Δ Chapitre 33 : Ne le tuez pas
Une nouvelle semaine était passée.
Il ne me restait normalement plus que trois semaines avant mon accouchement. Plus que trois semaines avec Drago. Par moment, je me surprenais à imaginer rester dans ce château pour toujours. En fin de compte, rien de bon de m'attendait de l'autre côté de ces murs. J'allais perdre l'amour de ma vie, le ministère aurait peur de mon enfant et je ne pourrais certainement jamais récupérer mon poste au ministère à cause de ma relation avec Drago. Qui pourrait de nouveau avoir confiance en quelqu'un comme moi ? Quelqu'un qui avait pu un jour tombé amoureux du mal personnifié ?
Mon regard s'égara sur Drago. Il s'était levé de sa chaise et hurlait des ordres aux sorciers présents dans la grande salle. D'après ce que j'avais compris durant la semaine, un des mangemorts prisonnier avait déclaré qu'ils avaient un allié parmi les membres du Triangle du sang. Il n'avait cependant rien dit de plus et celui-ci avait finit par être tué, comme tous les autres. Cette nouvelle avait mis Drago dans tous ses états quelques jours plus tôt. Ce que je comprenais aisément.
De mon côté, j'avais peur. L'un des membres de l'organisation avait pour objectif de me tuer. Peut-être était-ce quelqu'un je croisais tous les jours dans les couloirs, peut-être était-ce quelqu'un à qui j'avais déjà parlé. J'avais évidemment tout de suite pensé aux proches de Drago, fils et filles d'anciens mangemorts. Mais j'avais également pensé à Gloria. Après tout, elle avait pour but de me faire sortir du château. Et si ce n'était pas pour m'emmener à Saint Mangouste comme prévu ? Si c'était pour me livrer au mangemorts ? Depuis que je lui avais mentis en lui disant vouloir rester dans le château pour toujours, notre relation s'était complètement transformée. Elle se cantonnait à son rôle de médicomage et nous n'avions plus la moindre conversation. Qu'elle soit blanche comme neige et réellement de mon côté, qu'elle soit au contraire avec les mangemorts, ou une fidèle adepte du Triangle du sang, je n'avais pas besoin d'elle en fin de compte. Je sentais au plus profond de mon cœur que Drago trouverait de nouveau la force de lutter contre « T » et de me faire sortir du château. Et si jamais cela n'arrivait pas, je pourrais toujours simuler une atroce souffrance au moment de mon accouchement, nécessitant mon envoi à Saint-Mangouste. Je n'avais pas besoin d'une quelconque aide.
- Hermione ?
Je relevai les yeux vers Pansy qui me fixait. La salle s'était pratiquement entièrement vidée et Drago n'était même plus à côté de moi.
- Désolée, j'étais dans mes pensées.
- Je te raccompagne à ta chambre ?
Pansy essayait de le cacher, mais je voyais bien qu'elle n'était pas franchement ravie d'être ma nounou lorsque Drago ne pouvait pas veiller sur moi.
- Je suis désolée Pansy, dis-je alors en me levant de ma chaise. Tu es la seule en qui nous avons vraiment confiance.
- Ce n'est pas grave. Ce n'est pas comme si nous avions d'autres solutions, répondit-elle alors que nous marchions en direction de la sortie. Dès que les choses se seront arrangées à l'extérieur avec les mangemorts, nous te trouverons une nouvelle baguette.
Je ne répondis pas. Drago avait raconté à Pansy que ma baguette m'avait été volée lors de l'attaque du château. Cela justifiait ainsi sa présence avec moi lorsqu'il ne pouvait pas lui-même être là. L'information n'avait été confiée qu'à elle. Il avait trouvé préférable de laisser croire à tous les autres membres de l'organisation que j'avais toujours un moyen de me défendre.
- Franchement, je resterais cloitrée dans ma chambre à ta place. C'est dangereux pour toi de te balader dans les couloirs.
- Vraiment ? C'est ce que tu ferais toi ? Insistai-je.
- Je pense.
- Je ne veux pas que le traitre s'imagine que j'ai peur de lui. C'est d'ailleurs pour ça qu'on marche jusqu'à ma chambre au lieu de passer directement à travers un mur. Et de toute façon, si le traitre avait voulu s'en prendre à moi, ce serait fait depuis longtemps.
Je ne croyais qu'à demi-mot ce que je disais, étant donné que j'avais peur à chaque fois que je quittais ma chambre. Cependant, je ne voulais pas paraitre plus faible que je ne l'étais déjà, même devant Pansy.
- Vous n'avez toujours aucune piste sur l'endroit où se cachent les mangemorts ? M'enquis-je alors que nous montions les escaliers.
Pansy me considéra du regard pendant quelques instants avant de détourner les yeux.
- Drago pense que c'est mieux pour moi de ne rien savoir, mais il a tord. C'est pire, insistai-je. Déjà que je ne sers à rien et que je ne peux pas vous aider.
- Tu ne sers pas à rien, tu es enceinte.
- Je me sens inutile et faible.
