Amis du jour, bonjour! Ci dessous le dernier cru de l'histoire d'une chipie, d'un casse-pieds, d'un mimi, d'une rêveuse et de relous! :D A vous de replacer les persos à la bonne place! Qui est qui? ;)
Apparemment. .. je suis soit sadique soit barbare! Rhoooo et non on ne m'analyse pas à travers ce que j'écris Poly Popy! :)
Merci à tous de suivre cette humble histoire! Et une dédicace spéciale à la Suisse et les United States ;) qui suivent assidûment! !
Enjoy!
Chapitre 12.
Ilyrià,
La Wallen essayait tant bien que mal de voir l'état des plaies dans son dos en se tortillant devant la psyché de sa chambre. L'aperçu qu'elle eut lui arracha une grimace de dégoût devant les marques blanches qu'avaient laissé les croû semaines étaient passées depuis cette nuit d'épouvante où Finnàm avait dû lui faire subir ce châtiment au nom de son père. Mais ce qui aurait dû les séparer définitivement, après leurs si nombreuses disputes de ces derniers mois, les avait au contraire resoudés.
Car elle savait.
Elle savait que, malgré ce que les blessures imprimées sur sa peau laissait supposer, le Ceannar avait retenu l'impact des coups autant que possible et que son cousin avait lui-même prit un ou deux claquements sur ses bras pour la protéger au maximum.
Elle comprenait enfin le lourd fardeau que son père avait imposé au Commandant de sa Garde et elle lui en voulait d'avoir autant responsabilisé son ami.
Finnàm la veillait depuis avec un acharnement accru, allant jusqu'à dormir toutes les nuits sur le sofa tiré au pied de son lit, une énorme épée au creux de ses bras au lieu de sa compagne elfe. Ilyrià avait dû menacer de se jeter de son balcon pour qu'il accepte de regagner son propre logis et prendre un semblant de repos.
La jeune femme avait besoin de solitude pour réfléchir posément à tout ce qui c'était passé...au fait que quelqu'un lui voulait du mal, la discréditer aux yeux du roi Thranduil.
Thranduil... Le prénom glissait sur ses lèvres encore brûlantes du baiser qu'elle était sûre de ne pas avoir rêvé... Elle était toujours bouleversée de cet effleurement. Il l'avait fait chavirer malgré la douleur d'une façon qu'elle n'aurait jamais cru possible, surtout venant de lui... mais Ilyrià lui avait voulait aussi terriblement. Depuis cette nuit-là, elle ne l'avait quasiment plus revu et, en ces rares occasions, il s'était montré distant voire froid et insensible à ses émois.
Peut- être avait-elle tort et n'était-ce qu'une hallucination dûe à sa fièvre même si tout en elle criait le contraire. Pour couronner le tout, le roi avait fait annuler toutes ses leçons, prétextant son besoin de repos et que des affaires plus urgentes recquéraient toute son attention.
- Je le déteste, a amadan righ! lança-t-elle à son reflet.
Quelqu'un frappa à sa porte, la tirant de ses pensées vindicatives.
- Thig a-steach! (entrez!) cria-t-elle.
- Quel accueil! Je devrai peut-être rebrousser chemin...
Cette voix chaude, Ilyrià la reconnut immédiatement tant elle lui avait manqué. Elle se rua dans les bras de son propriétaire et lui sauta au cou, enroulant ses jambes autour de sa taille.
- Legolas! Siulad, cund vell!
- Wen nîn, tes manières sont décidément irrécupérables... Malgré tout, elles m'ont manqué... dit-il d'une voix douce et embarrassée en lui caressant les cheveux. Personne en Lothlorien n'a tes façons de faire si... personnelles et c'est tant mieux! Deux, ce serait trop...
La Wallen se mit à rire avant de prendre conscience qu'il ne l'avait toujours pas reposée à terre.
- Permission de débarquer, prionnsa?
- Permission accordée, dit-il presque à regret, démentant ainsi ses derniers propos et il la lâcha.
L'elfe planta son regard azur, cette fois sérieux, dans le sien et lui prit la main.
- Comment vas-tu, ma Dame? Mon père m'a appris ce qu'il s'est passé... Je regrette tant de ne pas avoir été à tes côtés...
- Mais tu es là maintenant, prionnsa, le rassura-t-elle en lui pressant les doigts.
- Je n'arrive pas à envisager que quelqu'un de notre peuple puisse arriver à de telles extrêmités... murmura l'ellon, sombre.
- Bah! Moi si! Je ne suis pas vraiment bien vue dans ta Forêt... Mon aimable et si doux caractère devraient pourtant plaire à tout le monde! commenta-t-elle avec un clin d'oeil.
- Certes, wen nîn, répondit Legolas en riant. Mais maintenant, je suis là et je ne te quitterai plus des yeux...
- Que tu as de fort perçants! Mais non, non, non! Finnàm me suis déjà comme mon ombre... Sois mon ami, cela me suffit amplement!
L'ellon se rembrunit légèrement.
