Coucou les didous! Alors comment allez-vous? Moi merveilleusement bien... ce que je vous propose aujourd'hui est légèrement différent, ce qui va donner l'occas' de voir ou revoir d'autres persos qui manquaient... J'espère que cela vous plaira également! Sinon, je vous invite à aller lire un OS qu'a écrit Krassnaïa comme un cadeau pour votre humble serviteur! Vous vous rendez compte? Elle est centrée sur deux personnages de ma propre fic et d'autres suivront peut-être... Si vous voulez en savoir plus sur certains Wallens, leurs caractères et façons de voir, allez-y!

Ah oui! Je voulais remercier ma meilleure amie pour une autre petite chose... Si certains d'entre vous se demandent comment je vois la relation entre Ily et Thranduil, j'ai pris une claque visuelle en regardant le clip de Sia Elastic heart... parce que, dans un contexte clairement différent, c'est exactement ainsi que je les vois: dans une cage mentale à s'attirer et se repousser sans relâche et sans pouvoir faire autrement, malgré eux... voili voilou... Vous me direz ce que vous en pensez...

Krassnïa: merci ma douce d'être là encore et toujours! Finnàm te remerciera pour moi chérie jolie!... et je ne veux pas savoir comment! Encore une fois merci pour ton OS... tu connais si bien ces persos alors que tu as été à mes côtés pendant tout ce temps où on a bossé sur eux, à m'écouter m'apesantir encore et encore et bien évidemment le temps que tu as passé sur leurs dessins à tous! car oui tous les persos ont été dessinés... si vous voulez voir, n'hésitez pas à demander! :) y a un clin d'oeil pour toi dans ce chapitre, à toi de le retrouver maintenant!

Savang: les vacances alors?ahhhhhhh... vivement celles de la Toussaint! ^^ Sinon merci pour tes reviews et comme je te l'ai dit... tout peut encore arriver... ou pas! na! C'est mon petit côté sadique qui ressort, tu sais qu'il est assez développé! =p

Lady Julie: ma bellotte tu es trop top! Bon courage pour ton retour à l'internat, j'espère qu'il s'est bien passé! Moi aussi j'y avais fait un long séjour! Je connais bien... et oui Thranduil saoul! je trouve qu'il a l'alcool un peu triste quand même... bisous tout sucrés

Darkklinne: merci pour tes conseils judicieux! et tes encouragements! J'en suis, comme toujours, fort touchée et de voir que tu continues à lire... Oui je suis d'accord pour Legolas mais mon petit doigt me dit qu'il a de la ressource... ;) et puis c'est un bien joli dindon! miam miam, j'aime la volaille! deux mille bisous à toi!

Saru l'Homme Singe: je ne me lasse décidément pas de ton jeu de mots! :) impayable! Alors toi aussi tu t'inquiètes pour notre prince elfe et je vais te dire la même chose... Rien n'est joué pour personne! :p qui vivra verra... réponse de normand comme on dit! Merci pour ce que tu as dit sur Ily et Thranduil moi aussi je les adore... aussi butés l'un que l'autre... pour le meilleur ou pour le pire?! Et à croire que moi aussi j'ai fumé parce que ta remarque sur banana m'a tué! Je kiffe ces lapsus... d'ailleurs il devrait peut être l'appeler comme ça tout compte fait?

Poly Popy: tu m'as tué! Je te jure... :) Tu verras bien pour Legolas... et pour Gollum... galla! on en est pas là... Mandieu! Comme dirait une certaine héroïne de ma connaissance qui porte en prénom celui de mon fruit préféré... Habilles toi chaudement, on part pour Erebor... tu crois vraiment que Legolas verra quelque chose maintenant que les deux loustics sont en froid polaire? Pas dit ça! ;) Et je tiens à préciser: non moi je ne crache pas dans la bouffe des autres! quant aux Minions, ce sera pour un prochain cross-over...

Sandra: juste des bisous et encore des bisous! Flash...

Et maintenant... bonne lecture à toutes et tous! ENJOY ou comme diraient certains Wallens de ma connaissance: math leugh! Bonne lecture! et j'ai envie de dire pour certains d'entre vous qui se reconnaîtront sans mal... BANANA!

Chapitre 19, (... déjà...)

Cité Wallen, Anaïsa,

Anaïsa était revenue depuis maintenant quelques jours au sein de sa bien aimée cité sur la mer et, malgré tout, l'immense joie qu'elle éprouvait jusque dans sa chair était malheureusement teintée d'une profonde mélancolie. L'amertume de son départ de la Forêt Noire suintait de tous les pores de sa peau comme de chacune de ses pensées. Ces dernières étaient d'ailleurs toutes tournées vers le royaume elfique alors qu'elle aurait dû se réjouir d'être de retour entre ces falaises escarpées...

Sous couvert de son renvoi vers leurs terres, son frère lui avait confié une mission qu'elle se devait de mener à bien quoiqu'il puisse lui en coûter. Si Finnàm lui avait laissé la vie sauve, ne pouvant se résoudre à la lui ôter froidement, la guerrière savait qu'un échec serait tout bonnement inadmissible.

La jeune femme assise en tailleur sur un des rochers surplombant le fjord de Màn, la branche nord de la cité Wallen, repensa pour la millième fois à l'affrontement qui l'avait opposé à son aîné.

La violence des coups, l'acharnement avec lequel ils s'étaient battus lui semblait tellement irréel et en même temps d'une intolérable cruauté. Ils y avaient mis tout leur savoir-faire, toutes leurs connaissances de soldats pour se faire mal, pour que chaque coup porté soit le plus douloureux possible... ça avait été d'un rare acharnement... Mais toute guerrière émérite qu'elle fût, il n'avait pas fallu longtemps au Ceannar pour la dominer même si le visage de ce dernier témoignait de l'âpreté qu'elle avait démontré. Leur lutte n'avait duré guère plus d'une dizaine de minutes quand, au final, il l'avait saisie à la gorge et envoyée s'écraser contre un arbre un peu plus loin. Persuadée qu'il allait abréger sa vie là dans cette horrible forêt si loin de chez eux lui qui n'avait jamais transgressé aucun ordre ni loi dictée par le roi, Finnàm l'avait pourtant remise debout et entraînée à sa suite dans la cité d'une poigne de fer.

