Coucou tout le monde! Je n'etais pas du tout décidée à publier à cause d'un coup de mou temporaire... mais les amies sont là! ;) pour remotiver... merci les filles! Z'etes choupettes! 3 n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage... c est toujours agréable et constructif et encourageant... Ça évite les coups de mou! :)
Sinon merci à mes louloutes pour leur soutien et leurs commentaires qu ils soient privés ou en reviews. Vous êtes les meilleures!
Lady Julie: toujours présente et mon soutien indéfectible! Tu auras peut être enfin des nouvelles de notre petite guerrière wallen? ;)
Krassnaia: toi tu es juste... ma muse! :)... ainsi que ma dessinatrice et ma tatoueuse personnelle! Finnam te fait un gros câlin!
LegolasKili:merci pour tes comm et de m'avoir dédicacé ton chapitre qui était juste fantastique! Je te retourne aujourd'hui cette merveilleuse attention... lectrices et lecteurs allez lire: Nous, à jamais...une super histoire!
Eternelly Hysteria:parce que c'est une bêta adorable et patiente avec une inexpérimentée comme moi! Bientôt les premiers chapitres corrigés et tu vas pouvoir avoir les nouveaux en prio maintenant que je suis chez moi!
Poly Popy de mon coeur: non Legolas n'est pas mort voyons! Et bien sûr que Thranduil est sexy! Hyper mega double mega sexy man!
Et Sandra Lutices D: merci de ton soutien et parce qu'on est complètement syphonnées! =p J'adooore le coeur de la Forêt allez le lire!
Merci aux anonymes aussi bien évidemment! J'espère que vous aimerez ce chapitre qui m'a été dur à lancer... Ma chipie wallen va devoir faire face à ceux qui se trouvent être concernés directement par ses choix aussi discutables soient-ils... Rappelons juste qu'elle s'est enfuie, fait capturée avec Legolas, qu'ils ont été torturés, qu'ils se sont enfuis, que Thranduil n'était pas content du tout, qu'il a été les chercher, qu'il les a retrouvé et ramenés, qu'il s'est vengé avec l'aide de Finnam, qu'il est rentré et qu'une certaine peste était chez lui et qu'une chose en entraînant une autre... ce qui devait arriver arriva!
Et maintenant bonne lecture!
Chapitre 17.
Gallion,
L'elfe claqua la porte et laissa la colère ainsi que la frustration qui bouillonnaient en lui le submerger. Il avait toujours été quelqu'un de pondéré mais là trop, c'était trop... Rien n'arriverait donc à bout de cette punaise?! S'il s'écoutait , il irait droit chez elle et l'étranglerait de ses propres mains! Même une troupe d'orcs n'avait pas réussi à éradiquer cette engence maudite... et dire qu'elle avait entraîné le prince dans son sillage de malheur!
A la pensée de Legolas et du sort qui avait failli s'abattre sur la lignée royale de la Forêt Noire, il se précipita dans sa salle d'eau et vomit le contenu frugal de son estomac. L'ellon se rinça la bouche et appuya son front brûlant contre la porcelaine du baquet. Et dire que le roi lui même s'était lancé dans une expédition punitive qui aurait pu lui coûté la vie! Il en était d'ailleurs revenu blessé... Les choses allaient définitivement de mal en pis.
Quelle idée avait donc eu ce Wallen de mêler des orcs à leurs desseins?! Pourquoi avait-il donné autant de crédit l'un de ses sauvages même renégat, lui qui était un elfe plus que méfiant envers quiconque n'était pas de son peuple? Spécialement pour tout ce qui touchait à ce damné royaume sur la mer... Le fêlon avait contracté une alliance contre nature avec l'orc en chef de la forteresse noire afin que ce dernier laisse une de ses troupes vadrouiller discrètement aux alentours des cavernes car il savait de source sûre que la princesse s' y risquerait seule à un moment où l'autre. Ainsi était le caractère Wallen, fier et indomptable. Il avait assuré à l'intendant qu'elle finirait par tenter quelque chose pour reprendre sa liberté et qu'ils devaient juste se montrer patients. Ce n'était qu'une question de temps... Effectivement, il avait eu raison mais les conséquences et résultats n'avaient pas été ceux escomptés, loin de là! Gallion se laissa glisser au sol et se mit à réfléchir intensément à la précarité de sa situation et de ses choix.
