Maudite.

Bonjour à toutes et à tous. Voici donc le second chapitre de cette fiction. Apparemment, ça vous intéresse, alors je vais continuer.

Je tiens à remercier ma grande sœur de cœur pour son soutien mais aussi vous toutes et tous pour vos encouragements, vos questions et vos suppositions. Vous jouez le jeu, moi aussi )

Gwen99 : une déprime de ouf ? Qui sait ? Lol Merci.

Alinghi : comme je suis contente d'avoir ton avis ! Ravie de te retrouver par ici )

blackorwhite1958 : j'ai tenté de t'envoyer un mail comme tu m'as demandé, mais ça ne marche pas…Ajoute-moi sur FB (comme indiqué en bas) si tu veux )

twilight-et-the-vampire : de même, je t'ai prévenue…Merci pour ton message.

Bella Swan Cullen : j'ai adoré tes questions, j'espère que les réponses que j'apporterai te convaincront )

Namoureuse : Merci beaucoup pour ta review, quel enthousiasme ! J'espère que ça te plaira.

Pompei : A toi aussi un grand merci pour tes encouragements. Pour ce qui est du nb de chapitres, je n'en sais rien. J'ai déjà l'intégralité de la trame en tête, mais tout dépend de comment j'écris, j'aurai plus ou moins de chapitres ^^

Miss45 : je te préviens, ce chapitre aussi s'arrête MDR merci )

Nodame : je suis flattée que cette fiction te fasse changer d'avis. J'espère que tu ne le regretteras pas.

Ange : j'aime tes idées ! Tu brûles, si tu me permets )

Sur ce, bonne lecture.

Chapitre 2. Disparue. Envolée.

Edward POV.

« Bordel de Dieu ! » Jura Emmet en venant se placer à l'endroit où se tenait Bella une seconde avant.

Il bougea les bras, à la recherche d'un indice.

« Je… »Commença Alice avant de s'effondrer dans mes bras.

Je la serrai contre moi, choqué, le regard toujours sur l'emplacement vide. Où était-elle ? Que s'était-il passé ? On ne disparaissait pas comme ça…Pas comme un…Fantôme.

Je tournai les yeux vers Carlisle. Il était le seul à pouvoir me renseigner. Il devait me renseigner. Mais le plus vif questionnement brillait dans ses yeux.

Bella, où es-tu ?

Flashback

« Bella ? » Appela le Shérif Swan en entrant chez lui.

Nous relevâmes la tête en même temps et je vis Bella lever les yeux au ciel.

« Dans la cuisine ! » Répondit-elle.

« Ah ! Bonjour… »

« Edward Cullen. Bonjour monsieur Swan » L'aidai-je en tendant la main pour qu'il la serre.

Le shérif regarda sa fille avec étonnement, mais elle maintint son regard.

« Il m'aide avec la trigonométrie » Expliqua-t-elle.

« Ah ! Les cours, bien sûr. Vous êtes là depuis longtemps ? »

La suspicion dans sa voix faillit me faire rire. S'il savait ce que nous faisions réellement- sûrement pas de la trigonométrie-, il en ferait une crise cardiaque.

« Depuis la fin des cours, papa. Tu nous laisses encore quelques minutes ou tu lui tires dessus maintenant ? » S'agaça Bella et je me retins de prendre sa main et d'y faire des cercles avec mon pouce.

Ça aurait très certainement révélé bien plus que ce qui se devait d'être montré… Charlie rougit et quitta la pièce, l'esprit confus.

Je jetai un œil à Bella. Elle riait sous cape, et son regard n'était tourné que vers moi. J'avançai d'un pas et la serrai contre moi, inspirant son parfum, la tête dans son cou. Elle passa les bras autour de mes épaules.

« Tu reviens ce soir ? »

« Ce sera sûr ? Il est capable de mettre des détecteurs de mouvements et des tireurs d'élite devant ta fenêtre. » Ris-je, toujours dans son cou.

« Il le pense ? » Elle avait mon visage dans ses mains, une lueur belliqueuse dans les yeux.

Avant de dire quoi que ce soit, j'écoutai les pensées de Charlie. Il réfléchissait durement à une nouvelle affaire au poste de police, semblant avoir oublié ma présence.

« Non. » Répondis-je à Bella.

