Δ Chapitre 11 : La suite secrète

Je ne savais pas ce qui m'avait pris de ressortir de chez moi... Après tout, ce n'était pas de cette manière que j'allais arranger les choses avec Blaise, mais il fallait que je voie Malefoy. Je le sentais au plus profond de moi. Il fallait que je le fasse parler par n'importe quel moyen. J'avais trop de soupçons à son encontre pour continuer de fermer les yeux. Il y avait quelque chose de louche avec lui. Evidemment, je ne connaissais ni son adresse, ni les lieux qu'il avait l'habitude de fréquenter. Je me rendis donc au seul endroit où il m'avait été donné de le voir, le fameux bar miteux et mal famé. Cela avait été particulièrement étrange de le croiser en ce lieu et la seule explication logique que j'y trouvais, était une fois de plus, qu'il trempait dans des affaires louches. Jamais le grand Malefoy ne se serait abaissé à fréquenter ce genre d'endroit d'ordinaire, il y avait forcément une explication. Et j'espérais vraiment que l'explication en question l'amenait à souvent venir ici. Il fallait que je le voie. Je finis par pousser la lourde et poussiéreuse porte en bois du bar et entrai pour m'installer à une table vide. Je me donnais une heure. Une heure pour tomber sur Malefoy. Après ça, je rentrerais chez moi.

Pour ne pas complètement perdre mon temps, je nettoyai la table d'un rapide coup de baguette et sortis mes dossiers du ministère. J'allais m'avancer dans mon travail.
Je venais d'entamer la lecture d'un résumé d'enquête lorsque je vis, à moitié cachée au milieu de mes dossiers, une petite enveloppe similaire à celle que j'avais reçue la semaine précédente. Je la fixai pendant de longues secondes, le cœur battant, avant de l'attraper. Que faisait-elle au milieu de mon travail ? Depuis quand était-elle là ? Après de nouvelles secondes d'hébétude, je finis par l'ouvrir et y découvris un mot, presque aussi court que la fois précédente.

De quoi sont composées les pointes du triangle ?

Par Merlin ! Mais que voulait dire ce nouveau message ? Voilà qu'on me faisait parvenir des devinettes à présent. Qu'entendait l'expéditeur du mot par les pointes du triangle ? Les pointes étaient des angles, d'accord... mais et alors ? Je dessinai plusieurs fois le triangle que j'avais vu tatoué, sur un morceau de parchemin vierge et les observai avec attention. Le tatouage représentait un triangle équilatéral, ce qui voulait dire que les angles étaient tous trois égales 60°. Mais était-ce vraiment ça que je devais comprendre ? Et pour quelles raisons ? Non cela ne pouvait pas être en lien avec les angles... Ce n'était pas le genre de chose qu'apprenait un sorcier... A moins que l'auteur de ces lettres ne soit issu de parents moldus ou qu'il ait vécu comme un moldu durant une partie de sa vie. Dans tous les cas, cela ne pouvait pas être un sorcier de sang pur. A moins, que tout cela n'est absolument rien avoir avec le degré des angles du triangle...
- Granger, Granger, Granger... Je vais finir par croire que tu as aimé notre rendez-vous de la dernière fois.
Je me figeai en sentant le souffle chaud de Malefoy contre ma nuque. Reprenant mes esprits, je froissai aussitôt la lettre dans ma main, pour en cacher le contenu à Malefoy, tandis qu'il faisait le tour de la table pour tirer la chaise en face de moi et s'y asseoir.

Nous nous contemplâmes dans un silence total. Son regard était une nouvelle fois indéchiffrable, comme s'il essayait de sonder mon esprit sans pour autant que je ne ressente la moindre intrusion. Son regard pénétrant ne me quittait pas. Ses yeux d'acier étaient envoutants d'une certaine manière. Il continua de me fixer, comme si cet échange silencieux ne le gênait pas le moins du monde, alors que moi, il me paralysait étrangement.
Il était là. Il était venu et pourtant, je ne savais plus quoi lui dire à présent. C'était comme si toute ma bonne volonté en sortant de chez moi, s'était évaporée à son apparition.
- Tu as une passion pour les triangles ? Demanda-t-il finalement, sans me quitter des yeux.
Je baissai mon regard sur la table et tombai sur le morceau de parchemin sur lequel j'avais dessiné plusieurs triangles équilatéraux. Mentionnait-il les fameux « triangles » lourds de sens ou faisait-il simplement la conversation ? En tout cas, ses yeux ne trahissaient aucune de ses pensées et cela me déstabilisa encore plus. Depuis qu'il s'était assis, il n'avait pas quitté mon regard. Il avait donc vu les triangles avant. Avait-il également vu le mot que je tenais toujours froissé dans ma main droite ? Comment pouvait-il être aussi calme alors que j'avais l'impression qu'une étrange tension s'était insinuée à notre table ? C'était comme si plus rien n'existait à part lui et moi. Je n'entendais même plus le brouhaha de la salle, pourtant pleine. Je me raclai discrètement la gorge pour tenter de me donner une contenance, mais cela ne servit pas à grand chose.
- Tu voulais me parler ? S'enquit-il en entrelaçant les doigts de ses deux mains, avant de les poser sur la table.
- Comment as-tu su que j'étais ici ? Demandai-je.
