Δ Chapitre 34 : Saint-Mangouste

Mon médicomage avait à peine eu le temps d'autoriser les visites, qu'Harry, Ginny et Blaise s'étaient rués dans ma chambre à Saint Mangouste. Ils m'avaient pris dans leur bras, dit à quel point ils avaient eu peur pour moi et Ginny avait finit par baisser les yeux jusqu'à mon ventre.

- J'ai une fille, leur annonçai-je alors.

Le visage de mes trois amis se décomposa. J'avais lâché l'information comme une bombe mais il n'y avait pas vraiment de bonne manière d'annoncer à ses amis qu'on avait accouché après seulement deux mois et demi.

- Elle s'appelle Céleste, ajoutai-je face à leur manque de réaction.

Drago avait émit le souhait de choisir un prénom français pour une fille, mais je ne l'avais pas écouté. J'avais opté pour un prénom d'origine anglais signifiant « qui vient du ciel ». Après tout, elle était mon miracle.

Mes amis ne réagir cependant toujours pas, comme s'ils attendaient que je me mette à rire de la bonne blague.

- J'étais enceinte.

- Depuis moins de trois mois, dit brutalement Blaise.

La porte s'ouvrit soudain sur mon médicomage qui s'immobilisa en voyant mes trois amis.

- Je vais revenir plus tard.

- Non ! M'exclamai-je de peur qu'elle ne reparte. Ils sont dignes de confiance. Ce sont les trois amis dont je vous ai parlé.

Le médicomage les observa pendant quelques secondes avant de finalement tirer quelque chose de derrière elle. Il s'agissait d'une grande bulle transparente de la taille d'un gros coussin qui flottait et dans laquelle reposait ma fille. Elle poussa précautionneusement la bulle jusqu'au dessus de mont lit pour que je puisse être le plus proche possible de Céleste.

Mes trois amis observèrent le nourrisson sans un mot.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? S'enquit Blaise en se tournant vers le médicomage.

- L'enfant de Mlle Granger n'a pas eu un développement normal. La durée de sa croissance a été divisée par trois. Elle est née il y a huit jours avec trois semaines d'avance. Habituellement cela n'aurait pas posé problème, mais là, c'est comme si le bébé était né deux mois trop tôt. C'est pour ça que Céleste est dans cette bulle pour l'instant. Cela reproduit les mêmes conditions que si elle était restée dans le placenta de sa mère. Elle a déjà bien grandi en une semaine. Vous pourrez bientôt la prendre dans vos bras, ajouta-t-elle à mon attention en m'adressant un sourire encourageant.

- Et on peut savoir pourquoi sa croissance est accélérée ? S'enquit Blaise d'une voix anormalement aigue.

Le médicomage et moi-même échangeâmes un bref regard, après quoi je hochai la tête pour lui donner mon consentement.

- Lorsque Céleste était encore dans le ventre de sa mère, elle a reçu des sortilèges quotidiens. De la magie noire qui avait pour but de la renforcer. Nous pensions que les sorts auraient d'autres incidences qu'une croissance accélérée, mais pour l'instant nous n'avons rien constaté d'autre.

- Mais qui a lancé ces sortilèges ? Demanda Ginny d'un air horrifié.

- Je ne sais pas, mentis-je. Le membre de l'organisation qui s'en chargeait portait toujours un masque.

Il était hors de question que qui que ce soit connaisse la vérité. Ni mon médicomage, ni mes amis. Drago était déjà un monstre à leurs yeux, je ne voulais pas qu'il le soit davantage.

- Et elle va bien ? S'enquit Ginny. Céleste va bien ?

- Elle va très bien, répondit le médicomage.

Ginny se rapprocha de mon lit, attrapa ma main et m'adressa un sourire éblouissant.

- Je crois que des félicitations s'imposent dans ce cas. Je suis vraiment heureuse pour toi.

Je laissai échapper un petit rire et me tournai de nouveau vers Céleste.

- Regarde comme sa main est petite. Ce n'est pas incroyable ? Lançai-je à Ginny.

Elle s'approcha davantage de la bulle et fixa Céleste avec intérêt. Elle me montra son pied qui faisait des petits mouvements dans le liquide et nous gloussâmes toutes les deux de bonheur.

- Du coup le bébé est vraiment normal ?

Le visage de Ginny se décomposa face à la question brutale de Blaise et elle se redressa pour le fusiller du regard.

- Mis à part sa croissance, je n'ai pas détecté quoique ce soit d'anormal, répondit le médicomage.

Je devais bien admettre que j'avais moi-même eu très peur d'engendrer un monstre à peine humain, mais cela n'avait pas été le cas. Ma fille était magnifique. Elle était parfaite.

- Je vais vous laisser un peu d'intimité. Je reviendrais dans une heure, dit le médicomage avant de sortir de la chambre.

