Δ Chapitre 25 : La nuit et ses secrets
- Audric Roman, se présenta l'homme qui me faisait face en me serrant la main.
Je savais que je ne le connaissais absolument pas, mais je ne pus m'empêcher de lui adresser un regard peu avenant. Il prenait la place de Becker. La place de celle qui m'avait mis sur la piste du Triangle du sang, de celle qui m'avait choisi pour être son adjointe, puis pour être sa remplaçante dans un an. Il prenait la place d'une des sorcières les plus droites et justes qu'il m'avait été donné de connaître. Une énorme boule de tristesse se forma dans ma gorge lorsqu'Audric Roman s'installa à l'ancien bureau de Becker. Il était particulièrement grand. Il avait un teint blafard et des cheveux noirs ébène. Ses traits étaient néanmoins doux, certainement dus à son jeune âge. Il semblait tout juste avoir trente-cinq ans. Je faillis me faire la remarque qu'il était certainement trop jeune pour un tel poste, avant de me souvenir que je serais moi-même à sa place dans un peu moins d'un an. Je m'assis alors à mon tour à mon bureau.
- Bien… ces deux semaines de coupures vont nous donner droit à des journées très chargées. J'espère que vous êtes prête ? Me lança-t-il en relevant les yeux vers moi.
- Bien sur !
Un petit sourire étira ses lèvres.
- Evidemment que vous êtes prête, vous êtes Hermione Granger après tout, répliqua-t-il sans me quitter des yeux. Je n'ai entendu que du bien concernant votre travail.
Son insistance à me fixer me mit particulièrement mal à l'aise. Si bien, que je lui posai une question dans le seul but de mettre fin à cet étrange échange silencieux.
- Pourquoi avoir quitté votre poste pour celui-là ?
Un nouveau sourire amusé étira ses lèvres.
- Je sais que je suis un inconnu qui prend la place de votre mentor, mais vous verrez que tout se passera bien. Et puis de toute façon, ce n'est que pour un an. Vous serez la plus jeune chef du magenmagot jamais nommée. Que ressentez-vous à cette idée ?
Son but était-il de me mettre définitivement mal à l'aise ?
- Vous êtes brillante Mlle Granger, mais pas sans failles. Alors ? Avez-vous des craintes quant à ce futur poste qui vous est destiné ? Des espoirs ?
- Rien qui me vienne à l'esprit pour l'instant, me contentai-je de répondre.
- Et pudique avec ça.
- Que poste occupiez-vous jusqu'à présent ? Demandai-je.
- Vous ne vous souvenez vraiment pas de mon nom ?...
Je sentis mon visage se décomposer tant j'étais gênée. Etait-il possible que je le connaisse et que je ne me sois pas souvenu de lui ? Audric Roman, Audric Roman…
- C'est moi qui vous ai nommé à ce poste. Vous ne vous souvenez pas de la lettre que vous avez reçue en septembre et de qui elle était signée ?
- Mais oui c'était vous ! M'exclamai-je en me souvenant en effet de sa signature en bas de la lettre.
- En effet, c'était moi. Après avoir eu l'accord de Becker évidemment. Je suis normalement en charge de recruter toutes les personnes du département de la justice magique. Lorsque je suis sorti de mes études de droit, j'étais le meilleur élève de ma promotion, tout comme vous. On m'a proposé un nombre de poste incalculable mais je n'ai jamais su lequel choisir. Pour moi, tous les postes étaient intéressants.
- Et pourquoi celui de recruteur finalement ? M'enquis-je.
- Parce qu'il me permettait de toucher à tous les métiers du département de la justice, en nommant ses meilleurs éléments dont vous faites aujourd'hui partie. Je connais donc chaque poste sur le bout des doigts. Si je suis assis face à ce bureau aujourd'hui c'est parce que personne ne voulait remplacer Becker pour seulement un an. C'est donc vers moi que l'on s'est tourné. Je vais exercer deux métiers pendant cette année. Celui de chef du magenmagot et celui de recruteur. C'est pourquoi j'ai besoin que vous soyez à cent pour cent concentrée sur votre travail et pas sur autre chose. Vous allez devoir faire plus que ce que vous faisiez jusqu'à présent étant donné que je ne pourrais moi-même pas y consacrer tout mon temps. Mais c'est une bonne manière de vous plonger dans le bain, puisque dans un an, c'est vous qui serrez à ma place. Ai-je votre confiance à présent ?
- Oui évidement, répondis-je en tentant de masquer mon malaise.
- Parfait. Alors au travail ! S'exclama-t-il d'un ton enjoué.
Durant la mâtiné, je m'étais rendue dans le service de Blaise, pour jeter un œil au dossier d'Audric Roman. Pas par méfiance, mais par curiosité. Il avait en effet été le meilleur de sa promotion lorsqu'il avait été diplômé. Comment quelqu'un d'aussi intelligent que lui avait-il pu rester aussi discret durant toutes ces années ? Ne pas avoir besoin de sans cesse prouver et montrer ses capacités, était-ce ça l'intelligence incarnée ? Etais-je alors trop vaniteuse ? Après tout, je n'avais pas retenue son nom alors que c'était lui qui m'avait choisi pour devenir l'adjointe de Becker… J'avais terriblement honte. J'avais également pris le temps de jeter un coup d'œil à sa fiche d'identité pour constater qu'il était un véritable sang-mêlé, comme Harry. Il n'y avait donc aucun risque pour que le Triangle du sang souhaite le recruter, mais de toute façon… Il était trop âgé. Après tout, il ne me semblait pas avoir vu de sorcier dépassant l'âge de trente ans au sein de l'organisation.
