Coucou à tout le monde! Revoilà les Wallens et les Elfes à Imladris pour la première prise de contact entre un prince elfe et une vilaine Wallen...
Que dire d autre? Merci à Julie qui est d'une fidélité à toute épreuve et toujours emballée (t"es trop mimi!) Et à Darkklinne pour son avis, je le répète encore, important à mes yeux ainsi que ses remarques dont j'essaie de tenir compte!
Merci à tous ceux qui me lisent car je vois qu'il y a un certain nombre de personnes... c est très agréable et ça le sera encore plus quand vous laisserez une trace de votre passage... :p
Et comme diraient mes Wallens chéris jolis: math leugh, a ruins! (Bonne lecture les chéris)... bah oui ols ont vraiment aucun savoir- vivre ceux là...
Chapitre 6.
Ilyrià,
Ilyrià avait l'impression qu'un mumak l'avait piétinée. Elle avait du mal à bouger et sa tête l'élançait douloureusement. Elle n'arrivait pas à ouvrir les yeux et chaque muscle de son corps endolori se rappelait à son bon souvenir...
Une main fraîche et rugueuse se posa sur son front et dégagea des mèches de ses cheveux avec douceur. La jeune femme soupira de contentement à ce contact quand soudain, elle se rappela qu'elle n'était plus dans sa chère cité mais dans un endroit qui lui était complètement inconnu. Les derniers évènements affluèrent en rafales à sa mémoire.
Elle ouvrit les yeux brusquement et se redressa en glapissant de douleur pour se retrouver nez-à-nez avec un certain elfe qui venait juste de lui être présenté.
Elle sentit le rouge lui monter aux joues en se rappelant qu'elle lui était littéralement tombée dans les bras.
Ils restèrent un long moment à se dévisager ainsi sans un mot, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Ilyrià le regarda sans aucune retenue, avide de détails sur ce prince dont on lui rabâchait les oreilles depuis des semaines.
Sa curiosité était trop forte pour faire semblant et ce n'était de toute façon pas dans son caractère de faire les choses avec retenue.
Il avait des mâchoires carrées, un nez droit aristocratique, des lèvres délicatement ourlées, de grands yeux si bleus qu'ils en paraissaient translucides frangés de longs cils. Son front haut et dégagé lui conférait une allure altière. Sa peau pâle et lisse attirait la lumière sur son teint sans aucun défaut. Il avait de longs cheveux blonds comme les blés qui cascadaient sur ses épaules.
Elle devait être honnête et avouer qu'il était tout bonnement magnifique, d'une beauté très masculine car le guerrier suintait de tous les pores de sa peau mais également d'une grâce quasi féminine. Il émanait de lui une aura très chaleureuse qui l'enveloppait, apaisante.
Ilyrià grimaça en songeant qu'elle même était loin d'être à son avantage avec ses boucles toutes collantes de sueur et la fatigue accumulée durant le voyage. De plus, la douleur lui vrillait le corps entier.
Elle retomba sur ses oreillers pantelante et vit enfin avec horreur qu'ils étaient seuls. Où étaient passés les traîtres qui lui servaient d'escorte? Comment avaient-ils pu la laisser seule avec cet elfe dont elle ne connaissait absolument rien? Elle tourna la tête, décidée à l'ignorer. Ainsi allait-il peut-être s'en aller?... Mais non il ne bougea pas si ce ne fut pour se caler dans le fauteuil tiré près de son lit et croiser les bras en attendant qu'elle daignasse lui prêter attention.
De mauvaise grâce, elle le regarda à nouveau plantant ses yeux dans les siens. Elle ouvrit la bouche pour parler mais la referma aussi sec et recommença son manège à plusieurs reprises. Elle ne savait juste pas quoi dire et cela l'énervait surtout qu'elle voyait bien que la situation semblait l'amuser lui au plus haut point. La Wallen eut une moue boudeuse et haussa la épaules. Elle décida de se montrer honnête et franche comme elle l'avait toujours été.
- Je ne sais pas quoi dire. Tout ceci est légèrement surréaliste...
- Et destabilisant au possible, compléta l'ellon d'un ton complice.
Sa voix était douce et chaude avec un léger accent qui différait de celui d'Elrohir et d'Elladan.
- C'est ça, exactement, dit-elle avec un vrai sourire. Qu'est-on sensé se dire dans de telles circonstances? Bonjour, c'est vous que j'épouserai d'ici une année? Pfffff...
