Δ Chapitre 8 : Le changement de plan

Drago venait d'entrer dans la salle principale du grand château. Elle faisait office de salle à manger, avec plusieurs petites tables rondes, mais également de pièce à vivre. Après s'être arrêté quelque instant pour observer les personnes présentes, il se dirigea vers la table de ses amis. Pour une fois Pansy était là, entourée de Théodore, Daphné et Astoria.
- Qu'est-ce que vous faîtes s'enquit-t-il une fois près d'eux.
- Je vais proposer une liste à « T », répondit Pansy d'un air concentré en inscrivant un nouveau nom sur son parchemin. Tu penses que c'est une bonne idée ?
Drago la toisa quelques secondes avec sérieux, puis s'assit avec eux.
- Oui, je pense que l'initiative sera appréciée.
Pansy parut satisfaite et poursuivit.
- D'ailleurs, je pense que nous avancerions beaucoup plus vite si tout le monde mettait vraiment du sien.
- Qu'entends-tu par là ? S'enquit Théodore en fronçant les sourcils.
Pansy jeta de bref coup d'œil autour d'eux et se pencha davantage vers le centre de la table.
- J'entends par là que certains n'ont pas l'air de vraiment à croire à notre cause. Ils sont juste là pour jouir d'une certaine place et sécurité, chuchota-t-elle à voix basse.
Drago lança aussitôt un regard appuyé à Astoria qui l'ignora cependant superbement.
- C'est exactement pour cette raison que Serena Calvin a été tuée, ajouta Pansy avec sérieux.
- Qu'est-ce que tu en sais ?! S'exclama Daphné en levant exagérément les yeux au ciel.
Pansy, regarda tour à tour chacun de ses amis avant de répondre.
- Parce que c'est moi qui ait eu l'ordre de la tuer.
Astoria eut un hoquet de surprise horrifiée, Daphné écarquilla les yeux, Théodore ne cilla pas et Drago se contenta d'observer chacune de leurs réactions. Il ne pouvait pas dire qu'il était étonné par celle d'Astoria, mais il n'aurait jamais cru que Théodore reste autant de marbre.
- « T » t'a-t-il donné les raisons exactes de son ordre ? Demanda Drago.
- Exactes, je ne sais pas, mais... attendez, j'ai encore son mot ...
Pansy fouilla durant quelques secondes dans son sac et finit par en ressortir un petit parchemin qu'elle lut à voix haute.
« Serena Calvin : A tuer immédiatement.
Ne croit pas en notre cause, se comporte comme une idiote, se complait simplement dans le plaisir de faire du mal »
Un silence accueillit la lecture de Pansy.
- Si vous croyez sincèrement en notre cause, vous n'avez rien à craindre, tenta de les rassurer Pansy.
- La question n'est pas vraiment là, fit remarquer Drago qui semblait plongé dans de profondes réflexions. Je pense que « T » sait pertinemment que certains n'accordent pas plus de crédit que ça à notre cause. Je pense que le problème avec Serena venait du fait, qu'elle se comportait comme une folle en qui on ne pouvait pas avoir confiance.
- Comment ça une folle ? Interrogea Daphné.
- Tu l'as bien vu ! S'exclama Théodore. Elle clamait haut et fort qu'elle adorait s'en prendre aux autres. Un jour ou l'autre elle allait mettre en péril notre secret.
- De toute façon, nous avons des chambres, ajouta Astoria. C'est donc que « T » nous fait confiance. C'est plutôt pour toi que je m'inquiète Drago.
Pansy explosa de rire.
- Franchement s'il y a quelqu'un qui doit s'inquiéter ce n'est certainement pas Drago, expliqua-t-elle.
Cependant, ce dernier lui adressa un regard sévère.
- Il n'a pas de chambre, insista Astoria.
Pansy, voulu de nouveau défendre son ami, mais Drago lui intima de se taire d'un simple signe de la main. Il tourna ensuite son regard en direction d'Astoria, dans un mouvement particulièrement lent.
- C'est quoi ton problème au juste Astoria ? C'est parce que je ne suis pas venu te faire jouir hier ? Tu es vexée, c'est ça ?
- Pardon ? S'étrangla-t-elle d'un air particulièrement mal à l'aise.
- Tu veux une définition de terme « jouir » ? Poursuivit Drago. C'est quand tu hurles mon prénom à chaque coup de rein que je te donne.
- Drago ! S'exclama Daphné. Arrête de jouer à l'idiot, c'est de ma sœur dont on parle. Si de tels propos arrivaient aux oreilles de « T »... Pire encore, imagine qu'il y croit !
- Mais c'est la vérité, lui répondit Drago. Je baise ta petite sœur.
Daphné se retourna vivement vers la concernée, attendant visiblement qu'elle démente, mais le visage grave d'Astoria ressemblait plus à un aveu qu'autre chose.
- Mais ce n'est pas vrai ! S'exclama Daphné. Vous n'avez quand même pas pris un tel risque ?
- Moins fort, lui signala Théodore en jetant des regards apeurés autour de lui.
- Vous savez que c'est interdit, insista Daphné à voix basse. Si « T » l'apprend vous êtes morts.
- La seule qui devrait s'inquiéter de la situation c'est ta sœur, répondit Drago comme si la concernée n'était pas présente. Je n'en ai rien à foutre d'elle, je suis juste un mec qui a besoin de tirer son coup de temps en temps.
Astoria laissa échapper une exclamation indignée.
- Arrête Drago tu vas trop loin là ! Gronda Daphné en le fusillant du regard.
Pansy lui fila un discret coup de coude et Drago estima qu'il en avait certainement assez fait.
- Enfin bref, tout ça pour dire que j'ai une chambre qui m'attend, depuis bien plus longtemps que vous avez la votre, expliqua Drago avec une fausse douceur dans la voix. Je ne peux juste pas y vivre étant donné que je suis Aurore. J'ai besoin d'une bonne couverture. Ensuite, étant donné que me fiche totalement d'Astoria, je n'ai rien à craindre. En revanche, ajouta-t-il en se tournant vers la concernée. Toi tu ferais bien de te tenir à carreau.