- Tu ne comptes pas t'asseoir ?
Je levai les yeux vers Harry qui me lançait un regard insistant, au même titre que Ginny et Blaise.
- Je n'ai pas envie que Drago me voit déjeuner avec vous.
- Et pourquoi ça ? S'enquit Blaise soupçonneuse.
- Nous avons eu une grosse dispute hier soir, répondis-je à voix basse en scrutant les alentours du réfectoire du ministère.
- Raconte-nous, me lança Ginny.
Après quelques secondes d'hésitation supplémentaires, je pris place à la table et m'adressai à mes amis à voix basse, pour leur raconter ce qu'il s'était passé la veille. Mon explication dura plusieurs minutes et Blaise fut le premier à intervenir.
- Tu vois enfin Drago sous son vrai jour, signala-t-il. Je te ferais remarquer que c'est toujours comme ça qu'il se comporte quand tu n'es pas là.
- Cela ne fait que deux semaines que tu as rejoins l'organisation, commentai-je avec humeur. Alors « toujours » n'est peut-être pas le mot approprié.
- Ne commencez pas s'il vous plait… fit Harry d'une voix suppliante.
- Dis-nous plutôt comment tu as réussis à sortir du château, ajouta Ginny. Je croyais qu'il t'avait pris ta baguette ?
Je sortis à contre cœur une lettre de mon sac, qui passa entre les mains de chacun d'entre eux.
« Hermione,
Toutes mes excuses pour hier. J'ai paniqué. Tu trouveras ta baguette sur le bar et j'espère que tu accepteras de dîner à l'extérieur du château avec moi ce soir. Je t'ai laissé l'adresse sur le deuxième parchemin. Et si jamais ce n'est pas le cas, je serais heureux de te retrouver dans notre chambre ce soir. Le petit déjeuné à côté de ta baguette est pour toi, j'ai fais du mieux que j'ai pu. L'adjointe du chef du magenmagot a besoin de prendre des forces pour le travail qui l'attend au ministère.
Je suis vraiment désolé Hermione, je ne sais pas ce qui m'a pris. J'avais juste très peur je pense.
Je t'embrasse,
Drago »
- Pfff je suis sûr que ce n'est pas lui qui t'a préparé ton petit déjeuné, fit Blaise en levant les yeux au ciel. Il ne saurait même pas faire cuire un œuf !
- Je te confirme que c'est bien lui qui s'en est occupé puisque c'était immangeable. Donc si tu pouvais laisser ta jalousie de côté cela m'arrangerais, grondai-je.
- Hermione à raison, intervint Harry. On se fiche de cette histoire de petit déjeuné ! Le plus important c'est de parler de l'état dans lequel s'est mis Drago.
- J'imagine que tu lui as pardonné comme si rien ne s'était passé ? Ma lança Blaise d'une voix moqueuse.
- Non, je ne lui ai pas pardonné. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu'il est « T ».
- Hermione… nous ne sommes pas là pour condamner celui que tu aimes mais pour essayer de comprendre, signala Ginny d'une voix mesurée. Il faut que tu acceptes de réellement te poser la question à son sujet. Si on me disait qu'Harry était quelqu'un de mauvais, je serais la première à essayer de le défendre. Mais je m'intéresserais tout de même aux indices l'accusant…
- Harry serait hors de n'importe quels soupçons, ce n'est pas comparable, répliquai-je.
- Donc tu admets que ce n'est pas le cas de Drago ?
- Je répète que ce n'est pas comparable. Drago est le fils d'anciens mangemorts. Il a été un gamin prétentieux et méchant durant pratiquement toute sa scolarité. Et ça vous n'arrivez pas à l'oublier, comme pour beaucoup de monde. Ca lui colle à la peau. D'ailleurs, si vous déjeunez avec moi pour me faire passer un interrogatoire à son sujet, ce n'est pas la peine de…
- C'est bon on arrête ! S'exclama Ginny en me retenant par le bras. Rassies-toi… Il y a aussi de bonnes nouvelles. Enfin j'imagine que ce sont des bonnes nouvelles, précisa-t-elle en sortant la Gazette du sorcier pour la mettre au centre de la table.
La une de la Gazette parlait de ce qu'il s'était passé la veille sur le chemin de traverse avec les sorciers aux masques blancs. C'était en effet une excellente nouvelle car cela voulait dire que les journalistes n'étaient pas encore sous le joug du Triangle du sang. Cependant, rien de ce qui était écrit ne nous apportait le moindre élément intéressant. Les journalistes de la Gazette relataient les faits sans apporter de nouveautés à ce que nous savions déjà.
- Imaginons que Drago ne soit pas « T », fit Blaise.
Je me retins de lever les yeux au ciel.
- S'il n'a pas mis en place les couples hier, je ne pense pas que ce soit parce que j'ai volé les votes, mais parce qu'il craint que les traites ayant agit sur le chemin de traverse soient unis pour toujours à des membres de l'organisation.
- C'est plausible en effet, fit remarquer Harry.
- Mais si « T » est Drago, Hermione lui a révélé hier qu'il s'agissait de sorciers extérieurs au triangle du sang, autrement dit vous, insista-t-il en regardant Harry et Ginny.
