Δ Chapitre 30 : L'esprit de Drago
Drago était totalement silencieux tandis que la salle entière semblait suspendue à ses lèvres. Il ne quittait pas des yeux le numéro spécial de la gazette du sorcier qui était sorti tôt ce matin. J'avais beau essayer d'y jeter un œil, je ne parvenais pas à lire l'article de ma place. Pour cela il aurait vraiment fallut que je me penche considérablement du côté de Drago et je ne voulais pas montrer que je portais un trop grand intérêt au journal. Cela aurait pu trahir mes intentions. Mes mauvaises intentions à l'égard de l'organisation. Ainsi, tout ce que j'étais parvenue à lire était le titre.
« Le Triangle du sang, l'organisation au service du mal »
- Drago, souffla Pansy entre ses dents. Dis quelque chose, ils attendent.
Un étrange sourire étira finalement les lèvres de Drago. Il aurait dû être catastrophé par l'article, mais ce n'était visiblement pas le cas. Il n'avait vraiment jamais le comportement auquel je m'attendais. Il finit par se lever de sa chaise, en la faisant grincer sur le sol et posa son regard, tour à tour, sur les différents membres de l'organisation face à lui. Il attrapa également le journal qu'il relâcha négligemment face à moi.
- Demande-le, au lieu de te tordre le cou pour essayer de lire, fit-il en levant les yeux au ciel.
Je ne me fis pas prier et parcouru rapidement les grandes lignes de l'article qui faisait plusieurs pages.
Tout y était. Tout.
Le but de l'organisation y était expliqué ainsi que son fonctionnement, ou encore ses méthodes de recrutement. Pansy était accusée d'en être la chef et il y avait sur les autres pages, la liste des sorciers appartenant au Triangle du sang. Blaise avait vraiment bien travaillé et j'étais certaine que peu de noms manquaient dans son état des lieux. Mon cœur loupa un battement lorsqu'au fil de la lecture, je compris enfin pourquoi Drago souriait. Il n'était accusé de rien. Lui et moi étions déclarés comme ayant disparus suite à notre infiltration de l'organisation. Mes amis avaient laissé le bénéfice du doute à Drago. Même Blaise. Ils avaient crus en moi lorsque j'avais assuré la position de celui que j'aimais du côté du bien. Drago était hors d'état de cause pour l'instant et tout ça à cause de ma bêtise. Je comprenais donc parfaitement sa satisfaction à la lecture de l'article et pourtant… l'étalage au grand jour du Triangle du sang aurait tout de même du l'énerver. Alors pourquoi continuait-il de sourire en regardant les membres du Triangle du sang, alors qu'ils avaient eux-mêmes l'air effrayé par toutes les révélations du journal ?
- Nous sortons enfin de l'ombre, déclara finalement Drago d'une voix forte en levant quelque peu les bras face à lui. Certes, j'aurais préféré attendre encore un peu avant de dévoiler au reste du monde notre merveilleux projet, mais ce n'est finalement pas plus que mal que Blaise Zabini ait parlé. Je vous rappelle que sa capture est notre priorité. Je préférerais largement le récupérer vivant, mais si vous n'avez pas le choix, tuez –le. Celui ou celle qui règlera le problème, obtiendra le poste de chef des cachots ou tout autre chose qui pourrait lui tenir à cœur. Je sais récompenser les membres particulièrement impliqués et doués. Pour ce qui est du reste, vous n'avez plus besoin d'être aussi discrets qu'avant évidemment.
Il s'arrêta et se tourna vers Pietra Ferthiac.
- En tant que chef du recrutement, je suis persuadé que tu vas avoir beaucoup de travail et que certains sorciers vont se présenter d'eux-mêmes pour rejoindre notre cause. N'hésite donc pas à toi-même agrandir ton équipe pour gérer tout ça.
La concernée hocha la tête. J'espérais sincèrement que Drago se trompait, mais il était malheureusement possible que certains sorciers, aussi fous que ceux déjà présents dans la salle, souhaitent rejoindre l'organisation.
- Pour ceux qui n'ont pas lu l'article ou ceux qui ne l'ont pas lu entièrement, je précise qu'Hermione et moi sommes déclarés disparus, poursuivit Drago visiblement très amusé par la situation.
- Je ne vois pas en quoi c'est une bonne nouvelle, grogna Basile Monical, le chef de la sécurité extérieur.
Drago s'immobilisa aussitôt tandis que le concerné se ratatinait sur sa chaise. Il n'avait pas dû prévoir de parler si fort. Drago se retourna lentement vers lui et lui adressa un étrange sourire.
- Basile, aurais-tu l'amabilité de répéter haut et fort ce que tu viens de dire ?
Le ton de Drago n'était absolument pas menaçant et c'était presque encore plus inquiétant. C'était même effrayant de ne pas pouvoir prédire la moindre de ses réactions. Je n'arrivais plus à savoir à quel moment il allait exploser ou à quel moment il allait se montrer clément. C'était infernal et pesant.
- Je ne voulais pas dire que….
- Répète ! S'impatienta Drago. Et lève-toi.
