Bonsoir les gens,
Comment allez-vous ? Comment survivez-vous à ce froid glacial ? Heureusement, la neige s'est calmée par ici (pas pour longtemps, d'après la météo…) Mais ça a fait du bien quand même. Maintenant, j'attends grave le retour de la chaleur (réelle ou lémonesque^^).
Je suis désolée de ne pas avoir répondu à vos reviews. Je vais faire ça rapidement ce soir, puis je répondrai au fur et à mesure, cette semaine, ça devrait être plus calme pour me le permettre.
En tout cas, un grand merci pour votre enthousiasme, et pour la chance que vous me laissez sur ce coup-là. J'essaierai de ne pas vous décevoir.
Sur ce, bonne lecture.
Chapitre 5. Rencontre.
Son odeur me frappa de plein fouet en même temps qu'elle me claquait la porte au nez et lâchait ses cours au sol en me percutant.
« Oh désolée ! Je suis distraite en ce moment » S'excusa-t-elle tout en se baissant pour ramasser ses affaires.
Je restai bêtement à la regarder faire, enregistrant en même temps son odeur parfaitement connue, la couleur de ses yeux, son sourire et ce qu'elle faisait. Je me baissai et lui tendis le dernier livre. Sa peau était moins pâle que dix-sept ans plus tôt…
« Tu es le nouveau » Dit-elle alors que nous nous relevions.
Elle fit un pas en arrière, et serra ses livres contre elle.
« Edward Cullen, bonjour. » Acquiesçai-je en tendant la main pour serrer la sienne.
Elle regarda ma main avec un haussement de sourcils. Je compris mon erreur trop tard, j'avais eu tellement envie de sentir sa main contre la mienne que j'en avais oublié de prendre mes distances.
« Liz. On est ensemble en histoire, non ? »
J'acquiesçai. Avant la pause nous avions eu cours d'histoire ensemble. Elle avait passé l'heure à interroger le professeur sur ses interprétations.
« Tu es la fille au fond que le prof a rabroué. »
Elle grimaça.
« Tu verras, c'est un con. Il ne supporte pas que je lise d'autres bouquins avant son cours et que je m'en serve pour le contredire ou approfondir certaines des choses qu'il dit. Il aime tout maîtriser. »
Elle fit un geste désinvolte de la main.
« J'ai cru comprendre. » Souris-je.
Elle fronça les sourcils, mais avant qu'elle parle, Preston Abbott nous rejoignit. Je retins de justesse un grognement de mécontentement, et croisai mes bras sur ma poitrine pour ne pas l'arracher à l'influence du lycéen.
« Chérie, je me disais que tu t'étais paumée, encore. » Rit-il.
« Hey ! » Elle tapa son bras avec un sourire. « Non, je faisais connaissance avec Edward. Un des nouveaux. » Précisa-t-elle en me désignant.
Il sembla seulement se rendre compte de ma présence. Enfin, c'était l'effet qu'il souhaitait me faire ressentir. Il n'avait pas apprécié de nous voir discuter, et s'était immiscé l'air de rien.
« Salut, Cullen, j'ai ton frère dans ma classe. Un dingue. »
« Heureusement qu'on n'est pas tous comme lui. » Plaisantai-je, un goût amer dans la bouche.
Je bloquai ma respiration, de peur d'être de plus en plus tenté par son cou. Non seulement il s'approchait trop de Bella –j'avais encore son comportement de la veille à l'anniversaire surprise en travers de la gorge-, mais en plus il nous critiquait… Ce gamin était en sursis…
« Ouais, en tout cas, j'en connais une qui va avoir besoin de tous ces potins. »
« Preston Abbott, tu as intérêt à lui présenter des excuses ! »
Bella. Liz pointa un doigt sur son torse, les sourcils froncés.
« Du calme, Lizzie, range tes griffes. » Rit-il en lui prenant les mains. « La solidarité féminine ! » Il se tourna vers moi avec un clin d'œil. « Bon, à plus. » Conclut-il en entrainant Bella (Liz) avec lui alors qu'elle le disputait.
Je sentis la grande main d'Emmet se poser sur mon épaule, alors que mon corps partait à la poursuite du couple. Ils tournèrent à l'autre bout du couloir.
« Du calme, Edward. » Murmura-t-il en serrant mon épaule.
« Il la touche. » Grondai-je.
« Tout ce que tu rêves de lui faire est interdit dans l'ensemble des Etats, et possiblement condamné par la peine de mort. »
Alice voulait paraitre amusée, mais elle ne l'était pas. Si je n'avais pas senti la vague de calme que Jasper m'envoyait, je crois que j'aurais facilement pu m'échapper de la prise d'Emmet. Je serrai les mâchoires, et fermai les yeux. Je me forçai à apprécier le calme dans mon corps et Emmet se détendit en même temps que moi.