- Ou veux-tu en venir ? Demanda Ginny.
- Si Drago est « T », il est possible qu'il décide de finalement officialiser les couples.
- Si Drago est « T » il ne sera pas aussi stupide, commenta Harry. Ce serait une preuve de sa culpabilité. Du moins aux yeux d'Hermione.
- Je ne suis pas sûr que Drago soit en pleine possession de ses moyens ces derniers temps.
- Arrêtes de faire comme si tu avais rejoins l'organisation depuis deux ans ! M'exclamai-je. Tu n'es là que depuis deux semaines !
- Oui mais je parle aux autres membres de l'organisation contrairement à toi qui te terre avec Drago. Ils trouvent tous que les ordres de « T » sont plus fouillis qu'avant, qu'il accélère certaines choses, qu'il semble…
Je défiai Blaise du regard, mais il poursuivit tout de même.
- Il parait que cela date d'à peut près trois mois. Depuis quand fréquentes-tu Drago ?
Je me figeai. Cela faisait en effet trois mois, mais ce n'est pas ce qui m'inquiétait le plus. Le pire était que j'avais encore été Blaise au début de ma relation avec Drago.
- Cela fait trois mois n'est-ce pas ? Poursuivit Blaise d'un ton dur.
Je ne répondis pas.
- Je me fiche que tu te sois mis à le fréquenter lorsque nous étions encore ensemble, je ne suis plus à ça près. Enfin non je ne m'en fiche pas, mais il y a plus important que ma fierté. Donc réponds à la question.
- Oui cela fait trois mois, admis-je alors la mort dans l'âme.
- Bien, s'exclama Blaise. Cela fait donc trois mois que Drago a jeté son dévolu sur toi et trois mois que les agissements de « T » ont changé. Cela prouve donc que c'est toi qui perturbe « T » et donc Drago. Tu le mets en difficulté par ta simple présence. Il va finir par s'embrouiller lui-même.
Je me levai subitement de ma chaise.
- Arrête de te défiler ! S'exclama Blaise qui semblait à bout de nerf.
- Je dois remonter, mon chef me fait signe, répliquai-je.
Mes trois amis se retournèrent en direction d'Audric Roman qui se tenait près de la porte de la cafétéria. Il me fit de nouveau signe et alors que j'attrapai mon sac, Blaise me retint par le bras.
- On se fiche des sentiments que tu éprouves à l'encontre de Drago. Mais réveille-toi bon sang ! Maintenant que tu as dit à Drago que tes amis étaient au courant de tout, ils sont en danger. Et à ta place, je ne prendrais pas le risque qu'il leur arrive quoi que ce soit ! N'oublies pas que « T » a fait tuer Becker.
- Mène l'enquête Hermione, ajouta Ginny. Ne serait-ce que pour nous apporter des preuves de l'innocence de Drago. Je serais vraiment enchantée d'avoir la certitude qu'il est quelqu'un de bien et qu'il te rend heureuse.
Audric Roman s'était avéré être quelqu'un de très compétent. Il n'avait pas menti ou exagéré lorsqu'il m'avait assuré connaître tous les métiers du département de la justice magique sur le bout des doigts. Certes il n'était pas Becker, mais il me semblait finalement tout à fait convenir pour le poste. Le seul reproche que j'aurais pu lui faire était de ne pas me faire suffisamment confiance pour l'instant. Je n'avais en effet eu à traiter, que des tâches aisées que n'importe quel sorcier aurait pu exécuter. Néanmoins, il avait peut-être besoin de quelques jours pour s'adapter à son nouveau poste et savoir ce qu'il pouvait me déléguer.
La seule tâche noire à mon après midi était la conversation que j'avais eu avec mes amis et Blaise ce midi. Peut-être que Ginny avait raison en fin de compte. Apporter des preuves de l'innocence de Drago était sûrement la seule manière de mettre fin à leurs accusations. Mais comment m'y prendre ? Il n'y avait rien de réellement tangible concernant son innocence. Je le savais, c'était tout. Mais pour l'instant la chose la plus ardue de la journée, allait être de me confronter à Drago. Car même si je l'aimais, je ne pouvais pas laisser passer son comportement de la veille. Il fallait qu'il comprenne qu'il ne pouvait pas agir ainsi avec moi. C'est pourquoi, je ne m'étais pas rendue au restaurant et que je m'apprêtai à présent à rejoindre notre chambre, l'estomac noué. Si Drago avait laissé comprendre qu'il ne m'en voudrait pas si je ne dînais pas avec lui ce soir, je savais qu'il n'en serait pas de même dans la réalité. Il allait être incroyablement vexé par mon refus de me joindre à lui. Je lui avais donc laissé tout le temps pour se calmer et ce ne fut qu'à vingt-deux heures que je passai à travers le mur de notre chambre.
La chambre était faiblement éclairée et il y régnait un silence de mort. J'aurais pu en déduire que Drago n'était simplement pas là, mais je ressentis quelque chose d'étrange, comme une présence. Je déposai mon sac sur le fauteuil le plus proche et sortis ma baguette par précaution.
- Elle ne sera pas nécessaire, fit une voix métallique qui raisonna dans toute la chambre.
