Et voilà, voilà le 13ème chapitre en provenance directe du fin fond de ma campagne profonde... Les choses s'accélèrent un peu et tout le monde part en sucette... encore un peu plus... cette partie est plus courte que les précédentes mais il agit comme une amorce des prochains... donc ceci est pour votre bien (en tous cas, je l'espère! ). Encore une fois pourvu qu'il vous satisfasse et que ces voyous de Wallens et les pas si sages que ça elfes de Mirkwood vous fassent passer un agréable moment! ;)

Sinon merci à tous et toutes qui que vous soyez pour les nombreux anonymous et à Poly popy qui suit assidûment; Krassnaia ma chérie que j aime! ;); à Juliefanfic:oui je suis une sadico barbare en puissance! Mais ravie que ça te plaise toujours! BakaSaru6 qui a des questions fort pertinentes tout comme Savang!; Toutouille pour son ajout et ses commentaires privés qui m'ont fait plus que plaisir et Darkklinne qui a trouvé un de mes vilains petits secrets :) ... merci de votre soutien!

Et cette fois, on change de pays: thanks Canada and United Kingdom! (A qui le prochain tour?!)

Chapitre 13.

Anaïsa, Finnàm,

La Wallen avait décidé de quitter la soirée sylvestre peu après son amie. Tout avait été charmant, certainement un peu trop d'ailleurs.

Anaïsa poussa un soupir nostalgique en repensant une fois n'est pas coutume aux banquets que, eux, organisaient au sein de leur cité. Ces festivités-là étaient toujours pour son peuple l'occasion de fêtes débridées. Et même s'ils avaient du goût eux aussi en matières de décoration, les réjouissances qui s'y déroulaient n'étaient pas du même ordre et seraient sûrement apparues aux yeux des elfes comme orgiaques! C'étaient des explosions de couleurs, de sensations et de joie de vivre intense.

Peut-être était-ce là le problème de la population elfique...

La vie éternelle donnaient à ces belles gens un immobilisme latent qui lui était dur, à eux Wallens, de supporter. Alors qu'ils pouvaient être d'une rapidité inouïe sur les champs de bataille, les elfes étaient aussi d'une lenteur incroyable dans leur vie de tous les jours. Son peuple faisait absolument tout dans l'urgence et l'excès.

D'un autre côté, toutes leurs contradictions les rendaient fascinants, du moins à ses yeux. Anaïsa eut un petit sourire en se disant que Finnàm ou plus encore Klaùs ne seraient pas du tout d'accord avec ce dernier point...

Par contre, ce qui était loin mais alors très loin de la fasciner était la musique! De la harpe, de la flûte, de la harpe encore et toujours... Non, non, non! Les tambours, les cymbales, les didgéridous et les ouds lui manquaient atrocement... Du rythme, par Erù, du rythme!

Afin d'éviter le plus de monde possible car sa nature la rendait extrêmement solitaire, Anaïsa opta par le passage des petits jardins qui jouxtaient la terrasse suspendue. Autant d'odeurs, de verdure et de végétaux lui donnaient la nausée malgré leur incommensurable beauté. Jamais elle ne pourrait les aimer comme elle adorait la mer, ses senteurs, ses embruns sur son visage. Elle avait hâte de retrouver sa merveilleuse cité, sa chambre ou encore ses amis... se laisser porter plutôt que d'être constamment sur ses gardes à surveiller le moindre de ses faits et gestes.

Elle soupira et se pressa. Retrouver Muir ou encore prendre un peu de repos voilà bien le seul programme qui la tentait... mais aussi afin d'enlever ces fichues bottes que son frère et Commandant l'avait obligé à porter en ces circonstances, arguant que le roi Thranduil faisait des efforts qu'ils devaient tous lui retourner.

