Δ Chapitre 9 : Le retour de Denis Crivey

Drago était entré dans la chambre d'Astoria sans y être réellement invité. Le portrait qui protégeait la chambre de la jeune fille l'avait fait passer sans lui poser la moindre question.
Il s'était allongé sur le lit et contemplait toujours le plafond d'un air absent. Il s'était mis dans une situation délicate vis-à-vis de Blaise, très délicate et tout ça à cause d'elle ! A cause de Granger ! Tout ça à cause d'une fille ! Il se reconnaissait à peine, mais cela valait le coup. Cela valait le coup si cela marchait. Il laissa échapper un petit ricanement. Evidemment que cela allait marcher, il était Drago Malefoy et Granger et lui étaient fait pour être ensemble, il en était certain.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Drago se redressa sur les coudes et posa son regard sur Astoria qui venait d'entrer dans la pièce.
- Ne me fait pas croire que tu n'es pas ravie que je sois ici, répondit-il.
- Tu débloques complètement, répliqua-t-elle d'une voix sèche. Après le coup que tu m'as fait hier, je ne comprends même pas que tu ais pensé être le bienvenue ici.
Drago se leva du lit et s'avança jusqu'à Astoria d'une démarche sûr.
- C'était pour rire Astoria, dit-il en faisant glisser ses doigts sur l'avant bras de la jeune fille.
Cependant, il retira aussitôt sa main, comme s'il s'était brûlé. Sa peau n'était pas aussi douce que celle de Granger. Après tout, c'était sur cette dernière qu'il avait fait glisser ses doigts il y a deux jours et Astoria n'avait rien à voir avec elle.
- Comment as-tu pu me faire un coup pareil, lui lança Astoria d'un air pincé. Après tout ce que j'ai fais pour toi ! Je suis allée voir Blaise comme tu me l'avais demandé, je lui ais dis exactement ce que je voulais, j'ai fais tout ce que...
- Oh ca va ! S'exclama Drago en levant les yeux au ciel.
- Tu m'aimes ?
Drago releva les yeux vers elle, sans pour autant répondre.
- Tu m'aimes ? Insista-t-elle. Si c'est le cas, je suis à même de te pardonner, mais sinon...
Elle était pitoyable, tout bonnement pitoyable et Drago ne put retenir une grimace de dégout. N'avait-elle pas la moindre estime d'elle-même ? La moindre fierté ? Après le coup qu'il lui avait fait, elle continuait d'être à ses pieds.
- Non, je ne t'aime pas, finit-il par répondre.
- Drago... murmura-t-elle en attrapant sa main dans la sienne.
Cependant, Drago se dégagea de son contact. En venant ici, il avait pensé pouvoir coucher avec elle, comme il l'avait toujours fait. Juste pour « tirer » son coup, mais elle ne lui faisait même plus envie. Astoria était une personne plate, idiote et dénuée d'intelligence.
- On peut juste continuer à passer de bons moments alors, lui intima-t-elle en faisant glisser sa main le long de son torse, jusqu'à la barrière de son pantalon.
Drago l'arrêta cependant.
- Tu es pitoyable, lâcha-t-il en la toisant d'un air dégouté avant de prendre le chemin de la sortie.

Il en voulait à Granger, il lui en voulait encore plus que quelques minutes auparavant, si c'était possible. A cause d'elle, il n'était même plus capable de se taper Astoria.