Tout à sa colère et le dégoût que lui inspirait la jeune femme, il ne s'était que très peu posé de questions lorsqu'un de ces bêtes l'avait contacté par faucon, ne s'interrogeant même pas sur la façon dont il avait pu le trouver lui... Comment avait-il su à qui s'adresser? L'elfe était un fin courtisan et un politicien aguerri quoiqu'en pensaient les autres qui ne voyaient en lui que l'ombre du roi. Il avait su cacher sa rancoeur et la haine qu'il ressentait pour la Wallen et, dans une moindre mesure, pour ses compagnons. Alors, comment? Par quelle magie?
Il se rappelait très bien de ce premier contact... Quelques jours avant l'arrivée d'Ilyrià, un aigle noir l'attendait sur son balcon, un pli attaché à une de ses pattes. Cette lettre lui annonçait clairement qu'un allié à sa cause se trouvait au sein de la cité sur la mer. Il l'avait ainsi informé de la dépendance et de l'influence de l'eau de mer sur la sirène, du caractère rusé et pugnace du Ceannar, de la fragilité de sa soeur ainsi que des accès ombrageux et cupides du dragonnet. Il avait dévoré avidement ces informations, tentant d'en tirer le meilleur parti tout en restant dans l'obscurité. Pour le moment, l'ellon avait réussi à agir discrètement mais de manière trop peu efficace. Personne ne remarquait le pâle intendant et c'était là parfait. Lomion avait malheureusement fait les frais de la découverte de son implication. Le Conui avait littéralement massacré son ami sans aucune pitié et ce avec l'aval du roi. Gallion sentit un haut le coeur remonter et dût inspirer une grande bouffée d'air pour se reprendre. Il le vengerait lui aussi et infligerait une douleur toute aussi intense au Commandant après avoir réglé le cas de la Wallen dont il avait la charge.
La princesse Wallen était si stupide et naïve qu'elle lui retournait de grands sourires quand leurs regards avait le malheur de se croiser mais il n'était pas dupe. Sous ses dehors aguicheurs, elle n'était que mauvaises intensions. Si personne ne l'arrêtait, elle arriverait certainement à faire tuer le prince ou pire encore le roi...
Il était à son service depuis des siècles et l'avait toujours vu maître de lui même si le souverain était sujet aux emportements. Il avait toujours su se maîtriser d'une main de maître. Or, le seigneur Thranduil n'était plus tout à fait lui même ces derniers mois... Surtout Gallion éprouvait une sourde terreur depuis qu'il avait remarqué l'éclat acier qu'il dardait sur la Wallen quand il ne se pensait pas épié et cela l'inquiétait au plus haut point. Il la couvait du regard et ses yeux, d'habitude impassibles, devenaient deux blocs de lave en fusion. C'était une véritable sorcière et il craignait qu'elle n'ait réussi à ensorceler son roi vénéré.
Il devait impérativement se débarasser de cette épine qui empoisonnait sa Forêt. Les méthodes relativement douces employées jusqu'ici n'ayant pas fonctionné et ne voulant plus se fier aux manigances du mystérieux Wallen renégat, l'elfe sut qu'il était l'heure d'user de la force. Il ne savait pas encore de quelle façon agir mais il trouverait.
Il allait devoir la faire disparaître pour de bon cette fois. Définitivement.
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Legolas,
Legolas s'éveilla deux jours plus tard, encore groggi des effets de la potion prodiguée par les guérisseurs. L'elfe fut désorienté à son réveil, ne sachant pas où il se trouvait et mit quelques minutes à remettre la maison de soins.
Ils dûrent se mettre à plusieurs pour l'entraver mais même ces mesures drastiques n'empêchèrent pas son extrême agitation.
Il ne se calma qu'à la vue d'Ilyrià qu'il avait appelé sans relâche voulant s'assurer de son état. Elle se précipita à son chevet et ordonna à tout le monde de quitter la pièce sous les regards réprobateurs. La jeune femme se pencha vers lui et le fit se rallonger avec autorité, ce qu'il fit sans discuter plus longtemps. L'ellon coula un regard dans sa direction ses mâchoires se contractèrent de fureur à la vue de son visage amaigri et violacé. De profondes cernes grises encadraient ses grands yeux, accentuant ainsi leurs deux couleurs et ses lèvres meurtries lui glaçaient le coeur.