- Mellon... je le suis déjà princesse... Ne le sais-tu donc pas?
- Bien sûr que si, comme je suis toute à toi! - réalisant que ce qu'elle venait de dire pouvait porter à une mauvaise compréhension, elle crût bon de rajouter – je le suis moi aussi... ton amie, mo prionnsa.
Legolas s'assit dans un fauteuil et s'y carra confortablement, la tête reposant sur son poing fermé, pensif.
- Si vous aviez été mieux accueillis, peut-être aurions-nous pu éviter pareils agissements...
La jeune femme s'installa à ses pieds en tailleur et posa une main sur son mollet. Il tressaillit, n'arrivant pas à toujours faire abstraction du fait que les Wallens soient si tactiles. C'était toujours autant déroutant et si ça lui plaisait qu'elle, elle le soit avec lui, il n'était pas sûr qu'il approuverait qu'elle le soit avec autrui...
- Mo caraid, ne commence pas à chercher des bouc-émissaires. Et puis... hésita Ilyrià avant de continuer, cela ne sert à rien. Ton père est au final plus correct que nous avions pu le penser de prime abord... même s'il n'est pas aussi patient qu'il le laisse entendre! Il a été un bon professeur... D'ailleurs, vas-tu reprendre ta place à mes côtés, ernil Legolas? Ne pourrais-tu pas devenir mon nouveau précepteur de sindarin? Le roi sera ravi de se débarasser de moi, j'en suis certaine... conclut-elle avec une pointe de contrariété qu'elle n'arriva pas à dissimuler.
- Je reprends les armes, dit l' ellon, mais tu te trompes, je ne peux faire plus. Mon père tient à finir ton apprentissage de notre langue... tu es une élève trop difficile... sourit-il, sarcastique.
Un soupir de frustration s'échappa de ses lèvres. La Wallen devina qu'il avait déjà dû tenter d' intercéder en ce sens auprès de Thranduil.
Ilyrià ne savait pas si cette annonce lui plaisait ou non... Pourquoi donc ce dernier ne voulait-il pas passer le relais à son fils alors que lui-même avait annulé chaque leçon ces trois dernières semaines? Il avait pourtant là une occasion en or de ne plus avoir autant à faire à elle... Elle décida sagement d'en rester là pour ne pas contrarier davantage Legolas.
Elle s'allongea à même le sol, un bras sous la nuque, les yeux fixés sur les feuillages qui serpentaient au plafond. Au bout d'une dizaine de minutes, elle somnolait , sereine d'avoir retrouvé son ami.
La jeune femme avait pensé lui parler du baiser qu'il lui avait donné avant son départ mais n'en avait pas eu envie.
Trop de choses s'étaient passées depuis et avaient envahi son esprit déjà beacoup trop encombré. De plus, elle craignait sa réaction quoi qu'ils auraient pu se dire. Dans un sens ou l'autre, elle n'était pas sûre de pouvoir assumer...
Tous les deux restèrent ainsi tranquillement dans un silence qui n'avait rien de pesant... Il les enveloppait de son cocon protecteur, les isolant du reste du monde.
Enfin, Legolas se leva. La nuit tombait et les premiers rayons de lune diffusaient leur aura si douce. Il avait quelques personnes à voir et ne pouvait s'y soustraire même si son regard disait clairement qu'il aurait préféré rester avec elle.
- Wen nîn, dit-il dans un murmure ne souhaitant pas interrompre la plénitude dans laquelle elle semblait être plongée. Mon père te fait dire qu'il te verra demain pour ta leçon. Tu dois te rendre à son étude en milieu de matinée. Cependant, l'entraînement attendra encore un peu.
Le lendemain matin, Ilyrià se leva aux aurores contrairement à ses habitudes. Elle prit le temps de prendre un bain grâce aux baquets d'eau chaude qu'Elëa avait fait porter et de s'y prélasser. Voilà trois semaines qu'elle n'avait pu s'immerger à cause de ses blessures et c'était pour elle un véritable supplice. La porte s'ouvrit sur Finnàm suivi de son elleth, rouge de confusion. Son éternel cigarillo vissé entre ses lèvres fines, il s'assit au bord du tub et y trempa distraitement le bout des doigts.
- A ghraidh... Il est plus que l'heure de te préparer pour ton entrevue avec le roi, dit-il en couvant du regard l'elfine qui s'emparait d'une serviette.
- Je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout envie d'y aller, bouda la Wallen.
- A ghraidh...
- oui, oui... grogna Ilyrià en se levant nue et pleine de mousse, insouciante du regard d'Elëa effarée par tant de sans gêne.
Elle s'enroula dans le drap de bain tendu par sa camériste rougissante et alla s'asseoir devant sa coiffeuse pour se démêler les cheveux d'un coup de brosse rageur.
- La compagnie du roi t'es-t-elle toujours aussi difficile? s'enquit le Ceannar, narquois.
- Elle est ce qu'elle est, grogna la jeune femme... tout comme cette foutue langue!