« Tu te sens capable de retourner en cours ? » Demanda Rosalie.
Elle était aussi tendue que moi, mais parvenait à cacher cela, en partie. Je croisai son regard mordoré et vis dans ses pensées le noir de mes prunelles. Je m'aperçus combien j'étais tiraillé, et baissai les yeux.
« Non. Je vais rentrer. »
« Edward… » Commença Alice mais je secouai la tête, la suppliant de ne rien dire.
Elle comprit ma demande, et vint m'enlacer en pensant très fort à l'espoir que je devais garder de retrouver Bella telle que je la connaissais.
Si tu l'as retrouvée maintenant, c'est que vous devez être ensemble. Assura-t-elle.
Je me détachai de son embrasse, et tentai un sourire.
Les autres élèves commencèrent à retourner en cours à leur tour, et je traversai leur masse pour rejoindre ma voiture.
La pluie battante amena l'odeur de l'herbe humide, des animaux mouillés…J'avais même l'impression que la douleur dans mon esprit pouvait se sentir à des kilomètres à la ronde. Soudain, je m'arrêtai, et me tournai lentement vers le bâtiment. La pluie coulait sur mon visage et mes vêtements, mais je ne m'en inquiétais pas. Je voulais seulement voir Bella. Elle était quelque part derrière ces murs, et je devais la trouver.
Je scannai avec une certaine impatience les esprits des lycéens et enseignants.
Enfin, je la repérai. Les pensées d'April étaient tournées sur Liz. Elles se souriaient, écoutant à peine le professeur de trigonométrie, préférant discuter de la soirée de la veille sur un morceau de papier qu'elles se repassaient. Liz remerciait April. Celle-ci se félicitait et faisait promettre à Liz de ne plus être morose.
« Je ferai ce que je peux. Je crois que ça m'a fait du bien aussi cette soirée. » Ecrivait Liz.
« Tant mieux ! » Approuvait April.
Je sentis autant que Liz les questions qu'April avait encore. Liz fronça les sourcils à l'intention de son amie.
J'avais l'avantage de connaitre la teneur de ses pensées, mais je voulais connaitre la réponse que Liz donnerait… Je restai à l'affût, jusqu'à ce qu'April cède.
« Ca avait l'air d'aller, hier, avec Preston. »
Liz détourna les yeux et se mordit la lèvre inférieure. April s'inquiétait, et moi aussi par la même occasion. Mais pour d'autres raisons.
« Y a eu pire. » Confia Liz par écrit.
April fronça les sourcils en lisant de tels propos et s'apprêtait à pousser Liz pour en savoir plus, mais l'alarme de l'exercice incendie retentit et tous les lycéens quittèrent le bâtiment avec entrain. Je m'approchai pour me mêler aux groupes, et l'air de rien, me postai suffisamment près de Liz (parce qu'il fallait que je m'habitue à l'appeler comme ça). Elle suivit April jusqu'à leur groupe d'amis, je reconnus la plupart de ceux qui étaient présents la veille à l'anniversaire. Mais son regard semblait chercher autre chose. Voir autre chose. J'examinai son expression sans y lire quoi que ce soit. J'avais l'impression de me retrouver dix-sept ans plus tôt, peu avant sa disparition.
« Tu crois que c'est un simple exercice ? » S'enthousiasmaient certains.
« La police ne vient pas, alors c'en est un, oui. » Expliqua Liz.
Tous se tournèrent vers elle, surpris. Je la vis se mordre la lèvre inférieure et bafouiller.
« D'où tu sais ça ? »
« Aucune idée. Mais ça paraît logique. »Se défendit-elle.
« S'il y avait quelque chose de grave, c'est sûr qu'on aurait déjà les flics sur le dos. » Approuva un jeune homme qu'April pensa comme Steven.
Personne n'avait à y redire, alors ils reprirent leurs conversations, espérant bien ne pas avoir à retourner en cours.
L'espoir fait vivre mais cette fois-ci, il n'avait servi à rien. Le principal avait fait rentrer tout le monde quelques minutes après que l'alarme se fut tue. Dans ma tête, les questions de mes frères et sœurs résonnaient, demandant si je restais ou pas. Je ne pris pas la peine de répondre, me dirigeant plutôt vers le cours où j'aurais dû me trouver avant l'exercice. Je m'assis à ma place, et passai d'un esprit à l'autre, juste pour passer le temps.
