Δ Chapitre 31 : Les inconnus
Durant les semaines suivantes, mon ventre avait grossi à vu d'œil. « T » semblait être ravi que la croissance de notre enfant se soit accélérée, tandis que moi j'en avais peur malgré tout l'amour que je lui portais déjà. Quant à Drago… il n'avait pas vraiment refait surface.
- Allez, bois.
Gloria me tendit la potion habituelle que je portai aussitôt à mes lèvres. Elle m'en faisait boire en cachette tous les matins pour contrer les sorts de Drago, mais cela n'avait pas influé sur ma date d'accouchement. Ce serait pour dans un mois.
- Tu penses que les sorts de Drago auront quelles conséquences sur le bébé ?
- Tu me poses la question tous les jours Hermione.
- Et tu ne me réponds jamais ! M'exclamai-je.
- Parce que je n'ai pas de réponse. Je n'en sais rien. Personne n'avait jamais osé…
La fin de sa phrase mourut dans sa gorge, mais j'aurais pu la terminer moi-même. Personne n'avait jamais osé s'attaquer à un bébé encore dans le ventre de sa mère jusque là. Car c'était clairement une attaque. Les sorts de « T » n'étaient en rien bénéfiques.
- Tu sais, j'ai envie de mourir par moment.
Gloria m'adressa un regard interdit.
- Tu sais bien que je ne passerais jamais à l'acte, ajoutai-je, mais j'ai tout perdu et je ne m'en remettrais jamais. Je le sais.
- Pense à ton enfant. Dans un mois tu seras mère, ajouta-t-elle en me lançant un sourire encourageant.
- Si je ne meure pas avant. Si mon enfant va bien. Si mon enfant n'est pas un monstre. Si nous arrivons à nous enfuir. Si…
- Accroche-toi à ces « si » dans ce cas.
Son regard était sévère et déterminé. Elle ne voulait pas que je lâche prise et elle avait raison. Je ne devais pas perdre espoir.
Si j'étais là aujourd'hui, c'était grâce à elle. Grâce à la détermination que j'avais moi-même perdue. Elle me maintenait en vie et pas seulement grâce à ses potions. Comme je n'étais plus sortie de ma chambre depuis un bon moment, elle me parlait de ce qu'il se passait au sein de l'organisation. Elle me parlait des nouveaux arrivants, des décisions prises, du comportement de Drago et même des disputes des uns et des autres, Parfois, elle parvenait même à me raconter des choses amusantes. Elle était mon lien avec la vie hors de cette chambre.
- Toujours aucune nouvelle de l'extérieur ?
Elle secoua la tête. Même si je brulais de savoir où en était les Aurors, Harry et mes autres amis, je savais que ne rien savoir était une bonne chose. Car cela voulait dire que les Aurors exerçaient discrètement. Pourtant, dans certains moments, j'avais l'impression qu'ils avaient abandonné. Qu'ils m'avaient abandonnée.
- Il va falloir passer à la deuxième phase.
Je relevai les yeux vers elle.
- Je sais que tu es fatiguée et faible, parce que je n'arrive pas totalement à te remettre d'aplomb mais…
- Tu fais déjà beaucoup, la coupai-je.
Elle esquissa un léger sourire, avant de poursuivre.
- Il va falloir que tu sortes de cette chambre et que tu te remettes à arpenter les couloirs du château. Sinon, « T » va juger que je suis une incapable et il ne tardera pas à me remplacer. Et ça, ce serait vraiment la pire chose qui pourrait arriver. Et puis, il faut aussi que tu paraisses heureuse pour que « T » ne soupçonne pas ce que nous allons faire. Il doit avoir l'impression que tu es heureuse de ce futur enfant à naître.
Je hochai la tête.
- Hermione, c'est très important, insista-t-elle. Pense à ton enfant ! A son avenir. Pense à toi. Pense aussi un peu à moi si c'est possible, ajouta-t-elle.
Je laissai échapper un petit rire. Même dans les moments les plus sombres, elle parvenait à me rendre le sourire.
- Allez, sors de ce lit. On va te rendre rayonnante !
Gloria m'aida à me lever et nous nous dirigeâmes vers la salle de bain.
Lorsque je vis mon reflet à travers le miroir, je retins un hoquet de surprise. Je ressemblais à un cadavre. Ma peau était atrocement blanche, mes cheveux étaient ternes et de grandes cernes soulignaient mon regard vide. Mes yeux descendirent jusqu'à mon ventre arrondi sur lequel je posais mes mains. Le bébé bougea presque aussitôt et la commissure de mes lèvres s'étira légèrement.
Lorsque je me regardais de nouveau une demi-heure plus tard dans le miroir, je n'avais plus rien à voir avec la faible sorcière enceinte que le reflet m'avait renvoyé. Une bonne couche de maquillage avait été nécessaire, mais je semblais en pleine forme. Mes cheveux coiffés en chignon permettait de masquer leur mauvais état et une robe d'un beau bleu ajoutait un plus à ma soi-disant bonne mine.
- Hermione ?