Le concerné se redressa maladroitement de sa chaise et je pus presque ressentir sa peur à cet instant précis.
- Je ne vois pas en quoi c'est une bonne nouvelle, dit-il d'une voix forte.
Il essayait de garder la tête haute, mais ses mains tremblaient. Je le voyais clairement de ma place. Il fallait que j'essaye d'intervenir, que je fasse quelque chose pour radoucir Drago. Certes, les membres de l'organisation et d'autant plus ses chefs, méritaient tous de finir à Askaban. Mais personne ne méritait de mourir ou d'être torturé pour avoir dit un mot de travers. Peut-être était-ce également parce que je ne voulais pas voir Drago être cet être cruel et dénué de compassion. Je levai les yeux vers lui. Il était toujours debout face à l'assemblée silencieuse. Ses bras tombaient le long de son corps et ses mains étaient à l'abri des regards des sorciers, cachés derrière la table. Je plongeai alors ma main dans la sienne, dans un geste que je voulus affectueux. Drago se retourna aussitôt vers moi, certainement sous le coup de la surprise. Cependant, mon regard se porta aussitôt sur les membres de l'organisation face à moi. Je ne voulais pas qu'il voit la peur qui devait certainement flamboyer dans mes yeux. Après quelques secondes qui me semblèrent interminable, il resserra sa propre main autour de la mienne et se tourna de nouveau vers Basile.
- Tu peux te rasseoir merci, lança-t-il à son chef de la sécurité extérieure.
Ce dernier ne se fit pas prier.
- Alors ? Poursuivit Drago à l'attention des sorciers face à lui. Qui a la réponse à l'interrogation de Basile Monical ?
Sa question fut accueilli pas un silence de mort.
- Conor ? Une idée peut-être ?
Il se contenta de secouer la tête.
- Vous pouvez parler sans crainte, insista Drago. Sans dire que nous sommes une démocratie, il est important de tous discuter ensemble. C'est comme ça que nous avancerons.
Hortense, située à l'autre bout de la salle, se leva soudain de sa chaise.
- C'est une bonne nouvelle car la priorité du ministère ne sera pas d'essayer de nous défier.
- EXACT ! S'exclama Drago en relâchant ma main pour lever les bras en l'air. Le ministère va d'abord essayer de nous sauver, Hermione et moi, poursuivit-il d'un air ravi. Ils vont tout faire pour nous récupérer vivant, ce qui nous laisse encore un peu de temps pour nous organiser. Ils perdront du temps et de l'énergie, pendant que notre recrutement progressera et que nos défenses s'amélioreront ! Quand le ministère comprendra que je suis à la tête du Triangle du sang et qu'Hermione y a également une place de choix il sera trop tard pour eux ! Beaucoup trop tard.
Il semblait véritablement ravi et il avait raison de l'être. Ma stupidité à faire confiance à Drago donnait un avantage considérable à l'organisation. C'était une catastrophe… Il fallait que je mette mon plan à exécution et ce très rapidement. Je ne pouvais pas supporter de voir Drago être « T » sans faire quoi que ce soit.
Lorsque la réunion prit fin, je m'étais attendue à ce que Drago souhaite s'entretenir avec ses différents chefs, mais ce ne fut pas le cas. Au lieu de ça, il resta à mes côtés et me suivit lorsque je prétextai vouloir retourner dans notre chambre.
- Le bien-être des membres de l'organisation te tient à cœur n'est-ce pas ? Me demanda-t-il alors que nous montions les marches de l'un des nombreux escaliers du château.
- Comment ça ?
- Tout à l'heure, quand tu as mis ta main dans la mienne. C'était pour me calmer n'est-ce pas ?
Je ne savais pas quoi lui répondre. Du moins, ce qu'il était judicieux de lui répondre. A cet instant, il semblait être le bon Drago, celui qui n'était pas fou et qui discutait simplement avec moi comme nous l'avions souvent fait dans le passé. Néanmoins, je savais que je ne pouvais plus vraiment me fier à mes impressions. Drago était le sorcier le plus imprévisible qu'il m'avait été donné de connaître. Il pouvait être celui que j'aimais pendant quelques secondes, puis subitement se transformer en ce monstre appelé « T ».
- Je ne pense pas que je m'en serais pris à Basile, poursuivit-il face à mon manque de réaction.
Il ne « pensait » pas ? C'était encore pire que ce que je croyais. Même lui avait conscience de sa capacité à passer d'un sentiment à l'autre. De sa possibilité d'exploser à tout moment.
- Mais je suis content que tu sois intervenue. Les membres de l'organisation doivent me craindre, mais ils ne doivent pas avoir complètement peur de moi. Ils doivent pouvoir me faire confiance. S'ils ne se sentent pas libre de parler ça pourrait être problématique pour la continuité du Triangle du sang. Donc… je te remercie Hermione.
Je ne répondis pas. Nous arrivâmes à l'étage supérieur et nous poursuivîmes notre route dans le long couloir vide, côte à côte.