L'heure du déjeuner arrivée, plus personne ne tenait en place. Chacun attendait une nouvelle alerte pour avoir une excuse de quitter l'établissement plus tôt. En ce vendredi midi, tous voulaient se retrouver à la fête foraine qui s'installait ce soir-là. Je franchis les portes de la cantine en même temps que mes frères et sœurs. Sauf que je n'étais pas d'aussi bonne humeur qu'eux. Ils s'étaient mis d'accord pour aller à la fête, Emmet et Jasper lançaient déjà des paris, et Alice sautait sur place à l'idée de pouvoir rencontrer Liz officiellement. Je ne savais pas ce qu'elle avait vu, parce qu'elle me bloquait son esprit, mais j'avais peur pour Liz. Qu'est-ce qu'Alice lui avait prévu ? !
Comme à notre habitude depuis notre arrivée ici, nous nous installâmes à l'opposé de la grande baie vitrée, face aux portes.
« Je ne sais pas lequel d'entre vous est le plus excité. » Soupira Rosalie en embrassant la salle d'un regard.
« Allez, Rose, on sait que tu aimes l'idée de cette fête foraine. Le soir, des jeunes partout… »
« Tu es sûr de vouloir me tenter ? »
Je souris en la voyant faire mine de frissonner. Emmet se pencha pour lui parler à l'oreille et nous détournâmes tous les yeux pour au moins faire semblant de leur laisser cette intimité. Toutefois, les propos d'Emmet ne pouvaient être ignorés.
« Emmet ! Si tu t'avises de faire ça … »S'étrangla pratiquement Alice.
« Quoi ? » Fit-il, l'air innocent.
Alice se tourna vers Rosalie et la prit à partie. Je décidai que j'avais suffisamment entendu pour conclure ce que choisiraient de faire Rose et Em ce soir-là à la fête foraine. J'espérais juste qu'ils seraient discrets…
Je passais la baie vitrée quand je repérai Liz assise sur une table, un peu plus loin. Elle semblait perdue dans ses pensées, une cigarette entre les doigts. Je grimaçai en pensant aux dégâts que cela pouvait causer chez elle, et me ravisai avant d'aller la lui retirer de force. Au lieu de cela, je marchai tranquillement vers elle.
Liz s'aperçut de ma présence alors que j'étais à quelques pas. Je souris et elle hocha la tête.
« Besoin d'air ? »
« Je ne sais pas ce qui leur passe par la tête, mais cette fête foraine les met sur des charbons ardents. » Acquiesça-t-elle en se déplaçant pour me laisser une place.
J'observai, une seconde, l'espace près d'elle avant de m'y installer. Liz posa ses chevilles l'une sur l'autre, sa main tenant la cigarette pendait devant elle.
« Tu en veux une ? » Demanda-t-elle en voyant que je regardais sa main.
« Non, merci. »
Elle fronça les sourcils.
« Laisse-moi deviner. Ton père est médecin et t'a pourri toute ta jeunesse contre les drogues… »
« Carlisle ne m'a rien dit de tel. Enfin, si. Mais il n'a pas insisté. »
« Alors, c'est un choix ? »Elle parut surprise.
« Oui. C'est si étonnant que ça ? »
« Je ne sais pas. Peut-être, oui. »
« Pourquoi ? »
J'aimais sa voix. J'aimais aussi la façon dont ses sourcils se fronçaient quand elle réfléchissait. Elle se mordit la lèvre inférieure, fixant un point invisible devant nous.
« Tu connais beaucoup de jeunes qui ne craquent pas avec toutes ces possibilités ? »
Je réfléchis à ses propos. C'était étrange de parler de ça alors que la dernière fois, Bella et moi n'avions jamais abordé ce sujet.
« Peu, en effet. »
Elle hocha la tête, satisfaite.
« Mais tu ne me convaincras pas. » La prévins-je.
« Ne t'inquiète pas, je ne suis pas ce genre de mentor. » Rit-elle en écrasant sa clope.
Je souris, et la vis descendre de la table. Elle prit son sac et s'arrêta. Je réalisai seulement qu'il était l'heure de retourner en cours. Un cours de physique, si je me souvenais bien. Je me levai à mon tour et attrapai mes affaires avant de la suivre. Quand nous entrâmes dans la cantine, le silence fut assourdissant. Personne ne s'était attendu à nous voir entrer ensemble. Preston fut le premier à bouger.
« Liz, on y va ? »
Il se leva et vint jusqu'à nous.
« J'ai biologie, Preston. On se retrouve en Espagnol. »
Il allait lui prendre le poignet, je lisais dans ses pensées qu'il voulait l'embrasser pour marquer son territoire, mais Liz s'échappa avant et nous la regardâmes quitter la pièce avec April et Catherine.