Il aurait voulu la prendre dans ses bras et lui murmurer des paroles réconfortantes mais s'en sentait incapable pour le moment. Malgré son désir de la protéger de toutes ses souffrances, il lui en voulait énormément. Il pouvait sentir sa rage couler dans ses veines comme un puissant venin.
Elle s'était enfuie! Lui faisait-il donc tellement horrreur qu'elle avait privilégié la fuite dans une forêt qu'elle savait pourtant hostile plutôt que de rester à ses côtés... Cette attitude n'était-elle pas révélatrice de son dégoût pour lui? Il s'était bercé de douces illusions quant à ses sentiments ne serait ce même qu' amicaux pour lui...
Quant il avait mis au courant de sa fuite, Legolas n'avait pas hésiter à se précipiter à sa recherche. Il avait bien cru défaillir quand il l'avait retrouvée encerclée par les orcs et prête à commettre l'impensable sur elle même pour leur échapper. Il avait alors déversé toute sa colère et sa frustration sur eux... jusqu'à ce que leur chef ne menace de la tuer elle.
Ces quelques jours prisonniers de ces bêtes avaient bien failli avoir raison de lui et de son esprit. La voir allongée sur le dos du warg et à la merci des mains de l'orc pâle avait été une plus grande torture que les innombrables coups qui lui avaient été portés. Il se fit le serment de le retrouver et de lui trancher ses odieuses mains qui avaient eu l'impudence de se poser sur sa Wallen... celle qui serait sa femme car voilà bien ce qu'elle serait bientôt pour lui.
Il était désormais clair à ses yeux qu'il nourrissait de tendres et impétueux sentiments envers elle. Ces jours maudits lui en avaient fait prendre conscience et il ferait tout pour qu'elle aussi en partage un jour l'intensité.
Ils se dévisagèrent un long moment, empruntés l'un comme l'autre et se mirent soudainement à rire... un rire légèrement teinté d'hystérie et en accord parfait avec leur état d'esprit confus.
- Penses-tu à la même chose que moi, prionnsa? lui demanda-t-elle d'une voix douce.
-Imladris, confirma-t-il.
- Un pauvre petit sourire éclaira le visage blessé de la Wallen.
- C'est ça... Sauf que c'était moi dans le lit! dit-elle en lui caressant les cheveux dans un geste quasiment maternel. Et que je n'étais pas tant blessée... Par les Valar, dans quel état es-tu, mo caraid!
Des larmes perlèrent à ses yeux et, sans aucune fausse pudeur devant lui, elle les laissa couler librement.
- Je suis désolée, mo prionnsa! balbutia Ilyrià en posant la tête sur sa cuisse pour se cacher. Si j'avais su... Qu'ai-je fait?! Tu dois me haïr! Et tu aurais raison...
La colère qu'il ressentait vis-à-vis d'elle fondit comme neige au soleil. En dépit de l'intense douleur, il se redressa un peu et la força à relever la tête.
Par Erù, quelle mine elle avait avec ses yeux larmoyants et son nez rougi!... mais il ne l'en trouvait que plus charmante avec cette fragilité enfantine qui suintait de tout son être. Il lui tint le menton de sa main brisée, retenant avec peine quelques tics de souffrance et plongea son regard bleu comme un ciel sans nuages dans le sien, aussi tourmenté que l'orage.
- Daro! Melleth nîn- elle tressaillit à ce nom et il l'imputa à sa pudeur, ne pouvant se douter des circonstances dans lesquelles quelqu'un d'autre l'avait appelé ainsi- arrête... Je t'ai suivi seul et ce, de ma propre volonté. J'irai désormais où tu iras, n'en doute pas. Si tu disparaîs une nouvelle fois, je retournerai chacun des neuf mondes pour te retrouver...
- N'allons pas jusque là alors, sourit la jeune femme.
Son sourire forcé n'échappa à Legolas qui soupira, fatigué par la douleur que lui infligeait chaque mouvement.
- C'est toi qui me réconfortes alors que tu as besoin de soins mo caraid! Le monde ne tourne décidément pas sur son axe! On croit rêver de tant de niaiserie de ma part! s'exclama Ilyrià avec une grimace. Attends, je vais t'installer confortablement... ces hommes n'y connaissent rien!