Δ

Ginny et Hermione contemplaient la lettre que cette dernière venait de recevoir de Blaise. Il lui proposait un dîner le soir même, pourtant Hermione ne semblait pas satisfaite.
- C'est une bonne chose, non ? Tenta Ginny, brisant ainsi le silence de son salon.
- Il m'invite à un dîné dans mon propre appartement ! Enfin non, il estime visiblement que c'est le sien. Il m'a quand même dit, je cite « Sors de chez moi ». Le message était clair, n'est-ce pas ?
- Il a dit ça sur le coup de la colère, répliqua Ginny.
- Il l'a quand même dit ! Ce qui veut dire qu'il estime que c'est son appartement et pas le nôtre. Et de toute façon, ce n'est plus la peine que je le revois. Il ne me fait pas confiance.
- Non mais Hermione, tu ne vas quand même pas le quitter pour ça ! Si tu quittes Blaise, Malefoy gagne !
Hermione se mordit l'intérieur des joues. Ginny pensait tout savoir, mais elle était loin du compte. Elle avait finit par raconter à sa meilleure amie toutes les frasques de Malefoy contre son couple, mais elle s'était clairement abstenue de lui dire ce qu'il s'était passé dans le bar, puis dans la ruelle.
- Hermione, insista une nouvelle fois Ginny, y aller ne t'engage en rien.
- Je sais très bien comment cela va se passer, fit Hermione en soupirant. Il va s'excuser, nous allons nous entendre à merveille pendant quelques jours et Malefoy lui donnera une nouvelle raison de s'en prendre à moi.
- Dans ce cas montre-lui tout. Qu'est-ce que tu as à perdre hein ? Montre-lui tous tes souvenirs.
- Tu te rends compte de ce que tu dis ? Insista Hermione. Tu te rends compte de ce que je suis obligée de faire pour qu'il me croit enfin ? Ce n'est pas l'idée que je me faisais d'un couple.
- Malefoy est son meilleur ami et jusqu'à présent, il n'a eu aucune raison de se méfier de lui. Tu peux comprendre ce qu'il vit, non ? Imagine que ce soit moi qui essaye de tout mettre en œuvre pour briser ton couple ? Tu ne prendrais pas mon parti ? Tu ne me croirais pas ?
- Cela n'a rien à voir ! S'exclama Hermione en levant les yeux au ciel.
- Blaise a confiance en Malefoy, peut-être autant que tu as confiance en moi. Donc tu vas aller à ce dîner, écouter ce qu'il à a te dire et tu lui montreras tes souvenirs une seule et unique fois. Laisse-lui cette chance. Et si après ça, Malefoy attaque de nouveau et que Blaise a plus confiance en lui qu'en toi, alors là, je serais la première à te dire de le quitter.