Preston se détourna en grommelant et je sortis à mon tour avant d'être intercepté par Emmet et Jasper.
« Quoi ? » Grognai-je en sentant leur présence à quelques pas.
« C'était bien joué. » Applaudit Em.
« Je dirai même plus, super bien joué. » Renchérit Jasper et je levai les yeux au ciel.
« Mais encore, les gars ? On a cours, je vous rappelle. » Dis-je en me tournant vers eux.
« Oh oui ! Pardon, on pensait que tu étais trop sous le coup de tes émotions pour pouvoir te contrôler et donc que tu rentrerais à la maison. On n'avait pas compris combien cette fille te faisait de l'effet. » Ironisa Jasper.
« Ca va, vous allez vous foutre de moi encore longtemps ? »
« Loin de nous cette idée, Eddy, tu le sais. C'est seulement qu'on veut te prévenir. Ce petit Abbott a l'air hargneux. Ça serait dommage de t'attirer des ennuis à cause de lui… »
« Tu te rends compte combien tu es débile, ou pas ? » Haussai-je les sourcils.
Emmet plaça sa main sur son cœur, l'air infiniment blessé.
« Débile, moi ? Tu es vexant, Eddy. Je ne veux que m'assurer que ta petite idylle ne soit pas empoisonnée par le prétendant humain de ta petite copine. »
« Je ne t'écoute plus. Jazz, si tu pouvais lui faire comprendre… »Je m'interrompis. Ils étaient explosés de rire. « Ce n'est pas drôle, les mecs. Ce n'est pas facile, non plus. »
« Rassure-toi, va, on sera là pour empêcher le prétendant de s'en mêler ! »Jasper claqua mon épaule en riant puis il s'éloigna.
Emmet me fit un clin d'œil qu'il voulait entendu et suivit Jasper. Je soupirai, passai une main dans mes cheveux et me tournai vers la salle de physique. Le professeur était à la porte et semblait secoué. J'écoutai rapidement ses pensées, mais seul le fait de nous avoir vus discuter avec Em et Jazz qui se moquaient de moi semblait le déranger. Je lui passai devant pour entrer dans la salle et le saluai. Il suffoqua presque. Allez savoir !
Le reste de la journée se déroula sans heurts, comme si l'excitation du matin était passée. Du moins, c'était ce qui pouvait se voir en apparence, parce qu'au fond des esprits, seuls les deux prochains jours comptaient. Chacun allait même de ses pronostics quant aux attractions et rendez-vous possibles. Pas forcément dans cet ordre.
Quand je pus enfin quitter le lycée de Green Bay, tous les projets des autres lycéens me tournaient en tête. Je rejoignis ma voiture, suivi plus ou moins près par Alice et Jasper. Emmet et Rosalie s'étaient déjà éclipsés, prétextant une course à faire avant de nous retrouver à la fête foraine.
« Tu manges à la maison ? »
« Rendez-vous à 9h ! »
Se trouver sur le parking du lycée ne gênait personne pour s'interpeler, apparemment. Je secouai la tête et m'installai au volant.
« Et nous, on y va à quelle heure ? » Demanda Jasper.
Dans le rétroviseur, je vis Alice se concentrer. Elle sourit et croisa mon regard.
« A 9h01. »
« Toujours aussi précise » Salua son compagnon en prenant sa main.
« Que veux-tu ! Je ne serais pas une voyante sinon. »
Ils continuèrent à se lancer des fleurs le temps du trajet. Lorsque j'arrêtais la voiture devant chez nous, Esmée était dehors en train de nettoyer un meuble.
« Bonjour. Alors cette journée ? » Sourit-elle en remettant une de ses portes au meuble.
« Les garçons se sont chamaillés à cause de Bella. Ce soir, on va à la fête foraine. » Expliqua Alice en l'aidant.
« On s'est pas chamaillé à cause de Bella, Alice, mais à cause de Preston Abbott. » Nuança Jasper.
« Qui est le petit copain de Bella. Enfin, de Liz. » Insista sa compagne en mettant les poings sur ses hanches.
« Vous avez raison d'aller à la fête foraine, ça vous fera du bien. » Les interrompit Esmée avec un sourire entendu.
« Oh oui ! Jazz va même demander d'arrêter la grande roue quand on sera au sommet ! » Applaudit Alice en entrant dans la maison.
En voyant l'étonnement dans les yeux de Jasper, je retins un fou rire et aidai Esmée à rentrer le meuble dans le garage à cause de la pluie qui recommençait à tomber.