- Le seul point important est que tu souhaitais me voir et que j'ai accédé à ta requête. Alors ? Que veux-tu ?
- Pourquoi m'as-tu rejoins ?
- Pourquoi voulais-tu me voir ? Insista-t-il.
Nous nous défiâmes du regard pendant quelques secondes.
- Je pense que tu le sais, finis-je par dire, en espérant qu'il se livre de lui-même.
- Ah bon ? S'étonna-t-il en esquissant un léger sourire.
Je ne répondis pas, me contentant d'essayer de déchiffrer son étrange comportement.
- Je te mets mal à l'aise ? M'interrogea-t-il en reprenant son sérieux.
- Non.
- Je te fais peur ?
Je secouai la tête, pour seule réponse.
- Je t'attire ?
Il ne me laissa pas le temps de répondre et enchaina sur une autre question.
- Je t'intrigue peut-être ?
Cette fois, je laissai échapper un petit rire, totalement dénué d'humour.
- Tu peux rire Granger, mais je pense que c'est un mélange des quatre. Un très beau mélange qui crée toute cette tension entre nous deux. Tu la sens n'est-ce pas ? J'adore la tension. Autant que la passion je crois. C'est ce qui fait que nous nous sentons vivant.
- Greengrass est encore passée chez moi tout à l'heure pour parler à Blaise, lançai-je, pour rapidement changer de sujet.
Malefoy fronça les sourcils.
- A quoi a encore joué cette idiote ? Demanda-t-il d'une voix grinçante.
Je fus surprise par le ton qu'il employait. N'était-il pas sensé être en couple avec elle ? Plus ou moins en couple ?
- Je suis sûr que c'est toi qui lui as demandé de s'immiscer une nouvelle fois dans mon couple.
- Non, absolument pas, dit-il en secouant la tête. Qu'a-t-elle dit ?
J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sortit. Je ne pouvais tout de même pas lui dire que... Non... Malefoy allait profiter de...
- Je t'écoute Granger, insista-t-il dans un soupire d'impatience.
- Elle est venu dire à Blaise que je m'intéressais à toi et que je voulais prendre sa place, avouai-je alors.
Je m'étais attendu à ce que Malefoy rit, profite de la situation, mais au lieu de ça, il fronça les sourcils.
- Greengrass n'est rien pour moi. Elle le sait au fond d'elle, mais elle ne veut pas l'admettre. Et de toute façon, elle est à des lieux de saisir ce qu'il se passe entre toi et moi.
Je laissai échapper un petit rire moqueur. Malefoy y répondit par un regard insistant.
- Bien, si tu es plus à l'aise en faisant semblant de ne rien remarquer, libre à toi.
- C'est toi qui as défiguré Greengrass ? Demandai-je dans le but, une nouvelle fois, de changer de sujet.
- Tu as une bien piètre opinion de moi dit-donc, lâcha-t-il d'un air faussement déçu.
Je lui adressai un regard insistant, mais il resta silencieux. Il semblait même réfléchir. Tant d'hésitation de sa part voulait certainement dire que j'avais touché un point important.
- On va jouer à un petit jeu.
- Bah voyons !
Il arqua les sourcils et me dévisagea comme si j'étais une élève insolente.
- Très bien, fit-il reculant sa chaise qui racla contre le sol, pour se lever.
- Tu pars ? Demandai-je incapable de masquer ma déception.
- Je veux bien t'aider à me poser les questions que tu n'oses visiblement pas formuler, mais en échange je veux faire un jeu.
Nous nous défiâmes du regard et je finis pas céder, d'un bref hochement de tête. Malefoy ne se rassit cependant pas sur sa chaise.
- Pas ici, expliqua-t-il. Suis-moi.
Il n'attendit pas que je réponde et se dirigea vers le comptoir du bar. Je rangeai mes dossiers dans mon sac, ainsi que la lettre froissée et m'avançai jusqu'à lui. Il s'était arrêté face à un mur particulièrement sale de la salle et je lui adressai un regard interrogateur.
- Tu me fais confiance ? Me demanda-t-il.
- Non, pas vraiment Malefoy.
Ma réponse le fit sourire et il traversa le mur sans qu'aucun des sorciers présents ne semble le remarquer. Quant à moi, je restai totalement immobile. Et si c'était un piège ? Après tout, il s'agissait de Malefoy et il était plus sombre et plus étrange que ce que j'avais connu de lui à Poudlard. Pourtant, ma curiosité semblait peu à peu prendre le dessus. Et bien que ma conscience me hurlait de rentrer chez moi, je traversai à mon tour le mur.

J'arrivai dans une chambre immense et tout bonnement luxueuse. Ce n'est pas à proprement parler une chambre. Cela ressemblait plus à une suite. Il y avait un grand lit au fond de la pièce, mais également un salon assez vaste et une salle de bain totalement ouverte. Les murs étaient fais de sombres boiseries et l'éclairage tamisé donnait à la pièce une ambiance chaleureuse et inquiétante à la fois. Je fus surprise de constater qu'il n'y avait cependant pas la moindre fenêtre et qu'il n'y avait qu'une petite porte près du coin salle de bain. Malefoy qui s'était accoudé à l'un de ses meubles en bois massif suivait avec attention mon inspection de la pièce.
- C'est la porte des toilettes, au cas où tu te poserais la question, signala-t-il sur le ton de la conversation.