Δ

Becker n'allait pas être là durant deux jours. Elle avait annulé toutes les audiences durant son absence pour se rendre à l'autre bout de l'Europe pour participer à jugement exceptionnel. Hermione aurait adoré l'accompagner, mais la note que Becker lui avait laissée sur son bureau stipulait clairement qu'elle avait besoin d'Hermione au ministère pour s'occuper de tout pendant son absence. Hermione avait très bien compris ce que la chef du magenmagot attendait d'elle en réalité. Ayant annulé toutes les audiences en cours, Hermione avait deux jours pour se concentrer sur les dossiers rouges. Il fallait absolument qu'elle profite de ce temps pour avancer et elle commença à s'y mettre dès le matin. Elle avait passé en revu toutes les photos des meurtres et seulement la moitié d'entre eux avait un triangle sous le pied. Elle n'avait pas trouvé une manière de classer cette information, ni par statut de sang, ni par âge, ni par quoi que ce soit d'autre d'ailleurs. C'était comme si ces triangles avaient été tatouées d'une manière aléatoire, c'était vraiment très étrange et frustrant.
Hermione soupira et jeta un œil à l'horloge du bureau des aurors. Il était déjà dix heures et elle n'avait rien fait de concluant. Après quelques minutes supplémentaires, elle se releva et sortit de la salle vide. Alors qu'elle traversait le couloir pour rejoindre l'ascenseur, Harry et Ron déboulèrent à l'angle d'un couloir la faisant sursauter. Elle se figea presque aussitôt d'un air effaré. Harry semblait être couvert de sang et Ron tentait de le soutenir du mieux qu'il pouvait.
- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? S'exclama-t-elle en s'approchant pour aider Ron. Il faut l'emmener à Saint-Mangouste !
- Non, je dois voir Robards ! Contredit Harry.
- Je sors tout juste de votre bureau, il n'y est pas...
- Un chef des Aurors qui n'est jamais là ! S'exclama Ron agacé.
Hermione aida Ron à porter Harry jusqu'au bureau, pour l'asseoir sur l'un des canapés. Elle observa les blessures de son ami et s'attela à les soigner du mieux qu'elle pouvait.
- Je devrais peut-être appeler Lavande, suggéra Ron. Tu sais, comme elle entame sa quatrième année d'étude de m...
- Non, le coupa Hermione. Si les blessures sont trop graves pour que je parvienne à les soigner on ira à Saint Mangouste. Bon qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- On était sur quelque chose et on s'est fait attaquer. Denis Crevey a été retrouvé d'ailleurs. AIH !
- Pardon, s'excusa aussitôt Hermione en tentant d'adopter des gestes plus doux.
- Il est à Saint-Mangouste avec Malefoy, poursuivit Harry. Il n'avait pas l'air complètement mal en point, mais il avait du mal à marcher, il s'est peut-être cassé une jambe.
- Vous l'avez laissé avec Malefoy ? Demanda Hermione en arquant un sourcil.
- Il y en a marre là ! S'exclama Harry en se dégageant du contact d'Hermione. Malefoy est un Auror ! D'accord ? UN AUROR ! Je viens de te dire que Denis avait été retrouvé et comme Ron, la seule chose à laquelle du pense c'est Malefoy !
Ron roula des yeux d'un air mal à l'aise.
- Pour ta gouverne, poursuivit Harry. Malefoy est très mal en point, il n'a pas accompagné Denis, il a été admit à Saint Mangouste comme patient ! Quand nous avons été attaqués, je me suis jeté devant Denis pour le protéger et Malefoy s'est mis devant moi pour faire de même et c'est lui qui a reçu un sort.
- Oh... lâcha Hermione en jetant un dernier sort au bras d'Harry.
- C'est bon, je vais bien, insista-t-il en se relevant du canapé. Ron, il faut que tu restes ici pour attendre Robards et moi je retrouve à Saint-Mangouste. Je dois absolument voir Denis.
- Je t'accompagne, fit Hermione en se ruant derrière Harry qui était déjà sortis du bureau des Aurors.
Elle le rattrapa rapidement et l'arrêta.
- Pourquoi tu te mets dans un état pareil ? Lui demanda-t-elle. Il veut peut-être mieux que tu te poses quelques minutes avant de...
- Nous n'avons pas le temps Hermione, répondit Harry en reprenant quelque peu son calme. Malefoy, Ron et moi avons retrouvé Denis. Il était en train de se balader dans l'allée des embrumes, l'air de rien. Enfin non, il avait l'air angoissé, mais il était seul. Puis, quand nous sommes allés à sa rencontre, des sorciers aux visages cachés se sont jetés sur nous. Je pense qu'ils étaient là pour Denis et je n'ai pas envie de le laisser trop longtemps seul à Saint-Mangouste. Et ne me dit pas que cela ne craint rien là-bas, Elena Rosier y a été tuée.
- Je t'accompagne, répondit simplement Hermione en se remettant à marcher.
- Tu n'as pas de travail ? Enfin je veux dire, je sais pourquoi tu veux m'accompagner, mais nous étions sensés nous montrer plus discret non ? Poursuivit-il à voix basse.
- Becker est partie et elle a annulé toutes les audiences en cours, je me concentre sur les dossiers rouges pendant deux jours.
- Et si on croise quelqu'un ? Comment vas-tu expliquer ta présence ? Demanda Harry alors qu'ils venaient de s'arrêter face à l'ascenseur pour l'attendre.
- Je...
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent soudain sur Blaise.
- Ah Hermione je te cherchais ! S'exclama-t-il en sortant. Tout va bien ? Ajouta-t-il à l'attention d'Harry dont les vêtements étaient encore tâchés de sang.
- Oui tout va bien. Je suis désolé, mais on est pressé, répondit Harry précipitamment.
- Hermione, on mange ensemble à midi ? S'enquit Blaise.
Harry rentra dans l'ascenseur et en bloqua les portes pour laisser à Hermione le temps de répondre. Cette dernière sembla d'ailleurs hésiter.
- Je... Je ne vais pas avoir le temps Blaise. Je dois accompagner Harry à Saint-Mangouste.
Blaise fixa Hermione d'un air septique.
- Becker n'est pas là pendant deux jours et je ne veux pas perdre du temps à attendre les résumés d'enquêtes des Aurors sur les affaires, je vais aller directement à la source. Je suis toute seule pour m'occuper de tout, tu comprends... donc...
- D'accord pas de problème, on se voit ce soir, répondit Blaise en souriant.
Hermione lui répondit par un faible sourire et s'engouffra dans l'ascenseur dont les portes se refermèrent.
- Très bonne excuse, lui signala Harry d'un air mi-amusé, mi-sérieux. Excuse qui conviendra d'ailleurs à tout le monde.
Hermione profita qu'ils soient seuls dans l'ascenseur pour lui indiquer qu'elle n'avait trouvé aucune logique entre les tatouages et les victimes, et Harry lui assura qu'ils finiraient par tout comprendre. Il jeta cependant un œil au dossier rouge qu'Hermione avait toujours dans les mains et ils entrèrent chacun dans une cheminé différente pour rejoindre Saint-Mangouste.

