Maudite
Bonsoir les gens,
Comme je l'ai annoncé sur mon compte FB, voici le nouveau chapitre.
Je vous remercie pour tous vos commentaires, et vos encouragements. J'espère que ce chapitre commencera à répondre à vos questions…
Ines : Merci beaucoup pour ta review, et tes encouragements !
Miss45 : une review toute courte, mais qui en dit beaucoup de ce que tu penses de ces chapitres. Merci !
Dites-moi tout. Bonne lecture.
Ch4- Elle
Edward POV.
De nouveau, nous quittions Forks, pour la seconde fois.
Sans Bella.
Je regardai la nouvelle maison dans laquelle nous nous installions depuis la veille. En pied plein sur près de 500m², avec une immense entrée centrale. Esmée avait craqué sur le corridor qui courait tout autour de la maison et ouvrait sur chaque pièce. Elle avait refait la décoration, sobre mais moderne et ajouté de l'insonorisation. Du salon-cuisine aménagée, nous avions vue sur la véranda et la piscine un peu plus loin.
« Alors, qu'en penses-tu ? »Demanda ma 'mère' en posant une main sur mon bras.
Je souris doucement en croisant son regard. Je savais qu'elle voulait à nouveau me voir heureux, mais aucun petit moment de joie ne pouvait égaler à tout ce que j'avais vécu ou ressenti il y avait maintenant dix-sept ans.
« C'est comme je l'imaginais après ta description. Tu as fait un véritable travail d'artiste, ici. » Je désignai l'agencement des couleurs sur les murs et les meubles.
Il y avait un air complètement nouveau dans cette maison, comme un nouveau souffle qui grandissait.
« Ta sœur m'a beaucoup aidée. » Répondit-elle en m'entraînant vers la chambre qu'elle m'avait attribuée.
Elle était aussi sobre que le reste de la maison, suffisamment pour que je puisse en faire mon propre univers.
« Merci, Esmée. »
Je la pris dans mes bras et elle me serra contre elle.
Dans ses pensées, je lisais les espoirs qu'elle avait pour moi dans cette ville. Elle avait lu ma souffrance ces années et ma chute cet été à Forks. Il n'y avait plus aucune affiche, et la maison n'existait plus. Comme si Isabella Swan n'avait jamais existé. Sauf que j'avais encore ses photos avec moi et son odeur aussi.
« Qui vient chasser ? » Déclara Emmet depuis l'entrée.
Je déclinai l'offre. Em ne voulait que jeter un œil au terrain alentour, tout en mettant un air d'insouciance dans les regards. Sauf que son insouciance ne m'intéressait pas.
J'entendis les autres, 'mes frères et sœurs', quitter la maison, alors qu'Esmée et Carlisle se retrouvaient dans leur chambre. Je regardai la large baie vitrée qui donnait sur le devant de la maison, le rideau léger mais suffisamment sombre pour me donner de l'intimité. Puis, mon regard se posa sur les cartons que j'avais entassés là en déchargeant. Je savais déjà ce qu'ils contenaient, chacun d'eux. Mais je savais aussi celui que ma famille ne voulait pas me voir ouvrir.
Comment ne pourrais-je pas ?
J'avançai vers la boite marron, anonyme et pourtant si reconnaissable.
J'ôtai la grosse bande adhésive, ouvris les pans. Je m'assis à terre, à côté, les yeux posés sur le cadre.
Ou plutôt sur la photo dans le cadre.
Je me rappelais du contexte dans lequel elle avait été prise, comme si ça datait de la veille et non pas de près de dix-huit ans maintenant. La jeune fille était appuyée à une rampe, dans le parc où nous étions, ses cheveux détachés passaient sur ses épaules, encadrant son visage anormalement pâle. Ses yeux noisette me parlaient. Ils me disaient qu'elle ne voulait pas de cette photo, elle allait encore se trouver ridicule, insignifiante. Je passai un doigt sur les traits fins. Derrière elle, un mur d'arbres fins et autres roseaux, à côté, un petit étang. Cette journée-là avait été l'une des premières après qu'elle eut appris pour ma vraie nature de vampire…
Flashback.
J'avais hésité longtemps avant de lui proposer une telle sortie. Le ciel était gris, couvert, comme la majorité du temps à Forks, mais j'avais besoin de la voir.
Depuis quelques jours, elle savait qui j'étais, et même si j'attendais toujours de la voir s'enfuir en courant, je voulais profiter de tout ce qu'elle m'offrait. Même une après-midi au parc.
« Edward, ne me dis pas que c'est ce que je crois que c'est, ce sac. » M'avait-elle demandé avec un certain agacement.
J'avais souri et baisé le haut de son front.
« Rappelle-toi que je ne lis pas dans tes pensées, Bella. »
« Ah ! Ca t'arrange bien, à certains moments ! »
Elle avait fait mine de frapper mon bras, et j'en avais profité pour la serrer contre moi. Je n'aurais pas dû. J'étais un vampire, et elle, une humaine. J'étais dangereux, je pouvais la briser comme une brindille. Mais j'aimais sentir son odeur, sa chaleur se répandre contre mon corps froid.