Quelle torture! Elle se demanda pour la énième fois comment faisait le cousin d'Ilyrià pour supporter le contact étroit du cuir, plus particulièrement au vu de la grosseur de ses propres griffes. La jeune guerrière n'aurait jamais pu porter ces horreurs chaque jour qu'Erù faisait! C'était un tel calvaire!...

La jeune femme en était là dans ses réflexions quand elle entendit des voix étouffées un peu plus loin. Elle décida de passer son chemin et de les ignorer quand le timbre rocailleux d'une des voix lui fit dresser l'oreille. Elle reconnut sans l'ombre d'un doute celle de la femme apparemment furieuse dont les paroles la contrarièrent au plus haut point: «je ne vous appartiens pas...»

Al'affût, tel le prédateur qu'était son double félin, elle se tapit et alla vérifier ses soupçons, priant les Valar de n'être qu'une effroyable amie...

Malheureusement, ce ne fut pas le cas.

Elle sentit son sang se figer dans ses veines en voyant Ilyrià, la robe remontée et les jambes enroulées autour d'un ellon qui n'était certainement pas celui qui aurait dû se trouver là, entre ses cuisses. Il avait le visage caché mais sa posture et ses longues mèches d'un blond argenté étaient reconnaissables entre tous...

Le Haut Roi Thranduil, les yeux fiévreux et la bouche rougie d'avoir embrassé la Wallen.

Anaïsa bouillonna de colère et allait intervenir quand elle le regarda plus attentivement. Elle le vit reprendre raison et se détacher de son amie, même si la tâche avait l'air ardu. Elle observa ensuite sa princesse et vit au fond de ses pupilles brillantes tout ce qu'elle aurait voulu y voir pour le prince, et non son père... Le roi partit enfin et la laissa seule, perdue.

La guerrière sortit des fourrés et l'interpela d'une voix glaciale:

- Que t'arrive-t-il? Serais-tu devenue folle?!

Ilyrià fit volte-face, les yeux encore embués.

- Naoï! Tu m'espionnes? l'accusa-t-elle en se réajustant les mains tremblantes.

- Ne retourne pas la situation! Fais-le avec les autres, pas avec moi. Je te connais trop pour jouer à ce jeu là! Te rends-tu compte que ton stupide égarement n'amènera avec lui que la ruine sur nous tous, ton peuple comme le leur?! As-tu pensé à nous, à Legolas, à ton père?

La guerrière Wallen était hors d'elle. Tant d'inconscience de tout ce que «ça» impliquait la mettait dans une rage folle, elle pourtant d'une nature si pondérée. Son amie baissa la tête avant de se redresser, hautaine... Maudite fierté Wallen!

- Je n'ai pas de compte à te rendre, Anaïsa'Ail! Tu crois savoir mais tu ne sais absolument rien! Rien du tout!

Elle fit mine de s'en aller mais Naoï se propulsa d'un bond devant elle et lui barra le chemin.

- Je sais et depuis plus longtemps que toi! Pourquoi crois-tu que j'insistais autant sur tout ce qui te liait à lui?! Parce que je suis curieuse? Allons! Je pensais que tu me connaissais mieux que ça! Je t'ai tendu des perches qui tenaient plus de poteaux! Pourquoi n'as-tu rien dit?

- Parce que... parce que je ne suis pas idiote! Je sais que tout cette histoire est inexorablement vouée à l'échec, avoua Ilyrià dans un murmure à peine audible en évitant soigneusement son regard. Je ne peux m'empêcher d'avoir ces sentiments qui me polluent le corps et l'âme... J'ai essayé de voir ça comme de la haine et j'y ai cru...un temps. Mais il me transporte! s'emporta-t-elle dans un élan passionné, je n'y peux rien! A chaque regard, à chaque fois qu'il me touche... Je ne le supporte pas et en même temps je n'imagine pas ne plus le voir!

- Tu l'aimes... dit Anaïsa, attérée de cette constatation.