- Il n'y a pas de porte pour sortir ? Demandai-je surprise.
- Non. J'entre par où je veux.
- Et si je veux sortir ? Demandai-je le cœur battant.
- Il te suffit de me le demander.
Je me tendis aussitôt.
- Rassures-toi, je te ferais sortir dès que tu le voudras. Tu comptes rester debout ou aller t'assoir ? Ajouta-t-il en me désignant le salon du regard.
Je ne bougeai pas, totalement paralysée. J'avais l'impression d'avoir fait une grossière erreur en le suivant ici et j'étais persuadée, bien qu'il affirme le contraire, qu'il ne me laisserait pas partir aussi facilement. Mon comportement était typiquement celui d'une victime qui attendait son heure. La victime que j'étais savait qu'elle était en danger et pourtant, elle restait là, avec le mince espoir que tout allait bien se passer.
- Bien, restons debout. C'est si confortable, dit-il avec exagération.
Un nouveau silence s'insinua entre nous. Une fois de plus, cela ne semblait pas le gêner, alors que moi, cela me mettait particulièrement mal à l'aise.
- C'est quoi ton jeu ? Demandai-je en tentant de masquer mon anxiété.
- On va affirmer quelque chose et l'autre devra seulement dire si c'est vrai ou faux. On a le droit de mentir.
- Quel est l'intérêt ? Demandai-je ébahit par la stupidité de telles règles.
Malefoy sortit brusquement sa baguette et j'eus un mouvement de recul.
- On a le droit à cinq questions chacun, avec seulement 3 possibilités de mentir aux questions de l'autre. Tends ton bras.
- Pour quoi faire ? Demandai-je sur la défensive.
- Pour sceller le jeu. Cela empêche de mentir une quatrième fois.
- Et de quelle manière cela empêche de mentir ? Insistai-je.
- Ca, j'espère que tu ne le sauras jamais. Je n'aime pas les tricheurs. Ton bras, insista-t-il avec dureté.
J'étais piégée, totalement piégée et le seul moyen de m'en sortir était de gagner ce petit jeu. Après tout, j'avais trois chances de mentir, il n'était donc pas totalement exclu que je puisse m'en tirer. Je tendis alors mon bras dans sa direction. Il attrapa ma main dans la sienne et de sa main libre, il lança un sort sur nos deux mains unifiées. Je ressentis une petite décharge électrique désagréable et il retira sa main. Il s'éloigna de quelques mètres et s'appuya de nouveau sur son meuble.
- Tu veux commencer ? Demanda-t-il avec une politesse feinte.
- Non.
- Parfait. Pour les règles, il suffit que tu formules ton affirmation et que tu enchaines par « vrai » ou « faux ». Alors... fit-il en faisant mine de réfléchir. Tu as hésité avant de me suivre ici. Vrai ou faux ?
- Vrai, répondis-je surprise par l'innocence de sa question.
- Je sais, signala-t-il. Tu as mis exactement vingt secondes pour traverser le mur. Je t'avoue que si tu avais mis cinq secondes de plus, je serais allé te chercher par la force. Je déteste attendre.
La dureté de sa voix me coupa le souffle.
- A toi, poursuivit-il comme s'il ne se rendait pas compte de l'effet qu'il avait sur moi.
Il fallait que je réfléchisse. Il fallait absolument que je tire partie de ce jeu et pour ça, il fallait que je force Malefoy à mentir trois fois, afin d'être certaine de la véracité de ses autres réponses. Cependant, Malefoy semblait habitué à jouer à ce genre de jeu, alors pourquoi avait-il choisis de me poser une première question aussi anodine ? Quelle était sa tactique ? Elle était forcément bonne puisque il connaissait le jeu et que c'était lui qui était à l'initiative de tout ça. Il y avait donc forcément une bonne raison à sa question.
- Je n'ai pas toute la nuit, me pressa-t-il.
Il fallait que je reste sur mon plan d'origine pour plus de sécurité, en le forçant à mentir trois fois. Mais que pouvais-je lui demander en sachant pertinemment qu'il cacherait la vérité.
- Ce n'est qu'un jeu Granger, détends-toi, déclara-t-il en m'adressant un regard profondément ennuyé.
J'avais trouvé ! J'étais pratiquement certaine que Malefoy avait aussi bien vu le mot que j'avais caché, que les triangles que j'avais dessiné sur mon parchemin. Et il allait certainement vouloir garder cette information secrète.
- Tu as vu ce que j'ai caché à ton arrivé dans le bar. Vrai ou faux ? Demandai-je.
Malefoy s'éloigna de moi, s'avança vers son bar à l'autre bout de la pièce et entreprit de se verser un verre de whisky pur feu. Il me demanda si j'en voulais un d'un simple signe de tête, mais je refusai sa proposition. S'il ne répondait pas tout de suite, c'était que ma question le mettait mal à l'aise, pourtant quand il revint dans ma direction, son visage ne trahissait aucune expression.
- Vrai, lâcha-t-il.
J'étais totalement stupéfaite. Il n'avait pas mentit ! Où alors peut-être que je n'avais pas été assez précise dans ma question. Peut-être que j'avais caché autre chose sans m'en rendre compte ? Non. Je n'avais caché qu'une chose, la lettre que j'avais reçue et Malefoy avait étrangement décidé de ne pas mentir à ce sujet.