Et Bella ne s'en offusquait pas. Elle soupira, mais je présumais, assez justement, que ce n'était que parce que j'avais un appareil photo sous le bras. Non, au contraire, Bella appréciait les rapports que nous entretenions. Et j'étais suffisamment égoïste pour ne pas chercher à l'en dissuader.
Nous avions marché un moment, déambulant autour du terrain de sable où les enfants de tous âges se retrouvaient. Ils couraient, criaient, chahutaient et riaient. Et nous marchions, entièrement tournés vers l'autre. A un moment nous avions trouvé cet endroit. Un petit étang, des arbres et quelques roseaux autour, et un banc. Bella s'y était assise, le regard perdu dans l'eau sale devant elle.
« Qu'y a-t-il ? »
J'avais passé une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Et elle avait semblé revenir au temps présent.
« Tu as le chic pour trouver les meilleurs endroits, Edward Cullen ! »
Son sourire avait suscité le mien, et j'avais sorti, sans vraiment y réfléchir, mon appareil photo. En fait, il s'agissait de celui que j'avais offert à Alice une semaine plus tôt. Mais elle avait accepté de me le prêter. Il était pratique et en même temps, ses options m'offraient beaucoup de possibilités pour les images que je voulais récupérer de cette journée.
Le premier cliché l'avait prise par surprise, et je riais en la voyant tenter de me fuir.
Avait-elle oublié à quel point j'étais rapide ?
Nous avions joué à cache-cache plusieurs minutes, et parfois, Bella réussissait à me surprendre. Et puis, je l'avais convaincue de poser près de la rampe. Elle avait bougonné, et m'avait juré qu'elle se vengerait, mais je n'y avais pas prêté plus d'attention que ça, concentré comme je l'étais à capturer les émotions qui passaient sur son visage.
Bella s'y était prêtée, et bientôt, elle avait exigé que les photos nous comptent tous les deux. Vive l'option retardement !
Bella avait pris la pose bien plus facilement, alors que je la tenais contre moi, et fixai l'objectif.
Fin Flashback.
Je sortis de mes souvenirs en posant le regard sur le livre qui venait après le cadre dans le carton. C'était son exemplaire usé et presque inutilisable des Hauts de Hurlevent. Je secouai la tête. Elle l'avait dévoré. Certaines pages ne tenaient plus que par miracle, et pour son Roméo et Juliet, c'était pareil. Je me souvenais encore des débats que nous avions eus, parfois, même Carlisle et Rosalie s'en mêlaient. C'était alors à celui qui aurait le plus d'arguments à fournir. Même si au bout d'un moment, tous avaient été utilisés. Dans ces moments-là, Rose et Bella, qui étaient du même avis, échangeaient leur fameux regard, et nous signifiaient avec plus ou moins de tact que Carlisle et moi radotions comme de vrais croulants.
J'inspirai à fond, en entendant encore le rire léger de Bella. Je revoyais toujours la lueur malicieuse dans ses prunelles, mais je n'oubliais pas combien je me sentais piéger par son regard.
Je finis de déballer ses affaires, les posant chacune à l'emplacement que je leur avais attribué dès le début. Telle photo à tel endroit, à côté de telle pile de CD. Ses livres sur telle étagère, ou sur telle pile au sol. Les gestes étaient devenus automatiques, mais je prenais soin de feuilleter les livres, d'observer les photos.
Non, je ne m'étais pas remis de sa disparition le lendemain de ses dix-huit ans, il y avait dix-sept ans de ça. Et le fait que rien ni personne ne semblait comprendre ce qui s'était passé me rendait dingue. J'avais pourtant parcouru le globe, à la recherche de légendes et autres récits qui auraient pu expliquer la disparition de la seule femme au monde a avoir pu me donner envie de vivre.
Je passai une main dans mes cheveux et m'assis lourdement sur le lit. C'était un autre lit que celui dans lequel elle avait passé sa dernière nuit avec moi, mais parfois, la nuit, j'avais l'impression de la voir s'y allonger, frémir et appeler mon nom. J'étais dingue.
La tension dans ma famille, dans le salon me poussa à quitter la pièce, mes cartons personnels à moitié déballés. Je scannai rapidement leurs esprits, histoire d'avoir une idée de ce qui se passait. Mais tous étaient tournés vers Alice, et s'interrogeaient sur la soudaine réaction qu'elle avait eue. Je fronçai les sourcils et pénétrai dans le salon. Alice avait le regard sur la table basse, les sourcils aussi froncés que les miens. Jasper avait une main sur son épaule, et je savais qu'elle était plus tendue que jamais.
Promenons-nous dans les bois
Pendant que le loup n'y est pas…
Si j'avais besoin de confirmation, cette petite comptine dont ma 'sœur' avait le secret me confirma qu'elle me cachait quelque chose.
