Coucou
Alors comme d'habitude je remercie toutes les personnes qui prennent de leur temps pour lire ma petite fic et je suis heureuse qu'elle puisse plaire, ne serait-ce qu'à quelques uns! C'est incroyable de se dire qu'autant de gens s' arrêtent sur l'histoire de ma doudounette wallen et de ses compagnons! Et n'hésitez pas à me faire part de vos impressions, cela pourrait toujours m'aider à suivre ma ligne directrice ou au contraire à corriger certaines choses... bref! Sinon je voulais demander depuis un moment si le dessin de présentation vous faisait penser à quelque chose? ;)
Merci aussi à ma petite Julie et à Darkklinne et bienvenue à BakaSaru6! Merci pour ta review qui a fait chaud à mon petit coeur... ^^
Alors... quoi dire si ce n'est... Bonne lecture! J'espère que ce chapitre vous plaira et que la recontre d'Ilyrià et de Thranduil vous satisfera! ^^ Que peuvent donner une peste wallen et un roi elfe désagréable? ?
Chapitre 8.
Thranduil,
Thranduil faisait les cent pas dans l'immense caverne où se trouvait son trône. Ce dernier était sculpté à même le bois d'un arbre plusieurs fois centenaire et recouvert de lierre. Il surplombait la salle grâce à un escalier boisé en spirale. Une lumière naturelle filtrait à travers la végétation et réchauffait la pièce, la rendant un peu moins austère. Seuls quelques gardes étaient présents pour le moment et évitaient consciencieusement de croiser le regard glacé du souverain.
Il savait que la caverne ne tarderait pas à se remplir car tous avaient entendu le cor des éclaireurs prévenant de l'arrivée du prince. Il avait hâte de voir son fils même s'il était toujours autant agacé du tour qu'avait pris leur dernière conversation. Thanduil avait horreur qu'on lui tienne tête et encore moins qu'on le prenne à défaut, y compris par son propre fils. Jamais il n'aurait pensé que Legolas puisse ainsi le défier ouvertement.
Décidément cette Wallen lui gâchait déjà la vie! Ça ne faisait que commencer... De ça il était sûr et certain... Il repensa au roi Sturten et au vilain tour qu'il lui avait joué avec ses exigences. Il pouvait être un politicien accompli, il n'en restait pas moins un ellon au caractère plus qu'ombrageux qui supportait mal que quelque chose ou quelqu'un lui impose ce qu'il ne décidait pas lui même. Hors là, il avait été servi mais même lui ne pouvait déroger aux volontés des Valar.
D'un pas rageur, il remonta vers son trône en faisant voler son manteau de brocard et s'y assit en entendant les clameurs de son peuple accueillir le prince. La salle commençait à se remplir des conseillers de sa royale personne et des habituels invités de haut rang. Un sourire mauvais étira ses lèvres.
Lui même aurait dû aller accueillir Legolas, la princesse et la délégation wallen sur le perron de sa Maison mais il n'avait pu s'y résoudre, sachant pertinemment l'affront qu'il leur portait. Il ne comptait pas se lever non plus pour aller à leur rencontre pour marquer une fois de plus son profond désaveu face à cette mascarade. Il n'avait d'ailleurs strictement rien prévu pour fêter leur arrivée à Mirkwood comme l'habituel banquet de bienvenue. Il se renfonça dans son siège et croisa nonchalamment les jambes, ses doigts pianotant sur l'accoudoir sous les regards surpris des elfes présents. Certains relâchèrent leur posture pour se calquer sur l'attitude de leur roi.
Legolas apparut alors dans son champs de vision. Egal à lui même, il portait la tunique couleur de feuille emblématique du royaume et ses cheveux blonds étaient tressés à la mode guerrière elfique. Il était un peu plus pâle qu'à l'accoutumée et Thranduil pouvait voir d'où il était la colère dans ses yeux.
Il y lisait clairement l'accusation pour cet accueil insultant, si éloigné de ce qu'il avait attendu de son père. L'ellon s'approcha en faisant claquer chacun de ses pas, un geste si loin de la discrétion légendaire de leur peuple. Il salua son roi de père, une main sur le coeur, les dents serrées.
- Ada.
- Legolas, ion nin. Il est bon de te voir revenu parmi les tiens. Comment s'est passé ton voyage? J'ose espérer que le retour n'a pas été trop éprouvant?...
Un ou deux rires fusèrent dans l'assistance muette mais s'éteignirent d'eux même sous la brûlure du regard de Legolas. Le sous-entendu était à peine voilé. Thranduil regretta son trait d'ironie mais il était lui aussi au-dessus d'un volcan de fureur qu'il tentait de contenir du mieux qu'il le pouvait.
- Très bien, Ada. Quelques araignées... sinon ce fut très agréable et revoir Imladris un vrai plaisir comme toujours, répondit son fils, ignorant délibérément le sarcasme de son père.
Il recula alors pour laisser passer l'objet de la colère de Thranduil, les Wallens. Trois d'entre eux avancèrent de front comme pour faire bouclier de leurs corps au quatrième dissimulé derrière eux.
L'homme qui était à leur tête, légèrement en avant des autres, arracha quelques cris de stupeur au sein de la foule au grand mécontentement du roi. Chaque parcelle de son corps dégageait une aura prédatrice renforcée par son étrange coiffure, ses tatouages, son visage où brillaient des yeux froids et rusés ou encore la longue cicatrice qui lui barrait la lèvre. Quant à la femme à sa gauche, son visage poupin était lui aussi couvert de dessins triviaux tatoués et percé de bijoux comme si elle revendiquait ouvertement sa sauvagerie. L'ellon tiqua à la vue de ses pieds nus et griffus.
Leur chef, car il l'était à n'en point douter, le regarda droit dans les yeux et se poussa à son tour sans un mot. Legolas prit la main du dernier Wallen et s'avança plus en avant vers le trône de son père.
Elle.
La princesse.
Le roi dut se faire violence pour ne pas se pencher afin de mieux le dévisager. Enfin, il voyait la femme choisie par les Valar pour son unique enfant: petite, pourvue de formes trop généreuses, de longs cheveux noirs trop bouclés pour être un jour bien coiffée, une bouche trop large, des lèvres trop charnues... et ses yeux, par Erù! On ne voyait qu'eux et qu'était- ce que cette couleur?... et ses tatouages!... Il eut le tournis de voir une femme si éloignée de ce qu'il avait toujours désiré pour Legolas...
