coucou les didous! comment ça va bien? j'espère que le dernier chapitre vous a plus et j'ai remarqué que plusieurs d'entre vous ont apprécié Klaùs (ouiiiiiiii!) et l'ont redécouvert alors que d'autres pensent que c'est lui le traître et encore d'autres se demandent qui est ce mystérieux fêlon...

Krassnaïa: ce chapitre t'est dédicacé mon petit coeur toi qui a inondé ma page de reviews adoooorables! tu es trop forte et Finnàm te câline très fort... Je suis heureuse que cette fic te plaise malgré le fait que ce n'est pas le type d'histoire qui te plaise à la base... Promis je te ferai un OS juste pour toi!

Lady Julie: je poste ce chapitre pour que tu puisses lire avant ton retour à l'internat! t es juste trop mimi...

Poly Pops: t'as pas oublié quelque chose à ta dernière lecture, vilaine fifille?

LegolasKili: Klaùs un gros vilain traître? ahah qui vivra verra... en tous cas merci de ton soutien et encore une fois ton défi était juste merveilleusement poétique... Quant à Legolas, les choses vont commencer à changer et notre ptit bouchon va s'affirmer...

Sandra: tu es complètement barge mon Dumby! et je t'adore comme ça! merci de ton soutien aussi fou qu'indéfectible! et je ne suis pas sûre d'embrasser Belzébuth... il risque de m'en cramer une non? par contre je te confirme tu es infernale! ;)

Saru l'homme singe: merci encore une fois pour ton ajout et ta review! je suis très heureuse que ma modeste contribution à cet univers te plaise! pourvu que ça dure... j'espère que ce chapitre te plaira tout autant...

FeanaFiliana: merci pour tes ajouts! :)

Eternelly Hysteria: encore gros à corriger ma belle entre tous ces alphas mâles! ;)

et merci à tous les anonymes! une fois n'est pas coutume... Pensez à l'auteur si modeste soit-elle et laissez moi vos impressions! ;) Dans tous les cas merci à tous de me lire, de prendre le temps pour... Je suis très heureuse que mes vilains didous et leurs aventures plaisent et vous donnent une quelconque émotion! c'est là tout ce que je souhaite et désire! XD

Bonne lecture les gens! ce chapitre est un peu plus long que d'habitude... Je suis toute stressée qu'il vous plaise...

Bon bah voilà le chapitre 18 en espérant que le précédent vous ait plu...

Chapitre 18.

Ilyrià, Legolas,

Ilyrià soupira, blasée de tant de mauvaise foi. S'il continuait ainsi, il pourrait bientôt revendiquer son appartenance au peuple Wallen et non plus à la gente elfique!

Elle regarda Legolas et leva les yeux au ciel. Par Erù, qu'il pouvait être têtu, buté et incroyablement... casse-pieds! qu'il l'eut crû?

Cela faisait quelques jours que le prince s'était retrouvé à la maison de soins dans l'incapacité de se lever, surveillé comme le lait sur le feu par les différents guérisseurs. Il n'en pouvait plus... L'exaspération se lisait dans ses yeux clairs et, si dans un premier temps il avait essayé de prendre sur lui, il était désormais limpide que ce n'était plus le cas. Tout le monde fuyait l'irascible prince.

Plus tôt dans l'après-midi,

En désespoir de cause, Gawën, le chef guérisseur, avait frappé à la porte de la princesse Wallen sans même penser à aller voir le roi en premier lieu. Il avait vu combien sa précédente visite avait eu le don de le calmer. La jeune femme lui avait ouvert et l'avait regardé, surprise. Son monde était excessivement restreint et en dehors de sa Garde, du roi et du prince, elle ne voyait que très peu de monde, voire personne. Mal à l'aise, il avait trituré le tissu de sa manche. Aussi, l'avait-t-elle encouragé d'un sourire.

- Ma Dame, peut-être ne vous rappelez-vous pas de moi? Je suis Gawën, chef guérisseur. Nous nous sommes vus il y a quelques jours... vous savez...

- Oui, je vois bien merci... J'y étais!-la voix de la jeune femme avait claqué froidement- Que voulez-vous, maître elfe?

- Je... Wen Ilyrià, avait-il bafouillé rouge pivoine, je suis là pour Legolas ernil...

- Quoi? Qu'y a-t-il? s'était exclamée la Wallen, inquiète.

L'elfe l'avait alors rassuré d'un geste.

- Non ma Dame, son état évolue de la manière la plus correcte qui soit. Le prince est d'une nature incroyablement combattive mais ... si physiquement tout va bien dirons-nous...

- Et bien? l'avait-t-elle coupé avec impatience.

- Et bien il est insupportable! avait lâché Gawën tout à trac avant de porter la main à sa bouche comme pour se baillonner lui-même.

La Wallen s'était alors mise à rire, ses yeux pétillant joyeusement.

- A ce point?

- Et plus encore, ma Dame. Il veut se lever à tout bout de champ... tant et si bien que je songe fortement à le faire entraver! Il crie... hurle sur tout le monde... ne veut pas prendre ses potions ni s'alimenter.

- Legolas ernil? A prionnsa? Ilyrià s'était alors montrée fortement incrédule devant les révélations de l'ellon devant elle.

- Le prince a toujours eu ... du caractère tout comme notre roi... Mais là, il devient amer et désagréable. Comme il s'était montré réceptif après votre dernière visite, je me suis permis de vous déranger...

- Et vous avez bien fait, lui avait assuré Ilyrià avec un sourire. Je me change et j'arrive, mo Caraid. Ne lui en dîtes rien, ce sera une surprise!

Ilyrià avait alors refermé la porte et s'y était appuyée, furieuse contre elle-même. Elle avait négligé son ami... non pas qu'elle eût des choses à faire, surtout depuis la suspension de toutes ses diverses leçons, mais elle se sentait rongée de l'intérieur. Par quoi?

La culpabilité évidemment...

Elle pouvait la sentir s'infiltrer sous sa peau et grignoter chaque parcelle de son âme. Elle avait peur qu'il ne lise la vérité à la seconde même où il poserait les yeux sur elle. Et puis... elle ne savait plus du tout où elle en était et avait besoin de temps pour faire le point, point dont elle n'avait toujours pas fait le tour...

A chaque fois que la jeune femme fermait les yeux, elle voyait et sentait les longues mains baguées du souverain caresser le grain de sa peau. Sensation odieusement délicieuse...

Lui aussi, elle avait pris soin de ne pas le revoir, chacun s'évitant avec la plus grande application. Elle en crevait d'envie, de ne serait-ce que croiser son regard polaire et bouillant à la fois, mais elle se l'interdisait. Seul Erù savait où le moindre contact les mènerait tous les deux!