« Alice, tu n'as pas le droit de me tenir à l'écart. »
Je fus plus violent que je le voulais. Tout le monde se tourna vers moi. Emmet et Rose s'écartèrent, me laissant approcher encore plus. Alice ne leva pas les yeux vers moi. Esmée se posta à ses côtés, alors que Carlisle posait une main calme sur mon épaule.
« Du calme, mon fils. Laissons-la reprendre ses esprits. »
Je savais qu'il avait raison. Mais quelque chose au fond de moi me tordait les tripes. Un espoir ou peut-être une nouvelle folie montait dans mon corps, se délectant de mes peurs et de ma douleur. Si seulement Alice pouvait me rassurer…
« Je ne sais pas encore, Edward. »
Sa voix était plus fluette que d'habitude. Je sondai ses pensées, et elle le savait.
« Donne-moi un peu de temps pour faire le tri, Edward. S'il-te-plait. » Demanda-t-elle en me regardant droit dans les yeux, ses pensées m'agressant et me traitant de violeur.
« C'est à propos de Bella. » Réussis-je à murmurer, en baissant les yeux par terre.
Je fus assailli par les questions mentales, mais je m'obligeai à ne pas les écouter. J'en avais déjà assez dans mon propre esprit.
« Je… » Sa voix céda, comme si elle avait voulu pleurer.
OoOoOoOo
Bien sûr, comme chaque fois que nous arrivions dans une nouvelle ville, nous devions faire notre inscription dans un des lycées. Cette fois-ci, Rose avait sorti la carte de la ville de Green Bay et avait joué avec un collier au-dessus. Elle avait fermé les yeux, fait tourner le pendentif comme le pendule d'une sorcière, et elle l'avait lâché.
Bay Port high school, nous voilà ! Fut la première pensée d'Emmet.
Il gara sa Jeep sur le parking du lycée, et nous descendîmes tous en même temps. Tous les regards se posèrent d'abord sur le véhicule, Emmet avait fait exprès de vouloir venir le premier jour avec ça, puis nous. Les questions, et les rumeurs allaient déjà bon train. Aucun de nous n'y prêta attention toutefois.
Question d'habitude.
Je suivis mes 'frères et sœurs' jusqu'au bâtiment de la scolarité. Je savais de source sûre que tout le monde savait déjà que la nouvelle famille était arrivée, et les administrateurs se reposaient sur leur siège, pour paraitre immensément occupés. Comme toujours.
On nous fournit les emplois du temps. Un sourire et un regard un peu déplacé plus tard, nous nous mêlâmes aux autres élèves du lycée. Du moins, nous essayâmes. Quand les autres élèves vous fuient, s'écartant sur votre chemin, c'est difficile de dire que vous vous y mêlez.
Rose et Emmet, comme ils en avaient l'habitude depuis peu, scrutaient chaque visage, croisaient tous les regards, faisant des pronostics sur l'activité d'untel ou les problèmes que l'élève pourrait s'attirer.
Je levai les yeux au ciel, et nous nous séparâmes pour nos cours respectifs.
« C'est parti pour une nouvelle vie ! » S'enthousiasma Emmet en entrainant Rose avec lui.
« Ca ira ? »
Jasper s'inquiétait pour Alice, mais elle le rassura d'un sourire. Il tourna son attention vers moi, et je hochai la tête à sa question silencieuse. Moi aussi, ça irait. Il fallait bien.
Alice me tira la manche, et nous allâmes chacun à notre premier cours. J'entrai dans la salle, le professeur était déjà là. Et il avait l'air un peu déjanté. Un prof de physique, il ne fallait pas s'attendre à autre chose, en même temps. Je me présentai à lui, il me salua avec un sourire plein d'espoir et je m'installai à la place qu'il me désignait.
En fond de salle, la table était individuelle, et je m'y assis en jetant un œil aux élèves qui entraient. La plupart m'avait déjà vu arriver avec ma famille, mais d'autres attendaient avec impatience de faire ma rencontre. Je décelai leurs pensées, entre curiosité et indifférence feinte, entre filles et garçons, entre séduction et compétition.
Je soupirai.
La routine.
Heureusement pour moi, le professeur était vraiment bon, et puisque je n'avais pas suivi cet apprentissage depuis longtemps, je parvins à m'y intéresser suffisamment pour comprendre où il voulait en venir au bout d'une demi-heure. Je passai le reste du temps à scruter les esprits de mes 'frères et sœurs', pour découvrir qu'ils s'ennuyaient autant que moi, mais avec plus ou moins de lassitude. Rosalie se demandait justement combien de temps elle donnait à ce lycée avant de lui sortir par les yeux, finalement le potentiel de ces élèves n'était pas si impressionnant que ça. Emmet déshabillait du regard leur professeur de littérature. Pour le bien de la science, pensait-il au cas où je tombais sur ses pensées. Jasper avait décroché de son cours de Sport, conscient des sentiments ambigus et bouleversés d'un ou une élève dans l'autre salle du gymnase. Je me détachai de lui, les problèmes des autres ne m'intéressaient pas. Je finis, comme j'en avais l'habitude, par Alice, pour me rendre compte qu'elle récitait tous les hymnes qu'elle pouvait connaitre.