« Tu aurais dû attendre qu'on soit là pour t'aider. »Assurai-je en voyant le travail qu'elle avait abattu dans la maison.
Tous les meubles avaient repris un air neuf, comme Esmée en avait l'habitude dès que nous déménagions.
« Vous avez autre chose à faire, Edward. » Elle haussa les épaules.
Je l'observai vaquer dans la pièce, avant de me rendre jusqu'au piano. Je m'assis, les doigts sur les touches noires et blanches. Mais je ne fis pas un geste. J'écoutais l'air en mouvement dans la maison au fur et à mesure que les autres bougeaient. J'entendais encore la voix de Liz dans ma tête. Ses propos, avec la moquerie derrière. Je revoyais le rire dans ses yeux. Je souris. Mes doigts frôlèrent les noires et blanches. Je tombais à nouveau amoureux de Bella.
« Tu es pensif, Edward. »
« C'est ce que les autres disent depuis longtemps, Esmée. »
« Tu l'es plus que d'habitude, alors. »
Elle s'assit à mes côtés sur le banc, son attention entièrement tournée vers moi. Je baissai les yeux. Je me sentais comme un adolescent.
« Liz ne sait pas qui elle est. » Commençai-je.
« Tu aimerais le lui dire. »
« Oui. » Je grimaçai. « Non. Peut-être que cette situation n'est là que pour me montrer que nous n'étions pas censés être ensemble… »
« Ou peut-être qu'il y a autre chose en jeu et que tu vas devoir te battre encore plus pour pouvoir être avec elle. »
Je la regardai dans les yeux.
« Elle est différente. Plus heureuse, je crois. »
« Mais ? »Devina-t-elle.
« Parfois, son regard est étrange. Cette après-midi, encore, elle m'a regardé et…Son regard est devenu comme flou. On aurait dit qu'elle perdait le sens de la réalité et que quelque chose se déréglait. » Je soupirai.
Cela faisait quelques jours à peine que nous étions à Green Bay, et autant de temps que je savais que Bella et Liz n'étaient qu'une seule et même personne. Mais rien d'autre. Je ne savais même pas si un jour la vérité serait découverte.
« Laisse-lui du temps, Edward. Je suis sûre qu'elle va réaliser qu'il y a quelque chose. Elle viendra d'elle-même. »
Esmée serra mon épaule, réconfortante. J'acquiesçai.
« Elle m'a tellement manqué. »
« A nous aussi. Profite de ces moments avec elle, d'accord ? Les choses vont s'arranger. »
« C'est ce qu'Alice espère. »
« Alors ça va arriver. » Décréta-t-elle en se levant, l'air enjoué.
POV extérieur
« Mais, bon sang, elle était pas obligée de me faire la morale, comme ça ! »
Liz sentait qu'elle s'énervait. Elle ferma les yeux, rabattit l'écran de son ordinateur portable et s'enfonça dans son fauteuil.
« Tu la connais, Catherine ne voulait pas à mal. Elle a pris le parti de Preston parce qu'il avait une sale tête quand tu l'as planté à la cantine… »
« April, pas toi ! »
Liz regarda son téléphone portable dans sa main, comme si elle pouvait voir sa meilleure amie à l'autre bout du fil.
« Je dis juste que vous vous faites la tête pour rien avec Cathy. »
« Je sais. » Soupira Liz. « Mais, vous savez que je n'aime pas les démonstrations en public, et j'ai vu sur son visage qu'il comptait en faire. Ce qui était ridicule ! »
« Je crois juste qu'il a pas aimé que tu parles avec le nouveau. »
« Arrête, on s'est dit deux mots avec Edward, c'est pas la mort ! »
« Je sais, je sais, tu nous l'as dit. »
« Bon. Et puis Preston ne va pas me faire la tête parce que je parle avec Edward ou un autre ! »
Elle était exaspérée. A un moment, Preston la laissait seule dans son coin et un autre il ne supportait pas de ne pas l'avoir à portée de mains. Et après, ils disaient que c'était elle la lunatique !
« Mais non, tu parles avec Steven ou Brad, et il ne dit rien. Ça lui passera va. Bon, changeons de sujet. Ta voiture ou la mienne ? »
« Je ne veux pas aller à la fête foraine. » Comprit-elle immédiatement.
« Liz ! Tu dois venir, c'est la soirée d'ouverture, et puis il y a un super groupe de rock pour l'ambiance. »
« April, je suis fatiguée. »
« D'accord, fais ta mamie. De mon côté, je vais m'enfiler toutes les barbes à papa et je dégommerai tout ce que je peux. »
Liz sourit en levant les yeux au ciel. Si April réussissait à dégommer quelque chose, ça serait son estomac.