Ginny se pencha de nouveau au dessus de la bulle pour admirer ma fille. Si les réactions de Blaise ne m'étonnaient pas, le mutisme d'Harry me mettait néanmoins mal à l'aise.

- Elle n'a pas encore de cheveux mais j'espère qu'elle aura ceux de son père, commentai-je dans le but de briser le silence.

Ma remarque fut accueillie par un silence de mort et Harry qui n'avait prononcé le moindre son depuis un moment, finit par s'asseoir au bord de mon lit.

- J'imagine que tu n'as que ta fille en tête pour l'instant, mais il faut qu'on parle Hermione, murmura Harry. C'est pour ça que nous sommes venus sans Ron.

Je détournai le regard, la gorge nouée.

- Ca fait à peine cinq minutes qu'on est là, grogna Ginny. Tu ne pouvais pas…

- On n'a pas le temps, l'interrompis Harry. Le ministère est dans tous ses états depuis une semaine et je ne te parle même pas du bureau des Aurors. Normalement je n'aurais même pas dû avoir le droit de me charger de ton cas, mais j'ai insisté, ajouta-t-il à mon attention. Si je n'obtiens pas rapidement des informations de ta part, ils chargeront un autre Auror de te questionner.

- Non il ne faut pas ! M'exclamai-je vivement. Ils vont s'intéresser à mon enfant et à sa croissance, c'est certain ! Céleste va être en danger ! Ils voudront peut-être même l'étudier. Non mais tu imagines ?

Harry et Blaise échangèrent un étrange regard. Il ne dura cependant pas plus de quelques secondes.

- Si nous voulons rester les seuls, en plus de ton médicomage, à connaître la vérité concernant ta fille, il faut que tu me parles. Sinon, c'est un autre Auror qui viendra te poser des questions et nous ne pourrons pas la protéger.

Je savais que je ne pouvais pas prendre le risque qu'on se penche sur le cas de mon enfant. Je ne savais pas encore si les sorts de Drago auraient d'autres effets sur Céleste, mais il était en tout cas hors de question que le ministère s'y intéresse de trop près.

- D'accord, cédai-je alors en avalant difficilement ma salive.

- Tu peux tout nous dire Hermione, ajouta Ginny. Nous sommes tes amis.

Je restai silencieuse, réfléchissant à ce que je pouvais omettre sans qu'ils ne s'en rendent compte.

- Drago Malefoy est « T » n'est-ce pas ? Me demanda Harry.

Je me contentai de hocher la tête, d'un air abattu.

- Il faut que tu nous racontes.

Il semblait réellement désolé pour moi.

- Quand je suis revenue dans le château pour porter secours à Drago, c'était déjà trop tard. Il était dans la salle principale pour révéler à tous les membres de l'organisation qui il était vraiment.

Je vis le regard de Blaise descendre jusqu'à mon annulaire gauche où de petits triangles noirs entouraient mon doigt en guise d'alliance.

- Ce jour-là on s'est mariés selon le contrat magique, comme tous les autres membres de l'organisation. Je n'ai pas eu le choix. Drago m'a ensuite privé de ma baguette et de ma liberté. Je n'avais aucun moyen de m'échapper. J'ai passé le plus clair de mon temps alité. Ma grossesse ma fatiguait beaucoup à cause des sortilèges que recevaient mon bébé. Et puis j'ai rencontré Gloria. Elle avait abandonné ses études de médicomage pour rejoindre l'organisation. Au départ j'ai crus que c'était un membre fidèle, jusqu'à ce qu'elle me dise qu'elle était venue pour moi. Pour me sauver et me sortir de là. Je l'ai crus. Nous avons échafaudé un plan pour nous enfuir. L'objectif était de simuler un mal-être vers la fin de ma grossesse. Un mal-être tel que cela aurait nécessité mon envoi à Saint-Mangouste. Nous nous préparions donc à ça, mais un jour, les mangemorts nous ont attaqués. Ils avaient non seulement réussis à trouver le château, mais en plus à y entrer. J'étais leur cible ce jour-là. Leur but était de me tuer.

- Mais pourquoi ? S'exclama Blaise.

- A cause de mon enfant. Les mangemorts sont contre le Triangle du sang. Je vous laisse deviner pourquoi…

- Par Merlin, mais quelle horreur… lâcha Ginny d'un air profondément choqué.

- Apparemment Roman Audric était derrière tout ça. L'actuel chef du magenmagot.

Harry m'écoutait attentivement, sans intervenir.

- L'organisation savait donc qu'il y avait un traitre parmi eux et je me suis mis à soupçonner Gloria. Je sentais au plus profond de moi-même que c'était elle, mais elle ne pouvait évidemment pas s'en prendre à moi directement sans être tué. Sa seule option était de me faire sortir du château. Je suis donc devenue distante avec elle, jusqu'à lui affirmer que je ne voulais plus m'enfuir.