Δ

- Tu es vraiment un gros porc parfois, signala Pansy à Drago alors qu'ils remontaient tous les deux en direction de la chambre de la jeune fille.
- Je n'ai pas pu m'en empêcher, répliqua-t-il amusé. Non mais tu as vu l'air satisfait qu'elle avait en me signalant que je n'avais toujours pas de chambre !
- Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre franchement ? S'exclama Pansy en levant les yeux au ciel.
- Et elle était persuadée que je l'aimais, ajouta-t-il.
- Parce que tu le lui as fait croire.
- Elle n'avait pas pour autant à agir avec moi comme si nous étions un couple où je ne sais quoi d'autre.
Pansy s'arrêta devant sa chambre, mais n'ouvrit pas la porte. Au lieu de ça, elle se posta face à Drago d'un air sérieux.
- Nous ne devons pas laisser nos émotions prendre le dessus. Tu es le premier à le savoir n'est-ce pas ? Nous avons une mission et pour ça, nous devons tous rester unis. Il n'est pas nécessaire de se mettre qui que ce soit à dos.
- Oh arrête, je te parie que ce soir, Astoria m'attendra bien sagement dans sa chambre, lâcha Drago en ricanant.
- Je parlais de Daphné. Je n'ai pas l'impression qu'elle ait apprécié ton petit numéro.
- Je me contre fou des états d'âmes des uns et des autres ! Notre mission est la seule chose qui compte.
Pansy ouvrit la porte de sa chambre et invita Drago à entrer.
- Justement, parlons-en de notre mission. Es-tu sûr d'être bien concentré ces derniers temps ? Lui demanda-t-elle avec suspicion.
- C'est à moi que tu demandes ça ? Lança-t-il d'un ton menaçant. Je crois que tu oublies à qui tu parles là.
- Et Granger ? Insista Pansy en lui adressant un regard entendu.
- Pourquoi tu me parles d'elle ?
- J'ai vu Blaise ce matin, annonça-t-elle d'un ton grave.
- Ah.
Le regard de Pansy se décomposa. « Ah » était-il tout ce que Drago avait à lui répondre ? Elle fixa son meilleur ami, attendant qu'il lui donne une explication.
- Elle me sort par les yeux, finit-il par dire.
- Nos sentiments personnels ne doivent pas rentrer en ligne de compte. Granger est très bien là où elle et tu le sais. Il faut que tu arrêtes de vouloir...
- Qui es-tu pour me donner des ordres ? La coupa-t-il. Fais bien attention Pansy. Nous sommes amis, certes, mais nous avons aussi une mission à mener à bien.
- JUSTEMENT ! S'écria la jeune fille. Je suis à fond dans la mission, mais toi, j'ai l'impression que tu t'égares.
- Je ne m'égare pas, répondit-il en prenant soin de détacher chaque syllabe.
- Si ça venait à se savoir... Imagine que Blaise en parle à Théodore ! Imagine que ce dernier en parle à Astoria ou Daphné ? Vu l'état actuel des choses, elles voudraient surement en informer « T » et alors là, je pense qu'on serait bien embêté ! Hein ? Comment on ferait pour...
- C'est bon Pansy, ne t'inquiète pas, la coupa Drago. J'arrête avec Granger et Blaise.
Pansy lui adressa un regard septique.
- Je te promets que j'arrête d'essayer de les monter l'un contre l'autre. Je te le jure même, insista Drago.
Pansy paru satisfaite et tourna le dos à son ami pour poser sa veste sur le dossier d'un des fauteuils de sa chambre. Elle n'eut donc pas le loisir de voir l'étrange petit sourire de Drago.

Il n'avait pas mentit, il ne montrait plus Blaise et Granger l'un contre l'autre. Il allait faire mieux que ça, beaucoup mieux que ça. Il s'affala sur le deuxième fauteuil de la chambre et attrapa le verre de Whisky pur feux que lui tendait Pansy. Il l'entendit parler, mais in'écoutait pas. Il était plongé dans ses pensés. Pensés, toutes tournées vers Granger.