Pansy s'arrêta en haut de l'escalier et plongea son regard dans le mien.
- Je ne peux rien te dire. Je ne veux pas me mettre Drago à dos. Essaye de lu redemander, il finira peut-être par changer d'avis.
Je laissai échapper un grognement comme seule réponse.
La journée défila lentement. Comme toutes les journées précédentes d'ailleurs. J'étais toujours dans l'attente. Dans l'attente que Gloria vienne m'apporter des soins ou que Drago passe. En fait, Pansy n'était pas la seule dont Drago ne se méfiait pas. Gloria avait également droit à ce traitement de faveur ce qui ne me rassurait pas vraiment. Néanmoins, même si elle était du côté des mangemorts, elle ne pouvait pas s'en prendre à moi. Drago l'accuserait aussitôt. C'était trop dangereux pour elle.
- Comment tu t'es sentie aujourd'hui ? Me demanda-t-elle.
- Comme d'habitude.
Elle lança un dernier sort en direction de mon ventre, quand une affreuse idée me traversa l'esprit. Et si elle essayait de tuer mon bébé depuis le départ ? J'eus un brusque mouvement de recul et Gloria se stoppa aussitôt.
- Ca te fait mal ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
Je ne répondis pas, me contentant de l'observer avec appréhension.
- De toute façon j'avais finis, poursuivit-elle en rangeant sa baguette.
Elle se leva du bord de mon lit sur lequel elle s'était assise et fouilla dans son sac. Elle en sortit un grand tissu qu'elle me tendit.
- Je crois que c'est à toi. J'ai mis la main dessus il y a un petit moment déjà et je voulais te la donner en temps utile.
- C'est la cape d'invisibilité ? M'exclamai-je avec surprise.
Je me souvenais très bien du jour où je l'avais perdue. C'était dans la grande salle du château, lorsque j'avais vu « T » enlever son masque pour la première fois.
- Je l'ai trouvé il y a un mois dans la réserve des objets trouvés, poursuivit-elle. Personne n'a visiblement compris de quoi il s'agissait vraiment.
- Mais toi si.
- J'ai lu le livre sur la chute de Voldemort. Je l'ai lu en détails plusieurs fois.
J'avais moi-même lu ce livre avec attention. Il avait été écrit l'année suivant la grande bataille de Poudlard. Néanmoins, à aucun moment il n'avait été fait mention de la cape d'invisibilité d'Harry. Mes amis et moi avions fait attention de ne jamais en parler.
- Je sais lire entre les lignes, ajouta Gloria comme si j'avais pensé à voix haute. Et ayant toujours cru dur comme fer aux reliques de la mort, cela m'a toujours paru être une évidence qu'Harry Potter possédait la cape.
- Pourquoi tu me la donnes ?
- Tu vas devenir folle à rester cloitrée dans cette chambre. Je te donne donc la possibilité de te balader dans le château en toute sécurité.
Je l'observai en silence pendant de longues secondes. Etait-ce vraiment pour ça qu'elle me donnait la cape ? Ou était-ce sa manière de me montrer que je pouvais toujours essayer de fuir, d'une manière détournée ? Mais dans ce cas, pourquoi ne pas me l'avoir donné avant ? Etait-ce au contraire pour me faire sortir de cette chambre afin de mieux me tuer ?
- Drago ne sera pas d'accord, signalai-je.
- Tu n'es pas obligée de lui dire.
- Tu me suggères donc de lui mentir ?
- Tu fais ce que tu veux Hermione. Moi je te la donne, c'est tout.
Je descendis du lit et secouai la cape pour enlever la poussière qui s'était accumulée sur le tissu. Au moins, cela me prouvait que Gloria ne s'en était pas servit à des fins personnelles avant de me la remettre.
- Drago est capable de me détecter malgré la cape.
- C'est impossible.
- Si. Lorsqu'il a révélé son identité à tout le monde dans la grande salle, j'étais sous la cape. Pourtant, il savait que j'étais là.
- Il a certainement sentit ta présence dans le château. Le sort mis en place contre toi, pour t'empêcher de quitter le château, permet surement de savoir si es là. Mais il est impossible de dire à quel endroit tu te trouves. La cape est une relique de la mort ce qui en fait l'un des objets les plus puissant de notre monde.
Elle avait certainement raison. Lorsque j'étais passée à travers le mur du château pour rejoindre Drago que je croyais en danger, il avait dû être prévenu de mon intrusion. Et comme il avait pris les mesures nécessaires pour m'empêcher de quitter les lieux, je n'aurais pas pu être ailleurs que dans le château. Cela se tenait.
- Si tu ne te sens pas bien, n'hésite pas à me faire appeler.
Je ne répondis pas et je regardai Gloria sortir par la porte que Drago avait fait installer spécialement pour elle et moi. Mis à part moi qui n'avais plus de baguette, elle était la seule à pouvoir la traverser et j'étais certaine que Drago en était à chaque fois alerté. C'était certainement pour cette raison que la semaine dernière, lorsqu'il m'avait presque fait sortir du château, il avait su que Gloria arrivait avant même que nous puissions la voir. Les protections qu'il m'était en place pour moi n'avaient pas toutes pour but de me nuire. Ainsi, j'étais soulagée de savoir que Drago savait quand Gloria était avec moi, au cas où l'envie de s'en prendre à moi lui traverserait l'esprit.