A en juger par sa voix, Drago semblait vraiment surpris. Je me retournai vers lui avec un sourire qui donnait parfaitement le change et son regard se décomposa littéralement. En avions-nous trop fait ? Le regard de Drago dévia vers Gloria et je sentis mon estomac se contracter douloureusement. Sans que j'ai le temps de réagir, il fondit sur elle et alors que je m'apprêtai à défendre la seule amie que j'avais au sein de ce château, il la serra dans ses bras.
- Tu as réussi, finit-il par dire en la relâchant dans un profond soupire.
A en juger par le regard de Gloria, j'en conclu qu'elle aussi, avait cru que sa vie venait d'arriver à son terme.
- Comment te sens-tu exactement ? Ajouta-t-il à mon attention en s'approchant quelque peu de moi.
- Bien.
Je sentis le regard de Gloria peser lourdement sur moi, sans que j'ais besoin de lever les yeux vers elle. Je devais faire mieux.
- J'ai eu tellement peur, ajoutai-je. Je n'en reviens pas d'être debout et... Je vais bien, notre enfant va bien et…
Je sentis les larmes me monter aux yeux et je ne pus achever la fin de ma phrase. J'avais eu pas mal de temps pour apprendre à simuler des larmes, seule dans mon lit, et j'étais soulagée de constater que j'y parvenais face à lui.
- Mon amour… murmura-t-il.
Je vis quelque chose changer dans le regard de Drago et cette fois, ce fut mon corps qu'il attrapa pour le serrer contre le sien. Gloria en profita pour s'éclipser discrètement, en m'adressant un sourire encourageant.
- Je suis désolé de ne pas avoir été aussi présent que j'aurais dû l'être, murmura-t-il près de mon oreille. Mais c'était une réelle torture de te voir dans cet état là. Je n'y arrivais pas…
J'avais envie de me dégager de son étreinte. De le repousser avec force pour ce qu'il osait me dire, mais je n'en fis rien. Comment osait-il me faire croire que mon état l'avait affecté ? Si cela avait réellement été le cas, il aurait cessé les sorts sur notre enfant, mais non, il avait continué. Lorsque son regard avait changé quelques secondes plus tôt, j'avais cru qu'il redevenait Drago, mais ses propos confirmaient le contraire.
- J'imagine que si tu t'es habillée c'est que tu te sens prête à descendre de nouveau ? On va déjeuner ensemble, enfin avec les chefs de l'organisation évidemment. Tout le monde pourra enfin te revoir et ils en seront véritablement enchantés ! Si tu savais à quel point tout le monde attend la naissance de notre enfant !
Oh que oui, je le savais. Gloria m'en avait parlé.
- Personne ne peut l'attendre autant que moi, répondis-je en souriant. Il bouge ! Mets ta main sur mon ventre ! Vite ! M'exclamai-je.
Drago ne se fit pas prier et ses yeux s'écarquillèrent de surprise lorsqu'il sentit également notre bébé. Si je feignais parfaitement le bonheur, j'avais en réalité envie de pleurer. Ce moment aurait du être un vrai moment de joie et pas une simple simulation. « T » m'avait privé du bonheur qu'aurait dû être ma grossesse. Il m'avait privé de Drago et du père de mon enfant. Il m'avait gâché la vie à tout juste vingt et un an.
Lorsque je passai les portes menant à la grande salle pour déjeuner, tous les regards des membres de l'organisation convergèrent aussitôt dans notre direction. Le brouhaha de la salle s'estompa également rapidement et je glissai mon bras dans celui de Drago pour donner l'image d'un couple unis, comme ils l'attendaient tous.
- Tu fais encore semblant j'imagine ? S'enquit Drago à voix basse.
Mon cœur loupa un battement.
- Semblant d'être heureuse, précisa-t-il. Ne me fais pas croire que tout a changé en un mois.
A chaque fois que j'avais l'impression de bien jouer la comédie, Drago me signalait qu'il s'en rendait compte. Dans ces moments, je perdais de nouveau l'espoir de sortir un jour d'ici.
- Gloria a trouvé un moyen de me sauver pour que je puisse mettre au monde mon enfant et vivre auprès de lui. C'est la seule chose réellement importante.
- Tiens donc, ricana-t-il.
Je retirais mon bras du sien, plus brusquement que je ne l'avais prévu.
- Tu ne sauras jamais ce que c'est d'avoir un être vivant qui grandit à l'intérieur de toi Drago… Tu ne pourras jamais comprendre que le lien entre moi et ce petit être, est la chose la plus important à mes yeux. C'est ça d'être mère. Et d'une certaine manière, j'espère que tu le ressentiras quand tu tiendras notre enfant pour la première fois dans tes bras. Je veux que mon enfant soit heureux, en sécurité et en bonne santé.
- J'espère la même chose.
- On a des points de vu différents sur chaque chose de ce monde, à commencer par cette organisation et le mal qu'elle fait. Le mal que tu fais, insistai-je d'une voix dure. Mais tant que tu as les mêmes intentions que moi envers notre futur enfant, c'est tout ce qui compte finalement.