- Tu es vraiment celle qui était faite pour moi. Tu es la bonté et la droiture qu'il me manquait, dit-il tandis que je continuais de fixer le bout du couloir. Je t'ai pourtant tellement détesté dans le passé… Surement parce que tu avais toutes ces qualités qui me manquaient. Parfois, j'aimerais même te ressembler.
J'avais peur de croiser son regard. Pas par crainte qu'il voit quelque chose qui ne lui plaira pas, mais plutôt qu'il y voit l'inverse. Ma plus grande faiblesse était l'amour que je continuais de lui porter malgré tout, d'autant plus dans ces moments là où j'avais l'idiote impression qu'il pourrait redevenir le Drago dont j'étais tombée amoureuse. J'avais toujours un espoir, aussi mince soit-il. Il était naturel de ressentir de l'espoir, c'était l'un des seuls sentiments humains que tout le monde ressentait avec force. Personne n'était dénué d'espoir dans sa vie. Même lorsqu'on disait « il n'y a plus d'espoir », nous espérions quand même.
- J'aurais tellement aimé me rendre compte plus tôt de celle que tu étais vraiment. Hermione Granger et Drago Malefoy… Tu imagines le couple hors du commun que nous aurions formé dès Poudlard ?
- Ca n'aurait pas été possible, lâchai-je.
Il s'arrêta et me força à faire de même.
- Tu aurais été tué pour ça, ajoutai-je. Et ta famille avec.
- C'est vrai. Mais j'aurais quand même trouvé un moyen pour que nous puissions nous aimer, dit-il avec un sourire provocateur.
- Nous aurions pu nous enfuir et nous cacher, dis-je.
C'était ce stupide espoir qui me faisait parler. L'espoir que je pourrais peut-être sauver Drago de sa propre folie. Il était encore possible de tout arrêter. Drago pouvait s'enfuir avec moi et abandonner le Triangle du sang. Surtout que l'article de la Gazette ne l'avait pas accusé de quoi que ce soit. Certes, si les membres de l'organisation étaient capturés par les Aurors, ils accuseraient certainement Drago, mais il n'y aurait aucune réelle preuve de sa culpabilité. Et même dans le pire des cas, nous pouvions nous cacher pour le restant de notre vie. Il y avait encore un espoir !
- Ce n'est pas ton genre de fuir Hermione, me contredit cependant Drago. Toi, tu te serais battue au grand jour pour notre amour.
- Si la fuite avait été la seule solution, je l'aurais fait par amour, insistai-je le cœur battant.
Drago se posta face à moi et plongea son regard dans le mien. Un regard pénétrant, comme s'il essayait de lire dans mon âme. Il fit glisser l'une de ses mains dans mes cheveux tandis que mon cœur battait la chamade. Il était si beau. Sa main descendit jusqu'à ma nuque et un frisson me parcouru instantanément le dos. J'avais envie qu'il me sert contre lui avec force. Comme avant. Comme lorsque nous nous étions découvert pour la première fois. Ses yeux ne m'avaient pas quittée et il rapprocha quelque peu son visage du mien.
- Te battrais-tu pour nous ? Me demanda-t-il sans ciller. Ton amour est-il si fort ?
- Bien sûr, répondis-je dans un souffle presque inaudible tant j'étais hypnotisée par ses yeux aciers.
- Alors bats-toi Hermione ! Bats-toi pour nous. Pour notre enfant. Bats-toi pour qu'il puisse naître et vivre dans la sécurité du Triangle du sang. Bats-toi pour que notre amour puisse perdurer envers et contre tout.
Mon espoir n'avait été qu'une nouvelle idiotie de ma part. Drago ne fuirait pas. Il n'abandonnerait jamais. Ainsi, j'aurais dû m'écarter de son contact, mais je n'y parvenais pas. Ses lèvres frôlèrent les miennes, tandis qu'un feu puissant prenait vie à l'intérieur de mon corps. Je l'aimais. Je l'aimerais d'ailleurs toujours. Quoi qu'il ait fait et quoi qu'il fasse. Les mains de Drago descendirent le long de mon corps pour s'ancrer sur mes hanches avec la détermination que j'aimais tant. Il m'attira à lui, toujours sans me quitter des yeux et un petit gémissement s'échappa de ma gorge. Je baissai mon regard jusqu'à ses lèvres. Elles m'appelaient avec une telle force que j'avais du mal à y résister. Drago mit alors fin à ma lutte intérieur en une seconde. Il fondit sur ma bouche tandis que je m'accrochai à son cou, comme si ma vie en dépendait.
J'avais l'impression d'avoir déjà vécu cette scène. Moi, la tête posée sur le torse de Drago tandis qu'il dessinait des cercles invisibles dans mon dos. Pourtant, cette scène n'avait rien à voir avec les précédentes fois. Du moins pas dans mon esprit. J'allais aller au bout de mon objectif contre le monstre qu'était « T », mais j'allais aimer Drago. Le bon Drago. Peut-être étais-je aussi folle que lui, pour différencier ainsi les deux facettes de sa personnalité, mais ne pas le faire m'aurait tué. Je ne serais jamais parvenue à lutter contre ce que je ressentais malgré tout pour lui. J'étais amoureuse de l'un des deux Drago.