- Et si nous reprenions les choses un peu plus calmenent?
Ilyrià le regarda avec curiosité et se redressa sur un coude. L'elfe mit une main sur son coeur et lui dit cérémonieusement:
- Mae govannen, Wen Ilyrià de la Grande Cité de la Mer! Elen sila lumenn omentielvo...
Ladite Dame se mit à rire, alternant gloussements de rire et gémissements de douleur.
- Vous êtes si guindés, vous les elfes! Latha math, tigherana Legolas Thranduilion (bonjour seigneur Legolas Thranduilion). Mais une question me taraude... savez-vous ce qui est arrivé, et pourquoi je porte cette horrible tunique blanche?! débita la Wallen en remarquant pour la première fois la robe de lin qu'on lui avait fait enfiler après avoir été soignée.
Legolas parut surpris par le flot de paroles de la jeune femme ainsi que par ses manières si directes. Il se tapota la lèvre inférieure du bout du doigt et, après quelques secondes de réflexion, se pencha vers elle, sérieux:
- Vous vous êtes évanouie...Vous avez plusieurs côtes fêlées, Wen nîn. La douleur et la fatigue ont eu raison de vous.
- Oh... très bien, murmura Ilyrià en se renfonçant dans ses oreillers pour éviter tout contact physique avec l'elfe qui le remarqua et se leva donc avec grâce.
- Pour le reste, je ne peux vous être d'une grande aide... je n'en sais pas plus... Je vais vous laisser vous reposer, Aranel. Nous nous verrons au dîner de ce soir. Il vous faut prendre des forces pour la suite de la route jusqu'à Mirkwood.
- Ne resterons-nous pas ici quelques jours? l'interrogea-t-elle d'une tout petite voix.
- Je crains que non, répondit Legolas avec sollicitude. Le seigneur Elrond vous pense en état de voyager du moment que nous veillons sur vous... et je compte bien prendre cette tâche à coeur, ma Dame! conclut-il en sortant sans qu'elle puisse ajouter quelque chose.
Ilyrià se rallongea, tremblante à cause de la douleur qui lui irradiait le corps mais pas que. Cette première rencontre avait été riche en émotions et l'avait sonné.
Elle s'était faîte une idée précise et peu flatteuse de cet elfe qui, elle s'en rendait compte, ne tendait peut-être pas vraiment à la réalité..
Finalement, les choses se passeraient peut-être moins difficilement qu'elle l'avait imaginé? Comme le lui avait dit et répété Anaïsa...
Ilyrià regretta le geste de recul instinctif qu'elle avait eu lorsqu'il s'était penché vers elle mais elle avait été effrayée par son propre ressenti, son manque de méfiance. Le parfum de bois et d'herbes fraîches qu'il dégageait lui avait plu et ça ne lui plaisait pas. Sa raison lui dictait de se méfier.
Les dernières paroles de son père résonnaient encore dans son esprit.
Il n'était évidemment pas question d'amour ni d'attirance ni rien de cet acabit mais elle n'aimait pas la confiance que Legolas lui inspirait.
Elle ferma les yeux et retomba dans un sommeil profond, exempt de tous rêves.
Lorsqu'elle s'éveilla à nouveau, la Wallen se sentait bien mieux. Elle vit tout de suite Anaïsa à ses côtés dans le fauteuil qu'avait occupé Legolas un peu plus tôt.
- Traîtresse! marmonna-t-elle en se retournant pour ne pas la voir.
- Ily...
- Tu m'as lâchement abandonnée aux mains de cet elfe! Dramatisa Ilyrià.
- Tu en fais un peu trop là, tu ne crois pas?... rit son amie. Je doute que cela ait été aussi déplaisant que tu le sous-entends!
Ilyrià se retourna de nouveau vers elle en grimaçant. Ses côtes lui faisaient un mal de chien... Et dire qu'elle devrait remonter sur un de ces satanés canassons dès le lendemain!
- Certes, il s'est montré d'une compagnie agréable mais quand même... je me suis sentie ridicule à un point! J'ai ouvert les yeux pour me retrouver nez-à-nez avec lui!
- Tu dois avouer qu'il est assez bien fait de sa personne...
- Ahhhhhh! Chain eil mi a' tuigsinn! (je ne comprends pas!).