- Latha math, a righ Thranduil Oropherion, dit-elle d'une voix basse et rocailleuse. Is mise Ilyrià, chaileag fram righ Sturten. (bonjour, roi Thranduil Oropherion. Je suis Ilyrià, fille du roi Sturten)
Elle le fixait de ses grands yeux tranquilles sans aucune gêne, ce qui ne lui plût pas du tout. Le manque de manières de cette sauvage était... inacceptable!
Aussi ne prit-il même pas la peine de répondre à ses salutations très peu protocolaires. Thranduil se tapota la lèvre inférieure avant de dire en sindar à voix haute pour que tout le monde puisse l'entendre:
- Alors c'est ça la princesse sous la mer? Une sauvageonne au visage défiguré? - il la regarda de haut en bas lentement- et qu'est-ce que cette peau sombre? On croirait voir une Harradrim!... Quant à ses yeux, n'ont-ils pas réussi l'exploit d'être de la même couleur?...
Tous dans la salle se mirent à rire hormis les étrangers qui ne comprenaient évidemment pas leur langue. Le roi nota cependant le regard noir que lui lança le Commandant Wallen et ses poings convulsivement serrés comme s'il se retenait de lui sauter à la gorge.
Legolas non plus ne riait pas. Il étreignit la main de la jeune femme un peu plus fort au grand dam de son père.
- Votre langue n'est pas de mise ici, Dame Ilyrià, dit-il en plissant le nez comme si une odeur désagréable l'importunait. Elle m'écorche les oreilles...
- Que vous avez de fort sensibles à l'instar de votre peuple, le coupa -t-elle, ironique.
Les narines du roi se dilatèrent de colère et il se leva aussi gracieux que glacial. Thranduil descendit lentement les quelques marches qui le séparaient d'elle.
Par les Valar, elle était vraiment minuscule! C'est à peine si elle lui arrivait à la poitrine... Et pourtant elle osait le défier, ses yeux dissemblables fulminant de rage.
La jeune femme croisa les bras, une moue sardonique aux lèvres, son petit pied tapant le sol d'impatience.
- Aucune tenue, c'est une calamité... pensa l'ellon.
Il tourna tout autour d'elle, les mains croisées dans le dos. Il s'arrêta et baissa son visage à quelques centimètres au-dessus du sien, crispé par autant d'insolence. Leurs regards s'entrechoquèrent de nouveau et le Haut Roi cilla un millième de seconde sous celui de la Wallen. Il était tellement particulier! De près, il pouvait voir toutes leurs nuances et leurs différences. Celui de gauche était presque noir et celui de droite d'un vert très clair pailleté de tâches plus foncées.
Son regard était tout à fait dérangeant. L'ellon n'apprécia pas qu'elle lui tint tête ainsi et il allait le lui dire vertement lorsqu'il vit Legolas se rapprocher d'elle, son corps frôlant le sien.
Thranduil se redressa de toute sa hauteur et alla se rasseoir sur son trône, songeur.
- Ada...
Son père leva les yeux vers lui, étonné que quelqu'un osa le déranger au milieu de ses réflexions.
- Que faisons-nous maintenant?
Thranduil n'aima pas l'emploi de ce «nous» comme si Legolas s'incluait d'office dans le même groupe que celui des Wallens. Il devait mettre les choses au clair avec son fils et en privé.
- Gallion, appela-t-il d'une voix lasse et ennuyée. Conduisez nos invités dans les appartements qui leur ont été attribués dans l'aile nord... et finalement ... installez Wen Ilyrià au second étage de la maison du roi.
Il n'avait pas du tout prémédité de déplacer la jeune femme et de l'isoler ainsi de sa Garde en la plaçant si près de ses propres appartements. Il préférait la garder à l'oeil et anticiper les impairs à venir qu'elle ne manquerait pas de commettre.
Le guerrier Wallen manqua s'étrangler de cette indélicatesse mais ne dit rien. Son intendant Gallion, un elfe aux cheveux roux et à la mine sévère, les invita à le suivre d'un geste gracile.
- Mar sin leibh an- dràsta mo tigh! ( à plus tard mon roi!) lui dit l'impudente Wallen, dans une ultime provocation avec une courbette moqueuse avant de suivre l'elfe roux.
Des murmures indignés parcoururent la salle qui se vidait silencieusement. Legolas allait lui aussi sortir quand Thranduil l'interpela.
- Ion nîn! Reste, nous devons parler...
Legolas suivit son père dans ses appartements privés pour plus d'intimité, ce dernier ne souhaitant pas avoir le moindre spectateur. Il se doutait que leur discussion serait houleuse... Il se laissa choir dans un fauteuil tandis que Thranduil leur servait deux coupes de vin.
En observant son fils s' asseoir avec raideur, il fronça les sourcils.
Pourquoi avait-il donc tant de mal à se servir de son bras gauche?
- Es-tu blessé, ion nîn? s'inquiéta-t-il en s'asseyant à son tour, les yeux rivés sur son enfant.
- Rien de grave, Ada. Une égratignure...
Décidément, Legolas ne voulait se défaire de sa mauvaise humeur, lui si chaleureux de coutume. C'était d'ordinaire Thranduil le plus buté des deux et il n'avait pas l'habitude d'un tel revers de situation... d'être le plus têtu des deux. Il fit tournoyer doucement le liquide rubis dans son verre de cristal . Le bruit de celui de Legolas reposé sèchement sur la table le sortit de sa léthargie.
Il regardait son père, furieux.
- As-tu quelque grief à me faire partager, Legolas?
Celui-ci se releva d'un bond et alla se poster devant le balcon, dos au roi. Il resta ainsi un long moment silencieux, la rage lui battant les tempes. N'y pouvant plus, il explosa.
- Je ne vous aurais jamais cru capable d'une telle impolitesse! Du moins pas quand cela me concerne directement! Etes- vous devenu fou, Ada?! Comment avez-vous pu tenir de tels propos?!
- Legolas, surveilles tes paroles, gronda Thranduil.
Mais son fils ne l'écoutait pas, tout à sa colère.
- La situation n'est déjà pas simple et vous la gangrènez plus encore!
- Je ne te permets pas! tonna son père en se dressant de toute sa hauteur, hors de lui.
- Et bien je prend ce droit aujourd'hui!