- Je ne sais pas, non n'exagérons rien, répondit Ilyrià en déchiquetant une fleur qu'elle avait arraché. Je ne veux pas mettre de mots là- dessus...

-Ily... et le prince dans tout ça?

La Wallen haussa les épaules, un nuage au fond des yeux.

- J'aime beaucoup Legolas mais...

- Mais rien, trancha celle qu'Ilyrià voyait comme sa soeur. C'est sur lui que tu vas te concentrer. Tu ne peux pas -elle martela chaque mot- tu ne peux pas faire autrement qu'enfouir toute cette fange (la guerrière s'en voulut de se montrer aussi dure mais elle n'avait pas le choix, quelqu'un devait le faire) et passer outre. Je serai là pour t'aider. Quant à lui...

- Ne parle pas de lui -la voix de la princesse claqua, cinglante- ne le nomme même pas. Il n'y a rien à dire, il me l'a bien fait comprendre. Tu n'as plus à t'inquiéter de ce côté-là. Je rentre maintenant... seule, conclut-elle,sombre, en voyant Anaïsa lui emboîter le pas. Rentre chez toi, cerbère!

Ilyrià s'éloigna d'un pas rapide, souhaitant mettre le plus de distance possible entre elles deux.

Anaïsa prit elle aussi le chemin de ses propres appartements, désolée ce qui venait de se passer mais sûre et certaine qu'elle avait fait ce qui devait l'être, de son bienfondé.

Lorsque la jeune femme arriva enfin, son frère était déjà là l'air soucieux, en train de fumer... pour changer... Un pli barrait son front et sa tête penchée de côté montrait qu'il réfléchissait intensément.

- Il ne s'arrêtera donc jamais! Par les Valar, qu'il est épuisant! pensa -t-elle, peinée pour lui.

Elle lui effleura le bras pour lui signifier sa présence.

- Qu'y a-t-il, mo brathair? La soirée ne t'a-t-elle donc pas été bonne? Où est Elëa?

- Merveilleuse, rétorqua-t-il, sarcastique. Ma si adorable elfine est rentrée dormir chez elle... Je ne suis pas d'humeur badine et ma compagnie n'est pas la plus agréable qui soit...

- Qu'y a-t-il, Finnàm? insista-telle.

- Justement, je ne sais pas, mo piuthar, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus... Quelque chose de capital m'échappe et cela me rend fou... C'est tellement frustrant!

Il balaya d'un revers de la main une pile de livres se trouvant sur la table qui allèrent s'écraser contre la porte communicante au logis de son second.

- Si seulement j'arrivais à poser... commença le Commandant de la Garde en se baissant pour ramasser un vieux livre.

Le manuscrit à la main, il suspendit son geste de le reposer sur ladite table. Il ferma les yeux et se laissa aller. Il relâcha les tensions de son corps, le décontractant au maximum. Sa cadette allait dire quelque chose quand il lui intima le silence d'un grognement sourd. Il pencha de nouveau son visage et ramena l'ouvrage à ses narines pour le humer encore et encore et ce, sous toutes les coutures.

Il ouvrit les yeux. Leur éclat froid et bestial fit frissonner sa soeur. Finnàm sourit, rictus qui découvrit ses canines subitement allongées.

- C'est ça...-il regarda Anaïsa avec une satisfaction qui n'avait rien d'engagente- ... c'est la pleine lune cette nuit et elle sera rouge, rouge sang, dit-il d'une voix sourde. Un elfe ne verra pas le soleil se lever une nouvelle fois sur cette maudite forêt...

Sur ces mots et sans donner plus d'explications, il sortit en glissant son coutelas à sa ceinture.

Anaïsa ne le suivit pas. Elle savait qu'il voulait être seul pour accomplir son devoir.

Finnàm ne se pressa pas. Au contraire. Il comptait prendre le temps nécessaire et y puiser tout le plaisir possible. Il savait qu'il aurait dû aller trouver Thranduil et le mettre au courant de sa toute récente découverte. Le problème était que le roi aurait voulu gérer lui-même la situation... or ça, il ne pouvait absolument pas le permettre. Il en allait de son honneur.