Elle regarda par la fenêtre et vit que la nuit tombait. Il serait bientôt l'heure de se préparer pour le souper. Ilyrià se sentait lasse mais la faim la tenaillait et la perspective d'un bon repas l'enchantait.
- An cuidich thu mi? Tha mi sgith, mo caraid... (pourrais-tu m'aider? Je suis fatiguée mon amie).
- Tu n'as même pas à poser la question, amadan bannrigh (stupide reine), s'exclama la guerrière en se levant pour l'aider.
- Je ne suis pas reine, saighdear!(soldat), la corrigea la princesse ne se levant tant bien que mal.
- Mais tu le seras un jour, mo piuthar, murmura Anaïsa.
Les deux jeunes femmes se regardèrent en silence, n'ayant pas besoin de parler pour se comprendre.
Une heure plus tard, un cor elfique résonna dans tout Imladris. L'heure du dîner était arrivée. Ilyrià, aidée d'une canne, se rendit sur l'immense terrasse qui leur servirait ce soir de salon de réception.
Elle regarda tout autour d'elle, subjuguée par la beauté du lieu. C'était féérique même si la cité wallen restait un joyau unique à ses yeux. Les pierres blanches du sol rappelaient celles des colonnes sculptées et des moulures des balustrades elles-mêmes ornées de fleurs et plantes grimpantes. De la glycine s'étendait sur chaque pan de murs disponible.
Une grande table rectangulaire était installée en son milieu dressée d'une vaisselle exquisement ouvragée.
Pour finir, des musiciens jouaient doucement une mélopée très... elfique à base de harpe (Ilyrià réprima un sourire blasé), flûte traversière et autres instruments aux douces sonorités.
Le seigneur Elrond et ses fils étaient là à essayer de maintenir une discussion à peu près civilisée avec son cousin et la chose n'était visiblement pas simple.
Arwen arrangeait les bouquets de fleurs, gracieuse et aérienne comme toujours donnant l'impression à la Wallen de n'être qu'une sauvage mal dégrossie...
Finnàm, lui, était dos à elle, les mains croisées. Elle devina qu'il fumait aux volutes de fumée blanchâtres qui tranchaient avec ce début de nuit éclairé aux flambeaux. Anaïsa s'approcha de lui et murmura quelque chose à son oreille.
La jeune femme enviait leur complicité. Elle aurait tellement adoré partager cette connivence que seuls ont les membres d'une même fratrie. Fut un temps, elle avait cru que Klaùs serait cette personne mais son cousin s'était éloigné d'elle. Il était devenu si étrange! Mais avec un père comme le sien, aussi distant et ne ressentant pas un soupçon d'amour filial, ce n'était guère étonnant en définitive.
Ilyrià était là, perdue dans ses pensées lorsqu'elle sentit un besoin urgent de s'asseoir, harassée par la fatigue et les émotions fortes de la journée.
- Voulez-vous de l'aide, Aranel? souffla une voix douce à son oreille.
Il était là, lui offrant son bras, un sourire chaleureux aux lèvres. Il était vêtu d'une tunique vert et or simple mais princière à la fois; son front était ceint d'un magnifique diadème ouvragé.
Elle hésita une seconde avant de poser sa main dans la sienne et de se laisser guider, abandonnant ainsi une petite partie de la réserve à laquelle elle voulait s'astreindre.
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Legolas,
Après avoir quitté la maison de soins, Legolas alla directement à ses appartements.
Chose rare, il se sentait fatigué. Toute la tension accumulée ces semaines pour culminer ces dernières heures l'avait épuisé.
Il se laissa tomber lourdement sur le lit, ses longs cheveux si blonds en corolle autour de son visage pâle. L'ellon regarda le plafond pendant un moment comme s'il détenait toutes les réponses de l'univers.
Il ne savait plus vraiment quoi penser. Les Wallens étaient si loin de ce qu'il avait imaginé s'il s'en référait aux deux jeunes femmes franches certes mais agréables et, en même temps, ils semblaient être si sauvages, preuve donnée par le Conui. Legolas avit eu du mal à cacher son agacement devant le comportement agressif et possessif de Finnàm. Il pouvait comprendre que ce dernier ne voyait en lui qu'un étranger et que la sécurité d'Ilyrià était sa priorité mais de là à agir ainsi...