- Est-ce que tu pourrais me faire une liste de tous les sorciers présents au sein de l'organisation et…
- Elle est déjà dans la Gazette, me coupa Drago.
- Et de leurs métiers respectifs, terminai-je. De leur ancien métier, car maintenant, ils ne vont plus vraiment pouvoir l'exercer.
- Pourquoi tu veux savoir tout ça ?
- J'ai besoin d'évaluer nos forces et nos faiblesses. S'il y a par exemple un sorcier capable de s'occuper de la plantation de légumes ce serait pas mal par exemple. Si ce n'est pas le cas, il faut vite en recruter un. Je vois mal l'un d'entre nous se rendre au marché avec ce qu'il se passe en moment. Et il n'y a pas que notre alimentation qui va devenir un problème. Il nous faut des personnes capables de créer des chaudrons, des potions… Il nous faut quelqu'un de spécialisé en ingrédients magique. Il nous faudrait aussi…
- J'ai compris, me coupa Drago. Tu as raison, même si je pense que la plupart des commerçants n'auront aucun problème à toujours nous servir. Mais il faut quand même se préparer au pire. Je demanderais à Pietra Ferthiac de faire une liste. Il faut rapidement combler nos éventuels manques dans les différentes professions existantes.
Drago n'avait absolument pas compris mes réelles intentions et c'était parfait. Tout ce dont je voulais m'assurer, c'était de l'absence d'un médicomage au sein de l'organisation. J'étais enceinte et capable de simuler un problème de santé qui nécessiterait mon envoi à Saint-Mangouste. S'il y avait un médicomage dans le château, j'allais devoir trouver autre chose, mais si ce n'était pas le cas, l'enfant que je portais serait mon salut. J'étais importante pour Drago et notre enfant l'était peut-être encore plus. J'étais donc certaine qu'il ne prendrait pas le risque qu'il nous arrive quoi que ce soit. Tout ce que j'avais à faire était donc de récupérer cette liste, adapter mon plan en conséquence et surtout, gagner la confiance de Drago. La confiance du bon Drago. Celui que j'aimais.
- Je t'aime vraiment tu sais, soufflai-je en me serrant davantage contre lui.
- Je sais. Sinon tu aurais essayé de t'enfuir.
- Comment sais-tu que je n'ai pas…
- J'ai mis en place des défenses particulières, dit-il en me coupant la parole. Si tu avais tenté quoi que ce soit, j'aurais aussitôt été au courant.
J'avais, sans le prévoir, fait un premier pas menant à la confiance de Drago. Tout allait bien pour l'instant. La seule chose qui me faisait peur était le temps. Il me fallait attendre plusieurs mois pour simuler un problème avec le bébé afin que ce soit crédible. Il faudrait donc que j'endure plusieurs mois au sein du Triangle du sang et rien ne pouvait m'assurer que je tiendrais bon psychologiquement. Pourtant il le fallait ! Et d'un autre côté le temps me faisait également peur pour une toute autre raison. Parce qu'une fois ce délais passé, ma relation avec Drago prendrait fin, sans le moindre retour en arrière possible. J'avais peur de ce temps qui me paraissait beaucoup trop long et peur en même temps qu'il soit trop court. J'avais peur de rester et également peur de ne pas avoir assez de temps pour aimer le bon Drago. Dans tous les cas j'allais souffrir d'être coincée avec « T », mais aussi de quitter celui que j'aimais.
Deux semaines étaient passées. Semaines durant lesquelles je n'avais jamais vu autant d'agitation au sein de l'organisation. Comme Drago l'avait prévu, de nombreux recrutements avaient eus lieu, ce que je trouvais absolument désolant. Nous sortions tout juste d'une guerre contre Voldemort et replonger dans une horreur similaire ne semblait pas poser de problème aux nouveaux arrivants. J'avais espéré que certains d'entre eux aient eu pour but d'infiltrer l'organisation, mais cela ne semblait pas être le cas. Lors de leur arrivée, Léna Scoot, l'une des sorcières aidant Pietra Ferthiac, était chargée de leur expliquer les règles. Elle leur faisait une rapide visite, leur expliquait le rôle de chaque membre et leur présentait le réel chef de l'organisation, Drago Malefoy. Elle me présentait également comme sa femme et la première sorcière enceinte. Elle insistait toujours lourdement sur ce point ce qui me déplaisait fortement. Visiblement, ce bébé qui était en moi perdait toute humanité au sein de Triangle du sang. Non, ce n'était pas vraiment son humanité qu'il perdait, mais il devenait une sorte d'exemple à suivre, de preuve des bienfaits de l'organisation, d'enfant sacré. Ce n'était plus seulement notre enfant à Drago et moi, c'était comme si c'était celui de tous les sorciers présents. Durant l'intégration des nouveaux membres, j'avais espéré que l'un d'entre eux vienne me parler, me tester, vérifier si j'étais vraiment du côté du Triangle du sang. Malheureusement, aucun n'osaient venir à ma rencontre. J'étais certaine que Drago avait fait en sorte de faire de moi une personne intouchable, presque aussi sacrée que notre futur enfant. Tout ça, dans le but de me mettre à l'écart et donc de m'empêcher de trop entrer en contact avec eux. Et ce comportement n'avait pas touché que les nouveaux arrivants. Les autres membres de l'organisation se comportaient à présent tous de la même manière avec moi. Seuls ceux dont j'avais été le plus proche, même si « proche » n'était pas le juste de terme, continuaient de me parler normalement. Drago était derrière tout ça c'était évident. Non pas Drago. « T » était derrière tout ça.