Il le devait à Ilyrià qui avait été battue, à Sturten dont il avait rompu la confiance et à lui-même qui se sentait horriblement défaillant ces derniers temps. Le guerrier serait cette nuit le juge et le bourreau de ce fêlon.

Il savait précisément où aller. Tout était enfin limpide.

Il descendit l'escalier de pierres d'un pas assuré et se retrouva dans un dédale de couloirs sombres bien loin de l'aura bienveillante et lumineuse des cavernes du dessus. Il arriva vite à destination et ouvrit doucement la porte qui le séparait de l'objet de sa venue en ces souterrains.

L'ellon qu'il cherchait était là, penché sur sa table de travail. Finnàm, en le voyant, se dit que les apparences étaient réellement trompeuses. L'elfe avait l'air si concentré et la lumière qui l'illuminait lui conférait une allure divinement pure... sauf que le Ceannar savait pertinemment qu'il était très loin de l'être.

Le Wallen ferma la porte d'un coup de talon et s'y adossa, bloquant par là même la seule sortie de la pièce. Le bruit attira l'attention de l'elfe dont le visage fermé ne put cacher la consternation. L'inquiétude teinta ses petits yeux gris. Il se reprit vite et, se carrant dans son fauteuil, dit d'une voix bienveillante:

-Puis-je vous aider, Commandant?

Le guerrier n'était pas dupe. Il sortit son long couteau et commença à se curer les ongles avec.

- Je ne sais pas trop... Qu'en dis-tu, Lomion? Peux-tu m'aider, maître elfe? Car tu n'es pas très doué avec les tâches qui te sont dévolues...

Le regard de l'ellon se durçit et il se déplaça légèrement sur sa chaise sans répondre. Aussi, Finnàm continua-t-il, imperturbable.

- En quoi pourrais-tu m'aider? répéta-t-il. Nous savons déjà que l'apprentissage n'est pas ton point fort...

- Encore aurait-il fallu que la personne à instruire ait un minimum de capacités et non une cervelle complètement vide! répondit Lomion avec colère.

- Ha... Nous y voilà donc... Aurais-tu un grief à émettre contre ma princesse?

La tension était palpable et l'air crépitait autour d'eux.

- Princesse! cracha l'ellon en se levant doucement. Elle n'a rien d'une princesse!... Ce n'est qu'une putain!

Son visage n'était plus qu'un masque grimaçant.

- Une putain qui sera un jour ta souveraine, elfe, dit tranquillement le Wallen.

- Jamais elle ne montera sur le trône de Mirkwood!

- Il est vrai que tu t'y es employé fortement ces derniers temps...

- Nous ne le permettrons jamais! tonna Lomion furieux, perdant le peu de contenance dont il avait fait preuve jusque là.

- Nous? demanda doucement Finnàm. Intéressant.

L'ellon réalisa trop tard la portée de ses mots. Il sut qu'il avait donné une information capitale et qu'il se devait de maîtriser ce satané Wallen.

Après tout, il avait beau être archiviste, il n'en restait pas moins un elfe émérite qui avait eu son lot de batailles...

Il commença à tourner lentement autour de la table pour se rapprocher du guerrier.

- Qui est donc ce «nous»? le questionna Finnàm, désormais autoritaire.

- Nous, c'est moi! cria l'ellon, hors de lui.

Soudain, Lomion sauta sur le bureau et se jeta sur le Wallen, les yeux exhorbités par la haine. De là, il se propulsa vers le Commandant, celui-ci jurant comme un charretier surpris qu'il était par l'agilité de l'archiviste. Il s'était laissé abuser par son air doucereux et limite maladif qu'il devait à une activité loin de toute source de lumière.

