Δ Chapitre 29 : Le petit sauveur d'Hermione
Drago et moi atterrîmes sur le parquet sombre de notre chambre, sans un bruit.
Mes yeux se posèrent sur mon annulaire gauche, marqué d'un tatouage représentant une alliance. Ma main tremblait et je relevai les yeux en direction de Drago. J'avais du mal à respirer, mais je devais tenir bon et ne pas lui montrer toute la détresse que je ressentais à ce moment précis. Notre échange silencieux dura plusieurs secondes. Je n'arrivais pas à savoir quelle image de moi je lui renvoyais, mais lui, me fixait d'un air navré.
- Je suis désolé, finit-il par dire. Je t'aime et c'est pour ça que je n'avais pas le choix.
Il fallait que je fasse attention à chaque mot que j'allais prononcer. Il fallait que je sois concentrée. Plus concentrée que je ne l'avais jamais été.
Il s'avança vers le bar de la chambre et se servit un verre de whisky pur feu, tandis que je le fixais en m'asseyant sur l'un des fauteuils de son petit salon. Il m'en proposa un verre que je refusai d'un simple mouvement de la tête. Boire à cet instant m'aurait certainement soulagé, mais il fallait que je reste moi-même. Drago ne m'avait jamais vu accepter un verre d'alcool fort et il ne fallait pas que cela change. Il but une gorgée et releva les yeux vers moi.
- Je n'avais pas prévu de tomber amoureux de toi Hermione. Hermione Malefoy, ajouta-t-il d'un air songeur. A vrai dire, le jour où je t'ai rejoins dans ce bar, j'avais juste prévu de t'emmener dans ma chambre et de te tuer à l'abri des regards.
Mon visage se décomposa, tandis qu'il me fixait d'un air indéchiffrable en faisant des allers retours derrière le bar. Comme si cela l'aidait à réfléchir.
- Tu m'as intéressé à partir du moment où tu as riposté avec Astoria, où tu as essayé de me faire payer mes frasques envers ton couple. Tu étais motivée, concentrée. Tu parvenais à dissimuler tes émotions, mais tu étais en même temps pleine de passion. Tu m'as rendu fou ! Dès cet instant, j'ai su que nous étions faits pour être ensemble. Nous étions similaires, mais avec assez de différences pour former une belle combinaison, un couple parfait. Et ton sang répondait à ce que mettait en place mon organisation. Mais j'ai vite compris que tu mettais ton nez dans mes affaires… J'avais passé trois ans de ma vie à me donner corps et âme pour le Triangle du sang, je ne pouvais pas prendre le risque que tu détruises tout ça. Ainsi, le soir où je t'ai fais entrer dans ma chambre, j'avais prévu de te tuer. C'était la seule solution pour garder le secret du Triangle du sang et pour te sortir de ma tête. Mais je n'ai pas pu… Tu t'y étais déjà trop infiltrée. Moi qui pensais ne jamais pouvoir ressentir ce genre de sentiment, il a fallut que ce soit pour toi… Pour Hermione Granger, ajouta-t-il amusé. La vie est surprenante. Mais nous détester autant pendant toutes ces années, ne pouvait que nous rapprocher en fin de compte.
Il bu une nouvelle gorgée de whisky pur feu, tandis que je restais totalement muette pour tenter de ravaler les larmes que je sentais monter.
- Je pensais que tu finirais par adhérer à notre idéologie, poursuivit-il. Ou peut-être que je l'espérais. Je ne sais pas… Je ne savais pas trop comment j'allais m'en sortir à vrai dire… Après tout, tu es Hermione. Tu es bien trop droite et juste pour tout ça. J'aurais dû le savoir.
- Tu aurais dû le savoir et me tuer, c'est ça ? Demandai-je en ouvrant la bouche pour la première fois.
- Je n'en ai pas été capable. Je t'aime trop, murmura-t-il.
- On ne torture pas ceux qu'on aime.
S'il y avait bien une chose que je pouvais lui reprocher sans réduire à néant la mince chance que j'avais de m'en sortir, c'était bien ça.
- Mais tu n'as pas laissé le choix à Pansy ! S'exclama-t-il en posant brutalement son verre sur le bar. Elle m'a raconté la manière dont tu t'étais adressée à elle. Tu étais là, à te pavaner devant le chef de l'organisation alors que tu n'y étais que depuis quelques jours ! Mais si cela avait n'importe quel autre sorcier en face d'elle, tu aurais eu bien pire comme punition ! Heureusement qu'elle était là pour te remettre à ta place, parce que moi évidement je n'aurais pas pu te faire de mal… Je n'en aurais pas eu la force… Tu es ma faiblesse et elle le sait.
- C'était donc elle ce jour-là ? Demandai-je en fronçant les sourcils.
D'une certaine manière, j'étais soulagée que cela n'ait pas été lui sous l'apparence de « T » de jour-là. Après toute l'horreur qu'il avait créée, il y avait au moins une limite qu'il n'avait pas dépassée. Il ne m'avait pas fait de mal de lui-même.
- C'était Pansy sous l'apparence de « T » ? Insistai-je. Pourtant elle avait un costume et une carrure d'homme. Des pieds d'homme ! Je m'en souviens très bien.