Nous montâmes les deux marches pour rejoindre l'estrade sur laquelle était notre table et nous nous assîmes l'un à côté de l'autre, face aux membres de l'organisation qui avait déjà repris leurs conversations. Les chefs de l'organisation n'étaient pas encore arrivés ce qui nous laissait encore un peu de temps pour discuter.
- J'aurais préféré que notre enfant grandisse en dehors de ces murs, c'est certain. Néanmoins, je sais que tu ne laisseras jamais rien lui arriver. Je sais que je peux avoir une confiance aveugle en toi pour ça. Tu es la meilleure protection qu'il puisse avoir. Car, je ne suis pas sûr que la population sorcière le protègerait autant.
Je vis Drago froncer les sourcils.
- Tu lui jettes des sortilèges, insistai-je à voix basse. On ne sait pas quelles conséquences cela aura sur lui. Peut-être qu'il sera si puissant qu'il deviendra une cible prioritaire pour le ministère. Peut-être même qu'ils jugeront que…
- J'y ai également pensé, me coupa Drago. Si notre enfant est si puissant que ce que j'escompte, le ministère aura peur de lui. Et la peur fait faire des choses totalement idiotes. Ils voudront nous l'enlever.
- Et il est hors de question que cela arrive ! M'exclamai-je.
- Nous sommes d'accord là-dessus, dit-il en attrapant ma main.
Il la serra dans la sienne et la déposa brusquement sur la table. Je ressentis une petite douleur, mais je ne laissai rien transparaitre.
- Nous avons bien avancé aujourd'hui, déclara-t-il en serrant si fort ma main, que je laissai échapper une petite grimace de douleur.
Il ne sembla cependant pas s'en rendre compte et poursuivit sur sa lancé.
- C'est bien que tu arrêtes de mentir.
Il disait vrai. Je n'avais pas mentis une seule fois et c'était pour ça qu'il me croyait. Je savais que c'était ici que notre enfant serait le plus en sécurité pour toutes les raisons que j'avais évoqué précédemment. Pourtant, je préférais quand même prendre le risque de m'échapper d'ici. Il était hors de question que mon enfant grandisse à l'écart du monde, enfermé dans ce château qui le rendrait aussi mauvais que ses occupants.
- C'est reposant de savoir que nous avons un objectif commun, poursuivit-il en relâchant quelque peu la pression qu'il exerçait sur ma main. Peut-être même que Gloria y est pour quelque chose. En plus de t'avoir sauvé la vie, elle a peut-être sauvé ton âme du tourment.
Il ne croyait pas si bien dire.
- Pietra Ferthiac m'a parlé de son entretien de recrutement. Elle est l'un des plus fervents membres de notre organisation. Elle donnerait sa vie pour le Triangle du sang. Si certains ont quelques doutes, ce qui est normal, son esprit à elle, était clair et tranché. Il n'y avait pas la moindre once d'hésitation.
Gloria était une sorcière incroyablement puissante pour avoir réussi à duper tout le monde ainsi. Je n'en revenais pas. Même Drago était convaincu de sa dévotion à leur cause.
Bientôt, Pansy Parkinson et Pietra Ferthiac se joignirent à nous et Drago commença à manger. Il n'attendait pas les autres. Peut-être ne viendraient-ils pas d'ailleurs. Ils devaient certainement avoir beaucoup de travail.
- Tu sais où est Gloria ? Me demanda Pansy après quelques secondes.
La concernée avait quitté la salle de bain discrètement lorsque Drago nous y avait rejoint et je ne l'avais pas revu depuis. Je secouai alors la tête d'un air désolé.
- Pourquoi est-ce que tu veux la voir ? Demanda Drago.
- Parce que c'est un médicomage, répliqua Pansy avec une once de moquerie dans la voix.
- Tu es malade ou blessée ?
- Non, c'est pour une visite de routine.
- On ne fait pas de visite de routine. C'est bon pour les sorciers faibles ça. Alors ? Insista Drago sans pour autant daigner la regarder.
- Je peux avoir un semblant de vie privée ? S'exclama-t-elle.
- Pas avec moi. Tu le sais très bien.
- Tu sais quoi Drago, tu m'emmerdes, souffla-t-elle à voix basse.
- Je t'emmerde ? Répéta-t-il d'une voix un peu plus aigue que la normal.
- Elle a peut-être des préoccupations de fille dont elle ne souhaite pas s'entretenir avec un garçon, signalai-je avec humeur.
- Eh bien, fit-il en se retournant vers moi, un sourcil arqué. Tu es vraiment en pleine forme Hermione. Tu m'en vois ravi.
Je lui adressai un sourire hypocrite avant de me servir dans le plat de légumes.
- Des nouvelles de Blaise ? S'enquit Drago en changeant de sujet.
- Il est toujours protégé par le Ministère. Du moins, j'imagine. Sinon, nous lui aurions déjà mis la main dessus.
- Je commence vraiment à perdre patience, siffla Drago entre ses dents. Ce traitre est en sécurité alors qu'il devrait être en train de pourrir dans les cachots du château. Il faut vraiment que je m'occupe de tout moi-même.
- Mais vas-y Drago ! S'exclama Pansy. Si tu sais comment le trouver, n'hésite pas à nous prêter main forte.
