Pas taper moi! Moi gentille... même si j'en ai pas l'air là tout de suite... =p

Au vu des reviews et des commentaires privés, j'ai bien compris que je suis une vilaine! Mais je maintiens trouver intéressant que Legolas ne soit pas un héros invincible et puis il a lâché prise pour la sauver quand même ( ce qu'il est galant)... Bolg lui aussi est un gros vilain pas beau mais je troive qu il a beaucoup de prestance dans le film! :p Sinon vous verrez dans ce chapitre le résultat de ce méchant suspense comme me l'ont fait remarquer plusieurs d'entre vous!

Savang:merci de ton commentaire! Il est toujours aussi vivant! Tu vis les histoires intensément et c'est très agréable!

Julie: j'espère que ça va mieux maintenant et merci de ton soutien indéfectible! Bisous caramélisés!

Krassnaia: mais où est Anaïsa? ;) et pov' Finnam... sexy mais un poil borné quand même. ..

Poly Pops: la saga continue! ;) j'espère que ça te plaira... et merci pour ton compliment sur la transfo de la sirène. .. j avais un peu galéré là.

Merci à Eternelly Hysteria pour son travail de correction qu'elle vient de commencer sur mes premiers chapitres!

Merci à toutes de prendre le temps de laisser une trace de votre lecture. C'est enrichissant et pousse à continuer malgré les moments de doute... Merci à Darkklinne de m'avoir rebooster!

Enfin dédicacé spécialement au Luxembourg et à la Suisse qui suivent intensément... ne manque plus que votre dédicace! ! ;)

Bonne lecture!

Chapitre 16,

Thranduil,

Quatre nuits. Trois jours. Quatre-vingt-quatre heures de doutes et d'angoisse, de peur et de colère... contre elle, contre Finnàm, contre Legolas, contre lui-même. Une avait fui lâchement, un n'avait pas réussi à la retenir, un était parti sans attendre le moindre renfort et n'en était pas revenu , le dernier était la cause de tout ce marasme.

Thranduil était furieux et amer.

Quatre nuits auparavant, après la scène qu'une fois de plus il avait infligé à sa Wallen, elle avait eu si peur et lui l'avait tant humiliée qu'elle s'était enfuie loin de lui. Il avait réellement cru bien faire en ne cédant pas à ses avances qu'il avait pourtant provoqué. Si elle avait su combien il lui en avait coûté!...

Il n'en revenait toujours pas... Ilyrià s'étaient littéralement offerte à lui et il avait foulé aux pieds sa confiance en lui, le peu qu'elle avait, et plus grave sa confiance en elle. Pourtant, il n'avait désiré qu'une chose devant son corps à demi nu... Il avait lutté pour ne pas s'emparer d'elle et la posséder sans aucune autre forme de cérémonie! Lui qui avait soif de posséder encore et toujours, il la voulait... ne la désirait que pour lui... qu'elle lui soit dévouée corps et âme à lui en faire mal jusque dans sa chair!

Si on lui avait dit ça cinq mois plus tôt, il aurait tué l'animal qui aurait osé dire pareille insanité!... Thranduil Oropherion, Haut Roi des Elfes, esclaves de ses pulsions... De qui se moquait-on?!

Mais les faits étaient là et, s'il pouvait les dissimuler aux autres, il ne le pouvait face à lui-même. Plus maintenant.

Tout en elle le rendait fou... Son odeur, sa peau dorée, ses yeux étranges... même son horripilant et insupportable caractère Wallen!

Il voulait la faire sienne et effacer de son petit corps pétulant et de son esprit les caresses laissées par d'autres hommes. Cette idée lui dévorait l'âme depuis les révélations de Finnàm. Savoir que d'autres avaient posé leurs mains sur elle le rendait malade. Il lui avait fallu toute sa volonté de fer pour rester calme et ne pas arracher la tête du Conui. Il se maudissait de ressentir autant d'émotions et plus encore d'y succomber.

Une vague de colère déferla et Thranduil jura entre ses dents serrées. Comment avait-elle osé s'enfuir ainsi? En le laissant seul après avoir allumé cette flamme en lui après des centaines, non des milliers d'années où il s'était lentement mais sûrement laissé dépérir?! Après qu'il lui ait ouvert son royaume malgré sa répulsion!...

Le roi appuya son front glacé contre la porte de ses appartements. Il devait absolument se reprendre. Se morfondre ainsi ne lui ressemblait pas. C'était un elfe d'action et de décisions logiques comme implacables.

C'était ce qu'il avait fait quand Gallion était venu le prévenir de la fuite de la jeune femme. Il n'y avait tout d'abord pas cru et s'était rendu à son logis pour vérifier par lui-même. Il avait claqué la porte au nez de l'intendant qui le suivait d'un peu trop près ces derniers temps à son goût... Il préférait inspecter les lieux seul, ne pas avoir d'oeil indésirable fixé sur lui.

Le capharnaüm de la chambre avait eu raison de son entêtement. Les tiroirs étaient renversés, l'armoire grande ouverte. Des vêtements traînaient un peu partout... L'ellon avait attrapé sa chemise de nuit jetée négligemment sur le dos d'une chaise et l'avait porté à son visage. Il avait enfoui son nez dans le tissu vaporeux et avait avidement respiré le parfum si reconnaissable de la jeune femme.

Où était-elle, par Morgoth?!

