Δ Chapitre 17 : L'invitation au mariage
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Cela faisait une semaine que Drago avait de mignonnes attentions à mon égard au ministère et Ron commençaient enfin à se poser de réelles questions. J'espérais qu'il en était de même avec les membres du Triangle du Sang infiltrés. Néanmoins, la phase la plus dure allait commencer. C'était à moi à présent de jouer la comédie, à moi de montrer que l'attitude de Drago me plaisait, sans trop en faire, petit à petit. Evidemment, je comptais beaucoup sur l'animosité de Ron à l'égard de Drago pour alimenter les soupçons des autres.
- Vous savez qu'il a tenu la porte à Hermione toute à l'heure ! Lâcha Ron.
Harry et Ginny, qui s'étaient également joint à moi pour le déjeuner, levèrent le nez de leur assiette.
- Qui ? S'enquit ma meilleure amie en fronçant les sourcils.
- Harry ne t'a rien dit ? Malefoy drague Hermione et ce, depuis un peu plus d'une semaine.
Je vis Harry lever les yeux au ciel. Pour lui, c'était tout bonnement impossible et j'allais avoir du pain sur la planche. Il fallait qu'il se rende lui aussi compte de l'attitude de Drago envers moi, tout en lui prouvant que je n'étais pas plus intéressée que ça. Il fallait que mes amis aussi voient l'évolution. J'aurais préféré garder ma relation avec Drago secrète et c'est vrai qu'elle était secrète, cependant, pour que les membres du Triangle du sang soient convaincus de ce que Drago et moi mettions en place, il fallait que je cède petit à petit à ses avances. Même si cette comédie me mettait particulièrement mal à l'aise, c'était pour la bonne cause. C'était pour détruire le Triangle du sang de l'intérieur.
- Ne pas dit pas que tu n'as pas remarqué ! Insista Ron face à mon manque de réaction.
- Si, j'ai remarqué, répliquai-je faussement agacée. Certains hommes sont polis et biens élevés, il faudra que tu t'y fasses.
Ron manqua de s'étouffer.
- Je pense que Malefoy essaye de faire amende honorable, c'est tout, intervint Harry.
- Comment ça ? S'enquit Ron en arquant les sourcils d'un air peu convaincu.
- Il essaye de bien se comporter avec tout le monde. Et je suis sûr que c'est à cause de personnes comme toi, ajouta-t-il en lançant un regard insistant à Ron, qu'il se force à respecter davantage les sorciers issus de parents moldus. Il ne veut pas qu'on lui prête de mauvaises intentions, comme ça a été le cas à l'époque de Poudlard.
- Exactement, confirmai-je.
- Attend Ron, tu crois que Malefoy drague Hermione ? S'enquit Ginny amusée.
Il ne répondit pas et sa sœur explosa de rire.
- Non mais franchement, on parle de Malefoy là ! Surtout que...
La phrase de Ginny resta en suspens et elle plongea son regard dans le mien, comme si elle attendait mon autorisation pour poursuivre. Mais l'autorisation de dire quoi au juste ?
- Surtout que ? Insista Harry.
- Eh bien Blaise lui a offert des fleurs et je pense que... Vous allez vous remettre ensemble non ? Me demanda-t-elle d'un ton mesuré, comme si elle essayait de ne pas trop montrer que cela lui plaisait.
- Blaise ne m'a pas offert de fleurs... répliquai-je surprise.
Alors que j'allais lui demander de quoi elle me parlait, je me souvins soudain des fleurs en question. J'avais complètement oublié cette manœuvre de la part de Drago qui datait déjà du début de semaine. Nous qui pensions que ce geste était passé inaperçu, Ginny, elle, l'avait remarqué.
- Un soir, alors que j'attendais Harry dans le hall du ministère, je t'ai vu repartir avec un bouquet de fleur. Il ne venait pas de Blaise ? M'interrogea Ginny en fronçant les sourcils.
- Pas vraiment, non... répliquai-je faussement mal à l'aise.
Les regards insistants de mes trois amis, m'incitèrent à poursuivre.
- Ca venait de Malefoy. Mais ne vous faites pas d'idées ! Ajoutai-je presque aussitôt. Je suis sûr que c'était pour me faire enrager ou quelque chose comme ça.
Cette fois Harry fronça les sourcils.