La Wallen tapota les oreillers qu'elle cala dans son dos pour que l'ellon soit mieux assis et le gronda comme un elfing de ne pas vouloir se rallonger. L'elfe était fier et ne voulait pas que quelqu'un, surtout elle à fortiori, le voit en position de faiblesse. Elle l'avait assez vu à genoux ces derniers jours.
La jeune femme s'empara d'une brosse et s'assit au bord du lit, un peu en deça de lui. Sans s'en rendre compte, elle se colla à son dos et entreprit de démêler ses cheveux pour le recoiffer correctement, de la façon qu' il aimait. Legolas pouvait sentir sa chaleur se propager à travers son propre corps. Elle les lui brossa un long moment, sentant qu'il commençait à se relâcher, et les lui tressa avec la plus grande douceur. La tension qui tendait ses membres se dénoua petit à petit et il se laissa aller contre elle, profitant de la chaleur de ses bras.
- Chante, ma Dame... Je suis sûr que tu as une voix mélodieuse, chuchota Legolas, les yeux clos.
- Oh, mo prionnsa, tu abuses de ta condition...
- tu n'as donc pas le choix...
L'elfe l'entendit grommeler une ou deux grossièretés en Wallen et sourit. Si elle se remettait à jurer, elle irait bien et c'était tout ce qui lui importait. Elle se mit à fredonner un air de chez elle en lui lissant distraitement ses longues mèches blondes.
- Mi le m'uilinn air mo ghluin*
'Smuladach mi desramh dain
Mi le m'uilinn air mo ghluin
'Smuladach mi desramh dain
Shil mo shuil muair chaidh siuil
Ri croinn-ura chaol ard
Righ, 'smo run-sa ram bard
Dearcam fhathast air mo ghaol
Coiseachd air slat-chaol fo sheol
Elle s'interrompit quand la porte s'ouvrit et laissa place à Thranduil. Il s'arrêta net sur le seuil et darda sur eux un regard glacé. Ilyrià s'écarta de Legolas au grand dam de ce dernier et retourna s'asseoir sagement sur la chaise qu'elle avait occupé un peu plus tôt, les yeux baissés.
Son père s'approcha du lit et prit la main de son fils entre les siennes pour l'examiner en silence. Il fronça les sourcils et s'assit gracieusement sur le bord de sa couche.
- Elle est brisée, lui expliqua Legolas dans un murmure à peine audible. Chaque doigt et le poignet aussi...
Ilyrià laissa échapper une exclamation horrifiée et porta sa main à sa bouche. Une unique larme coula sur sa joue ronde pour aller s'écraser sur ses lèvres tuméfiées. Les deux ellyr la regardèrent un moment. La tension était palpable. Legolas observa son père puis Ilyrià et se sentit prêt à la défendre en cas d'attaque du roi. Il devait la rendre responsable de ce qui était arrivé et, dans un sens, c'était effectivement le cas mais son père n'était certaienement pas étranger à sa fuite. Il se crispa encore un peu plus mais finalement, Thranduil détacha ses yeux de la Wallen et les reporta sur son héritier.
- Il te faudra du temps, ion nîn, pour récupérer toutes tes facultés et ta dextérité.
Legolas asquiesça, la mine sombre. Impulsive, Ilyrià se pencha vers lui et mit sa main sur sa joue sous le regard impénétrable du souverain.
- Mais tu y arriveras! affirma la jeune femme, farouche. Je t'aiderai... je ne sais pas trop de quelle façon, mais je serai là.
- Alors tout ira bien, wen nîn, la rassura l'elfe avec un grand sourire.
- Bien sûr que tu sauras retrouver toute ton adresse, mon fils... Il ne saurait en être autrement, conclut Thranduil avec humeur.
Il reposa la main de Legolas délicatement sur le lit et se leva avec grâce.
- Evidemment, tu ne pourras pas être des nôtres lors du voyage dont je t'avais parlé il y a quelques lunes de cela... celui pour Erebor, précisa le roi.
- Erebor? le coupa la Wallen, intriguée. Pourquoi n'en ai-je pas entendu parler? Une organisation importante je suppose... Etrange que je n'en ai rien su...
