Bijour! Alors... alors... voilà la suite avec le départ d'Imladris et de son fugace cocon protecteur... les choses vont s' accélérer un peu dans ce chapitre entre certains personnages... et Thranduil sera très bientôt là, histoire de pimenter cet imbroglio... et pensez-vous qu'il facilitera la situation?

Sinon ça fait juste 7 chapitres que j'oublie de préciser que l'italique servait quand les deux peuples parlent dans leur propre langue...

Merci à Julie et Darkklinne toujours de suivre ma modeste contribution à l'univers de la fanfic, elles qui en ont de juste superbes! Je vous invite à aller lire... Il faut partager les perles, n'est-ce pas? ;)

Tineza tu m' as fait galerer trois jours vilaine avant que je comprenne dans quel sens prendre ta remarque et 4 jours pour savoir qui tu étais! Coquine! Tu me dois d'autres cupcakes cerise chocolat. ..

Merci aux autres lecteurs, ceux qui ne mettent pas de commentaires car je vous vois nombreux et de pays divers (c'est waouhhh) et si vous avez le temps pressez la touche review... c'est mon seul salaire! ^^

Et maintenant, enjoy les didous (du moins j'espère! ;) )

Chapitre 7

Finnàm,

La route était paisible et ce calme leur permettait de profiter de la beauté des lieux par lesquels ils passaient. Les bois étaient magnifiques, de véritables écrins de verdure aux couleurs chatoyantes et leur importante faune leur permettait de se sustenter largement.

D'un commun accord tacite, ils ne pressaient pas leurs chevaux. Tous voulaient profiter de ces derniers instants de tranquillité avant de se confronter à la vie de la Forêt Noire même si son prince leur en avait vanté les mérites sans toutefois omettre ses dangers.

On ne pouvait pas les ignorer leur avait-il expliqué avec gravité. Evidemment, cela ne faisait pas peur aux guerriers. Au contraire. Ces araignées géantes seraient un bon divertissement et Finnàm se dit qu'il préférait largement leur compagnie à celle des elfes. Malheureusement, il ne pourrait pas décapiter le roi Thranduil au moindre problème contrairement à une des ces arachnides!

Déjà sept jours qu'ils avaient quitté Imladris. Sept jours à chevaucher. Il ne l'aurait pas admis sous la torture mais avoir Ilyrià avec lui était loin d'être plaisant pour un cavalier aussi peu expériment. Elle glissait et remuait sans cesse en grondant rageusement contre tout et n'importe quoi, tout le temps...

C'était extrêment pénible pour le Wallen. Il lui avait ordonné de dormir mais elle était si mal qu'elle n'y arrivait tout simplement pas.

Finnàm l'avait alors fait passer sur le cheval de Klaùs avec autorité en leur clouant le bec mais l'accalmie avait été de courte durée. Le Commandant l'avait récupéré juste avant que son cousin ne la jette à terre d'agacement. Il avait beau repousser cette idée, il savait que seul l'elfe pourrait le soulager de son fardeau. Seulement il n'arrivait pas à s'y résoudre.

Comme il enviait sa soeur! Il la regarda une nouvelle fois avec envie. Anaïsa avait délaissé sa monture pour courir, son lien avec le fauve en elle lui permettait de courir sur de longues distances sans éprouver de fatigue. Le loup que lui était lui criait de faire la même chose.

Chaque fibre de son corps endolori lui intimait de se délasser les jambes et d'abandonner cheval et princesse casse-pieds. Il vit sa cadette dévaler une chute de rochers avec des bonds prodigieux, sa lance à la main y prenant parfois appui. Il fut tiré de sa rêverie par des claquements de doigts devant son visage.

- Ohé! Ohé! Tu réponds, amadan coin-allacht (stupide loup)?!

Finnàm soupira, résigné. Qui que ce fut d'autre l'aurait appelé ainsi aurait déjà eu sa tête séparée de son corps...

- Ciod? (quoi?)

- mo ton b'e bochd! (mes fesses me font mal!), se lamenta Ilyrià, et j'ai vraiment du mal à respirer... mes côtes sont en feu. Gabh mo leisgeul...(excuse-moi) je suis un boulet!...