Δ

- C'est la merde, souffla Pansy en passant la porte du grand château. On a blessé Drago !
- Si on ne lui avait pas lancé de sorts Potter et Weasley se seraient posés des questions, signala Théodore avec humeur.
- Astoria n'y est pas allée de main morte et elle l'a visé au visage ! Je suis sûr qu'elle la fait exprès pour se venger.
- Arrête de dire n'importe quoi, répondit-il. Et puis, je suis sûr que Drago approuvera totalement son geste et « T » aussi d'ailleurs. La vraie inquiétude que l'on devrait avoir, c'est par rapport à Denis ! Je vous rappelle qu'ils ont transplané avec lui !
- Drago est avec eux, fit Conor. Il va s'occuper de Denis.
- A part s'il est trop mal en point pour ça, dit Pansy.
Les trois sorciers déboulèrent dans la salle principale et tombèrent aussitôt sur Astoria et Daphné.
- Tu l'as fais exprès ! S'exclama Pansy en pointant sa baguette sous le nez d'Astoria dans un geste rapide.
- Arrête de dire n'importe quoi, siffla-t-elle en tentant de se donner une contenance.
- Menteuse ! Quand « T » saura ça, je t'assure que...
- Arrêtez ! S'exclama Conor en séparant les deux jeunes filles. On se bat pour la même cause alors stop.
Pansy baissa sa baguette et s'éloigna quelque peu d'Astoria, mais elles continuèrent de se fusiller du regard.
- Il faut que quelqu'un aille dire à « T » ce qu'il s'est passé, ajouta-t-il.
Personne ne bougea.
- Il va nous tuer... marmonna Daphné. C'est la première fois qu'on fait une erreur pareille. Denis a été récupéré, vous vous rendez-compte ?!
- Ca c'est à cause de toi, lui fit remarquer Pansy. C'est toi qui es intervenue, alors que si nous avions laissé les Aurors parler à Denis, tout se serait surement bien passé. Il leur aurait assuré que tout allait bien pour lui. Mais il a fallut que tu interviennes !
- Je pensais que nous aurions clairement le dessus ! Nous étions cinq contre trois !
- Ce qui est encore plus humiliant pour nous, lâcha Connor. Je vais aller faire le compte rendu à « T » vu que je suis le seul à avoir les idées claires sur ce qu'il s'est passé.