Elle s'était alors levée et déshabillée, délaissant son éternel sarouel pour s' intaller à sa coiffeuse. La Wallen s'était examinée d'un oeil plus que critique. Ilyrià avait perdu un peu de poids, les marques sur son corps avaient noirci et la plaie sur sa cuisse s'était refermée pour devenir rose et boursoufflée. Elle s'était démêlée les cheveux, ce qui était allé très vite du fait de leur nouvelle longueur ou plutôt de l'absence de longueur! Elle avait ensuite passé une robe bleue qui, vaporeuse à souhait, épousait ses courbes toujours trop pleines s'était-elle désolée en se regardant dans la psyché. Le décolleté carré faisait ressortir le bombé de sa poitrine et la prise haute de la ceinture atténuait ses hanches charnues. L'absence de manches dévoilait les tatouages de ses bras mais elle n'en avait cure. Quand on se trimballait partout avec des tatouages sur le visage, le reste parassait bien anodin! Elle s'était mordue doucement ses lèvres restées exhangues depuis leur retour. La Wallen s'était alors souri à elle-même pour se donner un peu de bravoure et était sortie retrouver Legolas.

Elle devait suivre le conseil que tous lui avaient prodigué sans se concerter, ce qui dans d'autres circonstances l'aurait très certainement fait rire. Elfe et Wallens lui avaient dit la même chose... Finnàm, Klaùs et Thranduil y compris lui avaient demandé de se concentrer sur le prince et de lui donner ce qu'il attendait d'elle, de sa future promise. Ils avaient raison... Elle devait être radicale, c'était le seul moyen de laisser son roi elfe derrière elle et d'être remisée à une inavouable faute de parcours...

Legolas regarda le plateau d'un air plus que dégoûté et le repoussa en invectivant vertement l'elfine qui le lui avait apporté. Lui toujours si bien éduqué et galant n'était pas plus aimable qu'un nain ces derniers jours. L'ellon avait jusque là réussi à se contenir en toutes circonstances, à gommer cette tendance aux emportements hérités de son père mais le fait était là. Il y arrivait de moins en moins. Rester cloîtré au lit le rendait fou... Le manque d'exercices le rendait fou... Ne pas avoir vu sa Wallen depuis cinq jours le rendait fou...

Il n'avait rien d'autre à faire que d'égrainer le temps dans cette damnée geôle! Ça et tenter de forçer la guérison de sa main brisée. L'elfe se moquait bien des autres bleus et traces de coups mais il craignait de ne pas récupérer la fonction de ce membre, de ne plus être qu'un poids mort.

En dépit des directives des nombreux guérisseurs qui lui recommandaient le repos et de ne pas s'en servir, il forçait encore et encore. Toute la frustration, la colère et la rancoeur qu'il éprouvait se déversaient dans ce pseudo contrôle qu'il tentait d'avoir sur sa blessure...

Et pourquoi ne venait-elle donc pas?! Il se torturait sans cesse avec cette lancinante question... Rageur, il rabroua une fois de plus l'elleth qui avait tenté de rapprocher de nouveau le plateau de nourriture devant son air absent.

- Mo prionnsa, te voilà bien sévère! ironisa une voix rocailleuse qui accéléra les battements de son coeur.

Elle était là, dans l'encadrure de la porte vêtue d'une robe qui moulait chacune de ses formes pleines. Il se permit de la détailler avec une telle insistance, comme jamais à ce point auparavant, que les joues de la jeune femme s'empourprèrent. La Wallen s'avança et prit le plateau des mains de l'elfine.

- Je vais le faire, hannon le. Vous pouvez y aller, sourit-elle devant la mine soulagée de la suivante.

Les sourcils de Legolas s'arquèrent sous la surprise.

- Ton sindarin n'est pas mal du tout, ma princesse. Mon père est un excellent professeur...

- Certes -elle s'assit sur la chaise et posa le plateau sur la desserte- Tu dois faire des efforts, prionnsa... sur la nourriture, ton comportement aussi. Il paraît que tu es difficile... Fais attention sinon ils risquent de cracher dans tes plats!

L'ellon lui adressa un regard un regard aussi choqué qu'horrifié.

- Ils ne feraient jamais ça, voyons! Nous ne sommes pas des sauvages!

Ilyrià haussa les épaules et se pencha pour lui chuchoter à l'oreille, espiègle:

- Moi je l'ai déjà fait...

- Quoi?! s'étrangla-t-il. Quand?

Elle se renfonça dans son siège en s'esclaffant.

- Une fois dans le bol de mon oncle Crawen parce qu'il avait battu Klaùs avec un peu trop de plaisir à mon goût et... une seconde fois ici même!

- Ma Dame!

- Oh allez... ne t'inquiète pas, aucun elfe n'était visé quoique l'idée m'a effleuré à plusieurs reprises! Pas même le roi -elle rosit- Non c'était dans le thé de Finnàm pour m'avoir obligé à aller avec cet affreux Lomion...

- Tu es un démon! pouffa-t-il pour la première fois depuis longtemps.

La jeune femme sourit avant de reprendre plus sérieusement.

- Tu dois manger, mo prionnsa. Ne fais pas ton butor.

Devant son air instantanément refermé, elle décida de prendre les choses en main et de jouer son va-tout. Elle se leva et s'assit sur le bord de la couche. L'elfe savoura le frôlement de sa cuisse contre sa hanche et les effluves de son parfum marin qui lui emplissait les narines.

Ilyrià posa ses mains de chaque côté de son torse et se pencha, son visage grave face à au sien.

- Si tu manges, tu pourras me demander ce que tu veux... une promenade par exemple, marchanda la jeune femme.

- Ce que je veux? répéta Legolas, les yeux légèrement assombris. Je croyais ne pas devoir me lever?

- Et bien, soupira-t-elle inconsciente du double-sens de ses paroles précédentes, te garder allongé n'est guère probant... Autant passer outre... si tu es docile.

- Passe-moi ce damné plateau, ma Dame, rétorqua l'elfe, la voix basse.

La Wallen se retint de se frotter les mains de contentement et lui fit passer la nourriture. Il grignota un peu sous son regard attentif, pestant d'être ainsi infantilisé. Il reposa ensuite l'objet du délit plus brutalement qu'il le voulait et envoya valser les couvertures.

- Serais-tu pressé, mo caraid? railla Ilyrià.

- Plus encore! s'écria l'elfe en balançant ses jambes hors du lit.

- Veux-tu de l'aide? demanda-t-elle, soucieuse de son bien-être.

- Certainement pas! laisse-moi un soupçon de fierté!

- Amadan aelfica! (stupide elfe!) grommela la Wallen en se levant à son tour pour le suivre.

Il cilla un court instant avant de trouver l'équilibre sur ses jambes flageolantes et lui offrit le bras. Elle hésita mais finit par poser une main légère sur le poing tendu. Ils descendirent ainsi au jardin situé en contrebas du pavillon sous les regards désapprobateurs mais silencieux de quelques guérisseurs.