Heureusement sa soeur avait réussi à désamorcer une situation qui aurait potentionnellement pu dégénérer. Il avait été enchanté qu'elle se fasse son alliée, lui permettant ainsi de veiller le repos de la Wallen qui lui était promise.
L'elfe avait profité qu'elle soit endormie pour satisfaire sa curiosité loin des regards. Elle n'avait rien des canons de beauté qu'appréciaient les elfes en général comme c'était le cas d'Arwen par exemple. Elle était trop petite, ses hanches trop rondes et sa poitrine trop opulente ( Legolas rougit à cette dernière observation) mais il n'avait pu s'empêcher de la trouver malgré tout attirante dans ses différences. Elle était si loin de tout ce qu'il connaissait ! Il avait effleuré les tatouages d'écailles sur son visage et l'avait vu réagir à son contact.
Il se retourna sur le ventre et enfouit son tête entre ses bras croisés. Il n'y avait pas à tortiller, il était tout de même rassuré de voir le joli visage de la jeune femme après toutes les horreurs qu'il s'était imaginé!... et elle ne manquait pas de caractère, il en était persuadé... sa moue boudeuse, son air buté et son refus obstiné d'ouvrir la bouche en étaient la preuve.
Et je ne l'ai pas encore vu au mieux de sa forme! Se dit-il, amusé.
Il se leva au son du cor et se changea rapidemant. Il tressa ses cheveux et remis le diadème en place. Quelle corvée d'avoir toujours à le porter dans les évènements officiels... Il avait déjà hâte de reprendre la route...
Il vit en passant la teinture qui cachait la terrasse que tous les convives étaient déjà là. Le frère et la soeur contemplaient les jardins qui s'étendaient en dessous d'eux et les jumeaux étaient en grande conversation avec leur père et l'autre soldat Wallen... Klaùs, se rappela-t-il.
L'elfe croisa le regard amusé d'Elrohir.
Ce dernier lui fit un clin d'oeil et lui montra d'un mouvement de tête imperceptible la princesse Wallen de l'autre côté de la table.
Elle avait passée une robe bleu mer vaporeuse ceinturée sous la poitrine par un ruban d'une teinte plus claire et avait relevé ses cheveux en un chignon lâche d'où s'échappaient quelques mèches rebelles.
L'ellon la trouva encore pâle et vit qu'elle avait du mal à se tenir debout malgré la canne qui l'aidait à se maintenir. Il alla à sa rencontre, espérant ne pas essuyer le même mouvement de rejet à son encontre qu'elle avait eu un peu plus tôt.
- Voulez- vous de l'aide, Aranel? murmura-t-il en lui tendant sa main ouverte avec un grand sourire.
Il la vit hésiter et crut qu'elle allait refuser quand elle posa sa petite main dans la sienne pour s'appuyer franchement sur lui.
- Moràn taing, Prionnsa (merci beaucoup prince). J'ai bien cru devoir ramper jusqu'à la table! Ça n'aurait pas été du meilleur effet! Rit-elle avec une grimace douloureuse.
Legolas se mit à rire lui aussi . Elle était si directe! Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et Ilyrià balança sa canne au loin. Elle lui sourit devant son air interloqué.
- J'ai l'impression d'avoir au moins deux cents ans avec ce machin! - et devant son visage moqueur, elle reprit- c'est sûr que pour vous, ça ne veut pas dire grand chose... Quel âge avez-vous, mo prionnsa? lui demanda-t-elle en calant son menton au creux de sa main, curieuse.
Elle ne remarqua pas l'éclat qui passa dans les yeux de l'ellon à sa façon de l'appeler ainsi. Il savait qu'elle avait dit ça machinalement mais cela lui plut comme si une connivence se créait entre eux... la bonne entente qu'il désirait ardemment voir s'installer.
- Voilà qui est très personnel, ma Dame... la réprimanda-t-il, faussement indigné.
Ilyrià se renversa contre le dossier de sa chaise en levant les yeux au ciel.
- Je suis curieuse et aussi une princesse je-sais-tout! J'ai énormément de défauts... vous verrez et comprendrez votre douleur... dit-elle en le menaçant du doigt.
- Nous aurons une vie pour nous habituer l'un à l'autre, répondit l'elfe, galant. Quant à mon âge, sachez juste que je ne le compte désormais plus en centaines...
- Ouh là! S'exclama la jeune femme si fort que les autres les dévisagèrent avec attention. Ça c'est de la différence d'âge!... je dois paraître une enfant à vos yeux!