Il la regarda et faillit se gifler lui même. La respiration de la jeune femme était sifflante et ses yeux brillaient des larmes qu'elle s'interdisait de laisser couler. Pour qu'elle lui demanda de s'arrêter, c'était qu'elle devait vraiment souffrir.

Il leva le bras pour signifier à tous l'arrêt. Anaïsa revint sur ses pas en sautillant , les joues rosies par sa course et Legolas fit faire demi-tour à son cheval pour les rejoindre.

Il descendit gracieusement de sa monture alors que Finnàm se laissa tomber lourdement de la sienne en faisant attention à ne pas trop bousculer la Wallen.

- Elle a besoin d'une pause et tu devrais en profiter pour lui appliquer son baume, Naoï...

- Je vais faire un tour, vérifier que tout est en ordre, l'interrompit Klaùs en s'enfonçant dans le sous-bois sans attendre la permission de son chef.

Finnàm fronça les sourcils en le regardant s'éloigner. Il devrait bientôt avoir une discussion sérieuse avec lui. Il se demandait ce que son soldat pouvait fabriquer seul tout ce temps. Mais ce n'était pas le moment, son attention était autre.

Il se focalisa sur Ilyrià et oublia son cousin... pour l'instant.

Avec l'aide de sa soeur, évitant à tout prix de demander celle de l'elfe, il l'installa sur des couvertures derrière des taillis pour laisser un minimum d'intimité aux deux jeunes femmes.

Il retourna à son cheval pour défaire son paquetage en murmurant:

- Autant dresser le camp ici pour ce soir... ça ne servirait à rien de reprendre la route vu son état...

Il n'eut pas le temps de terminer que Legolas l'apostropha durement; ses yeux bleus n'étaient plus que deux fentes lançant des éclairs.

- La faute à qui?! tonna l'elfe, livide de la colère qu'il avait accumulée et qu'il n'arrivait plus à contenir. Vous saviez... vous êtes conscient que je suis le plus à même de la transporter sans dommage ni douleur mais non! Votre orgueil a raison de votre bon sens, Commandant de la Garde!

Finnàm sentit son sang affluer à son visage.

- Faîtes attention, elfe, à vos propos! Vous risqueriez de le regretter... explosa-t-il.

- Vous êtes borné! Votre entêtement n'a pour effet que de la faire souffrir plus encore!

Le pire était que l'ellon avait raison. Le Wallen le savait mais hors de question de l'admettre et encore moins devant lui. Il était bel et bien orgueilleux et sa fierté était grandement mise à mal par sa stupidité présente, lui qui se targuait d'un sang froid en toute occasion...

- Vous n'êtes pas encore lié à elle... gronda Finnàm.

- Et vous, vous n'êtes responsable que de sa sécurité. Rien de plus! siffla le prince sylvestre, les dents serrées.

Anaïsa et Ilyrià, la tunique tombant de ses épaules, firent irruption, alertées par les éclats de voix.

Les voir assister à leur échauffourée finit de mettre le feu aux poudres.

- Vous ne la connaissez pas! Je suis celui qui a été chargé par le roi son père de veiller sur elle!

- Vous ne me laissez guère l'occasion de faire connaissance, Wallen! Quant à sa sécurité, il y a eu apparemment une faille quelque part... fit l'ellon, sarcastique.

D'un coup, les deux femmes eurent l'impression que l'air autour d'eux implosait.

Le loup en Finnàm prit le dessus: il se transforma et hurla à la mort en chargeant l'elfe qui le prit de plein fouet dans le sternum mais, prenant appui sur un tronc derrière lui, il sauta par dessus le Wallen et lui fracassa le crâne sur l'écorce de l'arbre.

Légolas fit alors un bond en arrière et prit l'arc dans son dos. Sans le bander, il s'en servit pour coincer le guerrier entre le bois et la corde et le ramener ainsi à lui. Il lui asséna un coup de coude en pleine mâchoire mais Finnàm, aveuglé par la rage, ne sentit même pas l'os craquer sinistrement et se jeta sur l'ellon en lui labourant la poitrine d'un grand coup de griffes.