Les deux ellyn s'affrontèrent du regard, gelé pour l'un et en fusion pour l'autre.
- Comment oses-tu?... me défier ainsi... et pour quoi? Cette... cette sauvage?!
- Vous ne la connaissez même pas Ada! Je vous ai connu tout de même moins obtus!
Le verre que tenait Thranduil se brisa sous la pression de ses longs doigts mais il n'avait cure du sang qui coulait le long de sa main.
- Et j'aurais voulu ne jamais avoir à le faire! Savoir mon fils entre les mains d'une telle race me fait horreur! Je rends grâce à Erù, je saurai me montrer patient... Sa vie ne sera qu'un battement d'ailes de papillon dans notre existence!
Legolas chancela sous la dureté de ses paroles et dut prendre appui sur le dossier du fauteuil devant lui un court instant. Il ferma les yeux et inspira profondément.
- Qu'en est-il de ce que je veux moi, Ada? dit-il doucement.
Sur ces mots qui n'aspiraient à aucune réponse, il sortit sans un regard en arrière. Resté seul avec pour compagne sa fureur froide, le roi cassa tout ce qui était à sa portée mais rien n'y fit.
L'unique chose dont il avait envie, c'était de trouver cette femme des plus étranges qui lui inspirait beaucoup trop d'émotions à son goût et de la tuer de ses propres mains... Il secoua la tête pour chasser ces affreuses idées de son esprit.
Par les Valar, il y avait si longtemps qu'il n'avait été submergé par un tel flot de sentiments si détestables et négatifs soient-ils. Il haït ce que cette femme faisait remonter en lui, ce qu'il y avait de pire... où était son légendaire flegme? Thranduil ferma les yeux et revit les boucles noires, cette bouche insolente, ce regard moqueur. Il attrapa la carafe et la jeta avec force contre le mur.
Il la briserait et la rendrait docile pour le bien de son fils, du royaume et du sien.
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Ilyrià,
Ilyrià fumait sans discontinuer, enfermée dans sa cage dorée, seule. Seule... loin de sa famille, de ses amis, de chez elle. Elle chassa le souvenir de sa cité qui allait immanquablement faire remonter celui de son père. Si elle pensait ne serait-ce qu'une seconde à lui, elle s'effondrerait.
Si elle avait cru un moment que le Haut Roi ressemblerait peut-être à son fils, la Wallen avait très vite déchanté.
Cet elfe n'avait-il donc aucun savoir-vivre pour l'avoir accueillie ainsi? Non. Elle était parfaitement consciente qu'il l'avait fait sciemment. Et ce qu'il avait dit d'elle... Ilyrià n'avait bien sûr rien compris, ne parlant pas un traître mot de sindar mais elle était loin d'être stupide. Aux rires qui avaient fusé et à la façon dont Legolas s'était figé, elle avait saisi l'insulte ou plutôt les insultes et n'avait eu qu'une seule envie, le gifler si fort que sa couronne aurait fait trois tours sur sa jolie petite tête...
Elle grimaça de dégoût à cette pensée. C'était peut-être ça le pire... Lorsqu'elle avait levé les yeux et croisé son regard polaire, elle en avait été tétanisée et avait bien failli bafouiller. Il n'aurait plus manqué que ça! Ilyrià l'avait trouvé incroyablement impressionnant... une telle aura de puissance se dégageait de cet elfe détestable!
Il était immense avec des épaules carrées qui laissaient deviner l'impitoyable guerrier qu'il devait être. Il avait de longs et soyeux cheveux blonds à la limite de l'argent, un nez droit et fin, une bouche qui appelait à bien des choses, d'épais sourcils et ses yeux par les Valar... deux blocs de glace en fusion...
Le roi Thranduil ressemblait beaucoup à son fils mais en même temps il paraissait si... si rien, si immonde, si beurk! Ilyrià soupira, frustrée... et d'ailleurs que penser de ce qu'elle avait vu quand le roi s'était penché vers elle et que cet autre aspect lui était apparu? Ça avait été fugace, ne durant que quelques secondes, mais elle en était sûre... Lorsque la colère s'était emparée de lui, son visage s'était déformé. La peau allant de sa joue droite jusqu'à la racine de ses cheveux s'était altérée, laissant ainsi apparaître les muscles sous la chair comme si elle avait brûlé. Son oeil était d'un blanc laiteux sans plus ce bleu si particulier qui le caractérisait. Personne, hormis elle, n'avait eu l'air de s'en apercevoir et elle s'était bien gardée de dire quelque chose, consciente de s'attirer encore un peu plus les foudres du souverain elfe.
La jeune femme s'énerva contre elle-même et alluma un autre cigarillo que lui avait préparé son Commandant et se dit qu'au train où allaient les choses, elle devrait lui demander plus d'herbes de Longoulet.
Où étaient-ils tous d'ailleurs? Étaient-ils au moins bien traités ou allait-elle les retrouvés logés au fin fond d'une écurie miteuse?
Ils lui manquaient tous cruellement...
Elle regarda autour d'elle pour la première fois avec attention. Ilyrià pensa que, dans d'autres circonstances, elle aurait été ravie par ce qu'elle avait sous les yeux.
Ses appartement se composaient de trois grande pièces dont la principale était en réalité un salon double en forme de L. Dans la première partie se trouvait être le salon où étaient disposés un sofa, de gros fauteuils moelleux et deux bergères face à un âtre gigantesque, le tout dans les tons blanc crème et vert tendre; dans la seconde partie, séparée du salon par un voile vaporeux aussi immaculé que le reste du mobilier, se tenait la chambre à coucher aménagée d'un énorme lit à baldaquin, d'une armoire tout aussi imposante et d'une coiffeuse surplombée d'une jolie psyché sculptée. Elle ne pouvait nier que c'était à la fois très beau et féminin à souhait. Une porte au fond de la chambre donnait sur une salle d'eau où trônait un tub pour le bain ainsi que tout le nécessaire possible et inimaginable à la toilette.
Une cage dorée, c'était bien de cela dont il s'agissait là. Elle aurait mille fois préféré moins de luxe et être avec les siens...
Quelqu'un toqua à la porte et elle crut que c'était encore l'elleth qui lui avait apporté un plateau chargé de victuailles auquel elle n'avait pas touché.
Chose rare pour elle, Ilyrià n'avait pas faim.
- Chàin eil diune! (il n'y a personne!) cria-t-elle, peu amène.
