Δ Chapitre 18 : Le château
J'eus à peine posé les pieds dans le hall du ministère le lendemain matin que je fus aspiré dans une nervosité étrange. Les gens qui courraient dans tous les sens semblaient beaucoup plus agités que d'habitude et le brouhaha était presque assourdissant. Je lançai un regard en coin à Drago qui avait transplané quelques mètres plus loin. Il fixait les passants en fronçant les sourcils. Lui aussi sentait qu'une étrange ambiance régnait dans tout le hall. Alors que j'allais enfin croiser son regard, on me tira par l'épaule pour me forcer à me retourner. C'était Stella Parmaid, l'adjointe du ministre de la magie.
- Par Merlin Mlle Granger ! Nous avons passé la nuit à essayer de vous joindre ! Aucun hibou n'est parvenu à vous délivrer la moindre lettre ! Vous vivez dans une prison ou quoi ?!
- Vous avez essayé de me joindre ? Répétai-je d'un air abasourdis. Au bout milieu de la nuit ? Mais...
- Le ministre de la magie nous attend, dépêchez-vous.
Elle ne me laissa pas l'occasion d'ajouter quoi que ce soit, qu'elle s'élança à travers la foule. Je la suivis jusqu'à un ascenseur dans lequel je m'engouffrai à sa suite. Notre descente jusqu'au bureau de Shacklebolt se fit dans un silence de mort.
Que se passait-il donc ? Qu'avais-je fait ? Parmaid, faisait-elle partie du Triangle du sang ? Prenait-elle la suite de Drago ? Cela aurait pu être possible, cependant... il se passait certainement autre chose. Quelque de plus grave, de plus important que mon recrutement.
Parmaid, poussa la porte du bureau du ministre de la magie et nous entrâmes. Je m'immobilisai quelques instants, constant que nous étions loin d'être seules avec Shacklebolt, qui était assis à son bureau la mine sombre. Il y avait également, le chef des Aurors, le directeur du département des accidents et des catastrophes magiques, la directrice du département de contrôle et de régulation des créatures magiques, le directeur des transports magiques... En fait, les directeurs de chaque département étaient là et soudain mon cœur loupa un battement. Je passai de nouveaux de visage en visage, mais Becker n'était définitivement pas là. Pourquoi était-elle la seule qui manquait à l'appel ?
- Où est Alicia Becker ? Demandai-je d'une voix plus tendue que je ne l'aurais voulu.
Shacklebolt leva enfin les yeux vers moi et j'eus l'impression que je venais de poser la question interdite.
- Alicia Becker a été tuée dans la nuit à son domicile.
- QUOI ? M'écriai-je.
- J'ai mis toutes mes équipes sur le coup, intervint le chef des Aurors.
- Les miennes se concentrent uniquement sur son cas également, ajouta le directeur du département des mystères.
- Faut-il que je ferme tous les...
- SILENCE ! S'exclama Shacklebolt. Mlle Granger, approchez s'il vous plait.
Je m'avançai jusqu'à lui et il me désigna une lettre rouge à mon nom, posée sur son bureau. Une beuglante...
- Elle vient d'Alicia Becker, me signala-t-il.
Becker avait-elle prévu de faire part de mon incompétence devant tout le monde ?
- Cette lettre a dû arriver sur mon bureau cette nuit. Il m'est impossible de la prendre. Seule vous, le pouvez visiblement, expliqua Shacklebolt.
- Je connais ce genre de sortilège, intervint la directrice du département de contrôle et de régulation des créatures magiques. C'est en quelque sorte les dernières volontés d'un sorcier. Si nous écrivons une telle lettre, elle apparait à notre mort et seul sont destinataire peut l'ouvrir.
- Mais dans ce cas pourquoi en faire une beuglante ? Intervint le directeur des transports magiques.
- J'imagine que c'est pour que Mlle Granger ait l'information en même temps que nous autres. Pour être sûr qu'elle en ait connaissance.
- Donc il faut supposer que Becker savait ce qui allait lui arriver ? S'enquit le chef des Aurors.
- Je pense que oui, répondit Shacklebolt la mine déconfite.
D'un signe de tête, il m'incita à ouvrir la lettre et je la décochai, les mains tremblantes.
La lettre se transforma en une bouche et la voix de ma défunte chef s'éleva dans le grand bureau.
« Hermione Granger, forte de ses capacités, prendra ma relève dans un an. Un remplaçant prendra ma place durant cette période pour permettre à Mlle Granger de parfaire ses connaissances et sa maitrise de la justice magique. Elle en sans nulle l'une des sorcières les plus compétentes de sa génération ».
La dernière phrase de Becker fut à peine terminée, que l'enveloppe se découpa en plein de petits morceaux qui tombèrent mollement au sol, alors qu'un silence pesant s'insinuait dans toute la salle. Si je n'avais pas entendu sa voix, je n'y aurais pas cru une seconde. Elle avait passé ces dernières semaines à me critiquer et me faire part de mon incompétence à tout bout de champs et voilà qu'à présent, elle me promettait son poste dans un an. Pourquoi ?...
- Qu'est-ce qu'on fait ? S'enquit une voix.
- On met en place ce que Becker a suggéré.
- C'est une blague ? S'exclama le chef des Aurors. Mlle Granger n'est qu'une gamine qui sort tout juste de ses études et...
- Si Becker croyait en elle c'est que...
- Mais qui nous dit que Becker n'a pas écrit cette lettre sous la torture ! Insista le chef des Aurors, coupant la parole à Shacklebolt.
- C'est vrai que moi, j'ai attendu d'avoir quarante ans pour... intervint une nouvelle voix.