« Tant mieux. Alors, tu viens ? »

Son corps détendu entre mes bras, et son regard confiant me convainquirent, si j'en avais eu besoin. Je hochai la tête puis annonçai le retour de Charlie. Bella soupira, déposa un baiser rapide sur mes lèvres, puis se détacha complètement de moi.

« Je crois que nous avons bien travaillé. » Décréta-t-elle en ramassant les livres et cahiers sur la table.

« Oui. Tu vois, ce n'était pas si compliqué. »

Elle me lança un regard noir au moment où son père revenait.

« Fini ? »

« Oui. »

« Au revoir monsieur. »

Bella m'entraîna jusqu'à la porte d'entrée et je me risquai à l'embrasser une dernière fois avant de passer le seuil de la maison.

« A ce soir. » Soufflai-je contre sa bouche.

Fin Flashback.

Cette situation avait duré quelques jours de plus. Puis, Bella avait annoncé à son père que nous sortions ensemble. Il avait grogné, grimacé, mais accepté. De toute façon, Bella ne lui laissait pas le choix. Trois mois après notre rencontre et deux mois après qu'elle ait découvert ma vraie nature de vampire, nous sortions ensemble et prévoyions de rester ainsi pendant encore longtemps. Au lycée, les amis de Bella avaient accepté son choix, même si Mike et Tyler pouvaient rêver de la séduire. Quand je les y prenais, j'embrassais Bella à pleine bouche, peu importe ce qu'elle faisait ou disait. Et elle répondait à mes étreintes avec autant de chaleur que je pouvais en espérer.

Jamais il n'y avait eu d'indices quant à ce qui se passerait ce matin-là…

« Je crois que si je n'étais pas déjà morte, j'aurais fait une crise cardiaque en la voyant disparaitre comme ça. » Fit Rosalie en s'asseyant lourdement sur le bord de mon lit.

« Carlisle, tu as une idée ? »Demanda Esmée, une main sur son bras.

Je voyais ses lèvres trembler, au bord des larmes qu'elle aimerait pouvoir verser, mais qui ne couleraient jamais.

Carlisle me regarda dans les yeux. Je remuai la tête. Autant pour signifier que je n'avais eu aucun indice, que pour forcer mon esprit à bloquer les leurs.

« Je n'ai aucune explication. En théorie, c'est impossible…Mais, les vampires sont censés être impossibles. »Dit-il, aussi désemparé que nous tous.

« Elle ne nous a rien dit » Souffrit Alice en relevant la tête.

« Elle ne voulait pas, Alice. »Intervint Jasper en posant la main sur son épaule.

« Mais nous sommes ses amis ! Edward est son petit ami ! »S'agaça-t-elle en se levant tout à fait.

« Je crois qu'elle en avait autant peur que nous, Alice. Ses sentiments étaient confus, mais le plus fort était son envie de rester. Elle a lutté contre ça. »

« Bah voilà le résultat ! » Emmet embrassa l'espace du regard.

« Hier soir, elle t'a dit qu'elle avait peur. » Commençai-je en regardant Rosalie.

« Oui, et je t'ai dit qu'elle n'avait rien précisé. Elle parlait d'un rêve. Un rêve qui lui disait qu'il allait lui arriver quelque chose. »

« Je n'ai rien vu venir. Elle ne m'en a pas parlé. »

« Calmons-nous. Passons un moment tranquille pour mieux y réfléchir ensuite. »Tempéra Esmée.

Jasper et Alice furent les premiers à rejoindre leur chambre. Rosalie serra mon épaule, réconfortante, alors qu'Emmet regardait par la fenêtre comme s'il pouvait y trouver une explication. Rose lui prit le bras et ils sortirent.

« S'il y avait eu quelque chose à faire, nous l'aurions su, Edward. »Affirma Esmée.

Je savais qu'elle ne disait pas ça pour me blesser. Mais ce fut comme un coup de poignard et je fermai les yeux pour y échapper. Au lieu de cela, le dernier regard de Bella réapparut derrière mes paupières et je les rouvris brusquement.

« Nous trouverons. » Promit Carlisle en refermant ma porte sur lui.

Je restai immobile à fixer l'endroit où Bella se trouvait une demi-heure plus tôt. Mon esprit était comme bloqué sur cette disparition. Bien sûr, je savais que si j'avais insisté la veille, Bella m'aurait donné des explications. Je l'y aurais forcée.

Je serrai les poings et me relevai brusquement.

Je n'acceptais pas cette situation ! Elle n'avait pas le droit !