La savoir seule dans la forêt hostile qu'était Mirkwood l'aurait consumé de rage si par- dessus cette folie, Legolas n'en avait pas fait qu'à sa tête. Sans réfléchir, il s'était lancé à la poursuite de sa future promise avec une fureur d'une rare intensité pour lui. Il était parti à sa recherche. Seul. La patrouille qu'il avait immédiatement dépêchée n'avait retrouvé que son épée sur ce qui semblait être une scène de lutte. Plusieurs corps d'orcs avaient été retrouvés mais les deux jeunes gens avaient été submergés. Grâce soit rendue à Erù, rien n'avait indiqué qu'eux même avaient été blessés ou pire encore... Gallion avait réussi à dissuader le souverain d'y aller lui-même. Le prince était porté disparu et le roi ne pouvait risquer sa propre vie. Il devait penser avant tout au royaume quoi qu'il puisse lui en coûter avait martelé l'intendant.

Aussi, au lieu d'accompagner ses hommes malgré l'envie qui le taraudait et le prenait aux tripes, l' ellon était parti voir une personne qui lui devait quelques explications.

Il était entré sans y avoir été invité dans les appartements des Wallens. Il y avait trouvé Finnàm, livide et le visage comme lacéré par une bête sauvage. Il était assis, la tête dans les mains. Thranduil l'avait toisé de toute sa hauteur avant de l'attraper par sa tunique et de le plaquer au mur. Le guerrier se laissa malmener comme une poupée de chiffon. C'était comme si toute volonté avait déserté son corps. Il n'avait répondu à aucune de ses questions, se contentant de répéter qu'il avait failli. Le roi l'avait alors lâché, dégoûté d'un tel comportement qui ne ressemblait tellement pas au fier Conui.

- Reprenez-vous, Conui! l'avait durement apostrophé l'ellon. Resaisissez-vous et allez la chercher! Ramenez la moi!

Il avait crié ces derniers mots et Finnàm lui avait jeté un regard oblique. Reprenant ses esprits, il était alors parti avec Klaùs dans la forêt à leur recherche.

En y réfléchissant après coup, Thranduil se rendit compte de l'absence de la cadette du Ceannar, pourtant jamais loin de son frère. Il haussa cependant les épaules, bien d'autres soucis lui envahissaient l'esprit...

Gallion entra dans les appartements du roi après s'être annoncé, un plateau d'argent entre les mains où étaient disposé une carafe et un unique verre. Il trouva son souverain devant sa terrasse, droit comme un i, les bras croisés dans le dos.

- Aran nîn... ce que vous avez fait mander.

- Posez le sur la table, répondit celui-ci d'une voix lasse.

- Ayez foi, Aran nîn. La patrouille retrouvera notre bien-aimé prince, soyez-en sûr, dit l'intendant en servant une coupe.

Thranduil fronça les sourcils devant tant de sollicitude qu'il n'avait pas demandé et qu' il trouvait légèrement insultante. Autre chose le chagrinait dans la formulation de l'ellon. Il se retourna et le dévisagea avec suspicion.

-Gallion, le prince n'est pas le seul disparu...

- Evidemment... bredouilla l'intendant. C'est juste... je suis si inquiet...

Le roi soupira et le congédia d'un geste de la main sans y prêter plus d'attention. Il se passa la main dans les cheveux et délaissa le breuvage rubis si tentant. Il devait avoir les idées claires car demain, il partirait avec ses hommes quoi qu'en disent ses conseillers ou encore Gallion. Il irait chercher son fils et sa Wallen et anéantirait chaque obstacle qui aurait le malheur de se dresser devant lui.

Aux premières lueurs de l'aube, il partit avec Elwë et sa troupe d'éclaireurs. Il avait revêtu pour la battue un pourpoint de cuir épais par-dessus sa tunique ainsi qu'une paire de jambières couvertes de légères plaques de mythril et ses deux épées de prédilection. Il ne prit pas la peine de tresser ses cheveux ni de ceindre son front du moindre bijou.

La patrouille l'attendait déjà aux écuries. Aussi, sans un mot ni un regard pour Gallion qui l'exhortait à rester dans la cité, Thranduil sauta lestement sur le dos de son fidèle monture, son élan.

Il leva la main et les lourdes portes s'ouvrirent pour les laisser passer. Ils arrivèrent rapidement à l'endroit où Legolas et Ilyrià avaient été enlevés. Les seules traces encore visibles de la lutte étaient des buissons écrasés. L'ellon eut un geste d'agacement, tout cela était bien trop long et sa patience s'amenuisait considérablement.

Ils remontèrent ensuite la piste qu' Elwë, le meilleur pisteur du royaume, avait suivi. Ils trouvèrent les différents camps qu'avaient dressés les orcs au fur et à mesure des nuits passées. Rien de probant en soi...

Plusieurs heures passèrent, décuplant à la fois la colère de l'elfe et son découragement. Une terreur sourde étreignait son cœur comme une froide morsure qui le grignotait petit à petit. Il doutait de plus en plus de les retrouver... de les retrouver vivants. Si tel était le cas, il était sûr de mourir de chagrin et de désespoir comme seuls pouvaient en périr les elfes. Son second l'arracha de ses sombres pensées.

- Aran nîn, dit Elwë devant lui, les montures sont assoiffées.

- Elles attendrons! s'exclama Thranduil, excédé par ces bagatelles.

- Nous n'irons pas loin si les bêtes ne peuvent suivre, objecta calmement l'ellon en face de lui.

Thranduil soupira de frustration et tourna bride pour rejoindre la rivière. Il approcha l'élan du bord qui s'y désaltéra à grandes lampées. Le souverain se reprocha alors son manque de considération pour son vieil ami et se pencha pour en flatter l'encolure quand quelque chose lui fit suspendre son geste.