- Baisse d'un ton Pansy. A ta place…
Une explosion retentit soudain dans le château, le faisant trembler de toute part. Drago se leva aussitôt de sa chaise, revêtit le costume de « T » et leva sa baguette en l'air, prêt à agir. Les membres de l'organisation furent tout aussi rapides pour se mettre en tenue d'un simple coup de baguette magique et j'étais à présent la seule qui ne portait pas de masque blanc.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demandai-je en me levant à mon tour de ma chaise.
Si mon maquillage faisait de moi une personne en parfaite santé, il n'en était rien en réalité. Je me sentis vaciller pour m'être levée trop vite. Je me retins de justesse au dossier de la chaise tandis que Drago hurlait des ordres en direction de ses troupes. Mes oreilles bourdonnaient et je sentis mon estomac se soulever.
- UNE EQUIPE DE QUATRE AUTOUR D'HERMIONE ! Hurla-t-il. Elle n'a pas sa baguette avec elle !
Drago vociféra de nouveaux ordres tandis que je me pliais en deux pour vomir sur le parquet de l'estrade.
- QUE QUELQU'UN AILLE ME CHERCHER GLORIA ! Si elle n'est pas là dans les minutes qui suivent je la tuerais de mes propres mains !
Les menaces de Drago n'eurent pas besoin d'être répétées puisque les bras de la concernée se posèrent sur mes épaules, tandis que quatre sorciers nous entourèrent baguette en main.
- Respire profondément Hermione, m'intima-t-elle à voix basse.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Parvins-je à demander avant de me remettre à vomir.
- Le château est attaqué. Faites-lui de l'air ! S'exclama-t-elle à l'attention des sorciers qui nous entouraient. Je vis Drago faire un geste impatient de la main et ils s'écartèrent tous de quelque pas.
- Vas voir ce qu'il se passe Pansy, je ne veux pas laisser Hermione toute seule.
- Non mais tu plaisantes ?! S'exclama-t-elle. Ils sont cinq pour la protéger !
- Tu discutes mes ordres ? Dans un moment pareil ? La questionna-t-il d'une voix particulièrement menaçante.
Je parvins péniblement à me relever et Gloria me força à me rasseoir sur ma chaise. Pansy de son côté, filait en direction du couloir. L'un des membres près de la porte la mit rapidement au parfum et elle se retourna vers nous.
- Ils sont très nombreux ! On va avoir besoin de toi, insista-t-elle.
J'eus l'impression que Drago hésitait véritablement. Ses yeux passèrent plusieurs fois de Pansy à moi, d'un air torturé, comme s'il évaluait ce qui était le plus important à ses yeux. Même s'il était un monstre, sa réaction me troubla et me réconforta d'une certaine manière. Je comptais assez pour qu'il pense à me faire passer avant son organisation.
- Tu sais très bien qu'ils ne me feront pas de mal, lançai-je à Drago. Vas-y !
Peut-être se méfait-il de moi également. Peut-être avait-il peur que je m'enfuie avec les intrus. Il hésita quelques secondes supplémentaires, mais finit par filer en direction de Pansy. Son départ eu pour conséquence de totalement affoler les quatre sorciers chargés de ma protection. Ils devaient certainement être en train de se dire que s'il m'arrivait quoi que ce soit, ils le paieraient de leur vie. Je pensais pareil.
- Dépêchez-vous de trouver une solution, Hermione ne peut pas rester ici à la vue de tout le monde, leur lança Gloria.
- Nous allons sortir tous les cinq en même temps, déclara l'un deux.
C'était Conor, je reconnaissais sa voix.
- Vous trois, vous serez en avant du cortège. Hermione sera au milieu et Gloria et moi seront à l'arrière.
Tout le monde acquiesça d'un signe de tête.
Alors que nous avancions prudemment en direction de la sortie de la salle et que des déflagrations se faisaient entendre de pars et d'autre du château, je sentis le regard de Gloria pesé sur moi. Je savais exactement à quoi elle pensait, que c'était peut-être notre unique chance de nous échapper. Mais elle se trompait lourdement. Je ne pouvais pas partir à cause du sortilège que Drago avait mis en place et je ne pouvais pas la prévenir. Non seulement nous étions entourés de membres du Triangle du sang mais en plus, le château était évidemment toujours surveillé. Les statues et tableaux ne manqueraient pas de répéter notre conversation à Drago. J'espérais donc sincèrement que Gloria n'allait rien tenter de stupide qui pourrait la condamner. Alors que les trois premiers sorciers de l'escorte mettaient un pied en dehors de la grande salle, je me demandai qui était présent dans l'autre camp ? S'agissait-il d'Aurors ? Certainement. Harry serait-il avec eux ? C'était à n'en pas douter. Tout ce que j'espérais, c'était qu'aucun d'entres eux ne perdrait de temps à essayer me sauver. Ils ne pouvaient rien faire pour moi. La seule solution était de me cacher, comme l'avait dit Drago.