Je revis tous les endroits où nous nous étions rendus et ceux où elle avait l'habitude d'aller. C'était irraisonné, et susceptible de me faire plus de mal encore, mais je quittai ma chambre au maximum de ma vitesse et courus jusque chez elle.

Sa camionnette orange, ce foutu tas de ferraille, était toujours devant la maison. La voiture de Charlie était absente. Je levai les yeux vers la fenêtre de sa chambre. Le rideau était tiré. Je sautai sur l'arbre et forçai la fenêtre. Son odeur était partout. Son lit était refait, ses vêtements propres attendaient d'être rangés. Son ordinateur était allumé, parce qu'elle ne pensait jamais à l'éteindre.

J'approchai et touchai du bout du doigt la vieille souris. L'écran sortit de sa veille.

Je n'avais pas le droit.

C'était son espace à elle…Un peu comme son journal intime…

Sauf que je devais savoir. Il devait bien y avoir des choses…

En moins d'une minute j'ouvrais son navigateur internet. Rien de bien spécial. Sa messagerie, pour la plupart, tous les messages étaient de Renée, les autres n'étaient que des Spam. Un œil sur son historique m'apprit qu'elle ne faisait aucune recherche particulière. Je grognai de frustration et m'attelai à ses documents. Certains n'étaient que des fiches de cours retapés à l'ordinateur. Je survolai rapidement le tout et faillis refermer sans voir le document sans nom. Sans y réfléchir à deux fois, je l'ouvris et fus choqué par ce qui y était écrit.

Des mots, et des phrases mêlés sans ordre, ni soucis pour la cohérence. Ça ressemblait très peu à Bella, mais je reconnus certaines formulations. Je fis descendre le curseur. Cette fois, un ensemble de phrases fonctionnait comme un tout. Et cela m'était adressé.

« Edward Anthony Masen Cullen.

J'aime le dire, comme un mantra. Je crois que c'est ma seule chance de m'en souvenir pour les fois prochaines. J'aimerais qu'il n'y ait pas de fois prochaines. J'aimerais que tout s'arrête avec toi. Mais je sens au fond de moi que je me fais de faux espoirs. Je ne sais pas ce qui m'arrive. Je sais juste que ça m'arrive.

Edward Anthony Masen Cullen, je t'aime. Tu me l'as dit de tant de façons cette nuit. Aux souvenirs mon cœur s'emballe à nouveau. C'est comme si je te sentais toujours contre moi. J'en profite. Je sais que bientôt ce sera impossible, j'aurais d'autres souvenirs, d'autres proches…

Edward Anthony Masen Cullen je vais te perdre et j'en meurs avant l'heure. Tu es le seul que je vais regretter réellement…Tu m'offres tant…

Mourir. Revenir. Et mourir à nouveau. Quitter. Tout. Pour toujours et jamais à la fois.

Te reverrai-je ?

Em me fait rire, un peu comme un grand frère. Peut-être qu'il en existe d'autres comme lui ? Peut-être que j'en aurais un ?

Qui aurai-je la prochaine fois ? Où ? Souffrirai-je ? J'ai déjà souffert. Je quitte tous ceux que j'aime.

Je t'aime Edward. Oui, je m'en souviens. Je m'en souviendrai. M'en souviendrai-je ?

Se souvenir. C'est si dur quand tout se mélange. Hier et demain ne font qu'un et en même temps sont si différents. »

Je cherchai un sens à ses divagations. Qu'avait-elle voulu dire ?

Plus bas, d'autres mots tout aussi étranges, mais si douloureux.

« Je m'appelle Isabella Swan. Aujourd'hui. Mais demain ?

J'ai eu tant de noms, et j'ai tout quitté. Pourtant, je ne veux pas quitter celui-là. Bella. Ça va tellement bien dans sa bouche. Surtout quand il me serre contre lui. Edward, serre-moi. J'ai peur. Le lendemain arrive si vite. Aurai-je le temps de faire tout ce que je veux ?

Je m'appelle Isabella Swan et j'aime ce nom.

Je l'aime. »

Le document s'arrêtait là. Il y avait près d'une centaine de pages comme celles-ci. Je repris ma lecture, du début. Maintenant que j'avais tout en tête, peut-être que des explications seraient visibles entre les lignes…

Mon téléphone sonna. Je quittai l'écran d'ordinateur des yeux et enregistrai l'heure : 16h07. J'étais là depuis le début de la matinée. Et je n'avais aucune explication. Pas même un début d'amorce d'idée.