Mon crayon se brisa entre mes doigts. Et je fus reconnaissant à la cloche de déjà sonner. Je quittai la salle avant même que les autres aient levé le petit doigt, c'était raté pour paraitre normal. Je retrouvai Alice à l'autre bout du couloir, alors qu'elle avait capté mon avancée.
« Tu pourrais au moins faire semblant. » Me réprimanda-t-elle sans me regarder.
« Si tu me disais de quoi il retourne ? »
Alice me regarda du coin de l'œil, puis sourit.
« Bay Port High School a de très bons enseignements en Biologie, Physique et Histoire européenne. Il y a aux alentours de 1650 élèves et j'adore les aménagements... »
« Alice » Grognai-je en prenant son bras.
Elle me regarda dans les yeux, nous fûmes bousculer par un groupe de lycéens. Certains ricanèrent parce qu'ils pensaient à une querelle entre amoureux…
« Je ne sais toujours pas, Edward. C'est flou. Rien n'est sûr et pourtant, je sais que tu le sens aussi. »
Je fermai les yeux. C'était impossible.
C'était possible ?
« Tu seras la seule à savoir avant nous, Alice. J'ai le droit de savoir. » Suppliai-je.
Les élèves nous observaient, mais nous parlions trop bas pour que même les plus proches n'entendent rien.
« Dès que j'en sais plus, Edward. Pour le moment, je n'ai rien. » Promit-elle, et je lus dans ses prunelles dorées qu'elle était aussi perdue que moi.
Je relâchai son bras, et la suivis à notre cours commun de littérature contemporaine.
J'allai scanner ses visions, les attendre de pied ferme pour décoder en même temps qu'elle ce qui paraitrait derrière ses paupières.
Le cours pouvait avoir son intérêt, mais parce que les pensées de ma 'sœur' me préoccupaient, surtout qu'elle n'arrangeait rien en récitant toutes sortes de choses inutiles et futiles, je subis l'heure qui suivit avec l'impression d'y passer une vie entière. Toutefois, par reconnaissance pour l'enseignante et son cours, je décidai que je ferais la dissertation facultative qu'elle proposait. Ça aurait le mérite de m'occuper quelques minutes le soir même.
Notre 'fratrie' alla retrouver Jasper au gymnase. Son regard se posa immédiatement sur Alice, et les questions/réponses se firent dans leur langage corporel. Mais déjà, Emmet nous désignait un coin tranquille, près de la grille. Alors que nous nous éloignions, une autre classe sortit, le chahut et les grognements contre le volley-ball allaient bon train. Surtout chez les filles. Une ou deux s'en plaignaient à leurs petits copains qui défendaient au contraire ce sport.
Le vent s'arrêta, une seconde avant qu'un garçon interpelle des camarades. J'étais distrait, du coin de l'œil, j'observai Alice et Jasper.
« April ! Liz ! Vous allez où ? »
Dans le silence causé par l'arrêt du vent, la voix de celle qui répondait était claire et amusée.
« Revoir la trigo ! Tu sais combien Liz déteste ça ! »
« Eh ! Edward, t'es avec nous ? »
Emmet et les autres lycéens m'empêchèrent de me concentrer sur la voix de celle qui répondait en grommelant. Je dévisageai mon frère, il souriait, mais de toute façon, Em ne savait faire que ça, à l'autre bout de la cour, notre cible.
« Quoi ? »
« C'est ce que je disais ! J'aurais dû parier que tu avais quitté notre planète. Encore ! »
Je levai les yeux au ciel, et m'installai sur l'un des murets alors qu'Em enlaçait Rose pour s'appuyer à côté et que Jazz et Alice prenaient d'assaut un banc en face.
« Ca va être cool ces deux prochaines années si vous êtes dans cet état tous les deux. » Bougonna Rosalie.
« Désolée, Rose. Tu as raison. » Sourit Alice, et déjà, elle faisait des projets pour le week-end qui approchait.
« Certains parlaient d'une fête foraine qui rouvre ses portes justement, on pourrait y faire un tour ! » Emmet y mit de son grain de sel.
« Pourquoi ça ne m'étonne pas que tu sois celui à nous proposer un lieu pour jouer ? » Se moqua Jasper alors qu'un groupe de lycéens prenait place de l'autre côté de la grille, sur les autres murets et bancs.
Emmet et Jasper partirent dans leurs sempiternels débats, et je quittai leur engouement pour me focaliser sur la sensation étrange qui s'éveillait encore en moi. Je scrutai les alentours. Il n'y avait rien d'anormal. Même si les élèves à côté fumaient sans avoir l'âge légal, les autres s'étalant dans l'espace libre entre les bâtiments par petits groupes. Et pourtant, c'était comme si je manquais quelque chose.
Mais quoi ?