- Attend là, par contre, c'est bizarre, dit-il.
- Et tu as gardé les fleurs ? Insista Ron choqué.
- Elles étaient belles. Qu'elles viennent de Malefoy ou d'un autre, n'est pas important. C'était des fleurs. Je n'allais tout de même pas les jeter !
- Moi aussi je les aurais gardées à sa place, fit Ginny en croisant les bras contre sa poitrine.
- Ce n'est pas ça qui nous préoccupe, intervint Harry qui semblait enfin mordre à l'hameçon. Malefoy t'a offert des fleurs, ajouta-t-il à mon attention. Il y avait un mot avec ?
- Juste une petite carte avec son prénom et son nom. Mais ça se trouve ça ne venait même pas de lui. C'était peut-être juste une mauvaise blague.
- Moi, je pense sincèrement que Malefoy a le béguin pour Hermione, affirma Ron. Les fleurs ne sont qu'un des nombreux exemples.
- C'est vrai que ça pourrait expliquer certains agissements dans le passé, ajouta Ginny.
Harry et Ron se retournèrent aussitôt vers elle, mais je lui lançai aussitôt un regard entendu. Personne ne devait savoir. Elle balaya alors sa phrase d'un geste de la main et par chance, les garçons n'insistèrent pas plus. Faire en sorte que mes amis se rendent compte des étranges agissements de Drago envers moi, d'accord. C'était le but. Mais il n'était pas question qu'ils poussent la supposition trop loin, comme était en train de le faire Ginny.
Nous ne reparlâmes plus de Drago de tout le repas et ce ne fut que lorsque nous quittâmes la table que Ginny me prit discrètement à part.
- C'est peut-être pour ça que Malefoy a essayé de te séparer de Blaise, parce que tu lui plaisais, murmura-t-elle à voix basse.
- N'en parle pas aux garçons s'il te plait...
- Donc tu penses que c'est ça toi aussi ?
- Non pas du tout.
Il ne fallait pas mettre Drago en danger. Si les membres de l'organisation venaient à savoir ça, il serait peut-être torturé, voir tué... Après tout, il avait détruit un couple qui répondait à leurs principes.
- Je ne veux juste pas mettre ce genre d'idées dans la tête des garçons, poursuivis-je. Ils sont déjà suffisamment agaçants. Et je n'ai pas non plus envie de faire du mal à Blaise avec ce genre de suppositions. Drago est son meilleur ami.
Ginny acquiesça d'un signe de tête et me toisa pendant quelques secondes en silence avant de reprendre.
- Nous sommes seules là Hermione, alors dis-moi... Qu'est-ce qu'il se passe avec Malefoy ? Tu es certaine qu'il n'essaye pas de...
- Je n'en sais rien... Je t'avoue que je trouve ses agissements bizarres.
- Ca se trouve, à force de vouloir te séparer de Blaise et de comploter contre toi, il a finit par se rendre compte que tu étais vraiment quelqu'un de super.
Un sentiment de stupéfaction passa dans mes yeux, cependant cela ne dura qu'une seconde et Ginny ne s'aperçu de rien. Elle avait compris, elle avait tout compris, sans savoir jusqu'où j'étais allée de mon côté. C'est-à-dire jusqu'à coucher avec lui...
Lorsque je traversai le mur de la chambre de Drago, il était déjà là, affalé sur son lit, fixant le plafond d'un être absent.
- Tout va bien ? Lui lançai-je en déposant mon sac sur une chaise.
- Je me suis engueulé avec Blaise.
Je m'immobilisai, attendant la suite.
- Mes petites attentions à ton égard lui sont revenus aux oreilles.
- Nous devions nous y attendre. Il faut voir le bon côté des choses, ça veut dire que c'est certainement arrivé aux oreilles de beaucoup d'autres personnes. Des personnes qui nous intéressent davantage.
Il se redressa sur les coudes et me fixa, surpris.
- Désolée, ajoutai-je. Je sais que c'est ton meilleur ami.
Cette fois, son regard se décomposa presque.
- Blaise est le cadet de mes soucis ! S'exclama-t-il. Mais je pensais que cela te ferait de la peine... Je pensais que...
- Notre mission est plus importante que le reste. Je n'ai pas le temps d'avoir de la peine, répondis-je. Je sais dans quoi je m'embarque.