- SILENCE ! S'écria Shacklebolt visiblement à bout de nerf.
Il se leva de sa chaise pour se hisser à la hauteur de tous les sorciers présents dans la salle.
- Je vais m'occuper de trouver une personne pour le poste de chef du magenmagot pour une durée d'un an et après, ce sera à Hermione Granger que reviendra le poste. La discussion est close.
Tous les directeurs, sans exceptions, se tournèrent vers moi pour me jauger de leur regard le plus méprisable possible, mais je m'en fichais. Il n'y avait qu'une chose qui résonnait en boucle dans ma tête : la phrase du chef des Aurors. « Qui nous dit que Becker n'a pas écrit cette lettre sous le torture ». Et si c'était vraiment le cas ? Si l'un des membres du Triangle du sang avait décidé de me hisser à ce poste voyant que j'allais bientôt intégrer leur organisation ? C'était plus probable que le fait que Becker estime finalement mes capacités. Je ne méritais pas un tel poste. Je laissai échapper un rire totalement dénué d'humour. Becker n'aurait jamais chanté mes louages, pas après ces dernières semaines, c'était donc forcément une manœuvre de l'organisation. J'étais un imposteur qu'on nommait à un poste pour de mauvaises raisons. Je me sentais plus minable que jamais.
Alors que je rejoignais mon bureau d'un pas pressé, on me tira avec force à l'intérieur d'une salle. J'entendis la porte se fermer lourdement derrière moi, alors que je me démenais pour sortir ma baguette magique de ma robe.
- Calme-toi, c'est moi, fit Drago en prenant mon visage en coupe entre ses mains. Ca va ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu étais dans le bureau du ministre ?
- Becker a été tué.
- Je sais... je sais... Il va falloir que...
- C'est le Triangle du sang qui l'a tué ?
Il me fixa quelque instant d'un air perdu, avant de reprendre son sérieux.
- Je pense, oui. Il faut absolument que tu fouilles ses affaires dans votre bureau, que tu fasses disparaitre tes recherches au sujet de l'organisation et...
- Quoi ? Marmonnai-je de peur d'avoir mal compris.
- Il faut que tout disparaisse avant que des membres du ministère ne mettent la main dessus ! S'ils trouvent des choses concernant l'organisation l'affaire éclatera au grand jour et...
- Et « T » deviendra plus cruel que jamais, terminai-je à sa place. La peur s'insinuera de nouveau dans la population sorcière et nous ne pourrons plus travailler en secret. Pire, le Triangle du sang, saura que je complote contre eux s'ils tombent sur mes propres affaires... Par Merlin ! Il faut vite que...
Les mains de Drago quittèrent mon visage et je lui adressai un regard résigné avant de sortir de la salle en courant pour rejoindre mon bureau.
Une fois sur place, je me ruai vers mes propres à affaire pour récupérer les dossiers rouges. Mon cœur battait si fort que j'avais peur qu'une de mes artères explose sous la tension. Je lançai un sort aux dossiers pour les rapetisser et les ranger à l'intérieur de mon sac. Ainsi, les preuves contre moi étaient déjà effacées. Je filai ensuite vers le bureau de Becker et ouvris un à un ses tiroirs et ses placards, pour essayer de mettre la main sur les dossiers rouges. J'en trouvai un que je rapetissai à son tour pour le joindre aux miens dans mon sac. Alors que je pensais avoir fait le tour de la question, un caret blanc attira mon attention, je l'ouvris et tombai sur un contenu pour le moins étrange. C'était des phrases écrites sous formes de tiret, les unes en dessous des autres. La plus part de ses tirets ne comportaient que des noms et prénoms, mais certains avaient des phrases plus longues.
Ne s'intéressent pas aux sang-mêlé
Nom de l'organisation : Triangle du sang
Masque blanc à l'effigie de leur groupe
Prônent le mélange sang pur et sorcier issu de parents moldus
Les bases du Triangle forment les sangs à mélanger et la pointe : le sang parfait
Lieu de réunion secret
Je lus les phrases en diagonale et reconnus plusieurs noms, comme Pansy Parkinson ou Drago Malefoy. Je rangeai cependant le carnet dans mon sac et retournai en hâte vers mon bureau. J'avais bien fait de ne pas m'éterniser, car la porte du bureau s'ouvrit à peine quelques minutes plus tard sur trois sorciers appartenant à mon département, celui de la justice magique. Ils me saluèrent d'un bref signe de tête et se dirigèrent vers le bureau de Becker. Ils ouvrirent, comme je l'avais précédemment fait, ses tiroirs et ses placards pour jeter un œil à leurs contenus.
- Qu'est-ce que vous cherchez ? Je peux peut-être vous aider, leur lançai-je.
- On cherche des indices, répondit une femme à l'allure sévère. Peut-être que Becker a noté des choses en lien avec ce qu'il lui est arrivé. Elle se sentait visiblement menacé et la connaissant, il est possible qu'elle ait laissé des indices.
Je ne répondis rien et me concentrai sur mon travail. Ils ne trouveraient certainement rien d'intéressant, j'avais déjà tout pris. Du moins, je l'espérais.
Après une demi-heure d'inspection, ils finirent par sortir du bureau les bras ballants. L'un des sorciers se retourna cependant vers moi, juste avant de franchir le pas de la porte.
- M le ministre vous donne votre journée si vous le désirez.
J'acquiesçai d'un faible signe de tête et la porte se referma sur les trois sorciers. Le bureau de Becker était sans dessus de dessous, ils n'avaient même pas pris la peine de ranger le désordre qu'ils avaient mis, ne serait-ce que par respect. Une larme coula lentement le long de ma joue et je ressortis le petit carnet blanc pour lire la seule phrase dont je n'avais pas encore pris connaissance.