- Elle avait pris mon apparence. Elle le faisait quand elle avait le temps. Quand ce n'était pas le cas, elle revêtait une longue robe pour masquer sa carrure.
- Ce n'était pas la seule et unique fois n'est-ce pas ? C'est pour ça que la fois où je vous ai entendu dans le couloir et que je l'ai vu passer devant moi, c'était qui elle avait le masque de « T » à la main. Et la première fois où j'ai rencontré « T », tu étais en mission au ministère ! Tu es d'ailleurs revenu avec Daphné à peine quelques minutes plus tard, en hurlant dans le hall du château. C'était encore elle ?
Drago soupira et bu une nouvelle gorgée.
- Il est arrivé à Pansy de prendre ma place plusieurs fois, quand je n'avais pas le temps de m'occuper de tout. C'est en effet elle qui t'a reçu ce jour là. C'est elle également qui a tué un sorcier dans la grande salle lorsque « T » s'est présenté à tout le monde pour la première fois. C'est aussi elle qui est allée t'emmerder l'autre nuit sur le fait que tu n'avais pas encore de tatouage sous le talon. Mais le reste du temps, c'était moi.
Je ne parvenais pas à croire que j'arrivais à rester ainsi maître de moi-même, alors que je n'avais qu'une envie, hurler et pleurer. Face à mon silence, Drago sortit de derrière le bar et s'approcha du fauteuil dans lequel j'étais assise. Lorsqu'il voulu me toucher, j'eus un mouvement de recul qui ne lui échappa pas.
- Je sais ce que tu vas me dire, soupira-t-il. On ne laisse pas ceux qu'on aime se faire torturer… Mais on ne t'a lancé que des doloris. Tu sais que c'est en fait une douleur psychologique. Cela ne laisse aucunes séquelles physiques.
Je relevais des yeux effarés vers lui. Il ne voyait pas le problème… Cela dépassait l'entendement. Drago était fou.
- Il ne faut pas que tu dises à Pansy que tu étais là pour une mission d'ailleurs, pour tuer « T », précisa Drago. Elle pense que tu crois en l'idéologie du Triangle du sang et il faut que cela continue ainsi.
Je crus que ma mâchoire allait se décrocher. Plus la conversation avançait, pire c'était.
- Elle va vouloir te tuer sinon… Elle ne prendra pas le risque de te laisser en vie.
Parce qu'il s'imaginait que j'avais encore envie de vivre après ça ? Il m'avait déjà tué.
- Tout va aller mieux à présent, poursuivit-il d'un ton plus doux. Nous allons avoir un enfant, n'est-ce pas la plus belle chose qui pouvait nous arriver ?
Par Merlin, j'étais enceinte. Comment avais-je pu l'oublier l'espace d'un instant ? J'étais enceinte d'un monstre.
- Comment sais-tu que je suis enceinte ? Je prenais pourtant des précautions pour que cela n'arrive pas tout de suite…
- Je faisais en sorte que tes précautions en question ne marchent pas… et… je lançai un sort sur toi toutes les nuits pour savoir si… pour savoir si notre enfant était enfin en route.
J'aurais voulu lui hurler que je ne voulais pas d'enfant, mais je me contentais de rester totalement muette. Il m'avait manipulée, menti, torturée, forcée à me marier avec lui et m'empêcher d'éprouver des sentiments pour qui que ce soit d'autre et même ça il ne me l'avait pas laissé ! La possibilité de choisir quand je voulais un enfant ! Et il disait m'aimer ? Mais ce n'était pas de l'amour ! Cela n'avait rien à voir avec de l'amour. C'était de la folie. Pure et simple.
- J'espère que tu arriveras à me pardonner mon amour… Mais à présent tu es avec ta véritable famille. Tous les membres du Triangle du sang sont ta famille Hermione. Maintenant qu'ils savent tous qui je suis, tu seras respectée et en sécurité, plus que jamais.
J'allais être emprisonnée et surveillée, c'était la seule et unique chose que je voyais.
- Je sais que ce n'est pas ce que tu voulais, admit Drago. Mais tu sais très bien que je ne peux plus te laisser quitter le château après ça… Mais ne t'en fait pas, nous serons heureux. Je te le promets, fit-il en faisant glisser ses doigts le long de ma joue.
Je me retins de m'écarter pour ne pas le froisser, mais une affreuse envie de vomir me submergea de nouveau. J'étais sa prisonnière et il pensait que j'allais pouvoir être heureuse.
- Quand tu m'as laissé croire que Pansy était « T », pourquoi avoir dit d'elle qu'elle était folle ? Pourquoi m'avoir dit que l'organisation était une chose horrible ?
- C'est ce que tu voulais entendre Hermione. Et j'ai quand même conscience que ce que je fais est mal. Mais c'est un mal nécessaire. La population magique est trop faible. On doit la renforcer et je suis là pour ça. Je fais ça pour tous les sorciers du monde.
- Tu retires de la satisfaction de ce pouvoir ? M'enquis-je sur un ton de défis.
Le regard de Drago se durcit et je me maudis intérieurement d'avoir ouvert la bouche. J'étais restée si calme jusqu'à présent… Il ne fallait pas que je gâche tout aussi stupidement !