Ses yeux accrochèrent un point plus haut sur la rivière. Il se leva sur ses étriers et son cœur manqua plusieurs battements. Au dessus d'un énorme rocher, il pouvait voir pendre mollement un bras, un bras fin à la peau mordorée...

Il descendit de l'élan avec tant d'empressement qu'il manqua tomber. L'elfe entra dans l'eau et se mit à courir.

- Elwë, hurla-t-il, sa voix de basse éraillée par l'appréhension et la joie mêlées.

Ils se ruèrent vers le milieu de la rivière, de l'eau jusqu'à la taille et restèrent muets devant leur découverte. Ils étaient là tous les deux. Ilyrià, sous sa forme de sirène, serrait convulsivement Legolas contre elle. La jeune femme luttait pour le maintenir hors de l'eau, un bras autour de son torse, l'autre aggripant le rocher avec le peu de forces qui lui restait. Ils étaient dans un état épouvantable...

Legolas gisait inconscient, le visage tuméfié. Son père s'approcha doucement et posa sa main tremblante sur sa poitrine qui se soulevait faiblement.

- Merci Erù... pensa-t-il, légèrement rassuré.

Il eut du mal à l'arracher de l'étreinte de la Wallen. Après l'avoir serré brièvement contre lui, il le mit avec la plus grande délicatesse dans les bras d' Elwë et d'un autre elfe de la patrouille qui le ramenèrent sur la rive. Il les suivit du regard puis rapporta son attention sur Ilyrià.

Son corps refluait la mutation et l'ellon vit avec horreur les nombreuses traces de coups qui lui avaient été infligés...des bleus, de profondes entailles un peu partout comme là sur le haut de sa cuisse et la marque noire de griffes sur son sein.

Il détacha sa cape et, l'arrachant à sa prise sur le rocher, il la prit dans ses bras. Il la couvrit du mieux qu'il le put avant de regagner la berge. Son fils étant déjà installé sur le cheval de son fidèle pisteur, il fit signe à sa monture qui se baissa pour lui faciliter la montée avec son fardeau délicat. Un elfe s'approcha et dit doucement:

- Aran nîn, je vais prendre la Wallen avec moi.

Thranduil lui jeta un regard glacé et resserra sa prise autour des hanches d'Ilyrià en un geste possessif.

- Hannon le... mais je vais le faire moi-même. Inutile de la déplacer.

- Très bien mon roi, répondit le soldat avec un hochement de tête.

Ils se mirent en route, Thranduil ouvrant la marche. L'ellon cala la tête de la jeune femme sur son torse et enroula son bras un peu plus étroitement autour de sa taille pour tenir le tissu sur son corps nu. La proximité de celui-ci l'envahissait d'une douce chaleur mais il se morigéna lui même d'avoir de telles pensées en ces circonstances.

Il effleura discrètement le haut de son crâne de ses lèvres et tressaillit de colère à la vue de ses cheveux coupés. Ses longues boucles lui arrivaient à peine à la nuque désormais. Il jura à voix basse. Les voir ainsi tous les deux étaient une vraie torture et un profond désir de vengeance lui gangreinait le cœur.

La jeune femme gémit et ouvrit difficilement les yeux. La souffrance voilait son regard quand elle tourna son petit visage vers lui. Elle eut d'abord l'air étonnée de le voir et, de la surprise passa à un réel soulagement.

- Vous êtes là, Aran nîn... enfin, soupira-t-elle. Sa voix rocailleuse était étouffée par la douleur.

- Daro, pinig! (silence, petite!), lui intima Thranduil avec une douce autorité.

Bien évidemment, elle ne tint pas compte de son ordre et continua à parler dans un murmure.

- Tha mi diulich! Je suis désolée! Tout est de ma faute... Comment va Legolas? Dîtes moi qu'il va bien, je vous en prie... Vous devez me détester!

- Nous avons tous notre part de responsabilité, souffla le roi avec amertume. Moi le premier, melda heri. Legolas est juste derrière nous avec Elwë... Maintenant, dormez.

Voyant qu'elle allait de nouveau parler, l'elfe marmonna un charme qui la fit tomber dans le sommeil.

Ils arrivèrent à la cité quelques heures plus tard et se rendirent directement à la maison de soins déposer les blessés qui furent immédiatement pris en charge par des guérisseurs. Thranduil faisait les cent pas comme un animal sauvage dans sa cage devant la salle où ils avaient été installés. Il n'arrivait pas à occulter l'image de leurs corps meurtris. Le visage blessé de son enfant s'entrechoquait dans son esprit avec la vision de la poitrine martyrisée et la cuisse sanguinolente d'Ilyrià. Il s'adossa au mur et se pinça l'arête du nez. Il devait garder la tête froide et les idées claires. L'ellon fut interrompu dans ses réflexions par Finnàm.

Ils se regardèrent sans un mot et le Wallen s'installa à côté du roi en allumant un de ses fameux cigarillos. Ils restèrent ainsi pendant une bonne demi-heure avant qu'un des guérisseurs, Gawën, ne sorte de la salle. Il s'approcha à pas feutrés du roi.

-Seigneur Thranduil...

l'ellon eut un geste d'impatience et l'enjoignit à parler sans plus de cérémonie.

- Le prince dort. Il va récupérer mais devra se montrer patient. Il a plusieurs côtes de cassées ainsi que les os de sa main droite et de sa pommette gauche. Les coupures vont se résorber grâce aux cataplasmes. Legolas ernil est solide, mon roi, mais il devra , je le répète, faire preuve de patience pour une complète guérison.