Finnàm évita de justesse la lame que l'ellon avait à la main mais le déséquilibre l'entraîna au sol et fit sauter son propre couteau sous la table. Le manque d'exercices de ces derniers mois était flagrant et il se promit de s'y remédier dès le lendemain.

Un éclair de joie mauvaise passa dans les yeux de Lomion au moment où, profitant de la chute de son adversaire, il pressa la lame d'une dague dissimulée dans sa tunique sur la jugulaire du Wallen.

- Tout le monde te dit incroyablement fort et puissant... l'indomptable Conui...cracha-t-il, dédaigneux. Ce ne sont que fadaises et balivernes! Des racontars destinés à séduire les elfines perdues comme Elëa! Elle aussi aura à subir le châtiment qu'elle mérite! Quant à ta putain... je te promets une chose (il murmura à l'oreille de Finnàm qui devint livide). Que croyais-tu, Wallen? Que seul mon peuple se refuse à cette union bâtarde?!...

Avant qu'il n'ait eu le temps de finir sa tirade, il assista incrédule à la mutation du guerrier et eut un mouvement de répulsion qui le perdit.

Le guerrier wallen poussa un cri guttural et, prenant appui sur le sol, il mit un coup de tête à son adversaire. La lame sur son cou l'entailla profondément mais il s'en fichait royalement. D'un mouvement de reins puissant, il se remit debout, sa longue tresse volant dans son dos et attrapa Lomion à la gorge d'une main de fer pour l'abattre violemment sur la table.

Il s'approcha alors à quelques centimètres de son visage et planta son regard métallique dans celui, froid, de l'ellon.

- Et toi, que croyais-tu, elfe? Je suis un Wallen, le Commandant de la Garde siffla Finnàm, les dents serrées. Ma justice est expéditive.

Sur ces mots, tout en maintenant Lomion par le cou, il leva haut son autre main griffue et, d'un geste vif, la plongea dans sa poitrine pour lui en arracher le coeur.

Sans un regard pour le corps sans vie et, ne se préoccupant pas le moins du monde du sang qui coulait le long de son bras ni des éclaboussures sur son visage, il quitta la pièce.

Il se rendit directement aux appartements du roi.

Thranduil ouvrit la porte et resta de marbre face à l'allure sanguinolente du Wallen. Il le détailla de haut en bas et bloqua son regard glacé sur le poing fermé de Finnàm. Toujours en silence, il s'écarta pour le laisser entrer et alla prendre place derrière son imposant bureau d'ébène, impavide. Il cala son menton sur ses deux mains croisées.

Le Ceannar prit la parole, encore vibrant de l'adrénaline du combat.

- J'ai trouvé qui a mis l'eau de mer dans le bassin., décréta-t-il, les mâchoires serrées.

- Je vois cela, commenta le roi d'une voix égale. Qui est... était-il?

- Lomion, le charmant professeur qui n'a visiblement pas aimé être relégué aux fins fonds de vos archives...

- Lomion? s'étonna le roi. Oui, c'est assez logique finalement. Vu la quantité de sang, je suppose qu'il est mort à l'heure qui l'est... Je doute de pouvoir faire justice moi-même...

- La sécurité d'Ilyrià m'incombe...

- Tout comme à moi ce me semble, le coupa froidement Thranduil.

Finnàm balança devant le roi ce qui restait du traître. Quelques gouttes de sang éclaboussèrent l'ellon qui jeta un coup d'oeil à peine distrait sur l'organe encore chaud avant de se renfonçer dans son fauteuil. Ses doigts caressaient sa lèvre inférieure, signe de réflexion chez le roi.

A le voir ainsi réagir avec autant de sang-froid, le Wallen se dit que Thranduil devait être un guerrier tout à fait remarquable et ne l'en respecta que plus malgré toute la rancoeur qu'il gardait tenace au fond de lui.

- Avez-vous eu quelques révélations dont vous voudriez me faire part, Conui?