- A moi, dit-il en avalant une large gorgée de son whisky. Je t'attire. Vrai ou faux ?
Etait-il sérieux ? N'avait-il pas d'autres choses plus importantes à me demander ?
- Faux, répondis-je en me retenant de lever les yeux au ciel.
Il m'adressa un regard entendu et réprobateur. Comme s'il m'accusait silencieusement de mentir. Mais il se trompait, je n'étais absolument pas attirée par lui et il était bien stupide de croire que j'avais déjà mentis une fois. Mais au moins, cela me donnait l'avantage. Je ne fis donc aucun commentaire. C'était à présent à moi de poser une question et malheureusement je n'avais pas la moindre idée de sujet sur lequel Malefoy pourrait être amené à mentir. Vraiment aucune idée. Dans ce cas, peut-être que je pouvais tenter le tout pour le tout en lui posant des questions dont les réponses m'intéressaient réellement. Après tout, qu'est-ce que je risquais de mon côté ? Il m'avait posé deux questions totalement stupides aux quelles j'avais répondu la vérité et je pouvais donc mentir aux trois suivantes.
- Au ministère tu t'es disputé avec Astoria Greengrass à propos de quelque chose que vous vouliez garder secret. Vrai ou faux ? Demandai-je.
- Vrai.
Par Merlin ! Il avouait encore ! C'était à peine croyable. A moins qu'il mente... Non, j'étais certaine qu'il disait la vérité. Sa réponse avait été trop rapide.
- Tu as aimé le moment où je t'ai coincé dans la ruelle devant le bar. Vrai ou faux ? Demanda-t-il.
- Faux.
- Et un deuxième mensonge, se contenta-t-il de répondre.
J'avais tellement de questions à lui poser sur mon enquête, sur les masques blancs, sur les meurtres et disparitions et pourtant, je ne pouvais finalement pas poser une seule de ces questions sans lui mettre la puce à l'oreille. Il ne fallait pas que j'oublie d'être discrète. Soudain, j'eu l'impression que le ciel s'abattait sur ma tête. J'avais échoué ! Je lui avais posé deux questions auxquelles il avait répondu la vérité. Il pouvait donc mentir aux trois autres. Je m'étais fait avoir !
- Tu es Auror. Vrai ou faux ? Demandai-je alors d'un air blasé.
Cette fois, Malefoy fronça les sourcils.
- Vrai. Donc tu abandonnes ? Ajouta-t-il. Au moins, tu as conscience d'avoir perdu en beauté. Tu préfères être ici avec moi, plutôt qu'avec Blaise. Vrai ou faux ?
- Faux, répliquai-je en roulant des yeux. Je te ferais remarquer que tu n'as pas gagné non plus. Tu es de sexe masculin. Vrai ou aux ? Enchainai-je.
- Vrai, répondit Malefoy. Tu es douée d'une grande observation Granger !
Il but une nouvelle gorgée de son verre et fit un pas dans ma direction, d'un air victorieux. De mon côté, je ne bougeai pas, me contenant de l'observer d'un air soupçonneux. Dans tous les cas, il avait aussi perdu. Je ne voyais pas ce qui pouvait le mettre d'aussi bonne humeur.
- Je représente le danger et tu adores ça ? Vrai ou faux ?
- Faux, répliquai-je en me retenant de lever les yeux au ciel.
Je reçu soudain une puissante et douloureuse décharge électrique dans tout le corps et un cri s'échappa de ma gorge. Une fois la douleur passée, je relevai les yeux vers Malefoy.
- Tu as mentis quatre fois, déclara-t-il. Quatre fois. Je ne pensais pas que cela marcherait avec toi Granger. Je pensais vraiment que tu étais plus intelligente que ça...
Mon visage se décomposa.
- Tu n'as pas mentis à la première question et tu viens de recevoir une décharge, expliqua-t-il. Ce qui veut dire que tu as mentis quatre fois. Tu as donc mentis lorsque tu as dis ne pas être attirée par moi, tu as mentis quand tu as dis que tu n'avais pas aimé notre super moment dans la ruelle, tu as encore mentis lorsque tu as dis que tu préférerais être avec Blaise plutôt qu'ici avec moi et tu as aussi mentis lorsque tu as démentis le fais que je représentais le danger et que tu adorais ça.
J'accueillis sa déclaration dans un silence de mort.
- Ton jeu est truqué. Vrai ou faux ? Demandai-je en me souvenant qu'il me restait une dernière question.
- Faux.
- Oui évidement... Tu peux mentir...
Malefoy fronça les sourcils et se rapprocha encore de moi.
- Je n'ai pas mentis une seule fois durant le jeu, je peux te l'assurer. Mais au final, ma victoire est presque aussi décevante que ta défaite. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu étais persuadée de ne pas me mentir en répondant à mes questions, dit-il d'un ton froid. Tu n'as même pas conscience de ce que tu ressens en ma présence.
Malefoy mit fin à la distance qui nous séparait et m'attrapa fermement le bas du visage d'une main, me forçant ainsi à plonger mon regard dans le sien.
- AïïïE... lâche-moi Malefoy...
- Bon sang ! Réveille-toi Granger ! Nous avons beaucoup trop en commun, pour nous montrer indifférent l'un envers l'autre !