Je n'avais pas attendu bien longtemps avant de quitter ma chambre, cachée sous la cape d'invisibilité. Je me fichais même que Drago constate mon absence, j'avais besoin de sortir et de promener librement dans les couloirs. Il en allait de ma santé mentale.
C'était très étrange de parcourir le château sans que l'on fasse attention à moi. Enfin, ce n'était pas totalement exact. J'avais toujours quelque peu attiré l'attention. Après tout, tout le monde avait été surpris de me voir rejoindre leur cause. Mais lorsque les membres du Triangle du sang avaient su pour Drago et moi, il en avait été finit du peu d'anonymat que j'avais conservé. C'était donc réellement libérateur de pouvoir marcher au milieu des membres de l'organisation sans qu'ils se taisent à mon approche, sans qu'ils s'immobilisent même dans certains cas. J'avais l'impression de revivre, sans tous ces regards braqués sur moi ou mon ventre de femme enceinte.
Je décidai de profiter de ce merveilleux moment de liberté pour visiter entièrement le château. Je montai ainsi à l'étage supérieur où je n'avais jamais mis les pieds auparavant. Je n'avais pas eu de raison d'y aller étant donné qu'il était entièrement constitué de chambres. A peine arrivée en haut des marches, je vis Pietra Fertiac, la chef du recrutement, accoudée à la rambarde de l'escalier.
- J'ai rendez-vous avec Gloria dans une heure, déclara-t-elle à un sorcier que je ne connaissais pas.
Il avait de court cheveux bruns et un visage plutôt grossier. Son nez ressemblait d'ailleurs davantage à une patate qu'autre chose.
- Ca fait quand même trois mois qu'on essaye, ce n'est pas normal, insista Pietra.
Le sorcier en face d'elle leva les yeux au ciel.
- Tout le monde ne tombe pas enceinte d'un coup comme ça, dit-il en mimant un claquement de doigts. Ces choses peuvent prendre du temps.
Je les dépassai et je n'entendis bientôt plus leur conversation. Lorsque je tournai à l'angle du couloir je surpris un couple entrain de s'embrasser. Je me sentis affreusement mal à l'aise de les voir sans qu'ils puissent détecter ma présence et j'accélérai le pas. Cependant, j'étais réconfortée de voir que tous les couples n'étaient pas malheureux. J'arrivai bientôt au niveau d'un autre escalier qui menait à l'étage inférieur. Si je trouvai étrange que cet étage soit pratiquement vide, je balayai presque aussitôt cette réflexion de mon esprit. Il n'y avait rien à faire à cet étage, c'était donc au contraire, tout à fait normal.
Je descendis donc les deux étages pour atterrir au rez-de-chaussée.
J'eus l'impression de me retrouver au beau milieu d'une fourmilière. Cela faisait si longtemps que j'étais pas sortie de ma chambre en dehors des heures de repas que j'avais oublié. Un groupe de cinq ou six sorciers rejoignaient le hall d'un pas franc, vêtu de noir et portant leur masque. Un peu plus loin, près de la porte menant à la grande salle, j'aperçus Basile Monical le chef de la sécurité extérieur. Il hurlait des ordres sur des sorciers qui tentaient de se défendre contre ce qui semblait être des accusations. Je m'approchai davantage de leur petit groupe, mais Basile avait soudainement baissé le ton. Il jeta même d'étranges coups d'œil autour de lui et fit signe aux sorciers en face de lui de le suivre. Je leur emboitai aussitôt le pas à travers le couloir et les suivis dans un petit salon. Basile referma la porte juste après que je sois rentrée et mon cœur loupa un battement lorsque je crus que ma cape s'était prise dans la porte.
- Est-ce que je dois vous rappeler que nous sommes les principaux sorciers soupçonnés ? S'enquit Basile d'un ton dur.
- Tu sais bien que nous n'y sommes pour rien ! S'exclama un sorcier aux cheveux roux. Tu vérifies chaque sort qu'on lance pour protéger le château.
- Ce n'est pas moi qu'il faut convaincre, mais « T ». Il estime que c'est à cause de nous que les mangemorts ont pu rentrer dans le château que nous sommes censés protéger. « T » pense même que le traitre se cache parmi nous.
- Ca se trouve c'est Blaise Zabini, signala une sorcière aux cheveux bouclés.
Basile balaya sa phrase d'un geste impatient de la main.
- Vous savez ce qu'il va se passer si on ne trouve pas rapidement l'identité du traite ? « T » nous fera tous exécuter. Juste au cas où ce soit l'un d'entre nous.