- Hermione ?
Je reposai mon jus de citrouille sur le bar du petit salon dans lequel je me trouvai et me tournai vers Léna Scoot. Elle avait plusieurs parchemins entre les mains qu'elle me tendit. C'était la liste que j'avais demandé à Drago.
- Il y a aussi les professions de tous les nouveaux, signala-t-elle.
- Merci beaucoup, je vais étudier tout ça.
Léna ne sortit cependant pas de la pièce. Comme si elle attendait que j'ajoute quelque chose. Alors que j'allais lui demander en quoi je pouvais lui être utile, elle fit un signe de tête en direction du couloir et une jeune fille apparu dans l'encadrement de la porte. Il s'agissait d'une jeune fille brune qui avait l'air particulièrement intimidé.
- Et voici Hermione Granger, déclara Léna d'une voix importante. La femme de T. Elle porte le premier enfant de l'organisation. Ils ne sont pas seulement « T » et donc les chefs, ils nous montrent aussi l'exemple.
Et voilà qu'elle me présentait à présent comme étant la moitié de « T », la moitié de leur figure de chef. C'était de pire en pire. La nouvelle venue inclina légèrement la tête en signe de respect, sans pour autant oser prononcer le moindre son.
- Je te souhaite la bienvenue, me forçai-je alors à répondre sans pour autant parvenir à sourire.
La nouvelle recrue semblait si jeune que cela me brisait le cœur.
Lorsque je fus de nouveau seule, je parcourus la liste des métiers des sorciers de l'organisation le cœur battant. Une fois la dernière ligne lue, je me laissai lentement tomber sur le fauteuil le plus proche, dans un profond soupire de soulagement. Il n'y avait pas le moindre médicomage. C'était parfait.
- Du jus de citrouille… Tu ne changeras jamais, murmura Drago.
Je ne l'avais pas entendu arriver. Il avait dû passer à travers le mur.
- Que voudrais-tu que je boive d'autre ?
- Du whisky pur feu par exemple, suggéra-t-il en se dirigeant vers le bar pour se servir un verre. Ca fait du bien parfois tu sais.
- C'est mauvais pour le bébé.
- Ah bon ?! S'exclama-t-il en se retournant vivement vers moi.
- Evidemment.
Drago m'observa pendant quelques secondes d'un air septique avant de me sourire.
- Je n'en avais aucune idée. J'ai de la chance que tu sois la mère de mon enfant.
Il reboucha la bouteille qu'il avait à la main et porta son verre à ses lèvres. De mon côté, je l'observai silencieusement. Qui était-il à ce moment là ? Drago ou « T » ? Surement Drago.
- Tu as pensé à des prénoms ? S'enquit-il en s'approchant quelque peu de moi.
A vrai dire, je n'y avais pas pensé une seconde. J'avais des procurations bien plus urgentes.
- Ce serait bien un prénom français non ? Je crois me souvenir que tu aimes ce pays.
Oui j'aimais beaucoup ce pays, mais j'avais du mal à me projeter étant donné qu'il était possible que je n'y remette plus jamais les pieds. Malgré toute ma motivation à mettre mon plan en place, il était possible qu'il échoue. Je devais prendre en compte cette possibilité. Peut-être même que je ne parviendrais jamais à sortir de ce château vivante.
- Si c'est une fille, je propose qu'elle porte un prénom français. Si c'est un garçon, un prénom anglais, poursuivit Drago. Qu'en penses-tu ?
Je baissai les yeux jusqu'à mon ventre. Il me semblait plus rebondi qu'auparavant. Cela m'amusa quelque peu puisque c'était impossible après seulement deux semaines et demie. Le pouvoir de notre imagination pouvait être incroyable. A cet instant, j'avais par exemple l'impression de sentir des bulles éclater à l'intérieur de mon ventre. Ce n'était pas désagréable, c'était simplement comme si on soufflait dans de l'eau. Chose impossible, même si mon enfant avait déjà été âgé de 9 mois.
- Hermione, tu m'écoutes ?
Je sentis une pointe d'impatience dans la voix de Drago, mais je ne répondis pas. Bien trop accaparée par ce que je ressentais à l'intérieur de mon corps. Ma gorge était atrocement sèche, comme l'intérieur de ma bouche d'ailleurs. Je me levai alors du fauteuil dans le but de récupérer mon verre que j'avais laissé sur le bar, mais ce fut certainement trop rapide. J'eus en effet le tournis et je dus me rattraper au dossier du fauteuil duquel je m'étais levée.
Drago se précipita à ma suite et m'attrapa quelque peu dans ses bras.