Le jeune sorcier s'écarta aussitôt du groupe et emprunta le long couloir menant à la seule et unique porte permettant de communiquer avec « T ». Le vieil homme du portrait le toisa durant quelques secondes, lui signala que « T » n'allait pas le recevoir, comme d'habitude, et lui ouvrit la porte.
Une fois à l'intérieur, Connor attrapa un parchemin et une plume et s'appliqua à écrire ce qu'il s'était passé noir sur blanc.

Nous avons laissé sortir Denis Crivey pour la première fois étant donné qu'il semblait prêt. Comme c'était sa première sortie nous avons été une équipe de cinq à le surveiller discrètement. J'étais accompagné de Nott, Parkinson et des deux sœurs Greengrass. Alors que Crivey marchait dans l'allée des embrumes, il est tombé sur trois Aurors : Potter, Weasley et Malefoy. Daphné est intervenu en pensant que nous allions aisément pouvoir gagner, étant cinq contre trois, surtout avec Malefoy en face. Cependant, ils ont réussi à transplaner avec Denis, et Malefoy a été blessé au visage par Astoria Greengrass.

Connor Brett

Coonor relu une dernière fois le parchemin en vérifiant qu'il n'avait rien oublié, puis le roula et le déposa sur le grand buffet prévu à cet effet.

Δ

- Tu n'as pas le droit d'entrer Hermione, signala Harry d'un air mal à l'aise une fois qu'ils furent enfin face à la porte de chambre de Denis Crivey. Seul un Auror y est autorisé.
Hermione acquiesça de mauvaise grâce et alla s'asseoir sur l'une des chaises du couloir. Elle savait que c'était aux Aurors de parler en premier aux victimes, même si elle s'était attendu à ce qu'Harry face une exception pour elle. Amis ou pas, Harry faisait apparemment preuve d'un grand professionnalisme, ce qui était loin d'être son cas. Elle n'avait en effet rien à faire ici, elle n'était pas censée s'occuper de ce genre de chose, elle était censée rester au ministère pour attendre qu'on lui rapporte les faits.
Les minutes s'écoulèrent lentement et elle finit par se lever de sa chaise. C'était trop bête d'attendre là à ne rien faire. Apparemment, Malefoy avait été admis à l'étage des brûlures et elle décida d'aller le voir.