- Je pense que j'en retire autant que toi, finit-il par répondre d'une voix mesurée. C'est ce que tu aimes chez moi, c'est ce qui t'a plu en premier. Je t'impressionnais, je te plaisais de part mon assurance et la puissance qui émanait de moi.
Sa main glissa dans mes cheveux alors que je me mordais l'intérieur des joues pour ne pas craquer.
- C'est étrange, soufflai-je après quelques secondes en baissant les yeux sur le parquet de la chambre. Mais d'une certaine manière, c'est comme si j'avais toujours su que c'était toi. Au plus profond de moi.
La main de Drago s'immobilisa et j'eus peur de ne pas avoir eu l'air assez sincère. Après tout, il m'avait répété suffisamment de fois que j'étais une mauvaise comédienne. Je relevai alors les yeux vers lui, avec appréhension. Cependant, son visage n'était ni sombre, ni menaçant. Drago semblait au contraire, profondément surpris.
- Il y avait beaucoup de preuves qui menaient à toi, sans parler de Becker qui te soupçonnait. Mais pourtant, j'ai fermé les yeux tout ce temps. Parce que je ne voulais pas que cela ait la moindre importance.
Il fronça les sourcils.
- Comme tu l'as dit toi-même, je suis une personne honnête et droite, mais je t'aime. Alors je pense que je préférais rester dans le flou, même si au fond de moi, je savais que c'était toi. Cela me permettait de ne pas admettre que j'étais amoureuse d'une personne qui agissait à l'encontre de tous mes principes.
Cette fois, ce fut à Drago de rester totalement silencieux face à mes propos. Jouais-je si bien le jeu qu'il me croyait ? Avais-je vraiment une chance de m'en sortir ?
- Même si tu me laissais sortir de ce château, je n'en ferais rien. Je ne peux plus affronter le monde extérieur Drago, dis-je en plongeant mon regard dans le sien. Je serais heureuse de rester ici avec toi parce que je t'aime, mais je ne veux pas participer au Triangle du sang. Je ne veux pas y participer d'une quelconque manière, ajoutai-je d'un ton plus sec.
- Tu ne veux plus de ton poste de chef du développement ? S'enquit Drago surpris.
Je n'en revenais pas… Il marchait… Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il croire que j'étais sincère ?! Me connaissait-il en fin de compte si mal ?
- Je ne veux pas participer aux meurtres, à l'enlèvement ou à la torture de sorciers, confirmai-je.
- Tu vas t'ennuyer à mourir ! Il faudra que tu t'occupes, que tu ais des tâches à accomplir. Je te connais Hermione.
- Je m'occuperais de nos enfants.
- Nos ? Répéta-t-il comme s'il avait peur d'avoir mal compris.
- Je t'avoue que je n'avais pas prévu d'avoir d'enfants avant plusieurs années, parce que je voulais faire passer ma carrière en premier. Mais cela n'a à présent plus lieu d'être.
Drago me fixa d'un air indéchiffrable pendant plusieurs secondes. Puis soudain, il explosa de rire. Il retira sa main de mes cheveux et fis quelques pas en direction de l'autre bout de la pièce. Il riait toujours lorsqu'il se retourna de nouveau vers moi.
- Ne me mens pas Hermione, finit-il par dire en reprenant son sérieux. Je t'ai dis toute la vérité alors restons sur cette ligné, veux-tu ?
J'avalais difficilement ma salive.
- Nous aurons bien un enfant, mais nous ne sommes pas obligés d'en avoir plus. Ne me fait pas croire que tu veux une grande famille juste pour que je te foute la paix ! Tu ne veux rien faire au sein de l'organisation ?
Il réavanca dans ma direction, tandis que je me ratatinai dans mon fauteuil.
- Tu es incapable de rester inactive et je sais que tu finiras par me supplier de te donner quelque chose à faire.
- Je ne veux pas participer à…
- Je sais ! S'exclama-t-il en me coupant la parole. Mais je suis prêt à accepter que tu proposes une alternative aux meurtres. Après tout, faire couler le sang des sorciers est une douloureuse perte à chaque fois. Donc, tu gardes ton poste de chef du développement et tu travailles sur ça. Comment faire avancer le Triangle du sang, comment faire pour étendre son influence et son pouvoir, sans tuer qui que ce soit. Nous serons ainsi, tous les deux satisfaits.
La porte de la chambre d'hôtel s'ouvrit à la volé. Harry balaya la pièce du regard, comme s'il avait espéré mal comprendre le texto que lui avait envoyé Blaise.
- Mais comment a-t-elle pu sortir ?! S'exclama Harry en refermant la porte derrière lui.
- De la même manière que nous sommes sorti du château tous les deux, lorsqu'elle a appris que Pansy était « T ».
- Mais j'ai mis en place des protections efficaces ! Je ne comprends pas…
- Le sort dont elle a fait usage doit être très puissant. Mais ne me demande pas ce que c'était, elle ne l'a jamais formulé à voix haute devant moi.
Harry se laissa lourdement tomber sur le lit de la chambre.
- Cela ne ressemble pas à Hermione. Elle est toujours très réfléchie et… Pourquoi tu ne l'as pas retenu !