- Vous n'avez rien d'une enfant, Aranel, murmura Legolas en évitant son regard cette fois, provoquant le trouble chez Ilyrià.
Ses joues prirent une légère teinte rosée qu'il trouva charmante.
Il sentit alors que quelqu'un les observait. Legolas leva les yeux et vit que Finnàm les fixait intensément. Il n'avait pas l'air hostile qu'il avait affiché l'après-midi mais semblait plutôt inquisiteur.
Leurs regards s'accrochèrent cependant quelques instants, se défiant mutuellement, ce qui n'échappa pas à Elrond.
Le seigneur elfe prit la parole de sa belle voix grave:
- Mellyn, nous devrions passer à table. Vous avez tous fait un long voyage et les Valar savent qu'un bon repas est toujours vivement attendu après une longue route! Je vous invite donc à prendre place!
Il alla lui-même s'asseoir en bout de table avec Elrohir à sa droite et Klaùs à sa gauche. Legolas comprit que le demi elfe voulait garder le sauvage Wallen à portée du fait de son caractère propre aux emportements. Lui-même resta à côté d'Ilyrià et d'Elladan alors qu'Anaïsa alla s'installer entre son amie et son frère.
Choix judicieux pensa l'ellon en regardant Arwen entamer la discussion avec le Commandant, l'interrogant sur la cité Wallen. Il put voir les yeux de Finnàm briller à l'évocation de son royaume. Il y était incroyablement dévoué comme lui l'était à Mirkwood. Ils avaient au moins ça en commun.
Legolas put ainsi reporter toute son attention sur Ilyrià qui dévorait littéralement les succulents mets qui leur étaient servis, et ce sans la moindre retenue. Encore une chose qu'il trouva drôle et charmante. Les elfines pouvaient être si chipoteuses! Elle était vraiment rafraîchissante...
Un soupir de contentement s'échappa de ses lèvres charnues rougies par le vin.
- C'était absolument divin! Très... végétal mais exquis. Je ne serai pas contre fumer après un tel repas...
L'elfe faillit s'étrangler avec un morceau de pomme en voyant Finnàm sortir une pincée d'herbes de Longoulet qu'il roula dans une espèce de petite feuille, le porter à ses lèvres et l'allumer à l'aide d'une bougie pour la tendre ensuite à sa protégée.
Ebahi, il la vit tirer une longue bouffée avec plaisir. Arwen, elle aussi, avait l'air profondément choquée. L'ellon s'interrogea sur les relations que pouvaient entretenir le guerrier et la Wallen. Il trouvait ce geste tellement intime. Un aiguillon de colère lui traversa le corps. Il lui faudrait mettre des réponses sur ses questions mais le moment était mal choisi. Il se calma et essuya la paume de ses mains sur ses cuisses pour reprendre une contenance sereine.
A la différence de son père, lui savait contenir ses élans ombrageux.
La table débarassée, la musique se fit plus forte. Elrohir le regarda avec insistance mais Legolas ne comprenait où voulait en venir son ami. Celui-ci secoua la tête et, avec un sourire coquin, invita Anaïsa à danser. La Wallen ne put refuser cette invitation et se leva alors qu'Elladan prenait la main de sa soeur pour les rejoindre. Elrond les regardait d'un oeil joyeux évoluer avec grâce.
Le prince se tourna à nouveau vers Ilyrià et lui dit avec un grand sourire empleint de sollicitude:
- Ma Dame, me ferez-vous la grâce...? vous sentez-vous assez bien pour danser?
- Je... Je... oui, cela devrait aller, je pense, bégaya-t-elle. Mais ne m'en tenez pas rigueur pour vos pieds que je manquerai pas d'écraser!
- Je prend le risque, je suis un aventurier dans l'âme! dit-il en reculant sa chaise.
Il lui prit la main et l'aida à se lever pour rejoindre ses cousins devant les musiciens.
- Appuyez-vous sur moi, vous peinerez moins ainsi.
L'elfe raffermit sa prise sur la taille d'Ilyrià et la souleva de quelques centimètres pour que ses pieds ne fassent plus qu'effleurer le sol. Elle se mit à rire joyeusement.
- J'ai l'impression de n'être qu'une fillette encore une fois! Vous me portez et pourtant vous êtes tellement grand que je ne vous arrive qu'avec peine aux épaules... gloussa-t-elle.