Tu ne m'as pas parlé des lettres anonymes que tu as reçues... elles venaient pourtant de moi. Tu ne m'as pas totalement fait confiance et c'est une qualité indéniable. Tu mènes ta mission mieux que je n'aurais pu l'espérer. Tu as laissé tout le monde à l'écart, même moi et pour ça, tu as ma confiance éternelle. Je t'ai poussé à bout ces dernières semaines pour te forcer à donner le meilleur de toi-même. Tu auras mon poste, tu le mérites plus que quiconque. Méfies-toi de tout le monde et suis ton instinct.
Cette dernière phrase m'était expressément destinée et une nouvelle larme coula lentement le long de ma joue alors que la porte de mon bureau s'ouvrait une nouvelle fois. Drago se glissa discrètement dans la pièce et s'approcha de moi.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il visiblement inquiet.
- Becker avait tout compris, elle savait tout, elle savait même pour moi. C'est elle qui m'a envoyé les lettres anonymes pour me parler du Triangle du sang... Elle m'a poussé à bout ces dernières semaines, juste pour me motiver et... Et elle est morte... Elle savait que le Triangle du sang, n'allait pas tarder à s'en prendre à elle...
- Comment ça elle savait tout ? Insista Drago en fronçant les sourcils.
Je lui désignai le carnet blanc que j'avais refermé et Drago avança sa main pour l'attraper. Cependant, lorsqu'il posa ses doigts sur la couverture, il les retira vivement dans un cri de douleur.
- Elle l'a ensorcelé, grogna-t-il.
- Mais non pas du tout, fis-je en l'attrapant moi-même.
- J'imagine que toi seule peut le toucher.
Je fixai le carnet avec haut le cœur. Elle était morte, mais pourtant, elle avait tout mis en oeuvre pour me léguer ce carnet et ses recherches. Elle était morte, mais voulait que je mène à bien ma mission et que je prenne le poste de chef du magenmagot. Elle était morte en me faisant une confiance aveugle et elle m'avait donné un an de répit. Elle m'avait donné un an pour détruire le Triangle du sang, avant de reprendre son poste. Je n'avais pas le droit de la décevoir.
- Je suis prête, déclarai-je d'un ton solennel.
Drago ne réagit pas.
- Depuis le début je te dis que je le suis, mais je ne l'étais pas vraiment au fond. A présent je suis prête. Becker croyait en moi, croyait en ma capacité à anéantir le Triangle du sang et je le ferais. Je ne la décevrais pas. Si je dois adopter le rôle d'une personne cruelle, je le ferais. Si je dois torturer de malheureux sorciers dans le cadre de ma mission, je le ferais, ne serait-ce que pour que les autres membres de les tortures pas plus fort que je le ferais. Ma seule limite sera le meurtre. J'ai un an pour régler cette affaire et j'y arriverais. Nous y arriverons, insistai-je en plongeant mon regard dans celui de Drago.
Il esquissa un sourire emplit de fierté et de satisfaction.
- Enfin... C'est ce que j'attendais de toi Hermione. Je t'emmène au château ce soir.
Il était tard, très tard, lorsque nous avançâmes sur la longue allée en gravier menant au fameux château. « T » devait vraiment être extrêmement puissant pour camoufler un tel bâtiment. Il devait également être sûr de ces capacités étant donné qu'un immense triangle en métal argenté surplombait le château, ce qui aurait fait office d'aveux si les sortilèges venaient à être contrés.
- Comment ça va se passer ? M'enquis-je.
Ma voix n'était pas tremblante. Elle était au contraire résignée et concentrée.
- Je ne vais rien te dire. Je veux que tu agisses naturellement, que tu sois surprise si tu l'es vraiment. Agis normalement, mais ne montre pas que tu es effrayée ou indignée.
- Je ne serais ni effrayée, ni indignée.
La main de Drago frôla la mienne et j'étais certaine qu'il l'avait fait exprès.
- J'ai envie de t'embrasser, murmura-t-il dans un souffle presque inaudible.
Je ne répondis pas et Drago s'arrêta juste devant la grande porte. Il me lança un dernier regard, laissa échapper un profond soupire et poussa finalement la lourde porte en bois du château. Nous arrivâmes dans un immense hall vide. Un silence inquiétant y régnait également. Je ne m'étais pas attendu à ça. L'ambiance était particulièrement froide même si la pièce était richement décorée.
Nous traversâmes le hall d'entrée qui déboucha sur un couloir particulièrement large qui nous suivîmes. Nous passâmes devant une double porte ouverte sur une grande salle où enfin, je pus voir les premiers membres de l'organisation. Des murmures de discussions s'échappaient de la salle et Drago s'arrêta devant pour me laisser le loisir d'observer ce qu'il s'y passait. La salle en question ressemblait à un lieu de réception. De grandes tables rondes étaient parsemées ici et là, et de nombreux sorciers s'entretenaient entre eux par groupe de trois ou quatre, parfois plus.
- C'est la salle principale, commenta Drago. La fois où nous avons vu « T » c'était ici. C'est là qu'on prend nos repas ou qu'on se retrouve. Cela fait un peu office de salle commune et de grande salle, comme à Poudlard. Oui, c'est un peu les deux à la fois, dit-il d'un air songeur.
D'un signe de tête, il m'incita à poursuivre notre route, mais quelqu'un m'attrapa soudain le bras.
- Hermione !
C'était Denis Crivey. Il était là ! Vivant et en un seul morceau.
- Tu es avec nous ? Tu rejoins le Triangle du sang ? S'enquit-il comme s'il ne parvenait pas vraiment à y croire.