Le roi la regarda d'un air ennuyé. Il lui répondit d'une voix traînante et dédaigneuse:
- J'y ai fait plusieurs fois mention, mais avoir votre attention n'est pas chose aisée... Nous devons aller présenter nos... «respects» au roi Thror comme tout à chacun sur Arda. J'y ai de plus une affaire d'ordre privée à conclure...
- Et...
- Et oui, vous serez du voyage, wen Ilyrià. Vous devez apprendre les rudiments inhérents à la diplomatie... en vue de vos futurs devoirs.
- Si Ilyrià y va, j'irai moi aussi, déclara Legolas, catégorique.
Le roi tiqua à l'emploi du seul prénom de la jeune femme et jeta un coup d'oeil oblique vers son fils.
- Ce n'est pas sérieux, ion nîn, soupira Thranduil... mais je comprends. Il te faudra être prudent avec tes blessures. Tu dois te reposer... Nous partirons d'ici la fin de la semaine. Wen Ilyrià, il nous faut laisser Legolas prendre du repos.
La jeune femme se releva instantanément et lissa sa robe. Elle caressa le dos de la main du blessé pour lui signifier son départ sous le regard glacial du roi. Elle sortit derrière lui non sans faire un sourire au prince ainsi qu'un petit clin d'oeil malicieux.
Legolas s'autorisa alors à se rallonger, épuisé de tant d'efforts, et soulagé d'avoir vu sa princesse bien vivante après toutes les horreurs qu'ils avaient vécu tous les deux.
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Ilyrià,
La jeune femme était à peine sortie de la maison de soins qu'elle se sentit happée par la taille et poussée contre un arbre dans un bosquet à l'abri des regards. Elle poussa un petit cri de stupeur. C'était son elfe... son roi... Thranduil. Il l'écrasait totalement de son corps contre le tronc sans aucun moyen de s'y soustraire. Le regard enfiévré avec lequel il la couvait lui fit tourner la tête et elle sentit une réminescence du désir de la nuit passée se répandre en elle. Une douce chaleur lui étreignit le ventre comme si une nuée de papillons en avait pris son envol.
Ilyrià refusait de le regarder dans les yeux. La tentation serait alors trop forte... mais lui ne l'entendait pas ainsi. Il captura son visage dans une de ses mains, aggripant ses boucles entre ses longs doigts fins tandis que, de l'autre, il suivit la courbe de son épaule. Lui tirant légèrement les cheveux, l'ellon la força à le regarder. Ses yeux brillaient d'une lueur sauvage et furieuse.
- Que faisiez-vous donc, wen nîn? siffla-t-il, les dents serrées.
- De quoi parlez-vous? murmura Ilyrià, apeurée par l'éclat polaire de son regard.
- Seriez-vous du genre à passer la nuit dans les bras d'un elfe et passer à ceux d'un autre dès le lendemain?! Qui plus est, son fils?
La Wallen était sur le point des lui sortir une réplique bien sentie quand Thranduil plaqua sa bouche aussi dure que la pierre sur la sienne. C'était un baiser qui n'avait rien de tendre mais juste une preuve de la possessivité qu'il ressentait à son égard. Elle ne put cependant s'empêcher d'y répondre et gémit en se collant contre lui avant de le repousser violemment.
Elle se serait giflée de tant de faiblesse. Ils étaient encore et toujours dans une impasse... Ne s'agissait-il donc que de cela?!
- Etes-vous fou, a righ?! Nous ne devons pas... nous ne pouvons plus faire cela! Vous le savez, tout comme moi... Hors de question de le blesser plus encore!
Ses derniers mots le sortirent de sa transe survoltée et il s'éloigna de quelques pas en se passant la main sur les yeux.
- Je suis désolée ma Dame. Cela ne se reproduira plus. Nous nous reverrons pour le départ, dit-il d'une voix blanche. D'ici là, je je vous dispense de toutes vos leçons. Concentrez-vous donc sur -il inspira- sur Legolas.
Il tourna les talons et partait, le dos raide quand la petite main d'Ilyrià le retint par la manche. Il se retourna et se sentit attiré vers le bas. La jeune femme le tirait par les bords de sa tunique pour lui faire baisser la tête vers elle. Elle lui sourit tout aussi tendrement que douloureusement et souffla de sa voix rocailleuse:
- Gabh mo leisgeul, mo chridhe... mais un dernier, juste un! (pardonnes-moi mon amour...)