- Si nous faisions semblant, je comprendrais ta réaction. Mais rien n'est vraiment faux, insista Drago. Tu es là, avec moi. Ca ne te fait rien ?
- Tu fais un transfert ou quoi ? M'enquis-je en m'avançant vers le lit. C'est toi qui a dû mal à gérer n'est-ce pas ? Je comprends... Blaise et moi n'aurions jamais finis ensemble, mais toi... Toi tu es en train de perdre ton meilleur ami.
- Blaise me pardonnera.
- Si une amie me faisait ça, je ne suis pas sûr que j'en serais capable, avouai-je.
- Nous sommes des mecs, lâcha-t-il en levant les yeux au ciel. Ca passera, je le sais.
- Et si ça ne passe pas ?
- Tu en vaux la peine, répondit-il en se rallongeant totalement sur le lit.
J'amorçai un pas en directement de la salle de bain, mais n'allai pas plus loin. Je me retournai au contraire en direction de Drago.
- Tu me testes n'est-ce pas ? M'enquis-je. Tu as parlé de Blaise pour ça ? Tu attends le moment où je craquerai ? Où je ne serais pas assez forte ? C'est ça ?
- Oui, répondit-il simplement.
- Eh bien rassure-toi, je suis prête.
Drago se redressa complètement et finit par sortir du lit. Il s'avança dans ma direction et s'arrêta à un mètre de moi.
- Alors parfait, répondit-il en m'adressant un sourire.
Nous passâmes le week-end entier à échafauder ce qu'il allait se passer entre nous au travail et lorsque je posai les pieds dans le hall du ministère le lundi suivant, mon cœur battait à tout rompre. Si tout se passait bien, j'intégrerais le Triangle du sang en fin de semaine.
La première étape de la semaine, concernait un déjeuner en tête à tête avec Drago et ce, aux yeux de tous. Il ne fallait cependant pas que ça paraisse trop facile. J'avais donc un grand rôle à jouer. Mon cœur battait encore à toute allure lorsque je passai la porte du bureau des Aurors. Comme prévu Drago y était, au même titre que d'autres sorciers, mais pas Ron ou Harry. Nous avions prévu notre coup. S'ils avaient été là, ils se seraient aussitôt interposés. Neville était donc le bon intermédiaire.
- Oh salut Neville, lui lançai-je avec bonne humeur en m'approchant de lui.
- Salut Hermione. Je peux t'aider ?
- Je cherche le dossier de Greengrass.
Il fronça les sourcils.
- Ca date déjà de plusieurs semaines... Tu en as encore besoin ? Il y a de nouveaux éléments ? S'enquit-il avec sérieux.
- Oh non, que de l'administratif. Rien de très palpitant.
Une voix s'éleva du fond de la pièce.
- Ce que Granger ne te dit pas c'est qu'elle se sert de la mort de mon amie d'enfance pour se rapprocher de moi.
Neville et moi nous retournâmes dans un même mouvement vers Drago qui s'avançait dans notre direction d'un air satisfait.
- Oh bah oui, c'est sûrement ça, répliquai-je d'une voix moqueuse.
- Je vois que le sujet de ma défunte amie t'amuse, fit-il d'un ton à présent plus sec.
- Non pas du tout, dis-je embrassée. J'ai juste besoin de récupérer quelques petites informations pour pouvoir classer ...
- On parle de la mort d'une sorcière, d'un être humain, me coupa-t-il. Et toi tu viens demander son dossier sans la moindre délicatesse, comme s'il s'agissait de... T'es un vrai robot sans cœur en fait.
- Malefoy, je suis désolée si j'ai... Ce n'était pas voulu, je ne suis pas...
Il soupira profondément, pendant que Neville assistait à notre conversation sans oser intervenir.
- Tu déjeunes avec moi à midi ?
- Pardon ? Répliquai-je en faisant mine de m'étrangler.
- Tu me dois bien ça, insista-t-il.
Je jetai un bref coup d'œil à Neville qui semblait se décomposer sur place.
- Non Malefoy, je ne vais pas déjeuner avec toi, répondis-je avec un air suffisant.
- Oh allez, je t'ai offert des fleurs, j'ai eu pleins de petites attentions à ton égard et...
- Quelques efforts ne suffisent pas à rattraper toutes nos années à Poudlard, le coupai-je.