Arrivés à leurs appartements, il avait été directement dans sa chambre et l'avait jetée dans un coin avant de fourrer ses maigres possessions dans un sac. Tétanisée par son comportement désordonné et brutal, elle l'avait regardé faire sans oser interrompre le silence qu'il s'obstinait à garder. Une fois sa tâche terminée, il s'était touné vers elle et avait grondé, indifférent au sang qui goûtait de son visage meurtri et constellé de coupures comme d'echymoses violacées.

- Tu pars, piuthar.

- Ciod? avait-elle lâché, incrédule.

- Tu pars, Anaïsa... Tu retournes chez nous. Ta présence n'est plus souhaitable ici. Que crois-tu, saghdear? Que crois-tu que a righ Thranduil fera quand il saura quelle est ton implication dans la fuite de cette peste d'Ilyrià? Quand je vais la retrouver celle là, elle ne perd rien pour attendre... avait-il craché, les traits déformés par la fureur. Au mieux, tu connaîtrais la légendaire hospitalité des geôles de Mirkwood... au pire... Sturten serait mis au courant... Non, tu pars. Tout de suite. J'ai besoin de toi là-bas. Tu vas faire amende honorable, mo piuthar, et te montrer digne de ton peuple, de ton roi et de ton frère.

Anaïsa s'était alors levée avec quelques difficultés, il fallait bien l'admettre, pour faire face à ce frère qu'elle adorait plus que sa propre vie, les yeux baissés.

- Que dois-je faire?

Il lui avait alors redressé le visage avec une caresse involontaire sur la joue, démentant ainsi l'éclat dur de ses yeux presques noirs.

- Nous dirons, avait-il alors soupiré ébranlé par ses dires, nous dirons à Sturten que l'éloignement ne t'était pas profitable... ce qui n'est pas complètement faux il faut l'avouer petite fille... et tu lui fera un rapport oral de cette machination qui se trame autour de sa fille. Je veux que tu ouvres grands tes yeux et tes oreilles. Il va te falloir découvrir quels sont les fêlons de notre cité... J'ai du mal à croire à ce que je dis là... Depuis quand doutons-nous des nôtres? Quelle est cette folie qui nous entoure? Mais trop de choses rendent justice à cette théorie... trop de renseignements ont été donnés à ces aelficas pour que nous puissions douter... Qu'ils soient jugés et exécutés pour leur trahison indigne de notre peuple! Il nous faire un exemple et démontrer à tous ces traîtres, elfes comme Wallens, les conséquences d'un tel comportement. Ne fais confiance à personne si ce n'est au roi, ma soeur.

- Que vas-tu faire pour Ily? demanda-t-elle timidement, apeurée de subir de nouveau son courroux.

- je... je ne sais pas, clann (enfant)... Je l'ai perdu... Que penses-tu qu'il va lui arriver perdue comme elle l'est dans cette odieuse forêt? Il faut que je réfléchisse...

Il s'était alors laissé choir lourdement sur la couche de sa cadette et avait enfoui son visage émacié au creux de ses mains.

- Je suis las, Anaïsa... usé de toujours avoir ce rôle ingras... D'avoir à protéger des personnes qui se dérobent dès que je tourne le dos, de devoir m'inquiéter pour des fous qui ne tiennent jamais compte des répercussions de leurs actes... pour une soeur qui ne suit pas les ordres de son Ceannar mais en plus s'y soustrait... pour un dragonnet qui n'en fait exclusivement qu'à sa tête... pour un prince elfe, et oui aussi bizarre que cela semble être je me soucie de lui, qui ne voit pas plus loin que le bout du nez d'une sirène mal embouchée... quand à celle là je vais juste la tuer de mes propres mains dès qu'elle sera de retour! Comment surveiller et protéger quelqu'un qui n'est que rébellion?!

La jeune femme allait l'entourer de ses bras quand il s'était relevé, droit et fier. Ses yeux turquoises étaient particulièrement froids et métalliques mais il pouvait difficilement en être autrement.

- C'est l'heure. Je m'arrangerai bien avec le roi... Je doute que si Ily est retrouvée, il voudra ébruiter ce malencontreux incident... Tu es forte et ne crains pas grand-chose, piuthar. La route ne te sera pas aisée certes mais pas impossible, loin s'en faut.

Plantant son regard dans le sien, il lui avait alors mis la main sur son épaule pour la saluer à la Wallen sans un geste de plus. Il était trop tôt, beaucoup trop tôt pour ce genre d'effusion fraternelle.

-Beannachd Erù ort, Anaïsa. (Qu'Erù te garde!)

Sur ces mots plus que laconiques, il l'avait laissée s'en aller avant de se laisser glisser le long du mur, terrassé par son échec et le départ de la seule famille qui lui restait.

Anaïsa secoua la tête pour chasser ce souvenir pénible. Rien ne servait de ressasser. Au contraire, elle devait aller de l'avant et recouvrer la tendresse de son frère comme son estime en menant à bien la délicate mission qu'il lui avait confié. La jeune femme se releva à la vue d'un Wallen qui s'approchait à grands pas. Il se mouvait avec une grâce quasi hypnotisante et le savait fort bien comme en témoignait le sourire en coin qui s'étalait sur ses lèvres fines. Ainsi était le soldat qui faisait office de second temporaire auprès du roi Sturten en l'absence de son aîné.

- Seannadh.

- Anaïsa, la salua-t-il, les yeux brillants de malice.

D'une pirouette, il atterrit à ses côtés et son regard sembla se perdre dans la contemplation du fjord qui s'étalait devant eux. Cependant, la Wallen n'était pas dupe. Elle savait que l'homme à sa droite était toujours à l'affût malgré son attitude languissante, prêt à fondre sur sa proie quelle qu'elle soit... tout comme l'était son double animal.