Elle l'embrassa, effleurant sa bouche de la sienne pour se faire plus insistante et caressa sa lèvre inférieure de la pointe de sa lanque. Il n'eut pas le temps de réagir à son baiser qu'elle s'était déjà enfuie, ne laissant derrière elle que son parfum d'océan.
Il était l'heure. L'heure de se confronter au Commandant Wallen et surtout savoir ce qu'il était advenu de sa soeur. La jeune femme ferma les yeux et inspira profondément avant de pousser la porte des appartements que ses compagnons occupaient. Elle n'eut pas le temps de faire ne serait-ce qu'un pas qu'une masse s'abattit sur elle et qu'elle se sentit soulevée de terre.
- Décidément! pensa-t-elle avec un sourire torve en enlassant à son tour son cousin.
- Je devrais te ficeler au pied de mon lit, crétine, rugit Klaùs.
- Oh non! Par Erù, je resterai aveugle face au spectacle de toi sur ta couche! Pitié! rit-elle.
- En as-tu, toi a Ghraidh? De la pitié?! claqua la voix glaciale du Ceannar.
Ilyrià coula un regard craintif par dessus l'épaule de son cousin et vit Finnàm adossé avec une fausse nonchalance à la table. Son visage était couvert de griffures plus ou moins profondes et une longue entaille lui barrait l'oeil gauche, l'empêchant de l'ouvrir correctement. Un pli amer plissait ses lèvres ourlées pour n'en faire plus qu'un mince pli.
Klaùs reposa la jeune femme à terre et elle lui planta un léger baiser sur sa joue rugueuse. La Wallen lui pressa le bras et il sortit de la pièce non sans avoir jeté un lourd regard d'avertissement à son supérieur.
Restés seuls, les deux anciens amants se toisèrent en silence, se défiant mutuellement. Ilyrià aurait voulu expliquer son comportement et lui demander pardon mais aucun son ne réussissait à sortir de sa gorge. Elle avait vraiment cru agir pour le bien de tous. De plus, Finnàm n'avait pas l'air de vouloir lui faciliter les choses... Sa moue narquoise et sa façon de tordre sa longue tresse pour la ramener au dessus de sa tête et la coincer avec son couteau en étaient la preuve.
Cette fois, il ne ferait pas le premier pas ni ne lui tendrait la moindre perche. C'était à elle d'assumer la responsabilité de ses actes. Si Legolas et Thranduil avaient été relativement compréhensifs, il n'en serait pas de même avec le Wallen... Repenser au roi lui fit monter le rouge aux joues. Elle chassa l'image coquine de l'elfe et se reconcentra sur la situation présente.
Un peu de courage! Depuis quand la peur l'empêchait-elle de faire quoi que ce soit?!
Elle combla la distance entre eux deux d'un pas résolu et l'affronta du regrad.
- Je suis désolée, mo Ceannar... Mais tu dois comprendre! Je croyais que c'était là la meilleure solution et...
La Wallen ne put ajouter un mot. L'impact de la gifle qu'il lui mit l'envoya au sol. Elle sentit sa lèvre se rouvrir et le goût métallique du sang lui emplir la bouche. Il se positionna à califourchon sur elle en lui clouant les mains d'une seule des siennes au dessus de sa tête.
- La meilleure des solutions?! aboya-t-il. Te sauver?! Me faire battre ma propre soeur? Faire tuer le prince ou presque? Envoyer le roi dans une punition expéditive? C'était ça ta solution à tous nos maux, a Ghraidh?! Depuis quand es-tu aussi stupide?... Aussi dépourvue du moindre bon sens?... Et que dirait ton père? Y as-tu seulement réfléchi? Crois-tu vivre dans un monde féérique comme celui des contes que l'on nous narrait enfants?
- Frappe-moi si cela te soulage, mo caraid... murmura Ilyrià. Je l'ai amplement mérité... si ce n'est plus encore... tu as parfaitement raison.
Ses mots firent retomber toute la fureur de Finnàm. Il lui libéra les mains et se pencha vers elle pour coller son front au sien. Chacun rendait les armes à l'autre et le soulagement qu'ils en retiraient tous deux était intense. Ils restèrent ainsi un long moment dans une position que n'importe qui en entrant aurait trouvé équivoque mais pas eux. Loin de là.