La porte s'ouvrit quand même et, avec stupeur et joie mêlées, elle vit Finnàm dans l'embrasure.
- Halo a ghraidh. (salut ma chérie) dit-il, tranquillement.
- Is tu! (c'est toi!)
- Am mi? ( c'est moi?) se moqua-t-il en entrant, suivi d'Anaïsa et de Klaùs qui claqua la porte d'un coup de talon.
Ilyrià ne put se retenir de se jeter dans les bras du Commandant, si heureuse de les voir.
- Failte, mis rùns! (bienvenue, mes chéris!) s'exclama la Wallen avec un sourire désabusé.
- J'ai faim! grommela Klaùs, toujours prosaïque.
- Air a' bhord. (sur la table), désigna la jeune femme en haussant les épaules.
Anaïsa jeta un coup d'oeil peu intéressé à la pièce. Les choses matérielles n'avaient jamais eu le moindre sens à ses yeux.
- Glè math! (très bien!), dit-elle en se juchant sur la table basse en tailleur. Klaùs, amadan (idiot), envoie un bout!
Un morceau de viande vola dans sa direction qu'elle attrapa et déchira d'un coup de dents. Finnàm s'avachit sur le sofa, ses bottes crottées sur la table à côté de sa soeur.
Voir ses amis agir aussi normalement mit du baume au coeur de la princesse. Ilyrià s'installa à son tour sur le canapé et allongea ses jambes sur le Ceannar, logeant ses pieds gelés sous sa tunique.
- La bouffe est pas mal... jaugea son cousin en se posant sur l'accoudoir près d'eux, non sans avoir embarqué la carafe de vin avec lui.
Il but une rasade à même le goulot avant de la passer à Ilyrià, se moquant de la traînée d'alcool qui lui coulait le long du menton. La jeune femme y but sans cérémonie et la fit passer à Finnàm qui fit de même et ainsi de suite jusqu'à ce qu'elle soit vide.
- Je vais peut-être tuer ton futur beau-père... annonça calmement Klaùs... voire l'écorcher vif pour me faire un manteau en peau de roi elfe.
Les deux femmes éclatèrent de rire. Finnàm gronda, un sourire en coin flottant toutefois sur ses lèvres.
- Duin do bheul! (tais-toi!). Les oreilles pointues ont l'ouïe fine, saghdear!
- Elles sont en effet fort sensibles... ajouta Anaïsa, malicieuse, se référant à la pique de son amie un peu plus tôt.
- J'ai bien cru qu'il allait m'arracher les yeux, soupira la Wallen. D'ailleurs, j'aimerais bien savoir ce qu'il a pu dire tout à l'heure même si je me doute qu'il ne s'agit pas de compliments...
Le corps de Finnàm se tendit à cette remarque et la jeune femme lui jeta un coup d' oeil suspicieux.
- Ciod? (quoi?)
- Tha eil fois agam... (je ne sais pas...) Mo caraid, je te trouve bizarre... An do thiug thu? (as-tu compris?)
- Ciod ? répéta-t-il, buté.
- Ce que a righThranduil a dit! s'énerva Ilyrià.
- Chain eil mi a' tuigsinn aelfica... (je ne parle pas l'elfique...) répondit Finnàm en attrapant un grain de raisin que venait de lui lancer son second. L'éclat rusé dans ses yeux firent douter le Wallen. Elle devrait éclaircir la situation plus tard avec lui.
- diulich... (désolée). Elle préférait abandonner la partie pour le moment.
- Vous savez quoi?... tha mi sgith... agus sibh? (je suis fatiguée... et vous?)
Elle se cala encore un peu plus dans les coussins et ferma les yeux, morte de fatigue. La Wallen se sentit glisser dans le sommeil, rêvant d'araignées aux yeux de glace, de sa cité si belle et brillante, de la mer qui l'appelait pour y noyer son angoisse et tous ses malheurs.
Ilyrià se réveilla avec les rayons du soleil déjà haut dans le ciel. Sa tête était incroyablement cotonneuse... Merci Irmo, le dieu des rêves, n'avait pas été tendre cette nuit... Elle voulut se lever, encore embrumée, mais quelque chose l'immobilisait complètement. La Wallen ouvrit enfin les yeux et sourit devant le spectacle.
Elle était toujours allongée, les jambes sur le Commandant qui lui aussi avait gardé la même position, les pieds sur la table mais Anaïsa était à demi couchée sur son frère et sur le meuble. Quant à Klaùs... il dormait à côté d'elle sur le flanc un bras sur son ventre et une cuisse en travers des siennes. Il avait l'air si serein comme lorsqu'ils étaient enfants... Elle effleura le bout de son nez avec son ongle et sourit de le voir grimacer. Elle répéta le geste, encore une fois amusée de le voir chasser un insecte imaginaire. Soudain, la main puissante de son cousin s'abattit sur elle et lui chatouilla les côtes. Ilyrià se mit à rire et donna un coup de pied à Finnàm dans l'estomac en se débattant. Ce dernier jura et voulut se lever en oubliant sa sœur sur lui. Il trébucha et tomba lourdement sur les deux cousins en entraînant une Anaïsa rugissante de cet odieux réveil. Ils étaient tous emmêlés les uns avec les autres quand on frappa à la porte qui s'ouvrit sans attendre la formule d'usage. C'était une elleth, magnifique évidemment, au visage de porcelaine et aux beaux yeux bleus qui perdit la parole de voir tous ces Wallen sauvages et frustres. Elle toussota discrètement.
La tête d'Ilyrià émergea de cette marée humaine et la fixa d'un œil interrogateur.
- Aye? (oui?)
L'elfine salua, la main sur le cœur.
- Aranel Ilyrià... mon nom est Tintallë. J'ai été désignée pour être votre camériste. Le roi Thranduil requiert votre présence... maintenant, ajouta-t-elle devant la mine renfrognée de la jeune femme.
- Galla! (merde!) J'arrive... soupira-t-elle en se désincarcérant de cet imbroglio géant.
- Peut-être devriez-vous faire un brin de toilette? suggéra gentiment l'elleth.
Ilyrià savait qu'elle avait raison. Sans se voir, elle était sûre de ressembler à un épouvantail humain mais elle se sentait d'humeur provocatrice dès qu'il s'agissait du roi .
- Cha! (non!) ça ira bien... Je m'en voudrai de faire attendre sa Majesté!