Je me contentai de hocher la tête.
- Je savais que j'avais fait le bon choix ! S'exclama-t-il d'un air enjoué.
- Parce que tu n'en étais pas totalement sûr ? Lui lança Drago d'un air menaçant.
- Si si bien sûr, répondit-il attifement d'un air effrayé.
Je me rendis compte que l'intervention de Denis avait attiré l'attention sur Drago et moi, puisque plusieurs sorciers de la salle avaient tourné le regard dans notre direction. Je redressai quelque peu les épaules pour me donner une contenance et Drago me tira pas le bras pour me forcer à le suivre, abandonnant Denis.
- Tu vois à quel point tu étais importante pour « T », me chuchota Drago. Tu as la preuve que l'organisation a raison, notamment pour les sorciers issus de parent moldu qui sont encore septiques. Pour beaucoup tu es la voix de la sagesse, alors te voir ici... Les conforte dans leurs choix.
Je ne répondis pas et continuai de suivre Drago. A chaque fois que nous passions devant une porte, que celle-ci soit ouverte ou non, il me faisait un bref résumé de ce qui s'y trouvait. Il s'agissait la plus part du temps de petits salons ou de salles d'entrainement.
- Là, dit-il en s'arrêtant devant une lourde porte en fer forgé, cela mène au sous sol. C'est là que les sorciers réticents sont emmenés. Ils ne peuvent pas s'échapper. Je pense que c'est là que t'enverra « T ».
- Quoi ? Mais je ne suis pas réticente !
- Pour les convaincre et les former, précisa Drago. Tu es le symbole que l'organisation est juste, tu seras la meilleure pour ce poste.
- Qui s'en charge actuellement ?
- Il n'y a pas de personne attitré, cela dépend de la volonté de « T », répondit Drago en soupirant. Je déteste quand c'est moi qu'il envoie. Je n'ai aucune patience... Je pense que tu seras parfaite pour ça et de cette manière tu n'aurais à faire de mal à personne. J'espère vraiment que « T » t'y enverras.
Je ne répondis pas et nous continuâmes à avancer. Nous débouchâmes sur une pièce totalement ronde. Au bout, se trouvait un couloir très mince, donc le pan du mur de droite était entièrement recouvert de miroir.
- La pièce au fond de ce couloir est la plus importante, déclara Drago. C'est par le biais de cette pièce que nous communiquons avec « T ». Il nous laisse des parchemins individuels pour nous donner ses ordres. Si tu as un message à lui faire parvenir, c'est également par ce biais.
Je me contentai de hocher la tête, pendant que Drago se dirigeait vers l'escalier sur notre gauche.
- Là haut se sont les chambres. Il y a également plusieurs salons avec des bibliothèques.
Je montai à sa suite, toujours en silence, essayant de m'imprégner de chaque détail. Les murs étaient décorés par de nombreux tableaux entre lesquels s'intercalaient des flammes particulièrement lumineuses enfermées derrières des parois en verres. J'étais presque certaine qu'il s'agissait de feudeymon. Nous empruntâmes ensuite un long couloir, avec de nombreuses portes et Drago s'arrêta devant l'une d'entres elle.
- C'est ta chambre, me signala-t-il.
- Je croyais qu'il fallait avoir fait ses preuves pour en avoir une ?
- « T » donne des chambres à ceux qu'il estime, mais aussi à ceux dont il se méfie.
- J'imagine que j'entre dans la deuxième catégorie ?
- Oui. Jusqu'à ce que tu fasses tes preuves.
- Donc on ne va plus vivre dans ta chambre ? Demandai-je pour être sûr de bien comprendre.
Ma question sembla lui plaire, car ses lèvres s'étirèrent en un sourire.
- Tu peux venir quand tu veux.
- Et comment je m'y prends ?
- Comme d'habitude, sauf qu'il ne faut pas que tu lances le sort dans le château. Ce serait trop risqué, on pourrait te surprendre. Lance-le dans ta chambre. D'ailleurs, il faut que tu choisisses un mot de passe pour le tableau de ta porte de chambre, ajouta-t-il.
Je me plaçai face au tableau en question et réfléchis pendant quelques secondes.
- Objectif destruction, lâchai-je.
- Mot de passe enregistré, répondit le tableau en ouvrant la porte.
- Très poétique ton mot de passe, signala Drago amusé. Je dois descendre informer « T » de ta présence. Enfin, je suis presque certain qu'il est déjà au courant, puisqu'il est toujours au courant de tout, mais c'est la procédure.
Drago m'adressa un dernier sourire encourageant et s'enfonça dans le couloir, me laissant totalement seule.
Ma chambre n'avait rien à voir avec celle de Drago. Elle était beaucoup, beaucoup plus petite. Je n'avais par exemple pas de grande table ou de cuisine, ce qui induisait surement que j'allais devoir dîner en bas avec les autres membres du Triangle du sang. De toute façon, c'était préférable pour mon intégration. J'inspectai davantage les lieux. J'avais un grand lit collé à l'un des pans du mur et un petit canapé à l'opposé. J'ouvris l'une des portes qui menait aux toilettes, puis la deuxième qui renfermait une petite salle de bain, qui n'avait une fois de plus rien à voir avec celle de Drago. « T » devait l'estimer beaucoup plus que Drago l'imaginait pour avoir eu le droit de mériter une chambre pareille. Même si ma chambre était luxueuse, elle n'était comparée à celle de Drago.