- Il n'était pas seul... C'est une véritable conspiration, lui apprit le guerrier. -il hésita un court laps de temps ne sachant s'il devait tout lui dire. Il décida qu'il le devait. Après tout, il était l'un des premiers concernés et c'était un homme d'honneur s'il pouvait le dire ainsi- Il y a plus... Ces elfes ont eu des informations à la source...

- Des Wallens impliqués? fit le roi, choqué.

Finnàm sourit, sinistre.

- Comme quoi, a righ, la coopération inter-raciale a bien eu lieu finalement.

L'elfe pinça les lèvres et ses doigts se mirent à pianoter nerveusement sur le bras de son fauteuil.

- Nous naviguons en eaux troubles, Conui... Il va falloir cloisonner autour de wen Ilyrià.

- Ça ne va pas lui plaire...marmonna le Wallen. Elle va être pénible...

- Rien de nouveau alors, dit Thranduil en s'autorisant un léger sourire en coin.

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Legolas,

Il sortit du bureau le visage tendu et fermé. Ses traits tirés ne laissaient aucun doute sur son actuel état d'esprit. L'entrevue qu'il venait d'avoir avec son père et le Conui pour l'avertir des derniers évènements l'avait glacé d'effroi tout comme les éclaboussures de sang sur la table. Par Erù, comment avait-on pu en arriver là? Des elfes et des Wallens renégats?!Il ne considérait plus rien d'acquis dans leurs propres cavernes. Chaque chose, elfe ou quoi que ce soit le faisait douter et la douceur de son caractère héritée de sa mère laissait de plus en plus place à l'amertume ombrageuse de Thranduil.

Sa confiance s'estompait au profit de la méfiance envers tout et tout le monde.

Au vu des derniers évènements, il avait clairement prévenu son père qu'il ne quitterait désormais plus ni la cité ni la Wallen. Sans parler de quelconques sentiments, son honneur était en jeu... hors de question que sa Dame soit blessée, attaquée, injuriée ou pire...

Rien que de l'imaginer, c'était à proprement inadmissible. Thranduil lui avait fait promettre de veiller sur la Wallen qui leur avait été confiée. Il était le plus à même, lui avait expliqué le roi, de mener cette mission à bien. Mais il n'y avait strictement rien à promettre car il s''était déjà juré à lui-même depuis un certain temps que le bien-être et la sécurité d'Ilyrià étaient sa prorité.

Déjà quelques mois qu'elle était entrée dans leur vie comme un tourbillon et, si on lui avait dit la place qu'elle y prendrait, il ne l'aurait probablement pas cru. Peut-être finalement que les Valar avaient su dès le début ce qui allait arriver... Très certainement d'ailleurs... même si, pour le moment, il était conscient que la jeune femme ne le voyait pas de la façon dont lui la ressentait mais comme un ami certes très proche mais tout de même rien de plus qu'un ami. Il ne souhaitait pas la brusquer.

Legolas soupira. Cela ne l'enchantait pas outre mesure, loin de là, mais il savait qu'il allait devoir brider la liberté insouciante de la jeune femme s'il voulait la préserver. Le soldat en lui avait pris le pas sur l'agréable compagnon elfique. Il ne pouvait faire autrement et espérait qu'Ilyrià comprendrait qu'il le faisait dans son intérêt.

Rien n'était moins sûr... il n'y avait qu'à voir les colères qu'elle avait piqué les premiers temps contre le Ceannar. Mieux valait-il cela que de la perdre... Il avait même été contre l'idée de son père qui souhaitait visiblement adoucir le quotidien de la princesse... S'il avait pu, Legolas se serait bien vu l'enfermer dans sa chambre pendant quelques mois jusqu'au mariage. En y réfléchissant bien, l'ellon se dit que ce ne serait jamais terminé, du moins pas temps qu'elle vivrait. Unis ou non, ses détracteurs n'abandonneraient probablement jamais et ils étaient, lui comme elle, condamnés à avoir une vie faîte de dangers et à devoir toujours être sur le qui-vive. Le prince savait cependant qu'il ne rendrait jamais les armes. Ce n'était tout simplement pas dans sa nature et il se doutait que la femme qui lui était destinée était du même acabit que lui.