Alors que mon cœur se soulevait dans ma poitrine, ma baguette disparue soudain de ma main pour réapparaitre dans une main gantée à l'autre bout de la pièce. « T » était là, dans une longue robe noire. Capuche et masque cachant parfaitement son identité.
- Je me suis toujours demandé pourquoi Drago Malefoy tardait à t'apposer le Triangle sous le talon, murmura-t-il en avançant de quelques pas dans ma direction. C'est lui qui t'a recruté, c'est donc lui qui devait te marquer lorsqu'il te jugerait apte. Mais pourtant, il ne l'a pas fait. Pourquoi ?
Les triangles noirs qui faisaient office d'yeux me fixaient et j'avalai difficilement ma salive.
- Je ne sais pas, parvins-je tout de même à répondre.
- C'est étrange comme comportement tu ne trouves pas ? Vous partagez cette chambre, mais il ne te marque pas.
Sa voix faussement innocente était encore plus inquiétante. De quoi accusait-il Drago au juste ?
- Il y a deux possibilités. Soit il se méfie de toi et de ton intérêt pour le Triangle du sang, malgré son attrait évident pour toi. Soit, il essaye de te maintenir quelque peu à l'écart. Alors ? Poursuivit-il en se rapprochant de nouveau de moi. Qu'est-ce qui est le plus plausible ? De qui dois-je me méfier ? De Drago Malefoy ou de toi ?
« T » s'était tant rapproché de moi, que je reculai de quelques pas.
- Qui dois-je tuer ? Lui ou toi ? Insista-t-il de sa voix métallique.
- Je pense qu'il attend juste d'être sûr. Il ne veut pas commettre d'erreur…
- Donc c'est de toi que vient le problème ?
- Non, bien sûr que non, soufflai-je la peur au ventre. Drago est juste un sorcier très méticuleux qui ne veut pas se laisser aveugler par ses sentiments à mon égard. Il veut être certain de…
La fin de ma phrase mourut dans ma gorge. Sans prévenir, « T » était passé à travers le plancher de la chambre, mettant fin à notre conversation. Il avait fait exactement de même l'une des fois où je lui avais fait face dans la salle de transmission. Pourquoi est-il soudainement parti ? Y avait-il de nouveau un problème ? Se passait-il quelque chose de grave ? Je sortis aussitôt de la chambre et descendis les escaliers en courant pour rejoindre la salle principale. Pourtant, personne ne semblait agité, personne ne courrait dans les couloirs, rien.
- Hermione !
Je me retournai vers Conor qui me faisait signe de la main. Il était assis à une table avec Théodore et je n'eus pas d'autre choix que de les rejoindre, de mauvaise grâce.
- Ca va ? Tu veux boire un truc ? S'enquit-il lorsque je fus à leur niveau.
- Je te laisse choisir pour moi, répondis-je en me laissant tomber sur une chaise près d'eux.
Conor s'éclipsa aussitôt tandis que Théodore orientait sa chaise dans ma direction.
- Alors, il parait qu'ils ont enfin nommé le nouveau chef du magenmagot ? Comment est-il ?
- Il me semble bien. Sérieux et compétent.
- Je ne pense pas qu'il restera bien longtemps. « T » va ordonner qu'on le tue, lâcha-t-il d'une voix totalement détachée.
- Pardon ?
- Il voulait placer l'un des nôtres à ce poste, d'après ce que j'ai entendu. Donc j'imagine qu'il va l'éliminer pour essayer de…
- Mais cela ne marchera pas ! M'exclamai-je en lui coupant la parole. Nous sommes tous trop jeunes pour le poste. Aucun de nous ne pourrait y prétendre.
- Il est bien prévu que ce soit toi qui prennes la relève dans un an, non ? Et il me semble que tu es aussi jeune que nous tous.
- Je suis promise à ce poste parce que Becker l'a ordonné avant sa mort.
- Tu te penses donc meilleure que les autres. Tu n'as pas tant changé depuis Poudlard en fin de compte.
- Mais absolument pas, c'est juste que…
Je ne terminai pas ma phrase. Etais-je vraiment ainsi ? Etais-je trop vaniteuse comme je m'étais déjà posée la question ce matin ? Etais-je vraiment ce genre de personne ? Certes, je savais que j'étais douée, mes résultats en témoignaient. Mais me sentais-je pour autant au dessus des autres ?
Conor revint s'asseoir avec nous et posa un verre de whisky pur feu face à moi. J'en bu une large gorgée avant de reposer mon verre un peu trop brusquement sur la table.
- Je suis meilleure que beaucoup de sorciers sur le plan théorique parce que j'ai eu beaucoup plus à prouver que des sorciers tels que toi. L'organisation met le sang que j'ai à l'honneur, autant que les sorciers comme toi, mais tout le monde ne pense pas ainsi. Et cela ne changera jamais vraiment malheureusement. En revanche, comme je l'ai dis, je suis meilleure que beaucoup de sorcier sur le plan théorique, pas pratique. Parce que la pratique ne s'apprend pas par cœur, elle s'acquiert. Je ne me pense donc pas meilleure que tout le monde, je suis juste douée pour emmagasiner des connaissances. Par ailleurs c'est Becker qui voulait que je prenne sa place. Uniquement Becker. Le ministère ne m'aurait jamais choisi parce que je suis trop jeune.
- Mais qu'est-ce qu'il se passe ? S'enquit Conor qui ne comprenait pas pourquoi j'avais une telle réponse à l'encontre de son ami.