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Thranduil,
Thranduil s'était levé aux aurores et avait resenti le besoin de s'entraîner pour évacuer la tension accumulée depuis la veille. Saisissant son épée, il se défoula pendant deux bonnes heures puis s'habilla et fit appeler Tintallë.
Lorsqu'elle se présenta au roi, il apprécia la vue de l'elleth si conforme à ce que devrait être toute femme de Mirkwood.
- Tintallë, commença-t-il, vous serez désormais dévolue au service de la princesse Wallen, Wen Ilyrià... mais plus encore, j'entends que vous me fassiez un rapport quotidien de son comportement et de ses progrès dans les tâches dont elle devra s'acquitter... Vous commencerez dès aujourd'hui.
- Il en sera ainsi selon ordres, Aran nîn, répondit l'elleth, la tête baissée et la main sur le cœur.
Tranduil fut satisfait et l'envoya chercher l'objet de ses malheurs avec un mouvement gracieux de la main. Il fut surprit de leur promptitude quand Tintallë apparut à nouveau sur le pas de la porte. Cependant quelque chose n'allait pas, il le devinait à son regard craintif et fuyant. L'ellon sentit une migraine se profiler.
- Wen Ilyrià, Aran nîn, annonça-t-elle.
- Faîtes-là entrer... dit-il en s'asseyant derrière son imposant bureau d'ébène.
- Aran... hésita l'elfe avant de poursuivre doucement, elle n'a pas voulu prendre le temps de se préparer de peur de vous faire attendre...
Bam... Bam... Bam... La migraine commençait à taper, plus fébrile.
- Peur de me faire attendre?! se moqua le roi. J'ai comme un doute à ce sujet... Faîtes- la entrer et refermez la porte.
Il cala son menton dans sa main, le coude nonchalamment posé sur le bureau et faillit perdre tout sens commun quand elle entra d'un pas souple presque en sautillant... pieds nus. Elle portait une tunique rouge et un sarouel noir de pur style Harradrim fripés comme si elle avait dormi dedans. Elle n'avait pas l'air très fraîche.
- Vous êtes dans un état pitoyable... s'offusqua l'ellon, choqué. Asseyez-vous, nous avons à parler...
Il l'invita à prendre place d'un hochement de tête. Ilyrià s'assit et planta son regard dans celui de Thranduil. Le roi n'y lisait que défiance, colère et... tristesse? Il ne s'y attarda pas et se carra dans son fauteuil, son index caressant son menton pensivement.
- Nous devons mettre au point certaines choses, Rhevain (Sauvage).
Ilyrià se renfonça à son tour sur sa chaise et s'assit en tailleur, le dos droit et enroula son doigt dans une mèche de cheveux avec laquelle elle se mit à jouer machinalement.
- Voilà une des choses dont justement nous devons parler, Gwend (jeune fille).
- Mo righ, je vous écoute... Mes oreilles sont grandes ouvertes! ironisa-t-elle.
Par les Valar, elle commençait déjà à le rendre fou! Il reprit impassible:
- Et en voilà une seconde... Vous êtes au courant que vous rentrez dès ce jour au sein de Mirkwood pour une année à la fin de laquelle votre union avec Legolas sera... célébrée... (il cracha le dernier mot avec dédain).
- Je ne suis au service de personne si ce n'est de mon père, mo Chreach (mon seigneur), le coupa la Wallen, ses yeux luisant de colère.
Thranduil se pencha vers elle, la voix doucereuse.
- Et pourtant vous ferez exactement ce que je vous dirai ainsi qu'il en a été convenu avec le roi Sturten...
Ilyrià ne répondit pas et l'elfe en profita pour énumérer la liste d'obligation qu'elle aurait à suivre. Une liste longue comme son bras...
- Bien évidemment, il va sans dire que vous allez apprendre le sindarin et arrêter de parler cette langue de borborygmes et de chaos, de grâce!
Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes qu'elle ne versa pas, trop fière pour se laisser aller devant lui, et se mordit la lèvre inférieure. Du sang perla sur la blessure.
- Vous devrez aussi faire l'apprentissage de notre histoire. Je ne peux permettre qu'une future... reine soit ignorante des faits qui ont marqué son peuple ainsi que de nos us et coutumes. Legolas se chargera de votre entraînement au maniement des armes...
- Je sais me battre! se rebiffa Ilyrià.
- Le cimeterre, oui je le sais, la contra Thranduil, impatient. Mais il est hors de question qu'une arme harradrim soit utilisée en mon royaume!
La jeune femme se remordit la lèvre. Cette fois, un mince filet pourpre se mit à couler qu'elle essuya du dos de la main d'un geste sec.
- Et quoi encore? De la couture?
- Il n'y aurait pas de honte à cela! Les elfines sont des femmes accomplies dans bien des domaines... Un instrument comme la harpe et le dessin seraient un bon début...
- C'est une plaisanterie?! S'exclama Ilyrià, incrédule.
Thranduil continua, imperturbable. Il avait la main mise et ne voulait pas la perdre.
- Cela vous aidera à apprendre à vous dominer, ma chère. Vos humeurs changeantes ne sont pas dignes du peuple elfique...
- Grâce à Erù! Je ne suis pas une elfe, galla! (merde!) cria-t-elle pour de bon cette fois.
- Et cela se voit! Là est bien le problème!... Regardez-vous, cracha l'ellon lui aussi hors de lui. Votre tenue, vos paroles... rien en vous ne respire la subtilité!
- Oh non, c'est vrai... siffla Ilyrià sarcastique, vous m'avez touché en plein coeur...
Thranduil était maintenant debout, les mains à plat sur son bureau, à demi penché vers elle tandis que le jeune femme s'était levée elle aussi, les bras croisés.
- Oui, vous allez faire ce que je vous demande! Quand à ma dernière condition... Je vous interdis de vous transformer ici ou ou quelque soit le nom utilisé pour cette ignominie!
Les yeux de la Wallen s'agrandirent sous le choc. Elle vacilla un court instant et il crut qu'elle allait tomber. C'était bien mal la connaître.
- J'ai accédé à la demande de votre père quant à la présence de votre Garde... Votre Conui m'a transmis sa requête. Ne me faîtes pas regretter ma générosité.