Legolas soupira une seconde fois en regardant du haut du balcon la jeune femme qui occupait toutes ses pensées depuis des mois fredonner, l'esprit visiblement ailleurs. Il descendit ou plutôt sauta lestement dans l'arbre face au balcon. Elle ne l'avait toujours pas vu, peu habituée encore à leur pas silencieux. Il put donc encore l'observer à loisir pendant quelques minutes et se demanda la raison de son changement soudain d'attitude.

Elle, si enjouée et prompte aux émotions exacerbées, semblait juste éteinte. La jeune femme savait ce qu'il s'était passé avec Lomion mais lui doutait que cela ait le moindre rapport.

La Wallen était persuadée que toute cette histoire était terminée, Thranduil et Finnàm préférant la tenir dans l'ignorance des dangers qui gravitaient autour d'elle. Ils avaient opté pour un entourage plus que limité. Seuls quelques elfes dignes de la confiance de leur roi pouvaient ainsi l'approcher. De ça aussi, Legolas doutait grandement. Il leur avait pourtant dit qu'elle devait être mise courant. Ilyrià pouvait faire face, elle était forte et loin d'être stupide.

Legolas s'appuya contre le mur derrière lui et se pinça l'arête du nez en expectorant bruyamment. Il était véritablement indigné... indigné et furieux. Il se tapa volontairement l'arrière du crâne contre le mur de colère. La douleur lui éclaircit quelque peu les idées. Il se redressa et plaqua un sourire de circonstance sur ses lèvres avant de s'avancer vers Ilyrià.

Elle ne l'entendait toujours pas et il lui effleura l'épaule pour lui signifier sa présence. Son visage s'illumina à sa vue, ce qui lui réchauffa l'âme.

- Mo prionnsa! Je suis si heureuse de te voir! Tu es discret ces derniers temps, lui reprocha-t-elle.

- Désolé ma Dame, souffla-t-il avant de reprendre, la voix caressante. Pour me faire pardonner, je t'emmènerai bientôt nager dans un endroit connu que de mon père et moi-même...

- Ciod? s'écria-t-elle, interloquée. Ton père...

- ... n'est pas le monstre au sang-froid que tu imaginais, rit l'ellon en lui saisissant la main alors qu'elle s'asseyait, les jambes coupées.

- Pourquoi? murmura-t-elle doucement comme pour elle-même.

- Tu pourras muer, wen nîn, mais de manière plus que discrète... pour le moment en tous cas...

- Cuin? (quand?)

L'empressement d'Ilyrià ravit Legolas. Il retrouvait la Wallen qu'il commençait à bien connaître. Il se remit à rire en voyant son petit pied taper le sol d'impatience.

- Laisse moi quelques jours pour tout organiser...

- Comment puis-je te remercier? Si tu savais le bien que me donne cette nouvelle! Comment as-tu fait pour le convaincre? le bombarda-t-elle, ses grands yeux luisants d'excitation.

- C'est le roi qu'il te faut remercier... Il a pensé te faire plaisir après ce qu'il s'est passé... même s'il ne l'a évidemment pas formulé ainsi. Nous te devions bien ça, mo bana-phrionnsa (ma princesse), dit l'ellon d'une voix douce. Je n'y suis pour rien.

- Tùch! le gronda Ilyrià en mettant son index sur ses lèvres, faisant ainsi frissonner l'elfe. J'aimerai faire quelque chose pour toi, mo caraid...

Legolas ferma les yeux et sourcilla un court instant sous la brûlure insidieuse que faisait naître ce léger toucher. Par les Valar, il ne voulait qu'une chose... mais il s'interdit d'y penser.