Ce fut bientôt à mon tour de mettre un pied en dehors de la salle et un sort fusa presque aussitôt dans notre direction. Il passa à quelques centimètres de ma tête et Conor se jeta devant moi, rompant ainsi le cortège prévu, pour riposter en direction des ennemis. Drago, non loin de nous, pointa sa baguette dans ma direction et son sort m'atteignit en plein visage. Je laissai échapper un cri sous le coup de la surprise tandis que Gloria m'intimait de me calmer.
- Ce n'est qu'un masque Hermione, insista-t-elle tandis que je portais mes mains à mon visage. Moi aussi, il me l'a mit de force. Ne t'inquiète pas.
Je relevai les yeux vers elle et constatai qu'elle portait en effet un masque blanc avec des ronds entièrement noirs à la place des yeux.
- Tu as le même que Drago. Un masque blanc avec des triangles noirs.
Ainsi, Drago voulait que les membres de l'organisation me reconnaissent d'un simple coup d'œil sans que nos ennemis soient pour autant en mesure de m'identifier. Même dans la panique il restait ingénieux, ce qui n'était pas vraiment une bonne nouvelle.
Nous continuâmes d'avancer en direction des escaliers, tandis que des sorts fusaient dans tous les sens. Je tentais en même temps, de regarder du côté de nos ennemis pour voir si je reconnaissais l'un d'entre eux, mais aucune visage de m'était familier. C'était très étrange étant donné que je connaissais assez bien les Aurors pour avoir travaillé conjointement avec eux lorsque j'étais encore au ministère.
- On presse le pas ! Ordonna l'un des sorciers devant moi alors que nous arrivions finalement à l'étage supérieur.
- Eh oh ! Elle est enceinte ! Rugit Gloria.
Nous nous stoppâmes tous dans un même mouvement. Deux sorciers nous faisaient face en haut des marches, baguettes levées dans notre direction. Je sentis la peur monter en moi. J'étais sous un masque et sans baguette magique. Les deux hommes face à nous, ne savait donc pas qui j'étais. Ils ne savaient pas que j'étais en fait de leur côté.
- Vous êtes Hermione Granger ? Demanda soudain l'un d'eux en me fixant.
Je retins un hoquet de surprise. Comment pouvaient-ils savoir ?
- La sorcière enceinte, c'est Hermione Granger ? Insistèrent-ils à l'attention des sorciers sensés me protéger.
- Oui, répondit alors Gloria.
Les secondes de silence qui suivirent me parurent durer une éternité. Les membres de l'organisation à mes côtés devaient évaluer le degré de risque me concernant, s'ils attaquaient maintenant. Et il devait en être de même pour les deux sorciers qui nous faisaient face. Ces derniers échangèrent finalement un bref regard et dans un même mouvement lancèrent un sort dans ma direction. L'un des membres de l'organisation parvint à en contrer un, tandis que le deuxième me frappa à l'épaule. Je laissai échapper un hurlement de douleur et Conor, juste derrière moi, parvint à me retenir, m'empêchant ainsi de tomber à la renverse dans les escaliers. De leur côté, les trois autres sorciers avec nous ripostèrent avec férocité, tandis que Gloria se mettait elle aussi à sortir sa baguette d'un air hésitant.
- Je ne comprends pas… marmonna-t-elle d'un air choqué. Pourquoi…. Pourquoi ils s'en sont pris à toi...
- A ton avis ! Hurla Conor en me relâchant dans les bras de Gloria pour avoir les mains libres.
Il lança un sort contre un sorcier en bas des escaliers, qui avait entrepris de se ruer dans notre direction.
- Parce qu'ils sont contre l'organisation ! Termina-t-il.
- Mais Hermione n'est accusée de rien ! Insista-t-elle. Elle a pratiquement été déclarée comme prisonnière de l'organisation.
Un sort fit éclater la rambarde à quelques centimètres de moi et Conor se retourna vers nous, tandis que je me ratatinai au sol, les mains sur la tête, dans le but de me protéger.
- MAIS SERS-TOI DE TA BAGUETTE ! Vociféra-t-il à l'attention de Gloria.
Un nouveau sort loupa cette fois Gloria de peu et elle se décida enfin à se défendre.
- DRAGO ! Hurlai-je alors à plein poumons.
Je ne comprenais absolument pas ce qu'il se passait. Pourquoi les sorciers sensés être de mon côté, s'en prenaient-ils à moi ? Je n'avais pourtant pas de baguette, et j'étais en plus enceinte ! Comment pouvaient-ils avoir eu de tels ordres ? Et où était Harry ?! Et Ron ? Les avait-on écartés de cette mission parce qu'ils auraient pris ma défense ? Etais-je finalement accusée d'être aussi coupable que tous les membres du Triangle du sang ? Comment pouvait-on me condamner ainsi ? Ce n'était pas normal… Quelque chose m'échappait forcément !
Un partie de l'escalier menant au deuxième étage s'effondra soudain et tomba juste en face de nous sur l'escalier dans un fracas assourdissant. Le nuage de poussière me fit tousser tandis que Conor m'ordonnait de me relever.
- DRAGO ! Hurlai-je de nouveau.
Je n'avais jamais eu autant besoin de lui qu'à cet instant. J'étais certaine qu'il était le seul capable de nous protéger, mon enfant et moi.
