis qu'on est rentré sur Londres. Tout se passait bien avant et maintenant, tu pars dans tous les sens ! Tu es toujours en train de crier aux complots, de faire des histoires. On ne passe plus une soirée tranquille, tu es toujours à droite et à gauche à t'occuper de Malefoy ou je ne sais quel dossier urgent. Tu es incapable de te poser et...
- Ca, c'est parce que tu es une personne totalement ennuyeuse, lâcha Hermione.
Un silence de plomb accueillit sa remarque et Hermione sut qu'elle était allée trop loin.
- Je ne voulais pas dire ça, s'excusa-t-elle presque aussitôt. C'est Malefoy qui a dit ça tout à l'heure et du coup, c'est la première chose qui...
- Encore Malefoy ? C'est pour ça que tu es encore arrivée en retard ? La coupa Blaise dont les yeux semblaient sortir de leurs orbites. Tais-toi Hermione, franchement tais-toi. Et sors !
- Quoi ?
- SORS DE CHEZ MOI ! Hurla-t-il.

Hermione avait choisis le bar le plus miteux qu'elle connaisse afin d'être sûr de ne croiser personne. Elle qui avait eu hâte que Malefoy réplique enfin, elle était servit. Il avait royalement remporté la partie, voire même la guerre. Mais ce qui énervait le plus Hermione, c'est qu'elle ne s'était jamais rendu compte de ce trait de personnalité chez Blaise. Comment avait-elle put ne pas voir qu'il était si influençable ? Peut-être parce qu'il n'était comme ça qu'en présence de certaines personnes comme Malefoy. Hermione attrapa une serviette en papier et nettoya la table poisseuse afin de pouvoir y poser son coude. Ce bar miteux méritait bien son nom. Elle grogna une nouvelle fois et porta son verre à ses lèvres pour avaler une gorgée.
Avec tout ça, elle s'était précipitée chez elle, sans faire ce pourquoi elle s'était rendue dans le bureau des Aurores pour les tatouages. C'était vraiment une sacrée soirée de gâchée ! Elle but une nouvelle gorgée et s'aperçut avec dégoût qu'un homme la lorgnait de l'autre bout du bar. Un ivrogne qui peinait à tenir son verre. Il avait une barbe mal taillée et des vêtements si sales qu'on aurait dit qu'il les portait depuis au moins un an. Il lui adressa un sourire répugnant ce qui donna à Hermione envie de vomir. Elle allait vite terminer son verre et sortir de cet endroit infect.
- De la bière au beurre ? Ricana-t-on dans son dos. Même pour te bourrer la gueule tu es pitoyable...
Hermione laissa tomber son visage dans sa main dans un profond soupire d'agacement. Elle entendit qu'on tirait la chaise à côté d'elle et qu'on s'y asseyait.
- Tu me suis maintenant ? Lança-t-elle à Malefoy sans prendre la peine de se tourner vers lui.
- Non, j'adore les bars miteux et glauques. Tu aurais dû te changer avant de venir ici. Ta petite robe va t'attirer des ennuis, avec tous les tarés qui trainent ici, dit-il en scrutant les tables voisines. Alors, il parait que Blaise t'a foutu dehors ? Poursuivit-il sur le ton de la conversation.
Hermione prit une nouvelle gorgée de sa bière au beurre.
- Oh allez Granger, je suis sûr que cela va s'arranger.
- Evidemment, que cela va s'arranger, répliqua-t-elle d'une voix cassante.
Elle entendit Drago remercier le serveur qui déposa un verre sur la table, mais elle se refusa toujours à se tourner vers lui.
- Qu'est-ce que tu fous avec Potter ces derniers temps ? Tu trompes Blaise ?
Hermione ne répondit pas. Elle aurait pu se lever et partir, mais elle avait l'impression que si elle le faisait, c'était comme offrir à Malefoy une nouvelle victoire et ça, c'était hors de question.
- Hein ? Insista le blond.
Si Malefoy avait remarqué leur petit manège, il était possible qu'il en soit de même pour d'autres. Ce qui était particulièrement embêtant pour leurs recherches. Il ne fallait absolument plus qu'ils se voient au ministère.
- Astoria m'a montré ses souvenirs lorsqu'elle est rentrée de chez vous, poursuivit Drago. La scène de dispute entre Blaise et toi était hilarante. Lorsque je t'ai dis que Blaise était ennuyeux, j'espérais que ce mot te viendrait à l'esprit dans une éventuelle future dispute, mais je n'aurais pas cru que cela arriverait si vite, poursuivit-il en riant. Tu n'aurais pas pu davantage le vexer. Donc tu le penses, en fait ? Ajouta-t-il après quelques secondes. Qu'il est ennuyeux ?
Hermione serra les mâchoires à s'en faire mal. Malefoy était véritablement la pire plaie au monde.
- Tu ne devais pas si bien le connaître que cela au final, pour ne pas t'en rendre compte avant. Il est aussi très... influençable. Enfin, MOI, j'arrive à l'influencer. Ca ne marche pas si bien avec les autres. Ca a toujours été comme ça depuis Poudlard. Je crois qu'il m'admire d'une certaine manière. Il...