Anïsa et Ilyrià, jusque là paralysées par la scène, se jetèrent entre eux mais ce qui arrêta le Wallen fut la vue du sang imbibant la tunique de prince.

Voir le rouge s'étaler sur son vêtement lui rappela des souvenirs qui le glacèrent. Il tituba et s'approcha de Legolas pour l'aider mais se vit repousser violemment par sa propre soeur qui lui gronda après.

Legolas, quant à lui, était dans une telle rage, qu'il ne s'était même pas rendu compte qu'il était blessé. Ce n'est qu'en voyant leurs yeux braqués sur lui qu'il s'en aperçut.

Après avoir échangé un regard lourd de sens avec son amie, Ilyrià l'attrapa par le bras et le força à s'éloigner pour se mettre hors de la vue des deux Wallens.

Finnàm était sous le choc de ce qui venait de se passer. Comment avait-il pu perdre ainsi son légendaire sang froid?!

Il avait le sentiment d'avoir failli lamentablement à sa mission, d'avoir trahi son roi, son amie et même sa soeur qui le regardait avec des yeux écarquillés par la colère et la peur. Il se laissa tomber sur une souche et Anaïsa s'accroupit devant lui.

- Cha bu thu, Finnàm! ( ce n'est pas toi, Finnàm!) Chain eil mi a tuigsinn! (je ne comprend pas) Qu'est ce qui t'arrive, mo brathair? Es-tu devenu fou? Je t'avais prévenu pourtant... mais tu es une vraie tête de mule!

Le guerrier était vaincu. Il tenta de répondre mais sa soeur lui cloua la bouche d'un rugissement terrible. Il ne l'avait jamais vu aussi furieuse qu'en cet instant d'aussi loin qu'il pouvait s'en rappeler. Elle était réellement terrifiante.

- Tu vas arrêter ton numéro de loup trop protecteur et obsessionel en espérant que tu n'as pas provoqué notre ruine à tous!... an do thiug thu? (as-tu compris?)... Oh et autre chose, mo amadan brathair (mon stupide frère), arrête de lui parler en wallen devant le prince. Commence par là... et tu devrais méditer sur ce que tu as failli faire ce soir...

Elle s'en allait quand elle se stoppa brusquement et lui dit d'une voix atone sans même se retourner:

- Ce soir, j'ai cru voir notre mère la fois où elle a failli t'arracher le coeur et que tu l'as tué, Fin... si tu recommences, devrai-je en arriver aux mêmes extrêmités que toi ce jour-là?

0o0o0o0o0p0p0p0o0o

Ilyrià,

Son coeur avait bien failli s'arrêter. Elle avait réellement cru qu'ils allaient s' entretuer... Et pourquoi?

Pour rien.

Parce que tous les deux étaient trop fiers.

A cause d'elle et ça, c'était tout bonnement insupportable.

Parce qu'en parfaite idiote, elle n'avait pas obéi aux ordres et était tombée d'un arbre.

Elle savait Finnàm à cran mais de là à sauter à la gorge du prince elfe... Ilyrià pensa un instant qu'elle avait bien cru qu'il allait le tuer et se rappela son regard horrifié quand il avait vu la blessure qu'il venait d'infliger.

Elle n'aurait jamais cru non plus Legolas capable d'une colère pareille. Il avait l'air tellement calme et serein en toujtes occasions. Après tout, elle ne le connaissait pas vraiment... Le peu qu'elle en avait vu lui faisait penser à Elrond et non à un guerrier fougueux même si sa réputation n'était plus à faire. Entre savoir et croire, il y avait un fossé qu'elle venait de franchir.

- Réflexion personnelle: éviter de l'énerver... se dit-elle en haussant un sourcil.

La jeune femme l'entraîna plus profondément dans les bois, désireuse d'installer une distance raisonnable entre les deux guerriers et s'en félicita en voyant les coups d'oeil rageurs que l'elfe jetait derrière lui.

Lorsqu'elle jugea qu'ils étaient assez loin, elle le fit asseoir sur un rocher avec une douce violence et s'agenouilla devant lui. Ils se regardèrent quelques instants sans un mot.

- seacaid, mo prionnsa (tunique, mon prince)... souffla-t-elle avec un sourire engageant mais l'ellon n'eut pas l'air de comprendre.

Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle avait repris sa langue maternelle. Les grands yeux bleus de Legolas la fixaient sans sourciller, l'air absent. Ilyrià était inquiète. La tâche de sang sur sa tunique ne cessait de s'agrandir. Il lui fallait faire quelque chose.

Elle se mordit la lèvre inférieure et se pencha un peu plus vers lui pour déboutonner son vêtement. Elle mit ses mains sous le tissu des épaules et le fit glisser au sol. Legolas tressaillit sous l'effleurement de ses doigts frais. Elle lui adressa un sourire encourageant et regarda sa blessure de plus près.

Grâce soit rendue aux Valars! Elle n'était pas profonde mais la marque des cinq griffes lui barrait le pectoral droit. La similitude avec les cicatrices de Finnàm était troublante même si la gravité n'avait, heureusement, rien à voir.

Ilyrià n'avait rien pour panser la blessure et se rassit sur ses talons pour réfléchir quelques secondes mais le regard appuyé de l'elfe lui fit redresser la tête. Il la dévisageait, ses yeux enfin alertes étrangement assombris et une légère rougeur lui colorait les joues. Elle baissa les siens et comprit la raison de son malaise.

La Wallen avait oublié de se reboutonner tellement elles étaient accourues rapidement en entendant leurs vociférations. Sa tunique ainsi ouverte ne laissait guère la place à l'imagination et l'ellon avait une vue dégagée sur sa poitrine.

Ilyrià haussa les épaules et se réajusta en se disant que les mâles étaient bien tous les mêmes...

Elle déchira la chemise souillée et entreprit de nettoyer la plaie avec la gourde qu'elle avait prise avec eux. Elle réussit à en faire un bandage à peu près correct avec lequel elle lui pansa son torse puissant. Epuisée, elle s'assit à son tour, son menton sur ses genoux.

- Hannon le, wen nîn, lui dit-il doucement.

- Tapadh leat (de rien), sourit-elle puis gravement: tha duilich (je suis désolée)...

Legolas se pencha vers elle et posa son index sur ses lèvres pour la faire taire.

- Vous ne parlez pas sindar, je ne parle pas Wallen... et je dois vous avouer que cela me rend fou de ne rien comprendre à vos paroles à tous... soupira l'elfe d'une voix où perçait la frustration.

Ilyrià accrocha son regard à celui de l'ellon et prit sa main entre les siennes.

- Je suis désolée, redit-elle cette fois en westron. Aucun d'entre nous ne s'est rendu compte de l'isolement dans lequel nous vous avons mis...

- Ce n'est rien, ma Dame...

- et je suis désolée - elle lui pressa la main un peu plus fort - de ce qui est arrivé avec Finnàm. Il est impulsif et trop protecteur...

- C'est un valeureux guerrier. N'en parlons plus, conclut Legolas en se levant. Il la souleva comme si elle était aussi légère qu'un plume, ce qui était loin d'être le cas, et ils retournèrent au campement en silence sans avoir vu la paire d'yeux qui n'avait rien manqué de la scène.

La soirée fut des plus moroses et silencieuses que les Wallens aient jamais passé. Klaùs ne réapparut pas de la nuit, occupé très certainement à chasser comme toujours en solitaire. Fait plus rare, Finnàm resta invisible lui aussi mais tous savaient qu'il était aux abords.

Jamais il ne délaisserait son poste. Il souhaitait juste avoir le temps nécessaire à sa réflexion. De toute façon, Ilyrià était trop contrariée pour lui parler ou même le voir. Anaïsa était visiblement dans le même état de nerfs et alla se coucher rapidement. Legolas, lui, alla se poster sur la grosse souche qu'avait occupé Finnàm un peu plus tôt pour monter la garde.

N'arrivant pas à fermer l'oeil, la Wallen le rejoignit au milieu de la nuit et s'installa à ses côtés, s'allongeant sur la pierre froide les bras croisés sous la nuque. L'ellon la regarda amusé par ses façons de faire si spontanées. Il s'assombrit en pensant à son père et espéra qu'il n'arriverait pas à brider ce caractère libre. Il se fit la promesse de la soutenir du mieux qu'il le pourrait.