Elle se leva et abandonna la serviette pour aller choisir un sarouel pourpre couvert de tâches et une tunique noire, bien loin de la jolie robe de tulle qu'avait préparée Elëa.
- Pourquoi tant de duplicité, mo bana-phrionnsa (princesse)? soupira le guerrier qui avait très bien saisi le manège de la fille de son roi.
Elle ébouriffa ses boucles pour les rendre encore plus indomptables et lui adressa un magnifique sourire.
- C'est juste... drôle! lui cria-t-elle en les plantant là pour rejoindre les appartements du roi sous leurs regards impuissants.
Thranduil lui ouvrit lui-même la porte et une moue réprobatrice apparût aussitôt sur son beau visage en voyant les guenilles avec lesquelles elle s'était vêtue. Ilyrià alla s'asseoir sans un mot sur sa chaise et ouvrit ses livres d'étude, l'air concentré.
La Wallen était en colère contre lui et ne voulait pas lui faciliter la tâche aujourd'hui. S'il n'était pas content, il n'avait qu'à céder sa place à son fils! Elle buta sur chaque mot, fit contre-sens sur contre-sens et le regardait s'empourprer de rage avec une joie mauvaise.
Elle décida au bout d'une bonne heure et demi de porter l'estocade à son gibier, sentant qu'elle l'avait usé jusqu'à la corde.
Ainsi souffla-t-elle aussi bruyamment et gracieusement qu'un mumak et se leva pour aller poser ses fesses sur le bureau du roi. Elle sortit de son étui un cigarillo qu'elle alluma en tirant une énorme bouffée. Elle vit Thranduil manquer s'étouffer, les yeux exhorbités.
Ilyrià coinça son mégot entre ses lèvres comme le faisait Finnàm et le regarda fixement, le défiant ouvertement. Il se leva doucement et fit le tour de la table sans la lâcher des yeux. Il s'approcha de son allure féline et se planta devant elle.
- Que cherchez-vous donc, wen Ilyrià?
- Rien du tout, Aran nîn. Il est juste temps de faire une pause. J'ai la tête qui me démange de tout ce fatras que vous essayez de me faire ingurgiter... répondit-elle d'un ton aussi innocent que possible.
- Et cette horreur vous y aide-t-elle?
- Vous n'avez pas idée, mo righ! Voulez-vous vous laisser tenter? susurra-t-elle.
- Certainement pas! Je n'empoisonne pas mon corps de choses aussi triviales! s'exclama Thranduil qui, d'un geste vif, le lui arracha de la bouche.
Ilurià glapit de douleur.
- Vous m'avez brûlé, brute épaisse!
- C'est de votre faute, écervelée Wallen! Vous êtes si... si...
Pour une fois, le roi avait perdu sa verve et elle trouva cela assez jouissif malgré la brûlure cuisante de ses lèvres.
- Têtue!
- Ça vous va bien de dire ça... murmura la jeune femme.
Thranduil fit comme s'il n'avait rien entendu, ce qui était bien sûr faux. Il prit place à son bureau aussi calmement que possible.
- Nous en resterons là ce jour.. mais avant de vous retirer, ma chère... une précision quant à votre soirée...
- Je sais, l'interrompit-elle en se dirigeant vers la porte, dépitée du peu de temps qu'avait duré leur joute, pas d'entraînement pour la encore trop faible Wallen...
- La raison est pourtant tout autre, la coupa l'ellon d'une voix coupante.
Ilyrià se retourna vers lui surprise, une main déjà sur la poignée.
- Ciod?
- Wen Ilyrià, votre langage... gronda-t-il avant de reprendre: il n'y aura pas d'entraînement car d'autres obligations nécessitent votre présence. Vous assiterez au banquet donné ce soir.
- Un banquet? Et pour quelle occasion ces festivités?
- Pour la raison qu'il me sied! s'exclama Thranduil agacé de devoir se justifier devant elle... comme devant qui que ce soit d'ailleurs. Il est grand temps pour vous de faire plus ample connaissance avec mon peuple qui deviendra le vôtre dans peu de temps je vous le rappelle, et que vous ne semblez pas pressée de découvrir... Je dois donc y remédier pour vous!
- Ah oui? Etrange que je ne veuille pas me mêler à eux quand on sait qu'un de vos fidèles sujets à voulu me nuire! cria la Wallen, hors d'elle.
- Tous les elfes ne sont pas ainsi, voyons! Et vous retrancher derrière la porte de votre chambre en compagnie de vos gens qui,soit dit en passant, ne seront plus là d'ici quelques mois n'est pas la meilleure stratégie à avoir! Je vous pensais tout de même plus perspicace!
Ilyrià se pencha avec une courbette affreuse et lui dit d'une voix ridiculement docile en reculant:
- Tout ce qu'il vous plaira, mon seigneur et maître! -et elle claqua la porte, le nez plissé par la contrariété- Hors de question que j'y mette ne serait-ce qu'un orteil! pensa-t-elle, rageuse de cette façon si cavalière et grossière de lui présenter les choses.