Après mon inspection des lieux, je me laissai tomber sur mon lit dans un profond soupire. J'y étais enfin, j'étais dans le château de l'organisation. J'étais sur place ! Pourtant, je n'arrivais pas à savourer cette petite victoire. Certes j'avais une boule d'angoisse au fond de la gorge quant à mon propre sort, mais surtout, Becker était morte. Je m'en voulais terriblement d'avoir douté d'elle. Si j'avais pu revenir en arrière... Si j'avais su avant... Je laissai échapper un nouveau soupire. Cela ne servait à rien de ressasser le passé. Il fallait plutôt que j'honore sa mémoire.
Cela faisait déjà deux bonnes heures que Drago m'avait abandonné. Que faisait-il ? Où était-il ? Il ne pouvait tout de même pas déjà m'avoir oublié ! Qu'étais-je censée faire ? Rester dans ma chambre ? Sortir au contraire ? Je m'essayai sur le rebord de mon lit pour réfléchir. Si Drago Malefoy m'avait vraiment recruté, je n'aurais pas attendu sa permission pour sortir. D'ailleurs, il n'aurait jamais prévu de me rejoindre. Le Drago de Poudlard m'aurait juste lâché devant la porte de ma chambre et abandonné à mon sort. Après tout, n'étais-je pas sensée agir comme si le Drago de Poudlard m'avait recruté ? Si ! Je me levai alors avec entrain et poussai la porte de ma chambre pour jeter un œil dans le couloir. J'eu à peine mis un pied dehors que je sentis aussitôt une présence.
- Granger, Granger... murmura une voix moqueuse.
Théodore Nott se tenait négligemment appuyé contre le mur, près de ma porte.
- Si on m'avait dit que tu te retrouverais un jour ici...poursuivit-il en se rapprochant quelque peu de moi. C'est donc vrai, Granger a rejoint le Triangle du sang. Je croyais que Drago s'était vanté une fois de plus, mais il a vraiment réussit. Toute mes félicitations Granger, tu as rejoins le sommet.
Je ne savais pas trop comment réagir, ses propos me mettaient particulièrement mal à l'aise. Je ne savais pas s'il était sincère où s'il se moquait de moi.
- Eh Conor ! Viens-voir qui est là ! S'écria-t-il à quelqu'un qui était visiblement à l'autre bout du couloir.
Je me retournai pour observer le garçon en question. Il avait une peau extrêmement blanche, ce qui contrastait avec ses cheveux noirs ébène. Ce dernier nous jaugea pendant quelques instants, afin de finir par nous rejoindre. Il m'interrogea du regard et je compris que j'étais censée me présenter.
- Hermione Granger, le saluai-je alors le plus poliment possible.
- Conor Parmaid.
- Parmaid ? Répétai-je en fronçant les sourcils. Tu es de la famille de Stella Parmaid ?
- Bien vu ! S'exclama-t-il impressionné. C'est ma mère.
Sa mère ?! Bon sang, mais les membres de l'organisation étaient vraiment infiltrés de partout... Sa mère était l'adjointe du ministre de la magie !
- Tes parents font partie des nôtres ?
Il secoua la tête pour seule réponse.
- Et toi ? Demandai-je à Nott sur le ton de la conversation.
Il sembla particulièrement amusé par ma question. Avais-je été trop indiscrète ?
- Aucun adulte n'a connaissance de notre organisation, me répondit finalement Conor. « T » ne veut pas d'idiots ayant été trop impliqués auprès de Voldemort ou se croyant supérieurs aux jeunes que nous sommes. « T » dit que nous sommes l'avenir, les adultes n'y ont pas leur place.
J'avais un nouvel élément en ma possession, élément que Drago n'avait visiblement pas jugé intéressant de me transmettre. Si « T » n'aimait pas les adultes, il y avait de fortes chances pour qu'il n'en soit pas un, ce qui resserrait l'entonnoir de son identité.
- Drago n'a pas prit le temps de tout t'expliquer visiblement, ça ne m'étonne même pas, renchérit Nott en levant les yeux au ciel. Sinon...
Il semblait à présent mal à l'aise et je l'incitai à poursuivre d'un regard timide.
- Sans rancune pour Poudlard ? Nous n'étions que des gamins stupides qui n'avaient pas compris la valeur de ton sang. Je suis désolé.
- Tu es issus de parent moldu ? Interrogea Conor Parmaid.
- Mais enfin, c'est Hermione Granger ! S'exclama Nott comme si son ami avait dit une absurdité. Tu ne sais pas qui c'est ?
Le concerné paru mal à l'aise et ses yeux s'ouvrirent soudain en grand.
- Hermine Granger ! La fidèle amie de Potter et l'adjointe de la chef du magenmagot ! Mais oui ! Il parait que tu es l'une des plus brillantes sorcières de notre génération !
J'éprouvai un soudain élan de fierté et je pris alors conscience de l'engrenage de l'organisation. C'était si rare de se voir complimenter sur son sang pour les sorciers comme moi, que j'arrivais à comprendre pourquoi beaucoup avaient rejoint le Triangle du sang. Ils s'étaient enfin sentis acceptés, voire admirés.
- Tu descendais dîner ? Poursuivit Connor.
- Ouai, viens avec nous, enchaîna Nott.
Les deux garçons s'élancèrent en direction du couloir et après un bref instant d'hésitation, je refermai la porte de ma chambre et les suivis. Etres avec eux était mieux que d'arriver seule pour le dîner, c'était certain. Surtout que Drago, n'avait toujours pas refait surface.
Nous descendîmes les escaliers en silence et nous rejoignîmes la grande salle qui s'était bien rempli depuis que j'étais passée devant deux heures plus tôt.
- Il y a Daphné là-bas, signala Théodore.