Ilyrià ne répondit pas tout de suite. Elle s'approcha du bureau et y posa les mains à son tour pour se pencher dans l'exacte position du roi. Leurs visages, froid pour lui et furieux pour elle, n'étaient plus qu' à quelques centimètres l'un de l'autre. Leurs regards s'accrochèrent et il put y lire la haine qu'elle éprouvait pour lui en ce moment précis.
- Je vais me plier à vos exigences...pour le moment... même si cela me tuera à petit feu, dit-elle les dents serrées. Mais sachez bien, Haut Roi Thranduil Oropherion, que c'est vous qui finirez par le regretter.
Il crut un court laps de temps qu'elle allait le frapper mais non. Elle recula avec une courbette aussi ridicule qu'irrévérencieuse encore une fois et sortit sans un mot en faisant voler ses longues boucles noires.
Thranduil contourna son bureau et alla claquer la porte qu'elle avait laissé grande ouverte. Il reprit ensuite place à son étude dans l'optique de travailler aux affaires urgentes du royaume mais il n'y parvint pas. Il était beaucoup trop sur les nerfs pour cela. D'un geste rageur, il balaya les dits papiers et se carra dans son fauteuil.
L'ellon n'était pas une personne mauvaise loin de là mais il était orgueilleux et colérique. Ses devoirs envers Mirkwood tenaient la plus grande place dans sa longue vie. Il regretta après coup d'avoir parlé ainsi sans avoir tenté de présenter les choses moins durement. Il sentait qu'il allait payer cher l'accès de fureur qui l'avait saisi...
Il chassa cette idée, il fallait la cadrer et rapidemant avant qu'elle ne gangrène la Forêt Noire et tout ce qu'elle représentait. Cependant, il devait bien admettre avoir ressenti une espèce d' admiration devant sa façon de lui tenir tête aussi frontalement.
Il soupira. L'elfe ne doutait pas que la vie dans son royaume ne serait plus vraiment la même, d'autant plus qu'il était passé de une à quatre Wallen présents sur ses terres. Il pesta contre Sturten qui, en fin manipulateur, avait réussi à lui imposer trois membres de sa Garde. Il se méfiait d'eux, tout partculièrement de leur chef. Si Thranduil pouvait lire assez facilement les émotions de l'autre guerrier, il n'en allait pas de même avec ce Finnàm. Sous cette apparence cultivée pour paraître atypique et frustre, il devinait un calculateur doublé d'un redoutable guerrier. Le roi se remémora leur entrevue la veille au soir après que Legolas l'eut quitté.
Le Wallen avait sollicité une audience et lui avait remis le pli de son souverain requérant la présence de son second auprès de sa fille. La lettre disait qu'Ilyrià restait une pure Wallen durant cette année encore et, qu'en tant que telle, elle bénéficiait de la sécurité et de la protection de son père. Le porteur de cette requête serait l'émissaire des volontés du roi Wallen et devrait en avoir les pleins pouvoirs et droits. Thranduil n'avait rien pu faire et c'était de bonne guerre vu ce que lui même avait imposé. L'éclat qui avait éclairé le visage pourtant impassible du Ceannar et sa tranquillité pleine d'une assurance le confortaient dans son opinion à son sujet.
Il aurait à se méfier tout comme, et ça lui coûtait de l'admettre, de son propre fils au vu de ce qui c'était passé la veille. Thranduil sentit une colère froide affluer en lui contre la princesse Wallen... une nouvelle fois.
Que pouvait bien murmurer cette petite sorcière à l'oreille de Legolas pour que celui-ci se rebiffa ainsi contre son père?
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Legolas,
Il n'avait pas fermé l'oeil malgré la fatigue et il avait préféré passer la nuit dans les arbres de sa cité plutôt qu'enfermé dans ses appartements afin d'éclaircir ses pensées confuses.
L'elfe avait eu envie d'aller trouver Ilyrià après l'entrevue d'avec son père pour s'excuser de cet accueil si peu avenant. En arrivant devant sa porte, il avait entendu des éclats de voix. Ses amis étaient là et, grâce à son ouïe fine, avait pu entendre leurs réflexions au sujet des «oreilles pointues» et l'ordre de Finnàm leur intimant de faire attention à leurs propos. Il ne pouvait les blâmer et fit demi-tour, se doutant qu'ils préféraient rester entre eux.
Legolas se sentait tiraillé entre tous les devoirs qui pesaient sur ses épaules: celui de fils, de prince et celui envers lui même. Depuis sa rencontre avec les Wallens à Imladris, il n'avait eu de cesse d'essayer d'établir une relation correcte avec eux et, dans une certaine mesure, cela c'était bien passé... jusqu'à l'altercation avec Finnàm ou non plutôt après!... Cette poussée de violence avait eu le mérite d'apaiser les tensions avec le Commandant et de lui avoir fait faire plus ample connaissance avec Ilyrià. La petite guerrière, Anaïsa, avait d'ailleurs largement poussé en ce sens et il l'en remerciait. Il l'appréciait de plus en plus. Elle avait du bon sens, était moins impulsive que son frère et savait le gérer mieux que personne... ce qui était déjà glorieux en soi! Il était plus mitigé en ce qui concernait Klaùs, ne lui ayant que peu adressé la parole ce dernier s'appliquant à l'éviter.
Quant à la princesse sous la mer... L'ellon soupira. Allait-elle lui tenir rigueur de l'affront de son père? Il avait aimé qu'elle se sente en confiance avec lui ces derniers jours, allant jusqu'à risquer sa vie dans la forêt pour lui venir en aide. Elle était si différente des elfines et des humaines qu'il avait pu côtoyer jusque là... une bouffée de fraîcheur et d'intensité dans un univers figé, voilà ce qu'elle représentait à ses yeux... et il s'avouait volontiers se sentir attiré par ce «battement de cil» comme l'avait appelé son père. Le contact de ses doigts sur sa peau l'avait remué. Elle était si différente! Il en revenait toujours là.
Aux premières lueurs de l'aube, il avait regagné sa chambre en passant par le balcon qui la bordait.
Un pli de son père l'attendait sur la console qui jouxtait la porte d'entrée. Il y expliquait son rôle de maître d'armes auprès d'Ilyrià.
Aussi alla-t-il se laver, passer une tunique vert sombre simple et se tresser les cheveux. Il décrocha deux épées de son mur orné d'une multitude d'armes ainsi que son arc et partit chercher la jeune femme. Quelle idée avait dont eu le roi de l'isoler ainsi de sa Garde?