- Pourtant tu avais l'air d'apprécier.
- Evidemment que des fleurs ou une porte tenue sont appréciés. Tout le monde apprécie ça. D'ailleurs, tout le monde est capable d'autant de gentillesse et cela ne mérite pas pour autant un déjeuner.
- Et qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour le mériter ? S'enquit Drago en s'appuyant contre le mur, tout en me lançant un regard pénétrant.
Je laissai échapper un petit rire embarrassée.
- Juste un déjeuné et tu verras que j'ai vraiment changé. Laisse-moi marquer de vrais points, insista-t-il.
- Non.
- Granger, tu sais que je vais te le demander chaque jour, de chaque semaine, jusqu'à ce que tu dises oui ? Je t'aurais tellement lessivé que tu finiras par accepter. Alors autant le faire maintenant non ? Ce sera fait comme ça et je ne t'embêterai plus.
- Bon d'accord ! Cédai-je agacée.
Malefoy feint la surprise. Neville, de son côté, semblait totalement sous le choc. J'y avais peut-être été un peu fort.
- Mais c'est juste pour te prouver que tu ne parviendras pas à marquer le moindre point avec moi, ajoutai-je avec un petit air supérieur. Et après ce déjeuner tu me laisseras définitivement tranquille !
Malefoy afficha un large sourire et je me retournai vers Neville.
- J'ai toujours besoin du dossier, lui lançai-je d'une voix douce.
Drago passa entre nous d'un geste pressé, attrapa un dossier sur l'une des nombreuses étagères et revint vers moi pour me le tendre.
- Tu vois comme je suis efficace ? Me lança-t-il d'un air ravi.
Il ne me laissa pas l'occasion de répondre et sortit du bureau, me laissant seule avec Neville. Après quelques secondes de silence, celui-ci finit par ouvrir la bouche.
- Tu vas... vraiment déjeuner avec lui ?
- Si c'est le seul moyen pour qu'il arrête, oui.
Mon cœur battait à tout rompre lorsque je rejoignis l'une des nombreuses salles où l'on pouvait déjeuner au ministère. Avec toute cette tension, mon cœur allait finir par lâcher. Peut-être que Drago avait raison depuis le début, peut-être que je n'étais pas assez forte pour supporter le poids du Triangle du Sang. Une main s'éleva parmi les dizaines de table pour attirer mon attention. C'était Drago, il me signalait sa présence. Il était assis seul à une table, un plat pour lui et un plat pour moi. Je m'avançai d'une démarche robotique jusqu'à lui et d'un élégant signe de tête il m'incita à m'asseoir. Nous nous fixâmes pendant quelques secondes en silence et Drago finit par ouvrir la bouche.
- Ca va ? S'enquit-il.
- J'ai été comment tout à l'heure ?
- Tu as fais au mieux.
- J'étais si mauvaise que ça ? Demandai-je la mort dans l'âme.
Il rit, amusé, mais se reprit rapidement.
- On sait tout les deux que tu n'es pas une bonne comédienne, mais c'était suffisamment bien pour ce gros niais de Lomdubat. Ne t'en fais pas.
J'allais répliquer qu'il n'avait rien de niais, mais je sentis soudain quelque chose glisser lentement le long de ma cheville. Je me figeai et fixai Drago en fronçant les sourcils. C'était son pied ! Je m'écartai brusquement de son contact et lui adressai un regard sévère, ce qui le fit sourire.
- Arrête, lui intimai-je à voix basse.
- Arrête quoi ?
Je lui adressai un regard entendu ce qui le fit rire.
- Personne ne nous voit, ça va, dit-il.
- Et si quelqu'un nous voyait au contraire ?
Je tournai le regard dans diverses directions de la salle, mais Drago récupéra vite mon attention.
- Arrête de t'en faire Hermione. Tu as exactement l'attitude que tout le monde attend. C'est pour ça que tes réactions sont parfaites. Il ne faut pas que tu joues la comédie, tu es tellement plus convaincante au naturel. J'espère justement que tout le monde a vu la scène et plus précisément quand tu as brusquement retiré ta jambe. Ainsi, tout le monde voit que je te drague, mais que tu es encore réticente.
- Tu penses qu'on nous regarde ?
- La moitié des gens de la salle nous observe, qu'est-ce que tu crois ! S'exclama-t-il en levant les yeux au ciel.