Ilyrià soupira et tourna la tête vers lui.

- Ciamar a tha sibh? Oh pardon... les mauvaises habitudes ont la vie dure... comment allez-vous?

- Parler sa langue n'est pas une mauvaise habitude Aranel, répondit l'elfe dans un murmure. Mais si vous le faîtes, permettez moi d'en avoir la traduction. Je sais que mon père exige de vous l'apprentissage du sindar durant cette année (il planta son regard dans le sien) et il me semblerait juste que je vous retourne la courtoisie... apprenez- moi votre langue, wen nîn.

- Pensez-vous que votre roi serait d'accord? demanda-t-elle si naïve qu'il ne put s'empêcher de rire.

- Non, certes non! mais je ne fais pas tout ce que mon père souhaiterait... comme vous je n'en doute pas, lui dit-il avec un sourire canaille.

- Effectivement! Par exemple, il n'apprécie que très moyennement que je fume...

- Je ne peux pas l'en blâmer... Mais si vous le désirez, ne vous privez pas, wen nîn.

- ça il ne faut pas me le dire deux fois! rit-elle en sortant de sa poche un étui où reposaient plusieurs cigarillos ainsi qu'un drôle de petit objet avec une minuscule roulette qu'elle frotta.

Une flammèche en sortit, arrachant une exclamation de surprise à son compagnon.

- Qu'est ce que cette magie?!

Ilyrià inspira une bouffée avant de lui répondre.

- Souvenir de Terra... un des neuf mondes.

Legolas appuya son menton sur le bout de son arc pour y prendre appui.

- Parlez- moi de ce monde.

- Peut-être pourrai-je vous y emmener un jour?... Vous ne détonneriez pas du tout là bas... rit-elle puis la jeune femme réfléchit: quoi dire?... je doute qu'il vous plairait... la nature est ou plutôt n'y est plus vraiment privilégiée. Il s'agit d'un monde technologique, industriel... sans magie pour la plupart des peuples qui sont très nombreux... Mais j'ai beaucoup aimé m'y rendre! La musique est incroyable de diversité... la nourriture y est... je manque de mots... Pour beaucoup, le maître mot est liberté, continua-t-elle, rêveuse, liberté de choisir quoi lire, quoi porter, quoi dire... qui aimer...

Ilyrià vit le regard de l'elfe se ternir et comprit l'impair qu'elle venait de commettre. Elle se redressa avec difficulté.

- Je vais aller me coucher sinon je serai un poids mort encore pire que maintenant!

- Vous n'avez rien d'un point mort, wen nin...

- Vous êtes si gentil, mo prionnsa. - elle lui caressa la joue du bout des doigts, espérant se faire pardonner ses malheureux mots.

- Oidhche math, mo prionnsa, dit-elle en s'éloignant. Ça ne veut rien dire bonne nuit! Lui cria-t-elle sans se retourner.

Legolas sourit dans la nuit noire, heureux d'autant de légèreté entre eux.

Le camp fut replié aux aurores. Tous étaient enfin réunis et ils déjeunèrent de lambas fournis par les elfes d'Imladris.

Ilyrià était allée se laver avec Anaïsa dans la rivère qui se trouvait un peu plus loin en contrebas. Elles s'étaient baignées et avaient ri aux éclats quand Klaùs s'était jeté dans l'eau du haut d'un arbre... tout habillé pour en sortir le plus dignement possible.

Il s'ébroua comme un jeune chiot et repartit sans leur accorder le moindre regard, indifférent à ses vêtements complètement trempés.

- Ton cousin est totalement frappé! commenta Anaïsa en se tapant le front de sa paume.

- C'est peu de le dire!...

- Et sinon... le prince? Il a l'air charmant... dit innocemment la guerrière wallen en se rhabillant.

- Il l'est, répondit Ilyrià en enfilant une tunique propre sur un de ses habituels sarouels, noir celui là. Un peu ampoulé mais agréable.

- En même temps, s'habituer à toi n'est pas une chose simple... se moqua Naoï.

Ilyrià lui tira la langue et elles allèrent rejoindre leurs compagnons de voyage qui étaient déjà à cheval, prêts pour le départ.