Il posa tout son paquetage et frappa à la porte de la Wallen. Sa voix lui parvint, lui intimant l'ordre d'entrer. La pièce était sans dessus dessous et Ilyrià était assise au milieu des décombres, un sourire serein aux lèvres, seule. Legolas arqua un sourcil interrogateur.
- Animal sauvage ou tornade? demanda-t-il, amusé.
- Dà, mo caraid! dit-elle joyeuse. Les deux mon ami, traduisit-elle fidèle à leur promesse d'échange linguistique.
Elle sauta sur ses pieds.
- Et toi, prionnsa, comment vas-tu?
L'elfe nota avec plaisir le passage au tutoiement si exceptionnel chez son peuple. Seul son père l'utilisait avec lui.
- Bien, ma Dame. Vous... Tu as l'air d'avoir un trop plein d'énergie... Aussi que dirais-tu de le dépenser? Je suis ton maître d'armes désormais et je voulais te proposer de nous y mettre dès maintenant?
- Màth dhà riribh, excellent! répondit Ilyrià avec un petit applaudissement. Attends-moi, je vais me changer...
- Je vais t'attendre dehors, dit Legolas en esquissant un pas vers la sortie.
- Ne sois pas idiot! Restes... J'en ai pour deux minutes, conclut la Wallen en commençant à délacer sa tunique avant même d'être arrivée dans sa chambre, à l'abri des regards.
L'ellon rougit et détourna les yeux pour fixer le bout de ses bottes soudainement fort intéressantes.
- Que vous êtes coincés, vous les elfes! se moqua-t-elle, une fois passée dans sa chambre à coucher.
- Et vous les Wallens, trop impudiques! rit Legolas.
Elle fut effectivement prête en deux minutes.
- Allons-y mo prionnsà, je suis à toi!
L'elfe leva les yeux vers elle et ne put réprimer un hoquet de stupeur. Elle portait une espèce de jupette en peau retournée qui lui arrivait au-dessus de ses genoux et fendue jusqu'en haut de sa cuisse gauche pour faciliter ses mouvements. La tunique sans manches de la même matière était très ajustée, comme une seconde peau, et courte. Il pouvait voir la peau de son ventre sous les espèces de lanières qui faisaient le tour de sa taille. Le col en V était profond et lâchement laçé. Pour compléter sa tenue, elle était chaussée de jambières en cuir souple. La Wallen avait relevé ses cheveux en deux espèces de chignons assez surréalistes hauts sur sa tête.
- ciod? Quoi?, se reprit-elle et, le voyant la dévisager, elle s'approcha d'un pas léger et lui releva la mâchoire du bout des doigts avec un sourire malicieux. C'est la tenue traditionelle Wallen pour les femmes au combat. Anaïsa a le même. Tu comprendras pourquoi plus tard, prionnsà Legolas. Bon... Y allons-nous?- Elle jeta un coup d'oeil sur le salon dévasté.- Je rangeai... bientôt. Y a pas le feu au lac! Conclut-elle avec un haussement d'épaules.
Ils prirent leur temps pour arriver au terrain qui servait aux entraînements, Legolas prenant un grand plaisir à faire visiter la cité excavée à la jeune femme. Si elle voulait se sentir chez elle avec le temps, Ilyrià devait connaître chaque caverne, chaque ruelle. Evidemment, cela ne se ferait pas en un jour.
La Wallen fut enchantée de la luminosité naturelle filtrant à travers les feuillages. Elle lui confia avoir pensé que Mirkwood serait un endroit sombre et mortifère. Or, au contraire, tout n'était que lumière douce et chaude. Les balcons et nombreux jardins délicatement fleuris la ravissaient au plus haut point. Ils flânèrent ainsi une bonne heure sous les regards indignés des elfes sur leur route. La tenue de la princesse ne devait pas y être étrangère...
Le terrain était en réalité une immense clairière accolée aux écuries royales et militaires. Elle était baignée par un soleil éclatant. Une partie était délimitée au maniment des épées et autres lames exclusivement; une autre était parsemée de cibles sur pieds et dans les arbres pour l'exercice du tir à l'arc; la troisième, plus étendue, servait à entraîner les chevaux et ... les élans vit Ilyrià en ouvrant de grands yeux ronds.
Legolas l'emmena un peu à l'écart et lui tendit une de ses épées. Il voulait qu'elle se sente à l'aise et avoir un tas d'elfes autour d'eux ne lui paraissait pas, à juste titre, être une bonne idée. Elle la soupesa et fut surprise de sa légèreté.
- Fabrication elfique, sourit Legolas en guise de réponse.
- Glè math!
Devant l'air réprobateur de l'elfe, elle se reprit:
- Très bien! Leur poids fait réellement une différence... Nous, les Wallens, nous battons souvent sans armes, nos attributs d'animaux compensent. Demande à Elrohir et Elladan, ils en ont eu la démonstration! Cependant certains, comme moi, sont dépourvus de griffes olu de canines tranchantes comme Finnàm,sa soeur ou mon cousin... Alors nous apprenons à manier quelques armes même si j'ai tout de même certaines habilités!... que tu n'es pas prêt de voir étant donné que ton père refuse que je me transmue... C'est indigne de son sacro-saint royaume, finit-elle, sombre.
- Et quelle est ton arme de prédilection, Wen nîn?
- Le cimeterre!
- Le cimeterre? répéta Legolas, interloqué puis il se mit à rire. Je suppose que ça aussi, le roi te l'as défendu!... Utiliser une arme venant tout droit du Harrad... c'est assez inhabituel!
- D'où son efficacité, fit judicieusement la jeune femme.
Legolas inclina la tête. Il se rendait compte qu'en plus de son caractère enjoué, le fille de Sturten était une habile observatrice sous ses dehors extravertis.
D'un commun accord, ils se mirent en position de combat et l'ellon se rendit vite à l'évidence qu'elle avait indubitablement des bases qui, avec un cimeterre, devaient être impressionnantes mais avec une de leurs épées... il y avait du ... travail. Ils s'entraînèrent une bonne partie de la journée et ne virent pas passer le temps.
L'elfe fit un bond de côté après une ultime charge de la Wallen et fit sauter la lame de ses mains qu'il récupéra tout aussi adroitement.
- lasto nîn, écoute-moi ma Dame. Tu es fourbue et il serait sage de t'arrêter avant de ne plus pouvoir faire un geste demain...