- Donc je maintiens ce que j'ai dis, insistai-je à l'attention de Théodore. Tuer le remplaçant de Becker serait une bêtise puisqu'aucun de nous ne pourrait prétendre au poste pour le moment. Et je trouve qu'il est plus judicieux que quelqu'un comme lui soit à ce poste. On risque de se retrouver avec bien pire s'il meurt.
J'attrapai de nouveau mon verre, le vidai d'un trait et me levai de ma chaise.
- Mais qu'est-ce que tu lui as dit ? S'enquit Conor à l'attention de son ami. Hein ? Tu ne peux pas t'abstenir cinq minutes ?!
- Vous êtes tous les deux pathétiques, signala Hortense qui venait de nous rejoindre en s'appuyant sur la table d'un air moqueur. Hermione est avec Drago, lâchez l'affaire les garçons.
- Hermione ne m'intéresse pas, signala Théodore d'un air suffisant.
- Ah oui ? Et depuis quand ? Hier ? Insista Hortense d'un air las.
Ne voulant pas en entendre davantage, je voulu tourner les talons pour sortir de la grande salle, mais un bras s'enroula autour de mes épaules, me bloquant. Drago déposa également un baiser dans mon cou et je fis de mon mieux pour faire comme si cela ne me dérangeait pas. En réalité j'aurais aimé le repousser par rapport à ce qu'il s'était passé entre nous la veille, mais il fallait absolument qu'il me tatoue le triangle sur le pied. Et s'il était de bonne humeur il n'insisterait pas pour savoir pourquoi je le voulais soudainement. Il était hors de question qu'il sache que « T » était venu me rendre visite. Drago relâcha son étreinte autour de mes épaules et s'assit à une place libre autour de la table, sans que je le lâche des yeux une seule fois. Je venais d'entrevoir une possible preuve de son innocence à apporter à mes amis. Si Drago était « T », il accepterait aussitôt de me tatouer le Triangle. Mais il était aussi possible qu'il accède rapidement à ma requête sans pour autant être le chef de toute cette organisation. C'était dans l'autre sens qu'il fallait voir les choses. Si jamais Drago rechignait ou refusait de m'apposer le Triangle, alors là, cela voudrait dire qu'il n'était pas « T ». Je me mis alors soudainement à espérer qu'il refuserait d'accéder à ma demande, alors que j'avais pratiquement prié pour l'inverse quelques instants plus tôt.
- Pourquoi un tel silence à mon arrivé ? Je dérange peut-être ? Lança Drago brisant le silence.
- On essaye de faire profil bas devant le chef de la sécurité intérieur, ironisa Théodore.
Drago lui adressa un regarde entendu.
- Quelqu'un a vu Pansy aujourd'hui ? S'enquit Hortense.
- C'est le chef de la conciliation, répondit Drago. On va la voir de moins en moins.
- Déjà que c'était un véritable fantôme ! S'exclama Conor. Je ne sais pas comment elle aurait fait si elle avait eu un travail en dehors de l'organisation.
- Ca doit être aussi pour cette raison que « T » la choisi. Elle est plus disponible que la plupart d'entre nous. Tu as travaillé tard ce soir, enchaina-t-il en se tournant vers moi.
Avec cette question, il voulait clairement savoir si j'avais refusé ou non d'aller au restaurant avec lui. Néanmoins, comme je voulais le tatouage, il fallait que j'aille dans son sens.
- Oui… On a eu beaucoup de travail avec ces deux semaines de battement. Nous allons mettre du temps à rattraper tout notre retard, répondis-je.
- Surtout si le nouveau chef du magenmagot se fait tuer, lâcha Théodore sur un ton provocateur.
J'avais envie de l'étrangler, mais je me retins de faire le moindre nouveau commentaire. Il n'attendait que ça. D'ailleurs personne ne réagit à sa remarque et Hortense orienta la discussion sur les nouvelles défenses autour de château que Basile Monical, chef de la sécurité extérieure, avait préconisées.
Durant près d'une demi-heure je ne participai pas à la conversation. Je me contentai d'observer et d'écouter chacun d'entre eux. Hortense, bien qu'assez brute de décoffrage et très désagréable lorsqu'elle le voulait, était finalement une sorcière très franche qui n'avait pas peur des mots qu'elle utilisait. C'était aussi une personne a qui j'aurais sous doute pu faire extrêmement confiance si j'avais véritablement été du côté de l'organisation. Conor de son côté était d'humeur assez égale. Il ne faisait pas de vague mais savait donner son point de vu lorsqu'il le fallait ou réagir rapidement. Théodore était plus difficile à cerner. Il pouvait être très accueillant un jour et totalement exécrable le lendemain. J'étais certaine que c'était par manque de confiance en lui ou par jalousie. Ou peut-être les deux. Mais le plus controversé d'entre tous était évidemment Drago.