Ilyrià brisa le silence la première.
- Où est Anaïsa, mo Ceannar? souffla-t-elle, hésitante.
- Tu ne la verras plus... -la Wallen se crispa-... pendant un long moment tout du moins.
- Carson?
- Je l'ai renvoyée à la cité... notre cité, lui expliqua -t-il d'une voix sourde. Je ne pouvais pas faire autrement, pas après qu'elle ne m'ait ouvertement défié!
La princesse soupira de soulagement. Au moins était-elle toujours en vie... Finnàm releva la tête et la fixa gravement.
- Que croyais-tu? Que j'allais la tuer? Ma petite soeur? Celle pour qui j'ai tué ma propre mère? Non qu'elle ne m'ait pas loupé, la garce...-il grimaça en se touchant son oeil blessé-... moi non plus cela dit... Elle est repartie il y a quelques nuits avec l'accord du roi de passer sous silence son implication dans ta disparition. La consigne pour ton père est qu'elle ne supportait plus l'éloignement. Je ne suis pas sûr qu'il sera dupe mais nous verrons...
Il se releva d'une pirouette arrière et l'aida à faire de même.
- Nous allons donc à la Montagne Solitaire? lui dit la Wallen pour changer de sujet, souhaitant dissiper le malaise de son ami si elle pouvait encore vraiment l'appeler ainsi.
- Après les elfes, nous voilà bientôt aux prises avec les nains, répondit le commandant en haussant les épaules avant d'allumer un cigarillo.
- J'avoue avoir hâte de changer d'air, tu sais... Voir de grands espaces et ce pic dont tout le monde ne cesse de parler... Il paraît qu'il n'existe pas plus grande magnificience que le royaume nain... L'or et les pierres précieuses y coulent à profusion... fit Ilyrià en se dirigeant vers la porte, désireuse de quitter au plus vite l'atmosphère pesante qui règnait dans la pièce.
- Ily – la voix du Ceannar l'arrêta dans son élan, la main sur la poignée- je ne sais pas ce qui t'as réellement poussé à agir ainsi et je ne veux plus le savoir. Ce qui est fait est fait. Je te préviens seulement... ne recommence jamais ça sinon... Je te retrouverai moi et les conséquences ne seront pas les mêmes. Ne me fais plus jamais mentir à mon roi de cette façon. Concentre-toi sur tes obligations, sur le prince.
La menace était on ne peut plus claire. La jeune femme savait qu'il ne servirait à rien d'argumenter avec le soldat. Un fossé s'était creusé entre eux et la cesure était malheureusement profonde. Elle sortit sans un regard en arrière.
Lorsqu'elle arriva devant chez elle, Ilyrià eut la surprise d'y trouver Klaùs, assis par terre qui l'attendait. Deux fois dans une même journée, quel insigne honneur!
Il se releva d'un bond, lui qui ne savait rien faire calmement, et lui prit la main pour l'attirer brusquement à l'intérieur. Là, son cousin l'observa fixement avant de l'enserrer à nouveau dans ses bras puissants. Un peu de chaleur sans arrière pensée, voilà qui était fortement agréable. Elle s'y abandonna avec délice. Elle se laissa faire, trop heureuse qu'il se laisse enfin aller à une étreinte fraternelle qu'il ne lui avait plus prodigué depuis longtemps. Il y fit passer tout son bonheur de la retrouver saine et sauve malgré ses blessures. C'était là toute l'affection dont il était capable et elle le savait.
- Mo ruin, chuchota-t-il d'une voix vibrante. Quelle idiote tu fais! Tout ça pour un elfe!
La Wallen s'arracha de l'étau de ses bras et recula de quelques pas.
- Cela n'a rien à voir avec prionnsa Legolas, protesta-t-elle.
Klaùs se mit à rire bruyamment et se jeta littéralement sur une des bergères du salon. Il tapota la place à ses côtés pour qu'elle vienne s'y installer, ce qu'elle fit de bonne grâce. Il captura son menton pour être sûr d'avoir toute son attention. La jeune femme pouvait voir deux petites flammes danser dans ses yeux noirs.
- Comme si je parlais de celui-là!
- Je ne te comprends pas, mon cousin...