Nous le suivîmes en direction de la table et je sentis mon cœur battre la chamade dans ma poitrine. Les deux garçons m'avaient gentiment accueilli, mais en serait-il de même pour la fille ? J'eus rapidement ma réponse, car lorsque je pris place sur la chaise libre à côté d'elle, elle me lança un sourire encourageant.
- Ce n'est pas nécessaire de vous présenter j'imagine ? Lança Théodore. Vous vous êtes déjà vues à Poudlard.
Nous hochâmes toutes les deux la tête dans un même mouvement, alors que des elfes de maison commençaient à disposer des plats sur notre table. Je me remplis une assiette en silence pendant qu'une quatrième personne se joignait à nous. Il s'agissait d'une très belle fille aux cheveux blonds blés qui semblait être d'une extrême douceur.
- Ca t'arracherait la bouche de te présenter ? Lui lança Daphné sur un ton autoritaire.
- Hortense Fence, vint-deux ans, française, issus de parents moldus, très douée en botanique et en potion. Je travaille essentiellement dans le château pour créer des pièges à destination des éventuels intrus et je suis de mauvaise humeur. Et toi, ajouta-t-elle à l'attention de Daphné, je t'emmerde. Je suis fatiguée, j'en ai ras le cul de travailler avec des incompétents. Qu'ils crèvent tous !
- Très élégante, comme d'habitude, lui lança Connor d'un air presque dégoûté.
Encore une preuve que les premières impressions étaient souvent trompeuses. Le visage d'ange de la jeune fille contrastait étrangement avec son comportement. Elle ressemblait à une aristocrate française alors qu'elle s'exprimait comme une vraie charretière.
- Elle est toujours comme ça, ne fait pas attention, me signala Daphné à voix basse. Alors il parait que tu es pressenti pour reprendre le poste de Becker ? C'était bien elle la chef du magenmagot hein ?
Ma gorge se resserra. La manière si désinvolte dont elle en parlait me brisait le cœur.
- Oui, dans un an normalement, répondis-je sans laisser transparaitre la moindre émotion négative.
- Ce serait vraiment super ça ! T'avoir à la tête du département serait un avantage indéniable, vous imaginez ! Lança-t-elle aux autres avec enthousiasme.
- C'est vrai, que cela arrangerait beaucoup nos affaires, répondit Connor.
- Eh, bien... fit une voix trainante derrière mon dos. Je vois qu'on ne m'attend pas pour dîner.
- On ne sait jamais quand tu es là ou quand tu n'es pas là, signala Théodore avec humeur. On ne va pas t'attendre tous les soirs jusqu'à point d'heure en espérant que tu te montres.
- Je suis Auror je te rappelle, excuse-moi de travailler dur, répondit Drago en tirant la chaise à côté de moi pour s'y asseoir. Vous avez fait connaissance ? Ajouta-t-il à ses amis en me désignant d'un bref signe de tête.
- On y travaille, répondit Daphné en souriant.
- Je viens de prévenir « T » de ton arrivée, fit Drago à mon attention. J'imagine qu'il te fera passer un mot dès ce soir. Il faut que tu penses à aller fréquemment dans la salle pour voir s'il n'a rien laissé à ton attention. Tant que tu n'as pas le tatouage sous le talon, il faut que tu sois au garde à vous.
- Comment ça au garde à vous ? Demandai-je en fronçant les sourcils.
- Notre tatouage est évidemment un signe de ralliement, m'expliqua Daphné, mais c'est aussi une manière qu'à « T » de communiquer avec nous. Lorsqu'il dépose un message pour nous, une petite chaleur nous le signale.
Cela me faisait étrangement penser aux pratiques de Voldemort avec la marque des ténèbres, cependant je ne fis aucune remarque à ce sujet.
- Pansy n'est pas là ? Demanda Drago en jetant un œil aux tables voisines.
- C'est de Pansy dont on parle, répondit Théodore en levant les yeux au ciel. Elle est encore plus absente que toi. On ne sait jamais où elle est et ce qu'elle fait. J'en viens même à me demander si elle ne couche avec « T » !
Hortense explosa de rire tandis que Daphné adressait à son ami un regard sévère.
- Ne dis pas de choses pareilles, tu veux te faire tuer ou quoi ?
- Ca va je rigole ! Et puis de toute façon on est entre nous. Mais franchement, je suis sûr que c'est la favorite de « T » ! C'est elle qui a toutes les missions les plus importantes.
- Et c'est aussi elle qui se met le plus en danger, lui répondit Daphné.
- Vous pensez que c'est elle qui s'est occupée de Becker ?
- Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? Intervint Drago d'un ton cassant. Le principal c'est que la chef du magenmagot ait disparu de la circulation. Point barre.
Ma gorge se noua de nouveau. Drago était froid et je savais qu'il le faisait pour le bien de sa couverture, mais l'entendre parler ainsi de Becker m'attristait terriblement. Elle avait été lâchement tuée et moi, j'étais en train de manger et de copiner avec ceux qui avaient précipité sa mort, ainsi que celle de beaucoup d'autres sorciers. Je sentis la main de Drago se glisser dans la mienne que j'avais laissé sur ma cuisse, à l'abri des regards et son geste me réconforta plus que je ne l'aurais cru. Cependant, il ne la laissa que quelques secondes et j'en ressentis un affreux manque.
- Il parait que « T » va bientôt former les couples, souffla Daphné à voix basse en se penchant vers le centre de la table.
- Déjà ? S'enquit Théodore. Je croyais que c'était prévu pour beaucoup plus tard.
- J'en ai juste entendu parler par Pansy.
- « T » doit vouloir qu'on mette en route la prochaine génération...
Je vis Hortense faire une grimace et Drago se crisper. Théodore se tortilla sur lui-même pour passer la salle au peigne fin.