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Thranduil, Ilyrià,
Pourquoi donc avait-elle réagi ainsi encore une fois?! Il avait pensé l'enchanter en réparant les torts qu'il avait eu à son arrivée...
Par les Valar, elle était si imprévisible! Elle finirait certainement par le rendre complètement fou à toujours le défier ainsi!
Une fois de plus, Ilyrià avait mis un point d'honneur à mettre Thranduil dans un état de nerfs que peu pouvaient s'enorgueillir d'avoir atteint...
Le roi avait tout de suite entrevu son état d'esprit belliqueux dès qu'il avait ouvert la porte, ses cheveux emmêlés ainsi que ses frusques tâchées et rapiécées comme autant de preuve... Malgré tout, ses yeux et sa bouche aux lèvres vraiment trop charnues avaient joué une autre musique aux oreilles de l'elfe.
Il avait dû prendre sur lui pour ne pas se saisir d'elle et prendre ce qu'il désirait, en particulier depuis les révélations que lui avait faites le Conui. Qu'elle ait pu connaître la chaleur d'autres hommes ne lui plaisait décidément pas... C'était le moins qu'on puisse dire! Une petite voix sournoise lui murmura que c'était peut-être là la solution à tous ses maux... La posséder une bonne fois pour toutes. Après serait-il certainement libéré de cette maudite attraction! Et que penser de ce qu'elle lui avait révélé... Elle pouvait voir ses blessures, la déchirure de son fëa... comment cela était-il possible, par Erù? Qu'est ce que cela pouvait vouloir signifier? Dire qu'il était intrigué était un euphémisme...
Ces dernières semaines sans quasiment la voir lui avait, à son grand désespoir, fait comprendre certaines émotions qu'il refusait catégoriquement de nommer et il avait cru l'espace d'un instant avoir réussi à l'écarter de son esprit.
Conviction très vite balayée dès qu'il avait posé les yeux sur elle.
Heureusement, l'ellon réussit l'épreuve qu'il s'était imposé en demeurant son professeur,en restant de marbre face à ses provocations délibérées... Pourtant il n'avait eu qu'une seule envie en la voyant assise sur son bureau... l'y renverser...
Il chassa ses idées libidineuses de son esprit d'un revers de la main. La vision de Legolas s'imposa à lui.
Hors de question! Thranduil ne pouvait nier avoir remarqué que celui-ci développait des sentiments envers la princesse Wallen, des sentiments beaucoup plus purs que les siens.
Rien que pour cela, il lutterait contre ce qu'Ilyrià lui inspirait et ce que lui-même faisait ressortir de plus trivial chez la jeune femme. Car il n'était pas idiot ni ignorant de ces choses même si cela remontait à des temps lointains. Il savait que derrière toute la colère qu'elle ressentait, il ne la lassait pas de glace. Ce fardeau, il le porterait pour eux deux. Elle était si jeune et avec son fils de retour, tout rentrerait dans l'ordre. Il le fallait.
La terrasse suspendue où avait lieu le bal était déjà remplie des elfes invités pour l'occasion. Elle était magnifiquement décorée de fleurs et de tables ouvragées d'or et d'argent. Tout le soin possible y avait apporté jusque dans les moindres détails.
Thranduil apprécia à sa juste valeur le travail des elfes en charge de cette tâche harassante. Tous s'extasiaient sur la beauté du lieu et du parfum délicat s'en dégageant sous la lumière des étoiles qui les accompagnait ce soir.
Chacun des hôtes était vêtu de ses plus beaux atours méritant ainsi la réputation de belles gens qu'avait le peuple elfique. Lui-même s'était habillé d'une tunique de soie gris perle tissée de fils d'argent sur une sous chemise noire et d'un pantalon sombre lui aussi. Un riche manteau de brocard complétait sa tenue. Il avait laissé ses longs cheveux libre de toutes entraves si ce n'était le fin diadème de mythril, délaissant son imposante couronne d'automne.
Tout aurait été parfait si quelque chose n'avait pas manqué... aucune trace de sa... de la Wallen ou des siens d'ailleurs. Cela faisait plus d'une heure qu'elle aurait dû se présenter à lui mais rien, pas même un semblant d'explication quant à la raison de sa brillante absence. Legolas ne savait rien non plus et était aussi perplexe que son père. Thranduil sentit une colère sourde l'envahir.
- Ada, lui proposa son fils voyant la fureur fissurer de plus en plus le masque d'impassibilité du roi, laissez-moi aller voir. Je suis sûr qu'elle a une bonne raison d'être en retard.
- Cinq minutes est un retard, ion nîn, une heure c'est une absence... grinça-t-il à voix basse. Et je ne pense pas, non je suis sûr que cette raison n'a rien de valable! Pourquoi? Parce qu'aucun de ces maudits Wallens n'est présent! Ce ne sont que des sauvages sans aucune politesse, ni savoir-vivre...