- Mais tu vas la fermer ?! S'exclama Hermione en se tournant enfin vers lui. Qu'est-ce que tu fais là d'ailleurs ? Pourquoi tu me colles ? Hein ? Qu'est- ce que tu veux Malefoy ?
- Baisse d'un ton, tu veux ? Siffla-t-il entre ses dents.
Hermione se leva dans un mouvement brusque, donna un coup dans le verre de Drago qui se renversa sur la table et se dirigea vers la sortie.

Une fois dehors, elle voulut remonter la petite ruelle mal éclairée, mais Drago, qui l'avait rattrapé, la bloqua contre l'un des murs humides.
- Où est-ce que tu comptes aller ? Lui demanda-t-il d'une voix trainante.
- Lâche-moi Malefoy.
Il retira son bras qui bloquait l'épaule de la jeune fille, mais ne la quitta pas des yeux pour autant. Hermione soutint son regard et ils ne bougèrent pas d'un millimètre pendant plusieurs secondes.
- Putain... j'ai envie de te prendre contre le mur Granger, finit-il par dire.
- Pardon ? S'étrangla-t-elle.
- Tu as très bien compris. On peut faire ça ici. Vite fait, bien fait. Il n'y a personne, dit-il en faisant glisser ses doigts sur le bras nu d'Hermione.
Elle le repoussa avec force.
- Je suis avec Blaise.
- Ah bah ça, je suis au courant ! Je te remercie pour la précision, ricana-t-il.
- C'est ton meilleur ami, poursuivit-elle.
- Je m'en fou.
Drago agrippa ses mains aux hanches d'Hermione et l'attira à lui d'un mouvement sec. Leurs corps ne se touchèrent pas pour autant, mais ils étaient plus près l'un de l'autre qu'ils ne l'avaient jamais étés.
- Tu es avec Astoria, fit Hermione, dans une nouvelle tentative de le raisonner.
Pourtant, elle ne se dégagea pas de son étreinte et ça, cela n'échappa à Drago.
- Tu sais que c'est de ta faute Granger, lui murmura-t-il en se penchant près de son oreille. Tu aurais du m'écouter la première fois qu'on s'est revu dans ce couloir du ministère. Tu aurais dû quitter Blaise et nous n'en serions pas là où nous en sommes aujourd'hui... Tu aimes ce qu'il se passe entre nous à cet instant, n'est-ce pas ? Je sens ta respiration s'accélérer et ton cœur battre.
Cette fois, Hermione tenta de se dégager, mais Drago resserra son emprise. Il se pencha davantage sur elle et Hermione sentit son souffle chaud dans son cou. Son souffle, agréablement chaud.
- Si tu savais comme tu m'excites, souffla-t-il.
- Lâche-moi, ordonna Hermione d'un ton, qu'elle voulait assuré.
Cependant, elle ne fit aucun nouveau mouvement pour se défaire de lui. C'était comme si son corps refusait de lui obéir, comme si elle était paralysée. Paralysée par tout à fait autre chose que la peur.
- Tu n'as pas envie que je te lâche, la contredit Drago. Ne me fais pas croire que tu cherchais juste à me nuire, toutes les fois où tu es arrivée en retard à tes audiences dans le seul but de me croiser. Tu avais envie de me voir. Au fond de toi tu le sais. Et je te le répète, tout est de ta faute. Tu n'aurais pas suscité autant d'intérêt chez moi, si tu n'avais pas riposté à mes petites attaques. L'insolence te va à merveille. Touche-moi, chuchota-t-il d'une voix envoutante. Touche-moi Granger.
Hermione ne bougea pas, trop obnubilée par son cœur qui battait à tout rompre.
- Tu n'en as pas la force, hein ? Poursuivit-il en s'écartant quelque peu d'elle pour plonger son regard dans le sien. Tu es trop accaparée par mes mains sur tes hanches. Ma voix. Mon souffle sur ton visage. Pourtant, tu n'attends qu'une chose, que mon corps se colle au tien. Touche-moi Granger, lui intima-t-il, et je mettrais fin au peu de distance qu'il reste entre nous. Prouve-moi que tu es à ma hauteur et je te donnerais ce que tu veux. Imagine tout le plaisir que je pourrais t'offrir comparé au trop doux, au trop gentil, Blaise Zabini. Tu as besoin de quelqu'un qui te fasse vibrer, qui te fasse te sentir vivante. Et c'est entièrement ta faute, répéta-t-il. C'est toi qui as voulu me prouver que tu pouvais être une véritable peste, une insupportable petite... AIH !
Drago se plia en deux sous le coup de la douleur infligé par le genou d'Hermione.
Il aurait aimé la poursuivre et lui faire payer son geste, mais il était bien incapable de bouger, tant il avait le souffle coupé. Il parvint néanmoins à lever les yeux dans sa direction.
Juste avant qu'elle ne disparaisse à l'angle de la ruelle, elle se tourna brièvement vers lui pour le regarder, avec une expression indéchiffrable collée au visage. C'était comme si elle se posait elle-même la question. Comme si elle se demandait, si l'espace d'un instant, elle n'aurait pas aimé que Drago lui arrache réellement sa robe. A cette idée, les lèvres de Drago s'étirèrent en un sourire satisfait. Elle aurait vraiment dû le laisser faire, le laisser gâcher son couple avec Blaise, parce que là, c'était trop tard. Il ne la lâcherait plus.