- Si vous aviez le choix, vous choisiriez qui ? Nous questionna-t-il.
- Moi je choisirai Denis Crivey, déclara Daphné sans la moindre hésitation.
- Quoi ?! S'exclama Drago qui écarquillait les yeux de surprise.
- Il a l'air facile à vivre. On ne nous demande pas de tomber amoureux et de vivre ensemble. Le but c'est juste de former des paires pour mettre au monde des enfants. Je suis sûr qu'il ne m'emmerderait pas lui au moins.
- Ce n'est pas faux, admit Théodore. Moi je pense que c'est toi que je choisirai, ajouta-t-il en riant à l'attention d'Hortense.
- Ferme-là tu veux ! Répliqua cette dernière. Tu me donnes la gerbe.
- Bah on moins on se connait.
- Justement, on se connait trop, insista-t-elle. Et toi Connor ?
Sa réaction fut si rapide que je ne fus pas sûr que quiconque l'ait remarqué mis à part moi, mais le concerné me lança un bref regard, avant de se reprendre.
- Je n'en sais rien, se contenta-t-il de répondre.
- Et toi ? Lança Théodore à Drago.
Les lèvres de ce dernier s'étirèrent en un sourire moqueur et il se tourna lentement vers moi.
- Qu'en dis-tu Granger ?
- Hermione, elle s'appelle Hermione. « T » ne veut pas qu'on s'appelle par nos noms de famille, signala Daphné.
Drago balaya son commentaire d'un mouvement de la main et plongea son regard dans le mien.
- Alors ? Ca te plairait ? Insista-t-il.
- Dans tes rêves Malefoy, répliquai-je d'un air suffisant. A ce stade de mon intégration je pense que je choisirais plutôt... Conor.
Le visage du concerné se décomposa de surprise tandis que Daphné frappait dans ses mains d'un air véritablement amusé. Drago me fusilla quelques secondes du regard avant de se servir une part de tarte aux pommes que les elfes venaient d'apporter.
A la fin du repas, comme me l'avait suggéré Drago, j'entrepris de rejoindre la salle d'entretien de « T ». Ainsi, je longeai le long couloir, dont l'un des murs était entièrement recouvert de miroirs et arrivai face à une porte munit d'un tableau représentant un très vieil homme.
- Bonjour, le saluai-jen ne connaissant pas vraiment la marche à suivre.
- Que puis-je pour vous ? Me demanda-t-il d'un air suffisant.
- Je voudrais savoir si « T » a laissé un mot à mon attention.
Le vieil homme me toisa de la tête au pied pendant plusieurs secondes qui furent particulièrement agaçantes, avant de finalement secouer la tête.
- Il n'y a rien pour moi ? Insistai-je. Vous êtes sûr ?
- Vous pensez que je ne sais pas faire mon travail ? Répliqua-t-il avec humeur. Allez ouste !
Alors que je remontai les escaliers pour rejoindre ma chambre, je ne pus m'empêcher de me demander si l'absence de mot de la part de « T » était normale. Après tout, Drago avait insisté sur le fait qu'il fallait que j'aille régulièrement y jeter un œil... Ce qui voulait dire qu'il s'était attendu à ce que je reçoive une note. Mais pourquoi n'y avait-il rien ? « T » avait-il découvert mes intentions ? Se méfiait-il de moi ? Mon cœur se souleva dangereusement.
- Objectif destruction, déclarai-je.
La porte de ma chambre s'ouvrit et je m'y engouffrai, toujours tourmentée par mes pensées. La porte se referma derrière moi et alors que je levai ma baguette pour allumer les bougies, Drago qui était déjà là, le fit à ma place. Il était confortablement installé sur mon canapé.
- N'oublie pas que je connais ton mot de passe, me signala-t-il sur le ton de la conversation. Ca te dérange ?
Je secouai la tête. Le voir dans ma chambre ne pouvait que me faire plaisir. Je n'avais pas envie d'être seule.
- Comment ça s'est passé avec les autres avant que je vous rejoigne ? Me questionna-t-il.
- Ils ont été très gentil. Peut-être trop... Je ne sais pas. Je peux leur faire confiance ? Qu'ont-ils dis quand je suis sortie de table ? Demandai-je à mon tour en prenant place à côté de lui sur le canapé.
Drago me lança un regard amusé.
- Tu t'inquiètes de savoir s'ils t'apprécient vraiment ? Alors Hortense s'en fiche. De toute façon, elle se fiche de tout et passe ses journées à se plaindre. Théodore t'aime bien et il espère que tu lui as vraiment pardonné toutes nos années de Poudlard, Daphné m'a mis en garde et...
- En garde ? Répétai-je en fronçant les sourcils.
- Nous avons tellement bien joué le jeu au ministère, qu'ils étaient tous persuadés que tu étais tombée sous mon charme. Donc Daphné m'a demandé de ne pas « jouer » avec toi. Elle ne veut pas que tu espères qu'on finisse tous les deux ensembles.
- Et qu'est-ce que tu lui as répondu ?
- Que tu étais très intelligente et que tu avais finalement compris mes intentions, mais que même sans moi, l'organisation t'intéressait.
- C'est gentil de ta part.
- De quoi ? Demanda Drago surpris.
- C'est gentil de ne pas me faire passer pour une idiote complètement folle de toi, qui n'a pas comprit qu'elle était manipulée depuis le début.
Drago se contenta de sourire comme seule réponse.
- Et Conor ? Poursuivis-je. Il m'aime bien ?
- Je pense que je n'ai pas besoin de répondre à la question. Il n'a rien dit de spéciale, ce qui en dit long sur le fait que tu lui plais.