Alors que Drago et moi remontions les escaliers en direction de notre chambre, je ne pus m'empêcher de passer en revue ces dernières seize heures. Il était incroyable de voir comment une journée pouvait se dégrader à ce point. Audric Roman risquait de se faire tuer d'un instant à l'autre et « T » trouvait soupçonneux le fait que je n'ai pas encore le tatouage noir sur le talon. Il fallait absolument que je demande à Drago les conséquences de cette marque dès ce soir et, si ces dernières n'étaient pas trop graves, il fallait qu'il me marque du triangle. J'avais mis toute ma rancœur à l'égard de Drago de côté pour qu'il accède à ma demande, mais j'espérais toujours qu'il soit difficile à convaincre, car cela aurait été une preuve de son innocence. Pour ce qui était d'Audric Roman, j'espérais simplement que les tableaux rapporteraient à « T » la conversation que j'avais eue avec Théodore. Il fallait que « T » croie lui aussi que garder le chef du magenmagot actuel en vie, n'était pas une si mauvaise idée.
Lorsque nous fûmes enfin à l'intérieur de notre chambre, j'entamai aussitôt le sujet du tatouage.
- Qu'est-ce qu'implique exactement le tatouage sous le talon ? Demandai-je en m'essayant sur le bord de notre lit pour retirer mes chaussures.
- Comme je te l'ai déjà dis, c'est un signe d'appartenance. Mais c'est aussi une manière qu'à « T » de communiquer avec nous dans les moments d'urgences. Ca lui permet de nous appeler, comme nous pouvons également l'appeler.
- J'imagine que le tatouage disparaitra à la mort de « T » ?
- Je ne me suis jamais vraiment posé la question… avoua Drago. Mais il est possible que ce soit le cas. Après tout, à la mort de Voldemort, la marque des ténèbres a disparu du bras de tous les mangemorts. J'imagine que tu te souviens du problème que cela a causé pour la condamnation des mangemorts dont la culpabilité restait à prouver… Pourquoi cette question ? Ajouta Drago en fronçant les sourcils.
- Il faudrait peut-être que j'ai le Triangle sous le talon moi aussi non ?
Drago m'adressa un regard surpris.
- Tu veux le triangle ? Toi ? Tu as subis un lavage de cerveau avant que je n'arrive en bas tout à l'heure ou quoi ? Demanda-t-il à moitié amusé.
- « T » m'a nommé chef du développement. J'imagine qu'il serait donc normal que j'ai le tatouage. S'il y a un nouveau problème dans le château et que je n'ai pas le Triangle, je ne serais pas au courant.
- Je te le dirais ! S'exclama Drago en levant les yeux au ciel.
- Mais je ne serais pas prévenue en même temps que les autres membres ! Imagine que je sois au ministère lorsque ça arrive ?
Drago parut quelque peu déstabilisé par mon insistance, mais finit par acquiescer d'un signe de tête, ce qui me souleva l'estomac. Sa réponse ne l'accusait pas d'être « T », mais cela ne le disculpait pas non plus.
- Enlève ta chaussette et donne-moi ton pied, me lança-t-il en tendant une main impérieuse dans ma direction alors qu'il s'asseyait à côté de moi sur le lit.
Lorsqu'il eu mon pied dans sa main, il approcha sa baguette et je sentis mon cœur battre à tout rompre. J'allais avoir le Triangle de l'organisation tatoué sous le talon et il était possible que je le garde à vie… Alors que Drago s'apprêtait à lancer le sort, j'eu un mouvement de recule qui ne lui échappa pas.
- On ne sent rien. Aucune douleur je te le promets, me signala-t-il.
Ma jambe resta cependant crispée car ce n'était pas de la douleur dont j'avais peur, mais du fait d'être marquée à vie comme du bétail. Pourtant avais-je le choix après la visite de « T » ? Drago resserra soudain sa prise autour de ma cheville et plongea son regard dans le mien.
- Maintenant tu vas me dire pourquoi tu veux absolument la marque alors que l'idée de l'avoir semble te faire peur, m'ordonna-t-il d'un ton dur.
- Tu sais bien pourquoi j'ai peur ! Nous n'appartenons pas au Triangle du sang et j'espère que le tatouage n'aura pas d'incidence sur ma personne.
- Alors pourquoi le veux-tu tant ? Tout le monde se fiche que tu l'ais !
- Et « T » ? Ne pus-je m'empêcher de demander.
- S'il voulait que tu l'ais il l'aurait fait savoir, je peux te l'assurer, répliqua Drago qui semblait perdre patience.
Je ne répondis pas.
- Tu agis toujours contre l'organisation n'est-ce pas ? Poursuivit Drago d'une voix hésitante. Je veux dire… Tu es contre tout ça hein ?
- Evidemment ! M'exclamai-je.
- Alors pourquoi tu veux t'infliger une telle marque alors que…
La fin de sa phrase resta en suspens tandis que son visage se décomposait. Il lâcha soudain mon pied et se leva du lit pour me dominer de toute sa hauteur.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé Hermione ?! Quelqu'un t'a-t-il fait une remarque quant à ton absence de tatouage ? Ou est-ce que tu agis encore en solo comme hier ?
- Rien de tout ça Drago, je t'assure, répondis-je.
Ma voix trembla légèrement et Drago sembla le remarquer. Alors que je m'attendais à ce qu'il hausse le ton, son visage se radoucit étrangement.
- Il est tard on est fatigué. On va aller se coucher et reparler de ça demain. D'accord ?
- Marque-moi d'abord.
- Non, répliqua-t-il d'un ton sans appel. On se couche.
