Le rythme de travail s'intensifiait à Poudlard, en ce début d'année. Le fait de côtoyer des serdaigles à longueur de journée semblait me porter à la moyenne haute de ma classe, mais je ne pouvais toujours m'empêcher de penser que j'étais tellement banale, une parmi les autres. Le professeur Rogue n'avait pas tout à fait tort si je voulais sortir du lot, j'avais plutôt intérêt à me secouer les puces.

-Monsieur?

Le professeur Rogue levait un sourcil inquisiteur.

-Que voulez-vous?

-J'ai regardé dans les anciens registres de Poudlard. J'ignorais que ... vous savez qui avait étudié ici. Qu'est-ce qui faisait de lui quelqu'un de spécial?

Le brun fut interloqué, voire choqué que j'aborde un tel sujet. Cela dit, il prit place en face de moi.

-Je ne suis pas sure de vous suivre.

-En dehors du simple faite que ... voldemort est peut-être l'un des pires hommes qui est foulé le monde des sorciers, il est brillant. Et parfois, je regarde Potter et je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il semble promis à une destinée similaire. Il grandit déjà dans la gloire, dehors on ne parle que de lui. Et moi, je ne suis qu'une fille normale qui aspire à se démarquer. Vous comprenez?

-Je ne suis pas totalement sur. -Rogue était perplexe.- Il me semble que vous ne savez pas différencier les rêves de vos ambitions. Les rêves ne sont que pour quelques élus et pour ceux qui dorment, les ambitions ne s'accomplisse qu'au prix d'un dur labeur, de patience et avant tout de persévérance, la difficulté d'une tâche ne doit pas avoir le dessus sur vos intérêts personnels.

-Je comprends ce que vous dite. Mais c'est délicat d'aborder un tel sujet avec vous.

Encore de l'incompréhension de la part de mon interlocuteur.

-Ne le prenez pas mal, mais vous êtes bien placé pour comprendre ma frustration. Je veux dire, en cherchant dans les registres j'ai vu que vous aviez été un élève brillant, voire même plus que cela. Pourtant, vous êtes ici, et pas en train d'enseigner les défenses contre les forces du mal.

L'homme se levait d'un bond, contenant visiblement quelque rage puis il se retournait brusquement.

-L'acceptation ou la persévérance, voilà un choix difficile. Faîtes comme votre conscience vous le permettra. Cela dit, ma condition n'est en effet pas favorable, j'envie ce que je ne peux avoir, et je ne peux me résoudre à me complaire dans une vie quasi satisfaisante. Bon, il me semble que votre cour est terminé, filez.

Je pris mes affaires à la volée et m'apprêtait à filer comme l'éclaire.

-Et cessez de fouiller dans la vie de vos professeurs. En guise de punition et pour vous faire passer l'envie de recommencer vous me ferrez un travail de 3 pages sur Rowena Serdaigle. Cela vous permettra de peut-être de moins vous disperser, car il me semble remarquer que vous oubliez à quelle maison vous appartenez quand cela vous arrange.

Il n'était pas sérieux? Je le regardais bouche bée. Il était sérieux, parfaitement sérieux.

J'examinais les couloirs peu fréquentés et prit la direction de la bibliothèque. J'avais un peu moins d'une heure devant moi et utilisait mon temps de manière aussi efficace que possible en m'approchant de madame Pince. La bibliothécaire se retournait en me toisant.

-Oui? Que voulez-vous?

-Bonsoir, madame, je suis désolée de vous déranger. Sauriez-vous quels ouvrages je pourrais consulter pour réaliser un devoir sur Rowena Serdaigle?

-Hmf! Encore un qui s'intéresse à son diadème! Vous ne trouverez rien ici.

-Non, non, non. C'est un ouvrage sur Rowena elle-même que je cherche. Pourriez-vous m'indiquer...?

La brune m'examinait avec gêne ne sachant quel crédit accorder à mes paroles et finit par céder.

-"Les 4 fondateurs" voilà ce qui pourrait vous documenter le plus exactement qui soit.

Le bouquin était redoutable, immense dans toutes ses dimensions, je ne doutais pas un seul instant qu'il soit tout ce qu'il y a de plus détaillé. Je remerciais poliment la bibliothécaire et me félicitait intérieurement de ne pas trop mal me débrouiller dans l'art subtil de ne pas être trop haïe du corps enseignant et autre personnel travaillant à Poudlard. En vérité, je ne bénéficiait pas des avantages de la célébrité , de la richesse ou même de prix d'excellence scolaire et ne pouvait donc compter que sur mes aptitudes à la diplomatie. En voilà un d'ailleurs qui n'avait pas ce problème et qui n'hésitait pas à en abuser.

Drago malefoy fanfaronnait devant sa bande sans se préoccuper de la quiétude des lieux, et j'avais beau essayer, l'avoir en face, ne rendait pas la concentration évidente. Peut-être par absence de discrétion de ma part, le jeune homme finit par remarquer mes œillades et s'approchait sourire au lèvres. Cela n'augurait rien de bon. Je rehaussais mon attention sur mon livre , espérant disparaître à ses yeux. C'était peine perdue.