- Mais j'ai essayé ! S'exclama Blaise. Qu'est-ce que tu crois ! Elle me menaçait de sa baguette et elle était complètement paniquée. Je ne l'avais jamais vu se mettre dans un état pareil.
- Au moins, tu as eu la présence d'esprit de ne pas partir avec elle… Ca fait combien de temps qu'elle est sortie ?
- Je t'ai tout de suite prévenu, donc une heure. Je lui ai donné ta cape d'invisibilité, ajouta Blaise d'un air peu certain.
- Tu as bien fait, cela lui permettra d'être en sécurité à l'abri des regards.
Après un petit silence, Harry se releva finalement du lit d'un air déterminé.
- On lui laisse encore une heure. Si dans une heure elle n'est pas revenue ou que nous n'avons pas de ses nouvelles, nous prévenons le ministère. Cette histoire est restée secrète trop longtemps !
Blaise acquiesça d'un faible hochement de tête
Lorsque je me réveillai le lendemain matin, Drago n'était plus dans notre chambre. Ce qui n'était pas étonnant étant donné qu'il était déjà midi. Je me levai alors pour me diriger vers la salle de bain, tel un automate.
Drago était « T » et j'étais prisonnière de ce château. Mais le pire dans tout ça, c'était que j'étais enceinte de lui. Je posai les yeux sur mon reflet que me renvoyait le miroir. Ma main glissa jusqu'à mon ventre et une larme coula le long de ma joue. Une deuxième suivit. Qu'allais-je donc devenir ? Qu'allait devenir cet enfant que je portais déjà ? Comment pourrait-il vivre avec un père comme Drago ? J'actionnai le robinet du lavabo et me passai de l'eau glacée sur le visage avant de me regarder de nouveau.
J'allais sortir d'ici. J'allais trouver un moyen ! Et de toute façon, Blaise savait que j'étais là et il avait certainement déjà mis Harry et Ginny au courant. Pourtant, il fallait que ce soit moi qui trouve un moyen de m'échapper, il ne fallait pas que mes amis se mettent en danger pour moi. Le Triangle du sang était beaucoup trop dangereux. Je ne voulais pas qu'ils soient blessés ou pire… à cause de moi. A cause de ma bêtise.
- On va déjeuner ?
Je sursautai et me tournai vers Drago, qui se tenait à l'entrée de la salle de bain.
- Et ce serait bien que tu y ailles habillée, ajouta-t-il en me fixant. J'adore ton pyjama, mais il n'est pas nécessaire que tout le monde le voit.
Etait-il en train de faire de l'humour ? A en juger par son petit sourire, certainement. Comment osait-il ?...
- Tu ne veux pas qu'on mange ici tous les deux ? Proposai-je.
J'avais bien trop peur d'affronter le regard de tous les membres de l'organisation et de faire semblant d'être d'accord avec ce qu'il se passait.
- Non. Il faut que tu sortes de cette chambre. Une fois que ce sera fait, ça ira mieux. C'est juste un cap que tu dois passer. Tu es la femme de « T ». D'une certaine manière tu devrais être fière, non ?
Drago avança jusqu'à se retrouver derrière moi. Il attrapa délicatement mon menton dans sa main et me força à regarder notre reflet dans le miroir.
- Nous sommes parfaits, lâcha-t-il d'un air satisfait. Parfaits.
Sa main relâcha mon menton mais ne quitta pas ma peau pour autant. Sa main glissa lentement le long de mon cou, tandis que je me forçai à ne pas bouger, à ne pas me détourner de son contact. Il fallait que je sois forte. Sa main descendit jusqu'à la base de mon cou et suivi la ligne de mon épaule, alors qu'il me fixait toujours. J'étais totalement paralysée par la crainte de faire un geste qu'il ne fallait pas, d'avoir un regard qui lui aurait déplu. Sa main entreprit de descendre le long de mon bras, tandis que Drago déposait ses lèvres dans mon cou. Mon cœur battait la chamade et soudain, un sentiment de répugnance m'envahit. Mais ce n'était pas de la répugnance envers Drago, non. C'était envers moi. Car malgré toutes les horreurs qu'accomplissait Drago, malgré tout ce qu'il m'avait fait, son baiser m'électrisa la peau. Il releva quelque peu la tête pour m'observer à travers le reflet du miroir. Son regard était sombre et pénétrant à la fois.
- Tu es si belle, souffla-t-il à mon oreille.
Des frissons me parcoururent le dos, des frissons de plaisir. Comment était-ce possible… Comment pouvais-je encore ressentir quelque chose pour lui ? J'aurais aimé qu'il me jette un sort, qu'il me fasse boire un filtre d'amour, qu'il m'envoute d'une quelconque manière. J'aurais supplié Merlin pour qu'il le fasse, car je ne pouvais pas supporter de ressentir ce genre de sentiments pour lui. Je n'en avais plus le droit.
Drago qui ne m'avait pas quitté du regard, dû voir une certaine détresse dans mes yeux.
- Ne lutte pas Hermione, me susurra-t-il d'une voix envoutante. Laisse-toi aller, choisi d'être heureuse.
Les battements de mon cœur me semblaient assourdissants. Sa main glissant lentement sur mon bras, me semblait être la chose la plus importante au monde. Et soudain, je trouvai le courage de m'écarter de son contact.