Un souffle s'exhala de la bouche ourlée du prince et un nuage passa dans ses prunelles bleues. L'orage grondait et serait bientôt remplacé par une tempête cataclysmique. Depuis qu'il était de retour, il voyait la boule de nerfs qu'était en train de devenir son père, toujours à fleur de peau... Il savait peut-être donner le change face aux autres mais ne pouvait le tromper lui. Legolas le connaissait trop bien. C'est pourquoi il tenta une dernière fois de le raisonner.
- Je vais aller les chercher, Ada...
- Non, trancha le souverain avec impatience. Non, je vais y aller... dussé-je les ramèner moi même sur mon dos, conclut-il en se retournant d'un geste ample qui fit tournoyer son lourd manteau.
Legolas se prit à espérer que les Wallens aient une raison pertinente de ne pas s' être encore montrés ... pour leur propre bien.
En arrivant devant la porte des appartements de la Wallen, Thranduil entendit un grand chahut qui n'avait rien de cris de peur, au contraire. Il reconnut sans peine le rire cristallin d'Ilyrià. Ces débordements de joie finirent de le crisper entièrement et il ouvrit la porte à la volée, d'un coup de pied rageur.
Comment, par Morgoth, réussissait-elle l'exploit de toujours lui faire perdre cette contenance qu'il avait si durement acquise au cours de ces derniers millénaires?!
Sur le seuil, l'ellon resta cloué devant le spectacle qui s'offrait à lui.
Nullement habillée ni coiffée ni... rien en fait!... Ilyrià était allongée ou plutôt vautrée par terre, la tête sur les genoux de son cousin et ses pieds calés sur le ventre nu (!) du Ceannar qui la fixait, amusé. Elle tenait dans sa main une bouteille d'origine inconnue, d'où s'exhalaient des vapeurs alcoolisées, à demi vide. Elle gloussait comme une dératée en regardant Klaùs faire apparaître puis disparaître ses écailles faciales en de savantes figures géométriques.
En l'entendant, la jeune femme tourna son visage vers le roi. Il nota avec grand déplaisir ses yeux brumeux et sa voix pâteuse lorsqu'elle baragouina entre deux hoquets:
- Halo mo righ Than... Thrandi... Oh galla, chain eil tha fois agam! Ciamar a tha sibh?...-encore un hoquet suivi d'un rôt retentissant- Gabh mo leisgeul, tha mi bochd, tha mi sgith... (salut mon roi... Oh merde, je ne sais plus! Comment allez-vous? Excusez-moi pardon, je ne vais pas bien , je suis fatiguée...)
Thranduil s'étrangla de fureur tandis que Finnàm se relevait calmement et que Klaùs sautait sur ses pieds, faisant tomber lourdement la tête de sa cousine sur le sol sans aucun état d'âme.
- Elle est saoûle comme une barrique! commenta Klaùs en la désignant vaguement, pliée de rire par terre. Quoique là tout de suite, une barrique serait beaucoup plus distinguée... déjà qu'en temps normal...
Il laissa sa phrase en suspens, laissant chacun la terminer comme il l'entendait et se mit à rire grassement. Ses yeux brillaient de deux flammes luisantes, nouvel aspect lui aussi de sa mutation dragonne.
- Elle est complètement folle!
Ilyrià se remit debout et tangua jusqu'à son cousin en le menaçant du doigt.
- tha fios thu... tu sais ce qu'elle te dit la folle?
Là, elle le gifla pour l'embrasser tout de suite après à moitié dans le vide, n'arrivant plus à visualiser les distances correctement et se laissa tomber sur le sofa. Klaùs se massa la joue et dit, la tête penchée de côté, taquin:
- Je l'adooooore quand elle est comme ça!
Sur ces mots, il les planta là, leur laissant sa cousine sur les bras. Le Wallen s'était bien amusé et passait à autre chose une fois que la situation avait bien dégénérée... du grand Klaùs en somme!
Finnàm secoua la tête et, prenant sa longue tresse entre ses mains, il la tordit pour l'attacher en chignon.
- Rhooo! s'exclama Ilyrià en roulant des yeux, quand il fait ça, c'est qu'il a des idées lubriques derrière la tête... Mais ne vous inquiétez pas, Aran righ -elle mélangeait toutes les langues- il n'en a pas après moi... ça c'est fini depuis... -elle compta sur ses doigts avant de souffler dessus comme pour chasser de la poussière-... au moins... très longtemps en tout cas! Faîtes plutôt surveiller l'arrière train de vos elfines!
L'air attéré de l'elfe la fit rire à nouveau et elle se cacha le visage dans les coussins comme une enfant prise en faute.
- Et elle a déjà dessoulé depuis que je l'ai trouvé et qu'elle a renversé son autre bouteille sur ma tunique, expliqua Finnàm, justifiant ainsi du même coup sa poitrine dénudée.
- Où a-t-elle bien pu se procurer cet alcool?
- Oh ça... répondit le Commandant, c'est la réserve personnelle de ma princesse en provenance directe de Terra. -il haussa les épaules, défaitiste- Je ne savais même pas qu'elle en avait ici avec elle. Ce sont des alcools vraiment forts, moi-même je me suis déjà retrouvé à quatre pattes après en avoir bu...