Finnàm lui sourit avec regret et elle ne put que le lui rendre. Elle n'aimait pas le voir aussi mal et le connaissait assez pour savoir qu'il se flagellait bien assez lui même. Cependant, c'était à elle cette fois de clarifier la situation.

Elle alla donc flatter l'immense étalon de l'elfe et leva les yeux vers son cavalier.

- Prionnsa Legolas, permission de monter? Voulez-vous bien accueillir une pauvre ère avec vous? Je me dois de soulager un peu la souffrance de mon Ceannar avec un fardeau tel que moi...

L'elfe lui décocha un magnifique sourire et sauta lestement à terre.

- Permission accordée et avec le plus grand plaisir! Aranel, vous m'honorez...

- Faut pas pousser quand même! se moqua Klaùs en passant près d'eux. Vous ne direz plus ça d'ici une heure...

Sa cousine lui jeta un regard noir. Le prince murmura quelques mots en sindar à sa monture qui se baissa pour permettre une montée plus facile à la jeune femme.

Finnàm et sa soeur passèrent devant eux pour prendre un peu d'avance même s'il apparaissait clairement que le commandant se faisait violence pour ne pas les observer.

- Si vous le permettez, vous monterez différemment aujourd'hui, wen nin... Passez une jambe de chaque côté...

- Je ne monte pas en amazone? demanda Ilyrià, surprise.

- Me faîtes-vous confiance?

Elle le regarda droit dans les yeux et n'eut plus aucun doute: Entièrement.

Legolas lui sourit et, l'attrapant par la taille, il la hissa sur son cheval sans difficulté apparente avant de lui même prendre place derrière elle. L'entourant de ses bras, il prit les rênes et lança sa monture au trot.

Ilyrià ne mit pas longtemps à voir les différences. L'elfe était un cavalier émérite, sûr de chacun de ses mouvements et en communion avec l'animal. Elle ne tarda pas à ressentir l'envie de dormir ainsi bercée. Sans se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle moula son corps à celui du prince, se lovant confortablement entre ses bras et s'endormit profondément.

Quand la Wallen se réveilla, le jour déclinait déjà. Elle n'en revint pas d'avoir autant dormi... Elle sentit le souffle chaud de l'ellon dans son cou mais ne s'en offusqua pas. Il lui était agréable de partager la chaleur qu'il dégageait contre elle. Il ne la faisait pas vibrer de la passion dévorante qu'elle avait toujours ardemment souhaité vivre mais elle sentait une profonde amitié naître en elle pour cet elfe si prévenant.

Ilyrià bougea un peu pour lui montrer qu'elle était réveillée.

- Wen Ilyrià, vous avez dormi comme une souche!

- Par les Valar, dîtes-moi que je n'ai pas ronflé! s'exclama-t-elle, faussement mortifiée.

- Ronfler non, Aranel, la rassura Legolas pui au creux de son oreille, malicieux: baver par contre...

Ilyrià lui mit une tape sur le bras en riant:

- Qui aurait cru les elfes si pleins d'esprit?! Si sarcastiques?!

- Vous avez beaucoup de choses à apprendre sur nous... Vous verrez...

Ses paroles sonnèrent aux oreilles de la jeune femme comme une promesse. Elle gigota un peu pour essayer de voir le reste de ses compagnons de route mais ils étaient seuls. L'elfe capta son désarroi.

- Ne vous inquiétez pas, ma Dame. Wen Anaïsa trouvait que c'était une bonne idée que nous partions un peu plus avant... et pour tout dire un long galop me faisait plus qu'envie! La tentation fut trop grande... Je n'ai pas pu y résister...

- Finnàm n'a rien dit? s'étonna la wallen.

- Je ne crois pas que sa soeur lui ait donné le choix, dit posément Legolas.

La jeune femme sentit le corps de l'ellon se tendre et décida de ne plus faire allusion au guerrier wallen. Ils devisèrent tranquillement et, se laissant aller de nouveau à la fatigue, elle appuya sa tête sur son torse en jouant machinalement avec la manche de sa tunique.

Les autres arrivèrent peu après et malgré leurs regards inquisiteurs, ils ne posèrent aucune question, se contentant de chevaucher en silence à leurs côtés.