Jasper claqua des doigts devant mon visage pour me ramener au présent, et je réalisai que la pause était finie. J'avais conscience que mon comportement était étrange. Plus étrange que d'habitude. Mais je savais aussi que tant que je n'aurais pas les réponses à mes questions des questions que je n'arrivais pas non plus à formuler je ne pourrais être moi-même.
Je passai une main nerveuse dans mes cheveux, et me re-concentrai autant que possible sur les deux heures qui suivirent. Je fis les exercices de langue anglaise, et pris des notes au cours d'histoire européenne. Mais c'était simplement parce que malgré les salles qui nous séparaient, Alice parvenait à me faire me concentrer, en se mettant à chanter à tue-tête dans mon esprit. Quand c'était le cas, je secouai la tête, et plongeai mon regard dans celui du professeur. Il était perturbé et en perdait ses mots, ce qu'Alice me reprochait, mais je me voyais lui répondre « Faut savoir ce que tu veux ! » et elle soupirait avec ostentation.
« Preston Abbott, auriez-vous un avis particulier sur le rôle du général De Gaulle en France pendant la Seconde guerre mondiale ? »
Je reconnus l'un des garçons qui s'étaient installés près de la grille pendant la pause. Le jeune homme ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes et le professeur sourit avec un « Je m'en doutais » avant de retourner à son propos. Preston marmonna, mais comprit la leçon car il ne dit plus un mot à son voisin tout le reste de l'heure. C'est-à-dire pendant les dix dernières minutes.
Enfin, c'était la pause déjeuner. Du moins c'était ce que tous les élèves pensaient. Je quittai plus calmement la salle cette fois-ci. Je rassemblai mes affaires, et suivis tout le monde jusqu'au réfectoire. L'odeur répugnante de ce qui ressemblait à de la viande emplissait le self, se mêlant aux bruits des cuisines, des bavardages et des pensées. De quoi me dégoûter à vie de la cantine de lycée.
Sauf s'il y avait un élément auquel je ne pourrais jamais dire non. Un élément qui avait déjà changé ma vie.
Les autres s'asseyaient autour de la table, j'étais déjà à ma place, et je regardai les lycéens entrer, se servir et s'interpeller.
Quand je la vis.
Fugacement.
Dans un battement de cils.
Mais j'aurais reconnu sa silhouette entre toutes.
Mon corps se tendit, mon esprit bouillonna de questions et suggestions. Mais elle disparut.
Je la cherchai dans les pensées, je cherchai même son esprit, même sans le connaitre.
Alice posa soudain une main sur mon bras, et je me focalisai sur la vision qu'elle avait.
C'était Bella, mais sans être elle. Et puis, elle me fuyait. Sans me fuir.
Les visions se succédèrent pendant le reste de l'heure. Alice était désemparée, sujette à des choses que nous connaissions pour les avoir vécues, et à d'autres inconnues.
« Comment est-ce possible ? Qu'est-ce que ça veut dire ? » L'interrogeai-je alors que les autres nous posaient aussi des questions.
« Peut-être qu'on voudrait tellement trouver une réponse à nos questions que nous sommes prêts à la voir partout. » Supposa Emmet.
Et même si je savais qu'il ne voulait pas à mal, je ne me retins pas à lui grogner dessus. Il leva les mains devant lui.
Du calme, Eddy, tu sais combien je l'appréciais. Mais avoue que c'est bizarre tout ça. Peut-être qu'elle lui ressemble un peu, mais ça ne peut pas être Bella, je veux dire…Y a 17ans, Edward…
« Je sais. » Grognai-je.
Bien sûr que je savais. Même s'il y avait eu une réponse à la disparition de Bella, dix-sept ans plus tôt, et bien, ça s'était passé il y avait dix-sept ans. Bella ne pourrait plus avoir l'âge qu'elle avait à l'époque.
Je me pinçai l'arête du nez, et fermai les yeux pour revenir à la réalité. Je crois qu'Emmet avait raison.
« Nous prenons nos rêves pour la réalité. »
« Mais Dieu sait que ça serait tellement bien. » Soupira Rose.
Chacun de nous acquiesça.
Etrangement, aucun de nous ne s'était levé pour vérifier la théorie. Peut-être que nous avions malgré tout besoin de réfléchir à cette possibilité ?
OoOoOoO
Je potassai le manuel de biologie pour me rendre compte que le programme n'avait pas tant changé que ça depuis la dernière fois, quand cela se produisit.
D'abord, l'odeur.
Un mélange de freesia, strawberries et quelque chose comme de la pêche emplit la salle de cours.
Mes plus bas instincts amenèrent du venin à ma bouche et mon corps prit une position d'attaque.
Puis ma noyade dans un océan noisette. Un océan aussi profond que la dernière fois où je m'y étais perdu.
« Mademoiselle Walter et mademoiselle Livingston, bien sûr que vous êtes en retard. »
La voix du professeur, monsieur Donahue me sortit de ma transe, et ma vision assimila ce qui se passait pendant que mon cerveau réfléchissait à toute allure pour comprendre ce qui se passait. Les yeux noisette étaient rieurs, et soulignés par un trait d'eye-liner. Les cheveux châtains foncés flottaient sur les épaules trop pâles de la jeune fille. Sa chemise cachait un t-shirt et dépassait du jean taille basse. Aux pieds, les converses noires avaient visiblement bien vécu…Elle leva les yeux au ciel et je l'entendis soupirer en rejoignant sa place, non loin de moi. Elle était différente.