Le poids sur les épaules du souverain s'allégea en partie.

- Et Dame Ilyrià?

- Elle aussi ira bien. Elle pourra réintégrer ses appartements dans les jours à venir. Elle souffre de contusions, d'ecchymoses et de coupures mais en quantité moindre que notre prince.

Thranduil se sentit soulagé encore un peu plus mais quelque chose le taraudait sans relâche. Il devait en avoir le cœur net.

- Tirnestad, encore une question, dit le roi, la voix vibrante.

- Mon Seigneur?

L'ellon s'approcha et le guérisseur se sentit écrasé par l'aura dangereuse que dégageait son souverain. La lueur sauvage dans ses yeux ne laissait rien présager de bon.

- Dame Ilyrià a-t-elle été... - il ferma brièvement les yeux avant d'asséner-... violentée?

Finnàm qui n'avait toujours pas ouvert la bouche chancela sous l'impact de ses paroles mais se reprit rapidement. Le temps semblait comme suspendu aux lèvres du maître guérisseur.

- Aran nîn... - l'ellon avait l'air d'hésiter à répondre et Thranduil dut résister à l'immense envie de le secouer comme un prunier- … la Wallen a plusieurs marques qui peuvent laisser penser que... que tel a été effectivement le cas...

Le Ceannar laissa échapper une exclamation étouffée tandis que l'elfe serra ses poings à tel point que ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau délicate.

- Rien n'est moins sûr, s'empressa de continuer Gawën au vu de leurs réactions. Nous ne pouvons que supputer en attendant son réveil. Nous en saurons alors plus...

- Je vous interdis de lui poser la moindre question à ce sujet! siffla Thranduil, ses yeux glacés bouillant d'une rage intense. Retournez à leur chevet et veillez les.

Une fois l'ellon parti, l'elfe et le Wallen se dévisagèrent sans un mot. Le roi rompit le silence en premier et dit d'une voix sans timbre:

- Avons-nous besoin de mon pisteur? Comme vous le voyez, Conui, je vous parle en sindarin, vous venez de me donner la preuve que vous le comprenez plus qu'aisément... dit le roi avec un sourire torve.

Un rictus déforma le visage de Finnàm qui muta et lui répondit avec un elfique à l'accent très prononcé:

- En aucun cas, a righ... pas de pisteur, je me charge de les retrouver et... que, voulez-vous, nous avons tous nos secrets...

- Conduisez-moi, conclut Thranduil, un sourire sinistre aux lèvres. Je vous suis.

Ils parcoururent une nouvelle fois l'immense forêt qu'était Mirkwood pendant plusieurs heures à la recherche de la troupe d'orcs. Ils avaient profité de l'effervescence causée par le retour des deux disparus pour s'éclipser sans aucune escorte.

Thranduil ne voulait personne avec lui. Il souhaitait assouvir son désir de vengeance seul, sans témoin en particulier d'autres elfes.

Quant à Finnàm, sa présence ne le dérangeait qu'en une moindre mesure. Outre son besoin de solitude, le Wallen était très clairement dans le même état d'esprit que lui.

Le Ceannar se focalisait totalement sur sa tâche. Ils n'échangèrent aucune parole, Thranduil suivant aussi docilement qu'il était possible à cet ellon. Le Wallen avait partiellement muté pour suivre leur piste. Il s'arrêta plusieurs fois pour humer l'air ou à même le sol. Il sautait furtivement d'arbre en arbre, préférant ses jambes à l'assise d'un cheval. Il se savait plus efficace ainsi. L'ellon à ses côtés ou plutôt en dessous de lui râla d'agacement et de frustration.

Quand il y pensait, il ne pouvait que se rendre compte que depuis l'arrivée d'Ilyrià et de ses compagnons, sa si légendaire patience comme son masque d'impassibilité si durement forgé se fissuraient implacablement.

Soudain, Finnàm retomba prestement sur le sol, genoux fléchis. Il se retourna à demi, la tête penchée, un sourire en coin. Il mit un index sur ses lèvres et arqua un sourcil narquois comme pour inviter le roi à se joindre à lui.

Thranduil descendit de sa monture et le rejoignit en deux enjambées, dégainant son épée ainsi qu'une dague. Un frisson d'excitation remonta le long de son échine. Il vit alors ce que lui montrait le soldat d'un mouvement du menton.

Ils étaient juste là, en contrebas. Ces pourritures d'orcs se disputaient la carcasse sanglante d'un pauvre chevreuil et plongeaient leurs mains griffues dans les entrailles visqueuses de l'animal. L'odeur de sang, étouffante, lui emplit les narines. Savoir que ces monstruosités avaient posé ne seraient-ce que leurs regards sur les deux êtres qu'au fond de lui il savait chérir le rendit enragé. Ils les avaient durement maltraités pour ne pas dire martyrisés. Son fils était dans un tel état qu'il mettrait des semaines à récupérer pleinement ses facultés. Sa Wallen - il frissonna d'horreur- avait peut-être subi les pires outrages qui soient pour une femme, ceux que les elfines de par leur nature ne pouvaient connaître...

Ses mâchoires se contractèrent de fureur et ses yeux polaires prirent une teinte métallique. Il allait leur faire payer ces affronts... venger son enfant et leur faire regretter d'avoir posé leurs mains sur Ilyrià. Elle était sienne et il n'aimait pas que quoi ou qui que ce soit abîma ce qui était à lui.