- Cha, Prionnsa (non, prince), le coupa Ilyrià. J'ai un besoin vital de m'occuper le corps et l'esprit. Viens, dit-elle en lui tirant le bras, montre-moi le tir à l'arc!
Il se laissa emmener de l'autre côté du terrain avec un sourire indulgent. Il devait faire attention sinon elle lui ferait faire bientôt tout ce qu'elle voudrait! Il alla décrocher un petit arc de débutant et lui tendit avec un petit rire moqueur.
- Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre, Wen Ilyrià!
- Je préfère le tien... il est tellement plus joli! grommela-t-elle, en fronçant son petit nez.
- Ca , ça ne compte pas, ma Dame, rétorqua Legolas avec un sourire en coin.
- Tu te rends bien compte que je vais être une vraie calamité de toute façon, mo caraid?!
- Voyons ça. Positionnes-toi comme moi, lui expliqua l'elfe en lui montrant la tenue à avoir. Non, écoute-moi... tes pieds... prends appui... appui! Attends, je vais t'aider.
Legolas se mit derrière elle et mit ses mains sur ses hanches pour faire basculer son bassin puis sur les siennes afin de les positionner correctement, les laissant un peu plus qu'il n'aurait dû...
- Visualise, lui murmura l'ellon à l'oreille.
- Je crois que c'est bon...
- Sois-en sûre... prends ton temps, rien ne presse... Au fait, Wen nîn, je ne parle pas trop fort à ton oreille? Moi, je les ai de fort sensibles mais bon c'est souvent le cas... pour les oreilles pointues! lui susurra-t-il.
Ilyrià rougit violemment et lâcha la corde de l'arc, surprise et gênée. Le carreau atterrit loin de la cible sous les rires du prince.
La Wallen lui jeta un regard mauvais.
- Tu es un vrai comique, Prionnsa Legolas Thranduilion!... dit-elle en se rapprochant doucement de lui. Qui aurait pu croire les elfes dôtés d'un tel sens de l'humour?... Te rappelles-tu ce que je t'ai dit tout à l'heure?... sur le fait qu'il y a des raison, certes peu orthodoxes, aux tenues de combat féminines?
Sa voix suave comme du miel ne laissait rien présager de bon à Legolas. Elle lui faisait penser à un serpent hypnotisant sa proie avant de l'avaler. Tout à coup, elle fit une pirouette avant et lui décocha un coup de pied dans le plexus, maîtrisé pour ne pas être blessant mais juste assez pour le faire basculer en arrière.
- Ça,c'était la première raison. Moins on a de vêtements sur le dos, plus on est à l'aise... tu ne trouves pas?
Elle se mit à califourchon sur l'elfe en lui clouant les mains de chaque côté de sa tête pour lui murmurer d'une voix à peine audible alors qu'il rougissait à son contact:
- Seconde raison, Prionnsa... Vous les elfes, vous êtes si prudes! Tu vois, cela se vérifie pour la deuxième fois en une journée!
Se baissant encore, elle lui planta en gloussant un baiser sonore sur le bout du nez pour se faire pardonner et l'embarrasser un peu plus. La Wallen se releva et tendit sa main à l'ellon pour l'aider à se relever.
- N'y fais pas attention, prionnsa, dit une voix grave derrière eux. Cette femme n'a aucune tenue et elle sait y faire... c'est un de ses attributs particuliers, n'est-ce pas, a Ghraidh?
Le Commandant de la Garde Wallen était adossé à une des barrière délimitant le terrain, un cigarillo entre les lèvres et jouait avec un couteau de la taille d'un avant-bras.
Legolas remarqua que lui aussi était passé naturellement au tutoiement comme si, finalement, la réaction de son père les avait tous rapprochés au lieu de creuser le fossé qu'il avait imaginé.
- Elle n'est pas si godiche qu'elle en a l'air... se moqua-t-il aveec un sourire torve. Tu es un démon, boireannach!
- Femme, traduisit-elle à l'attention de l'elfe. Pas un démon, mo caraid, juste une Wallen!
- Pour mon père, ce doit être la même définition pour le moment, remarqua Legolas avec un clin d'oeil à Ilyrià.
Tous les trois se mirent à rire. L'ellon savoura cette complicité même si elle était fugace. Il se dit qu'ils étaient assez incroyables dans leur façon naturelle d'être les uns avec les autres et qu'il devait être agréable d'avoir des amis avec lesquels aucune barrière n'était dressée.
- Des leçons de maintien ne te feront pas de mal, a Ghraidh. Tu es un vrai chat sauvage! commenta Finnàm en lui allumant un cigarillo.
Ilyrià lui avait énoncé la liste des nouvelles tâches journalières qui lui incombaient désormais, omettant toutefois de livrer le fond de sa pensée sur Thranduil par égard pour Legolas.
- Quand commences-tu?
- A dràsda (maintenant) pour l'entraînement et sinon demain... des cours de sindarin!- elle se tourna ver l'ellon- je suis désolée mo caraid mais je me sens déjà blasée...
- Le roi est un elfe... sage, dirons-nous, l'interrompit Finnàm. Il serait mal avisé qu'un princesse, reine ou ce que tu veux, ne sache absolument rien de son futur royaume...
Legolas hocha la tête. Décidément, le Wallen était plein de ressources!
- Oui, Ceannar, je comprends... mais ne plus parler ma langue... gémit-elle. C'est tout ce qui me reste de notre cité...
Elle avait les larmes aux yeux.
- Nous serons là, nous, pour pallier à cette indélicatesse, a Ghraidh...
- Et n'oublions pas que tu dois me l'apprendre. Je suis avec toi moi aussi, ma Dame, ajouta l'elfe d'une voix chaleureuse.
Il constata que'Ilyrià avait volontairement omis son interdiction de transmutation. Pour autant, il était sûr que seule cette condition aurait pu faire imploser le guerrier dans l'état de nerfs ambiant. Elle voulait les protéger, les protéger tous. Il respectait cela et ferait tout en son pouvoir pour l'aider.
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Alors? :) Qu'en avez-vous pensé? Ilyrià et Thranduil ou l'eau et le feu...
N'hésitez pas à me faire part de votre ressenti!
A la semaine prochaine pour le chapitre 9 qui se situera quelques mois après leur arrivée. Se seront-ils tous entretués?! Au fait le dessin de présentation vous fait-il penser à quelque chose? ^^
Bisous tout doux!