-Nous n'avions pas eu l'occasion de terminer notre conversation la dernière fois. Il y a quelque chose que tu vas devoir faire pour serpentard, si tu veux en faire partie.

J'allais répondre mais il me tendit une petite fiole.

-Tu peux être une serpentard et bénéficier également de l'avantage d'être à Serdaigle, alors je me demandais sincèrement ce que nous avions à y gagner. Tu n'as ni titres, ni avantages monétaires ou politiques, alors si tu nous prouves que tu sais faire quelques trucs pour nous , nous pourrons te procurer notre appuie gratuitement.

J'observais le blond avec attention, cela n'augurait vraiment rien de bon. Mais c'était peut-être aussi une bénédiction.

-Qu'est-ce que je devrais faire? Rien de bassement dégradant?

Drago éclatait de rire.

-Qu'est-ce que tu voudrais qu'on fasse d'une mocheté comme toi?!

Je serrais les poings mais là, ça me démangeait salement.

-Non, demain tu vas prendre ça et donner le cours à la place de McGonagall. On m'a dit que tu te débrouillais pas trop mal en cours de métamorphose , tu iras et tu nous feras une copie des feuilles d'examens qu'elle garde dans son bureau. C'est tout ce que tu as à faire, nous on s'occupera du reste.

-Ecoute garde tes propositions, je saurais me débrouiller. Je veux bien faire ton truc à la noix, cette fois, mais après tu me fous la paix.

Le blond ne semblait pas satisfait de ma réponse, il jetait un œil sur son groupe "d'amis" laissés derrière luicomme pour s'assurer qu'ils n'avaient rien entendu et me tendit la main. Je la pris dans le mienne, acceptant le deal.

Je ne pouvais m'empêcher de penser que j'avais eu tort d'accepter une telle chose, que je m'étais foutue dans un sacré bourbier toute seule. Mais je me doutais que fuir ou rester indéfiniment à l'écart ne permettait pas de rester à l'abris, et qu'il valait mieux que je prouve une bonne fois pour toute que j'avais ma place là où j'étais.

Au petit matin, j'avalais le potion. Un instant, je crus mourir, je fut prise de vertiges et de douleurs si intenses que la mort elle-même semblait plutôt douce en perspective. J'évacuais une partie de ce que je venais de boire en vomissant longuement avant de me voire prendre lentement l'apparence de McGonagall. Je savais pertinemment qu'il s'agissait d'un polynectar mais je n'en avais jamais pris auparavant et espérait sincèrement que plus jamais je n'aurais à le refaire.

Je sortis après quelques instant dans les couloirs, je n'étais pas bien à l'aise dans mon rôle de professeur et évitait autant que possible les regards qui se tournaient sur moi à mon passage. J'étais pas trop mauvaise en métamorphose certes, mais je n'étais pas pour autant très bonne actrice. Comble de l'horreur le professeur Rogue venait de s'approcher de moi, suivant mes pas.

-Minerva, j'ai pu interroger Karkaroff. La marque sur son bras, il n'y a plus aucun doute, Voldemort va revenir parmi nous.

Je regardais Rogue stupéfaite, aucun besoin de surjouer, je l'étais vraiment.

-Nous-nous en parlerons plus tard S...Severus. Je dois donner mon cours, et je t'avoue que je ne sens pas tout à fait bien.

Rogue me regardait avec une certaine incrédulité mais n'insistait pas et repartit. Là haut, les sorciers m'en soit témoins, je ne me remettrais plus dans une situation de ce genre. J'arrivais dans la salle et prit un petit temps pour me mettre dans mon personnage. L'effort était là, mais je pense que les élèves s'en souviendraient éternellement comme le jour où le professeur McGonagall avait donné le plus mauvais cours de sa vie. Surtout qu'au milieu de tout cela, une seule chose me préoccupait , avoir accès aux documents dans le bureau sans trop éveiller de soupçons.

Comble de la malchance pour moi, oui, parce qu'il pouvait y avoir pire en cet instant. J'enseignais dans la classe de Harry Potter , et non seulement Drago se fendait la poire mais Hermione -cette foutue je sais tout- me corrigeait sans arrêt. J'étais sur le point de la renvoyer quand j'entendis un bruit dans le couloir des claquements de portes. J'improvisais un truc à la volée.

-Les enfants veuillez sortir, aujourd'hui nous réalisant un protocole de sécurité, une idée prise à nos amis moldus.

Tout le monde se regardait mais à part Hermione chacun semblait trop heureux de pouvoir sucrer quelques cours comme cela. Ainsi tout les élèves se retrouvaient dehors en file indienne, me laissant tout juste quelques secondes pour forcer la serrure et examiner les feuilles d'examens.

-Révèle tout tes secrets.

La baguette pointée sur les feuilles blanches, des inscriptions apparurent petit à petit. Quand enfin tout fut révélé je fis un simple sort de dédoublement, remis tout en place et sortit avec tout mes élèves avant de constater qu'au bout du couloir une professeur Mc gonagall furieuse et dans un sale état cherchait des responsables. Les élèves nous regardaient tour à tour et je crus bon de courir dans la direction opposée comme si ma vie en dépendait.