Un silence tout sauf pesant s'installa. Les premiers rayons de lune se réfléchissaient sur la surface miroitante de l'eau uniquement troublée par la légère brise qui ramenait avec elle les effluves de bruyère et de fleurs sauvages. Que sa cité lui avait donc manqué! Cet amalgamme de délicatesse et de force brute. La cité sur la mer était ainsi faîte, tout comme ses habitants.

La guerrière coula un oeil curieux vers le Wallen à ses côtés. Seannadh en était un parfait exemple, doux et terriblement brutal tout à la fois... Il fut un temps où la jeune femme avait cru trouver en lui le compagnon parfait pour elle. Mais non, elle avait vite compris que l'on ne pouvait apprivoiser certaines personnes... Leurs doubles étaient trop ancrés en eux et il faisait partie de ceux-là. Elle aurait craint toute sa vie pour elle même, pour lui, pour les autres... Il savait être charmant et qui ne faisait pas attention risquait de se faire piquer par ce soldat...

Par les Valar, qu'elle le trouvait toujours aussi séduisant!

De grande taille comme quasiment tous les Wallens mâles si ce n'étaient quelques exceptions comme Crawen, le teint hâlé et la peau entièrement recouverte de tatouages en lien avec son double animal, il en avait la grâce serpentine. Elle remarqua avec plaisir qu'il avait définitivement adopté la coiffure qu'elle lui l'avait faîte quelques temps auparavant. De longues dreads noires cascadaient sur ses épaules carrées. Ses yeux en amande d'un vert émeraude envoûtant se tournèrent vers elle, inquisiteurs.

- Alors? fit-il avec un petit sourire.

- Ciod?

- Je suis toujours moi comme tu as pu le constater, femme... Je ne suis pas sûr en revanche de pourvoir en dire autant de toi...

Anaïsa ne répondit pas et regarda devant droit devant elle. De par delà l'immense étendue d'eau, son attention se fixa sur un troupeau de poneys qui galopait insouciant de la précarité dans lequel était plongé leur monde... Ils étaient si beaux et surtout si libres! Personne ne les monterait jamais. Il était tout simplement hors de question de les brider d'une façon ou d'une autre... Elle aurait tant aimé qu'il en soit ainsi pour elle aussi car la jeune guerrière avait réalisé quelque chose ces derniers mois, une dure vérité sur leur peuple.

Leur liberté n'était que chimère et poudre aux yeux, tout du moins dans une certaine partie. Elle avait toujours cru, comme tous les autres Wallens, qu'ils jouissaient d'une liberté totale... d'être, d'action, de pensée. Or, que ce soit Finnàm, Sturten, Thranduil et même Ilyrià, ils lui avaient tous fait clairement comprendre qu'il n'en était rien. Leurs agissements en étaient la preuve flagrante. Certes, au regard des autres populations qui constituaient la Terre du Milieu, les Wallens paraissaient aussi libres qu'ils semblaient sauvages mais elle, elle n'était plus dupe. Plus maintenant.

Ils étaient tous assujettis à quelque chose, que ce soit un devoir ou bien encore une personne. Finnàm ne savait plus faire le distingo entre lui et son devoir de soldat... Ilyrià et le roi elfe étaient soumis à une pulsion passionnelle qui ne pourrait s'avérer que destructrice... Legolas lui était prêt à tout pour la princesse wallen et l'avait démontré en se jetant dans la gueule du loup sans sourciller... quant à elle, son amour inconditionnel pour son frère et ses amis faisait que son âme était comme déchirée... Finalement, seul Klaùs se dégageait, son identité faisant de lui un homme détaché de tout et de quasiment tout le monde. Quelle ironie!

Celui qu'elle n' avait toujours considéré qu'avec suffisance voire dédain était très certainement celui qu'elle enviait le plus, le plus libre d'entre eux tous!

- J'ai mûri... malgré moi mais oui j'ai mûri, Seannadh. J'ai compris le sens du mot utopie, mo caraid, lâcha-t-elle après cette intense réflexion sur son monde.

Le jeune homme se mit à rire à gorge déployée, la tête renversée et lui attrapa les doigts avant de les embrasser légèrement un par un.

- Il était temps, ma belle amie! Tu es une femme incroyable, une combattante sans commune mesure et ce petit côté lutin m'a toujours fait énormément d'effet, tu le sais, expliqua-t-il avec un clin d'oeil à faire rougir n'importe qui, mais tu n'es qu'une enfant et cela dure depuis trop longtemps! Tu as toujours tout vu d'un point de vue unique, ne pouvant souffrir une quelconque distorsion... Tu sais pourtant ce que l'on dit? Anaïsa, le monde n'est pas d'une seule et même couleur. Il y a des remous et cela est même nécessaire! Le monde serait si ennuyeux sinon et....

- Des Wallens sont impliqués dans les actions contre Ily, le coupa-t-elle brusquement ne supportant plus de l'entendre palabrer.

Le serpent cessa aussitôt de rire et la fixa avec une gravité qu'elle ne lui connaissait pas. Ses yeux verts avaient viré à l'orage et il resserra sa prise sur la main de sa compagne. Il lui broyait littéralement les doigts sous le coup de la colère.

- En êtes-vous absolument certains? Tu dois, toi, l'être avant de ton entrevue avec a righ Sturten... De telles insanités...

- Finnàm l'est lui.

- Alors, aucun doute ne nous est permis! marmonna Seannadh. Tu es là pour ça, femme? Trouver le ou les fêlons, ces traîtres à leur peuple! -il ne lui laissa pas le temps de répondre et enchaîna, la voix basse et sifflante- Je t'épaulerai bien évidemment. Tu peux compter sur moi, tout comme ton frère...

- Comme toujours, sourit Anaïsa.