Hermione frappa à la porte de sa chambre et malgré l'absence de réponse, elle se décida à entrer. Son cœur loupa un battement lorsqu'elle vit Malefoy allongé sur un lit, le visage complètement masqué par de nombreux bandages. Seules des ouvertures pour son nez et sa bouche avaient été prévues. Il avait vraiment l'air mal en point.
- C'est qui ? Demanda-t-il de mauvaise humeur. Je croyais que je n'allais pas être dérangé pendant au moins une heure ! Vous vous êtes trompés de diagnostic ? Vous êtes vraiment des incapables !
- Je ne suis pas... enfin... c'est...
- Granger ? S'exclama Drago en reconnaissant sa voix. Qu'est-ce que tu fous là ?
Oui, qu'est-ce qu'elle foutait là ? C'était vraiment une très bonne question. Une si bonne question à vrai dire, qu'elle ne savait pas quoi lui répondre.
- Je te manquais ? Où alors peut-être que tu as eu peur pour moi ? C'est tellement mignon de ta part, fit-il d'une voix moqueuse.
- C'est gentil d'avoir protégé Harry, lâcha-t-elle finalement en se rapprochant du lit.
- Je préfère te prévenir que si mon beau visage a des séquelles, je t'en tiendrais pour principale responsable.
- Quoi ? S'exclama Hermione en écarquillant les yeux.
- Tu es la raison à pratiquement tous mes problèmes ces derniers temps. Ma dispute avec Blaise, le fait que je ne puisse plus m'encadrer Astoria et je suis presque sûr que je me suis jeté devant Potter, parce que j'avais peur que tu m'accuses de ne pas l'avoir protégé.
- N'importe quoi !
- Oh que si... Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de notre inconscient. Mais je t'assure que si je me suis défiguré pour tes beaux yeux, cela va vraiment m'énerver, dit-il d'une voix grinçante.
- Tu t'es jeté devant Potter parce que tu es un Auror et Harry t'en es très reconnaissant.
- Et toi ? Tu m'en es reconnaissante aussi ?
- C'était quoi cette histoire chez Blaise ? Demanda-t-elle en ignorant sa question.
- Ah c'est donc ça, la réelle raison de ta venue ici, dit-il dans un ricanement. Qu'est-ce que tu veux que je te dise Granger ?
- Ce que tu manigances !
- Je me suis juste dis que je voulais gagner à la loyale.
- Gagner quoi ? Insista Hermione en levant les yeux au ciel.
- Te gagner, toi.
La réponse de Drago fut accueillit par un silence de mort.
- Je vais être très sincère avec toi Granger, au début je voulais juste te séparer de Blaise parce que savoir qu'il était avec toi m'exaspérait au plus haut point, mais en fait je me suis rendue compte que ce serait bien mieux si tu étais avec moi, même si ça ne me plait pas trop de l'avouer. Donc, j'ai préféré me disputer avec Blaise, encaisser le fait que je n'avais même plus envie de coucher avec Astoria et essayer de t'avoir loyalement.
- Arrête Malefoy.
- Si tu mets la main sur du véritaserum, je serais ravie de le boire Granger, dit-il d'une voix sérieuse. Tu n'as parlé à personne de ce qu'il s'est passé dans la ruelle n'est-ce pas ? Enchaina-t-il. C'est parce que tu avais envie de moi et que tu as honte de ce que tu as ressentis.
- Je n'avais pas envie de toi Malefoy.
- Bon d'accord, on ne peut certainement pas encore aller jusque là, mais tu ne peux pas nier l'attirance que nous avions l'un pour l'autre ce soir-là. On se déteste tellement qu'on est fait pour s'entendre Granger.
Hermione avala difficilement sa salive, tout en remerciant Merlin pour le bandage sur les yeux de Malefoy. La dernière chose dont elle avait besoin, c'était qu'il voit son visage se décomposer, parce que sa dernière phrase était exactement ce que Blaise lui avait dit un jour. Qu'elle et Malefoy mettaient tellement de force à se détester qu'il ne serait pas étonné qu'ils se mettent à bien s'entendre finalement.
- Nous sommes faits pour nous accorder dans tous les aspects de notre personnalité. Nous sommes intelligent, passionnés, tenaces, sérieux quand il le faut et...
- Arrête, le coupa Hermione d'une voix tranchante. Tu es complètement malade hein ! Si tu crois que...
- Ah tu es là ! S'exclama Harry en ouvrant brusquement la porte de la chambre.
- Qui est-ce ? S'enquit Drago d'une voix profondément agacé.
- C'est Harry, répondit l'intéressé.
- Je vous laisse, je t'attends dans le couloir, lança Hermione à son meilleur ami avant de sortir de la chambre.

Hermione n'eut pas à attendre bien longtemps seule à l'extérieur car Harry ressortit de la chambre de Drago à peine dix minutes plus tard.
- C'était rapide, commenta-t-elle.
- Il a besoin de se reposer. Je l'ai juste remercié pour son geste et expliqué ce qu'avait dit Denis Crivey
- Et donc ? Insista Hermione à voix basse.
Harry jeta des coups d'œil aux alentours et il fit signe à Hermione de le suivre en direction des ascenseurs.
- Et donc rien, dit-il tout en marchant. Il assure qu'il ne lui ait rien arrivé.
- Mais il venait de finir Poudard, insista Hermione. Il devait entamer des études en potion avancée et...
- Je sais tout ça, la coupa Harry. Il m'a juste dit qu'il avait voulu prendre une année pour réfléchir à son avenir, qu'il en avait marre d'avoir ses parents sur le dos et que cela ne l'étonnait pas qu'ils aient eu peur lorsqu'il était partit et qu'ils l'aient déclaré disparu.
- Et tu le crois ? Demanda Hermione effarée.
- Bien sûr que non, surtout après avoir vu ces sorciers avec des masques se jeter sur nous dans l'allée des embrumes.
- C'était quel genre de masques ? Pas des masques de mangemort n'est-ce pas ? Demanda Hermione d'une voix tremblante.
- Non. C'était des masques complètement blancs, sans expressions, juste des ronds noirs pour les yeux. Je n'en avais encore jamais vu, à moins que...
- A moins que quoi ?
- Tu sais le jour où Elena Rosier s'est fait tuer ici, j'ai poursuivis un homme que je trouvais louche. Je n'ai pas vu son visage et il a transplané avant que je le rattrape, mais je trouvais que les rayons du soleil l'éclairaient particulièrement au niveau du visage. Je pourrais parier qu'il portait ce masque !
- Mais tu n'en ais pas sûr...
- Non... Mais dans tous les cas, je pense que Denis Crivey se cachaient d'eux. C'est surement pour ça qu'il a quitté son domicile et qu'il n'a pas entamé ses études. Quand je lui parlais il ressemblait à quelqu'un qui avait préparé à l'avance ce qu'il pourrait me dire et...
Harry ne termina pas sa phrase. Astoria Greengrass venait de débouler à l'angle d'un couloir et marchait d'une démarche assurée en direction de la chambre de Drago. Harry la salua d'un bref mouvement de tête mais Hermione fut loin d'adopter le même comportement.
- Cela m'étonnerait qu'il veuille te voir, lui lâcha-t-elle au moment où Astoria les dépassa.
Celle-ci l'ignora superbement pendant qu'Harry se retournait vers sa meilleure amie.
- Qu'est-ce qui te prend ? Lui demanda-t-il surpris.
- Malefoy m'a dit qu'il n'était plus avec elle.
- Il t'a raconté ça à toi ? S'enquit-il d'un air septique.
- C'est venu dans la conversation.
Harry haussa les sourcils.
- Pourquoi tu es allée le voir d'ailleurs ? Enchaina-t-il.
- Pour le remercier pour son geste durant l'attaque. Je l'ai mal jugé, c'est vraiment un Auror.
Harry sembla content de sa réponse et ils sortirent de Saint-Mangouste pour rejoindre le ministère.