- Ilyrià, l'interrommpit doucement le jeune homme, un sourire de prédateur aux lèvres. Ne me mens pas... pas à moi, ma belle. Tout le monde pense que je ne suis qu'un balourd étrange qui ne voit pas plus loin que le bout de mon museau... Les idiots! Je vois au contraire beaucoup plus de choses qu'on ne pourrait le penser...Dis-toi bien que je sais.
Le coeur de la jeune femme battait à tout rompre. Il savait. Elle le lisait dans son regard narquois.
- Je te connais, cousine, continua-t-il, imperturbable. Je suis la personne qui te connaît le mieux... même Anaïsa, je ne suis pas sûr qu'elle te connaisse aussi bien que moi. Je sais tes qualités comme tes défauts. Je sais quel type d'homme ou d'elfe en l'occurrence -il cracha ces derniers mots- est suceptible d'attirer ton attention... Un caractère aussi emporté que le tien, toujours à tenter de dominer... évidemment que ton regard s'est posé sur lui... de la haine à l'amour, tu sais ce qu'on dit... finit-il avec un mouvement de bras dégoûté.
Sa cousine se taisait, fuyant son regard insistant.
- Tu as perdu ta langue, petite fille? Tu ne peux pas... non, tu ne dois pas recommencer, martela Klaùs, l'air grave.
- Recommencer quoi, mo co-ogha? (cousin)
- Ce que tu as fait la nuit dernière, répondit-il durement. Elle allait l'interrompre mais il ne lui en laissa pas le temps- cha, is tu a bana phrionnsa, Ilyrià! E tha a righ... cela ne peut être. Tu dois tout arrêter avant que ça ne t'explose à la figure. Si tu ne le fais pas pour toi, fais le pour lui et le prince elfe. Je ne pense pas que tu aimerais qu'il aprenne un dixième de ce que vous avez fait...
- bien sûr que non! s'écria-t-elle, horrifiée à l'idée que Legolas sache quoi que ce soit.
Klaùs prit son visage en coupe entre ses deux mains calleuses.
- Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire, mo co-ogha... Je n'ai absolument rien à faire de ce qui peut arriver aux elfes, seul ton sort m'importe et je ne donne pas cher de ta peau si ton père venait à apprendre dans quel lit tu te vautres... surtout celui là. Tu sais qu'il hait cet elfe plus que n'importe quel autre... pourquoi je ne le sais mais les faits sont là.
Il l'embrassa sur le front et se leva en se passant une main dans les cheveux pour les ébouriffer un peu plus encore. Il lui releva le menton de son index et la regarda droit dans les yeux, sérieux.
- Ne tombe pas amoureuse, mo ruin... ni de l'un ni de l'autre. Il ne sont pas comme toi et ne le serons jamais. L'amour est une malédiction... la pire qui soit. Épouse-le, fais lui un ou deux marmots et prends un amant ou plusieurs mais pas ce foutu oreilles pointues! Vis ta vie du mieux que tu le peux... C'est tout ce qu'on peut espérer dans cette vie, conclut-il amèrement avant de sortir.
Ilyrià resta sans voix. Jamais elle n'aurait imaginé à quel point son pauvre cousin était un Wallen désabusé. Il n'y avait plus aucun espoir en lui et elle refusait de suivre son exemple mais il avait raison sur un point. Elle n'avait aucun avenir si elle s'obstinait à suivre la voie qu'elle avait osé emprunter cette nuit fatidique... Elle devait reprendre les rênes et tout de suite avant que quelqu'un n'en pâtisse, à fortiori son ami ou l'elfe qu'elle aimait. Ils le lui avaient tous dit sans pour autant se concerter: elle devait se concenter sur le prince. Là était son devoir.
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chanson de Karen Matheson, Mi Le M'Uilinn.
voili voilou... c'était là un chapitre de transition pour remettre les nombreuses pendules à l'heure... Thranduil et Ilyrià pourront-ils rester loin de l'autre maintenant qu'ils se sont autant rapprochés? Legolas lui semble sûr de ses sentiments et pas prêt à lâcher le morceau facilement... pourquoi Sturten déteste Thranduil aussi particulièrement? quel est ce Wallen qui agit dans l'ombre? par contre je sais pas vous mais moi j'adooooore Klaùs! ;) prochain chapitre... quand Legolas s'emporte lui aussi, ça dépote! :)
gros bisous tout doux les didous!