Finnàm sauta de nouveau dans l'arbre tandis que Thranduil avançait de front. D'un bond spectaculaire, il se lança sur ses ennemis en attaque, sa longue épée positionnée à l'horizontale le long de son corps et sa lame courte le long de son visage. Un premier orc tomba, la poitrine transpercée puis un second la carotide tranchée. Ils se retournèrent alors comme un seul homme et se ruèrent sur l'elfe.

Il para un coup de rapière qui lui effleura la cuisse et plongea sa dague dans le front de son assaillant. Il ne sentit pas la douleur, tout à son combat. Du coin de l'oeil, il vit le Wallen se laisser tomber sur les orcs et en égorger un d'un coup de canines puissant avant d'en embrocher un autre de sa main griffue.

Thranduil bondit en arrière pour éviter un des monstres mais ne fut pas assez rapide et sentit le froid d'une lame mordre la chair de sa joue. Il virvelota et coupa les deux jambes de l'orc en question tandis que le Conui en ramenait un autre vers lui pour lui briser la nuque d'un geste sec.

En un quart d'heure, ils les avaient tous tué et se retrouvèrent sur un sol jonché de cadavres.

Quelqu'uns agonisaient encore dans d'affreux grognements mais le roi n'en tint pas compte. Ils allaient mourir lentement et, quelque part, il s'en félicitait. Il avisa une arme à la ceinture d'un des moribonds qu'il reconnut aussitôt. Une colère sourde s'empara de lui et il se baissa pour l'arracher du ceinturon.

Un cimeterre... une arme qu'il abhorrait en temps normal mais qui, dans ce cas précis, lui était chère.

L'orc s'en aperçut et échappa un gargouillis qui devait être un rire. Une joie mauvaise illumina son regard torve.

- Bien belle prise que sa propriétaire, grinça-t-il entre deux quintes de toux. Elle a couiné comme une chienne...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que sa tête volait un peu plus loin, décapitée par l'arme d'Ilyrià. Les yeux de l'ellon lançaient des éclairs, prêts à continuer le massacre. Le Wallen s'approcha, souple comme un chat, et lui dit doucement:

- A righ, rentrons. Ils sont vengés et Gallion a sûrement dû envoyer tout le royaume à votre recherche.

Ces mots laconiques sortirent l'elfe de sa transe et il regarda Finnàm comme s'il le voyait pour la première fois. Il acquiesça et le suivit en silence.

Le retour jusqu'à la cité se passa dans le calme absolu, comme celui qui suit une violente tempête. Une certaine sérénité s'était emparée du roi et du Ceannar même si un goût d'amertume lui restait sur les lèvres.

Cette débauche de violence lui avait apaisé le coeur un court instant mais pas l'âme. Il lui était pénible de voir à quel point il cédait, avec contentement qui plus est, à ses pulsions quelles qu'elles soient.

L'ellon avait à peine remonté le pont de pierres menant à l'intérieur de la cité souterraine que Gallion surgit. Il attrapa la bride de son élan et le força à ralentir l'allure. Thranduil se retint de faire le moindre commentaire devant l'air inquiet de son intendant. Il descendit de sa monture, lui flatta les naseaux et murmura avant de le laisser aux bons soins d'un autre elfe:

- Hannon le, mellon nîn... une fois encore.

Il se tourna ensuite vers le Wallen et inclina la tête en signe de remerciement. Il n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit. Un accord tacite les enjoignait tous les deux à la plus grande discrétion quant aux actions qu'ils venaient de commettre ensemble. Finnàm le salua à son tour en posant son poing au dessus de son coeur. Le roi fut agréablement surpris de cette marque de considération d'un homme aussi frustre que le Conui. Cela étant dit, son comportement d'il y avait quelques heures à peine n'avait pas été moins sauvage que celui du Commandant de la Garde.

Ce dernier parti, il planta son regard d'acier dans les yeux bleus de son intendant et remarqua alors son allure débraillée... en tous cas pour un elfe. Ses cheveux roux toujours si soignés pendaient lamentablement et ses vêtements d'ordinaire immaculés étaient tâchés de sang. Le souverain fronça les sourcils.

D'- où vient ce sang, Gallion? l'interrogea-t-il avec brusquerie.

- Je..., bafouilla l'ellon, j'ai été veillé le prince à la maison de soins. Je voulais rapporter une tenue propre... à Legolas ernil, aran nîn.

Le ton du roi s'adoucit à ses paroles.

- Oh... très bien.

- Dois-je vous faire monter quelque chose, Seigneur? Un plateau? Une carafe?

Thranduil secoua la tête négativement, l'air soudainement épuisé.

- Non Gallion. Comment vont-ils?

- Le prince dort, Aran nîn. Les guérisseurs lui ont fait prendre une potion pour l'apaiser...

L'intendant faillit poser la main sur le bras du roi mais se retint.

- Et Wen Ilyrià? Comment se porte-elle?

- Bien, mon Seigneur... elle se repose dans ses appartements...

- Elle n'est plus à la maison de soins? s'exclama le souverain avec un froncement de sourcils mécontent.

- La Wen Wallen a insisté pour ne pas y rester. Nous n'avons rien pu faire. Elle était très agitée de vous savoir parti avec le Conui. Les guérisseurs ont jugé préférable de la laisser rentrer. Vous savez... à quel point Dame Ilyrià est... entêtée.

- Bien, soupira Thranduil, trop fatigué pour ne serait-ce qu'esquisser un léger sourire. Allez donc vous reposer... Il est clair que vous en avez besoin mon cher.

- Et vous-même, Aran nîn? Vous semblez exténué...

- Je vais aller voir Legolas puis je rentrerai. Bonne nuit, Gallion, finit-il, péremptoire.