- Ferme- là ! Tu signales ta position ! Beugla Conor qui semblait à bout de nerf.
Soudain, je sentis qu'on m'attrapait le bras avec force, m'obligeant à me relever. Il était là, Drago était là !
- Tu es blessée ? S'enquit-il aussitôt.
Son regard se décomposa lorsqu'il posa les yeux sur mon épaule. Ma robe était pratiquement entièrement imbibée de mon sang. Un sort fusa dans notre direction, mais Drago le contra avec rapidité.
- Tu tiens à peine debout, lâcha-t-il effrayé. Accroche-toi à moi Hermione ! Tiens bon, je t'en supplie.
Drago arrêta un nouveau sort qui m'aurait certainement atteint en pleine poitrine s'il n'avait pas été là. Je l'entendis pousser un hurlement de rage et il me poussa derrière son dos pour me protéger.
- Reste derrière moi !
Je ne me fis pas prier et me cachai du mieux que je pouvais derrière son dos, m'agrippant à sa taille. Il contra un nouveau sort, puis leva sa baguette en l'air pour faire de larges cercles. Des gerbes d'étincelles violette sortaient de sa baguette, comme s'il ne parvenait plus à la contrôler, tant il était happé par sa rage.
- ARRETEZ-VOUS, ordonna-t-il soudain.
Tous les membres de l'organisation suivirent l'ordre à la lettre et la baguette de Drago envoya une sorte d'étrange force qui se répercuta sur tous les murs du château. Le sort ne fusait pas dans une seule direction. C'était plutôt comme un champ de force qui éclatait de matière circulaire autour de nous. Nos ennemis tombèrent au sol un à un. Aucun des membres de l'organisation ne sembla souffrir du sort qui traversait pourtant également leur corps. Moi-même, je ne sentis qu'une étrange vague froide passer comme un coup de vent.
A présent, le château semblait totalement silencieux. Les avait-il tous mis hors d'état de nuire ? D'un simple coup de baguette ? Les membres de l'organisation devaient se poser la même question étant donné qu'ils se tournèrent tous vers Drago d'un air peu certain.
- Recherchez des survivants ! Ordonna-t-il après quelques secondes. Certains étaient certainement trop loin pour être touché par mon sortilège. Gloria, Conor, enlevez vos masques, vous venez avec moi. On doit mettre Hermione en sécurité.
La moitié des sorciers présents partirent dans les différentes directions possibles, tandis que les autres s'occupaient de soigner leurs blessures avant de se remettre au travail. De leur côté, Conor et Gloria retirèrent leur masque. Drago tenta de se retourner pour me faire face, mais il resta bloqué. J'étais encore contre son dos, entourant sa taille de mes bras totalement crispés.
- Hermione, tu peux me lâcher tout va bien, me souffla Drago d'une voix qu'il voulait rassurante.
Je ne bougeai pas d'un pouce. Je ne voulais pas rompre le contact. S'il y avait bien un endroit où j'étais en sécurité c'était contre lui. Rien au monde n'était plus rassurant que son corps contre le mien. Il avait été le seul capable de me protéger. Il était venu lorsque j'avais hurlé son nom, il avait répondu à l'appel. Il m'avait protégé comme personne ne l'avait jamais fait. Il m'avait caché derrière lui, s'exposant lui-même aux sorts qui m'avaient été destinés.
- Hermione, tenta une nouvelle fois Drago.
- Elle sous le choc, souffla Gloria en me retira délicatement le masque qui couvrait mon visage.
Je me rendis compte qu'une larme coulait lentement le long de ma joue. Je n'avais plus eu aussi peur depuis la grande bataille de Poudlard.
- Comment se fait-il que le sort ne nous ait pas atteints ? S'enquit Gloria.
- Vos masques. Ceux qui portent ces masques imprégnés de magie noire, ne peuvent être touchés par les sortilèges que j'ai inventés.
- Tu as inventé des sortilèges ? Insista-t-elle impressionnée.
Drago ne releva pas la flatterie et retira son masque à son tour.
- C'est pour ça que je vous ai forcé à les mettre tout à l'heure, je craignais d'avoir à faire usage de l'un de ces sorts. Et Conor, ajouta-t-il en se tournant vers le concerné, comment se fait-il qu'ils aient su qui elle était ?
- Pardon ?
- Comment savaient-ils que c'était Hermione sous le masque ? Insista Drago en posant une main affectueuse sur mon bras autour de sa taille.
- Je.. ils…ils n'en étaient pas sûr mais…
- COMMENT CA ILS N'EN ETAIENT PAS SUR ?! Vociféra Drago. La moitié des sorts convergeaient dans sa direction ! TU TE FOUS DE MOI ?!
- Drago, arrête de crier, murmurai-je d'une voix suppliante.
- Alors, reprit-il d'une voix plus mesurée, pourrais-je avoir une réponse plus claire ?
Conor resta totalement silencieux, baissant les yeux au sol.
- Quelqu'un a-t-il une réponse ? Demanda-t-il en regardant tour à tour les sorciers présents et plus particulièrement ceux qui avaient été en charge de ma protection. Que voulais-tu dire par « Ils n'en étaient pas sûr » ? Fit-il en fixant Conor de nouveau.