J'émis un couinement de douleur et Malefoy retira aussitôt sa main.
- Désolée, fit-il d'une voix sèche en se détournant de moi, tandis que je me massais douloureusement la mâchoire. Je ne voulais pas te faire mal.
Il marcha jusqu'au meuble où il avait laissé son verre et le vida d'un trait. Quant à moi, je restai totalement immobile et perdu. M'étais-je réellement pris une décharge parce que j'avais mentis quatre fois, où était-ce une nouvelle manipulation de la part de Malefoy ? Bon certes, il y avait au moins une question où j'avais à présent conscience d'avoir mentis. Cela concernait le fait que je préférais être là plutôt qu'avec Blaise. Mais dans le fond, j'aurais préféré être n'importe où plutôt qu'avec lui. Mais en ce qui concernait mes autres réponses... Etais-je attirée par le danger que représentait Malefoy ? Après tout, je l'avais bien suivi jusqu'ici tout en ressentant de la peur, non ? Mais cela ne voulait pas pour autant dire que j'étais attirée par lui, n'est-ce pas ? Je portai ma main contre ma bouche, comme choquée par mes propres pensées. Ce n'était pas possible... J'aimais Blaise, je n'étais attirée que par lui. Malgré le fait que je lui en voulais ces derniers temps, je l'aimais. Malefoy ne m'attirait pas ! Et si mon autre mensonge n'était pas mon attirance pour lui, mais mon hésitation à le rejoindre ? Peut-être qu'en fin de compte je n'avais pas réellement hésité ? Peut-être qu'au fond de moi, j'avais su dès le départ que je passerais à travers ce mur... Mais alors, cela voulait dire que j'avais aimé le moment dans la ruelle ?
J'avais l'impression que mon visage s'affaissait de plus en plus, comme s'il allait couler et tomber sur le parquet parfaitement ciré de la grande chambre.
- Laisse-moi sortir.
Malefoy se retourna vers moi, agita sa baguette magique en direction du mur sur ma gauche et me le désigna d'un signe du menton.
- Tu peux passer.
Je fis quelques pas et avançai mon bras jusqu'au mur, qui en effet, le traversa. Cependant, mes pieds ne bougèrent pas et je me contentai de fixer le mur d'un air hésitant. Je devais avoir l'air parfaitement idiote, debout face à ce grand mur vide, mais pourtant, je ne parvenais pas à avancer davantage. J'entendis des pas se rapprocher et s'immobiliser juste derrière moi.
- Tu peux sortir Granger, me souffla-t-il à l'oreille. Tu n'es pas ma prisonnière tu sais.
- Où est-ce qu'on est ici ? Demandai-je.
- Chez moi.
- Tu n'as plus d'argent...
- Tu crois ?
- Mais dans ce cas, pour...
- Arrête de poser des questions stupides Granger, me coupa-t-il d'une voix dure. Tout ce que tu essayes de faire, c'est de gagner du temps. Tu en as conscience cette fois ?
Je ne répondis pas, totalement paralysée. Etait-ce vrai ? Etait-ce ce que j'étais en train de faire ? Oui sûrement. Pourtant, j'avais tellement de vraies questions à lui poser... Il avait vu le contenu de ma lettre et il avait avoué avoir eu une conversation avec Greengrass qu'il souhaitait garder secrète. Et s'il mouillait réellement dans quelque chose de louche ? Et s'il était en lien avec les sorciers aux masques blancs ? Etait-il l'un d'entre eux ? Non, c'était impossible. Malefoy était un Auror et Harry, qui s'était toujours méfié de lui à Poudlard, avait finit par lui faire totalement confiance. Je retirai mon bras qui passait à travers le mur, pour le laisser retomber lourdement le long de mon corps. Je vis alors une sorte de voile presque transparent recouvrir le mur et je sus que le passage venait de se refermer.
J'étais en train de soupçonner Malefoy de quelque chose de grave, mais je restais tout de même. Que m'arrivait-il ? Etais-je à ce point attirée par le danger ? Etais-je à ce point folle et dénuée de tout instinct de survie ? Et si tout, depuis le début n'avait été qu'un piège ? Pourtant, il venait de me laisser l'occasion de partir...
Je me retournai soudain pour lui faire face. Son regard était dur et la peur m'assaillit de nouveau. Je reculai de quelques pas pour mettre de la distance entre nous et m'appuyai dos au mur. Malefoy ne bougea pas, se contentant de poser l'une de ses mains, en appuie contre le mur, juste à coté de ma tête.
- Tu es sorcière forte et intelligente Granger. Tu as besoin de passion dans ta vie. Tu as soif d'action et de folie. Tu finiras par t'ennuyer avec Blaise, si ce n'est pas déjà le cas. Ce n'est pas d'un gentil garçon dont tu as besoin, mais de quelqu'un de puissant qui puisse te faire vibrer. Laisse-moi être cette personne, m'intima-t-il en plongeant son regard dans le mien.
J'avais l'impression de me noyer dans ses yeux aciers. Comment un regard pouvait-il être aussi hypnotisant ?
- Touche-moi Granger, murmura-t-il d'une voix envoutante. Touche-moi et je serais à toi.
- Tu me fais peur, parvins-je à avouer malgré son regard pénétrant.
- C'est ce que tu aimes.
- Je n'ai pas confiance en toi, ajoutai-je.