Harry, Ginny et Blaise m'observaient en silence, attendant que je poursuive.

- Et il y a une semaine, j'ai ressentis d'affreuses douleurs au ventre. Je me suis mis à perdre beaucoup de sang et Drago a paniqué. Gloria lui a suggéré de m'emmener à Saint-Mangouste et il a finit par accepter. Gloria a fait un transplanage d'escorte et comme vous le savez, ce n'est pas à Saint-Mangouste qu'elle m'a emmenée.

- Mais pourquoi n'avais-tu pas fait part de tes soupçons à Drago ? Tu ne penses pas qu'il t'aurait protégé de Gloria ?! S'exclama Blaise. Tu es complètement stupide ou quoi ?

- Je n'en étais pas sûre de sa traitrise avant qu'elle insiste auprès de Drago pour m'évacuer du château ! M'exclamai-je à mon tour. Si j'avais fait par de mes soupçons, Drago n'aurait pris aucun risque et s'en serait aussitôt pris à elle.

- Et alors ?! Dans tous les cas c'était un membre du Triangle du sang ! Ne me dis pas que tu as finis par avoir de la compassion pour eux ?!

- D'un, je n'ai pas envie que quiconque meurt à cause de moi et de deux, elle m'avait dit être de mon côté. On avait échafaudé un plan pour s'enfuir… Enfin avant que je me mette à méfier d'elle bien sûr. Que voulais-tu que je fasse, hein ? Que je la sacrifie juste au cas où ?!

- De toute façon, tu n'aurais jamais du quitter la chambre d'hôtel ! Je t'avais prévenue !

- Calmez-vous ! Ordonna Harry.

Blaise et moi nous fusillâmes du regard.

- On ne peut pas changer ce qu'il s'est passé, donc ce n'est pas la peine de se disputer à ce sujet. On sait maintenant que Gloria était en effet coupable puisqu'elle a transplané avec toi jusqu'au manoir Malefoy. Enfin ce qu'il en restait.

- J'étais dans le manoir des Malefoy ?! M'exclamai-je choquée. Mais qu'est-ce que vous faisiez là-bas ?

- Nous y avions constaté d'étranges allers-venus depuis plusieurs semaines, me répondit Harry. De nombreuses défenses avaient également été mises en place autour de l'enceinte du bâtiment. Nous pensions que l'organisation avait déménagé après le départ de Blaise et qu'il s'agissait de leur nouveau repère. En fait, il s'agissait du lieu où se retrouvaient les mangemorts qui avaient récemment réussi à s'échapper d'Askaban. La plupart d'entre eux ont malheureusement réussi à fuir, mais au moins, nous t'avons retrouvé.

Ginny qui avait toujours ma main dans la sienne la serra davantage, dans un geste réconfortant.

- Le principal c'est que tu ailles bien. Que vous alliez bien, ajouta-t-elle en regardant Céleste. On a eu tellement peur Hermione… Tellement peur qu'il te soit arrivé quelque chose d'horrible.

- Quand je pense que je me suis inquiété pour Drago ! S'exclama Blaise. J'avais raison depuis le début !

- On se fiche de savoir qui avait raison ou pas, commenta Harry avec humeur. Ce qui est important maintenant, c'est de nous rendre au siège du Triangle du sang et de mettre fin à tout ça. Tu peux nous y conduire du coup ? Ou au moins nous indiquer comment entrer ? Ajouta-t-il à mon attention.

Ma voix resta bloquée dans ma gorge. Je ne pouvais pas leur dire où était caché Drago. Je ne pouvais pas leur livrer l'amour de ma vie.

- Drago a fait déménager l'organisation suite à l'attaque des mangemorts, mentis-je alors. Je n'ai aucune idée d'où ils se trouvent à présent.

- Mais tu y étais ! S'exclama Blaise.

- J'étais enfermée dans une chambre !

- Mais tu sais lancer le sort contre le mur !

- Il n'a plus marché à partir du moment où j'ai été faite prisonnière. J'avais essayé de le lancer avec la baguette de Gloria, mais cela n'a évidemment pas marché, mentis-je.

Blaise poussa un juron et donna un coup de pied dans l'un des fauteuils en face de mon lit.

- Calme-toi Blaise, lui ordonna Ginny avec sévérité. Si tu n'es pas capable de parler à Hermione avec calme, il est peut-être préférable que tu sortes de la chambre.

- Mais elle met de la mauvaise volonté !

Ginny relâcha ma main et se leva du lit pour faire face à Blaise.

- Est-ce que tu te rends compte de ce qu'elle a vécu ces deux derniers mois ? Elle a apprit que celui qu'elle aimait était du mauvais côté, on lui a prit sa baguette, on l'a gardé prisonnière, on a lancé des sorts de magie noire contre l'enfant qu'elle portait ! Mets-toi à sa place un peu !