Il lâcha sa main et ses doigts étonnamment fins et graciles pour un homme, remontèrent doucement le long de son bras pour venir capturer son menton. Il posa ses lèvres sur les siennes pour sceller sa promesse.

Alors qu'ils repartaient tous deux vers la Tour le coeur lourd, un orage déchira le ciel et d'impressionnants éclairs zébrèrent la voûte céleste de Varda. Un bien mauvais présage aux yeux de la guerrière...

Qui était ce ou ces traître(s) à leur sang? Étaient-il nombreux? Comment allait réagir son roi au su de toutes ces informations nauséabondes? Comment allait son amie? Et Finnàm? Trop de questions se bousculaient dans sa petite tête et elle n'avait malheureusement aucune réponse à donner...

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Cité Wallen, le roi Sturten,

Le roi n'avait que peu dormi et d'un sommeil agité... comme toutes les nuits depuis le départ de son enfant et de ses compagnons pour le royaume de Mirkwood. Une peur certainement déraisonnée au demeurant l'étreignait et se faufilait un peu plus chaque jour. Un sombre pressentiment lui asséchait l'âme et lui dévorait coeur et raison...

D'ombrageux, Sturten était devenu colérique. De sanguin, il était passé à excessif. Plus personne n'était là pour le contredire voire contenir l'irascible souverain wallen depuis qu'Ilyrià et Finnàm étaient partis. Si sa fille lui contentait le coeur malgré ses nombreuses frasques, le Ceannar lui était aussi nécessaire. Ce dernier était certes le bras armé du roi mais celui-ci avait su détecter très tôt ses aptitudes stratégiques aussi bien que ses qualités guerrières. Seannadh, recommandé par Finnàm lui même, était un excellent soldat mais sa jeunesse et son impétuosité le desservait encore un peu. Et puis, Sturten était loin d'être sûr de pouvoir placer sa confiance dans le serpent comme il l'avait fait avec le loup. Le côté lupin de Finnàm faisait qu'il suivrait toujours son alpha et qu'il donnerait sa vie pour sa meute. Le serpent lui était un animal dont le sang froid ne plaisait pas entièrement au roi passionné qu'il était. Il reconnaissait bien volontiers le caractère volontaire et l'envie de bien faire du jeune homme mais il aimait agir seul et après beaucoup trop de calculs à son goût. Si méritant soit-il, son entier crédit n'était réservée qu'au loup qu'il avait mis si longtemps à modeler selon ses attentes. Un râle s'exhala de la poitrine du vieux phénix.

Jusque là, les plis apportés par les faucons en provenance de la Forêt Noire avaient été relativement succins et différaient selon leur expéditeur. Ceux de son Commandant de la Garde étaient passés du tout va bien souhaitable à des messages de plus en plus laconiques faisant juste état des progrès de la princesse... progrès tout à fait relatifs s'il se référait à la lecture qu'il en faisait mais de ça, il n'en avait cure... Qu'elle ne sache baragouiner que quelques pauvres mots de sindarin au bout de ces quelques mois le ravissait à vrai dire... Il trouvait cela assez jubilatoire! Ceci dit, la lettre concernant

la transformation quasi forcée de sa fille en sirène au sein des cavernes l'avait mis dans une rage folle. Savoir qu'un ou des elfes se permettaient de jouer avec la vie et l'honneur de son enfant chéri le rendait fou. Depuis, toutes les dernières missives qui lui étaient parvenues lui paraissaient beaucoup trop concises pour être honnêtes. Le roi doutait fortement qu' absolument tout lui était conté...

Ceux qui étaient signés de la main du souverain elfe avaient, eux suivi un cheminement assez particulier qui excitait la curiosité du roi wallen. Il ne comprenait décidément rien à ce roitelet hautement désagréable qu'il abhorait. Dans un premier temps, le seigneur sylvestre y avait détaillé avec moults détails et emphase les afres dans lesquels le plongeait Ilyrià et ses horribles manières. Chaque forfaitude, chaque chose était ainsi décrite et très certainement amplifiée... Si Sturten pouvait passer sur ses infractions, le ton et les mots incisifs de l'elfe lui laissaient un goût amer en bouche et le plongeait dans un tel état de nerfs que son bureau s'en retrouvait systématiquement dévasté. Sa fille n'y aparaissait que comme pourvue d'une mauvaise foi manifeste, d'un entêtement incroyable et avec un manque de manières grandiose...

Une grandiloquence qui n'avait d'égale que le narcissisme de cet odieux ellon. Qu'Eru Illuvatàr lui en soit témoin, il ne pouvait souffrir ce roi qui avait gagné ses galons par le sang... Savoir qu' Ilyrià serait liée à cet elfe ne serait-ce que par son fils lui avait paru d'une si misérable ironie! Des millénaires qu'il ne pouvait souffrir le souvenir de cet ellon et les Valar lui avaient joué là un tour pendable en lui imposant de sacrifier sa fille à ce maudit royaume... n'importe quel autre aurait fait l'affaire... N'importe quel autre qui ne l'aurait pas amenée à côtoyer Thranduil Oropherion.

Sturten replongea dans les souvenirs du passé qui venaient à lui en puissantes rafales... Il revit sa reine submergée de chagrin se jeter dans les eaux de l'oubli pour se soustraire à sa peine malgré tout l'amour qu'ils se portaient et celui, pourtant inconditionnel, qu'elle avait pour sa fille unique. La douleur que sa femme avait ressenti des centaines d'années durant l'avait prise dans une lame de fond qu'elle n'avait plus su contrôler. La reine Kennocha avait alors choisi en désespoir de cause la solution que toutes les sirènes croyaient la plus judicieuse... qui l'avait peut-être été pour elle mais certainement pas pour le monde autour... les eaux de l'oubli... Elle avait préféré la mer à son royaume, son peuple, sa famille... Et pourquoi?