La jeune femme prétexta être fatiguée pour les faire asseoir sur l'herbe, à l'abri d'une saule immense. L'elfe ne fut pas dupe mais se laissa faire malgré tout. Ilyrià s'appuya contre le tronc et tapota ses cuisses pour lui faire comprendre de s'étendre et d'y poser sa tête. Il roula des yeux, quelle étrange idée!

Il savait que ce comportement était tout à fait digne d'un Wallen mais certainement pas d'un elfe. C'était tout sauf convenable et trop était trop... Les derniers évènements lui avaient fait comprendre qu'il lui incombait de, si ce n'était brider, tout du moins tempérer cette totale liberté qu'elle s'octroyait. Cela lui brisait le coeur et allait à l'encontre de ce qu'il avait pu penser dans un premier temps mais c'était malheureusement nécessaire. Il préférait ça plutôt qu'elle se remette en danger stupidement.

Aussi s'installa-t-il à ses côtés, le dos droit et ses mains dans l'herbe juste assez près pour que ses doigts puissent frôler les siens. Ils restèrent ainsi un long moment sans échanger une parole, savourant la tranquillité des lieux et bercés par le bruissement du vent dans les feuilles.

- Parle-moi de ta cité, mo bana-phrionnsa, souffla-t-il les yeux rêveurs.

Heureuse de sa demande, la Wallen s'y soumit avec plaisir.

- J'aimerais t'y emmener un jour, Legolas... Que tu vois ma cité dériver sur l'océan... que tu rencontres mon peuple, dit-elle dans un murmure quasi religieux. Tu verrais la grande tour d'ambre et d'airain, l'Irmensùl... Tu sentirais la bruyère t'emplir le coeur... Nous pourrions nous baigner dans les fjords et nous promener dans ses vallées.

- Ça a l'air merveilleux, commenta l'ellon.

- Elle l'est. Il n'y a rien de comparable... répondit Ilyrià avec ferveur. Je voudrais que tu puisses assister à un de nos bals, quoique tu risquerais d'être choqué!

Plus elle parlait, plus son enthousiasme se décuplait pour le plus grand plaisir de l'elfe. Cette légèreté lui avait manqué et il se sentait un peu plus apaisé.

- Tu assisterais aux transformations de mon peuple... mumacks, ours, dragons, cerfs, lynx et panthère...

- Sans oublier sirène, compléta doucement Legolas. Je ne suis pas prêt de l'oublier... -la Wallen rougit à ce souvenir- C'était incroyable...

Il se tourna vers elle et planta son regard bleuté dans le sien ignorant les gouttes de pluie qui se faisaient de plus en plus insistantes. Il entrelaça ses doigts à ceux de la jeune femme.

Fini de tergiverser.

- Tu étais incroyable... tu étais magnifique melleth nîn, mo ruin, murmura Legolas d'une voix rauque.

L'ellon posa sa main blessée sur sa joue ronde et caressa l'arête de sa mâchoire pour descendre sur son cou. Il la passa ensuite sur sa nuque pour l'attirer délicatement vers lui. Il posa sa bouche sur la sienne dans un baiser qu'il voulût chaste mais, les sens embrasés, il se fit plus insistant. Ses lèvres se firent exigentes et caressantes tout à la fois. Ilyrià gémit tout doucement, ce qu'il prit pour une invitation à continuer. Elle plongea ses mains dans les longs cheveux de l'elfe pour l'attirer plus près encore, s'y accrochant comme si elle avait peur de se noyer. Sa réaction galvanisa Legolas qui se montra plus entreprenant et abandonna sa bouche pour l'embrasser tendrement dans le cou.

Soudain, la Wallen le repoussa, haletante. Elle le regarda, étonnée de le voir là. La jeune femme semblait totalement perdue comme le prouvait sa respiration saccadée mais lui ne pouvait détacher son regard de ses lèvres gonflées. Il n'avait qu'une seule envie , s'en emparer encore et encore.

Elle se leva chancelante et bouleversée. Ilyrià recula de quelques pas et tourna finalement les talons en courant.

Legolas la regarda s'enfuir, interloqué. Il avait senti qu'elle avait été réceptive à ses caresses, aussi ne se formalisa-t-il pas de sa fuite. Sans doute avait-il été trop entreprenant... Il savait que la jeune femme n'était pourtant pas une oie blanche loin de là mais les enjeux n'étaient pas les mêmes. Ici toute leur vie était en cause. Mais par les Valar, il n'avait rien ressenti de tel auparavant! Il avait encore le goût salé d'Ilyrià sur sa bouche... Instinctivement, il se toucha la sienne du bout des doigts.

Au moins, les choses étaient claires désormais, pour lui comme pour elle. Il s'allongea dans l'herbe fraîche pour profiter encore un peu de la nuit étoilée.

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Thranduil,

Les nuits étaient encore pires que les jours... Au moins pendant la journée le souverain avait-il l'esprit occupé par les affaires courantes du royaume. Il avait dû préparer leur voyage pour Erebor et seul Erù savait qu'un pareil trajet ne manquait pas de difficultés sans parler de celles auxquelles on ne pensait pas à l'avance et qui se présentaient au fur et à mesure de passaient les jours!

Il ne décolérait pas de devoir se rendre à la Montagne Solitaire pour présenter un semblant de respect à un roi nain encore plus mégalomane que lui! Quelle idée de vouloir faire ainsi plier les autres rois gouvernants d'Arda devant soi! L'ellon y voyait un grave manque de jugement qui confinait même à la bêtise... Quoi de mieux pour s'aliéner les possibles alliances avec les autres peuples? Il savait qu' un des seuls à ne pas s'y rendre serait le Phénix qui ne se considérait pas réellement de ce monde et qui était souvent invisible aux yeux des autres si ce n'était des elfes. Les autres royaumes avaient toujours vu les Wallens comme un peuple de légende... Et c'était là une de raisons qui le poussaient à y emmener sa princesse. La nuit passée dans ses bras faisait qu'il se sentait totalement incapable de l'éloigner de lui maintenant. Elle était son extension même s'il ne l'approchait plus et cette petite Wallen était sienne... Il aimait avoir sous les yeux ce qui lui appartenait... De plus, reconnaissant le roi Thror comme grand amateur de raretés à son instar, il aimait l'idée de la faire parader devant les nains. Une Wallen future reine du royaume elfe, voilà qui retenait l'attention. L'affaire qu'il devait conclure avec l'héritier de Durin pourrait en être facilitée. Il devait juste agir avec finesse et diplomatie car il ne doutait pas que son fils n'apprécierait pas cette façon de faire. Mais ce qu'il avait à négocier était capital voire vital pour lui...

Thranduil fronça les sourcils en se servant une énième coupe de vin. Ses gestes qui étaient de moins en moins précis, sa tête qui tournait singulièrement et sa langue pâteuse étaient les prémices d'un enivrement prononcé. Et cette situation durait depuis maintenant six jours, depuis qu'il était rentré de son expédition punitive, depuis qu'il... qu'elle...