Et pourtant, c'était elle.
Les deux amies s'assirent très près l'une de l'autre. Et alors que monsieur Donahue faisait un cours sur les bactéries qui allaient l'intéresser, les deux filles firent passer un papier d'un côté et de l'autre de la paillasse. Dans l'esprit de la blonde, je voyais les traits que les gestes rapides de l'autre dessinaient. Elles caricaturaient la classe. Les élèves et le professeur. Personne n'y échappa.
« C'est lui. » Souffla la blonde, April Livingston comme je le lisais dans l'esprit de l'enseignant.
Dans son esprit, je savais qu'elle parlait de moi, et j'attendais que Liz, comme elle l'appelait en pensée, réagisse. Il fallait qu'elle réagisse.
Je ne savais pas ce qui s'était passé dix-sept ans plus tôt, mais j'espérais qu'elle le saurait. Qu'elle m'expliquerait…
Liz tourna à peine les yeux vers moi. Je soutins son regard, tentant de déceler la lueur qui dirait qu'elle me reconnaissait. Quand elle comprit que je ne baisserais pas les yeux, elle me lança un regard noir et dit d'un ton acerbe.
« Je vois pas de quoi tu veux parler. »
C'était comme une insulte. April leva les yeux au ciel, et elles se firent rappeler à l'ordre par le professeur. Elles échangèrent un dernier regard, puis, se turent pour le reste de l'heure. Même si je voyais, par l'esprit d'April, que Liz s'occupait plutôt à dessiner qu'à écouter. Malgré tout, elle semblait comme ailleurs dans un monde dont même April n'arrivait pas à imaginer la teneur. April donna un coup de coude à son amie, quand le professeur fit passer des polycopiés. Liz leva des yeux vagues sur elle, puis elle reprit des couleurs et s'intéressa aux dernières minutes du cours.
Je me rendis compte que je n'arrivais pas, cette fois-ci encore, à entendre ses pensées. Et dieu
savait combien cela me coûtait, surtout maintenant.
La sonnerie mit fin au cours et mon esprit fut assailli par les questions et l'engouement d'Alice. Elle sautait presque sur place, à un pas de la porte de la salle. Alors que je le lisais dans ses pensées, je l'attrapai par le bras et l'attirai plus loin.
« Edward ! » S'insurgea-t-elle encore plus curieuse.
« Alice, attends, tu as eu une vision ? Tu sais quelque chose ? »
« Mais, Edward, voyons, as-tu fermé les yeux pendant l'heure qui a suivi ? »
« Non, Alice. Mais…Je ne sais pas, Emmet a peut-être raison. Elle m'a regardé, Alice, et elle n'a pas réagi. »
« Edward Anthony Cullen ! »
Alice posa les poings sur ses hanches, le regard furibond. Elle fut interrompue par le chahut dans le couloir quand des lycéens se mirent à chanter un « bon anniversaire » à…Liz ?
Celle-ci rougit furieusement, et frappa le bras d'April en la maudissant. Alice et moi échangeâmes un regard perplexe, et nous nous fondîmes dans la masse des élèves qui en avaient oublié de nous fuir. Liz fut happée par le groupe d'amis que j'avais repéré plus tôt près de la grille, alors que le reste de ma 'fratrie' nous rejoignait.
« Et beh, elle n'aime pas ça, la petite. » Sourit Emmet, et dans son esprit je lisais que lui aussi il reconnaissait Bella sous ces traits.
Elle nous aurait pas caché des trucs, par hasard ? Conclut-il.
Je croisai son regard pour lui faire comprendre que je n'en savais pas plus que lui. Mais oui, il y avait des choses étranges. Liz ressemblait beaucoup à Bella. Et elles fêtaient leur anniversaire le même jour. Et malgré ses airs, Liz semblait aussi timide, ou du moins aussi gênée que Bella l'aurait été.
Le flot de lycéens quitta vite l'établissement, en riant ou bougonnant parce qu'ils avaient des devoirs à faire.
Nous sortîmes à notre tour, et je laissai mes 'frères et sœurs' monter dans la voiture.
« Edward ? »
« Je vous rejoins. Allez-y. »
« Ne reste pas à te morfondre. On va découvrir… »
« Je sais, Jasper. J'arrive. » Promis-je en partant de mon côté, vers les bois à côté du lycée.
Je me retrouvai bientôt parmi les arbres, à marcher, perdu dans mes pensées.
Une partie de moi n'arrivait pas à y croire. Comment cela pouvait-il être possible ? J'avais tellement rêvé de retrouver Bella, que maintenant que cela semblait possible, je craignais de me fourvoyer. Et si ce n'était pas elle ? Après tout, on disait que tout le monde avait un sosie à un moment ou à un autre. Si ce n'était que ça ?