- Hermione ?
- J'ai soif, murmurai-je.
Drago attrapa mon verre pour me le tendre et je le bus d'une traite. Cependant, je n'avais aucunement l'impression d'être hydratée. C'était comme si je n'avais rien bu. Je me dirigeais alors vers le robinet pour le remplir d'eau et avalai entièrement le contenu de mon verre. Il m'en fallut cinq pour que l'intérieur de ma bouche ne soit plus sec comme du papier de verre.
- Hermione qu'est-ce qu'il y a ?
- J'avais soif.
- Pourrais-tu être plus précise ? S'impatienta-t-il. Qu'est-ce qu'il se passe ?
Je sentis mes oreilles bourdonner et soudain tout devint noir.
Lorsque je repris conscience, j'étais allongée dans un lit. Je me sentais terriblement lourde et incapable d'ouvrir mes yeux fatigués. Cependant, des éclats de voix m'empêchèrent de sombrer de nouveau.
- Comment ça mon enfant n'est pas normal ?! Gronda Drago. Est-ce que tu sais à qui tu t'adresses là ?
- Je ne dis pas qu'il n'est pas normal. Juste que sa croissance est inhabituelle, murmura une voix tremblante.
C'était une voix de fille.
- Qui… qu..
Je ne parvins pas à articuler, mais cela permis néanmoins de capter l'attention des personnes présentes. Je sentis presque aussitôt quelqu'un s'asseoir sur lit près de moi.
- Hermione ? Ca va ? S'enquit Drago.
Avec de gros efforts, je parvins finalement à ouvrir les yeux. A côté de lui, se trouvait une jeune fille brune qui semblait terrorisée. C'était la nouvelle venue que j'avais rencontré dans le petit salon.
- Il…y a un… problème avec le bébé ? Demandai-je.
- Non, tout va bien.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?! S'exclama Pansy qui venait de passer à travers le mur.
- Rien ! TOUT VA BIEN ! S'écria Drago.
Pansy se tourna cependant vers l'inconnue.
- Le bébé pompe toute son énergie.
- Tu veux dire qu'Hermione est trop faible pour avoir un enfant ? S'enquit Pansy.
- HERMIONE N'EST PAS FAIBLE ! Hurla Drago. Tu es totalement incompétente Gloria !
Gloria. La nouvelle venue s'appelait donc ainsi.
- J'ai soif, murmurai-je en sentant que j'avais de nouveau la bouche atrocement sèche.
Pansy échangea un étrange regard avec la jeune fille, avant de se tourner de nouveau vers Drago.
- Qu'est-ce que tu as fait ? Lui demanda-t-elle d'une voix sèche.
- Je n'ai rien fait d'autre que d'offrir le meilleur avenir possible à mon enfant. Et rends-toi utile Gloria ! Va chercher un verre d'eau, ma femme à soif !
- Drago…murmurai-je.
- Oui Hermione, je suis là ! Ca va ? Comment te sens-tu ?
- J'ai l'impression de… mourir d'épuisement.
- Dis-nous ce que tu as fait Drago, insista Pansy qui semblait particulièrement nerveuse.
- Je fais en sorte que mon enfant soit le plus puissant des sorciers, c'est tout.
Gloria s'approcha de moi et m'aida à me redresser pour que je puisse boire. Cela n'étancha cependant absolument pas ma soif.
- Je ne me sens pas bien Drago… On va perdre le bébé.
Je ne me sentais pas bien, c'était certain. Mais pas au point que je m'inquiète pour l'enfant que je portais. Néanmoins, c'était peut-être déjà ma chance de sortir d'ici. C'était peut-être mon unique chance d'ailleurs, puisque Gloria semblait estimer que ce qu'il se passait n'était pas normal.
- TROUVE UNE SOLUTION ! Hurla Drago à l'attention de la jeune sorcière.
- Drago… il me faut un médicomage… il faut m'envoyer à Saint-Mangouste, dis-je.
Il explosa soudain de rire et je vis Pansy et Gloria se décomposer face à sa réaction.
- Sortez, je veux être seule avec ma femme.
Elles ne bougèrent pas d'un pouce.
- SORTEZ ! ET TROUVEZ-MOI UNE SOLUTION !
Lorsque les deux jeunes filles eurent disparu, Drago se leva du lit, alla de nouveau remplir mon verre d'eau et me le tendit. Je le bus entièrement et il se mit de nouveau à rire. Un rire particulièrement glaçant.
- Tu me prends vraiment pour un idiot n'est-ce pas ? Dit-il en m'adressant un regard moqueur.
Ce n'était plus à Drago que j'avais affaire. C'était à « T ».
- Je me suis demandé pendant plusieurs jours la raison de ton étrange demande, poursuivit-il. Pourquoi voulais-tu prendre connaissance toi-même des métiers des membres de notre organisation plutôt que de déléguer… Et j'ai finis pas comprendre. Il n'y avait pas de médicomage. C'était pratique pour toi, n'est-ce pas ?
- Tu te trompes, murmurai-je.