Les visages de tous les sorciers présents se décomposèrent, en même temps que le mien. Etrangement, cela ne m'étonnait pas de « T ». Eh bien que tous ces sorciers œuvrent pour le mal, je ne pouvais pas laisser une telle chose se produire. C'était bien trop abominable. Et d'ailleurs, pourquoi ne pas essayer de découvrir l'identité du traitre en question ? J'étais sous la cape, je pouvais espionner qui je voulais. Mais aurais-je le temps de passer au peigne fin chaque sorcier présent dans le château ? Avec la date de mon accouchement qui approchait, c'était tout bonnement impossible. Il fallait que me serve de la liste que Drago m'avait faite des membres de l'organisation, pour éliminer les sorciers les moins susceptibles d'appartenir en réalité aux mangemorts afin d'étudier de plus près les autres. D'après moi, il était impossible que le traite fasse partie des personnes autour de moi. Les sorciers sous les ordres de Basile ne pouvaient pas être du côté des mangemorts, sinon nous aurions déjà essuyé une nouvelle attaque. Malheureusement, je ne pouvais pas en être sûre à cent pour cent. Néanmoins, avec la menace de Basile qui pesait à présent sur leur tête, peut-être que le traitre allait s'enfuir ou tenter une nouvelle fois de faire entrer les mangemorts. Ne serait-ce que pour sauver sa propre vie. Si dans une semaine rien ne se passait, je pourrais rayer de ma liste les sorciers présents. Et pour ça, il faudrait que je prenne au moins connaissance de leurs prénoms.
- John et Alicia, vous êtes de garde jusqu'à demain matin, déclara Basile.
J'en avais déjà au moins deux que je pouvais mettre « en observation » sur ma liste. Quand à Basile, j'étais certaine que je pouvais déjà le rayer.
Lorsque tous les sorciers finirent par sortir du petit salon, j'en sortis à mon tour pour rejoindre ma chambre. Il fallait que je récupère la liste et que je commence mon enquête dès à présent !
Quand je passai la porte magique de ma chambre, je me retrouvai nez à nez avec Drago. Cependant, il ne me vit pas me glisser en direction de la salle à manger. Il se contenta de fixer la porte d'un air sombre.
- Hermione, je sais que tu es là, déclara-t-il d'une voix froide.
Par Merlin… comment avais-je pu être aussi stupide. Si Drago était prévenu des allers et venus de Gloria grâce à la porte, il en était de même pour moi.
- Et moi qui pensais que la cape de Potter avait disparue, ajouta-t-il comme s'il se parlait à lui-même.
Sa voix était calme. Trop calme pour que cela présage quelque chose de bon. Il me sembla alors judicieux de ne pas le faire attendre plus longtemps. Je retirai alors la cape et la déposai sur l'une des chaises disposées autour de la table. Il se tourna aussitôt vers moi.
- Je peux savoir ce que tu faisais hors de ta chambre ? S'enquit-il en plongeant son regard froid dans le mien.
- Je ne supporte plus de rester enfermée ici. Je vais devenir folle.
- Pansy et moi sommes là pour ça. Je t'ai déjà dit plusieurs fois que c'était dangereux pour toi de te balader seule dans le château. Tu m'avais d'ailleurs dit être d'accord avec moi.
- Mais j'avais la cape ! M'exclamai-je. Je ne peux pas être plus en sécurité que ça. Personne ne peut détecter ma présence.
- Tu mens Hermione. Si c'était vraiment te promener dans le château qui te manquait, tu m'aurais demandé de venir avec toi. Mais là, tu te caches sous une cape pour faire je ne sais quoi.
Il s'était rapproché de moi d'un pas lent.
- Drago je ne faisais rien, je me promenais simplement.
- ARRETE DE MENTIR ! Hurla-t-il. Tu es sortie à peine quinze minutes ! C'est suffisant pour quelqu'un qui s'ennuyait à mourir ? Pourquoi seulement quinze minutes ? Hein ? Qu'est-ce que tu manigances ?
Il m'empoigna par le bras pour me forcer à le regarder.
- Je ne manigance rien, insistai-je. Je te jure Drago.
- Tu me jures ? Répéta-t-il d'une voix effrayante. Tu es sûre de ça ?
Il me relâcha soudainement et partit ouvrir le tiroir de l'une des commodes de la chambre pour en sortir une fiole. Il me la fourra dans les mains et s'éloigna de plusieurs pas.
- Bois.
- Qu'est-ce que c'est ? Demandai-je en fixant le contenu de la fiole d'un air tendu.
- Du veritaserum. Tes mensonges continuels m'épuisent, alors bois.
Je ne réagis pas. Drago n'avait jamais usé de tels subterfuges pour connaitre le fond de mes pensées. Pas une seule fois. Avais-je donc à ce point dépassé les bornes ? Et si ses questions ne se cantonnaient pas seulement à ma promenade d'aujourd'hui ? Drago pointa subitement sa baguette dans ma direction.
- Je n'ai pas que ça à faire Hermione, dépêche-toi.
La menace de sa baguette eut raison de moi et j'avalai le liquide, la peur au ventre. Il attendit quelques secondes et s'assis sur la chaise à sa droite sans me quitter du regard.