Ses boucles noires chatouillaient l'ellon dans le cou et il trouvait vraiment son parfum agréable. Elle sentait toujours la mer et le vent mêlés.
- C'est vous qui êtes exceptionnellement petite, Aranel...
Il la sentit se raidir entre ses bras et s'en inquiéta.
- Etes-vous sûre d'aller bien?
- Je crains avoir quelque peu présumé de mes forces, soupira la jeune femme d'une voix altérée. Satané arbre!...
- Pourquoi dîtes-vous cela?
- Parce que je suis sûre de m'être fêlée ces maudites côtes en en chutant pendant l'attaque de cette troupe d'orcs...
- Vous devez vous reposer, dit Legolas d'un ton sans appel. Demain sera une longue journée.
A regret, il la ramena à la table où Finnàm fumait erncore, perdu dans ses pensées.
- Conui, vous devriez ramener cette jeune dame.
Finnàm écrasa son cigarillo et se leva pour prendre Ilyrià dans ses bras.
- Je ne suis pas impotente! Grommela-t-elle, offusquée d'être ainsi traitée, comme un nourrisson sans défense.
- Tùch, a Ghraidh (chut, ma chérie), lui souffla le guerrier Wallen avec un sourire moqueur. A prionnsa a raison.
Il adressa un signe de tête à Legolas pour le remercier ainsi qu'aux autres elfes présents et partit sans aucune cérémonie suivi des autres membres de sa Garde.
- Oidhche math, prionnsa! s'écria Ilyrià avec un petit signe de la main.
L'ellon se retourna vers le seigneur Elrond qui lui sourit, amusé.
- Elle vous souhaite la bonne nuit, Legolas.
- Décidément, ces Wallens ne manquent pas de piquant! rit Elrohir. Tu ne vas pas t'ennuyer un seul instant, mon ami!
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Finnàm,
Finnàm monta les marches avec Ilyrià dans les bras qui tempêtait toujours contre lui, contre l'elfe, contre le monde entier.
Arrivé devant la porte des appartements mis à disposition de la jeune femme, il prit congé de Klaùs trop heureux de s'échapper et d'Anaïsa qui, il le voyait bien, aurait préféré les suivre à l'intérieur.
Elle s'éloigna à contrecoeur non sans lui avoir jeté un dernier regard d'avertissement muet.
Il ouvrit la porte et la posa délicatement sur son lit. Il remarqua les traits tirés de la Wallen par la douleur qui lui vrillait le corps. Il chercha des yeux le flacon d'onguent préparé par Elrond. Il le trouva sur la coiffeuse de marbre et s'en saisit avant d'aller s'asseoir à côté d'elle.
Il la détailla d'un oeil torve et grimaça, déformant encore plus sa lèvre abîmée par la cicatrice qui lui courait jusque dans le cou.
- Tu es habillée comme... l'une d'entre eux!
- Ce n'est pas vilain... et autant s'y habituer! dit-elle avec un haussement d'épaules.
- Non, pas d'accord, la contra Finnàm en se mordillant le pouce, agacé. Tu es une Wallen et tu les resteras avant tout. Gardes-en quelques choses...
- Arrêtes de dire des évidences, mo caraid, bailla-t-elle.
- Math dhà riribh! (excellent!) c'est l'heure! - il lui montra la bouteille.
- coid e? (qu'est-ce que c'est?)
- Un baume du seigneur Elrond pour tes côtes. Ily, assieds toi que je t'enlève ça...
- Tu veux me déshabiller? minauda la jeune femme, malicieuse.
- Autant qu'un orc mais bon, le devoir avant tout...
- Saleté de loup! Va te coucher dans ton panier...
- Si tu ne coopères pas, je te l'arrache, trancha Finnàm ignorant l'insulte. A moins que tu ne veuilles que j'appelle le prince aux longues oreilles?... vous avez déjà l'air de bien vous entendre... comme deux larrons...
Ilyrià le regarda, blessée par ses sous-entendus.
C'est vrai qu'il est très beau, peut-être le plus beau spéciment mâle que j'ai jamais vu, rétorqua -t-elle méchamment.
Cette fois, c'est lui qui eut l'air vexé. «la fierté masculine...» pensa-t-elle en voyant ses pupilles jaunir dangeureusement.
Elle posa une main apaisante sur sa cuisse en signe de reddition.