Je me réveillai en sursaut, le cœur battant et le corps transpirant. J'avais fais un cauchemar, je le savais, mais j'étais bien incapable de me souvenir de quoi j'avais rêvé exactement. Lorsque je jetai un œil à ma montre sur la table de chevet, je constatai qu'il n'était que trois heures du matin. Ma nuit était loin d'être terminée. Je sortis du lit sur la pointe des pieds pour rejoindre la salle de bain et me passai de l'eau froide sur le visage afin de me calmer. Après quelques secondes, je revins tout aussi silencieusement dans la partie chambre, mais m'arrêtai à mi-chemin. Drago n'était plus là. Je jetai un œil en direction des canapés, mais il n'y était pas non plus.
- Drago ? Appelai-je d'une voix forte.
Aucune réponse.
Se pouvait-il qu'il ait été appelé durant la nuit par le biais du tatouage ? Pire, se pouvait-il qu'il ait des soupçons envers moi concernant ma requête ? Pensait-il que quelqu'un m'avait fait une réflexion à ce sujet ? Et s'il pensait qu'il s'agissait de Théodore étant donné qu'il nous avait certainement entendu nous disputer avant qu'il nous rejoindre dans la grande salle ? Mais pourquoi serait-il sorti de la chambre ? Pour aller lui demander des comptes pendant que je dormais ? C'était tout de même étrange. Ou peut-être qu'il avait tout simplement fait un cauchemar lui aussi et qu'il était allé marcher dans le château pour se détendre et ne pas me réveiller… Non, c'était idiot. Toutes mes suppositions étaient idiotes. Et pourtant… J'avais un étrange pressentiment. Et s'il était vraiment « T » comme mes amis le soupçonnaient… Et s'il agissait souvent la nuit pour que je ne le remarque pas ? S'il faisait des réunions en cachette ? Non, c'était impossible ! Drago ne m'avait finalement pas marqué du Triangle alors que « T » m'en avait fait la remarque plus tôt dans la soirée. Il ne pouvait pas être « T », mais dans tous les cas j'avais la sensation qu'il se passait quelque chose. Ainsi, au lieu de retourner me coucher, j'enfilai mes chaussures que j'avais laissé au pied du lit, un manteau pour couvrir mon pyjama et je sortis de la chambre, baguette magique en main, au cas où.
Les couloirs du château étaient totalement silencieux et l'ambiance y était glaciale. Certes les lieux ne m'avaient jamais semblé très agréables, mais à cette heure tardive c'était encore pire. Je passai de couloir en couloir, toujours sans entendre le moindre son et je finis par rejoindre le rez-de-chaussée. J'entendis finalement du bruit lorsque je passai derrière la porte de l'un des petits salons. Je collai mon oreille à la porte et y entendis des gloussements idiots. Surement des membres ayant un peu abusés sur la boisson. Etant certaine que Drago n'était pas avec eux, je me décollai de la porte et poursuivis mon inspection des lieux. Les personnages des tableaux qui ne dormaient pas, me fixaient sans la moindre gêne, tandis que je tentais de les ignorer du mieux possible. J'avais le droit d'être là à cette heure-ci. Rien ne l'interdisait, je ne risquais donc rien. Je décidai de passer dans la salle de transmission et malgré les grognements du vieux sorcier qui gardait la porte, il finit par m'ouvrir et je m'insérai à l'intérieur de la salle. Je m'approchai du grand meuble où était habituellement posé les directives, mais il n'y en avait aucune à mon nom. Pourquoi n'en avais-je jamais alors que tout le monde m'avait toujours conseillé de régulièrement aller vérifier ? Peut-être parce que « T » se déplaçait directement lorsqu'il avait quelque chose à me dire… Etait-ce normal venant de lui ? Agissait-il ainsi avec d'autres membres ? Pourquoi ne pas m'avoir laissé de mot concernant le tatouage ? Certainement parce qu'il voulait observer ma réaction. N'en avait-il jamais besoin avec les autres membres ? Me soupçonnait-il de quelque chose ? Mais pourquoi me nommer au poste de chef dans ce cas-là ? Pourquoi nommer Blaise chef des cachots alors qu'il était arrivé seulement deux semaines plus tôt. Mon ex petit-copain avait-il raison ? Si Drago était « T » l'aurait-il faut pour le punir ? Pour se venger ? Non. Drago ne pouvait pas être « T ». Mais sa nomination et la mienne étaient intrigantes. Je ne pouvais pas le nier.
Je finis pas ressortir de la salle de transmission et passai par un nouveau couloir où des voix se firent entendre derrière une porte fermée. Je collai mon oreille à la porte.
- Tu es censé garder le contenu des ordres de « T » secret ! S'exclama une voix masculine.
- Je sais, mais je ne peux pas faire ça ! Tu te rends compte de ce qu'il me demande… marmonna une deuxième voix qui appartenait également à un homme.
- Un ordre est un ordre ! Si ce n'est pas lui, c'est toi qui y passera tu le sais très bien ! Tu dois faire ce que « T » t'ordonne. Tu dois le tuer.
- Mais si c'était un piège pour…
- Arrête de dire n'importe quoi !
J'entendis du mouvement derrière la porte et je filai en direction du bout du couloir, j'eu à peine bifurqué à l'angle que j'entendis la porte s'ouvrir et se refermer dans un claquement. J'entendis également des pas s'éloigner dans la direction opposée à la mienne et je laissai échapper un soupire de soulagement, avant de me remettre en mouvement. Mon soulagement ne dura cependant pas bien longtemps quand je repassai dans ma tête le dialogue qu'avaient eu les deux membres du Triangle du sang. Visiblement « T » avait ordonné à l'un d'eux de tuer un sorcier. Et bien que le membre concerné ne semblait pas en avoir envie, il allait devoir exécuter l'ordre en question, sous peine d'être lui-même puni. C'était effroyable. Et s'il s'agissait d'Audric Roman comme l'avait suggéré Théodore ?