A cette pensée, le coeur de Thranduil se serra. Il aurait dû se sentir mal, coupable et déshonoré par sa conduite inqualifiable mais il n'y arrivait pas.

Et c'était sans aucun doute ça le pire, qu'il trouve naturel de l'avoir à lui comme si c'était là la place de la Wallen, entre ses bras à lui... et de personne d'autre, absolument personne. Il sentit la jalousie lui mordre le coeur à la simple idée que quiconque osa poser ne serait-ce que les yeux sur elle.

Mû par une envie, non un besoin irrationnel, il vida le reste du carafon qui alla rejoindre les autres cadavres traînant un peu partout et sortit de ses appartements. Il longea les murs en s'y retenant d'une main peu sûre, regardant attentivement ses pieds pour être certain de les aligner à peu près correctement. Le roi jura en loupant une marche dans l'escalier en colimaçon après s'être pris le mur de plein fouet, le front en premier sur la pierre froide. Il sentit sa peau se déchirer et un liquide chaud couler mais n'en tint pas compte. L'elfe haussa les épaules en grognant et se débarassa de son lourd habit pour l'abandonner sur les marches.

Il s'arrêta devant la porte tant convoitée et frappa... à côté, sur le mur. Il gronda et regarda fixement son poing serré puis ladite porte.

De quel droit bougeait-elle ainsi?! N'était-il donc pas le roi?! Le Haut Roi?! Inadmissible!

Il eut soudain une illumination et posa ses mains bien à plat sur le chambranle pour y mettre un grand coup de pied puis un deuxième. Il allait recommencer une nouvelle fois lorsqu'elle s'ouvrit enfin et que, dans son élan, il s'affala sur Ilyrià qui tomba au sol.

Elle se cogna la tête une première fois contre le sol puis une seconde contre celle de Thranduil et gémit de douleur. L'ellon se redressa pour la fixer avant de plonger le nez dans son cou, grisé par son odeur de mer.

- A righ... vous avez trop bu de toute évidence, l'admonesta la Wallen en tentant de le repousser.

Comme il ne répondait pas, elle leva son visage d'une main et le gifla sans aucune douceur. Ses yeux embrumés s'accrochèrent à ceux furieux d'Ilyrià.

- Levez-vous, siffla-t-elle, les dents serrées. Non mais vous êtes-vous vu? Vous êtes le roi, par Erù!... ça ne vous ressemble pas du tout, aran nîn... levez-vous, supplia-t-elle, la voix adoucie.

Thranduil se redressa sur un coude et cligna plusieurs fois des yeux comme pour s'éclaircir les idées qu'il avait de fort brumeuses, il fallait bien le reconnaître. Il se releva difficilement en s'invectivant silencieusement de sa conduite. Il se pencha et attrapa le bras de la jeune femme pour la mettre debout.

- Je ne devrais pas être là, constata-t-il mollement.

- Vous croyez? railla la Wallen, son bras à lui toujours enlacé autour de sa taille, la palpant légèrement du bout des doigts.

Elle leva les yeux au ciel et passa le sien autour de ses hanches.

- Allez mo righ... Vous devez retourner à vos appartements. Je vais vous aider aran nîn. Doucement, on y va... Tùch! Il serait préférable que cela reste entre nous... je subhodore que vous ne souhaitez pas que quiconque vous voit dans cet état si... royal, lâcha-t-elle avec un sourire torve.

Ils sortirent en silence et retournèrent sur les pas du souverain. Thranduil s'appuyait sur la jeune femme mais, du fait de sa haute stature et de la constitution au contraire de lui si minuscule de la Wallen, elle ployait littéralement sous lui. En passant dans l'escalier, elle récupéra tant bien que mal son manteau et jura sur la lourdeur du vêtement.

Grâce soit rendue aux Valar, ils ne croisèrent personne durant leur fastidieux périple et rentrèrent sans plus d'encombres dans le logis du seigneur elfe. Sournoise et légèrement vicieuse, Ilyrià songea à l'abandonner sur le sofa voire par terre mais culpabilisa devant ses grands yeux polaires qui ne la laissaient jamais de glace... un comble! Le seul problème était qu'elle ne savait où aller, n'ayant jamais vu que le salon. Empêtrée par le poids de l'ellon (Erù qu'il était lourd!), elle ouvrit plusieurs portes avant de réussir à trouver la bonne. La Wallen alla directement au lit et y largua le roi aussi flamboyant que saoul d'un coup d'épaule. Il s'affala sur la couche comme une masse.

La jeune femme soupira bruyamment et s'épongea le front avec sa manche. Elle allait repartir quand elle avisa la blessure sur le front de Thranduil ainsi que sa tunique souillée. Avec un râle de frustration suivi d'une litanie plus ou moins longues de grossièretés, elle alla dans la salle de bain adjacente et humidifia un linge trouvé sur le tub avant de retourner dans la chambre.

Ilyrià mit un genou sur le lit et lava précautionneusement le visage de l'elfe. Pourquoi donc s'était-il mis dans un tel état? Elle savait qu'il avait un penchant certain pour la boisson mais de là à s'enivrer au point d'oser croiser ses sujets et de perdre de sa superbe, la marge était grande... Une petite voix lui murmura qu'elle connaissait la réponse mais elle refusait de s'y attarder au risque de se perdre elle aussi... Reportant toute son attention sur sa tâche actuelle, elle ne put s'empêcher de l'admirer. Qu'il était...juste beau... Il lui faisait penser au fjord de sa cité,miroitant sous la couche de glace de l'hiver, dangereux et si attirant tout à la fois, figé et sauvage...

Il avait l'air si détendu ainsi. Ses traits étaient plus enfantins et l'allure hautaine qu'il arborait en permanence l'avait déserté. Elle passa sa main sur sa joue mais se reprit en se fustigeant. Qu'est-ce qui n'allait pas avec eux?! Pourquoi ressentait-elle le besoin vital de toucher sa peau dès qu'elle le voyait? Elle avait beau être une Wallen et de par ce fait encline à se laisser aller à ses envie, elle n'était pas une bête et savait se contrôler un minimum!... sauf lorsqu'il s'agissait de lui de toute évidence. Qu'elle soit en colère contre lui ou heureuse ou quoi que ce soit d'autre, cette envie de contact était toujours sous-jacente et c'était insupportable! La possessivité qu'elle ressentait à son égard était elle aussi détestable...

Ilyrià entreprit de déboutonner sa chemise tâchée de vin comme de sang en prenant un soin excessif à ne pas le toucher ou même de l'effleurer. Elle bougonna en luttant pour ôter un bras puis l'autre et elle envoya la tunique au sol un peu plus loin. Relevant la tête, elle croisa alors deux orbes bleus qui la fixaient tranquillement. Elle vit rouge.