- Je vais m'habiller ! M'exclamai-je en fuyant la salle de bain pour rejoindre la penderie près de notre lit.
Ce fut au tour de Ginny Weasley d'entrer dans la chambre d'hôtel de Blaise comme une furie, pour rejoindre les deux garçons.
- Ca fait vingt-quatre heures et le bureau des Aurors n'a aucune piste ?! S'exclama-t-elle en fusillant Harry du regard. Avec toutes les informations qu'on leur a communiquées ?! Et pourquoi est-ce que Blaise est toujours caché ici ?
- Le ministère est d'accord pour le protéger le temps de l'enquête.
- Donc les charges contre lui ont été abandonnées ?
- Pas exactement, répondit le concerné. Ils me laissent juste le bénéfice du doute et préfèrent me laisser en sécurité au cas où. Enfin, sous la surveillance de Potter qui est Auror.
- L'enquête est secrète ? S'enquit Ginny.
- Oui. Le ministère ne veut pas d'affolement comme à l'époque de Voldemort. Ils veulent essayer de gérer ça le plus discrètement possible.
- Ca, c'est parce qu'ils ne se rendent pas encore compte de l'ampleur de l'organisation, grogna Blaise.
- Affoler la population ne nous aiderait pas de toute façon, fit remarquer Harry.
- Je pense que si, le contredit Blaise. Le Triangle du sang va continuer de vouloir recruter des sorciers et pour le bien de toute le monde, il faudrait que…
- Si il n'y a pas de nouveau d'ici demain, j'irais moi-même rédiger un article pour la gazette du sorcier s'il le faut, affirma Ginny.
- Ginny… marmonna Harry dans un soupire.
- Il s'agit d'Hermione dont d'un hippogriffe ! HERMIONE ! Elle est en danger ! Elle est forcément en danger, sinon elle serait revenue ! S'exclama Ginny en s'agitant dans tous les sens. Il faut faire quelque chose ! Plus on attend et plus il y a de risques pour elle !
Harry se leva pour la prendre dans ses bras, dans le but de la calmer.
- Lâche-moi !
- Ginny calme-toi, il ne faut pas perdre notre sang-froid. Et nous ferons comme tu as dis.
Elle plongea son regard dans celui d'Harry.
- S'il n'y a pas de nouveau d'ici demain, nous irons tous les trois voir la Gazette du sorcier. D'accord ?
- Même Zabini ? S'enquit-elle en se tournant vers le concerné.
- Il ne risquera rien, lui assura Harry. Nous serons avec lui. Et trois personnes pour témoigner ne sera pas de trop. Après tout, nous allons faire ça sans l'accord du ministère et sans la moindre preuve.
- Tu es Harry Potter, signala Blaise. Ils te croiront tous à la Gazette du sorcier.
Cette première journée avait été épouvantable alors qu'à l'inverse, Drago m'avait semblé être au comble du bonheur. C'était comme s'il était né une deuxième fois, comme s'il avait enfin été à la place qu'il estimait mériter. J'avais eu le mince espoir que les membres de l'organisation n'acceptent pas tous Drago comme chef, mais je m'étais lourdement trompée. Même ses amis qu'il avait pourtant punis et fait torturer, semblaient s'accommoder de la situation avec joie. Je ne comprenais pas comment ils ne pouvaient pas lui en vouloir pour ce qu'il avait fait. Comment Daphné pouvait-elle par exemple pardonner à Drago d'avoir fait tuer sa sœur Astoria ? Accordaient-ils à ce point de la valeur à la cruauté d'un chef ? Ou peut-être était-ce parce que je n'avais moi-même pas été épargnée, puisque j'avais été envoyée une semaine entière au cachot. Peut-être estimaient-ils tous que Drago était ainsi juste dans ce qu'il faisait.
Drago et moi n'avions pas déjeuné avec ses amis à une quelconque table, comme d'habitude. Au lieu de ça, il avait fait dresser dans la nuit une estrade contre l'un des murs et il y avait installé une longue table en bois. Une table à six places surplombant le reste de la vaste salle. Il s'était assis au milieu, moi à sa gauche et les quatre places avaient été destinés aux différents chefs de l'organisation. A ma gauche, la place était cependant restée vide. Blaise ne pouvant évidemment plus assurer son poste de chef des cachots. Cependant, les trois places à la droite de Drago avaient bien été occupées par Pietra Ferthiac, chef du recrutement, Basile Monical, chef de la sécurité extérieur et Drago avait même confié son ancien poste de chef de la sécurité intérieur à Daphné Grengrass. Peut-être était-ce finalement pour cette raison qu'elle lui avait pardonné la mort de sa sœur. Peut-être était-ce aussi pour ça que Drago l'avait nommé à ce poste. Pour qu'elle lui pardonne. Cependant, je n'avais pu m'empêcher de soupçonner cette nomination également contre moi. Après tout, la jeune fille n'avait jamais caché son animosité à mon égard et peut-être que Drago comptait là-dessus pour être certain qu'elle m'empêcherait de m'enfuir du château en mettant en place des protections spécialement à mon encontre. Peut-être était-ce d'ailleurs la seule à savoir que je n'étais pas ici de mon propre chef. Peut-être se réjouissait-elle que je sois prisonnière de ce château. Mais d'un autre côté, j'imaginais mal Drago confier ce genre de chose à quelqu'un. Surtout qu'il m'avait demandé de ne pas faire part de ma situation à Pansy. Ce n'était donc finalement pas possible.