- Bien, murmura-t-il d'une voix calme. Alors, pourquoi es-tu sortie de ta chambre ?
- Pour me promener, répondis-je.
Il paru réellement surpris par ma réponse, mais il se reprit rapidement.
- Pourquoi voulais-tu te promener ?
- Je ne supporte plus d'être enfermée dans cette chambre.
- Pourquoi ?
- Je m'ennuie et je ne veux pas perdre les trois dernières semaines qu'il me reste peut-être à vivre.
- Quoi ? S'exclama Drago. Comment ça les trois dernières semaines de ta vie ?
- J'ai peur de mourir.
- Mais pourquoi tu mourrais enfin ?!
- J'ai peur de ne pas survivre à l'accouchement, répondis-je.
Drago m'observa pendant quelques secondes d'un drôle d'air. Comme s'il ne parvenait pas à croire ce qu'il entendait.
- Je ne te laisserais jamais mourir Hermione. Et de toute façon tu te sens mieux, c'est ce que tu m'as dit !
Je ne répondis pas.
- Tu te sens mieux ou pas ?
- Non, répondis-je malgré moi dans une grimace.
- Pourquoi m'as-tu mentis dans ce cas ?
- Pour que tu penses que j'allais mieux.
- REPONDS CORRECTEMENT A MES QUESTIONS ! ON NE VA PAS TOURNER AUTOUR DU POT PENDANT UNE HEURE !
Je sentis des larmes me monter aux yeux.
- Pourquoi m'avoir fait croire que tu te sentais mieux ? Poursuivit Drago d'une voix plus mesurée.
J'avais peut-être une échappatoire. Il y avait deux raisons à mon mensonge. La première avait pour but de faire croire à Drago que j'allais mieux et que j'étais heureuse pour qu'il ne soupçonne pas la fuite que Gloria et moi avions prévue. Il était cependant hors de question d'avouer ça à Drago. Ainsi, je pouvais lui faire part de la deuxième raison, qui était tout aussi vrai et qui ne me condamnerait peut-être pas autant.
- Je ne voulais pas que tu me juges trop faible et incapable de mener notre enfant à terme. J'avais peur que tu me remplaces, avouai-je d'une voix tremblante.
J'espérais sincèrement que « T » n'allait pas trouver cette idée intéressante. Qu'il me remplace était réellement la pire chose qu'il pouvait m'arriver, car je n'aurais plus aucune protection, plus aucune valeur. Je relevai les yeux vers Drago qui n'avait toujours par prononcé le moindre son.
- Mais je tiens le coup, insistai-je la gorge nouée. Notre enfant est puissant, je sais qu'il vivra.
Le regard de Drago se décomposa et il se prit la tête entre les mains, se cachant de mon regard. Il soupira profondément. Je ne me souvenais pas d'avoir été aussi tendue depuis longtemps. L'une de ses mains tenait toujours sa baguette et je ne parvenais pas à en détacher mon regard. Drago se leva brusquement de sa chaise me faisant sursauter, contourna la table qui nous séparait et m'attrapa pour serrer contre son torse.
- Par Merlin Hermione… comment as-tu pu penser une chose pareille ?
Il s'écarta quelque peu de moi pour attraper mon visage en coupe entre ses mains. Son regard plongé dans le mien m'hypnotisa.
- Je t'aime Hermione. Je ne veux pas seulement un enfant, je veux un enfant de toi. Tu comprends ? Personne ne pourra jamais te remplacer. Et de toute façon, tu ne mourras pas en donnant la vie, je serais là pour te protéger. D'accord ? Et s'il le fallait, je donnerais ma vie pour la tienne.
Je ne répondis pas, me perdant dans l'infini de son regard gris.
- Je t'aime tellement mon amour…. C'est pour ça que tu te maquilles autant depuis une semaine ? Pour masquer ton véritable état ?
Il me resserra contre son torse tendit qu'un immense sentiment de soulagement me submergeait. Je n'avais plus affaire à « T » mais à Drago. A l'homme que j'aimais. Après quelques secondes, il se détacha de nouveau de moi et s'écarta même d'un pas.
- Pourquoi ta promenade n'a duré que quinze minutes ?
- Je voulais remonter dans ma chambre, répondis-je.
Ma réponse était évasive, mais vrai.
- Hermione… ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. Répondre à moitié à mes questions ne fera que retarder la vérité. Pourquoi voulais-tu remonter après seulement quinze minutes ?
- Je voulais récupérer la liste des sorciers de l'organisation, répondis-je malgré moi en faisant une grimace.
- Et pourquoi ça ?
- Pour trouver le traitre.
- Comment ça pour trouver le traire ? Répéta Drago d'un air incrédule.
- Personne ne me voit sous ma cape, je me suis donc dit que je pourrais espionner les sorciers de l'organisation et rayer de la liste ceux que je juge incapable de nous avoir trahis. Je m'ennuie tellement que je trouvais que c'était une bonne manière de m'occuper et de me rendre utile.