Parce qu'un elfe, dans sa quête de grandeur et sa soif de reconnaissance d'un père trop guerrier pour être sentimental avec son fils, avait décimé sans vergogne ni remords ses deux frères. Si Sturten devait montrer un peu d'objectivité, il aurait dû reconnaître que cette perte, lui même ne l'avait pas pleuré, loin s'en faut. Thranduil l'avait débarassé alors d'une épine dans son pied. Si l'elfe ne les avait pas tué, il aurait été obligé de s'y atteler. Cependant, il ne se doutait pas alors des terribles répercussions que cette perte engendrerait, de ce qu'il y perdrait... Or, le roi était devenu d'une mauvaise foi à toute épreuve et avait réussi au fil du temps à se persuader qu'il aurait trouvé une autre voie que ce sort drastique.

Les grands serpents du Nord...

Dans une autre vie, ils avaient appartenu au peuple Wallen. Ils avaient été les deux frères adorés de la femme de sa vie, la seule qui avait jamais compté dans le coeur de Sturten. Les jumeaux Fearghas et Ainnas n'avaient jamais apporté que désolation et malheur mais Kennocha n'avait jamais voulu voir la nature profonde de ses frères chéris. Ils avaient toujours su la manipuler avec brio. Ce n'étaient pas des serpents pour rien, qui plus est des serpents géants et monstrueux... Sturten avait dû les bannir au final car la Prêta alors en fonction avait prédit la ruine de la cité sur la mer s'ils y restaient. Il avait tenu bon malgré les lamentations et les plaintes de son épouse si sournoisement poussée à bout par ses deux frères.

Mais il n'avait pas fléchi et les deux Wallens étaient partis loin au Nord et n'y avaient semé partout où ils passaient que le chaos et la mort. Le roi avait fermé les yeux sur leurs exactions par amour pour sa femme et c'était là la chose dont il était le moins fier de toute sa longue vie jusqu'au jour où le Guérisseur sans Nom lui avait demandé audience et l'avait prévenu... sa chute ni plus ni moins s'il ne faisait pas quelque chose. Erù ne pourrait ignorer plus longtemps ce que lui passait sous silence... Crawen lui avait alors conseillé d'attendre. On disait qu'un jeune prince elfe voulait faire ses preuve auprès du roi sylvestre son père et était parti en expédition dans le but d'exterminer les jumeaux serpentins. L'opportunité était trop belle pour ne pas la saisir... Et l'ellon avait tenu ses promesses en exterminant les jumeaux.

Seulement la reine en avait été inconsolable et jamais le roi n'eut le coeur de lui avouer la vérité, celle comme quoi, si l'elfe ne s'en était pas chargé, lui l'aurait fait. Non il avait tu ce léger détail et l'avait enfoui sous toute la sollicitude qu'il avait déployé auprès de son épouse.

Kennocha avait tenu quelques siècles et même donné naissance à une jolie petite fille, merveilleuse poupée rebelle... Mais le chagrin et la peine ne l'avaient jamais quitté et chaque jour faisait qu'elle s'enfonçait un peu plus dans une profonde mélancolie jusqu'à ce jour fatidique où elle n'avait plus pu. La reine avait alors, après l'avoir embrassé, confié son enfant à sa nourrice, Fife' Ail, et était montée au sommet de la grande Tour. Plus personne ne l'avait jamais revue. Ce n'était pas faute de l'avoir cherchée au travers des mers d'Arda et même sur quelques uns des neuf mondes mais une sirène qui ne souhaitait pas être retrouvée ne l'était pas. Ainsi agissait leur don... et leur malédiction.

Sturten avait alors reporté tout sa haine sur celui qu'il tenait injustement responsable de ses malheurs. Le prince puis roi Thranduil Oropherion qui, avec le temps le lui avait bien rendu, las de cette incessante querelle comme haineux de la blessure que les deux serpents lui avaient infligée et qui jamais ne guérirait ne provoquant que dégoût et souffrance à ses fëa et hröa...

Lorsque la nouvelle Prêta lui avait annoncé l'union d'Ilyrià avec le prince Legolas, il avait cru défaillir. Mais il s'était vite repris. Le bien du plus grand nombre prévaudrait toujours sur celui d'un homme, de sa fille ou de leur famille. Il devait montrer l'exemple. Si, l'espace d'un court instant, il avait pensé mettre sa fille au courant avant son départ pour la Forêt Noire, il s'était vite ravisé. Cette vérité aurait été trop cruelle et elle était suffisamment malheureuse pour ne pas lui avouer que ce mariage la lierait à jamais à la personne indirectement responsable de la perte de sa mère. Et il doutait à juste titre que le souverain elfe le lui apprenne aussi. Il ne souhaitait certainement pas que la quiétude de son royaume soit encore plus mise à mal qu'elle devait déjà l'être...

Voilà bien pourquoi Sturten ne comprenait pas les raisons de ce revirement manifeste dont faisait preuve le roi sylvestre dans ses missives, de cette accalmie même si elle était la bienvenue... Peut-être Anaïsa pourrait-elle éclaircir sa lanterne? Il avait hâte de s'entretenir avec la jeune guerrière. L'entrevenue promettait d'être enrichissante pour le souverain, frustré de n'avoir des nouvelles que par des intermédiaires aussi utiles qu'un vulgaire bout de bois face à une troupe d'orcs!

Sturten finit de se vêtir et s'assit au bord de sa couche pour réveiller la femme qui avait occupé si plaisamment son lit pour la nuit. Il passa une main rugueuse sur la joue veloutée de sa compagne.

- Karlat... dit-il d'une voix rude. Réveilles-toi ma douce amie. Regagne ton logis. L'aube se lève et j'ai à faire.

La femme rousse d'une quarantaine d'années s'étira avant de se lever et de passer sa robe abandonnée au pied du grand lit royal. Elle fit face au roi et le salua, sa main fine sur l'épaule encore puissante de son vis-à-vis.

- Mo righ, moràn taing. (merci)

- Ne dis pas d'âneries, boireannach! (femme) C'est moi qui te remercie d'avoir partagé ces quelques heures en ma compagnie.