Blaise se sentit soudain affreusement mal et baissa le regard. Moi, j'étais encore plus mal que lui si c'était possible. Ginny prenait ma défense alors que je ne le méritais pas. Après tout, j'aurais pu les conduire au château en une seconde.

- Céleste essaye d'ouvrir les yeux ! S'exclama soudain Ginny.

- Dans l'eau ? S'inquiéta Blaise en se précipitant au dessus de la bulle.

- Ca va lui faire mal, non ? Intervint Harry qui semblait inquiet à son tour.

Lorsque ses yeux s'ouvrirent finalement, ils rencontrèrent les miens. Ce fut bref. Cela dura à peine une seconde et pourtant, j'eus l'impression qu'une connexion s'était faite entre nous deux. J'étais certaine qu'elle savait qui j'étais. Sa mère.

- Elle a le regard de son père, commenta Blaise d'un air abattu.

- Les nouveau-nés ont pratiquement tous les yeux bleus, signalai-je sans pour autant cesser de sourire.

- Je ne parlais pas de la couleur, mais bien du regard.

- Elle est magnifique, ajouta Ginny.

Harry, Ginny et Blaise finirent par partir au bout d'un moment. La médicomage était venue récupérer ma fille et leur avait dit que j'avais besoin de calme. Me retrouver seule dans cette chambre me plongea dans un étrange mélange de sentiments. J'étais à la fois la plus heureuse de toutes les femmes de savoir ma fille en bonne santé et en sécurité, mais également la plus malheureuse. Je ne pourrais jamais partager ce bonheur avec Drago. Je ne pourrais jamais élever Céleste avec lui. Une larme coula lentement le long de ma joue. Drago me manquait terriblement parce que je savais que malgré tout, il aurait fait un père extraordinaire.

Une nouvelle semaine passa. Chaque jour, je pouvais passer davantage de temps avec Céleste ce qui amoindrissait le chagrin que je ressentais à l'égard de l'absence de Drago. Harry était également revenu me à plusieurs reprises en tant qu'Auror, afin de récolter le plus d'informations possibles sur l'organisation. Je lui disais tout ce que je pouvais, sans évidemment lui donner le moyen d'entrer dans le château. Je ne lui parlais pas non plus trop de Drago. Me contentant de dire qu'il s'était montré très peu présent durant les deux mois de ma captivité. C'était toujours mieux d'omettre certains détails que de mentir à Harry. Après tout, il n'était pas nécessaire pour lui de savoir que j'étais toujours amoureuse de Drago.

Ron et d'autres amis étaient également passés me voir. Néanmoins, la naissance de ma fille avait été gardée secrète. Le ministère ne voulait pas qu'on ébruite l'affaire pour éviter aux membres de l'organisation et aux mangemorts d'attaquer Saint-Mangouste. De mon côté, si je ne voulais pas en parler, c'était surtout pour qu'on évite de me demander qui était le père de Céleste. Pourtant, l'existence de ma fille finirait par se savoir et l'on me poserait la fameuse question. Le pire restait cependant, les questions que ma fille finirait par me poser un jour. Que devrais-je lui répondre lorsque ce moment arriverait ?

- Tu l'aimes toujours ?

Je relevai les yeux vers Blaise.

- Quand je t'ai emmené à Saint-Mangouste, tu m'as dit que tu étais toujours amoureuse de lui.

On sentait clairement le ton accusateur dans sa voix.

- Je croyais que j'allais mourir, répliquai-je sur la défensive.

- Tu m'as supplié de ne pas le tuer.

- J'aime toujours le souvenir du Drago que j'ai connu. Mais il n'est plus là. Plus depuis un bon moment.

- C'est à cause du contrat de mariage.

- Tu sais très bien que ce contrat de ne nous force pas à aimer notre conjoint.

Mes yeux descendirent jusqu'à mon annulaire et je fis glisser mes doigts sur les triangles tatoués.

Pourquoi Drago n'avait-il rien tenté pour venir me récupérer ? Pour venir récupérer sa fille ? Pensait-il que je finirais par rentrer bien sagement sans qu'il ait besoin de venir me chercher ? Saint-Mangouste avait beau être particulièrement bien protégé, je savais qu'il pouvait entrer facilement. Et s'il s'était finalement totalement désintéressé de moi ? De sa fille ? Si « T » avait complètement pris le dessus maintenant que je n'étais plus près de lui ? Peut-être que le Drago que j'avais connu était mort dès lors que j'étais partie avec Gloria.

- J'ai envie d'être seule Blaise, dis-je. Tu pourras revenir un autre jour si tu veux.