Δ

Lorsqu'Astoria poussa la porte de la chambre de Drago, elle retint un hoquet effrayé en découvrant son visage complètement ensevelit sous des bandages.
- Par Merlin... Souffla-t-elle. Tu sais que je ne voulais pas te causer du tord.
- Tu m'as anéantit le visage, lui lança Drago avec mauvaise humeur, en reconnaissant sa voix.
- J'étais obligée de m'en prendre à toi, l'un de nous était obligé de le faire, tu le sais bien.
- Tu n'étais pas obligée de viser le visage !
- Je suis désolée...
- Tu es peut-être désolée maintenant, mais sur le moment tu étais très contente au fond de moi de m'avoir atteint et ne le nie pas.
- Oui, je l'avoue, avoua Astoria la mort dans l'âme. Je t'en voulais pour ce matin, mais je... je m'excuse. Je t'aimerais toujours, quelques soient les séquelles que tu vas avoir.
- Nous ne sommes pas ensemble Astoria et nous ne le serons jamais, répliqua-t-il avec dureté. Qu'est-ce que tu fiches ici d'ailleurs ? Je ne veux pas de toi dans ma chambre !
- Tu peux raconter ça à qui te veux, comme cette Granger, mais tu n'as pas besoin de me mentir à moi. Je sais que tu m'aimes et...
- Arrête ! S'écria-t-il en se redressant brusquement dans son lit. Je ne t'aime pas, je ne t'ai jamais aimé et je ne t'aimerais jamais. Si tu n'arrives pas à l'encaisser j'en réfèrerais à « T » sitôt sortit d'ici ! Et pourquoi tu me parles de Granger ?
- Je l'ai croisé dans le couloir et elle m'a dit que tu n'aurais pas envie de me voir. Si tu avais vu le regard satisfait de cette garce...
- Sors Astoria, la coupa Drago.
- Il faut qu'on parle Drago...
- Sors, insista-t-il. Et si tu m'emmerdes encore une fois, je parle à « T » de tes sentiments pour moi, je n'hésiterais pas une seconde. Maintenant, sors.
Astoria ne bougea pas.
- SORT ! Hurla-t-il.
Cette fois-ci il entendit la porte s'ouvrir, puis claquer bruyamment. Il attendit quelques minutes pour s'assurer qu'Astoria ne reviendrait pas sur ses pas et il descendit de son lit. Il marcha jusqu'à la petite salle de bain de sa chambre et s'avança jusqu'au miroir au dessus du lavabo. Il entreprit alors de retirer tous les bandages recouvrant son beau et magnifique visage totalement intact.
- Drago tu es là ? C'est Pansy !
- Je suis dans la salle de bain, répondit-il en se passant de l'eau sur le visage.
Sa meilleure amie passa la tête dans l'encadrement de la porte, la mine inquiète.
- Mais tu n'as rien ! S'exclama-t-elle surprise. Je viens de croiser Astoria qui était furieuse et à la fois affolée d'avoir pu te défigurer.
Drago laissa échapper un ricanement.
- Mais non je n'ai rien, comme tu vois. Il fallait juste que j'exagère les faits pour que Potter soit persuadé que je m'étais héroïquement jeté devant lui. Même Granger l'a cru, ajouta-t-il d'un air satisfait.
- Encore elle ! S'exclama Pansy en levant les yeux au ciel.
- Oh arrête c'est bon, de toute façon c'était surtout pour être près de Crivey. S'il avait parlé, j'aurais rapidement pu le tuer, mais Potter m'a assuré qu'il n'avait rien dit.
- Parfait, répliqua Pansy satisfaite.
Drago n'ajouta rien et contempla une nouvelle fois son reflet dans le miroir. Granger était venu le voir dans sa chambre. Mieux, elle avait rabaissé Astoria dans le couloir, comme n'importe quelle fille jalouse l'aurait fait. Sa petite mascarade avait marché au-delà de ses espoirs et il ne put s'empêcher de sourire. Non seulement Crivey avait tenu sa langue, mais en plus Potter lui faisait encore plus confiance qu'avant. Le bonus était que c'était aussi en train de devenir le cas de Granger. C'était parfait ! En revanche, la présence de la jeune fille à Saint-Mangouste soulevait des doutes en lui. Qu'était-elle venue faire là ? Il ne pouvait pas admettre qu'elle était venue juste pour lui, surtout avec Potter à ses côtés. Il devait y avoir une autre raison à sa présence à Saint-Mangouste. S'intéressait-elle au cas de Crivey ? Pourtant ce n'était pas son travail, c'était celui des Aurors ! Quoi que... Granger, n'avait jamais cessé de mettre son nez de partout et ce, depuis toujours.
- Qu'est-ce qu'il y a ? S'enquit Pansy en voyant Drago froncer les sourcils.
- Rien, je suis fatigué.
Il n'était pas question de faire par de ses soupçons à Pansy. Il n'était pas question de mettre Granger en danger de quelque manière qu'il soit. Il allait s'occuper de cela tout seul et régler le problème si nécessaire.