« Alors, tu viens ? » Espéra-t-elle après une minute de silence.
« D'accord ! Mais juste pour t'éviter d'avoir une indigestion tout le week-end ! »
« Parfait ! Tu viens me chercher. »Décida-t-elle.
« Si tu veux. Mais d'abord, je veux me prendre une douche. »
« Bien. Alors à toute à l'heure. Et prends ton bloc note, on sait jamais ! »
Liz accepta et raccrocha en souriant. Elle prépara son sac selon les recommandations de sa meilleure amie puis elle fila à la douche.
« Liz ? Tu sors ? »
Courtney frappa à la porte de la salle de bain.
« Oui. On va à la fête foraine avec les copains. »
« Ah bon, et depuis quand ? »
« Maman ! On est vendredi, et j'ai fait mes devoirs et mes corvées… »
« Oh je m'en doute. »
« Alors, s'il-te-plait ! J'ai besoin de me changer les idées. »
Courtney fronça les sourcils et suivit sa fille, en serviette de bain, jusque dans sa chambre.
« Ne me dis pas que ce sont tes dix-sept ans qui te font cet effet. »
« Non ! Mais je ne suis pas sortie depuis longtemps. Et puis, il y a un super groupe de rock. »
« D'accord, d'accord. Mais promets-moi d'être prudente. »
« Oui, maman ! Je ne suis plus une petite fille. Je sais faire attention à moi. Et je sais que je ne dois pas m'allonger sous la grande roue. »
Liz parla tout en choisissant le pull qui s'accorderait le mieux à son jean slim.
« Je vais en faire des cauchemars, merci ma chérie ! » Grimaça Courtney en lui tendant une chemise bleu nuit.
« Je t'en prie, maman. » Approuva Liz en l'enfilant.
Elle claqua une bise sur la joue de sa mère, passa un coup de crayon sur ses paupières, puis attrapa veste et bottes pour se sauver. Elle était à peine dans sa voiture qu'elle reçut un SMS de la part d'April « Tu fais quoi ? ». Elle sourit et démarra en voyant sa mère sur le perron de la maison. Elle lui fit signe en se dirigeant vers la maison d'April au bout de la rue.
La fête battait déjà son plein, et il n'était même pas 21h. Liz et April retrouvèrent les autres au premier stand venu. Brad embrassa rapidement sa copine en lui tendant la plus énorme barbe à papa qu'elle ait jamais vue. Liz se posta près de Preston et demanda son attention d'un frôlement de ses doigts sur sa paume. Celui-ci tourna les yeux vers elle, une lueur étonnée et expectative dans son regard.
« Il y a eu malentendu. »Sourit-elle en criant pour se faire entendre.
Décidément, les haut-parleurs avaient été branchés à fond.
Preston se rapprocha.
« Tu t'excuses ? » Elle leva les yeux au ciel et acquiesça. « On passe la soirée que tous les deux ? » Proposa-t-il, l'air de rien.
Avant qu'elle ne réponde, il lui fit remarquer que Catherine et Steven s'étaient déjà éloignés, main dans la main, alors qu'April et Bradley étaient dans leur bulle. Liz accepta et se laissa guider dans la foule. Ils avaient leurs doigts entrelacés, et parmi tous ces couples, elle se dit que ça n'était pas grave.
« Vous avez parlé de quoi, avec Cullen ? » Demanda-t-il, sa bouche collée à son oreille.
« De cigarettes ! » S'exaspéra-t-elle en s'arrêtant.
Ils bloquaient le passage, mais elle n'en avait rien à faire. Il ne pouvait pas simplement accepter qu'elle ait fait le premier pas, et passer à autre chose ? !
« De quoi ? »
« Il ne fume pas, et on a papoté trente secondes ! Tu vas me faire une crise de jalousie ? »
Elle détacha sa main de la sienne et fit demi-tour.
Liz suivit le cours de ses pensées, envahie par le bruit alentour, bousculée à tout va, sans vraiment s'intéresser aux activités proposées. Devant elle, à l'autre bout du champ où s'était installée la fête, la grande roue faisait des tours encore et toujours, s'emplissant à peine les sièges vidés. Les lumières de la roue rivalisaient avec celle des stands. Les éclats de rire et bavardages rivalisaient aussi avec les chansons que braillaient les haut-parleurs.
« Pourquoi tu es toute seule ? »
Liz reconnut la voix malgré le brouhaha. Elle se retourna vers sa meilleure amie.
« On n'avait pas les mêmes envies. » Haussa-t-elle les épaules.