- Faisiez-vous semblant de dormir, aran nîn, alors que je m'escrime à vous aider?! s'offusqua-t-elle, les poings sur les hanches. Je ne vous savais pas si retors... quoiqu'en y réfléchissant bien...

- Vous m'avez ramené...

-Oh mais quelle perspicacité! ironisa Ilyrià en se penchant un peu plus vers l'ellon toujours allongé.

Un relent douceâtre lui monta aux narines et son nez se plissa en une moue boudeuse.

- Vous buvez trop, aran nîn, déclara-t-elle. Et ce soir, vraiment plus que de raison...

Il ne répondit pas et se contenta de fermer les yeux, de toute évidence épuisé. La jeune femme interpréta son geste comme une prise de congé et allait se lever quand Thranduil l'attrapa par la taille et l'installa à califourchon sur lui en dépit de ses glapissements outré de surprise et voulut se dégager mais son emprise était impossible à briser. Aussi soupira-t-elle d'exaspération et attendit le bon vouloir du souverain qui, buté, gardait les yeux obstinément fermés.

Elle croisa les bras en évitant de le regarder. Elle n'était malheureusement que trop consciente de leur position tout sauf raisonnable. La Wallen regardait partout sauf là entre ses cuisses. Elle promena son regard sur ce qui l'entourait. Elle se trouvait dans l'antre privée de l'ellon et en était fort curieuse, elle devait bien l'avouer.

La pièce était juste immense, normal pour la chambre d'un roi se dit-elle en haussant les épaules. Elle était étonnamment claire et douce comparée au salon austère et son mobilier sombre d'ébène. Ses yeux s'arrêtèrent sur un tableau accroché au manteau de l'énorme cheminée et elle rougit violemment. La toile était un portait et ne pouvait représenter qu'une seule personne. Sa femme. Son incroyablement et merveilleusement belle épouse.

La Wallen ne pouvait détacher son regrad de la représentation de l'elleth, tout ce qu'elle même ne serait jamais. Une blondeur virginale, un visage en coeur, des yeux aussi bleus que ceux de son fils, une peau d'albâtre... la reine respirait grâce et pureté.

Ilyrià relâcha ses bras et se passa la main dans ses courtes boucles, les ébouriffant encore un peu plus. Dire qu'elle sentait gauche, mal fagotée et empruntée n'étaient pas que des euphémismes. Elle ne comprenait décidément pas comment et pourquoi ce roi avait levé ou baissé ses yeux sur elle... Elle secoua la tête.

Non! Se lamenter et se rabaisser n'étaient pas dans son caractère! Les wallens étaient un peuple fier! Une fois encore, elle ne put s'empêcher de couler un oeil vers l'elfine peinte tenant une place de choix dans la chambre et la vie du roi elfe. Son esprit continuait de dériver douloureusementr quand elle sentit les deux étaux qui lui enserraient la taille se dénouer doucement.

- Wen nîn, vous cherchez quelque chose qui n'a pas lieu d'être, souffla Thranduil.

Par les Valar, que sa voix basse et grave faisait vibrer chaque parcelle de son âme... Cependant, elle se refusait toujours de le regarder et chuchota malgré elle:

- Elle était magnifique...

- Certes, Artenis avait tout d'une souveraine... Sa beauté était légendaire, sa patience digne de la Dame des Bois d'Or, sa générosité infinie, dit-il d'une voix lointaine.

Ilyrià se tortilla légèrement en cherchant à se dégager. La proximité avec le corps de l'ellon la rentait terriblement mal à l'aise. La jeune femme avait la désagréable impression que les yeux de la reine la transperçaient et qu'elle lui reprochait son intrusion dans ce sanctuaire. Thranduil s'aperçut de son malaise et reporta son attention sur ce petit bout de femme gesticulant et aussi fuyante qu'une l'attrapa par les poignets et l'attira vers osn torse, l'obligeant ainsià se coucher à demi sur lui. Il planta ses yeux d'azur glacé dans ceux furieux et tristes de la Wallen, son visage à quelques centimètres du sien.

- Encore une fois, ne cherchez pas de ressemblance... Il n'y en a aucune.

Devant son douloureusement dépité, il reprit:

- Ne vous méprenez pas, cela n'a rien d'une semonce... Mon épouse était cette merveilleuse elleth et mon coeur s'est tari à sa mort mais... ce que je ressens aujourd'hui, avoua-t-il plus pour lui même que pour elle, est tellement différent. Vous m'enflammez Wallen comme personne... le corps, l'âme, les sens... C'est si déroutant...

Il ferma de nouveau les yeux et libéra ses mains en attendant qu'elle fuisse. Aussi fut-il surpris de sentir son petit corps toujours pressé sur lui. Pourquoi restait-elle alors qu'elle n'avait cherché qu'à s'échapper jusque là?

Thranduil sentait l'alcool quitter progressivement ses veines. Tandis qu'il dégrisait, la sensation devenue familière d'amertume et de dégoût l'envahit. Ambivalence odieusement désagréable des sentiments qu'il excécrait dans un sens comme dans l'autre! Comment pouvait-on se sentir si épouvantablement mal et merveilleusement à sa place en même temps? Il dégoulinait de mièvrerie et cela l'agaçait profondément. Il serra les mâchoires de colère.

Soudain, le contact des doigts frais de la jeune femme juchée sur lui le ramena à la réalité. Il ouvrit les yeux et la vit, rêveuse, sillonner distraitement les cicatrices qui parsemaient son torse ça et là.

- D'où vient celle-ci? Lui demanda-t-elle en suivant une longue boursoufflure d'une quizaine de centimètres le long de son flanc droit. Thranduil frissonna.

- Une lance à Dargolad, il y a plusieurs vies...

- Et elle? Ilyrià lui en désigna une en forme de croissant de lune sur son biceps gauche.

- Croc d'araignée... tout comme ici, murmura l'elfe en posant la main de la Wallen en dessous de son pectoral droit.

- Tant de blessures... soupira la jeune femme... de guerres... ce monde n'est que violence...

- Souhaiteriez-vous être autre part, Ilyrià? Au vu de tout ce qui s'est passé depuis votre arrivée, je pourrai le comprendre, maugréa le roi, contrarié de s'être laissé à cet aveu.

- Non, sourit-elle après une courte réflexion, les Valar ont décidé de ma vie et c'est désormais la mienne, auprès de... des elfes.

Il ne cessait de la fixer de ses yeux aussi gelés que les fjords de la cité wallen l'hiver. Elle tenta de détourner la conversation et frôla sa joue gauche du plat de sa petite main.

- Parlez-moi de celle-là, mo righ. En quoi est-elle différente? Pourquoi suis-je donc la seule à la voir?

Thranduil pinça les lèvres et rompit le contact visuel, gêné. Ilyrià passa ses doigts sous le menton de l'ellon et l'obligea à lui faire face.