S'il était déçu que je le congédie, il n'en montra rien. Il s'avança vers moi et me déposa un baiser sur le front. Je ne savais pas ce qu'il attendait exactement de moi, mais il n'aurait rien. Non seulement notre couple était mort le jour où j'avais embrassé Drago pour la première fois, mais je ne pourrais jamais en aimer un autre que lui. Contrat de mariage ou pas. Il était l'amour de ma vie et nous n'en avions qu'un durant toute notre existence. Je relevai les yeux vers l'horloge murale en face de moi. Dans une heure on m'amènerait Céleste et dans une semaine je pourrais même sortir d'ici avec elle.

Lorsque Blaise posa la main sur la poignée de la porte, il se tourna une nouvelle fois vers moi.

- Je serais toujours là pour toi Hermione. Pour toi et ta fille. Je sais que...

La fin de sa phrase resta en suspens. Je l'observai intriguée et il sortit soudain sa baguette.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ?! S'exclama-t-il en se précipitant dans ma direction.

Il contourna mon lit et attrapa quelque chose sur ma table de nuit.

Ma baguette !

- C'est la tienne n'est-ce pas ? Me demanda-t-il en me la fourrant sous le nez.

Je voulu la prendre mais Blaise l'écarta vivement de la main que j'avais tendue dans sa direction.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ? Répéta-t-il en me défiant du regard.

- Je ne sais pas, répondis-je sous le choc.

- Drago te l'a rendu avant que tu transplanes avec cette Gloria ?

- Non, bien sûr que non.

- Il est venu te voir dans ce cas ! Tu nous n'arrêtes pas de nous mentir Hermione, tu crois qu'on ne s'en rend pas compte ?

Je voulus me défendre mais Blaise me devança.

- Quand tu dis qu'un membre du Triangle du sang lançait des sorts contre ton enfant, on sait tous pertinemment qu'il s'agissait de Drago ! Ou qu'au pire, le sorcier agissait sous ses ordres ! Tu le protèges !

- Arrête de dire n'importe qu…

- NE TE FOUS PAS DE MOI ! Hurla-t-il. TU AIMES « T » ALORS QUE C'EST UN MONSTRE ! MAIS EST-CE QUE TU TE RENDS COMPTE ?!

- Tu penses vraiment que « T » serait venu me rendre ma baguette ? Lui demandai-je sur un ton de défis. Et si c'était vraiment le cas et que j'essayais de vous cacher cette information, tu penses que j'aurais eu l'idiotie de laisser ma baguette sur le meuble ?!

- Peut-être qu'il te contrôle, qui sait ?!

- Tu dis n'importe quoi. Si j'étais soumise au sortilège de l'impérium mon médicomage s'en serait rendu compte.

- La cape d'invisibilité ! S'exclama Blaise en écarquillant les yeux. Il a du la récupérer. Si ça se trouve il est là en ce moment même, avec nous !

Blaise leva de nouveau sa baguette en l'air, dans un geste défensif, son regard passant la chambre au peigne fin.

- S'il était vraiment là, je pense qu'il t'aurait déjà tué, répliquai-je d'une voix particulièrement sèche. Il l'a ordonné à tous les membres de l'organisation.

- Ah vraiment ? Et tu n'as pas jugé bon de m'en avertir plus tôt ?

- Cela me semblait être d'une logique implacable. Tu es un traitre à ses yeux.

Blaise ne baissa cependant pas sa garde.

- Arrête tes idioties Blaise. S'il était vraiment là, non seulement il t'aurait tué, mais il m'aurait emmené avec lui.

- Parce que tu penses qu'il tient à toi ? Me cracha-t-il au visage. Tout ce qui l'intéresse c'est ton enfant !

J'eus l'impression qu'on venait de me renverser un seau glacé sur la tête. Blaise n'eut pas le temps de réagir que je sautai hors de mon lit, lui arrachai ma baguette des mains et sortis de ma chambre en courant. Je traversai les longs couloirs de Saint-Mangouste toujours aussi vite, Blaise sur mes talons.

Céleste. Il fallait que je vérifie que Céleste était toujours là ! Blaise avait beau lancer des accusations complètement fantasmagoriques, je devais bien admettre que ma baguette était étrangement réapparue dans ma chambre. De plus, si Drago m'aimait, ce n'était pas le cas de « T ». Ce monstre n'avait attendu qu'un enfant de moi, rien de plus. Je sentis les larmes me monter aux yeux tandis que je courrais à en perdre haleine. Je m'arrêtai finalement brusquement face à la baie vitrée derrière laquelle était habituellement gardée Céleste. Elle était toujours là ! Je plaquai mes mains contre la vitre alors qu'un sanglot s'échappait de ma gorge. Ma fille était là, dormant dans sa bulle transparente. Je sentis la main de Blaise se déposer sur mon épaule dans un geste réconfortant. Ce contact, bien qu'anodin, me fit un bien fou. Je sentis même mon cœur se calmer. J'avais été stupide. Si Drago avait voulu récupérer Céleste, il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Bien entendu, une personne normale aurait attendue qu'elle se porte mieux, mais « T » n'était pas normal. Il n'aurait pas pensé aux conséquences. Il l'aurait prit et c'est tout.