- Avec plaisir, ronronna Karlat en se retournant pour s'en aller.

Le roi l'attrapa par la taille et lui planta un baiser brusque sur la nuque puis se mit à rire bruyamment.

- Allons, mo caraid! Nous savons pertinemment toi comme moi que je suis loin d'être plaisant ces derniers temps!

Il la relâcha, n'attendant auncune réponse qu'il le savait ne viendrait de toute façon pas et lui donna congé d'une claque sonore sur son fessier rebondi. Sturten la regarda partir d'un oeil satisfait et approbateur. Voilà bien une digne représentante de son peuple.

Les Wallens, épicuriens dans l'âme, appréciaient les femmes aux courbes pleines et fermes. Générosité et volupté étaient leur crédo... pas comme ces femelles elfes dont les longs corps androgynes ne permettaient que difficilement de les différencier de leurs homologues masculins! Un sourire mauvais incurva les lèvres flétries du roi... Un peu de mauvaise foi ne tuait heureusement pas! Il n'avait aucun complexe à en user allègrement car il ne doutait pas que sa fille, en parfait archétype wallen, faisait les frais de remarques plus que déplacées elle aussi.

Il sortit de ses appartements et se rendit directement sur la terrasse qui surplombait la grande Tour. Au contraire des autres royaumes d'Arda, la cité sur la mer se distinguait par l'absence de salle du trône. Sturten, en pur représentant lui aussi de son peuple, n'aimait rien tant que d'être séparé des siens par l'invisible barrière que représentait un tel lieu. Il recevait donc ses congénères et épisodiques invités là où il se trouvait sur le moment, face à eux sans aucune distance. Cela n'avait jamais empêché le roi d'impressionner par sa carrure et son aura.

Son vol journalier dans la peau de son avatar phénix attendrait aujourd'hui. Il fit taire les grésillements qui l'envahissait comme chaque matin et s'installa sur une des banquettes qui parsemaient l'esplanade. L'air marin mêlé à l'odeur de la bruyère sauvage lui arracha un maigre sourire alors que son frère déjà là le regardait avec un rictus narquois.

- Mo brathair... Te serais-tu perdu en route ce matin? J'ai failli défaillir comme une pucelle en arrivant céant avant toi!

Crawen s'affala un peu plus sur le sofa en face de son frère et se mit à jouer avec les cordons de sa tunique noire.

- Quelle est donc la raison du retour au bercail de la lionne? demanda-t-il à son frère.

- Elle ne supportait plus l'éloignement, répondit Sturten, placide.

Son cadet s'assit et planta ses yeux d'obsdienne dans ceux du roi, le visage lisse de toute expression.

- La vraie raison, Sturten mo brathair. Ne me fais pas plus bête que je ne suis. Le lionceau ne quitte pas facilement le louveteau, conclut-il, sarcastique.

Le souverain soupira. Son petit frère était trop rusé pour son propre bien...

- Et tu as certainement vu juste dragonnet mais je n'en sais pas plus pour le moment...

- Frustré et frustrant, commenta Crawen.

- Tu n'as pas idée, gronda le roi. Ne pas voir par moi-même comment est traitée ma fille me rend...

- Passablement irritable, finit son frère pour lui, moqueur.

- Certes, confirma Sturten à voix basse -il ne souhaitait pas qu'une tierce personne puisse entendre l'aveu de sa faiblesse, fusse-t-elle passagère- Je suis irritable comme tu me le fais si bien remarqué et fort peu concentré sur les affaires de la cité. Mes pensées sont tournées vers ces maudites cavernes... Un noir pressentiment me taraude ces derniers mois... comme si quelque chose de primordial m'échappait, quelque chose qui est là juste devant moi et que je n'arrive pas à atteindre.

Crawen se leva d'un bond et s'accroupit devant son aîné. Il lui mit la main sur l'épaule et se pencha pour lui murmurer à l'oreille:

- Is tu a righ, mo brathair! Air falbh. An do thiug thu? (c'est toi le roi, mon frère! Toujours. As-tu compris?) D'ici quelques mois, tu verras ta fille et en attendant la lionne t'aiguillera sur la situation... Et si le seigneur Thranduil ou qui que ce soit ne montre pas le respect dû à ma nièce, nous saurons le leur arracher... de gré ou de force.

Des pas interrompirent leur conversation et le cadet alla se rassoir rapidement à sa place, une jambe par dessus l'accoudoir dans une attitude nonchalante savamment étudiée. Les deux hommes virent apparaître Seannadh suivi de près par Anaïsa'Ail. Ils prirent place sur deux causeuses en face des frères. Crawen leur adressa un sourire encourageant qui avait plus l'air carnassier qu'autre chose.

- Hydromel? Cèrc (gâteaux)? Toràdh (fruits)? Bannag (pâtisserie)? Sùgh (jus)? proposa-t-il obligeamment.

- Tùch! grogna Sturten avec impatience. -il vrilla sson regard à celui de la guerrière- Carson? A quoi devons-nous ton retour, lionne? Et ne me parle pas de cette fallatieuse raison que a coin-allacht (loup) m'a fait transmettre dans ce pli ridicule!

Anaïsa soutint son regard perçant et répondit de son ton tranquille.

- Finnàm n'a pas voulu garder trace de la raison véritable de mon retour chez nous, a righ. C'est bien trop confidentiel et... perturbant.

Sturten se redressa et fixa la Wallen de son oeil valide.

- Viens en au fait, saghdear! Ne nous fais pas languir ainsi! Cela a un lien avec ma fille, je présume?

La jeune femme aggripa le bras de son siège et se pencha en avant pour souffler d'une voix caverneuse qui, elle, ne lui était pas habituelle.

- Finnàm et le seigneur Thranduil ont eu vent de l'implication d'elfes dans une série d'exactions visant Ilyrià.

- Ça je le sais déjà! s'impatienta le roi.