Drago ne pouvait pas m'en vouloir à mort pour ça. Après tout, c'est comme si j'agissais pour le bien de l'organisation. Il ne pouvait pas me condamner pour avoir voulu aider. N'est-ce pas ?...
- Je suis désolée, ajoutai-je.
Contre toute attente, Drago esquissa un sourire et il se laissa même aller jusqu'à rire.
- Tu es incroyable Hermione, finit-il par dire d'un air toujours aussi amusé. Tu es souffrante, tu as peur de mourir et malgré tout, tu ne peux pas t'empêcher de mener ta petite enquête. Tu es une emmerdeuse de première, même enceinte jusqu'au cou. Ce genre d'idée que tu peux avoir m'exaspère au plus au moins, ne te méprends pas. Mais c'est tellement toi, insista-t-il avant d'écraser ses lèvres sur les miennes.
Je répondis à son baiser, soulagée de voir qu'il ne s'était pas mis dans une colère noire.
- Tu es vraiment une personne hors du commun, murmura-t-il en posant son front contre le mien.
- Donc tu es d'accord ? Demandai-je pleine d'espoir.
- Bien sûr que non.
Je m'écartai de son contact, d'un air surpris. Son visage semblait toujours aussi amusé et il attrapa mes deux poignets pour me forcer à me rapprocher de lui.
- Tu as eu une excellente idée Hermione, mais ce n'est pas toi qui mèneras l'enquête. Je chargerai quelqu'un d'autre de le faire. Quelqu'un en qui j'ai confiance. Peut-être Pansy.
- Ah non ! M'exclamai-je en tentant de me dégager de son contact. C'était mon idée !
Il resserra son emprise autour de mes poignets et son regard redevint sérieux.
- Il est hors de question que tu te mettes en danger.
- Mais je ne risque rien sous la cape !
Drago me força à me coller contre le mur derrière moi et posa de nouveau son front sur le mien.
- Il y a toujours un petit risque Hermione… dit-il d'une voix douce. Je ne peux pas te laisser te mettre en danger. Je ne veux pas…
- Toi tu es en danger tous les jours et je ne dis rien, dis-je en approchant ma bouche de son cou.
Mes lèvres frôlèrent sa peau et je sentis un frisson lui parcourir la nuque.
- Je t'en prie Drago, je serais prudente. Je ne ferais qu'espionner. Je sais que je ne risque rien.
Mes lèvres se déposèrent sur son cou et je le sentis lâcher mes poignets pour attraper mes hanches. Ma bouche remonta lentement jusqu'à la sienne et alors que j'allais l'embrasser, il se recula d'un pas.
- Tu essayes de me soudoyer ou quoi ? S'exclama-t-il d'un air mi-choqué, mi-amusé.
- Un peu des deux. J'ai généralement très envie de t'embrasser quand je te vois, mais j'espère aussi te faire changer d'avis. Je me ferais un plaisir de t'offrir mon corps en échange de cette mission. D'ailleurs, on peut mettre en place un paiement en nature tous les soirs.
Drago explosa soudain de rire et je me sentis affreusement honteuse.
- Je devrais te faire boire du veritaserum tous les jours.
Je me contentai de lui faire une grimace.
- Tu m'aimes ? Poursuivit-il.
Je ne répondis pas. Lui faire peur pendant quelques secondes était une revanche très satisfaisante.
- Réponds à ma question Hermione, insista-t-il en resserrant son emprise sur mes hanches.
- Les effets de la potion disparaissent au bout de combien de temps déjà ? M'enquis-je avec sérieux.
- Arrête de faire l'idiote, fit-il d'une voix trainante.
Nous nous toisâmes pendant plusieurs secondes en silence.
- Bien sûr que je t'aime, finis-je par dire en riant de bon cœur.
Je collai davantage mon corps au sien et capturai ses lèvres avec envie.
- Tu ne mérites même pas que je passe autant de temps avec toi, répliqua-t-il.
Je souris et approchai de nouveau ma bouche de la sienne, mais il m'en empêcha.
- Vu que te moquer de moi t'amuse énormément, j'estime que tu n'as pas le droit de coucher avec moi.
- Ce n'est pas le moment te plaisanter Drago, j'ai vraiment très envie là.
- Etant donné que tu as pris du veritaserum, je n'en doute pas, répliqua-t-il d'un air moqueur.
Je le fusillai du regard et alors que j'allais de nouveau ouvrir la bouche, Drago passa ses bras sous mes fesses pour me soulever et me coller brusquement contre le mur.
- Vas-y Drago, murmurai-je en plongeant ma tête dans son cou.
Il débouta son pantalon, souleva ma robe et alors qu'il écartait ma culotte à l'aide de ses doigts, une atroce douleur me foudroya. Un hurlement s'échappa de ma gorge et Drago me relâcha aussitôt. Je me serais certainement écrasée au sol, si Drago ne me portait pas encore à moitié dans ses bras.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Me demanda-t-il d'une voix affolée.