C'était-il vraiment désintéressé de nous ? Après tout, « T » n'avait pas franchement besoin de moi pour avoir un héritier. Il avait le château à sa disposition. Avais-je donc perdu toute ma valeur ? Cette simple pensé me brisa le cœur. Je n'étais peut-être plus rien pour Drago alors que moi, j'avais l'impression de bruler de l'intérieur tellement mon amour pour lui était fort.

- Il faudrait qu'un ou deux Aurors restent postés devant la salle où est Céleste, dit Blaise.

Il s'avança à côté de moi et je lui adressai un regard grave tendit qu'il fixait ma fille de l'autre côté de la vitre. Je sentais toujours sa main sur mon épaule et pourtant, ses bras tombaient le long de son corps. Je me retournai brusquement mais il n'y avait personne. La sensation d'une main sur mon épaule disparue en même temps.

- Ah non ce n'est pas possible, poursuivit Blaise sans se rendre compte de mon état de nervosité. Personne n'est au courant pour ton enfant… Ou alors il faut que ce soit Harry. Je pourrais de mon côté assurer la surveillance la nuit.

Je ne répondis pas, tenant fermement ma baguette dans ma main. Je savais que cela pouvait paraitre stupide mais la main que j'avais sentie se poser sur mon épaule m'avait parue familière. Certes, ce n'était qu'une main, mais j'étais certaine qu'on l'avait déjà posé sur mon épaule exactement au même endroit et de la même manière. J'avais également trouvé la sensation rassurante. Et si…

Et si Gloria était finalement réellement de mon côté ? Peut-être qu'atterrir dans le manoir Malefoy n'avait été qu'une erreur de transplanage. Après tout, c'était elle qui avait récupéré la cape d'invisibilité, elle aurait donc aussi pu avoir la possibilité de prendre ma baguette. Peut-être était-elle là, en train de veiller sur Céleste. Mais dans ce cas, pourquoi se cacher ?

- Ca ne va pas Hermione ? Me demanda Blaise en se retournant vers moi les sourcils froncés.

- Parmi les mangemorts que vous avez attrapés lors de votre attaque, vous n'avez pas trouvé de Gloria j'imagine ?

Blaise secoua la tête d'un air perplexe.

- Pourquoi ? Insista-t-il.

- Pour rien.

Peut-être qu'elle faisait semblant d'être morte pour se mettre en sécurité du Triangle du sang. Après tout, Drago avait du ordonner qu'on la tue au même titre que Blaise. Mais pourquoi personne ne venait pour lui d'ailleurs ? Il était là, se baladant à mes côtés dans les couloirs de Saint-Mangouste. N'y avait-il vraiment aucun membre de l'organisation à avoir pensé qu'il pourrait venir me rendre visite ? Drago avait-il cru que Blaise continuerait de rester caché dans la chambre d'hôtel ? Les membres de l'organisation n'étaient-ils même pas venus vérifier ?!

Blaise m'attrapa soudain dans ses bras pour me serrer contre lui. J'avais envie de me dégager de son contact, mais je me retins pour ne pas le froisser. Les seuls bras dans lesquels j'avais envie de me blottir étaient ceux de Drago.

- Tout rentrera dans l'ordre Hermione, je te le promets, me souffla-t-il avant de finalement s'écarter de moi. Nous vous cacherons, ta fille et toi.

« Je préférais ne pas attirer l'attention, mais s'il te retouche encore une fois, je le tue »

Mon cœur loupa un battement tandis que je sentais une main se poser de nouveau sur mon épaule. Voilà pourquoi je l'avais trouvé si apaisante et familière, c'était celle de Drago. J'avais envie de me retourner, de lui retirer la cape d'invisibilité et de me jeter dans ses bras, mais bien entendu je ne pouvais pas faire ça ici. Pas dans ce couloir et bien sûr, pas devant Blaise. Ce dernier m'observait d'ailleurs d'un drôle d'air.

- Tout va bien ? Me demanda-t-il.

- Oui, répondis-je dans un souffle presque inaudible.

La main de Drago descendit lentement le long de mon dos, suivant ma colonne vertébrale jusqu'à la base de mes fesses.

- Tu devrais aller te reposer dans ta chambre, je vais rester ici pour surveiller ta fille si cela peut t'aider à te détendre.

- Je n'ai pas besoin de me reposer Blaise, signalai-je. Je te ferais remarquer que je reste ici pour que tout le monde pense que je suis dans un sale état, alors que je ne suis là que pour rester près de mon enfant. J'ai été soignée par des médicomages pas par des moldus. Mon corps n'a aucunes séquelles.