Je n'avais pas ouvert la bouche du repas, laissant Drago discuter avec ses chefs. Discuter du meilleur candidat possible au poste de chef des cachots, discuter des nouveaux recrutements, discuter des problèmes pour ensuite donner ses directives. De temps à autre, il m'avait jeté des regards insistants voyant que je ne mangeais pas, mais il avait finit par abandonner. Il n'avait certainement pas voulu se donner en spectacle devant tous les membres de son organisation qui déjeunaient en face de nous.
- Si on reste ici pour le dîner, tu mangeras ?
Je sursautai en entendant sa voix. Etait-ce déjà l'heure du dîner ? Etais-je réellement restée prostrée sur l'un des canapés de la chambre toute l'après-midi ? Visiblement, oui.
- Hermione, insista-t-il.
Je percevais clairement de l'impatience dans sa voix, même s'il tentait de la dissimuler.
- Oui je mangerais, répondis-je alors.
Après tout, si cela me permettait de ne pas avoir à subir le regard des autres sorciers du château, je ne pouvais pas refuser l'offre de Drago. Un elfe de maison apparu quelques minutes plus tard et déposa nos plats sur la table. Je me levai alors de mauvaise grâce et m'y installai. Il fallait que j'arrête de morfondre si je voulais m'échapper de cet endroit.
- Tu es allé au ministère aujourd'hui ? M'enquis-je alors dans le but de faire la conversation et donc de donner le change.
Cependant Drago ne répondit pas. Il se contenta de me regarder d'un air entendu.
- Oui, c'est vrai. J'imagine que tu es dans le même cas que moi… Tu ne peux pas y retourner.
- Voilà.
- Et tu as trouvé quelqu'un pour remplacer Blaise ?
Il se contenta de secouer la tête, comme seule réponse. Son manque de réactivité jeta un froid à table et je n'osai plus poser la moindre question. Pourquoi ce changement de comportement de sa part ? Il aurait dû être content que je mange et que je parle, non ? N'était-ce pas tout ce qu'il voulait ?! Que je me comporte comme si j'étais heureuse ?
Lorsque j'entrepris de sortir de table à la fin du repas, Drago se décida enfin à ouvrir la bouche.
- Ils sont à notre recherche.
- Qui ça ? Demandai-je le cœur battant.
- Les Aurors, répliqua-t-il avec un sourire totalement dénué d'humour.
Par Merlin ! Les Aurors étaient au courant ! Je sentis une vague d'espoir monter en moi, mais je masquai cependant la moindre émotion allant dans ce sens.
- Harry a du constater ma disparition, me contentai-je alors de répondre.
- Ce n'est pas étonnant, tu es une personne très précieuse. C'est tellement dommage que tu ne crois pas en notre idéologie, ajouta-t-il. Tu aurais été la meilleure chef du magenmagot que le ministère ait connu.
Je ne savais pas s'il essayait de me blesser, de me faire du mal ou de me rendre triste… mais cela marchait. Je sentis une boule de tristesse monter dans ma gorge tandis que Drago me fixait d'un air provocateur. Et soudain, sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour me contrôler, je tombai au sol sur les genoux et éclatai en sanglots. Même si je sortais de ce château, que me resterait-il ? Comment pourrais-je être de nouveau heureuse après ça ?
- Tues-moi Drago… je…je… t'en supplie… tue-moi
J'entendis sa chaise racler le sol et il se précipita vers moi pour m'encercler de ses bras.
- Je suis désolé, j'ai été inutilement méchant, dit-il.
- NE ME TOUCHE PAS ! Hurlai-je.
Il s'écarta aussitôt.
- TU AS TOUT GACHE ! NOUS ETIONS BIEN, NOUS AVIONS UN SI BEL AVENIR DEVANT NOUS ! TU VEUX QUE JE SOIS HEUREUSE ? MAIS COMMENT LE POURRAIS-JE ?! TU M'AS PRIVE DE MON AVENIR, DE MON TRAVAIL, DE MES AMIS ! TU M'AS DEMUNIE DE MON ETAT DE SORCIERE EN ME PRENANT MA BAGUETTE ! TU M'AS PRIS MA VIE ET JE NE M'EN REMETTRAIS JAMAIS !
Drago recula de quelques pas, tandis que je me redressai difficilement sur mes jambes.
- Je préfère que…que.. tu me tues Drago. Achève-moi…
Il ne répondit pas, se contentant de m'observer avec attention.
- TUE-MOI ! Hurlai-je de nouveau en m'approchant de lui pour le défier du regard.
- Enfin… lâcha-t-il alors dans un murmure. Enfin, tu redeviens celle que j'aime. Je préfère que tu hurles et que tu me haïsses, plutôt que tu restes dans un état léthargique ou faussement avenant, qui ne te ressemble pas. Pleure Hermione, cries autant que tu veux. Je sais que je t'ai tout pris. Mais avec le temps, ça passera. Ca mettra peut-être du temps, mais ça passera.