La première fois qu'il avait trouvé Granger attirante, c'était lorsqu'elle avait voulu se servir d'Astoria pour l'atteindre. Jusque là, il avait trouvé les tentatives de défense de Granger, toutes plus minables les unes que les autres. Mais en faisant entrer Astoria dans le jeu, elle avait vraiment eu une bonne idée. Une idée qui aurait pu marcher à merveille, il devait bien l'avouer. Il avait également trouvé Hermione douée dans la dissimulation de ses émotions. Après tout, se forcer à être agréable avec lui pendant un long mois, n'était pas une tâche facile et elle n'avait pas faiblit une seule fois. Granger était dotée d'une volonté de fer et il adorait ça.
Cependant, l'instant où il avait vraiment eu envie de la faire sienne pour la première fois, c'était la veille. Lorsqu'elle avait haussé le ton, tout en renversant son verre sur la table du bar dans lequel il l'avait rejointe. Il aimait qu'on cache ses émotions, mais ce que Drago aimait par-dessous tout, c'était lorsqu'on se laissait subitement envahir par celles-ci. Lorsqu'on passait d'une émotion à une autre en un clin d'œil avec force, avec passion. Il trouvait cela palpitant et excitant de ne pas savoir à quel moment la personne qu'il avait en face de lui pouvait exploser. Pourtant, il détestait Granger. Il la détestait autant qu'elle l'attirait. Peut-être même qu'il la détestait aujourd'hui avec encore plus de force, justement parce qu'elle l'attirait. En fait, il n'avait jamais autant détesté quelqu'un et ce depuis toujours. Drago émit un petit ricanement intérieur. Finalement, Hermione et lui étaient faits pour être ensemble. C'était l'issue logique.

Δ

C'était bien la première fois qu'Hermione frappait à sa propre porte. Elle aurait pu s'abstenir de ce genre de comédie, mais elle en voulait trop à Blaise pour ça. Lorsqu'il vint finalement lui ouvrir, il sembla surprit de la voir.
- Tu attendais quelqu'un d'autre peut-être ? Lui lança-t-elle d'une voix désagréable. Je me suis dis que j'allais frapper étant donné que c'est chez toi ici, ajouta-t-elle presque aussitôt.
- Je ne le pensais pas Hermione, répliqua Blaise comprenant où elle voulait en venir. Je suis désolée d'avoir dit ça, c'est sortit tout seul.
- C'est ça le problème, que tu ne t'en sois pas rendu compte. Ce qui veut dire, qu'au fond de toi, tu estimes que c'est chez toi ici et pas chez nous.
Blaise sembla prendre sur lui pour ne rien répondre et ouvrit plus largement la porte pour inciter Hermione à entrer. Cette dernière avança et contempla la pièce à vivre de l'appartement comme si c'était la première fois qu'elle le voyait. Elle s'attarda même exagérément sur les tableaux accrochés au mur.
- C'est très beau, signala-t-elle. Tu as de très bon gout en termes de décoration.
- Hermione... grogna Blaise.
Tout deux savaient pertinemment le temps qu'elle avait mit pour choisir chaque élément de l'appartement, dans un réel souci d'esthétique. Blaise alla s'asseoir sur le canapé du salon et Hermione le suivit de mauvaise grâce.
- Je n'ai pas fais de dîner en fait, déclara-t-il. J'ai opté pour un apéritif dinatoire.
Hermione vit presque aussitôt la table basse entre les deux canapés qui était couverte de mets divers.
- On est quinze à venir ce soir ?
- Je ne voulais pas qu'il manque quoi que ce soit.
- Tu es un hôte tellement prévenant, s'extasia Hermione en bonne comédienne.
- Arrête maintenant, c'est bon ! S'exclama soudain Blaise. Je suis désolée, d'accord ? Désolé ! On va tirer tout ça au clair dans les règles de l'art et après tout ira pour le mieux.
- Dans les règles de l'art ? Répéta Hermione en haussant les sourcils.
- Les deux partis vont opposer les faits et nous allons déterminer qui...
- Nous ne sommes pas dans un tribunal ! S'exclama Hermione. Je vis ça tout les jours au ministère, donc ce n'est pas la peine de...
Hermione s'arrêta net, lorsqu'elle entendit quelqu'un frapper à la porte.
- Mais tu attendais vraiment quelqu'un d'autre ? Lança-t-elle à Blaise d'un air scandalisé. Mais tu te fous de moi ? Je suis venue pour entendre des excuses et tu as invité quelqu'un d'autre ? Si c'est Ginny, je t'assure que...
- Ce n'est pas Ginny, se contenta de répondre Blaise en se levant.
Hermione l'observa se rendre jusqu'au hall d'entrée et ouvrir la porte.
- C'est une blague ?! S'exclama-t-elle de plus belle en se levant à son tour, voyant que Drago se tenait debout dans le couloir. Quand tu parlais des deux partis, tu parlais de lui et moi ? TU TE FICHES DE MOI ?