L'elfe en face de lui sut au ton de son roi qu'il n'y avait plus rien à dire et que l'entrevue était bel et bien terminée. Il se détourna à regret et s'en alla d'un pas rapide.

Thranduil le regarda disparaître au détour d'une des allées et alla au chevet de son fils, faisant fi de la douleur lancinante qui lui brûlait la cuisse là où l'orc avait planté son épée.

Il sentit la rage l'envahir à la vue de Legolas gisant sur son lit d'infortune, encore plus pâle qu'à l'accoutumée. Son coeur se serra et il posa sa main sur le front de son fils. Il lui chuchota quelques paroles réconfortantes à l'oreille en lui caressant les cheveux d'un geste paternel.

Il ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir terriblement à l'instar de la Wallen. Elle culpabilisait de s'être enfuie, entraînant Legolas à sa suite et leur faisant subir pire que mille morts. Cela dit, il s'était montré honnête avec elle un peu plus tôt à cheval.

Rien n'était totalement blanc ou noir. Toute cette histoire était un marasme boueux de nuancés grisâtres...

Culpabilité pour lui d'avoir joué avec elle, de ne pas avoir su résister à ses pulsions... Culpabilté pour elle d'avoir tenté de se soustraire à la volonté des Valar et d'avoir ainsi peut-être provoqué leur courroux...

L'elfe se pencha et embrassa le front de Legolas d'un baiser tendre où il y mit tout l'amour qu'il ne savait exprimer en temps normal comme il aurait pourtant aimé le faire avant de sortir. Il inspira une profonde goulée d'air et prit le chemin de ses appartements.

Il se sentait las, harassé... moralement et physiquement. Plus il y pensait, plus il se disait qu'il n'avait qu'une seule chose à faire pour cesser toute cette folie. Il devait s'y résoudre. Même si cela le torturait plus que de raison, il prit une grande résolution.

Dès que les deux blessés seraient remis, il les enverrait à Imladris, loin de lui, pour le reste de cette année. Il trouverait bien un prétexte fallacieux et savait qu'Elrond les accueillerait avec plaisir tout comme ses enfants. Ils y resteraient ainsi jusqu'à leurs noces. Il ne devait plus avoir de contact d'aucune sorte avec Ilyrià. C'était trop dangereux pour eux tous et avait failli coûté aux deux personnes à qui il tenait même s'il lui était dur de l'admettre... du moins pour l'une d'entre elle.

Il monta lourdement les marches menant à son logis, loin de sa grâce aérienne habituelle. L'ellon ouvrit la porte, entra et la referma en s'appuyant contre elle comme si elle seule arrivait à le maintenir debout. L'elfe se pinça les narines et passa la main dans ses cheveux pour ramener un semblant de civilité dans son apparence sanglante.

Le grand salon était plongé dans la pénombre mais Thranduil se redressa brusquement, les sens aux aguets, aggripant la fusée de sa miséricorde. Il n'était pas seul. L'elfe pouvait entendre une respiration légère et régulière.

Silencieux, il se dirigea sans aucun doute vers l'endroit d'où provenait le souffle incriminé. La terrasse. Il écarta d'une main restée sûre malgré la fatigue les voilages et avança prudemment. Qui que ce soit, l'intrus allait passer un très mauvais moment. La mansuétude n'était certainement pas à l'ordre du jour.

L'elfe vit un corps pelotonné dans un des grands fauteuils en osier blanc, emmitouflé dans ce qu'il reconnut être un de ses manteaux. De courtes boucles folles dépassaient, ne laissant aucun doute possible sur l'identité de l'étrangère. Un frisson lui parcourut le corps. De colère, de désir... il n'aurait su le dire précisément. Peut-être était-ce tout cela en même temps...

Il s'approcha lentement, bien décidé à la renvoyer vertement chez elle. Thranduil écarta le tissu et s'autorisa à la regarder quelques instants de tout son saoul. L'ellon ne comprenait décidément pas ce qui l'attirait autant chez cette femme. Il se sentait comme un insecte pris dans la toile d'une arachnide, un comble pour le roi de Mirkwood!

La regarder ne lui suffit bientôt plus. Il sentait tout son corps lui crier de la toucher, rien qu'une fois... si doucement qu'elle ne le saurait jamais. Le roi ne se rappela pas s'être senti aussi démuni qu'à ce moment précis, pris entre raison et pulsion et il excécra ce sentiment de perdition.

Par les Valar, les elfes ne se régissaient pas ainsi! Ils n'étaient pas des bêtes! Finalement, était-il plus proche du caractère des hommes, Wallens y compris, que ce qu'il avait toujours pensé?... Non, il ne serait jamais comme ces éphémères! Seulement, il s'était retrouvé face à une véritable tornade qui ne cessait de se fracasser contre ses propres défenses et qui les fissuraient inexorablement.

Le souffle régulier de la jeune femme le persuada de son sommeil. Il écarta une mèche de sa joue et la replaça derrière son oreille. Baissant les yeux, il vit sa gorge et la naissance de sa poitrine se gonfler doucement sous sa respiration. Il trouvait cela tellement apaisant... Thranduil frémit. Colère, désir et frustration ne faisaient pas bon ménage...

Pourquoi était-elle venue ici?! Pourquoi le tenter une fois de plus?! Etait-elle donc son enfer personnel?!

La violence de ses émotions le fit se relever et s'éloigner. Il serra la balustrade si fort que les jointures de ses mains blanchirent. L'ellon ne voulait pas se retourner pour le moment sous peine de faiblir. Ses résolutions fonderaient comme neige au soleil et il y céderait avec délectation... la consummer entièrement, qu'elle soit à lui.