C'est ainsi que se passa le reste du voyage entre les soirées qu'elle passait à discuter de tout et rien avec Legolas, surtout avide de détails sur le royaume de Mirkwood, et les journées à cheval.

Ilyrià aurait pu monter seule les derniers jours, la douleur ayant disparu mais elle préférait largement ce mode de transport. Et Legolas le savait tout aussi bien qu'elle, la Wallen en était persuadée mais elle détestait monter seule et elle ne s'ennuyait pas ainsi... elle aimait la douceur et la force tranquille qu'il dégageait. Il était si apaisant.

Ce fut un après-midi qu'ils arrivèrent à la lisière d'une immense forêt incroyablement touffue et chargée de magie que Legolas leur présenta comme étant son royaume.

Mirkwood. Appelée aussi Forêt Noire.

Voilà qui n'avait rien de réconfortant aux yeux d'Ilyrià. Un frisson lui parcourut l'échine. Cette forêt n'avait rien d'accueillant. C'était même tout le contraire.

Sa beauté était malheureusement ternie par l'aspect terrifiant qu'elle renvoyait. Ses arbres étaient trois fois plus grands que la normale mais avaient perdu leur éclat. Leurs feuilles verdâtres et rousses pendaient comme si elles avaient du mal à se maintenir aux branches.

Cette forêt avait juste l'air... malade. Cela dit, Ilyrià trouvait que les lieux dégageaient un puissant sentiment de majesté. Elle se renfonça dans les bras de l'elfe. Par Erù, la mer ne lui avait jamais paru si lointaine qu'en ce moment précis.

L'impression de liberté que lui procurait l'océan était proportionnelle à celle d'étouffement que lui renvoyait la Forêt Noire.

- Nous prendrons le chemin des Elfes. Quiconque ne l'emprunte pas ne pourrait retrouver son chemin et se perdrait. Le royaume de mon père se trouve au nord-est. Nos ennemis viennent de la forteresse de Dol Guldur, soit du sud-ouest, précisa Legolas. Surtout ne me perdez pas de vue... -puis plus bas pour n'être entendu que de la Wallen- ne craignez rien... je ne vous laisserai pas être blessée à nouveau... tout comme votre Commandant, il n'y a pas à en douter.

Ilyrià lui pressa la main en guise de remerciement. Ils entrèrent dans le forêt les uns derrière les autres, le prince des lieux en tête de cortège. Le visage baissé vers celui de la jeune femme, il lui narrait de nombreuses anecdotes sur son royaume. Il voulait faire en sorte de lui rendre les choses moins rébarbatives et espérait qu'avec le temps, elle s'y sentirait chez elle.

Au bout de quelques heures, il leur annonça qu'ils n'étaient plus très loin de la cité excavée du roi son père. Ilyrià se raidit sous le coup de la contrariété. Arriver était la dernière chose qu'elle souhaitait... Elle jeta un coup d'oeil en arrière et comprit que ses amis étaient dans le même état d'esprit au vu de leurs mines sombres. Ils étaient un peu plus loin et elle avait du mal à ne serait-ce que les entrevoir à cause de la pénombre des bois. La Wallen sentait la panique la ganger peu à peu et glacer son sang.

Le moindre bruit la faisait sursauter comme cet étrange cliquetis qu'elle entendait depuis quelques très longues minutes.

Le corps de l'elfe derrière elle se raidit soudain et, d'un geste brusque, il les renversa tous les deux pour les coucher en arrière sur son cheval. Une énorme masse noire passa au- dessus d'eux. Ilyrià ne vit pas ce que c'était un bras de son compagnon lui cachant la vue. Elle le repoussa et constata avec horreur que la «chose» avait d'immenses pattes poilues. Elle hurla à pleins poumons. Legolas plaqua la main sur sa bouche et toujours à l'horizontale sur le dos de son étalon, il sortit son épée et décapita l'araignée, car oui bien évidemment c'en était une, d'un unique coup.