- Elle l'a fait exprès! souffla le roi, ses yeux aussi durs que l'acier.
- C'est effectivement ce que je crois, approuva Finnàm avec un sourire indulgent. Elle a dû vouloir se donner un peu de courage avant votre banquet. Ces réceptions peuvent être intimidantes pour les non-initiés!
L'ellon, qui tenait pourtant l'intelligence de cet homme en grande estime, lui donna tort cette fois-ci et le traita mentalement d'idiot. Se remémorant la sortie de la Wallen de son bureau un peu plus tôt, il sut avec certitude que la jeune femme s'était enivrée à dessein, pour le mettre à défaut devant tout le monde ce soir.
Hors de question qu'elle gagne, pensa-t-il sévèrement. Elle fera ce que je veux moi!
Il dit à Finnàm sans la lâcher des yeux, à demi comateuse:
- Allez vous préparer, Conui. Je vais appeler quelqu'un et la faire remettre sur pieds.
Son ton ne souffrait aucun refus et, malgré une lueur d'inquiétude fugace qui traversa son regard, le guerrier jugea plus sage de laisser la main au roi. Il savait qu'il ne lui ferait rien sinon la saoûler un peu plus mais de récriminations cette fois. Et puis honnêtement, il était soulagé de passer le relais. Elle était insupportable ainsi et avait même réussi à faire fuir Anaïsa, cette dernière n'ayant qu'un attrait très limité pour tout ce qui touchait à la boisson.
Il se dirigea vers la porte quand la jeune femme s'agenouilla sur le canapé et, suppliante, gémit.
- Cha! Ne me laisse pas seule avec lui, mo caraid... s'il te plaît...
Le Ceannar poussa un soupir et lui lança en passant la porte:
- Tu t'y es mise toute seule, a ghraidh. Débrouille-toi, je ne suis pas nourrice...
Une fois seuls, Ilyrià et Thranduil ne surent ni quoi se dire, ni quoi faire, ce à quoi aucun d'eux deux n'était habitué. Ils se dévisagèrent un moment méfiants, lui l'épaule appuyéé contre le chambranle de la porte et elle toujours à genoux au milieu des coussins.
Soudain, malgré l'alcool qu'elle avait ingurgité , la Wallen enjamba le dossier du canapé pour s'échapper et sauta par dessus la table basse avec une agilité déconcertante. Malheureusement pour elle, l'elfe fut plus rapide et l'attrapa au vol par la taille. Dos à lui, elle se mit à se débattre, gesticulant et battant des pieds comme une furie. Elle lui mit un grand coup de coude dans les côtes et il la lâcha, le souffle coupé.
Ilyrià en profita pour se dégager mais peine perdue. L'ellon la saisit par le poignet et le lui tordit pour la retourner vers lui, la respiration saccadée. C'est alors que la situation dérapa et échappa totalement au contrôle du roi elfe.
Mûe par la colère qu'elle avait accumulée depuis des semaines voire des mois, elle le gifla. Si celle qu'elle avait assénée à Klaùs était un geste somme toute amical, celle-ci fut magistrale. Une marque écarlate zébra la joue pâle du souverain. Il perdit toute contenance et, toujours en la maintenant fermement par son poignet délicat, il lui rendit le coup. Muette de stupeur, elle porta la main à sa joue cuisante. Il regretta immédiatement pareille attitude mais elle l'avait poussé littéralement à bout. Il la lâcha aussitôt et elle fit quelques pas en arrière, apeurée.
Du moins c'est ce qu'il pensa sur le moment.
Ilyrià recula encore un peu plus la main toujours sur sa joue brûlante alors qu'il restait pétrifié. Il crut qu'elle allait se mettre à pleurer tant ses yeux étaient luisants quand, tout à coup, elle fondit sur lui, collant son corps au sien.
La Wallen passa ses mains derrière sa nuque pour attirer sa tête vers son visage et plaqua sa bouche sur la sienne. Thranduil dût user de toute sa force de caractère pour s'arracher de son étreinte. Elle avait bu et il n'était pas ce genre d'ellon, à profiter de la situation. Il l'éloigna de lui d'un geste brutal et lui dit sèchement.
- Rappelez-vous la raison pour laquelle vous êtes ici, wen Wallen! -ses mots eurent l'effet escompté et finirent de la dégriser. Il l'aurait frappé qu'elle n'aurait pas réagi différemment- Maintenant, habillez-vous... Si vous ne vous êtes pas présentée d'ici une demi-heure à la terrasse, c'est dans une de mes geôles que vous finirez cette nuit grotesque! ... Et ne portez plus jamais la main sur votre roi, termina-t-il sans la regarder.
Elle chancela sous la menace et baissa la tête en signe de reddition.
Thranduil sortit et s'adossa au mur après avoir refermé cette damnée porte derrière lui. Il souffla en se pinçant l'arête du nez, et ce à plusieurs reprises, pour reprendre un semblant de sérénité avant de remonter là où il aurait donné toutes ses richesses pour ne plus aller .