Il perçut une présence dans son dos et n' eut pas besoin de regarder pour savoir de qui il s'agissait. Il le savait aux frissons qui lui parcouraient l'échine. Malgré tout, il fit volte face, les lèvres pincées et le regard dur.

Elle était juste là devant lui, ses grands yeux embués l'observant ouvertement.

Toujours enroulée dans son immense manteau, elle paraissait réellement minuscule et dégageait une forte impression de fragilité avec son visage bleui par les marques de coups, sa lèvre fendue ou encore ses cheveux si courts. Il se força à maintenir une distance raisonnable, reculant sans en avoir l'air le plus possible contre la rembarde.

Non mais quelle plaisanterie! Lui le Haut Roi et guerrier impitoyable reculant face à une Wallen lilipucienne?!

Il laissa échapper un rire amer malgré lui devant son regard curieux. Ils se dévisagèrent un long moment sans bouger, conscients l'un comme l'autre que le moindre mouvement pourrait entraîner des conséquences qui s'avèreraient dramatiques. L'air chargé se satura complètement quand Ilyrià laissa glisser le lourd manteau à terre. Elle ne portait que la légère chemise virginale qui lui avait été mise lors de ses soins et qui faisait entrevoir à l'ellon beaucoup plus que ce qu'il ne l'aurait dû.

Toujours sans un mot, elle s'approcha de lui et posa sa paume chaude sur sa joue, elle glacée, effleurant de son pouce l'estafilade que lui avait laissé l'orc. Il put voir dans ses yeux une once de reproche. Le contact de ses doigts sur sa chair le firent frémir mais il ne s'autorisa pas le quelconque geste en retour.

- Ciod e? murmura la jeune femme, le regard voilé. Ciamar a tha sibh? A righ... mo righ...

Sa main suivit la ligne de la machoire de l'ellon avant de se poser avec douceur sur son torse tandis que de l'autre, elle lissait une mèche de ses cheveux argentés.

- Chain eil mi a'tuigsinn... tha feum agam ort, mo chridhe... continua-t-elle, rêveuse et l'air totalement absent.

Il ne comprit absolument rien mais sa voix vibrante traduisait pour elle les émotions d'Ilyrià. Il ne bougeait pas mais sentit sa détermination vaciller dangereusement. Il devait faire quelque chose avant que la situation ne dérape complètement. Thranduil lui attrapa les poignets et les écarta de lui.

- Cela suffit, Wen Ilyrià, arrêtez! Vous ne savez plus ce que vous faîtes, ma Dame...

Il ne se rendit pas compte que lui aussi avait naturellement repris sa langue maternelle, chacun parlant à un mur.

Ilyrà se dégagea de sa poigne d'un geste brusque et planta son regard droit dans le sien. Il pouvait y voir toute sa colère, sa peur et son envie s'y entrechoquer violemment. Elle se retourna comme pour partir et il fut un instant soulagé. Mais non. Elle fit volte face et lui lança d'une voix rageuse:

- Duin do bheul, Thranduil!

La jeune Wallen s'approcha de nouveau au plus près de lui et il la regarda, choqué, s'attaquer brutalement aux attaches qui retenaient sa lourde cape. Un déclic puis un second firent tomber le tissu à terre. Ses petites mains s'affairèrent ensuite sur le pourpoint de cuir mais, tremblantes, n'arrivèrent à rien. Un râle de frustration s'exhala de sa poitrine. Elle recula d'un pas et, attrapant sa fine chemise, elle la déchira pour se retrouver nue devant lui. Son air de défi mêlé de fragilité finit de le faire basculer à son tour.

Il fondit sur Ilyrià et la saisissant brutalement par la nuque, l'elfe la colla à lui en écrasant sa bouche sur la sienne. Ses lèvres s'ouvrirent et elle glissa sa langue contre celle de l'ellon. Ils se goûtèrent ainsi un long moment fièvreusement, laissant enfin éclater un désir réprimé aussi brutal que fulgurant.

Thranduil la souleva et Ilyrià enroula ses jambes nues autour de sa taille. Elle recula son visage et le regarda droit dans les yeux.

- Fais-le, supplia-t-elle de sa voix rauque. Aime-moi... Mo righ, juste cette nuit...

Ses mots le bouleversèrent et ses dernières réserves s'envolèrent. Elle voulait juste effacer la fange vécue ces derniers jours avec celui dont elle se savait éperdument amoureuse et la réflexion ne rentrait plus en ligne de compte... plus de roi, plus de Wallen, plus rien... ils auraient tout le temps de culpabiliser plus tard.

Il rentra à l'intérieur et la déposa délicatement sur son bureau avant de l'y allonger. L'ellon se redressa au-dessus d'elle pour la dévorer du regard, alanguie et totalement offerte à ses caresses. Il eut un sourire carnassier à la voir ainsi à lui. Elle était à lui. Il se pencha et enfouit la tête dans son cou, égrainant baisers et douces morsures. Ses yeux se noircirent à la vue de la trace noire qu'avait laissé la marque des griffes sur son sein et il en suivit le sillon comme si sa langue avait le pouvoir d'effacer toute violence de sa peau.

Une de ses mains rampa dans son dos pour prendre appui sur ses reins pendant que de l'autre, il attrapa un mamelon qu'il pinça légèrement. Elle gémit et s'arqua plus encore contre sa bouche. Soudain, Ilyrià passa ses mains à elle dans ses cheveux qui s'y accrochèrent pour se redresser contre lui, haletante. Elle commença à le déshabiller frémissante de passion et il posa ses paumes sur les siennes pour l'y aider. Thranduil cilla un instant sous la voracité qu'il lisait dans ses prunelles noircies par le désir. Jamais une elleth ne l'avait désiré aussi directement avec une telle... lubricité. C'était atrocement excitant. Il se retrouva rapidement nu à son tour et il la vit détailler son corps avec une satisfaction non dissimulée.