A ces mots, il agita brièvement sa baguette et glissa à travers le sol.
Drago ne revint pas de la soirée, et j'eu le loisir de retourner la grande chambre pour essayer de retrouver ma baguette et la cape d'Harry, en vain. J'eu le temps de briser tous les objets fragiles à porté de main, de pleurer pendant une longue heure, avant de finalement aller me coucher. Les heures défilèrent et pourtant, malgré ma fatigue évidente, je ne parvenais pas à trouver le sommeil.
Drago était-il l'amour de ma vie ? Etait-ce lui qui m'avait été destiné depuis le départ ? Une nouvelle larme coula le long de ma joue. Bien sûr que c'était lui, mais il m'avait brisé le cœur. Le pire était que je continuais de l'aimer malgré tout ça. Je l'aimais et je le haïssais à la fois. Je n'aurais jamais cru possible de ressentir ces deux sentiments pour la même personne, mais pourtant c'était le cas. Je souffrais tellement que j'avais l'impression qu'une main invisible écrasait mon cœur dans sa paume. Qu'il allait finir par s'émietter et se dissoudre dans mon corps.
J'entendis soudain un mouvement de cape et des pas qui se dirigeaient vers la salle de bain. Drago était revenu. Je l'entendis se déshabiller et faire sa toilette le plus discrètement possible. Il m'avait tué, mais pourtant, il prenait soin de ne pas me réveiller. C'était ironique d'une certaine manière. J'entendis ses pas revenir dans ma direction. La couverture sous laquelle j'étais bougea et je le senti se glisser dans le lit. Il poussa un profond soupire et je n'entendis plus rien que je rythme régulier de sa respiration.
Une affreuse idée me traversa alors l'esprit. Et si je le tuais dans son sommeil ? Certes, je n'avais plus ma baguette, mais il me restait d'autres moyens. Je pourrais essayer de l'étouffer, de l'électrocuter, de lui planter un couteau directement dans le cœur. Il y avait tant de possibilités… Je me retournai silencieusement afin de l'observer. Il dormait sur le dos. Son torse était nu, comme s'il me montrait que je pouvais aisément lui trancher la gorge. Une nouvelle larme coula le long de ma joue. J'étais bien incapable de lui faire du mal. Je l'aimais beaucoup trop pour ça. Malheureusement pour moi. Et puis… il était le père de mon enfant. De mon futur enfant. Je portai mon regard jusqu'à son visage. Il était si beau. Comment ses idées pouvaient alors être si noires ? Que s'était-il passé pour qu'il tourne aussi mal ? Ne restait-il donc rien de bon en lui ? Il semblait si paisible lorsqu'il dormait… Il était le Drago que j'aimais. Je m'approchai davantage de lui et posai ma tête sur son torse, le cœur battant. A cet instant, entrer en contact avec lui sans qu'il le sache était le seul réconfort qu'il m'était donné d'avoir. Certes, c'était un monstre, mais une part de lui était toujours le Drago que j'avais appris à connaître ces derniers mois. Alors, malgré l'affreuse situation dans laquelle je me trouvais à présent, j'avais bien le droit de m'octroyer cette petite compensation. Ce faible réconfort. J'aurais tout donné pour qu'il se réveille et qu'il me murmure que tout ceci n'était qu'un plan pour se débarrasser de Pansy, pour se débarrasser définitivement du Triangle du sang. Mais cela n'arriverait pas. Cela n'arriverait jamais. Alors j'avais le droit d'oublier ce qu'il se passait, ne serait-ce que pour quelques minutes, pour parvenir à m'endormir.
Lorsque je rouvris les yeux le lendemain matin, ma tête reposait toujours sur le torse de Drago. Son bras encerclait également mon dos. S'était-il réveillé pendant la nuit, ou son geste à mon encontre n'avait-il été qu'un ancien réflexe ? Je le sentis bouger, ce qui me paralysa aussitôt. J'osais à peine respirer.
- Où est caché Blaise ?
Je ne répondis pas. Non seulement parce que je ne comptais évidemment pas lui donner de réponse, mais surtout, parce que je ne voulais pas qu'il sache que j'étais consciente de la position dans laquelle je me trouvais. C'est-à-dire, dans ses bras. Il bougea soudain brusquement, m'attrapa les deux mains et me coucha sur le dos, pour me surplomber de toute sa hauteur. Néanmoins, ses gestes restèrent étonnamment doux. Nos regards se croisèrent pour rester fixer l'un dans l'autre.
- La seule raison pour laquelle je t'ai laissé te cacher avec lui, était pour que tu me dises où il se trouvait. Parce que je savais pertinemment que sans nouvelles de ma part, tu viendrais me chercher. Que tu réussirais à t'enfuir pour venir me sauver. Alors, où est Blaise ? Répéta-t-il.
Il n'y avait pas la moindre once de menace dans sa voix. C'était comme s'il me posait une question d'une banalité sans nom.
- De toute façon, les membres du Triangle du sang finiront par lui remettre la main dessus, dit-il en me relâchant les poignets pour se recoucher sur le dos, dans sa position initiale.
- C'est ton meilleur ami, tentai-je dans le mince espoir qu'il retrouve la raison.
- C'est un traitre et en plus il t'aime toujours.