Je n'avais pas vraiment dit ça pour Blaise. Ma petite tirade avait été destinée à Drago. Je voulais qu'il sache que j'allais parfaitement bien.

- Si jamais vous mettez la main sur Gloria, je veux la voir, ajoutai-je.

Cette fois, je m'étais adressée aux deux. Quelque soit le camp qui l'attraperait en premier, je voulais lui parler. Savoir pourquoi elle m'avait fait ça ! Néanmoins, j'espérais que ce serait Drago qui lui mettrait la main dessus. Avec lui, j'étais certaine qu'elle souffrirait atrocement. Etre seulement envoyé à Askaban me semblait bien trop doux comme punition.

En rejoignant ma chambre pendant que Blaise faisait le guet près de Céleste, j'avais espéré que Drago reste avec moi. Pourtant, il était parti et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Il était venu voir Céleste, il m'avait rendu ma baguette, il avait même proféré des menaces à l'encontre de Blaise prouvant qu'il tenait toujours à moi, mais il n'était pas resté. Pourquoi ? Cette question me torturait littéralement. Je m'assis sur le bord de mon lit en essayant de respirer calmement. Peut-être avait-il juste voulu vérifier que Céleste et moi allions bien, sans pouvoir rester plus longtemps. Il avait certainement beaucoup de choses à faire au sein de son organisation.

On frappa soudain à ma porte et je relevai la tête vers Harry qui entrait dans ma chambre. Il était seul. Il venait donc en tant qu'Auror.

- J'ai des informations sur cette Gloria, déclara-t-il en s'essayant sur le fauteuil en face de moi. Elle s'appelle Gloria Selwyn.

Ce nom me disait quelque chose et pourtant je n'arrivais à me souvenir où je l'avais entendu.

- C'est la fille d'Alan et Liana Selwyn, tous les deux des sangs purs. Sa mère est morte peut de temps après sa naissance, quant à son père, c'était un ancien mangemort. C'est lui qui a attaqué la maison des Lovegood lorsqu'on était à la recherche des Horcruxes. Apparemment, son père ne s'est jamais occupé d'elle. Elle a fait ses études à Dumstrang et y restait même l'été.

- Son père est mort ? Demandai-je.

- Oui, durant la bataille de Poudlard.

- Donc, elle aurait voulu s'en prendre à moi par vengeance ?

- Je ne pense pas. Comme je te l'ai dit elle n'a pas beaucoup connu son père et je pense qu'elle en a beaucoup souffert. J'imagine que rejoindre les mangemorts et te livrer, était une manière pour elle de faire ses preuves. Je pense qu'elle voulait suivre les traces d'un père qui n'avait jamais voulu d'elle. Elle était une sorcière infiltrée idéale, ajouta Harry d'un air songeur. Que ce soit auprès de la communauté sorcière ou au sein du Triangle du sang, personne n'aurait pu imaginer qu'elle suivrait les traces de son père étant donné qu'elle n'a jamais été confrontée une seule fois à Voldemort ou aux mangemorts.

- Donc elle m'a bien trahi, murmurai-je plus pour moi-même.

- Tu en doutais ? S'enquit Harry en arquant un sourcil étonné.

- Je doute de tout à présent. N'oublie pas que je suis tombée amoureuse de la mauvaise personne.

Harry ne répondit pas et se contenta de m'adresser un regard désolé.

On frappa de nouveau à ma porte. Cette fois, il s'agissait de mon médicomage. Elle jaugea Harry pendant quelques secondes et finit par faire entrer ma fille dans ma chambre. Mon cœur se mettait toujours à battre violemment dans ma poitrine lorsque je l'apercevais. Harry se leva du fauteuil pour me dire qu'il repasserait dès qu'il aurait de nouvelles informations et il me laissa seule avec Céleste.

Je n'arrivais pas à me lasser de la regarder. Elle semblait si fragile que j'avais l'impression qu'il pourrait lui arriver n'importe quoi, à n'importe quelle seconde. Savoir que Drago était venu la voir était rassurant en fin de compte. Il veillait lui aussi sur elle.

- Ton père n'est pas là, mais il t'aime, soufflai-je à voix basse en collant mon visage contre la bulle transparente.

- Bien sûr que si je suis là. Je ne loupe pratiquement aucun moment avec vous.

Je relevai les yeux vers Drago. Il était debout, au bout de mon lit. Il semblait si prêt et si loin de moi à la fois que c'en était déroutant. C'était comme si je n'étais pas sure qu'il soit vraiment là, avec moi dans la pièce.

- Je l'ai appelé Céleste, dis-je alors.

- Je sais, répliqua-t-il en souriant. C'est un bon choix.

Il contourna le lit, s'allongea à côté de moi et je tournai la tête sur le côté pour plonger mon regard dans le sien.