- ARRETE DE MENTIR ! Explosa-t-il brusquement. JE NE SUIS PAS BLAISE ! Figure-toi que Gloria est médicomage ! J'ai demandé à Pietra de ne pas la faire apparaître sur la liste. Je savais qu'après avoir pris connaissance de cette liste tu ne tarderais pas à simuler un mal être. Je ne pensais pas que tu oserais le faire aussi tôt, seulement quelques minutes après avoir eu la liste dans tes mains.
J'ouvris la bouche sous le coup de la surprise, mais aucun son n'en sortit. Il avait su depuis le début.
- Tu veux m'enlever mon enfant ? Tu veux me quitter Hermione ? Comment peux-tu être aussi stupide ? Comment pouvais-tu imaginer une seconde que je te laisserais faire ? HEIN ?!
- Qu'est-ce que tu as fait à notre enfant ? Gloria a dit que…
- Gloria a peur de ce qu'elle ne connait pas. Notre enfant est déjà unique et sera plus puissant que n'importe quel autre sorcier !
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Je lui lance des sorts toutes les nuits afin de renforcer ses capacités magiques.
- Avec quel type de magie ?
Je connaissais la réponse. Et pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher d'espérer me tromper. Encore ce stupide espoir.
- Mais avec de la magie noire Hermione, répliqua-t-il en m'adressant un sourire provocateur. C'est la plus puissante des magies.
Je sentis une larme couler lentement le long de ma joue. Drago était peut-être en train de faire de notre enfant un monstre.
- C'est pour son bien Hermione, dit-il en prenant ses mains dans les miennes. Jamais je ne lui ferais le moindre mal. Vous êtes la prunelle de mes yeux. Je vous aime si fort… Je veux lui donner les meilleures armes pour affronter sa future vie. Notre fille sera la sorcière la plus puissante que le monde ait connue ! C'est donc normal que tu sois un peu fatiguée… Tu vas donner naissance à une légende Hermione.
Cette fois, j'explosai littéralement en sanglot. Il n'y avait pas le moindre retour en arrière possible pour Drago. Il était perdu dans sa folie. Il ne voyait même pas tout le mal qu'il faisait déjà à notre enfant. « T » prenait le dessus sur Drago.
Deux nouvelles semaines passèrent. J'étais restée alitée la plus part du temps, ne me levant que pour manger, ou aller dans la salle de bain. Drago continuait de me lancer un sort une fois par jour pour atteindre notre enfant et je n'avais aucun moyen de me défendre. Il était complètement insensible à mes larmes et à mon désespoir. Gloria de son côté, faisait de son mieux pour me maintenir en bonne santé, mais je sentais la vie s'échapper de moi.
- Je vais mourir n'est-ce pas ? Lui demandai-je un jour, alors qu'elle me faisait boire une nouvelle potion.
Le regard de Gloria se décomposa. Habituellement, je ne lui adressais pas vraiment la parole. En partie à cause de ma faiblesse, mais aussi parce que je ne voulais pas parler de l'horreur qu'infligeait Drago au bébé que je portais. Surtout qu'elle devait certainement approuver ce genre de méthode puisqu'elle était là.
- Je ne sais pas, finit-elle par répondre.
Elle avait au moins le mérite d'être honnête, contrairement à Drago qui m'assurait que tout allait pour le mieux.
- C'est en partie de ma faute, poursuivit-elle. Je n'ai pas eu le temps de finir ma formation. Et même si ça avait été le cas, il t'aurait tout de même fallu quelqu'un avec de nombreuses années d'expérience… Aucun sort n'a jamais été jeté à un bébé dans le ventre de sa mère. Personne n'ose…
La fin de sa phrase resta en suspens.
- Personne n'ose prendre de tels risques, c'est ça ? M'enquis-je.
Elle hocha la tête, terrorisée.
- Je ne suis pas « T », dis-je. Tu n'as rien à craindre de moi.
- Tu es sa femme.
Je sentis les larmes me monter aux yeux, mais je fis un effort surhumain pour me rependre presque aussitôt.
- J'ai l'impression que l'enfant bouge dans mon ventre. Mais je sais que c'est impossible. Mon bébé n'a qu'un mois.
- Il grandit plus vite que la normal.
Je fronçai les sourcils et l'incitai à poursuivre d'un signe de la tête. Cependant, elle sembla hésiter.
- Je ne dirais rien à Drago. Tu peux me faire confiance.
- Il m'a demandé de ne pas te parler de l'état de l'enfant ou de…
- Je t'en prie… insistai-je la gorgé nouée.
- Tu accoucheras dans deux mois. Si j'arrive à te maintenir en bonne santé.
- Le temps de sa croissance est donc divisé par trois ! M'exclamai-je choquée.
Elle m'adressa un faible sourire.
- Pourquoi as-tu rejoins l'organisation ? M'enquis-je.
- Parce que j'étais très douée.
- Je ne vois pas le rapport.
Gloria se leva du lit et avança en direction du petit salon, puis se retourna de nouveau vers moi.