- Ne sois pas stupide, mo saighdear (mon soldat)... Tu m'as cherchée, tu m'as trouvée... Legolas Thranduilion est un elfe charmant à priori qui tente tant bien que mal de me mettre à l'aise et je l'en remercie. Je ne tombe pas pour autant en pâmoison, conclut-elle en se retournant pour lui offrir son dos.
Finnàm délaça la robe et la fit glisser de ses épaules.
- Allonges-toi que je te passe ce fichu onguent, mo caraid!
D'un mouvement, elle retira les manches de son vêtement et se coucha, les bras croisés sur sa poitrine, se couvrant du mieux qu'elle le put.
Finnàm allait lui dire que son geste prude ne servait pas à grand chose, lui qui connaissait chaque pore de son corps, mais il se ravisa en se rappelant les mises en garde de sa soeur. Elle n'avait pas tort car la vue de la peau dorée de son ancienne amante remuait sa mémoire. Il lui passa rapidement le remède et s'essuya les mains sur son pantalon en se levant.
- Naoï s'en chargera désormais. Je doute que ton futur fiancé aimerait savoir qu'un homme, quel qu'il soit, le fasse... et il aurait raison. Nous ne pouvons plus être aussi proches même s'il n'y a aucune équivoque, mo caraid. Il n'y avait qu'à voir sa tête quand tu as fumé... quoique j'ai trouvé ça assez drôle! Finit-il avec une pointe mesquine.
Il se retourna vers elle et vit qu'Ilyrià dormait déjà, pelotonnée en chien de fusil. Finnàm la couvrit avec la couverture et sortit sans faire de bruit.
L'aube était à peine levée. Seuls quelques rayons de soleil perçaient le ciel encore brumeux. Ils étaient tous réunis sauf les jumeaux qui avaient dû s'absenter d'urgence. Une troupe d'orcs avait été signalée à une de leurs frontières. Ilyrià avait été désolée de ne pouvoir leur faire ses adieux et Elrond avait dû lui promettre qu'ils la visiteraient bientôt à Mirkwood. Ils prirent congé du seigneur elfe et refusèrent une fois de plus sa proposition d'une escorte.
Cela n'était pas nécessaire. Ils étaient tous de fiers guerriers, aussi Elrond n'insista pas. Il espérait juste que le commandant de la Garde Wallen et le Prince de la Forêt Noire ne s'écharperaient pas en cours de route.
L'apaisement de la veille au soir grâce au geste de Legolas lorsqu'il avait rendu la jeune femme au soldat semblait déjà loin... Et ça parce que la Wallen avait deux hommes empressés à jouer les protecteurs même si leurs motivations respectives n'étaient assurément similaires.
Ça avait commencé lorsque tout le monde s'aperçut qu'elle ne pouvait absolument pas se tenir en selle seule. Elle avait eu beau essayer, rien n'y faisait. La douleur était trop forte. Tenir les rênes et rester droite avaient eu raison d'elle. Legolas aurait voulu la faire monter avec lui, son habilité comme cavalier n'étant plus à faire, mais Finnàm n'avait pu s'y résoudre. Une fois de plus.
Il était responsable de sa sécurité et la satisfaction de faire enrager l'elfe le confortait dans son entêtement. Klaùs aurait pu proposer de prendre la place auprès de sa cousine mais Elrond le souçonnait fortement de prendre plaisir à les voir se défier. Ce Wallen ne plaisait vraiment pas au seigneur elfe... Il le trouvait retors.
Il fut donc décidé que la jeune princesse monterait en amazone devant Finnàm qui l'entoura de ses bras pour la caler le plus confortablement possible.
Elrond serra Legolas dans ses bras pour une dernière accolade et afin de lui prodiguer un dernier conseil en toute discrétion.
- Prenez votre mal en patience, mellon nin, lui murmura-t-il, apaisant.
Et c'est ainsi qu'ils prirent la route une nouvelle fois sous les chants elfiques pour leur toute dernière étape. Vers Mirkwood.
Ooooooooo
Alors? Qu'en avez-vous pensé les didous? N'hésitez pas à me laisser une review pour me faire part de vos commentaires... ça fait toujours plaisir et c'est assez motivant pour la suite!... surtout que j essaie de prendre en compte toutes les remarques!... tu vois Darkklinne j'ai séparé ce petit message du texte! ;) biz à tous!