L'autre partie de moi fustigeait la première. C'était Bella. Ça ne pouvait pas être un sosie. Même s'il y avait des différences, c'était ma Bella. Liz était Bella. Je ne savais pas comment c'était possible. Mais j'étais persuadé que je ne me trompais pas. Celle que j'aimais avait pris de nouveaux traits, mais elle était toujours sur cette Terre et c'était tout ce qui comptait pour moi. Je ne me voyais pas continuer à exister sans la voir. Maintenant que j'avais la chance de la retrouver, je ne la laisserais pas s'échapper.
Et même si elle semblait avoir un petit ami, je ne voulais pas me séparer d'elle. Ni la forcer à quitter cette vie. Je voulais seulement être à ses côtés.
Le vent m'assaillit, en même temps que la pluie tombait comme si on avait ouvert les vannes de la centrale de distribution. Je courus entre les arbres, presque entre les gouttes. Je ne savais pas où j'allais, mais je n'allais pas chez moi. Je ne voulais pas entendre tout de suite les questions de ma famille.
Je me rendis compte que j'arrivais plutôt dans une zone pavillonnaire, et je reconnus l'odeur qui me parvenait parmi d'autres.
Bella. Liz. Son odeur était là.
Confondu entre les troncs d'arbres, je passai le long des quelques habitations, et reconnus celle où l'odeur se trouvait. Il y avait un jardin à l'arrière, les fenêtres du salon et de la cuisine ouvraient dessus. Je grimpai à un des arbres en apercevant celle que j'identifiais comme la mère de Liz dans la cuisine. Elle avait des écouteurs sur les oreilles et improvisait quelques pas au rythme de sa musique. Elle avait une cuillère en bois et l'utilisait comme micro, quand elle ne remuait pas les ingrédients. Je souris quand elle imita une pirouette avant de saluer son public invisible. Elle souriait, et reprit quelque peu son calme avant de placer le plat dans le four.
Un homme entra à ce moment-là dans la cuisine et je l'entendis se moquer d'elle. Mais elle ne l'avait pas entendu.
« Courtney Walter, vous êtes absolument divine ainsi. » Lui susurra-t-il à l'oreille quand elle se releva en ôtant ses écouteurs.
Courtney bondit de frayeur, la main sur le cœur.
Je m'éloignai quand il s'approcha d'elle, pour se faire pardonner.
« Scott ! » Riait-elle alors qu'elle se trouvait bloquer entre son mari et l'évier.
Je secouai la tête, heureux que Bella ait une famille unie cette fois-ci.
Je fis le tour du quartier, du moins de la partie proche des arbres, et alors que j'allais partir, certain que Liz était avec des amis pour fêter son anniversaire, j'entendis un ensemble de voitures klaxonner et s'arrêter devant chez ses parents. Ils riaient, et se chamaillaient en même temps, alors que Liz les insultait pour l'avoir trahie.
« Oh arrête ! On a dix-sept ans qu'une fois dans sa vie ! » Riait un garçon.
« Et puis, tu ne croyais pas y échapper après le coup que tu m'as fait ? »
Je reconnus la voix d'April et entendis qu'ils entraient tous dans la maison.
« Maman ! Papa ! » S'exclama Liz, mais dans les esprits, je savais qu'elle acceptait leurs embrassades.
« Ne t'inquiète pas, nous ne restons pas trop longtemps. » Sourit Scott en déposant un baiser sur le front de sa fille.
« Je vous déteste. »
« Nous aussi ! » Lancèrent-ils tous alors qu'ils prenaient d'assaut le salon.
« Vous avez tout ce qu'il faut dans la cuisine. Nous reviendrons pour le dessert, si ça ne vous dérange pas. » Expliqua Courtney.
« C'est pas vrai, la honte ! » Se cacha Liz, alors qu'April et d'autres acquiesçaient à ses parents.
Bientôt, le calme était plus ou moins revenu, permettant aux parents de Liz de quitter la maison, alors que les jeunes s'organisaient pour leur soirée. Apparemment, le fait que les parents reviennent ne semblait pas déranger, au contraire. Ils étaient nombreux à vouloir goûter au gâteau confectionné par Courtney.
Alors que je m'enfonçais entre les arbres, décidé à suivre cette soirée de ma place, Liz suivait le mouvement et prenait goût à l'ambiance. Certains choisirent la musique et les conversations privées se turent pour devenir communes. Ils parlaient de tout. Des films, des projets et de ce qui se passait tant au lycée qu'aux différents lieux de travail des uns et des autres.
Je ne voyais pas tout, mais je les entendais. Et puis, je voyais chacun par les pensées des autres. Ils semblaient tous très liés, même si certains ne faisaient pas partie du même groupe au lycée.
Soudain, Liz et April s'éclipsèrent dans la cuisine, à la recherche de ce qu'avait préparé la mère de la première.
« Elle a vraiment bon goût ! » Applaudit April.