- Peut-être... souffla l'elfe, peut-être pourrais-tu me tresser les cheveux, ma Dame? Je dois aller en patrouille un peu plus tard et nous y resterons jusqu'à demain. Ton Ceannar nous accompagnera ainsi que sa soeur et Klaùs. Ils ont apparemment besoin de reprendre l'exercice physique.

- Et moi, je suis consignée, bouda Ilyrià. Je ne suis pas une petite chose fragile!

- Certes non! lui assura-t-il, mais précieuse, oui! Il est de notre devoir de te protéger alors t'emmener au milieu des araignées et de leurs nids n'est certainement pas la chose à faire...

- mmmm...

La Wallen soupira une nouvelle fois mais de frustration cette fois ci et alla s'installer au soleil sur la grosse souche qu'elle occupait à son arrivée. Avec un léger sourire, elle tapota la place devant elle pour l'inviter à s'y installer. Il s'assit à ses pieds en se calant le dos contre ses jambes, la nuque reposant sur ses genoux.

Il était merveilleusement détendu et fondit littéralement quand il sentit ses doigts passer dans ses longues mèches.

- C'est un crime d'avoir une telle chevelure! Toutes les femmes tueraient pour les avoir! grommela-t-elle.

L'ellon réprima un sourire avant de fermer les yeux, se laissant porter par le plaisir que lui procurait la caresse de la Wallen. Ilyrià natta habilement les mèches derrière les oreilles de Legolas avant de les ramener pour les tresser ensemble.

- Ne pas faire n'importe quoi... pensait-il en boucle, ne pas se retourner... ne pas l'embrasser, ce n'est pas convenable... Tu es habile, wen nîn, dit-il à voix haute.

- L'habitude... Je tressais souvent les cheveux de Finnàm. C'est un fainéant, il sait très bien s'en occuper seul mais il s'arrange toujours pour se le faire faire... répondit la jeune femme sans se rendre compte que son compagnon se rembrunissait ostensiblement à ses mots.

Il était tout simplement jaloux. Elle ne pouvais pas comprendre l'importance que l'acte de tressage revêtait chez les elfes. C'était là un geste très intime que les ellons ne demandaient qu'à leur compagne. Savoir que la jeune femme qui deviendrait son épouse d'ici quelques mois avait partagé ce genre d'intimité avec ne serait-ce qu'une personne, à fortiori le Conui, lui retournait l'estomac. C'était comme si quelque chose grondait dans son ventre et le grignotait de l'intérieur.

- Voilà! Très beau comme toujours! fit-elle avec un claquement de langue approbateur devant son travail, inconsciente de l'émoi du prince.

L'ellon bondit sur ses pieds et embrassa la main de la jeune femme, surprise.

- C'était avec le plus grand plaisir, mo caraid. Tu n'es pas très exigent! dit-elle avec un petit rire perlé.

Legolas lui renvoya un grand sourire avant de se détourner. Un léger rouge lui empourprait son visage pâle et ses yeux bleus s'assombrirent. Non, il ne laisserait personne lui faire le moindre mal. Qui que ce soit.

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So? Remarque? Commentaire? Réclamation?... Vous connaissez la marche à suivre! clic! Allez-y! Lâchez vous: de cool à beurk... ^^

Ilyrià et Thranduil étaient un peu moins présents mais c'est pour mieux les retrouver mes enfants... (oh my gosh! Suis je le grand mechant loup?)Legolas était absent depuis un petit moment et faire un point avec lui était nécessaire! ;) . Quant aux frère et soeur en folie, eux aussi devaient être remis un peu d'équerre! :) le pauvre Finnam, il méritait de découvrir et châtier lui même le coupable (même s'il n'a pas encore toute l'équation! ! Un ou des Wallens renégats, ça c'est pas une bonne nouvelle... bon j'arrête je pipelettise encore trop... bisous tous doux de la plage!