- Est-ce que moi, je peux te toucher ? S'enquit-il d'une voix si basse que j'eus du mal à l'attendre. Donne-moi ton autorisation Hermione et je te comblerais.
L'usage de mon prénom dans sa bouche eu l'effet d'un électrochoc. Personne ne l'avait jamais prononcé de cette manière, d'une voix si envoutante et intense à la fois.
- Tu as cinq secondes pour me repousser Hermione, poursuivit-il d'une voix qui se voulait sans appel.
Il rompit le contact de nos deux regards et se mit à compter à voix basse près de mon oreille. Ce furent les secondes les plus longues de ma vie. Lorsqu'il murmura le « cinq », sa bouche frôla mon oreille et un frisson me parcouru le dos. Par Merlin... Il ne faisait pas que m'attirer, il m'hypnotisait littéralement... Ses lèvres glissèrent sensuellement le long de mon oreille pour descendre jusqu'à mon cou et s'y arrêter. Il déposa un baiser particulièrement lent mais pourtant intense et sans que je ne puisse les contrôler, mes mains se posèrent sur sa taille pour le forcer peu à peu à se rapprocher de moi. Comment des gestes aussi lents pouvaient-ils me procurer de pareilles sensations ? C'était comme si tout se déroulait au ralentis, tandis qu'un feu s'éveillait peu à peu en moi.
- J'ai tellement envie de toi, murmura Malefoy d'une voix roque en déposant un nouveau baiser dans mon cou.
Il fit glisser sa main le long du mur jusqu'à ma nuque et s'y accrocha avec plus de force que les précédents gestes qu'il avait eu à mon encontre. Il serra encore davantage son emprise et une intense chaleur s'insinua dans le creux de mon ventre. Mes mains s'enfoncèrent dans ses hanches, comme si j'essayais de le repousser et de le garder près de moi à la fois.
- Je savais que tu avec cette attirance pour moi, je le sentais, souffla Malefoy. Tu me rends fou !
Et soudain tout bascula. La douceur qu'il avait eu à mon égard s'évapora lorsqu'il qu'il me plaqua avec force contre le mur. Ses lèvres s'écrasèrent contre les miennes et sa deuxième main libre s'encra dans l'une de mes hanches. Un gémissement s'échappa de ma gorge et je m'agrippai au corps de Malefoy pour l'empêcher de rompre le contact. Ses mains descendirent jusqu'à mes fesses et je me hissai contre son torse pour qu'il puisse me soulever. Il me porta jusqu'au fond de la pièce, sans mettre fin au baiser enflammé que nous échangions et nous basculâmes sur son lit.

Je n'avais jamais connu de telles sensations. Les gestes de Malefoy étaient sûrs et précis, ce qui n'avait rien avoir avec les gestes doux et délicats que m'offrait habituellement Blaise. Non. Là, c'était puissant, vivant et intense. Malefoy n'hésitait pas à me maintenir fermement contre lui, à s'accrocher à mon corps comme je le faisais au sien. Certains de ses gestes me faisaient même mal, mais ils me procuraient tant de plaisir en échange que pour rien au monde, je n'aurais voulu qu'il s'arrête. D'une certaine manière, cette douleur me faisait du bien. Le moindre de ses gestes, s'encrant avec force dans ma peau, décuplait mon plaisir. Il me faisait me sentir vivante et je n'aurais jamais cru qu'un tel acte puisse être aussi bon. C'était comme si je redécouvrais tout, comme si nos deux corps avaient été fait pour se rencontrer, dès le départ. Finalement, Malefoy avait les mêmes besoins que moi. Il avait la même manière de retirer du plaisir que moi. Nous avions besoin de sentir avec force le corps de l'autre contre le nôtre, de sentir que nous ne faisions plus qu'un dans tout cette folie salvatrice. Nous étions également dénués de toute gêne ou pudeur et lorsque Malefoy m'attrapa fermement le visage, pour me forcer à le regarder, je compris qu'il voulait que nous terminions en nous regardant mutuellement. Contrairement à Blaise, qui enfouissait son visage dans mon cou à ce moment, Malefoy ne semblait avoir aucune gêne et cela ne décupla que davantage notre plaisir. Nous étions vivants et libres.

Cela faisait bien dix minutes que j'étais allongée sur le lit, à repasser en boucle ce qu'il venait de se passer entre Malefoy et moi. J'avais couché avec lui... J'avais couché avec lui et ça avait été mieux que tout ce que j'avais pu connaître jusque là. J'avais couché avec lui alors que j'étais avec Blaise, alors qu'il me faisait peur, alors qu'il trempait certainement dans quelque chose de louche.
Par chance, je tournais le dos à Malefoy et je priai Merlin qu'il se soit endormi. Je jetai un œil à ma montre. Une heure du matin. Il était déjà une heure du matin ! Comment allais-je faire pour partir d'ici sans réveiller Malefoy ? Après tout, il était le seul à pouvoir ouvrir le passage et à en juger par les précautions qu'il prenait, il était impossible que je puisse transplaner d'ici. Je me redressai dans le lit, en prenant soin de ne toujours pas me tourner vers Malefoy et tentai d'attraper mes vêtements éparpillés sur le lit.
- Tu ne comptes quand même pas partir comme une voleuse, n'est-ce pas ?