A peine arrivé, un sourire faux plaqué sur ses lèvres encore brûlantes du baiser que lui avait donné la jeune femme, il tomba nez-à-nez avec les membres de la Garde et Legolas. Il le regardèrent tous comme un seul homme, interrogateurs.
- Alors? demanda Anaïsa, soupçonneuse.
Il lui lança un regard exaspéré. Cette jeune guerrière semblait voir au-delà de son masque et cela l'agaçait sans commune mesure. Ses grands yeux bleus n'étaient pas dupes, il en était certain. L'ellon aurait pu jurer qu'elle lirait entre les lignes de tout ce qu'il pourrait faire ou dire.
- Alors, rétorqua-t-il d'une voix mesurée, elle se prépare et va arriver aussi sagement que n'importe quelle femme de Mirkwood doit le faire!
- Vous êtes sûr que nous parlons de la même Wallen? se moqua Klaùs. Ma cousine? Je mise sur une entourloupe!
- Peut-être ne savez-vous pas être assez persuasif?! ironisa Thranduil, piqué au vif par ce manque de confiance en son jugement.
- Ada, intervint doucement Legolas, ses yeux pâles et bleutés agrandis par la surprise et quoi l'envie? se demanda le roi- Je ne crois pas que sagement soit le mot approprié...
Son père vit qu'ils avaient tous leur regard rivé sur un point derrière lui. Pris d'un sombre pressentiment, il se retourna lentement et resta figé.
Pour être à l'heure, elle l'était. Pour s'être préparée, elle l'était... le résultat était juste... Il n'avait pas de mots pour exprimer son désarroi. Malgré la rage qui s'emparait de lui, Thranduil ne pouvait cependant que la dévorer avidement des yeux.
Ilyrià s'était coiffée de manière totalement extravagante avec deux espèces de chignons torsadés sur le sommet de sa tête d'où s'échappaient une multitude de petites boucles rebelles.
Quant à sa robe...
Typiquement de style wallen, elle dérogeait complètement à la bienséance elfique. Lorsqu'elle fut bien sûre d'avoir toute son attention, elle lui renvoya un sourire effronté et tourna sur elle-même avec un haussement de sourcil provocateur. Il put prendre ainsi la pleine mesure de l'indécence de cette chose qu'elle appelait une robe! Pourpre et satinée, le vêtement la moulait comme une seconde peau, soulignant chaque détail de son anatomie plantureuse. Le décolleté carré laissait entrevoir la naissance de sa poitrine et, par les Valar, ce n'était pas là le pire du meilleur! Sa mâchoire faillit se décrocher toute seule de colère quand elle se retourna. Tout le dos de cette satanée robe était juste inexistant.
Elle était découpée jusqu'au creux de ses reins et on pouvait voir ainsi voir le seul bijou que la Wallen portait en permanence, une fine chaîne qui ceignait ses hanches rondes dont elle ne se séparait jamais. D'où il était, l'elfe voyait très nettement les deux tatouages de lien qui se supperposaient l'un à l'autre le long de sa colonne vertébrale. Il étouffa un juron.
Une fois de plus, elle avait retourné la situation contre lui et s'était joué du roi. Tous les regards étaient tounés vers elle et un aiguillon de jalousie lui empoisonna le coeur. La seule chose que Thranduil aurait souhaité en ce moment, c'était de la jeter sur son épaule et la ramener dans ses appartements...
Ilyrià discuta avec un groupe d'elfes puis un autre et encore un autre, consciente du regard acier qui brûlait dans son dos. La Wallen se montra absolument charmante, rieuse et odieusement pleine de sollicitude avec tous alors qu'il savait qu'elle n'en avait absolument rien à faire... une comédienne était née!
Elle navigua entre les invités du roi en faisant abstraction de ce dernier, de son attitude guindée que seuls trahissaient ses yeux enfiévrés. Elle dansa plaisamment avec tous sans aucune des mauvaises manières qui lui étaient coutumières. La jeune femme était d'une exquise politesse pour compenser sa tenue quelque peu ... décalée.
Elle dansa aussi avec Legolas qui fut son cavalier attitré toute la soirée. Quoi de plus normal? Il ne la quitta pas, satisfaisant le moindre de ses désirs avec plaisir mais n'hésitant toutefois pas à la sermonner à une ou deux reprises. L'ellon était réellement choqué par la robe de la Wallen, de ce qu'elle suggérait et montrait. Il n'appréciait que très moyennement que tous aient une vue imprenable sur la peau de sa future fiancée. Il aurait préféré, à n'en point douter, que celle-ci reste du domaine du privé et aurait aimé en avoir la primeur avant d'en faire profiter les autres.
Malgré tout, cela ne l'empêcha pas de la tenir un un peu plus serrée que ne l'exigeait la bienséance.