- Tu te sens en danger ? Lui lançai-je avec sarcasme. Ce n'est pas comme si j'étais capable d'éprouver le moindre sentiment pour lui. N'est-ce pas ? Tu t'es bien arrangé pour que cela n'arrive d'ailleurs jamais avec qui que ce soit d'autre.
- Tu ne serais jamais de nouveau tombée amoureuse de lui, répondit-il avec calme. Vous ne vous correspondez absolument pas. C'est simplement le fait qu'il t'aime qui m'agace. Il n'accepte pas sa défaite, il n'accepte pas le fait que tu ne veuilles plus de lui.
- Eh bien comme ça vous êtes deux, répliquai-je sur un ton de défis.
- Tu m'aimes Hermione. Je le sais et tu le sais.
Je lui adressai un regard mauvais, comme seule réponse.
- On ne s'endort que sur les personnes qu'on aime, dit-il en faisant jouer ses sourcils d'un air particulièrement provocateur. Tu m'aimes et tu me détestes en même temps. Mais l'amour est plus fort, l'amour est toujours plus fort.
Mon regard devint glacial.
- Il va falloir que tu changes de comportement Hermione… Tu mets ta santé mentale et physique en danger et tu sais ce qui est encore pire ? C'est que cela influe sur notre enfant. Si jamais, il lui arrive quoi que ce soit, je te jure que je ne te pardonnerais pas ! Surtout si c'est une fille.
- Comment ça surtout si c'est une fille ? Répétai-je surprise.
- Quelque soit le sexe de mon enfant, je l'aimerais plus que tout. Mais avoir une fille serait mieux, je dois bien l'admettre. Je sais ce que c'est de naître garçon et d'être constamment dans l'ombre de son père malgré des efforts surhumains pour essayer de lui plaire. Je ne voudrais pas que mon fils ressente ce genre de chose.
Il posa une main attendrie sur mon ventre et je le laissai faire. Il approcha également son visage.
- Si tu savais comme je t'aime déjà, murmura-t-il à mon ventre. Je t'offrirais une vie merveilleuse et je t'aimerais comme aucun parent n'a aimé jusqu'à maintenant. Je ne laisserais jamais rien t'arriver, tu ne seras jamais triste ou blessé. Nous serons pour toi de merveilleux parents.
Drago releva les yeux vers moi et je lui adressai un regard profondément ému.
- Je ne veux que le bonheur de notre famille, me murmura-t-il.
Je ne répondis pas. Au lieu de ça, je m'approchai précautionneusement de lui. S'il sembla d'abord surpris par mon geste, il laissa finalement mes bras encercler son cou. Je l'attirai contre moi et enfouis mon visage dans son cou, dans un profond soupire. J'allai même jusqu'à déposer un léger baiser près de son oreille et Drago passa lui-même ses bras dans mon dos pour me serrer contre lui.
Mon enfant était ma solution. C'était le seul à pouvoir me sauver. Il allait être mon héro avant même de venir au monde. Il allait me permettre de quitter le château et une vague d'espoir me submergea aussitôt.
- Quel serait le pire des scénarios ? Murmura Ginny à voix basse. Que Hermione et Drago soient morts et…
- Non, la coupa Blaise avec humeur. Le pire des scénarios seraient qu'ils soient en train de se faire torturer pour le plaisir. Car ils finiront par être tués, c'est certain. Mais ils auront atrocement souffert avant.
- Il est possible qu'ils soient tous les deux parvenus à s'échapper, poursuivit Ginny d'une voix tremblante. Peut-être qu'ils se cachent ! Après tout, Hermione est intelligente. Elle ne serait jamais retournée au siège de l'organisation sans avoir un plan.
- Elle est partie sur un coup de tête, je vous l'ai déjà dis, répliqua Blaise d'un air agacé. Elle a paniqué. Je ne suis pas sur qu'elle ait vraiment réfléchit à ce qu'elle allait faire avant de partir. Je lui avais dit de ne pas partir pourtant ! Je savais que ça allait mal tourner, mais elle n'écoute jamais rien, comme d'habitude !
Harry soupira exagérément et se redressa quelque peu sur le fauteuil sur lequel il était assis.
- Il est aussi possible que Drago n'ait jamais prévu de quitter le Triangle du sang. Peut-être que c'est seulement Hermione qui est danger, ajouta Blaise.
- Zabini ! Gronda Harry. On ne sait pas ce qu'il s'est passé depuis deux jours, cela ne sert donc à rien de polémiquer sur le sujet. Tous les Aurors sont déjà sur le coup et maintenant nous allons même….
- Mais qu'est-ce qu'elle fou ! S'exclama Ginny. Elle a plus important à faire ou quoi ?! Il est vingt-trois heures ! On lui sert l'histoire de sa carrière sur un plateau et…
La grande porte en bois en face d'eux s'ouvrit soudain sur la toute nouvelle rédactrice en chef de la Gazette du sorcier.
- M. et Mme Potter, M. Zabini, entrez je vous en prie, les salua-t-elle en ouvrant plus largement la porte de son bureau.
Ils se levèrent tous les trois dans un même mouvement. Les trois sorciers n'avaient que faire du choix du ministère de garder l'affaire secrète. Ils allaient tout raconter.