« Alice. »Répondis-je.

« Rentre, Edward. Charlie arrive. »

Au lieu de lui répondre, je raccrochai et allai me poster devant la porte de la maison. Charlie saurait. Bien sûr qu'il saurait ! C'était sa fille !

« Edward ? »Il s'arrêta, les clés dans une main.

« Shérif, savez-vous où est Bella ? »

Il pâlit, regarda autour de lui. Puis il reporta son attention sur moi.

« Elle m'a dit qu'elle passait le week-end avec toi. »

« Oui, mais elle…Elle est partie sans rien dire et je ne la retrouve pas. »

« Vous vous êtes disputés ? »

« Non ! Charlie, je dois savoir où elle est, s'il-vous-plait ! Je…Je l'aime, et je ne peux pas être sans elle. »

« Edward, je ne sais pas où elle est. Bella est indépendante. Tu le sais. Sa camionnette est là »

« Elle n'est pas là, j'ai vérifié. »

Il me regarda, sceptique. Il cherchait un indice sur moi si je me droguais ou pas. Et il avait raison. Je me droguais. De sa fille.

« Bella ? »Appela-t-il et je faillis le secouer comme un prunier.

Mais ses pensées me frappèrent de plein fouet. Il réalisait aussi que Bella n'était pas là. Il savait que si elle n'était pas avec moi, ni à la maison, il y avait peu d'endroits où aller la chercher. Il prit son téléphone alors que je regardais sa camionnette. J'avais l'impression que si je la lâchais des yeux, elle disparaitrait, comme sa propriétaire.

« Qu'avez-vous fait hier soir ? » Charlie me sortit de mes pensées.

« Nous avons fêté son anniversaire. Avec ma famille, chez moi. Et ce matin…Elle a…Disparu »

« Disparu ? »

« Charlie, elle a disparu, comme ça…Comme…Un mirage. »

« D'accord. » Il ne me croyait pas.

Il pensait plutôt que j'étais complètement cinglé.

« Tu voudrais faire une déposition au poste ? »

« Mais bon sang, Charlie ! Bella a disparu ! Vous devez la retrouver, je… »

Je fermai la bouche. Son regard reflétait ses pensées. Il se concentrait sur mes réactions pour ne pas croire à ce que je disais. Je partis en courant vers le centre-ville. Elle pouvait très bien y être…

Elle n'était nulle part. Ni au centre-ville, ni chez Angela. J'avais même tenté la clairière et le lycée. Personne ne l'avait vue depuis qu'elle était montée dans ma voiture deux jours plus tôt.

Flashback.

Tout le monde parlait de la nouvelle. Même Alice. Elle était excitée comme une puce à la perspective de la rencontrer.

« Tu en as de la chance, Edward ! Tu vas la rencontrer avant moi ! »Bouda-t-elle tout le long du chemin jusqu'à la cantine.

Je levai les yeux au ciel. Si elle ne me parlait pas de la nouvelle comme de sa meilleure amie, elle s'inquiétait pour Jasper. Celui-ci était tendu. Nous devions aller chasser dans les prochains jours, mais il avait du mal à se contenir.

Rose et Emmet entrèrent en premier dans la cantine. Rose les ignora royalement, alors qu'Emmet se faisait autant remarquer que possible. Il adorait entendre les remarques des jeunes. A chaque fois, ça lui faisait l'heure du déjeuner et toute la nuit. Suivirent Alice et Jasper. Jazz cessa de respirer dès qu'il eut passé les portes, et Alice lui serra les doigts avec affection. Le brouhaha des pensées se mêla aux commentaires de Jessica Stanley sur ma famille.

Je pris mon mal en patience et rejoignis ma famille. Chaque pensée était tournée vers la nouvelle, qui, elle, me regardait. Je cherchai à isoler toutes les pensées pour ne me concentrer que sur les siennes. Par simple curiosité. Puisque je savais ce que tout le monde pensait de nous : beaux, bizarres et sûrement pas les bienvenus.

Mais je ne trouvais pas son esprit. Je me concentrai encore. Je la savais aux côtés de Jessica puisqu'elles parlaient. Mais je ne la trouvais pas. Comme si Jessica parlait toute seule. Bon, c'était méchant, mais j'étais persuadé que ça pouvait très bien lui arriver… Mais la nouvelle était dans tous les esprits alors c'était moi qui avais un problème.