- Amaideach (ridicule)! Le morigéna-t-elle alors qu'il lui jetait un regard à proprement indigné. Il n'y a pas lieu d'avoir honte. Ai-je honte moi?

- Vous n'avez aucune cicatrice, ni déformation d'aucune sorte, wen nîn...

Les joues de la Wallen rosirent sous l'allusion à peine voilée du roi.

- Dîtes-moi, supplia-t-elle. J'ai besoin de le savoir, cela m'obsède depuis que je suis dans vos cavernes... mo chridhe...

- Je ne pense pas que la réponse vous plairait, ma Dame, rétorqua l'ellon d'une voix atone.

- Carson? - les sourcils d'Ilyrià se froncèrent à cette remarque- que voulez-vous dire?

- Wen nîn, soupira-t-il l'ignorant totalement. Votre langage! Vous vous oubliez... encore...

- Mmmmm... cela ne vous dérangeait pas tant que ça il y a quelques nuits de cela...

Il l'attrapa à nouveau fermement et la fit descendre de sa couche avant de se lever à son tour. Il alla à l'immense armoire sans un regard vers la jeune femme courroucée de son soudain air las et passablement ennuyé. Elle ne put malgré tout s'empêcher d'admirer son dos pâle et le galbe juste parfait de chaque muscle. L'ellon enfila une tunique verte avant de se retourner vers elle. Le moment était terminé, elle pouvait le lire sur son visage fermé et de nouveau dur comme le roc.

Ilyrià piaffa d'agacement. Il fallait toujours qu'il agisse ainsi, qu'il vienne la chercher et l'abandonne en faisant en sorte de retourner la situation contre elle dès que cela ne lui convenait plus! C'était horripilant au possible... Elle tapa du pied en le fustigeant du regard.

- Vous devriez rentrer chez vous, fit-il avec comme un soupçon de reproche dans la voix. Nous partons pour Erebor demain et Erù sait combien ce voyage sera fastidieux.

- Vraiment, se moqua-t-elle, un sourcil arqué par l'ironie. J'y vais de ce pas, mo righ.

- Votre langage, Dame Ilyrià!

Elle sortit de la chambre en trombe en lui criant:

- La prochaine fois que serez complètement saoul, ne venez pas me trouver! Abstenez-vous, amadan righ! Vous vous casseriez vos jolies dents!

La porte claqua violemment. Il soupira, désolé d'en être venue à de telles extrêmités mais il la protégeait... Il la protégeait de lui et d'une vérité qu'elle n'était pas prête à entendre. C'était de toute façon mieux ainsi... Grâce à son ouïe elfique, il l'entendit jurer comme une diablesse jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le dédale des couloirs. Thranduil regarda le portrait de son épouse et grinça des dents. C'était bien la première fois que sa vue ne lui apportait aucun réconfort... C'était en réalité tout le contraire et s'il n'avait tenu qu'à lui, il l'aurait décroché dans la seconde.

Ils étaient retournés plus de six mois en arrière en une phrase de quelques mots...Quelques mots qui venaient de ruiner de si douces perspectives mais il n'en avait pas le droit et celui qu'il s'était déjà arrogé lui pesait tellement sur la conscience...

C'était mieux ainsi, se répétait-il comme un mantra pour se convaincre lui même d'avoir fait le bon choix. En pure perte.

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Ilyrià,

Colère. Rage. Fureur. Voilà trois mots qui définissaient au mieux son état d'esprit actuel.

Amer. Prétentieux. Suceptible. Colérique. Intolérant. Inhospitalier. Ça c'étaient bien les qualificatifs pour celui dont elle refusait désormais de dire le nom.

Ilyrià lança sa brosse à cheveux à travers sa chambre sous les yeux effarés d'Elëa. L'elfine se demandait pourquoi sa protégée avait l'air aussi en colère et abattue. Que s'était-il donc passé? La princesse avait l'air si doux et perdu quand elle était revenue de sa visite au prince Legolas et maintenant elle lui faisait penser à... elle ne savait pas réellement mais elle était vindicative et furieuse... en fait si elle savait de quoi la Wallen avait l'air... à une Wallen particulièrement en colère!

Elle même était venue aux premières lueurs de l'aube pour finaliser les préparatifs inhérents à leur départ vers la Montagne Solitaire. Elle avait trouvé la demoiselle debout, ce qui était déjà étrange en soi, et de fort méchante humeur. Elle avait fait ses bagages brutalement en faisant claquer tiroirs et portes, arrachant ses vêtements des cintres et grommelant comme un nain. L'elleth rougit de sa propre outrecuidance. Elle déteignait de plus en plus sur le caractère de son guerrier. Pernser à lui la fit sourire. Une bouffée de désir naquit au creux de ses reins qu'elle chassa d'un soupir résigné. Le temps était loin d'être à la bagatelle.

- vous devez vous préparer, mellon, dit-elle doucement en désignant le siège de la coiffeuse. Il ne s'agirait pas d'être en retard. Le roi déteste ça...

- Le roi, le roi, le roi, s'énerva Ilyrià en roulant des yeux. Il aime ceci, il il n'aime pas cela! Il veut ci, il ne veut pas ça! Cet ellon me tuera... ou me rendra complètement folle... C'est au choix!

- Ma Dame, la réprimanda Elëa. Vous ne pouvez tenir de tels propos sur notre souverain. Vous lui devez amour, respect et obéissance.

- Et lui, que nous doit-il? Grinça-t-elle sournoisement.

L'elfine ne prit pas la peine de tenter de la raisonner. Elle commençait à connaître la jeune femme et savait qu'il ne servait à rien de discuter avec elle dans cet état de nerfs. La Wallen s'assit enfin sur le tabouret et s'abandonna aux bons soins de sa camériste. Elle était heureuse malgré tout que l'elleth soit du voyage. Anaïsa lui manquait terriblement... Une présence féminine, voilà qui était bien agréable dans son univers de testostérone! Son esprit dériva vers sa cité et son amie... son amie, sa soeur de coeur qui l'avait aidé et s'était dressé contre son propre frère au péril de sa vie. Ilyrià espérait sincèrement que la guerrière était heureuse maintenant qu'elle s'en était retournée auprès des siens.

Quelque part, la jeune femme lui en voulait... d'être là-bas, d'avoir retrouvé les leurs alors qu'elle même était destinée à être ensevelie dans ces damnées cavernes sous la coupe d'une elfe caractériel et changeant. Elle lui enviait cette liberté dont elle se sentait désespérément privée. Elle se gifla mentalement.

Ses pensées étaient purement abjectes... influence royale sans aucun doute!

Elle se détendit sous les doigts experts d'Elëa. En levant les yeux vers le miroir en face d'elle, Ilyrià sourit à son reflet. L'elfe avait fait des merveilles avec ce qui restait de sa misérable tête. Elle eut une pensée furtive pour le portrait de la défunte reine avec sa magnifique chevelure couleur de blé mur. La Wallen grimça et se tira la langue à elle-même. Elle ne put s'empêcher d'admirer le travail remarquable de l'elleth. Ses trop courtes boucles noires avaient réussi à être domptées en plusieurs tresses minuscules ramenées elles même en un entrelac de fils d'argent.