- Et nous ne manquerons pas de venger notre bana-phrionnsa de l'affront qui lui a été fait... susurra Crawen en mordant dans une poire juteuse à souhait.

- Mon frère, a Ceannar, a retrouvé un des responsables, l'elfe anciennement en charge des leçons d'Ilyrià et l'a tué...

- Le roi aux oreilles pointues n'a pas dû être enchanté de la justice rendue sur un des siens par un des nôtres, se réjouit le frère du roi sous l'oeil noir d'Anaïsa.

- Le roi n'a émis aucune objection, fit-elle diplomate. On peut même dire qu'il a été horrifié du comportement de certains de ses sujets. Il ne veut pas de mal d'aucune sorte à notre princesse...

- Aelficas! cracha Crawen sous l'oeil impassible de Sturten.

- Cha! s'emporta la guerrière dont le calme atteignait ses limites. Wallens! -devant l'air ahuri des deux hommes qui, dans d'autres circonstances l'aurait très certainement amusé, elle continua- Des «nôtres » se sont ralliés à cette cause aussi immonde qu'abjecte.

- Impossible! s'écria le roi, perdant de sa superbe. Qui oserait se dresser contre ma volonté?!

- Nous ne le savons pas mais je suis ici pour le découvrir, mo righ! Et je compte bien mener cette mission à son terme et traduire les traîtres devant vous!

- Si des Wallens sont réellement impliqués, je les tuerai moi même. Ils mourront de la main de leur roi et maître.

- Et dire que ce simulacre d'union est sensé nous garantir sécurité et protection , ironisa Crawen. C'est à demander si...

- C'est à se demander si la désobéissance aux Valar n'est pas à l'ordre du jour, intervint le père d'Ilyrià sous les exclamations des trois Wallens. Je dois réfléchir posément à la possible rupture de cette alliance contre-nature, finit-il avant de tourner les talons et de les planter là, horrifiés par ses dernières paroles.

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Imladris, Elrohir,

Elrohir était perdu dans la contemplation de la vallée devant lui. Ce paysage avait toujours été un exutoir à ses idées les plus noires et malheureusement un certain nombre d'entre elles se bousculaient dans son esprit et ce, depuis leur retour de la Forêt Noire.

Il y avait quelque chose de pourri au royaume de Mirkwood.

Le peu de temps qu'ils y avaient passé ne l'avait pas rassuré sur le sort de sa petite protégée, loin de là. La Wallen n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été lors de leur voyage vers le royaume sylvestre.

Quant au Haut Roi... L'ellon avait toujours été un mystère difficile à percer et ces heures n'en avaient pas facilité la lecture. Toujours hautain, tour à tour irascible et quoi... Elrohir n'arrivait pas à mettre le doigt dessus ou il se refusait à nommer ce qu'il avait cru apercevoir ce soir là. Il ne pouvait s'y résoudre. Le seul adjectif qui lui venait à l'esprit le chagrinait au plus haut point...

Caressant.

Voilà le mot était lâché. Le fils du Perendhil avaient trouvé certains regards du roi à l'égard de la jeune femme dérangeants alors qu'il l'effleurait de ses yeux de glace. Mais il ne pouvait que se fourvoyer. Il devait se fourvoyer. Cela ne se pouvait. Les lois des Valar à l'encontre des elfes faisaient que c'était juste impossible. Il délirait.

Lui même avait tellement à coeur le bien être et le devenir de la Wallen qu'il n'arrivait pas à s'empêcher de tout analyser et tout interpréter. Il délirait.

Il n'avait qu'à se rappeler le visage bouleversé de la princesse au lendemain du dîner lorsqu'ils étaient venus prendre congé... Son air ravagé lui avait fait grand mal et l'elfe avait tant bien que mal tenté de lui insuffler du courage. Elrohir aurait aimé la ramener avec eux à Imladris pour lui offrir le havre de paix dont elle semblait avoir si désespérément besoin mais son frère l'en avait dissuadé d'un froncement de sourcils et de sages paroles. Ils ne pouvaient se soustraire à l'autorité du seigneur sylvestre. Ilyrià était destinée à vivre en Forêt Noire. Elle devait donc s'habituer à y vivre ainsi qu'à en côtoyer ses elfes si différents de ceux d'Imladris.

Effectivement, ces derniers étaient beaucoup plus sauvages et légèrement plus frustres. Elrohir sourit à cette constatation. Voilà exactement les griefs que tenait Thranduil à l'encontre des Wallens. Quelle ironie! Le roi reprochait au peuple sur la mer certains traits d'esprit qu'il possédait lui aussi même s'il essayait avec plus ou moins de succès de les dissimuler sous son masque d'impassibilité. Sa promptitude à s'embraser comme en avait témoigné ce fameux souper en était la preuve flagrante.

Tous connaissaient son caractère hautain et colérique et ces derniers millénaires il avait réussi à enfouir ce tempérament ombrageux sous ses dehors polaires. Au fur et à mesure des siècles et plus particulièrement depuis la mort de la reine Artanis, le souverain de la Forêt Noire s'était peu à peu enchâssé à son royaume, se perdant lui même au profit de ses terres. Le Noldo se demandait quand exactement le seigneur Thranduil avait pu remisé ses émotions aussi profondément...

Il se félicitait leur retour, fussent-elles négatives comme cette colère sous jacente qui lui collait à la peau. C'était un réel progrès à ses yeux comme à ceux de son frère. La Wallen avait au moins eu le mérite de réveiller le roi moribond en insufflant le tourbillon qu'elle était entre les murs des cavernes...

Penser au père le ramena vers le fils au fil de ses réflexions. Il aurait tant aimé voir son cousin des bois... Les nombreux plis qu'ils avaient échangé comme à leur habitude lui avaient donné l'image d'un elfe qui s'attachait de plus en plus à sa future promise. Il devinait l'enthousiasme et l'affection dans ses mots, si pudiques soient-ils. Impression confirmée par sa grand-mère Galadriel qui avait eu le plaisir d'accueillir Legolas au sein de ses Galadhrims pendant plusieurs semaines. Semaines qui avaient parues affreusement longues au prince, ce qui avait fait sourire la Dame. Comment quelques semaines pouvaient-elles paraître longues à un elfe?