« Ta cervelle va finir par redécorer les murs de la pièce si tu continues à réfléchir comme ça. » Ricana Emmet et je reportai mon attention sur eux.

Comme toujours, nous étions tous tournés dans une direction différente, même si nous parlions ensemble.

« Elle te dévore des yeux. » Grimaça Rosalie.

Je m'empêchai de justesse à regarder dans sa direction.

Elle est plutôt mignonne en plus. Pensa Alice en la regardant du coin de l'œil.

Mais je ne portai plus attention à ce qu'ils disaient ou pensaient. Cette fois je me tournai vers elle. Elle me regardait. Quand elle croisa mon regard, elle détourna le sien et fit glisser une mèche de cheveux sur son épaule pour faire écran. Je souris à cette manœuvre. Mais je grimaçai en me rendant compte qu'elle bloquait mon pouvoir. Comment faisait-elle ? Je ne savais même pas que c'était possible !

J'attendis qu'elle tourne encore le regard vers moi. Je remarquai qu'elle le faisait à intervalles réguliers. Bien sûr, tous les humains étaient affectés par notre présence, et même si une part d'eux leur disait de nous éviter, l'autre voulait nous approcher. Mais dans son regard, je ne lisais pas la même chose que chez les autres. Il y avait de la curiosité mêlée d'une intelligente perspicacité qui me fit détourner le regard pour le reste du déjeuner. Je ne lisais pas dans ses pensées mais je lisais son intelligence. Il faudrait que je surveille ses faits et gestes, et ses paroles. On ne savait jamais.

Fin Flashback.

Elle n'était nulle part. Ni au centre-ville, ni chez Angela. J'avais même tenté la clairière et le lycée. Personne ne l'avait vue depuis qu'elle était montée dans ma voiture deux jours plus tôt.

Personne ne l'avait vue.

Bella avait disparu.

Charlie passa les jours suivants à placarder des photos de Bella dans toute la ville, pendant que je me chargeais de Seattle. Ma famille me regarda faire en silence. A force de voir leurs regards si condescendants et blessés, je finis par ne plus rentrer chez moi que pour me changer. Et encore, quand je n'avais plus de vêtements propres chez Bella. Parce que je m'installais chez Bella deux jours après sa disparition. Alice m'avait insulté parce que je les abandonnais. Mais j'avais fait la sourde oreille. Je ne pouvais pas retourner dans la pièce où elle avait disparu. C'était trop réel. Trop douloureux. Non, j'aimais mieux être dans sa chambre, et inspirer à intervalles réguliers son odeur. Quand j'en avais assez d'être allongé sur le lit, je me remettais à l'ordinateur. Je relisais les mots que je connaissais par cœur à présent.

Des théories se formaient et s'effondraient dans mon esprit. Je n'avais aucun indice. Je ne savais pas quoi chercher, ni quelles questions poser. Et puis, mettre « disparaître comme un mirage » sur internet ne donnait rien d'autres que des définitions, ou des récits orientaux.

Bien sûr, Charlie ne savait pas que je squattais la chambre de sa fille. Mais comme il n'y avait pas mis les pieds depuis le jour où je l'avais prévenu, je ne m'inquiétais pas.

Oui, j'étais dépressif. Mais comment ne pas l'être ? Pour moi, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et d'un seul coup, tout ce en quoi je croyais s'était effondré comme un château de sable, et m'avait laissé seul, désorienté et ahuri sur le bord.

Je me morfondais. Je ne chassais plus non plus. Le moindre geste finissait par me faire souffrir le martyre. Non, je voulais des explications, et j'allais attendre le temps nécessaire. Tant pis si c'était pour l'éternité. J'avais promis à Bella l'éternité, je la lui devais.

« Esmée ? »

« Bonsoir, Charlie. Puis-je entrer ? »

Je reconnus la voix de ma 'mère' au rez-de-chaussée. Je fermai les yeux, espérant qu'elle partirait vite.

« Bien sûr. En quoi puis-je vous aider ? »

« Je cherche Edward. »

J'entendis son sourire.

« Il a disparu ? »

« Non, il est à l'étage. Je sais que vous n'en saviez rien, mais il en a eu besoin…Il a eu besoin de faire son deuil. »

« Je ne sais même pas comment il a pu entrer… »

J'entendis leurs pas vers le salon. Charlie s'assit lourdement. Je l'imaginai mettre sa tête dans ses mains.