Ses yeux vairons semblaient immensément grands sur son visage ainsi dégagé et sa bouche un peu trop rouge. Sa lèvre inférieure était toujours gonflée et abîmée. Gawën lui avait malheureusement fait sous-entendre qu'elle garderait une légère cicatrice comme séquelle.

Ilyrià se leva avec un sourire de remerciement pour son amie car voilà bien ce qu'étaitr devenue la belle et si douce Elëa. Elle enfila sans rechigner la tenue qu'elle lui avait aussi préparée sur son lit: un pantalon brun qui la moulait comme une seconde peau (que n'aurait-elle pas donné pour un sarouel?! Tout un royaume!), une paire de jambières en cuir souple et une tunique aux couleurs de la Forêt Noire. Le col en V et délacé du vêtement lui donnait ce petit côté impertinent qu'elle affectionnait.

- Il est l'heure, mo caraid, constata la Wallen avec une moue dépitée. Me voilà de retour sur un de ces maudits canassons!

- N'aimez-vous pas monter à cheval? S'étonna l'elfine.

Ilyrià bougonna en enfilant sa cape.

- Nous ne faisons pas de cheval, nous peuple sur la mer... Les seuls équipés présents dans la cité sont les poneys qui vivent en liberté sur une des îles de notre royaume. Un jour, Finnàm et moi t'y emmènerons, mo caraid, lui expliqua la princesse en ouvrant sa porte pour se retrouver nez-à-nez avec Legolas, tout sourire.

Passé le premier moment de stupéfaction, elle se jeta littéralement dans ses bras, quémandeuse d'un peu de chaleur amicale. L'elfe chancela sous le poids, qui n'était pas plume, de la jeune femme. Gawën qui se tenait aux côtés du prince eut un claquement de langue réprobateur.

- Ma Dame! s'exclama-t-il. Vous ne pouvez faire cela! Legolas ernil est encore convalescent et trop faible pour...

- Tùch! le gourmanda la Wallen avec un froncement de sourcils.

Elle pouvait voir l'ombre dans les yeux de l'elfe à la mention de son incapacité temporaire. Or, il avait besoin de sentir à nouveau sa force et que quelqu'un ait besoin de lui au lieu de l'infantiliser ainsi. Il finirait sinon par être totalement imbuvable, comme un certain roi de sa connaissance. Elle se mordit la langue. Pour une fois, elle savait quoi faire.

- Maître guérisseur, vous pouvez retourner à vos propres préparatifs. Je sais que vous nous accompagnez... J vais rester auprès du prince. -devant son air indécis, elle insista- Je vous promets de faire attention à lui. Il ne fera pas d'excès. Faîtes-moi confiance, je ne veux pas qui lui arrive quoi que ce soit. Vous le savez bien.

Gawën s'inclina et s'éloigna à regret, non sans leur avoir jeter un dernier coup d'oeil. Ilyrià se mit à rire doucement et passa son bras sous celui de l'ellon. Ils devaient se rendre aux écuries. L'heure du départ était proche.

- Tu es incorrigible, mo prionnsa et tu vas rendre tous ces guérisseurs complètement fous! Tu vas même finir par tuer Gawën! Tu n'aurais pas dû monter jusqu'ici...

- Je ne suis pas impotent... mis à part cette satanée main, je vais bien, grogna Legolas une lueur de défi dans ses yeux bleutés.

Ilyrià n'aimait décidément pas cette attitude revêche chez lui. Elle ne lui allait tellement pas! Il était toujours si doux et prévenant... quoiqu'en y réfléchissant bien, elle avait pu voir de l'ellon un aspect beaucoup plus sombre dont le simple souvenir la fit frissonner. Instinctivement, elle se rapprocha un peu plus de lui.

La Wallen décida-t-elle d'appliquer son plan tout de suite. Elle soupira fortement pour attirer un peu plus si c'était possible l'attention de l'elfe à ses côtés. Elle s'appuya plus que nécessaire sur son bras malgré son dos raide, signe visible des douleurs de l'elfe.

Ils s'arrêtèrent au détour du terrain d'entraînement, juste avant les écuries point de ralliement pour le départ. Ilyrià s'adossa contre un mur et regarda son compagnon droit dans les yeux.

- Mo prionnsa, J'ai quelque chose à te demander, dit-elle d'une voix onctueuse et hésitante.

- Parle-moi, wen nîn, l'encouragea Legolas en se retenant au mur d'une main lui aussi.

Sa respiration saccadée et ses traits tirésétaient un véritable crève-coeur. Elle continua cependant son manège car elle restait persuadée qu'il fallait autant soigner son estime que son corps:

- Tu sais à quel point je peux être mal à l'aise avec les chevaux ou tout ce qui a quatre pattes et sur lesquels je dois monter...

- C'est le moins que l'on puisse dire, ma Dame! Rit-il en se tenant les flancs, la souffrance lui tirant les côtes.

- Me laisseras-tu souffrir ou pourrai-je monter avec toi? Lui demanda-t-elle tout à trac. Je hais l'idée d'être seule sur un de ces monstres! Cela m'est pénible au possible et horriblement désagréable...

- Et tu pourras me surveiller, devina l'ellon, espiègle. Mais oui, ce serait avec le plus grand des plaisirs, melda heri. Tu m'aideras avec les rênes.

- Bien, fit la Wallen, satisfaite en dépit qu'il ait vu clair dans son jeu brouillon.

Elle allait repartir quand la pression de la main du prince sur son bras l'en empêcha.

- Wen nîn, encore une fois, murmura-t-il en sortant une pochette de velours de la poche de sa tunique. Tu es la bana-phrionnsa. Il est temps d'agir en tant que telle. Tu ne peux éternellement jouer les effrontées et faire selon ton bon vouloir... ou ce que tu crois être juste et mérité... Daro! Commanda Legolas avec une autorité dont elle n'avait pas été témoin jusque là alors qu'elle s'apprêtait à lui couper la parole. Laisse-moi terminer. Ton comportement est spontané est incroyablement rafraîchissant mais il a aussi des conséquences qui, nous le savons tous les deux, peuvent s'avérer dramatiques... -il frôla sa joue de sa main lourdement bandée- Nous ne pouvons l'ignorer. Je suis avec toi, ma Dame, mais nous ne sommes plus des enfants, conclut-il, la mine sévère malgré son geste tendre. Mon père m'a donné ceci pour toi... Tu es une princesse et un jour une future reine... Il te faut en porter le signe distinctif désormais... du moins à certaines occasions, sourit-il.