April lui attrapa le bras et l'entraina à sa suite jusque sous une tente. Là, elles retrouvèrent les autres. Liz soupira, voyant que Preston avait trouvé à s'occuper pendant qu'elle réfléchissait. Il ne leva pas les yeux vers elle, cette fois-ci, mais continua plutôt de malmener le flipper en face de lui.
« Catherine, viens ! »Cria April.
Liz lut la question dans les yeux de sa deuxième meilleure amie. Elle fit un pas vers elle, se disant que si elle devait perdre quelqu'un ce soir-là, ça ne serait pas sa meilleure amie. Catherine sourit, et son regard s'illumina. Elle délaissa Steven et son verre, attrapa son sac et les trois amies quittèrent la tente. Elles hésitèrent un instant avant de se décider. Elles passèrent au bar, commandèrent puis se dirigèrent vers la grande roue. Elles avancèrent en silence, surtout parce qu'il était trop difficile de parler, tout en traversant la foule.
Liz découvrit que la scène se trouvait non loin, et fut étonnée que le son soit moins fort à cet endroit que dans le reste du champ.
« Ah ! Merci, seigneur ! » Soupira Catherine en s'asseyant sur le tronc d'arbre déposé ici.
« J'ai cru que j'allais perdre mes tympans. » Approuva April.
« Ils sont bons, pourtant. »
Liz regardait les chanteurs et musiciens. L'un d'eux bougeait en rythme avec sa queue de cheval et sa guitare électrique, pendant qu'un autre se déchainait sur sa batterie, mais le rythme n'était pas mauvais. Elle marqua deux, trois minutes le rythme avant de revenir à ce que disaient ses amies.
« Steven jure qu'ils sont en playback. »
« On s'en fout ! On va danser ? »
April désigna la piste improvisée devant la scène.
« Parfait pour moi ! »Assura Catherine en se levant et tendant les mains vers elle.
« Ca nous fera du bien. » Accepta Liz, en prenant la main de Catherine.
Elles se sourirent et se suivirent jusqu'à trouver un espace assez large pour qu'elles puissent s'y installer et danser à leur envie.
Les trois amies passèrent de la piste improvisée au stand à boissons non loin, pendant près d'une heure. Elles rirent ensemble, et partagèrent ce moment comme il l'était : un moment rien qu'à elles, un moment qu'elles n'avaient plus eu l'occasion d'avoir depuis l'été. Chacune dansa avec les autres comme avec ses sœurs. Après tout, elles se considéraient toutes comme une même famille. Quand April commença à grimacer à cause de ses nouvelles chaussures, elles quittèrent la piste d'un commun accord. Bras dessus, bras dessous, elles rejoignirent le coin tranquille qu'elles avaient investi près d'une heure auparavant.
« Je vais chercher à boire. » Annonça Liz en se relevant.
« Bonne idée, ma sœur ! » Approuva Catherine avec un sourire béat.
Liz secoua la tête, amusée, et se dirigea vers le stand. Elle dut se frayer un chemin, jouer des coudes et grogner quand on lui marchait dessus, avant d'atteindre son but. Mais quand elle y fut, elle s'y accrocha, et se pencha par-dessus la planche pour couvrir le raffut que faisaient les joueurs sur la scène.
Elle devina plus qu'elle n'entendit le mec en face d'elle lui dire qu'il n'avait pas compris. Elle soupira et s'apprêtait à relancer sa commande quand elle vit Edward Cullen avec un plateau et sa commande.
« Hey ! Tu bosses ici ? » S'étonna-t-elle en sortant déjà sa monnaie.
« C'est un ami, je me suis dit que ça ne le dérangerait pas que je te serve. J'ai entendu ce que tu voulais. »
Il souriait, et dans son regard, elle lisait de la curiosité et autre chose d'indistinct.
« Ca c'est cool ! Si j'avais su, je t'aurais fait signe direct ! »
« Je t'en prie. »
Ils restèrent à s'observer un instant de plus, et ce fut suffisant pour que le cerveau de Liz l'assaille encore d'images floues. Elle sentit même son cœur s'emballer, comme s'il paniquait. Elle posa une main sur son cœur, et s'appuya contre la planche derrière elle.
« Est-ce que ça va ? »
Edward était à deux pas d'elle, une main sur son avant-bras. Liz inspira à fond, ce qui lui causa la naissance d'une nouvelle migraine. Elle grimaça et apposa ses doigts sur ses tempes. Bon sang ! Ca faisait pourtant quelques jours que ça se calmait !
« Liz, tu m'entends ? »
« Oui. » Grogna-t-elle, mais elle était sûre qu'il l'avait entendue.