Je bifurquai à une nouvelle intersection. Le château me semblait immense et j'étais certaine de ne jamais avoir mis les pieds dans cette partie du rez-de-chaussée. De ce nouveau couloir, de grandes statues se succédaient les unes aux autres sur le pan de droite et alors que j'arrivai près d'un escalier que je n'avais encore jamais emprunté, des éclats de voix retinrent mon attention. Elles venaient du rez-de-chaussée ! Je m'avançai silencieusement en direction du bruit et soudain je reconnus la voix de Pansy Parkinson. Je me cachai aussitôt derrière l'une des statues pour écouter, tout en priant pour que les statues ne soient pas en mesure de dénoncer mes agissements, comme l'auraient fait les tableaux.
- Lâche-moi Drago ! S'exclama Pansy.
Je me retins de sortir la tête de ma cachette et tendis davantage l'oreille si c'était possible.
- Je n'ai pas de travail hors d'ici moi, ajouta-t-elle. TU COMPRENDS ? Le Triangle du sang c'est tout ce que j'ai alors excuse moi de m'assurer que tout le monde marche droit ! C'est ma tâche, mon devoir !
- Mais qu'est-ce que tu voudrais de plus ?! Hein ? Tu as déjà tout ! S'exclama Drago.
- Non, c'est toi qui a tout, répliqua-t-elle d'une voix amère. Tu as l'organisation, Hermione, ton poste d'Auror, tes amis… C'est toi le grand gagnant de l'histoire alors que cela devrait être moi ! Contrairement à toi, je consacre ma vie à l'organisation et tout ce que j'en récolte c'est…
- Tu m'agaces Pansy… la coupa Drago d'une voix grinçante.
- MAIS REGARDE-TOI ! Tu ne supportes plus rien ! Ni critique, ni remarque ! On ne peut plus rien te dire ! Et tout ça, à cause d'elle ! La seule raison pour laquelle je ferme les yeux sur ton comportement c'est parce que tu es mon meilleur ami !
- Pas ici Pansy, fit Drago d'une voix dangereusement calme.
- C'est depuis qu'elle est là que tout à changé ! Il n'y en a que pour elle. « Comment protéger Hermione ? », « Comment dissimuler la vérité à Hermione ? », « Comment faire en sorte qu'Hermione se sente utile ? »…
- Baisse d'un ton ! Gronda Drago.
- La seule raison pour laquelle je ne la tue pas c'est parce que je pense que cela te causerait du chagrin.
- Tu penses ? Répéta Drago. Touche à un seul de ses cheveux et ce sera la dernière chose que tu feras. Je t'interdis de te ré approcher d'elle, sinon c'est toi que je tue !
- Tu briserais ton âme pour elle ? Après tout ce que tu as fait pour la conserver intacte ? Parce qu'il faut dire que c'est moi qui me suis le plus salie les mains, n'est-ce pas ? Je ne récolte que les mauvais côté alors que toi, tu étales ton bonheur devant moi !
- Est-ce que quelqu'un ta forcé à te retrouver ici ? Hein ? Tu y as plutôt une place de choix, non ?
- Elle met tout en péril ! Elle te déconcentre ! Et tout ça pour une histoire de partie de jambe en l'air ?! Mais tu as le château à ta disposition !
Un claquement de porte me fit soudain sursauter et Drago et Pansy se turent aussitôt. Il devait sans doute s'agir du deuxième sorcier qui était resté dans le petit salon. Je ne pus m'empêche de maudire cet idiot qui avait mis fin à la dispute de Pansy et Drago. Je n'entendais en effet plus rien et j'aurais pu parier qu'ils étaient chacun parti de leur côté. Par chance, aucun d'entre eux n'emprunta le couloir où j'étais cachée et je me laissai glisser le long du mur, le cœur battant à tout rompre. Mes oreilles bourdonnaient et j'avais l'impression d'avoir de plus en plus de mal à respirer. Cette dispute… Les mots qu'ils avaient échangé… les menaces qu'ils avaient proféré…les plaintes de Pansy Parkinson… Par Merlin… Drago… Drago était « T » ! Que devais-je faire à présent ? Comment allais-je survivre à cette nouvelle… Comment… Il fallait que je quitte le château ! Il fallait que je parte maintenant, avant que Drago ne retourne à notre chambre et se rende compte de mon absence. Il fallait que je disparaisse ! Alors que j'allais me relever du sol glacé, j'entendis des pas se rapprocher de moi. L'un d'eux était encore là ! Je n'eus pas le temps de faire quoi que ce soit, qu'une silhouette passa devant moi sans me voir, grâce à la statue derrière laquelle je m'étais cachée. Je reconnu aussitôt la chevelure de Pansy Parkinson. Elle portait une longue robe noire dotée d'une capuche rabattue dans son dos et tenait dans sa main gantée un masque. Un masque blanc avec des triangles noirs à la place des yeux.
« T » n'était pas Drago.
C'était Pansy Parkinson.
Et celui que j'aimais le savait certainement depuis le début !
Depuis trois ans.