- Alors toi aussi tu as remarqué l'étrange regard qu'il m'a lancé ? Je pensais avoir rêvé mais...
- Je suis très observateur, répliqua Drago. Et tu devais quand même être assez sûr de ce que tu avais vu puisque tu as dis que c'était avec lui que tu aimerais bien être en couple si tu avais le choix.
Drago ne semblait pas énervé, mais au contraire, amusé.
- Tu lui plais et tu en as profité Hermione. C'est mal. Bon, pour l'instant tu ne lui plais que physiquement parce qu'il n'est pas encore en mesure de savoir à quel point du es exceptionnelle, mais ça viendra.
- Je ne pouvais pas répondre que je voulais être en couple avec toi. Il fallait bien que je choisisse quelqu'un, insistai-je.
- Je ne t'en veux pas Hermione, m'assura Drago. J'ai adoré observer la réaction de Conor. Comme s'il pouvait une seconde, envisager la possibilité de t'avoir. Mais tu es à moi n'est-ce pas ? Dit-il en plongeant son regard dans le mien.
Je ne répondis rien, avalant difficilement ma salive, complètement hypnotisée par ses yeux pénétrants.
- Tu es à moi et je suis à toi Hermione, poursuivit-il. Et je trouve ça tellement jouissif qu'on soit les seuls à en avoir conscience.
Sans que je puisse me contrôler, j'approchai mon visage de celui de Drago, comme si je voulais me fondre dans son regard acier.
- Nous sommes coincés dans cet enfer, mais finalement, cet enfer, nous permet d'être si proches l'un de l'autre, murmura-t-il.
Une intense chaleur se diffusa dans ton mon corps et j'approchai davantage mon visage de celui de Drago. Une de mes mains se posa sur son torse, mais il ne fit pas le moindre mouvement. Je fixai ses lèvres avec envie. Pourquoi m'en empêcher après tout ? Si j'avais refusé de m'approcher de lui pendant si longtemps, c'était parce que je savais qui si nous étions de nouveau proches, je ne pourrais plus considérer ça comme une erreur. Si je l'embrassais de nouveau, cela irait beaucoup plus loin cette fois-ci. Moi, Hermione Granger, j'avais envie d'embrasser Drago Malefoy. Si on m'avait dit ça à Poudlard... Si on m'avait dit ça lorsque Drago essayait de nuire à mon couple... A cet instant, j'aurais vraiment aimé que Drago prenne les devants et qu'il mette fin à l'écart entre nos deux corps, mais comme promis, il attendait que je l'y autorise. Pourtant, il y avait tout de même eu quelques petites gestes affectueux entre nous. Comme la fois où j'avais rapidement déposé mes lèvres sur les siennes, ou comme ce soir, lorsqu'il avait posé sa main sur la mienne durant le repas, pour me réconforter. Serions-nous un couple si je l'embrassais de nouveau ? Si nous couchions ensemble ce soir ? Après tout, nous ne faisions pas réellement partie du Triangle du sang. Une fois l'organisation anéantit, nous serions libres de faire tout ce que nous souhaitions... Mais n'était-ce pas jouer avec le feu, que de prendre le risque d'être avec Drago avant que tout ne soit terminé ?
- A quoi tu penses ? Murmura Drago qui me fixait toujours avec intensité.
Je ne répondis pas et approchai lentement mes lèvres des siennes. Elles finirent par se toucher et nous nous embrassâmes lentement, comme si nous étions trop timides pour y mettre de l'intensité. Ma main remonta jusqu'à sa nuque et lorsque j'y exerçai une pression presque suppliante, les mains de Drago s'enroulèrent enfin autour de ma taille et il m'allongea sur le canapé.
Cette fois nous n'avions pas juste couché ensemble, nous avions fait l'amour. Ca avait été complètement différents des fois précédentes. Cela avait été doux et emplit d'affection, comme si nous nous étions découvert pour la première fois.
Alors que j'étais toujours serrée contre lui, la tête posée sur son torse, je ne parvins pas à rester totalement détendue.
- « T » ne m'a laissé aucun message, murmurai-je.
J'entendis Drago soupirer.
- Tu ne peux pas juste profiter de cet instant en silence ? C'est dingue hein ! Tu ne peux pas lâcher prise deux secondes ?!
- Mais s'il se doute de quelque chose, s'il ne me fait pas confiance ? Je n'ai pas envie de mourir !
- Il n'a pas non plus répondu à mon propre mot concernant ton arrivée. Il devait être occupé.
- Mais occupé à quoi ? Insistai-je. Tu penses qu'il fait quoi de ses journées, cloitré dans le château, dans une pièce secrète ? Franchement je me demande.
- Il doit comploter et échafauder des plans, répliqua Drago mi-amusé, mi-inquiet. Au fait, je ne te l'ai pas dis, pour ne pas perturber ta concentration au ministère, mais « T » a eu connaissance de l'histoire du sang d'Astoria.
- Et ?
- Il a effectué un contrôle de tous les sangs le week-end dernier. Heureusement, Astoria n'était qu'un cas à part. Il n'y a donc eu aucun mort.
Drago resserra son étreinte autour de mon dos.
- Tout va bien se passer Hermione, j'en suis persuadé. Avec toi ici, je vais forcément remonter dans l'estime de « T » et nous serons beaucoup plus tranquilles. Au fait, reprit-il. La période de distance entre nous est terminée ? Je veux dire, définitivement ?
Je ne répondis pas, me contentant de lever les yeux au ciel.
- C'est juste pour m'y préparer. J'ai veux savoir, j'ai besoin de savoir !
- Oui Drago, c'est terminé.
Il ne répondit pas, mais je pouvais presque le sentir sourire de satisfaction.