- J'imagine que ce n'était pas le cas avant, mais après que la Gazette ait révélé l'existence de l'organisation, les méthodes de recrutement ont du changer. Nous sommes soumis à la legilimancie lors de notre interrogatoire d'entrée. Je maitrise évidemment l'occlumancie, mais cela ne m'aurait été d'aucun secours puisqu'on nous demandait de laisser notre esprit ouvert. Il fallait donc que je maîtrise ce qu'aurait pu voir un sorcier dans mon esprit. Voilà ce que je fais là. J'étais visiblement la seule qui en était capable et qui avait assez de courage pour rejoindre l'organisation.
Je n'étais pas sûre de comprendre où Gloria voulait en venir et pourtant…. de l'espoir grandissait de nouveau en moi.
- J'étais venue pour toi Hermione Granger ! S'exclama-t-elle soudain. Pour te sauver ! Je t'admirais depuis toujours. Tu étais la sorcière la plus intelligente et la plus douée de ta génération ! Tu as aidé Harry Potter à vaincre Voldemort, tu l'as guidé dès sa première année à Poudlard, tu...
La fin de sa phrase mourut dans sa gorge.
- Tu étais un exemple pour moi et en fait… tu es amoureuse d'un mage noir. Tu as brisé tout mes rêves… Tous mes rêves de justice et de bonté. Je suis coincée au sein du Triangle du sang pour toujours et pour rien ! Je pensais que tu avais été faite prisonnière alors qu'en réalité, tu trahissais tout le monde. Je sais qu'à cause de ce que je te dis, je vais mourir ! Peut-être même que je serais torturée pendant des années avant que cela n'arrive ! Mais je m'en fiche ! Tu vas donner naissance à un enfant qui ne serait même pas humain, tu vas….
- Tu peux toujours me sauver, murmurai-je le cœur battant. Je veux m'enfuir ! Je ne veux que ça. J'attends quelqu'un comme toi depuis que j'ai appris que Drago était « T ».
Le regard de Gloria se décomposa. Notre échange silencieux me parut durer une éternité, comme si nous évaluions chacune de notre côté, la sincérité de l'autre.
- Tu n'es pas en accord avec les principes de l'organisation ? Finit-elle par me demander d'un air hésitant.
- Bien sûr que non ! Je suis prisonnière. Je n'ai plus de baguette, aucun moyen pour me défendre et l'organisation tout entière contre moi si je tentais de m'échapper.
Gloria s'assit précipitamment sur le lit près de moi et plongea son regard dans le mien.
- Alors rien n'est perdu, déclara-t-elle.
Je vis de l'espoir dans ses yeux. Un espoir grandissant.
- Je vais te sortir de là Hermione et je vais créer une potion qui contrera les futurs sortilèges que « T » lancera contre ton bébé. Je ne peux pas annuler le tord qu'il lui a déjà fait, mais je peux empêcher que cela s'aggrave.
- Tu as un plan pour nous faire sortir d'ici ?
- J'en ai eu un en tête dès que j'ai appris que tu étais enceinte. Il faudra simuler un problème avec le bébé qui nécessitera ton départ pour Saint-Mangouste.
- C'était exactement ce que j'avais prévu, mais avec ta présence….
- Je suis jeune, « T » le sait. De plus, votre enfant n'est pas normal. Qu'il y ait de grosses complications est donc parfaitement justifié. Nous y arriverons Hermione, je te le promets !
J'avais enfin une alliée et une alliée de taille. Tout n'était pas perdu, nous avions une chance de sortir de là à présent.
- Tu l'aimes n'est-ce pas ? Malgré tout ce qu'il a fait et ce qu'il compte faire ?
Je ne répondis pas. Elle connaissait la réponse aussi bien que moi.
- Je le comprends, poursuivit-elle face à mon manque de réaction. Tu n'es pas tombée amoureuse de « T » mais de Drago Malefoy.
- C'est la même personne. Ce qui fait que je suis peut-être aussi folle que lui.
- Tu te trompes. Drago a une sorte de dédoublement de la personnalité. Tu es tombée amoureuse de la personne « normale ». Du vrai Drago. Normalement, la personne atteinte de ce genre de maladie ne se rend pas compte de son état. D'ailleurs, il n'a même aucun souvenir de ce qu'il a fait lorsqu'il était « l'autre ». Cependant, ce n'est pas le cas de Drago. Son état de sorcier et la magie noire qui émane de lui, est à prendre en compte. Au lieu que ces deux personnalités soient totalement dissociées, elles en viennent à se combiner. Et c'est sa personnalité la plus « puissante » qui prend le dessus. « T » prend progressivement plus de place et bientôt, la personnalité normale de Drago n'existera plus.
Un dédoublement de la personnalité… Comment n'avais-je pas pu y penser plus tôt.
- On ne peut donc rien faire ? On ne peut pas inverser le processus ? Il ne reviendra jamais ? Demandai-je la gorge nouée.
Cette fois, ce fut à Gloria de ne pas répondre. Elle n'en avait pas besoin de toute façon. Drago allait à terme, totalement disparaitre au profit de « T » et je n'y pouvais rien. Personne n'y pouvait rien. Il n'y avait pas de retour en arrière possible.