Δ

Harry et Hermione s'étaient installés dans le bureau de cette dernière, étant donné qu'il était tout à eux pendant deux jours pour travailler discrètement sur les fameux dossiers rouges.
- Ce qu'on peut être stupides ! S'exclama Hermione en se frappa soudain le front. On aurait du vérifier si Crivey avait le tatouage sous le pied ! C'est un enfant de moldu, mais nos recherches nous ont bien prouvé qu'il n'y avait pas différences entre les différents statuts de sorciers.
- J'ai pensé à vérifier, lui répondit Harry.
- Et alors ?
- Alors je n'ai rien pu voir.
- Mais enfin Harry, tu aurais dû lui faire croire que tu avais besoin d'évaluer son état pour...
- C'est ce que j'ai fais, répliqua-t-il, mais il avait un bandage à la cheville.
- Comme c'est malin tiens ! S'exclama Hermione. Tu ne trouves pas cela étrange ?
- C'est peut-être juste une coïncidence, mais je suis d'accord qu'il y a de quoi se poser des questions. Quand il sera soigné je demanderais à voir son pied. D'ailleurs on pourrait demander à tous les sorciers de se faire référencer au niveau des tatouages. De cette manière nous aurions la liste de tous ceux qui ont un triangle sous le talon, déclara Harry.
Hermione secoua la tête d'un air désolé.
- Cela ressemble à aux manœuvres d'une dictature Harry, nous n'avons pas le droit de demander ce genre de chose à qui que ce soit. C'est comme fouiller la maison d'un sorcier, il nous faut un mandat de perquisition. Il n'y avait qu'à l'hôpital qu'on avait la possibilité de voir son pied. Il y a forcément un lien qui uni toutes les personnes avec es tatouages et il faut le trouver !
- On n'avancera pas assez vite à deux Hermione, il nous faut de l'aide supplémentaire.
- Non Harry. J'avais déjà l'interdiction formelle d'en parler à qui que ce soit. Je devais enquêter seule à ce sujet. Si Becker venait à savoir que je t'en ai parlé, je peux te parier que je serais virée dans l'heure. Donc pour la dernière fois, cela reste entre nous.