Je ne parvins pas à répondre, tant la douleur semblait me déchirer le ventre. J'avais même l'impression de ne plus parvenir à respirer. Drago réagit alors vite, il pointa sa baguette dans ma direction et me fit léviter jusqu'au lit.
- DRAGO ! Il se passe…. Quelque chose ne va pas avec le bébé ! Fais quelque chose !
Le regard de Drago semblait complètement perdu.
- DRAGO ! Hurlai-je de plus belle en me tordant de douleur sur le lit.
Il sembla alors se reprendre et traversa le plancher.
- JE TE JURE QUE JE VAIS TE TUER SI TU NE REGLES PAS LE PROBLEME !
J'avais l'impression d'entendre Drago hurler, sans en être totalement sûre. Je n'arrivais pas à ouvrir les yeux. Mes cils semblaient être collés les un aux autres.
- GLORIA !
J'avais l'impression que les draps de mon lit étaient mouillés et que des doigts froids me parcouraient le ventre.
- MAIS UTILISE TA BAGUETTE !
- Drago ! Laisse-la travailler !
C'était la voix de Pansy.
- Je… je ne sais pas ce qu'il se passe… je ne comprends pas… marmonna Gloria.
Après quelques secondes de lutte, je parvins à ouvrir mes yeux remplies de larmes. Gloria était penchée au dessus de moi et ses doigts ensanglantés et tremblants palpaient mon ventre. Drago était juste au dessus d'elle, sa baguette pointée sur sa tête. De l'autre côté du lit, se trouvait Pansy. Elle ne cessait de jeter des coups d'œil nerveux tantôt à Drago, tantôt à mon ventre.
- Hermione, tu nous entends ? Me demanda-t-elle en s'approchant davantage de moi. Hermione ? Il faut que tu restes consciente, d'accord ?
Je voulus me redresser dans le lit, mais Gloria m'en empêcha fermement. J'eus néanmoins le temps de voir que les draps sur lesquels je me trouvais étaient imbibés de sang. De mon sang. Je me mis alors aussitôt à trembler et j'adressai un regard affolée à Drago. Il semblait complètement dépassé par les événements et au bord de l'explosion. Sa main tenant sa baguette tremblait et des gerbes d'étincelles orange en sortaient, manquant de toucher Gloria.
- Drago arrête, lui ordonna Pansy d'une voix grinçante. Tu n'aides personnes là.
- FERME-LA !
- Tu vas provoquer un accident, baisse ta baguette !
Il lui adressa un regard noir, mais abaissa tout de même son arme.
- Il faut l'emmener à Saint- Mangouste, déclara Gloria d'une voix tremblante.
- HORS DE QUESTION ! Beugla Drago.
- Elle va mourir ! Je n'ai pas les compétences, ni les potions nécessaires pour faire quoi que ce soit. Je peux l'emmener ! Personne ne sait que je fais partie du Triangle du sang ! Je ne donnerais pas son nom en arrivant à Saint-Mangouste, personne ne saura qui elle est ! On peut même lui faire boire du polynéctar, insista-t-elle.
J'avais bien dit à Gloria que je ne voulais plus partir, mais elle mettait quand même notre plan à exécution. C'était elle la traitresse que tout le monde cherchait ! C'était évident. Je vis Drago et Pansy échanger un regard silencieux qui me glaça le sang. Ils n'allaient quand même pas laisser Gloria m'emmener directement chez les mangemorts hein ? Ils ne pouvaient pas tomber dans son piège ! Ce n'était pas possible !
- C'est ta décision, se contenta de dire Pansy qui s'était redressée pour faire face à son meilleur ami.
- Non… murmurai-je alors d'une voix faible. Je ne veux pas.
Drago dégagea Gloria qui s'était assise sur le bord de mon lit, pour prendre sa place et s'approcher de moi.
- Je ne veux pas partir, répétai-je d'une voix faible à l'attention de Drago.
- Tu seras avec Gloria et…
- Elle va me tuer, j'en suis sûre, le coupai-je.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?... Hermione….
Il semblait désespéré.
- Je préfère mourir dans ce lit que de la main des mangemorts. C'est elle la traitresse ! C'est elle, j'en suis sûre ! Elle avait prévu son coup depuis le dé…
Un nouveau hurlement de douleur m'empêcha de terminer ma phrase. Par reflexe mes mains se posèrent sur mon ventre, tendis que je me repliai sur moi-même.
Je vis Drago agiter sa baguette magique en l'air et une fiole atterri à peine une seconde plus tard dans sa main.
- Bois-ca, m'ordonna-t-il. C'est du polynéctar avec des cheveux de moldu pris au hasard.
- Drago, elle va me tuer… Elle est avec les mangemorts…
- Elle débloque complètement… lâcha Pansy d'un air choquée.
- Bois, insista Drago en m'ouvrant la bouche de force.
- Attends ! S'exclama Pansy. Elle est enceinte, c'est peut-être dangereux.
Drago se stoppa aussitôt. J'en profitai pour m'agripper à sa veste et lui adresser un ultime regard désespéré à Drago.