Finnàm, lui aussi, la réprimanda gentiment avec un sourire en coin pour conclure d'un «Tu es impossible, a ghraidh... Tu finiras par avoir la tête de ce pauvre roi!». Ilyrià se mit à rire joyeusement, une lueur fourbe dansant au fond de ses yeux vairons et rejoignit Anaïsa qui s'était réfugiée derrière d'énormes pots de fleurs magnifiques et odorantes.
Des roses d'une multitude de couleurs se disputaient l'attention des admirateurs avec de grands lys majestueux. Une arche de vigne grimpante les surplombait, finissant de cloisonner cet écrin de verdure.
La guerrière était assise en tailleur et semblait désemparée sans la présence de Muir à ses côtés. Son amie la trouvait somptueuse ce soir et ne comprenait pas pourquoi elle se cachait ainsi. Anaïsa portait une tunique vaporeuse d'un rose tendre avec un joli décolleté rond aux manches courtes laissant apparaître les nombreux tatouages qui serpentaient sur sa peau laiteuse. Ses cheveux étaient attachés haut sur sa tête par une de ses propres dreads et une fine tresse barrait son front comme un diadème.
La princesse Wallen cala une fesse sur un des pots de fleurs et la regarda attentivement.
- Mo piuthar, ciamar a tha thu? (comment vas-tu?)
Anaïsa haussa les épaules et lui sourit d'un air fatigué.
- Bien.
- Naoï, la gronda Ilyrià, ne me mens pas. Tu es loin d'avoir la forme... Quelque chose ne va pas? Dis-le moi mo caraid?
La guerrière wallen ferma les yeux et murmura, lassée:
- Pourquoi? ... Pourquoi cherches-tu autant la confrontation avec le roi?
- C'est lui qui me cherche, Naoï! Je n'aime pas cette façon qu'il a d'imposer ses volontés...
-C' .roi, martela son amie en détachant chaque syllabe et mot. Ainsi agissent-ils tous... Tu es quand même bien placée pour le savoir, non?
- Bref! la coupa court Ilyrià sans répondre. Elle se releva d'un mouvement tout sauf naturel à cause de cette damnée robe.- J'ai la migraine et suis fatiguée au delà de l'inimaginable...l'alcool! Invention du démon! A demain, a ghraidh! cria-t-elle de dos en lui faisant un petit signe de la main par dessus son épaule.
Elle avait quitté la terrasse, exténuée par les efforts fournis si peu de temps après avoir tant bu. La jeune femme avait eu son comptant d'elfes pour la soirée. Aussi, décida-t-elle de passer par les jardins bien heureusement désertés et d'y flâner un peu, appréciant la solitude et le silence qui s'en dégageaient.
Une main de fer s'abattit sur son bras. Le souverain de cette forêt maudite se tenait devant elle, un sourire affreusement prédateur aux lèvres. Elle se figea sous l'hostilité de son regard polaire.
- Vous êtes-vous bien amusée à mes dépends, wen nîn?
Elle se dégagea froidement.
- Vous m'avez imposé cette soirée infernale, prenez-en à vous même! Et ne m'appelez plus ainsi, je ne suis pas à vous,galla righ!
- Vous croyez? siffla-t-il, les dents serrées par la colère.
- J'en suis certaine! Je ne vous appartiens pas et...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il la plaquait violemment sur l'arbre derrière elle en moulant son corps au sien.
- En êtes-vous absolument sûre?... wen nîn... lui murmura-t-il dans le creux de son oreille, satisfait de la sentir pantelante contre lui.
Thranduil effleura délicatement sa bouche de ses lèvres et, n'y pouvant plus, l'écrasa totalement en en forçant l'entrée. Ilyrià s'abandonna à son étreinte et noua ses bras autour de son cou. Leur baiser s'éternisa alors qu'ils exploraient chacun la bouche de l'autre férocement comme si tous deux voulaient ardemment soumettre son adversaire.
Il la souleva et la Wallen enroula ses jambes autour de sa taille, faisant ainsi remonter dangereusement sa robe sur le haut de ses cuisses. A bout de nerfs et la raison plus que vacillante, il colla son front au sien et ferma les yeux.
- Ce n'est pas possible... Nous ne pouvons continuer ainsi... dit-il doucement.
Le souffle chaud de la jeune femme lui balaya le visage, menaçant dangereusement sa détermination. Aussi la reposa-t-il à terre malgré les protestations d'Ilyrià.
- Et si moi je ne veux pas... pouvoir? rétorqua-t-elle à voix basse.
Thranduil entendit la cassure dans sa voix rocailleuse et ne put retenir un dernier geste avec sa main. Il caressa la ligne délicate de sa mâchoire et posa un chaste baiser sur son front et son nez, en évitant soigneusement la région de ses lèvres. Enfin, il se détacha d'elle et partit d'un pas rapide le dos raide, se maudissant pour cet énième moment d'égarement et pour l'abandonner ainsi.
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Voili voilou... qu'avez-vous pensé? Leurs galères vont aller de mal en pis, non? Suite et conséquences au prochain chapitre! ;)