- On se calme, intima Blaise. Drago va venir se joindre à nous et nous allons discuter tranquillement de ce qu'il s'est passé.
- Comment ça de ce qu'il s'est passé ? Demanda Hermione dont l'estomac se noua.
Un petit rictus moqueur étira les lèvres de Drago et Hermione eut envie de vomir. Avait-il dit à Blaise ce qu'il s'était passé dans la ruelle ? Avait-il dit à Blaise qu'elle ne l'avait pas suffisamment repoussé ? Elle ne pourrait jamais lui montrer ce souvenir là, étant donné qu'elle avait cruellement honte de son comportement. Elle s'était lamentablement laissée faire par Malefoy pendant plusieurs minutes avant de finalement lui mettre un coup de genou. Certes, elle avait finit par réagir, mais elle avait mis du temps et ça, cela n'échapperait certainement pas à Blaise
- Tu devrais manger un toast Granger, tu es toute blanche. On dirait que tu vas tomber dans les pommes, lâcha Drago en passant devant elle pour s'installer sur le canapé d'en face.
Hermione ne répondit pas et Blaise s'assit à côté d'elle.
- Bien, déclara-t-il. Je veux qu'on mette carte sur table. Vous allez me dire ce qu'il se passe, parce que vos histoires commencent sincèrement à m'agacer. Je vous aime tous les deux, mais j'en ai plus que marre.
Hermione avala difficilement la salive, tout en étant quelque peu rassurée. Malefoy ne devait rien avoir raconté à Blaise en fin de compte, sinon Blaise ne se serait pas gêné pour le lui faire savoir. Mais pouvait-elle pour autant se permettre de raconter le reste à son sujet ? Malefoy ne se vengerait-il pas en racontant l'épisode de la ruelle ?
- Hermione, tu veux commencer ? Poursuivit Blaise en se tournant vers elle.
Ses mains étaient affreusement moites. Que devait-elle faire ? Prendre le risque d'énerver Malefoy ? Il semblait si sûr de lui qu'elle avait l'impression qu'il savait ce qui se tramait dans sa tête. Il releva davantage le nez et fixa Hermione avec intensité. Son regard n'était ni menaçant, ni encourageant, ce qui plongea davantage Hermione dans le doute.
- Hermione ? Insista Blaise.
- C'est ma faute, lâcha soudain Drago.
Hermione retint un hoquet de surprise, alors que Blaise se tournait subitement vers lui.
- C'est moi qui est foutu le bazar depuis le départ, poursuivit-t-il. J'ai fais exprès de te donner le livre sur l'histoire de Poudlard, j'ai menacé plusieurs fois Granger lorsque je la croisais au ministère, j'ai fais en sorte qu'elle passe pour une folle et c'est aussi moi qui ait demandé à Astoria de venir te voir et d'envenimer la situation.
Hermione le regarda d'un air totalement abasourdis. Que lui prenait-il ? Avait-il juste fallut le mettre devant Blaise pour qu'il avoue tout ? D'ailleurs, ce dernier devait être aussi choqué qu'Hermione, puisqu'il ne trouvait visiblement rien à répondre.
- Je suis désolée, ajouta Drago. Je trouvais ça amusant de rendre Granger folle, surtout que j'étais sûr que tu pouvais trouver mieux qu'elle, mais... mais je n'ai pas envie de gâcher notre amitié pour autant. Après tout c'est ta vie, tu fais bien ce que tu veux.
- Putain, j'en reviens pas...c'était toi depuis le début, lâcha finalement Blaise, les yeux perdus dans le vide.
En tant normal, Hermione aurait été ravie de faire remarquer à Blaise qu'il l'avait injustement accusé, qu'il n'avait pas suffisamment confiance en elle, mais pourtant, rien ne sortit de sa bouche. Etait-ce une nouvelle manœuvre de la part du blond ?
- Je vous assure que je ne ferais plus rien contre vous, assura Drago. Je ne ferais plus en sorte que vous vous disputiez, je vous le promets. Blaise, je suis désolée. Je sais que cela prendra du temps pour que tu me refasses confiance, mais j'attendrais le temps qu'il faut.

Drago n'était pas resté longtemps. Après quelques explications supplémentaires, le blond était parti, laissant le couple seul. De son côté Blaise s'était excusé un nombre incalculable de fois. Si bien, qu'Hermione avait finit par lui pardonner.

- J'en reviens toujours pas, commenta une nouvelle fois Blaise lorsqu'ils se couchèrent. Je croyais le connaître... Comment a-t-il pu me faire un coup pareil...
- Le principal c'est que tout se soit arrangé, lui répondit Hermione sans vraiment y croire.
Après tout, il était vital qu'elle reste sur sa défensive. Elle ne pouvait pas faire part de ses soupçons à Blaise, de peur de déclencher une nouvelle dispute, mais les aveux de Malefoy étaient plus que louches. Il avait forcément une idée derrière la tête. Peut-être était-ce ça d'ailleurs sa nouvelle manœuvre ! Faire en sorte qu'elle le soupçonne de comploter quelque de nouveau.