« Tu devrais t'asseoir… »
« Ca va, ça doit être le bruit et la fatigue. Ce n'est rien. » Elle se dégagea, se rendant compte qu'il était vraiment tout près d'elle, ses bras l'encerclant presque contre lui.
Il sembla réaliser la même chose, parce qu'il s'éloigna d'un pas, l'air contrit.
« Merci pour la commande. » Parvint-elle à dire en prenant le plateau et retournant vers ses amies.
Dans sa poitrine, elle sentait son cœur battre la chamade, et dans sa tête et son corps, toutes sortes d'impressions grandissaient. Elle soupira et passa une main dans ses cheveux pour les discipliner. Au même moment, ce fut comme si l'intégralité de la foule se dirigeait vers la scène, en hurlant. Liz sentit qu'on la percutait, l'écartait, sans ménagement. Elle sentit son plateau lui échapper des mains, son sac fut emporté et elle referma à peine les doigts dessus qu'elle tombait, d'autres personnes étaient déjà à terre, près d'elle.
Un léger silence s'installa, durant lequel elle entendit les gens s'interpeller avant que la plupart se relèvent autour d'elle.
« Liz, tu n'as rien ? »
Edward était au-dessus d'elle, vraiment inquiet. Elle était à plat ventre, la tête dans la boue. Elle considéra qu'elle avait le droit de grogner.
« Lizzie ! »
Cette fois c'était April qui paniquait. Elle releva la tête, et grimaça quand elle se redressa. Non seulement sa tête lui faisait atrocement mal, mais en plus, elle avait mal au poignet. Elle le plaça contre elle, alors que son amie la palpait.
« Arrête, April. Ça ira. C'est une mauvaise chute, c'est tout. »
« Mais, tu nous as fait une peur bleue ! »S'écria Catherine.
« Je te voyais, et d'un seul coup, tu as disparu ! »Insista April.
« Je pense que tu devrais aller à l'hôpital, Liz. »
Sa voix était tendre, et pourtant ferme. Liz releva le menton et s'apprêtait à le remercier gentiment, mais la douleur lui cloua le bec.
« Oh mon dieu ! Il a raison, Liz, tu saignes ! »
Elle porta la main à son front et vérifia ce que son amie lui disait.
« Et merde ! Tu crois qu'il faut des points de suture ? »
« Sur le front ? Ca va être trop douloureux, ma pauvre ! »
« Cathy, dois-je te rappeler que j'ai l'habitude ? »
« Je t'emmène si tu veux. Ça permettra aux filles de poursuivre leur soirée. »
« Edward Cullen veut t'emmener à l'hôpital, Lizzie… »Chuchota, autant que possible, Catherine.
« J'ai entendu, Cathy, merci. Je vais me débrouiller. »
Liz commença à se lever, constatant qu'elle serait, sinon couverte de bleus, au moins courbaturée dès le lendemain.
Elle regarda ensuite autour d'elle. Elle n'était pas la seule à être entourée, mais elle était la seule à se trouver près d'Edward Cullen. A quelques pas, elle découvrit même une de ses sœurs, la petite brune. Celle-ci lui fit un grand sourire et des signes avant que Liz ne reporte son attention sur ce que ses amies disaient à Edward.
« …Elle passe son temps à l'hosto, ne t'inquiète pas, elle le connait par cœur ! »
« Catherine ! »Se plaignit-elle en lui faisant les gros yeux.
Celle-ci lui fit un grand sourire avant de déposer un baiser sur sa joue.
« Soigne-toi bien ! »
« Mais ! » April eut à peine le temps de râler que Catherine l'attirait à l'opposé de là où Liz et Edward se trouvaient.
Liz soupira et regarda, contrite, Edward.
« Bon, bah je crois qu'elles ont décidé pour nous…Si ça te dérange, je peux me débrouiller… »
« Allons-y, ma voiture est par là. »
Il lui indiqua le chemin et elle sentit la main qu'il passa dans son dos pour la guider. Autour d'eux, les autres recommençaient à danser, papoter et participer aux attractions. Elle réalisa que si elle n'avait pas senti la main d'Edward dans son dos, elle se serait crue isolée du monde, peut-être même inexistante.
Note : alors, ce mélange de POV, ça vous convient ? Et non, contrairement à ce que certaines souhaitent, je ne ferai pas de POV Edward pour tout le reste de cette fiction. La raison ? C'est bien pratique de pouvoir changer de POV quand je n'arrive plus à gérer avec l'un. Lol
Merci encore et, surtout, bonne saint valentin en avance pour celles et ceux qui la fêteront, et sinon, bah à la semaine prochaine ) )
Bisous Spuffy