Je me figeai. Malefoy ne dormait absolument pas. Sa voix semblait au contraire, parfaitement éveillée.
- Et pour aller où ? Poursuivit-il. Tu comptais te cacher dans la baignoire ? Tu ne peux pas sortir d'ici sans mon autorisation.
Mon estomac se noua. Qu'allais-je faire à présent ? Qu'allait-il se passer ?
Je sentis les bras de Malefoy s'enrouler autour de mon corps nu. Ses mains étaient chaudes et étrangement insistantes. Comme s'il me défiait de me dégager de lui. Mais je ne pouvais pas bouger, même si je le voulais. Le contact de ses mains sur ma peau semblait électriser l'ensemble de mon corps. J'aimais qu'il me force, qu'il ne me laisse pas le choix et ce sentiment m'effraya. Il me força à me retourner vers lui, en mettant plus de pression sur mes hanches et lorsque je croisai son regard, je me sentis soudain atrocement petite et faible. J'avais l'impression d'être une petite chose fragile entre les mains de quelqu'un de dangereux. Son regard était dur et pénétrant, tandis que le mien se voulait peu assuré.
- Je sais ce qu'il se passe dans ta tête Hermione. Je peux t'appeler Hermione ? Quoi que je n'ais pas eu l'impression que cela t'ait gêné tout à l'heure, ajouta-t-il plus pour lui-même. Dans tout les cas, je sais ce qu'il se passe dans ta tête.
- Je ne pense pas non, répliquai-je d'une voix sèche.
Ses mains se détachèrent subitement de moi et il s'assit en tailleur dans le lit, pendant que je tirais la couverture sur moi pour me couvrir davantage.
- Eh bien éclaire moi à ce sujet alors.
J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sortit.
- Je pense que tu es perdue pour l'instant. Tu as eu la meilleure partie de jambe en l'air de ta vie, et ne mens pas, ajouta-t-il précipitamment. Du coup, tu remets en question ton couple avec Blaise.
- Absolument pas, j'aime Blaise.
- Tu crois l'aimer, me contredit-il.
Il me fit brusquement basculer sur le dos, attrapa mes poignets et les bloqua sur le matelas au niveau de mon visage, pendant qu'il me dominait de toute sa hauteur. Mon regard se décomposa. Pas parce que je voulais me dégager de son contact, mais parce que j'aimais cette force dont il faisait usage. J'aimais le contrôle qu'il avait sur moi et ça, cela me faisait aussi très peur.
- Réponds à mes questions et sans mentir cette fois, ordonna-t-il. Je t'attire. Vrai ou faux ?
- Au bout de quatre mensonges, je vais me prendre une décharge électrique ? Lui lançai-je sur un ton de reproche.
Les lèvres de Malefoy s'étirèrent en un bref un sourire amusé.
- Réponds, dit-il en reprenant un visage impassible. Vrai ou faux ?
- Vrai.
Je ne pouvais plus mentir après ce qu'il venait de se passer entre nous.
- Tu as peur de moi et tu aimes ça. Vrai ou faux ?
Je me mordis l'intérieur des joues.
- Réponds ! S'exclama-t-il en resserrant son emprise autour de mes poignets.
- Vrai, avouai-je la mort dans l'âme.
Il s'approcha lentement de mon visage et écrasa finalement ses lèvres sur les miennes, avec une brutalité étrangement excitante. Sans que je ne puisse les contrôler, mes cuisses se refermèrent autour de son bassin. Il relâcha mes poignets, et mes mains attrapèrent sa tête pour l'empêcher de s'éloigner de moi. C'était affreux de ne pas parvenir à coordonner ses pensées et son corps. Je ne voulais pas qu'il s'approche de moi, je ne voulais pas l'embrasser, mais mon corps n'en faisait qu'à sa tête. Il ne m'écoutait pas. Je sentis les dents de Malefoy mordiller mes lèvres et mon corps se pressa avec force contre le sien.
- Tu as envie de moi. Vrai ou faux ?
- Faux.
- Menteuse, murmura-t-il d'une voix envoutante.
Il se redressa quelque peu pour planter son regard dans le mien et je ressentis une affreuse sensation de frustration. Mon regard descendit jusqu'à ses lèvres qui semblaient être la chose la plus importante en ce monde.
- Je ne vais pas pouvoir te donner ce que tu veux dans l'immédiat. Je ne suis pas encore d'attaque, dit-il d'un air désolé en jetant un bref coup d'œil à son entrejambe.
Une immense déception s'empara de moi et j'en eu aussi extrêmement honte.
- Bien, dit-il en s'écartant de moi. Maintenant que tu sais qu'on est plus que compatible sexuellement, je vais te prouver qu'il n'y a pas que ça entre nous.
Il attrapa son oreiller, le calas contre le mur et s'y adossa, pendant que je me redressai à mon tour pour le fixer avec appréhension.