- Je sais qu'elle a réussi tous les tests d'entrée dans l'organisation, mais c'est …. C'est parce que c'est une sorcière douée. Drago je t'en prie… dis-je entre deux sanglots. Ne m'abandonne pas. Je t'aime, je t'aime, je t'aime. Elle va me tuer…. Elle va tuer notre enfant.
Je vis les yeux de Drago se remplir de larmes. Il déposa un baiser sur mon front, me murmura à l'oreille qu'il m'aimait plus que tout et se leva du lit. Il pointa sa baguette en l'air et lança des sorts informulés pendant plusieurs secondes, puis il se tourna vers Gloria.
- Sauve-là, lui ordonna-t-il. Si quelque chose tourne mal, je jure que je te traquerai jusqu'à la fin de ma vie s'il le faut. Et quand je te trouverai, je ne te tuerais pas. Je te torturai indéfiniment.
- Non…. marmonnai-je désespérée. Drago… non…
Je tentai de me lever du lit, mais j'étais si faible que je ne pus empêcher Gloria de m'attraper et de transplaner avec moi.
Lorsque je sentis mon visage s'écraser sur un carrelage froid, je sus aussitôt que j'avais eu raison au sujet de Gloria. Elle ne m'avait pas emmené à Saint-Mangouste. J'étais n'importe où sauf là-bas.
Il me fallut une seconde supplémentaire, pour entendre des hurlements autour de moi et des sorts fuser dans tous les sens. Je voulus voir ce qu'il se passait autour de moi, mais ma vue était complètement brouillée. Je ne parvenais à voir que des ombres mouvantes passer près de moi ou des jets de lumières. J'étais en pleine bataille. Etais-je finalement restée dans le château ? Avions-nous raté le transplanage ? Etions-nous de nouveau attaqués ? Non, nous ne pouvions pas être dans le château car si c'était le cas, personne ne m'aurait laissé me vider de mon sang au sol. Peut-être étais-je au siège des mangemorts. Peut-être qu'ils se battaient contre des membres de l'organisation qui venaient de trouver leur emplacement.
- LA ! C'EST HERMIONE !
Harry. C'était la voix d'Harry. Mon cœur sauta dans ma poitrine. Les Aurors étaient là !
- STUPEFIX !
Il ne semblait pas loin de moi.
- BLAISE ! Hurla-t-il de plus belle.
Je sentis soudain qu'on m'attrapait le bras et qu'on me retournait avec précaution sur le dos. Mon regard rencontra celui de Blaise.
- Hermione… murmura-t-il. Mais qu'est-ce que….
Je n'eus pas le temps de répondre quoi que ce soit, que nous transplânames. Cette fois, on ne me laissa pas tomber au sol. Blaise me soutenait du mieux qu'il pouvait.
- J'AI BESOIN D'AIDE ! C'est Hermione Granger !
J'entendis des pas affluer dans notre direction, tandis que je me cramponnais aux vêtements de Blaise.
- Blaise… parvins-je à dire.
Il baissa ses yeux jusqu'à moi.
- Il faut sauver mon bébé.
- Arrête de parler comme si tu allais mourir ! S'exclama-t-il.
- Promets-moi que vous sauverez mon bébé, insistai-je.
- On vous sauvera tous les deux. Tu sais bien que je t'aime Hermione. Je ferais tout pour toi.
- Je suis toujours amoureuse de Drago, murmurai-je tendis que je sentais mon corps léviter.
J'atterri en douceur sur ce qui semblait être un lit.
- Ne le tuez pas, ajoutai-je à Blaise qui me fixait toujours d'un air inquiet.
Mon lit lévitait lui aussi à travers le couloir. Visiblement les médicomages me prenaient tout de suite en charge. Mon cas devait être grave.
- M Zabini, il va falloir nous laisser nous occuper d'elle, ordonna une voix de femme.
- Attendez, insista-t-il en marchant à côté de mon lit qui se déplaçait rapidement. Il ne faut pas qu'on tue qui ? Ajouta-t-il à mon attention.
- Drago. Ne le tuez pas… Il n'est pas responsable… Il… Il est toujours là. Il m'aime.
- Mais pourquoi voudrais-tu qu'on le tue ? Il va bien ? Il est prisonnier ?
- M Zabini ! Si vous voulez qu'on sauve votre amie, il faut la laisser maintenant ! S'exclama le médicomage.
Nous entrâmes dans une pièce sur-éclairée, mais Blaise resta à mes côtés.
- Si vous le tuez j'en mourrais…
- M ZABINI ! Vociféra la médicomage.
- Hermione, pourquoi voudrais-tu qu'on tue Drago ? Insista-t-il cette fois-ci d'une voix étrangement calme.
L'expression de son visage s'était transformée. J'étais certaine qu'il avait compris à présent et pourtant, il voulait tout de même que je le dise à voix haute.
- Drago est « T ».
Le regard de Blaise se décomposa.
- Je l'aime. Je l'aime plus que tout, ne lui faites pas de mal… murmurai-je.
- MAINTENANT DEHORS ! Hurla le médicomage.