« Tu aurais pu me prévenir, tu es ma meilleure amie, pas mon ennemie. » Souffla Liz en sortant du frigo plusieurs plats.
« Hors de question ! Tu m'as faite passer pour une psychopathe le jour de mon anniversaire, ce n'est qu'un juste retour des choses. » Assura April avec aplomb.
« Œil pour œil. » Bougonna Liz en retournant dans le salon.
« Absolument, ma chérie. »
April embrassa la joue de Liz et elles se sourirent en déposant les plats sur la table basse autour de laquelle tous se réunirent.
Liz s'installa par terre, aux côtés d'April et de Preston Abbott. Elle lui murmura quelque chose à l'oreille avant d'embrasser fugacement son cou. Je captai ses pensées à lui et un feulement jaloux et possessif m'échappa. D'accord, ils sortaient ensemble. Mais c'était autre chose d'entendre tout ce qu'il désirait lui faire…
Mon humeur ne changea pas beaucoup quand quelqu'un proposa de danser et que Liz et Preston acceptèrent. Liz posa la tête sur son épaule, et ferma les yeux alors qu'il la serrait contre lui. La musique était douce, et tous les couples en firent autant. Mais je n'arrivais pas à me détacher de ce couple-ci. Je désirais tant pouvoir en faire autant. Bella me manquait tant. Alors que je serrais les mâchoires, je me rendis compte qu'il valait mieux que je quitte mon perchoir pour rentrer chez moi. J'avais vu ce que je voulais. Même si finalement ça ne me plaisait pas.
Je parvins à quitter l'arbre après une bonne heure de réflexions intenses quant à ce que je pouvais lui faire subir pour oser toucher Bella. Et si Alice ne m'avait pas envoyé un message de menaces, je me serais volontiers jeter sur Preston Abbott.
Je marchai lentement jusqu'à chez moi, autant pour retarder mon retour que pour me reprendre. Et j'avais eu raison, puisque tous m'attendaient dans le salon. Heureusement que je m'étais préparé et que j'avais fermé mon esprit avant d'entrer. Leurs visages exprimaient tant la joie et le soulagement que les inquiétudes et leurs questions.
Je passai une main dans mes cheveux, et m'assis lourdement sur le canapé. Esmée vint s'installer à mes côtés, et posa une main maternelle sur mon bras. Je gardai un instant de plus le regard baissé, avant de croiser le regard de chacun d'eux pour m'arrêter sur celui de Carlisle.
« As-tu appris quelque chose ? »Demanda-t-il en s'asseyant dans un des fauteuils.
« Non. »
« Ils lui ont fait un anniversaire surprise. » Déclara Alice et dans sa voix s'entendait la frustration.
Je soupirai et pinçai l'arête de mon nez.
« Ses parents ont l'air très bien. Ils sont très proches tous les trois. »
« Il s'agit vraiment de Bella ? »
Les questions dans la voix d'Esmée étaient légitimes et je soutins son regard.
« Oui. Je n'en ai aucun doute. Je ne sais pas comment c'est possible, mais c'est elle. Plus j'y réfléchis et plus je me dis que ça ne peut être que ça. »
« Il va donc nous falloir comprendre ce phénomène et savoir si elle en a conscience ou pas. »
« Je sais Carlisle. » »
« Et si on lui demandait directement ? » Proposa Emmet.
« On ne peut pas, Em. Imagine qu'elle ne sache rien. Elle serait effrayée plutôt qu'autre chose. » Refusa Jasper.
« Et je n'ai aucune vision quant à ça. C'est trop flou. Il se prépare quelque chose, mais je ne sais pas ce que c'est. » Alice était plus perdue et frustrée encore.
« Que comptes-tu faire, Edward ? »
Rosalie attendait ma réponse.
« Je vais attendre, Rose. Je verrai. Peut-être qu'elle se souviendra. Ou peut-être pas. Mais si j'ai l'occasion de me rapprocher d'elle, je n'hésiterais pas. » Décidai-je.
« Je ne suis pas sûr, mais… »Commença Jasper avant de s'interrompre.
« Quoi, Jazz ? » S'impatienta Em.
« Je crois qu'elle se sent perturbée. Ce matin, j'ai ressenti une partie de ses sentiments. Elle est perdue. »
« Comprendrait-elle qu'il se passe quelque chose ? » Proposa Esmée.
« Je ne sais pas. Je ferai en sorte de comprendre, si ça peut l'aider. » Promit-il en soudant son regard au mien.
« Merci. »
Il hocha la tête, puis, lentement, nous retrouvâmes nos chambres et les activités habituelles de la nuit.
Je m'allongeai un instant sur le lit, le regard porté au-delà de la forêt autour de la maison. Puis, le besoin de jouer me prit et je passai le restant de la nuit au piano à rejouer tous les morceaux que je connaissais. La berceuse que j'avais créée à Bella, en particulier.
Note : Alors, Liz est Bella, 17 ans après la disparition de Bella. Que s'est-il passé ? Comment cela a-t-il pu se produire ? Comment dire….La réponse un peu plus tard )
Bon week-end, Bises