- Eh bien… ils ont demandé confirmation. Ils nous ont demandé s'il s'agissait bien d'Hermione lorsque nous nous sommes tous fait face.
- Ne me dis pas que l'un d'entre vous a osé répondre que…
- C'est moi, lâcha Gloria d'une voix tremblante.
Le visage de Drago pivota aussitôt vers la concernée.
- Es-tu en train de dire que tu leur as affirmé qu'il s'agissait bien d'Hermione ? Que tu as mis intentionnellement Hermione en danger ?! NE TROUVES-TU PAS QU'IL Y A UN PROBLEME DANS CE QUE TU DIS !
- Drago… Elle pensait que cela me sauverait, intervins-je toujours sans me dégager de son contact. Je suis déclarée comme avoir disparue suite à mon infiltration de l'organisation. A leurs yeux, je suis de leur côté. Du moins c'est ce que Gloria et moi pensions.
- Je ne comprends pas pourquoi ils s'en sont pris à elle, ajouta Gloria apeurée. C'était tout à fait anormal comme comportement. A aucun moment je n'ai imaginé qu'ils s'en prendraient à elle. Je pensais au contraire qu'ils allaient essayer de la protéger.
Oui ils s'en étaient pris à moi…Mon regard s'égara sur les sorciers tombés au sol sous le coup du sortilège de Drago. Etaient-ils morts ou simplement K.O ? Parmi les sorciers et sorcières qui étaient étendus sur le dos, je ne reconnus aucun visage. Ce qui voulait dire que ce n'était peut-être pas des Aurors. Mais qui d'autre aurait pu venir attaquer le château ? Qui d'autre avait autorité en la matière ? Personne. C'était le travail des Aurors. Et pourquoi Drago ne s'intéressait-il pas à ce détail ? Après tout, il avait été Auror également, il avait du remarquer que les visages lui étaient inconnus.
- L'information quant à sa réelle position au sein de l'organisation a dû filtrer, fit l'un des sorciers autour de nous.
- Tu suggères donc qu'il y a un nouveau traitre entre nos murs ? S'enquit Drago d'une voix glaciale.
J'avais l'impression que les échos des précédents sorts résonnaient encore dans mes oreilles. Pourtant tout était calme, affreusement calme. Mon regard passa de nouveau de corps en corps. Comme si je cherchais un indice.
- Marc, j'imagine que Pietra est en train de dresser la liste de nos blessés et éventuels morts, mais dis-lui que je veux la voir dès qu'elle aura terminé, déclara Drago. S'il y a un traitre parmi nous, c'est qu'elle a manqué à son devoir.
Beaucoup de baguettes étaient à l'abandonnons près des corps inertes sur le parquet. Pourtant, je ne ressentais absolument pas le désir de me saisir de l'une d'elle. Pour cela, il aurait fallut que je me détache de Drago et ça, je n'en avais pas encore la force. Pourtant, je ne parvenais pas à détacher mes yeux de ces petits bouts de bois qui faisaient de nous de réels sorciers. L'une des baguettes attira plus particulièrement mon attention. Elle ressemblait à celle d'Harry. Mon regard remonta jusqu'au visage de la sorcière qui était tombée, baguette à la main. Je pouvais distinguer la couleur de ses yeux. Ils étaient bleus. Elle cligna des yeux et je ne la lâchai pas du regard. De grands cheveux bruns encadraient son visage plein de poussière. Elle avait également une balafre encore sanguinolente en travers de la joue. Elle bougea quelque peu le bras et soudain je sentis le danger. Je me détachai brusquement de Drago et attrapai la baguette la plus proche de moi. C'est-à-dire, celle que Gloria tenait encore à la main. Je lui arrachai férocement des mains et alors que la sorcière couchée au sol lançait un sort dans ma direction, je lui en lançai un encore plus puissant. Cela eu pour conséquence de la faire valser à l'autre bout de la pièce. Conor leva sa baguette au cas où, mais la sorcière semblait hors d'état de nuire. Du moins, pour le moment.
- Il faut récupérer leurs baguettes pour éviter des bêtises dans ce genre, déclara Marc, l'un des membres de l'organisation.
- Heureusement que tu étais attentive, me lança Conor avec une reconnaissance sincère.
- Heureusement, en effet, confirma Drago en m'adressant un regard indéchiffrable.
En réalité, il semblait crispé même s'il tentait de ne pas le montrer. Nous nous fixâmes en silence quelques secondes et lorsqu'il baissa les yeux jusqu'à la baguette que j'avais toujours dans la main, je compris. Il attendait de voir ce que j'allais en faire à présent. Néanmoins, ce n'était pas aujourd'hui que j'allais quitter le Triangle du sang. Je me tournai alors vers Gloria et lui rendit sa baguette, avant de me blottir de nouveau contre le torse de Drago. Il passa sa main dans mes cheveux avec douceur, tandis que je laissai échapper un soupire d'aise.
- Je…crois que je ne vais plus tenir, parvins-je à murmurer tandis que je me sentais partir dans le néant.