- Tu es une femme de pouvoir Hermione, ce qui veut dire, que dans ta vie privée, tu as besoin qu'on te resserre la vis. Tu es attirée par moi parce que c'est exactement ce que je fais. Je te permets de souffler et de lâcher prise. Je suis loin d'être Blaise qui minaude à tes pieds. C'est l'équilibre dont tu as besoin. Ta vie auprès de Blaise est ennuyante à mourir et d'ailleurs, cela me donne envie de vomir, rien que d'y penser. Tu es une femme de pouvoir et de passion. Tu as besoin d'action et de peur en quelque sorte. Tu as besoin de vivre Hermione ! Et ce n'est pas une vie bien rangée auprès de Blaise qui te comblera. Tu as besoin d'un homme puissant qui a confiance en lui. Blaise doute tellement de lui, qu'il ne parvient pas à te faire confiance. Cela s'est arrangé avec lui depuis que je lui ai avoué avoir voulu mettre fin à votre couple ?
Je restai totalement muette.
- Bien sûr que non cela ne s'est pas arrangé... Parce que c'est moi qui te fascine. Tu as enfin trouvé un adversaire à ta taille Hermione. Et nous pouvons être tellement plus que des adversaires. Nous pouvons être des alliés. Je suis la personne en qui tu peux avoir le plus confiance car nous sommes pareils.
- N'importe quoi ! M'exclamai-je vivement.
Il fallait que je parte et que je reprenne mes esprits ! Je récupérai mes vêtements éparpillés autour de moi et les enfilai rapidement, tandis que Malefoy me fixait en silence. Lorsque je fus totalement rhabillée, je sortis du lit et Malefoy bougea enfin. Il mit un bas de pyjama en coton et se leva à son tour.
- Il y a quelques secondes tu étais prête à recoucher avec moi et maintenant tu joues à la fille outrée par mes propos ? C'est fascinant, la manière que tu as de passer d'un sentiment à un autre.
- C'est toi qui dis ça ? Tu es tantôt enjôleur, tantôt d'une extrême froideur.
- Je n'y peux rien, c'est mon caractère, se contenta-t-il de répondre. Tu comptes aller quelque part ?
- J'aimerais partir en effet.
- Tu sais que tu ne peux pas sans mon consentement.
Sa voix était de nouveau dangereuse et mon estomac se noua. Il me manipulait. Il jouait à ça depuis que nous nous étions recroisés pour la première fois dans ce couloir du ministère.
- Tu as peur ? Poursuivit-il en faisant quelques pas dans ma direction.
Je mis ma main face à moi, pour l'inciter à ne pas s'approcher davantage, mais il ignora mon geste et colla subitement son corps contre le mien en posant sa main au creux de mes reins.
- Lâche-moi, dis-je d'un ton menaçant en tentant de me dégager de son contact.
- Arrête du m'excite...susurra-t-il.
SPAF
La gifle que je venais d'administrer à Malefoy le força à se détacher de moi.
- Un coup de genou dans la ruelle et maintenant une gifle ? Dit-il avec un calme effrayant. Je ne vais vraiment pas m'ennuyer avec toi.
- Laisse-moi partir.
- Pas avant que tu m'ais posé tes questions.
- Quoi ? Demandai-je surprise.
- J'adore croire que tu es venu m'attendre dans ce bar dans le seul but de coucher avec moi, mais je sais que ce n'était pas la réelle raison. Alors pose-moi tes questions maintenant !
Que pouvais-je bien lui demander ? S'il savait qui m'avait envoyé les deux lettres ? S'il connaissait l'existence de ces triangles ? S'ils connaissaient les sorciers qui portaient les masques blancs ?
- PARLE ! S'énerva-t-il soudain. JE SUIS LA ! JE SUIS VENU TE REJOINDRE DANS CE BAR MITEUX, ALORS PARLE MAINTENANT !
Je reculai de quelques pas, effrayée. C'était un piège depuis le début ! Un piège dans le but de me faire parler. Voyant que je ne répondais toujours pas, le visage de Malefoy se durcit davantage si c'était possible.
- Tu n'es qu'un manipulateur ! Lâchai-je d'une voix tremblante.
- Ah bon ? Dit-il en haussant exagérément le ton. Et en quoi s'il te plait ?
- Tu te sers de moi pour obtenir ce que tu veux.
- Et qu'est-ce que je veux d'après toi ?
Je ne répondis pas, me contentant de lui adresser un regard mauvais. Regard qui ne lui plu absolument pas, car il m'empoigna par l'épaule et me bloqua contre le mur, près de son lit.
- Tu crois que je n'ai pas remarqué tes étranges agissements ces deniers temps ? Tu crois que je suis aussi stupide que Blaise, qui ne s'aperçoit jamais de rien ?! S'exclama-t-il. Je suis Drago Malefoy !
- Lâche-moi, tu me fais mal, dis-je en jetant un regard apeuré à sa main qui enserrait toujours mon épaule.
Sa main ne bougea cependant pas et il colla son front contre le mien.
- Tes agissements et tes petites recherches avec Potter me foutent dans la merde.
Par Merlin... il savait ! Il savait tout et il avouait son implication par la même occasion !
- Tu... tu es avec eux ? Demandai-je tandis que ma voix se brisait.
- Avec eux, qui ? S'exclama-t-il en s'écartant brusquement de moi pour me tourner le dos.
- Tu as un lien avec cette histoire de triangle ? Poursuivis-je le cœur battant à tout rompre.
- Oui Hermione, déclara-t-il en se retournant lentement vers moi. J'ai un lien avec le Triangle du sang.
Il releva son pied nu, le tourna légèrement dans ma direction et m'offrit une vision qui me donna la nausée. Il avait lui aussi, un triangle aux contours noirs tatoué sur le talon.