Je sentis mes épaules s'affaisser. J'aurais voulu disparaitre sous terre.
- Tu n'aimes pas qu'on te regarde ?
- Pas vraiment.
- Quand tu intègreras l'organisation, c'est ce que tout le monde va faire. Tu es Hermione Granger, ils vont tous halluciner en te voyant au château. Tu m'as dis que tu étais prête, ajouta-t-il sur un ton de reproche.
- Oui je suis prête mais...
- Mais rien. Arrête des simagrées maintenant et mange.
Je plongeai ma fourchette dans mon assiette pendant que Drago attrapait son verre d'eau pour en boire une gorgée, d'un air satisfait.
- Blaise est encore venu me voir aujourd'hui, déclara-t-il.
Je l'incitai à poursuivre d'un simple regard.
- Il est persuadé que j'essaye de te mettre le grappin dessus dans le seul but de prouver que je suis le meilleur.
- Comment ça ?
- Il croit qu'une fois que je t'aurais, je te larguerais en beauté juste pour lui prouver que c'est MOI qui suis le meilleur. Que tu voulais de moi, mais pas moi. Enfin un truc dans le genre.
Je levai les yeux au ciel.
- Mais il voit juste sur un point, ajouta Drago. Je suis le meilleur, mais il n'en est pas encore sûr à cent pour cent. Tu sais qu'il est pense encore que tu vas finir par te remettre avec lui ?
- Impossible, tranchai-je. Nous avons eu une discussion très claire à ce sujet.
- Tu n'as pas dû être assez précise alors, parce qu'il est convaincu que tu viendras au mariage de Potter avec lui.
Je soupirai d'un air las.
- Je suis persuadé quand dans une ou deux semaines, il va te proposer que vous y alliez ensemble et tu sais ce qui pourrait être géniale ? Que tu dises oui.
J'avais ma gorgée de travers et lançai à Drago un regard peu certain.
- Tu lui dis oui, et sans le prévenir, tu t'y rends avec moi !
- J'espère que tu plaisantes... Dis-je en roulant des yeux.
- Non ! S'exclama-t-il d'un air enjoué. Imagine ! Il va attendre je ne sais pas combien de temps sur votre lieu de rendez-vous, il finira par se rendre seul au mariage et il nous y verra tous les deux ! Ce serait hilarant !
- Non, ce serait tout sauf hilarant Drago. J'espère vraiment que c'est une blague là. C'est ton meilleur ami !
- Je me fiche que ce soit mon meilleur ami ! Si tu l'avais vu faire le malin ce matin... C'est juste pour rire Hermione, alors dit oui et on n'en parle plus.
- Hors de question. Et le sujet est clôt.
- Tu sais qu'on va te demander de faire des choses bien pires lorsque tu auras rejoins l'organisation ?
- On ne me demandera pas de faire des choses aussi puériles ! Franchement, je pensais que tu commençais à me connaître... Jamais je ne ferais une chose aussi méchante. J'ai déjà fais suffisamment de mal à Blaise, ce n'est pas la peine d'en rajouter une couche.
- Ecoute Hermione, c'est simple. Soit tu fais ce que je te demande, sois tu ne remets plus jamais les pieds chez moi et tu peux dire adieu au Triangle du sang.
- Ah oui et qu'est-ce que tu vas leur dire ? Que tu as échoué ? Répliquai-je d'une voix moqueuse.
- Exactement. Je dirais que tu ne veux pas rejoindre l'organisation et tu connais le sort réservé à ceux qui sont au courant mais qui ne veulent pas nous rejoindre, lâcha-t-il d'une voix cassante.
Le regard de Drago se plongea dans le mien avec une extrême froideur. J'avais dû mal à y croire, mais pourtant, il semblait plus que sincère. Je repoussai brusquement mon assiette devant moi et me levai de table. Il était redevenu le mauvais Drago, celui que je n'aimais pas, mais qui faisait malheureusement partie intégrante de lui. Il fallait que j'attende qu'il se calme, ce n'était pas la peine de converser avec lui dans ces conditions. Cependant, pourquoi cette histoire avec Blaise était-elle si important pour lui ? Etait-ce uniquement pour humilier son ami ou y avait-il autre chose ?