Il sortit un fin diadème de son écrin. Ilyrià resta sans voix devant le bijou qui lui avait été fait était d'une exquise simplicité , deux cercles entrelacés d'airain et d'ambre., symboles de son appartenance malgré tout à la cité sur la mer. Une attention tellement délicate de la part du souverain sylvestre qu'elle ravit la jeune femme même si elle ne l'aurait jamais admis.

Il est très beau, s'extasia la Wallen.

- Ce n'est pas le seul dans ce cas, rétorqua Legolas en le posant avec douceursur ses cheveux.

- N'exagère pas maître elfe! Vil flatteur!

- Je ne suis que galant, se défendit-il, un sourire flottant sur ses lèvres meurtries.

- Et je t'en remercie, mo caraid... mais la flagornerie ne te mènera nulle part!

- Je le note... point de galanterie avec la Dame Wallen!

Ils se mirent à rire tous les deux et arrivèrent enjoués aux écuries sous l'oeil glacé du souverain. Une trentaine d'elfes étaient déjà là, prêts au départ. Des guérisseurs, l'intendant, des soldats, des serviteurs et même... un cuisinier! Ilyrià tourna la tête pour dissimuler un sourire. Si ça ce n'était pas une preuve flagrante de mauvaise foi... Evident que le roi nain le prendrait éminemment mal!

Klaùs et Finnàm étaient là eux aussi et la Wallen en ressentit un intense soulagement. Ils lui adressèrent un sourire pour le Ceannar et un clin d'oeil malicieux pour son cousin. Elle coula ensuite un regard en biais vers le roi qui leur avait ostensiblement tourné le dos. Les narines de la jeune femme se dilatèrent de colère mais elle se reprit rapidement et prit un air plus qu'aimable. Hors de question de s'empoisonner l'esprit avec cet ellon narcissique.

Elle avisa avec stupeurs et tremblements un immense cerf? Élan? Aux bois démesurément longs, larges... bref imposants. Elle aggripa la manche de Legolas sans faux-semblants cette fois.

- Dis-moi que ce n'est pas là dessus que nous allons monter?!

-Non, ma Dame, non, la rassura-t-il. Il s'agit de la monture de mon père. Ne vous y trompez pas, il peut être aussi doux qu'un agneau comme fier et v iolent dans la bataille...

- Comme son cavalier, pensa la Wallen en avançant la main prudemment pour flatter les naseaux de l'animal sous les encouragements du prince.

Elle arrêta sa main à quelques centimètres de l'élan qui vint la sentir avant de se tourner , dédaigneux.

- Comme son cavalier! se redit-elle avec un sourire en coin.

Elle croisa le regard indéchiffrable du roi et fut terriblement agacée de son sourire certes léger mais fortement moqueur. Aussi fit-elle comme l'élan et elle lui tourna le dos.

Un grand cheval à la robe isabelle qu'elle reconnut sans peine leur fut alors amené.

- Silmë! S'écria-t-elle pour une fois ravie de voir un membre de l'espèce équidée. L'étalon s'approcha un peu plus et chercha le contact de sa main, échappa un petit rire et le caressa affectueusement.

- Mo caraid!

- Il ne comprend que l'elfique wen Ilyrià, lui reprocha l'ellon qui le tenait toujours en bride.

La Wallen lui jeta un regard noir qui le fit instinctivement reculer.

- Tùch! Silmë comprend lui... Nous le savons tous les deux, n'est-ce pas mon ami? Et puis il doit être polyvalent au vu de ses deux cavaliers!

- Vous avez raison, mo bana-phrionnsa, acquisça Legolas sous le regard réprobateur de Thranduil qui visiblement ne perdait pas une miette de leur conversation et qui n'appréciait guère que son fils usât de vocabulaire wallen.

Le prince souffla quelques mots à leur monture qui baissa la tête avec un hennissement d'invitation. Legolas allait la prendre par la taille pour l'aider à monter quand elle recula.

- Tu n'y penses pas, j'espère! Avec ta main! le gronda-t-elle. Ne veux-tu donc pas qu'elle guérisse?

Ilyrià vit qu'elle l'avait blessé mais mieux valait que ce soit son ego que sa main. Et puis un peu d'indépendance n'était pour lui déplaire! Elle s'installa du mieux qu'elle put et prit place à l'avant pour saisir les rênes de Silmë. Elle adressa un sourire éblouissant à son compagnon de route et l'enjoignit d'une petite tape sur la croupe de l'étalon à la rejoindre, ce qu'il fit en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Il se raidit, gêné par les nombreuses contusions sur son corps et la Wallen en était parfaitement consciente.

- Appuies-toi sur moi, Legolas ernil, souffla-t-elle pour que quiconque ne puisse les entendre. Cales-toi confortablement... Ne sois pas idiot, tu as fait la même chose pour moi il y a quelques mois... Laisse moi te rendre la pareille... Fais-le, ordonna Ilyrià comme il ne bougeait pas, sinon je te boude et je monte avec Finnàm!

Un sourire satisfait de chat repu étira ses lèvres quand elle sentit le poids de l'ellon s'affaisser un peu plus sur elle même s'il bougonnait comme un des siens. Ses larges épaules emprisonnèrent les siennes ainsi que ses bras pour lui permettre de s'appuyer contre elle et de gérer un minimum leur monture.

- Bien, murmura la jeune femme alors que les mèches de Legolas lui balayaient la nuque.

L'élan du roi s'arrêta à côté d'eux et il promena ses orbes glacées sur leur étrange duo. Son regard se bloqua sur les mains de son fils posées sur celles d'Ilyrià pour l'aider à diriger Silmë puis croisa celui, plus chaleureux, de son fils.

- Dame Ilyrià va me seconder, Ada... Tenir en selle n'est pas encore très aisé, justifia Legolas.

- Tu n'as rien à ajouter, ion nîn. C'est certes un geste quelque peu familier mais wen Wallen est ta future promise.

Ses mots perfides atteignirent Ilyrià de plein fouet qui le transperça méchamment du regard. Quel goujat!

- Qu'attendons-nous? Marmonna-t-elle en fixant son attention droit devant elle.

- Absolument plus rien.

Le roi donna le signal de départ. Tout était dit.

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voili voilou! oui ce chapitre là est légèrement plus long que certains... Je me suis un poil emballée! ai-je bien fait selon vous? J'ai beaucoup aimé l'écrire, entre le romantisme latent dont fait preuve Legolas (et dîtes donc il ne se lâcherait pas un peu notre elfe si charmant? et c'est pas fini... ;)) et Thranduil qui se saoule et qui sait malgré tout rester... bah thranduilesque en fait!

alors est-ce que quelqu'un a une hypothèse sur la raison pour laquelle notre bon roi elfe ne veut pas donner de détail sur sa blessure, arguant qu'il la protège quitte à se la mettre à dos?

prochain chapitre... plusieurs personnages refont surface... pour le meilleur et pour le pire peut-être?

Bisous tout doux les didous!