« Vous n'avez rien, n'est-ce pas ? »

« Je ne sais pas où est ma fille. Je ne sais plus où chercher. Cela fait un mois, Esmée… »

« Sa mère est au courant ? »

« Elle ne comprend pas non plus. Bella l'avait appelé un peu avant et…Renée ne s'est doutée de rien. »

« Ce n'est pas votre faute, Charlie, ni celle de Renée. »

« J'aurais pu être plus présent, et m'en rendre compte… »

« Nous étions là, Charlie. Nous n'avons rien vu. »

« Comment je vais faire ? C'était ma fille unique, Esmée. Ma joie de vivre. »

Sa voix tremblait, Esmée s'approcha et lui proposa le seul réconfort qu'elle pouvait offrir. Elle posa sa tête sur l'épaule de Charlie et le laissa s'appuyer sur elle.

« Elle l'aimait, vous savez. »Commença-t-il après un temps de silence.

Je vis dans ses pensées qu'Esmée le regardait, attendant qu'il continue. Charlie toussota.

« Edward. C'est un bon garçon. Elle l'aimait, elle…Il était vital pour elle. »

C'était comme s'il avait une révélation. Il regarda vers Esmée, mais il ne voyait que Bella.

« Nous partons, Charlie. Carlisle et moi pensons qu'Edward a besoin de s'éloigner. »

« Oui, c'est une bonne chose. Ça lui passera, il est jeune. »

Je me redressai sur le lit, et grondai furieusement. Comment ça nous partions ? Il en était hors de question !

En bas, Esmée pensa à mon intention.

Elle ne reviendra pas, Edward. Je ne veux pas te voir souffrir plus. Prenons un peu nos distances avant de revenir, pour mieux réfléchir à ce qui s'est passé. Des amis de Carlisle pourraient nous renseigner.

« Non. » Dis-je et elle m'entendit.

Elle soupira, puis sourit pour Charlie. Il leva les yeux vers le plafond, directement à l'emplacement de la chambre de sa fille. Je posai ma tête dans mes mains. Je ne voulais pas. Je ne pouvais pas quitter cet endroit sans avoir les réponses dont j'avais besoin.

Depuis un mois, je réfléchissais aux options qui me restaient pour retrouver Bella. Je n'en voyais aucune, aujourd'hui, mais peut-être que demain…

Je soupirai. Esmée avait raison. Je ne sortirais rien de bon de mon isolement. Peut-être que d'autres vampires avaient des informations.

Cette fois, je devais sortir. Rien que pour cette raison.

Je quittai la pièce lentement, sentant l'effet que ça avait sur mon cœur : déchiré, atrophié, mort.

Charlie m'observa un instant mais ne dit rien à ma présence. Dans son esprit, je lisais qu'il comprenait ce que je ressentais.

C'est comme le départ de Renée avec Isabella. Mais en pire.

Je détournai le regard. Esmée vint m'enlacer, pensant tous les mots qu'elle ne pouvait dire devant Charlie. J'acceptai son embrasse, sans la lui rendre. Quand elle s'écarta, elle passa une main sur ma joue.

« Je sais que c'est dur, Edward. » Dit-elle mais je m'écartai.

« Tu n'en sais rien. »

Je sortis de la maison sans un regard en arrière.

Le vent et le coucher du jour m'accueillirent, mais je les ignorai autant qu'Esmée qui ouvrait la voiture de Carlisle. Je grimpai bien sûr à ses côtés mais sans intérêt autre que la douleur qui s'installait confortablement en moi.

« Merci, Edward. Peu importe ce qui s'est passé, la raison pour laquelle…Merci pour tout ce que tu as fait pour Bella. » Dit Charlie, près de la voiture.

Les larmes revenaient dans ses yeux. Je détournai le regard, hochant la tête.

« De rien, monsieur. »

Note : Peut-être que j'aurais dû vous dire de prendre le paquet de Kleenex…

Merci beaucoup pour l'accueil que vous avez fait à cette nouvelle fiction. J'espère ne pas vous décevoir )

Pour celles et ceux qui ne sont pas au courant, j'ai ouvert un compte Facebook sur lequel je mets mon actualité, et surtout les nouveaux chapitres, alors, si ça vous tente… (Spuffygirl Quatre-vingt Douze).

La suite d'ici une quinzaine de jours si ça vous tente…Peut-être plus tôt si j'ai beaucoup de reviews…