- Qu'est-ce qu'on fait si quelqu'un rentre dans la chambre ? Chuchotai-je à voix basse.

Comme seule réponse, Drago agita sa baguette en direction de la porte.

- Tu ne m'embrasses pas ? Me lança-t-il ensuite. Tu ne veux pas que Céleste voit à quel point ses parents s'aiment ?

Mes yeux descendirent jusqu'à ses lèvres. Elles m'avaient terriblement manqué ces deux dernières semaines. Cependant, je ne parvins pas à m'en approcher. Je sentis une étrange boule de tristesse envahir ma gorge et je me rendis compte que j'en voulais à Drago. Je lui en voulais terriblement. Je sentis des larmes couler lentement le long de mes joues et il passa aussitôt ses bras autour de moi, pour me serrer contre son torse.

- Je suis désolé, murmura-t-il d'une voix tremblante. Je suis tellement désolé mon amour. J'ai eu si peur pour toi, pour vous deux. J'aurais dû te faire confiance depuis le début. Si tu avais eu ta baguette tu aurais pu te défendre, mais non ! Je te laissé transplaner avec Gloria qui t'a mené tout droit jusqu'aux mangemorts. Je ne me le pardonnerais jamais Hermione…

Je ne répondis pas, me contentant de pleurer silencieusement contre son torse.

- Il ne t'arrivera plus jamais rien. Quand notre fille sera prête à sortir de Saint-Mangouste tu auras juste à pointer ta baguette contre le mur pour rentrer chez nous. Vous serez en sécurité, insista-t-il en déposant un baiser sur le sommet de ma tête.

Nous restâmes l'un dans les bras de l'autre pendant un long moment. C'est Drago qui mit fin à notre étreinte pour se pencher au dessus de la bulle qui contenait notre fille.

- Apparemment elle mon regard ? S'enquit-il avec fierté.

- Tu étais là quand Blaise à dit ça ?

- Tu ne croyais tout de même pas que j'allais les laisser s'approcher de ma fille sans que je sois prêt à la défendre au cas où ?

Je lui adressai un sourire reconnaissant. Il veillait sur elle.

Drago était étrangement persuadé que j'allais le rejoindre lorsque Céleste pourrait sortir de cette bulle, mais il se trompait. Certes, je ne donnerais jamais aux Aurors les moyens de le retrouver, mais je savais qu'ils parviendraient un jour à le faire sans mon aide. Et lorsque ce jour arriverait, je ne ferais rien pour les en empêcher. Drago ne s'enfuirait jamais avec moi comme je l'avais parfois espéré. Notre destin était donc scellé. Nous ne pourrions jamais être ensemble et je me demandais à quel moment il en prendrait conscience. Peut-être lorsqu'il constaterait ma disparition de Saint-Mangouste. Il fallait d'ailleurs que je sois discrète étant donné qu'il pouvait écouter la moindre de mes conversations.

Je laissai ma tête tomber sur l'épaule de Drago. J'allais bientôt le perdre pour toujours et je voulais profiter de chaque instant avec lui. Je savais à présent ce que je pourrais plus tard raconter à notre fille à son sujet. Je lui dirais que son père était l'amour de ma vie, qu'il était quelqu'un de drôle et d'incroyable, mais qu'il avait laissé son côté obscur le dominer. La vérité était aussi simple que ça.

- Elle m'a souri ! S'exclama soudain Drago en me secouant doucement pour me faire réagir.

- Elle n'a pas fait exprès, elle dort, lui signalai-je amusée.

- Tu dis ça parce que tu es jalouse qu'elle ne t'ait pas souri à toi, dit-il en me gratifiant d'un sourire narquois.

Je me contentai de lever les yeux au ciel en essayant d'imprimer ce que j'avais sous les yeux à tout jamais dans ma tête. Je voulais garder cette image de Céleste et Drago, de leur première vraie rencontre.

Drago continua de l'observer et de lui murmurer des choses à voix basse pendant de longues minutes, sous mon regard attendri.

Le soir même, je m'enfermai aux toilettes avec un livre que Ginny m'avait prêté pour m'aider à faire passer le temps. S'il y avait bien un endroit dans lequel Drago ne m'observerait pas caché sous sa cape, c'était là.

J'ouvris le livre à la première page et pointai ma baguette dessus pour y inscrire un message.

« Lorsque le médicomage annoncera ma date de sortie, préparez-vous à ce que je disparaisse un jour avant. Vous pourrez me retrouver en chatouillant une poire ».

Je rendrais le livre à Ginny dès qu'elle passerait me rendre visite. Il était évident qu'elle ne comprendrait pas le sens de ce message. Elle me prendrait très certainement pour une folle d'ailleurs. Mais Harry saurait aussitôt où j'avais voulu en venir. Il pourrait donc me rejoindre et me trouver une cachette idéale, à l'abri du Triangle du sang et des mangemorts.