Les chevaux des membres de la Garde arrivèrent rapidement et Anaïsa eut une grimace de dégoût, peinant pour ne pas rendre son dernier repas. Les araignées étaient sa bête noire et elle avait beaucoup de mal à passer outre y compris les plus petites. Elles avaient huit pattes et ça, c'était tout sauf naturel... sans parler du nombre d'yeux qu'elles possédaient...

Ilyrià et Legolas se rassirent correctement.

- Il faut se hâter! D'autres vont suivre, à n'en point douter! leur cria l'elfe en éperonnant son cheval, les bras fermement passés autour de sa compagne.

Il n'avait pas besoin de se retourner pour vérifier la progression des autres montures grâce à son ouïe elfique. Il avait malheureusement raison. D'autres cliquetis commencèrent à se faire entendre, se rapprochant dangeureusement d'eux.

- Wen nîn, prenez les rênes! Je vais vous lâcher et vous continuerez droit devant! Vos amis sont juste derrière vous...

- Et que...

Ilyrià n'eut pas le temps de finir sa phrase que Legolas avait déjà saisi une branche et disparaissait dans un arbre. Comme il le lui avait demandé, elle continua sans regarder en arrière pendant quelques mètres mais elle était trop inquiète pour lui et se laissa dépasser par les autres.

Fidèle à elle-même et ne réfléchissant pas , elle fit faire demi-tour au cheval et galopa dans le sens inverse. Elle entendit les voix des autres Wallens hurler son nom mais elle s'en fichait royalement. La jeune femme savait qu'ils ne pourraient la rattraper car le prince avait mis à profit ces derniers jours sur monture commune pour lui apprendre quelques rudiments d'équitation.

Enfin, elle le vit, tournoyant le long d'un fil tissé par ses maudites arachnides, son arc à la main. Arrivé au sol en souplesse, il sortit ses doubles dagues et se jeta sur l'une d'elles la transperçant au niveau du front si tant est que des araignées aient un front...

Legolas avait beau être un incroyable combattant, il était encerclé. Alors elle poussa un peu plus sa monture en l'encourageant de quelques paroles en Wallen qui durent faire effet car l'animal accéléra. Il sauta par dessus un des monstres, le renversant d'un puissant coup de sabots. Ilyrià aurait été désarçonnée si l'ellon ne l'avait pas rattrapé d'une poigne ferme en sautant derrière elle. Il l'enserra de son bras gauche et saisit les rênes avec, en luttant de l'autre, son épée à la main. Il lança l'étalon au galop après avoir abandonné son arme dans l'abdomen d'une de ces horreurs.

- Pourquoi n'avez-vous pas écouté?! lui dit-il durement.

Elle tourna la tête vers lui autant qu'elle le pouvait et ne vit que sa mâchoire contractée.

- Je ne suis pas douée pour obéir!... et je n'allais pas vous laisser seul tout de même... avec ces immondes bestioles!

- Je les combats depuis des centaines d'années... rien ne serait arrivé wen nîn mais votre sollicitude me touche, finit l'ellon radouci.

Il semblait qu'ils avaient distancé les dernières araignées quand enfin ils aperçurent les Wallens... qui n'étaient plus seuls mais entourés d'une dizaine d'autres cavaliers pointant leurs arcs sur eux. Lorsqu'ils s'arrêtèrent, la jeune femme put voir l'air contrarié de Finnàm qui la fusilla du regard . Quant à Klaùs, ses yeux reptiliens et sa peau couverte d'écailles ne laissaient guère de doute sur son actuel état d'esprit.

L'un des elfes, car il ne pouvait bien sûr que s'agir d'eux, s'approcha d'eux et salua Legolas, la main sur le coeur.

- Mae govannen Legolas ernil. Cenital mara na! (il est bon de vous voir!) enfin de retour! Le roi va être heureux de vous voir!

Il regarda la Wallen d'un oeil froid, une moue dédaigneuse flottant sur ses lèvres fines.

- Et vous n'êtes pas seul... Nous avons failli tuer vos «invités»... Sans leur odeur...animale, nous ne nous serions pas douté de leur origine!

Ilyrià se raidit sous l'insulte. Oui, aucun doute. Ils étaient arrivés à destination.

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So what? Qu'avez-vous pensé de tout ça? Entre testostérone, araignées poilues, elfes pas sympas et wallens mal dégrossis? :)