J'entendais les professeurs à quelques couloirs à peine tandis que ma chevelure rouge me fouettais le visage déjà. Je ne pris pas même le temps de m'inquiéter et continuais de courir avant qu'une porte n'apparaisse à la dérobée juste sous mes yeux. Je n'avais pas le choix, je devais essayer de m'y cacher.

J'ouvris et atterrit dans une salle pleine de bibelots. Par la barbe de Merlin, personne ne me retrouverait ici. Je me glissait à quatre pattes sous une des nombreuses tables recouvertes des tentures, draps et tant d'autres choses et tentait tant bien que mal de calmer ma respiration. J'avais beau attendre, personne n'arrivait. Après quelques minutes, je finis enfin par ressortir de ma cachette et jetais un œil à tout ceci. Je ne pouvais être qu'à un seul endroit, mais je peinais à croire que j'avais eu un tel coup de chance. Je regardais les objets qui avaient été entreposés ici, la salle sur demande. Elle faisait parti des grands mystères de Poudlard, et tout le monde en avait entendu parler au moins une fois. Si je l'avais trouvée si facilement, je ne devais probablement pas être la seule, seulement beaucoup se gardaient bien de le faire savoir.

Je m'arrêtais devant un miroir, bien étrange. J'espérais seulement que personne ne pourrait me relier à se foutoir, mais si qui que se soit m'avait vu, cela risquait bien d'être compromis. Le miroir ne reflétait pas que mon apparence, il me dépeignait couronnée de gloire, entrant à la Royal Finn School, mon père se tenant à mes côtés. Il était heureux. Peut-être certains auraient trouvé cette vision plaisante mais cela m'agaçait bien vite. Ce miroir me montrait quelque chose qu'en réalité je ne possédais pas, et cela ne me paraissait pas le moins distrayant du monde. Je me détournais et jetais un œil aux autres effets. Il y avait littéralement pour plusieurs jours de fouille mais je tombais sur quelque chose qui pourrait éventuellement m'aider dans ma recherche. Un très vieux bouquin.

C'était étrange, je pressentais qu'il renfermait des informations. Des informations que j'aurais pu désirer. C'était bien entendu de la magie, qu'elle que soit, bonne ou mauvaise, mais je pris le bouquin trop intriguée pour l'oublier à cet endroit.

Je sortis enfin de la salle sur demande et vit la porte disparaître derrière moi.

Le jours qui suivirent furent placés sous la méfiance. McGonagall était furieuse, à contrario de Drago qui prit soin de se préparer tranquillement pour son examens.

-Tu ne penses qu'elle changera le contenu des épreuves.

-Non, elle ne peut pas, le contenu a déjà été validé par le ministère de la magie lui-même. Et si elle décidait de le changer, mon père me préviendrait.

-Tu risques de mal tourner Malefoy.

Le blond me fit signe de disposer, ma présence n'était plus requise. Mais il me semblait qu'au moins de cette manière je pourrais fréquenter qui il me plairait chez les serpentard avec l'accord de ce petit imbécile. Pucey qui avait été mis au courant du service que je leur avais rendu n'étais pas moins furieux, mais il fut bien obligé de faire avec. Nous discutions plus calmement après la tempête.

-Sincèrement pourquoi obéir au doit à l'œil de ce garçon? Je ne suis pas sur qu'il soit capable de se torcher les fesses tout seul.

Pucey éclatait de rire, nous nous trouvions assis sur un des escaliers en colimaçon proche de la salle commune des serpentard.

-Même si tu es autorisée à nous côtoyer, évite de poser des questions qui pourraient te mettre dans l'embarras. Je ne vais te l'expliquer qu'une seule fois pour notre bien à tous. A Serpentard beaucoup d'entre nous découlons de familles qui ont suivis ... tu sais qui. Si Malefoy a cette importance c'est que sa famille était dans le cercle le plus privilégié de ce mage noir.

-Les histoires de familles!

-Tu l'as dit! D'ailleurs en parlant d'histoires de famille, qui a décidé et pour quelle raison de t'appeler Léo?

A mon tours, je fus prise d'un fou rire très vite interrompu par une certaine gêne.

-Mon père. Il était persuadé avant ma naissance que je serais garçon et n'avait donc envisagé aucun autre nom. J'ignore si c'est pour me punir mais il ne se donna pas la peine de rectifiait le tir en découvrant qu'il avait eu le tort. Dans les dîners mondains, il préfère dire qu'il voulait forcer le destin et me rendre moins banale. Je suis contente de ne pas porter un nom trop chichi nianian mais tout de même.

Avec Adrian, il était facile de passer des après-midi entières à discuter. Nous nous lassions pas et n'épuisions pas d'avantage les sujets de conversation. Nous refaisions littéralement le monde des sorciers tels que nous le rêvions et surtout tels que nos premières années d'écoles nous l'avait fait découvrir.