- Tu vas quelque part ? Demanda-t-il d'une voix sifflante.
- Je n'ai plus faim.
- Dépêche toi de te rasseoir, tout le monde nous regarde, insista-t-il avec dureté.
- Eh bien qu'ils regardent, lâchai-je avant de tourner les talons et d'abandonner Drago dans la salle.
Je fus énervée toute l'après-midi et les réflexions de Becker quant à mon mauvais travail, n'arrangèrent pas mon état. Néanmoins, je me rendis compte que le Triangle du sang était largement prioritaire pour moi, puisque c'était mon poste que je laissais de côté et pas l'organisation. Il en avait été de même quelques années auparavant, lorsque c'était ma 7ème année que j'avais abandonné au profit des horcruxes. C'était ce que j'étais. Je faisais passer le bien de la communauté sorcière avant mes propres aspirations. Cependant, j'avais toujours été parfaitement épaulée entre Harry et Ron, mais là... Avec Drago... Je lui faisais confiance, bien sûr, mais pouvais-je vraiment compter sur lui ? Pouvait-il réellement me soutenir ? Après tout, n'avait-il pas laissé son propre besoin de montrer à Blaise qu'il était meilleur que lui, passer avant le Triangle du sang ? Si. Drago avait peut-être changé, mais il restait tout de même assez égoïste.
Je ruminais encore des pensés à son sujet en traversant le couloir du ministère pour rejoindre le bureau du ministre de la magie, lorsque je tombai sur Blaise. Son expression passa par différents stades. D'abord la surprise, puis l'hésitation et enfin la résignation.
- Ca va ? Me demanda-t-il finalement.
- Très bien et toi ? Me forçai-je à répondre poliment.
- Oui.
Il semblait hésitant, à en juger la manière dont il balançait son poids, d'un pied à l'autre.
- Tu sais que Potter se marie dans un moi et demi, commença-t-il d'un air hésitant.
- Il t'a invité ? Demandai-je surprise, en bonne comédienne.
- Non, pas vraiment. Enfin... Toi tu as été invité j'imagine ? Et je me demandais si... Je sais qu'on n'est plus ensemble... mais je trouve que, enfin si tu es d'accord...
Il ne termina pas sa phrase, l'air mal à l'aise, mais je lui lançai néanmoins un regard encourageant.
- Ce serait bien qu'on y aille ensemble non ? Acheva-t-il comme si formuler la question à voix haute était douloureux pour lui.
- En ami ? Demandai-je.
Il acquiesça vivement d'un signe de tête.
- Alors d'accord, ce sera avec plaisir.
Il parut choqué quelques instants, mais finit par vite se reprendre. Il paraissait à présent si heureux que je m'en sentis mal à l'aise. Si j'avais dis oui, c'était uniquement contre Drago et pas pour Blaise... Etais-je aussi affreuse que lui pour mêler Blaise à ma revanche ? Non. Si j'avais dis oui, c'était aussi pour redorer l'image de Blaise. Donc c'était pour son bien ! Pourtant... je savais grâce à Drago, qu'il prévoyait de se remettre avec moi...
- On y va juste en ami Blaise, hein ? Je veux être sûr qu'on soit bien d'accord là-dessus, insistai-je alors.
- Oui Hermione, je te le promets.
Et si son but était finalement de montrer à Drago que je le préférais encore ? Peut-être qu'il ne voulait pas se remettre avec moi finalement. Ce serait en effet beaucoup mieux pour nous deux.
Lorsque le soir arriva, je ne parvins pas à sortir de mon bureau, même lorsque Becker partit, alors qu'il était déjà bien tard. Drago allait me tuer après ce que j'avais dis à Blaise et j'étais loin d'être prête à l'affronter. Et de toute façon, après ce qu'il avait osé me dire au déjeuner il était hors de question que je lui pardonne aussi rapidement. J'avais été trop stupide de ne pas m'être occupée de me trouver un nouveau logement. Je m'étais installée chez Drago comme une idiote, sans penser à ce genre de chose. Sans penser à nos éventuelles disputes. Je me plongeai alors dans tout mon travail en retard, me disant qu'il serait peut-être plus judicieux de dormir à l'hôtel ce soir.
Cependant, une heure plus tard, la porte de mon bureau s'ouvrit sur Drago en personne. Il semblait fatigué et profondément agacé.