La jeune femme se mordit la lèvre de plaisir effleurant son torse, s'attardant sur les cicatrices éparses qui s'y trouvaient. Toujours assise sur le bureau, elle enserra sa nuque de ses deux mains et l'attira vers elle avec une douce violence.

- Mords-moi, souffla-t-elle, la tête renversée comme pour mieux s'offrir à lui.

Il s'exécuta, juste un peu, titillant chaque parcelle de sa peau luisante d'un voile fin de sueur. Sa bouche glissa pour s'emparer d'un de ses seins alors que sa main s'aventurait entre ses cuisses rondes. Il fut surpris de sentir sa petite main à elle l'accompagner dans son mouvement comme pour l'encourager, caressant son poignet de son pouce. Thranduil tressaillit et gronda contre sa peau devant les gestes sûrs qui trahissaient sa propre expérience. Il n'en voulut que plus lui laisser sa marque et effacer totalement la trace des hommes qu'elle avait pu connaître. Il dut se faire violence pour ne pas la prendre tout de suite, la posséder à un point tel qu'elle ne se souviendrait que de lui.

Les petits cris qu'elle laissait échapper et le mouvement imprimé par la bascule de ses reins l'électrisèrent et l'elfe la prit dans ses bras en murmurant d'une voix rauque:

- Le lit.

Elle lui prit la bouche dans un baiser passionné en guise de réponse. L'ellon l'allongea sur sa couche et se mit au-dessus d'elle, reprenant ses caresses de sa bouche et ses mains. Chaque contact le rendait fou et la réciproque était vraie, il pouvait le lire dans son regard enfiévré.c'était comme si leurs peaux étaient faîtes pour se fondre et s'unir... comme une évidence. Ses yeux rencontrèrent les pupilles dilatées de la jeune femme.

Comprenant parfaitement l'invitation, Thranduil la pénétra d'une violente poussée de reins. La Wallen s'arqua contre lui et cria sous la puissance de l'elfe. Il se retira et se remit à l'embrasser sur tout le corps avant de la reprendre en douceur cette fois. Il ne bougea plus pendant quelques secondes avant d'imprimer de légères poussées. Ce ne fut que lorsqu'elle commença à onduler en cadence sous son corps qu'il s'enfonça profondément en elle. L'elfe ne la quitta pas du regard et quand elle ferma les yeux, proche du paroxysme, il lui attrapa le menton pour la forcer à le fixer.

- Regarde-moi, melleth nîn, lui intima-t-il avec autorité.

Il ne voulait rien perdre de cette unique occasion qui leur était donnée. Ilyrià accrocha son regard au sien et cette simple emprise visuelle les fit basculer tous les deux. Elle gémit et cria d'une voix si rauque et désespérée qu'en lui aussi déferla une puissante vague de plaisir. Il gronda à son tour avant de s'abattre de tout son corps sur le sien. Ils restèrent ainsi quelques instants, ne souhaitant ni l'un ni l'autre briser leur étreinte. Thranduil roula à côté d'elle et, avec son bras passé autour de la Wallen, la fit basculer sur lui.

Allongée sur son corps musculeux, la tête reposant sur son torse, Ilyrià ne bougeait plus, apaisée. Elle lui caressa l'épaule distraitement, de manière de plus en plus erratique jusqu'à ce que sa main glisse sur le drap, immobile. A son souffle régulier, il comprit qu'elle avait sombré dans le sommeil. Le roi n'eut pas le coeur de la réveiller et il la garda ainsi, emprisonnée entre ses bras.

Aux premières lueurs de l'aube, le souverain ne put s'empêcher de l'éveiller par ses caresses pour lui faire l'amour une fois encore, conscient que leur moment éphémère touchait à sa fin. A califourchon sur lui, elle n'était que plaisir et désir pour lui. Il lui souleva la jambe et s'enfonça doucement en elle, imprimant un mouvement léger de va-et-vient. Ils ne tardèrent pas à succomber tous les deux au plaisir qui les submergea une nouvelle fois.

La Wallen se pencha pour l'embrasser, un profond regret au fond des yeux et se leva sans un mot. Elle s'enroula dans ce qui restait de son vêtement et sortit sans un mot, le laissant seul. La nuit était passée. Ils ne s'appartenaient pas et rien ne changerait jamais cet état de faits... du moins le croyaient-ils sincèrement.

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Oh lala... alors? J'espère que vous avez apprécié le sauvetage, la vengeance et la concrétisation de ce que ces 2 pauvres âmes ressentent l'un pour l'autre. .. mais nous ne sommes pas au pays des bisounours ou sur la route arc-en-ciel des petits poneys... et comme vous avez pu vous en rendre compte je suis un peu, comment dirai-je, sadique... l'aventure ne fait que commencer... Comment vont-ils gérer l'après? Comment Legolas va-t-il se sortir de cette maudite expérience? Où est Anaïsa? Que va faire Gallion? Et les Wallens renégats? Bref pleins de questions sans encore de réponses...

La traduction de la partie Gaelique n'est pas donnée intentionnellement... Un peu de mystère que diable! Si vous voulez savoir ce qu'elle lui a dit demandez moi en reviews ou MP et je vous répondrai :D

Bisous tout doux les didous! ;)