3ème update
Isabella
-Je suis enceinte !
Les mots quittent ma bouche au moment même où la porte s'ouvre à la volée, tant pis pour mon discours soigneusement préparé.
Ses yeux s'agrandissement en une expression qui aurait pu être comique, si je n'étais pas autant aux abois.
-Putain de merde ! Y'a pas moyen que je sois le père de…S'écrie Mickael un doigt tremblant pointé vers mon ventre. On n'a pas baisé depuis…des lustres !
-Bien sûr que tu n'es pas le père Mickael, je lui réponds en levant les yeux au ciel. Tu ne crois pas que je suis bien placé pour le savoir ?!
Pourquoi je me trouve devant sa porte en plein milieu de la nuit ?
Je ne le sais pas moi-même, ce que je sais en revanche c'est que depuis la découverte de ma grossesse, il y a de cela une semaine, ma vie est devenue un véritable enfer.
Pour commencer j'ai perdu mon boulot au « Chaude Pisse ». Ne me demandez pas comment, mais cette pute de Vicky a « deviné » que je n'étais pas vraiment malade d'intoxication alimentaire et a fini par convaincre James de se débarrasser de moi.
Mon propriétaire m'harcèle de plus en plus de courrier me réclamant de payer le loyer. Bon d'accord je suis en retard de 2 ou peut-être 3 mois de loyer mais quand même !
Et pour couronner le tout, mes placards complétement vide, je me suis mis en tête de me réapprovisionner à la supérette d'un quartier voisin. J'avais à peine mis le premier paquet de pâte dans ma poche de manteau que le vendeur m'agrippait le bras. Je m'en suis sorti uniquement parce que cet imbécile a accepté que je lui fasse une branlette dans l'arrière-boutique.
C'est comme si le monde entier avait fini par se liguer contre moi.
-Est-ce que tu vas me laisser rentrer ? Je demande à Mickael, toujours occupé à fixer mon ventre d'un air curieux.
Ma question semble le faire sortir de sa transe et il s'éclipse pour me laisser passer. Son appartement est au moins 3 fois plus grand que le mien et assez propre pour celui d'un homme célibataire d'au moins 40 ans.
Au lieu de m'installer au salon ou encore dans la chambre comme à notre habitude, je fonds vers sa petite cuisine équipée. J'ouvre la porte de son frigo à la recherche de n'importe quoi qui puisse calmer le monstre qui crie famine dans mon estomac.
Je l'entends tirer une chaise derrière moi tandis qu'il s'installe à la petite table. Je rassemble les ingrédients pour faire un sandwich avec les restes de poulet froid et le noie sous la mayonnaise. Il me laisse dévorer mon repas en silence pendant qu'il sirote sa bière tout en gardant un œil sur un match de baseball diffusé sur l'énorme écran plat de son salon.
Mon sandwich terminé, il se lève et sors de son four une tarte au chocolat qu'il pose sur la table entre nous. Il m'en coupe une part qu'il fait glisser jusqu'à moi et je ne me fais pas prier pour l'engloutir comme une morfale.
-Et si tu m'en disais plus sur…Il fait un geste vague dans ma direction
Je lèche les dernières traces de chocolat sur mes doigts en évitant son regard tout à coup trop sérieux.
-J'ai besoin d'argent, je lâche de but en blanc avant de vomir un flot de paroles. James m'a viré et mon proprio commence à s'impatienter. Avec un…mioche dans le bide, impossible de me faire embaucher ou que ce soit. Samedi j'ai dû faire une branlette à un homme pour un paquet de pâtes et…je ne veux pas avoir à vivre comme ça.
-Qu'est-ce que tu vas faire avec cet argent ? M'interroge-t-il mains croisés sur la table avec encore une fois, cet air trop sérieux.
C'est la première fois que je vois ce côté de sa personnalité, il m'a toujours servi l'aspect simplet et en retrait. Il faut croire que je ne suis pas la seule à jouer un rôle dans cette vie.
-Traquer le père ! Lui réponds-je sincèrement estimant qu'il mérite la vérité.
-Bien, dit-il l'air soulagé. Donc tu sais qui il est, bien…
J'attends qu'il me demande de combien j'ai besoin, qu'il se lève et se dirige vers le secrétaire de sa chambre ou je sais qu'il garde quelque billets, mais il n'en fait rien. Au lieu de cela, il reste assis là à m'étudier silencieusement.
-Quoi ! Ne puis-je m'empêcher de demander sur la défensive.
Il ouvre la bouche la referme, semble chercher ses mots avant d'avouer :
-J'essaie de savoir si tu me dis la vérité, dit-il tout simplement.
Je baisse aussitôt la tête, honteuse, je ne peux pas lui en vouloir de douter de moi. Je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai dû lui mentir pour parvenir à mes fins, à commencer par mes soit disant orgasmes.
-Je me demande si ce n'est pas encore un de tes plans foireux pour obtenir de moi ce que tu veux…Et si tu es vraiment enceinte alors je me demande si tu ne vas utiliser cet argent…pour te débarrasser du bébé.
Ses mots me font l'effet d'un coup de poignard en pleine poitrine. Il est vrai que je ne suis pas une personne…digne de confiance, je suis la reine de l'entourloupe soyons franc, que j'ai une très haute estime de moi et si peu pour les autres mais de là à me croire capable de ça ! Je me sens rougir sous le coup de la colère ou de la honte ou peut-être bien des deux et me lève d'un bond prête à partir.
-C'est bon, j'ai compris je me casse, pas la peine de m'humilier encore plus que je ne le suis déjà !
-Assieds-toi Chip…Je ne sais même pas comment tu t'appelles, constate- t-il avec un rire sans joie.
Je repose mon cul sur la chaise car pour faire court, je n'ai pas de plan B.
-Je vais t'aider mais je veux que tu me fasses une promesse
Je croise les bras sur ma poitrine me préparant au pire et lui fait signe de poursuivre
-Ne te débarrasses pas de cet enfant, décrète-t-il le plus sérieusement possible. Et si tu as le moindre problème pour retrouver le père par tes propres moyens…reviens me voir !
Je me détends et m'adoucit quelque peu lorsque je lui réponds :
-Ça fait 2 promesses...Je ne ferais jamais une chose pareille…Je veux dire me débarrasser du…bébé
-Bien, bien. Alors nous avons un deal ? Demande-t-il main tendu vers moi.
-Deal, je confirme en refermant ma main sur la sienne.
Lorsqu'il me raccompagne en bas de mon immeuble après s'être assuré que je reparte les bras chargés de provisions, je le serre dans mes bras en une accolade maladroite, je n'ai jamais été très doué pour les effusions affectives.
Je voudrais en faire plus pour lui comme lui chuchoter mon vrai prénom au creux de l'oreille. Au lieu de cela je lui conseille la compagnie de Jessy La Joussive au « Chaude Pisse » car même si elle a le don de me taper sur les nerfs, je sais qu'elle prendra bien soin de lui.
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Encore une update pour contenter l'énorme appétit de "Be (guest) ;)
Spechell
Ça suffit ou vous en voulez encore ?