- Qu'est-ce que tu fous ? Je me suis inquiété ! S'exclama-t-il en entrant.
Il prit soin de refermer la porte derrière lui et se posta face à mon bureau.
- J'ai dû travail, répliquai-je d'une voix sèche.
Il fronça les sourcils et appuya ses mains sur mon bureau pour se pencher dans ma direction. J'eus un mouvement de recul et le toisai avec méfiance.
- J'aimerais beaucoup retrouver l'Hermione intelligente.
- Je te demande pardon ? Répliquai-je d'une voix aiguë.
- Tu n'as toujours pas compris ? Insista-t-il. Au déjeuner, ce n'était pas réel. J'ai mentis pour te faire enrager. Bon d'accord, Blaise est persuadé qu'il ira bien au mariage avec toi, mais je ne comptais pas m'y rendre à sa place. C'était juste pour que tu t'énerves et que tu quittes la table. Si les gens avaient vu que c'était trop facile avec toi, aucun membres de l'organisation n'y aurait cru !
- Tu veux dire que...
- Non mais franchement Hermione ! Lâcha-t-il en levant exagérément les yeux au ciel.
Mon visage se décomposa et j'eus enfin ma réponse. Si j'avais accepté la proposition de Blaise c'était uniquement pour faire enrager Drago. Je m'en rendais à présent compte.
- Merde... marmonnai-je en fuyant son regard.
- Quoi ?
Je ne répondis rien, me contentant de fixer le bois de mon bureau d'un air crispé.
- Qu'est-ce que tu as fais ?! HERMIONE ! S'écria-t-il en tapant des mains sur le bureau.
- Pourquoi tu ne m'as pas prévenu ! Hein ? Pourquoi ne pas m'avoir dit que tu voulais me faire enrager ?!
- Mais parce que tu es une catastrophe en termes de comédie ! Ca n'aurait jamais paru vrai si je t'avais mis au courant et tu le sais très bien !
- Je t'emmerde ! M'exclamai-je en me levant de ma chaise pour lui faire face.
Nous nous fixâmes pendant quelques secondes en silence. Drago finit par retirer ses mains du bureau et s'éloigna quelque peu de moi.
- Alors ? Qu'est-ce que tu as fais ? Insista-t-il d'une voix dangereusement calme.
- J'ai dis à Blaise que j'irais avec lui au mariage, répondis-je d'une voix à peine inaudible.
Cependant, Drago saisit la totalité de ma phrase et je crus que ses yeux allaient sortir de leurs orbites.
- Non mais ce n'est pas possible... Tu les enchaînes Hermione... lâcha-t-il d'un air catastrophé. Et qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Hein ? Tu as pensé à l'organisation ? Qu'est-ce qu'on va faire ?
- Je vais y réfléchir...
- Non Hermione ! S'exclama-t-il. Tu vas trouver une solution et très vite !
- Ce n'est pas en me criant dessus, que les idées vont fuser, lui signalai-je avec humeur.
Drago soupira profondément et décrocha ma veste du porte manteau pour me la tendre.
- On rentre, on se couche et on trouve une solution avant demain matin. J'espère que tes rêves seront de bon conseil.
Je voulus attraper ma veste, de mauvaise grâce, mais Drago ne la lâcha pas.
- Ce n'est pas plus mal finalement, lâcha-t-il le regard perdu dans le vague.
Je l'observai sans comprendre.
- Je suis censé te charmer pour te faire intégrer l'organisation. Je suis censé être charismatique, pas te faire tomber amoureuse de moi. Si c'était le cas, je me ferais tuer pour avoir pris la décision sans « T ». Après tout, c'est lui qui désigne les couples. Donc, ce n'est pas plus mal que tout le monde voit que tu vas au mariage avec Blaise. Ca voudra dire que j'ai fais un très bon travail, sans aller trop loin pour te recruter.
- Ah ! Laissai-je échapper d'un air fier.
- Ouai, calme-toi hein, répliqua Drago en relâchant enfin ma veste. Tu n'avais pas pensé une seconde à cette possibilité. Encore une fois, c'est moi qui pense à tout et qui règle tout.
Je m'abstins de faire le moindre commentaire, même si je mourrais d'envie de lui rabattre son clapet. Les choses avançaient et c'est tout ce qui comptait en fin de compte.