Lorsque je me réveillai, Gloria était assise sur une chaise qu'elle avait tirée à côté de mon lit. Je vis ses traits se détendre au fur et à mesure que j'émergeais du sommeil.
- Comment te sens-tu ? S'enquit-elle.
- Fatiguée. J'ai dormi longtemps ? Il est quelle heure ?
- Dix heures
J'arquais un sourcil choqué, tout en me redressant dans mon lit. L'attaque avait eu lieu vers treize heures, ce qui voulait dire que j'avais dormi toute la journée !
- Dix heures du matin, précisa-t-elle. Tu as dormir plus de vingt heures.
Elle me tendit un verre d'eau, avant de poursuivre.
- Vu ton état de santé, ce n'est pas étonnant. Drago n'a pas posé de questions, il a mit ça sur le compte de ta grossesse. Une chance qu'il ne soit pas plus informé sur le sujet. J'ai également soigné ton épaule. Elle est comme neuve.
- Et le bébé ? Demandai-je le cœur battant.
- Il va très bien. Il continue de te prendre toute ton énergie.
Gloria aurait dû être heureuse que tout soit rentré dans l'ordre, qu'aucune de nous n'ait été blessée et pourtant sa mine était sombre.
- Il est arrivé quelque chose à Drago ?
- Qu'est-ce qu'il s'est passé hier Hermione ? Me demanda-t-elle alors d'un ton dur.
- Comment ça ?
- Avec Drago ! Insista-t-elle. Tu as changé d'avis ?
- Mais de quoi tu parles ? Dis-je en me redressant totalement.
- Tu l'as appelé durant l'attaque, tu lui as hurlé de venir, tu t'es cramponnée à lui, tu es restée dans ses bras et…
- Il m'a sauvé ! Il nous a sauvés, précisai-je en posant une main affectueuse sur mon ventre. Tu aurais préféré qu'on meure tous dans cet escalier ? Insistai-je en la fusillant du regard.
- Tu m'as rendue ma baguette ! Tu me l'avais prise, tu aurais donc pu t'en servir pour t'enfuir sans m'incriminer, mais tu me l'as rendue !
- Je ne peux pas m'enfuir. Il faut que ce soit Drago qui m'autorise à sortir et c'est pour ça que nous avons mis au point notre plan. Mon état de santé devait obliger Drago à me laisser partir pour Saint-Mangouste.
- Comment ça Drago doit t'autoriser à sortir ? Répéta-t-elle en fronçant les sourcils.
- Lors de l'une de nos conversations, il m'a dit qu'il savait que je n'avais jamais essayé de m'enfuir car si ça avait été le cas, il l'aurait su aussitôt. Ce qui veut dire qu'il a mit un certain sortilège en place. Et Drago n'aurait pas simplement créé un sort pour le prévenir de mon départ du château. Le sort doit aussi forcément m'empêcher de quitter les lieux.
Je vis Gloria s'affaisser sur sa chaise.
- Oui, c'est évident… Mais tu as quand même…Tu joues mal la comédie Hermione, donc je sais que tu ne faisais pas semblant hier dans ses bras. Je ne veux pas que tu perdes de vue notre objectif, je ne veux pas que tu tournes mal.
- J'ai eu un moment de faiblesse, j'ai eu peur. Peur pour ma vie et surtout pour celle de mon bébé. Et il a été là pour nous aider, pour nous sauver.
- Tu ne peux pas te permettre ce genre de faiblesse. Drago est devenu « T » et il le restera ! Tu es amoureuse d'un fantôme. D'un fantôme !
- JE SAIS ! M'écriai-je.
Un sanglot secoua mes épaules et je sentis les bras de Gloria s'enrouler autour de mes épaules.
- Je suis désolée. C'est juste que… j'ai eu peur de t'avoir perdu au profit de « T ».
- Je l'aimerais toujours Gloria… Toujours, toujours, toujours. Malgré toutes les horreurs qu'il a faites et celles à venir. Je ne contrôle pas mes sentiments. Je ne rejoindrais jamais sa cause, mais je ne cesserais jamais de l'aimer. Mais comprends bien que cet amour que je lui porte… est aussi une torture. Quelqu'un de fou ne peut pas réellement aimer en retour. N'est-ce pas ?
- Si cela peut te réconforter quelque peu, sache qu'il est resté avec toi tout le long. Lorsque tu n'es évanouie dans ses bras, nous t'avons ramené ici. Je t'ai soigné et je vous ai laissé. Il est parti il y a tout juste deux heures pour s'occuper des membres de l'organisation qu'il avait laissés de côté pour toi. Le château est sans dessus dessous, de nouvelles défenses ont du être mise en place, il fallait s'occuper des morts et des blessés dans les deux camps, mais il a laissé les autres s'en occuper. Il est resté avec toi.
Gloria tentait à présent de me rassurer, mais quelque chose de beaucoup plus important venait de récupérer toute mon attention.
- Sait-on qui est-ce qui a attaqué le château ?
- J'imagine que c'est entre autre ce que Drago va essayer de découvrir. Mais pour tout le monde, se sont pour l'instant de parfaits inconnus.