Un léger bruit le tira de ses digressions et il vit l'ombre de son jumeau se projeter à ses côtés. Elladan se posta silencieusement à sa droite et fixa son attention sur le paysage qui s'étalait devant lui. Leur père avait réellement magnifié ce domaine et en avait fait le lieu propice à la réflexion sur soi et le monde. C'était si apaisant pour l'âme et le coeur... un lieu de recueillement qui promettait la tranquillité aux esprits tourmentés.

- Ada nous attend à l'étude avec notre soeur et nos chers grands-parents, dit Elladan d'une voix si posée qu'elle lui rappelait de plus en plus celle de leur père.

Elrohir coula un oeil attentif à ce frère qu'il considérait comme sa moitié même si le Perendhil leur avait, de fastidieuses discussions durant, fait la leçon. Il leur avait ainsi expliqué qu'ils étaient deux entités distinctes et non les deux facettes d'une unique âme. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de ressentir les choses ainsi. Tous deux étaient si semblables et si différents tout à la fois. Elladan était d'une nature calme et réfléchie alors que lui se sentait encore beaucoup trop fougueux et prompt à la malice. Cela dit, ils étaient tous les deux de grands guerriers mais sensibles à la détresse d'autrui et fins diplomates grâce aux préceptes que leur avait inculqué leurs parents. La perte douloureuse de leur mère les avaient soudé encore un peu plus autour de leur père et il redoutait le jour où celui-ci les quitterait pour retrouver Celebrian en Aman.

- Allons-y mon frère. Ne les faisons pas attendre. J'imagine leur hâte d'avoir des nouvelles de la situation... même si je dois t'avouer ne pas être sûr de savoir quoi leur dire...

- Il en va de même pour moi, mon frère, lâcha Elladan avec un soupir de frustration qui ne lui ressemblait pas. Qu'avons-nous vu au juste? Je n'en suis pas certain... Va-t-elle bien? Cette simple question me semble hors de portée... J'aurai répondu oui sans hésiter au début de la soirée mais tout s'est tellement vite délité que je ne sais plus...

- Que faire alors? marmonna Elrohir, tendu.

- Je suis d'avis de ne pas partir en spéculations hasardeuses... Tenons-nous en faits, mon frère.

Son jumeau acquiesça. Son regard bleuté assombripar un pressentiment funeste qui lui enserrait le coeur comme une main glacée.

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Elrond,

Elrond regarda ses fils s'installer auprès de leur soeur, un de ses sourcils arqué par l'étonnement. Si Elladan semblait relativement égal à lui-même, il connaissait suffisamment bien ses enfants pour voir qu'Elrohir paraissait tendu et passablement irritable. Lui toujours si joyeux arborrait une mine sombre que son père n'appréciait pas. Il n'avait pas réellement eu le temps de s'entretenir avec ses fils depuis leur arrivée, la veille au soir.

Pourquoi cette ride barrait-elle le front du plus insouciant de ses enfants? Le Perendhil jeta ensuite un oeil vers la Dame des Bois de Lorien.

Fidèle à l'image que tous avaient d'elle, Galadriel était vêtue d'une longue robe virginale et vaporeuse sous laquelle on pouvait distinguer le bout de ses orteils éternellement nus. C'était là un moyen pour elle de rester toujours en contact avec la nature si chère au coeur de chaque elfe. Ses longs cheveux cascadaient le long de son dos comme de l'or liquide en provenance directe d'Erebor. Tout en son maintien tranquille respirait la sérénité. Seule la lueur fugace au fond de son regard azuré trahissait une inquiétude inconnue d'Elrond.

Ce dernier s'accouda à son bureau et, croisant ses mains, il y cala son menton, l'air sérieux comme toujours.

- Celeborn nous rejoindra plus tard dans la journée. Il est actuellement sur une de nos frontières pour y visiter le seigneur Glorfindel, expliqua-t-il aux jumeaux étonnés de l'absence de leur illustre grand-père. Installez-vous mes enfants aux côtés de votre soeur.

Arwen leur adressa un splendide sourire et se décala légèrement sur la banquette pour leur faire de la place. Elle réprima un léger rire en voyant ses aînés s'assoir en un mouvement parfaitement synchronisé comme une seule et même personne, l'unique différence étant la jambe qu'ils avaient chacun croisé par dessus l'autre. L'elfine observa ensuite son père qui, d'un regard, leur intima silence et attention.

- Nous voulions profiter de l'heureuse coincidence de votre retour, mes fils, conjuguée à la visite des seigneurs de Lorien pour faire le point sur diverses affaires courantes... Ne nous voilons pas la face, votre visite à la princesse sous la mer sera le coeur de cette discussion...

Elrohir se leva aussi raide qu'un piquet et alla se servir un verre de vin elfique ainsi qu'à ses frère et soeur. Son père attendit patiemment qu'il soit de nouveau installé pour reprendre d'un ton posé.

- Comment Dame Ilyrià vit-elle son emménagement dans les cavernes? La vie lui est-elle aisée?

Elladan soupira et regarda le maître des lieux droit dans les yeux.

- Aisé ne serait pas le mot que j'aurai choisi Ada... commença-t-il doucement.

- Ne cherche pas tes mots ainsi, mon frère, intervint Arwen en posant une main apaisante sur son bras pour l'encourager.

- Le peu que nous avons pu observer me fait dire que wen Ilyrià s'est quelque peu assagie et nous en avons été surpris... L'Aranel semblait si tempétueuse quoique ça ne l'ait pas empêché d'invectiver le seigneur Thranduil et de lui tenir tête durant le peu d'heures que nous y avons passé!

- On peut sortir la Wallen de sa cité mais la cité, elle, ne quittera pas la Wallen, s'amusa Elrond.

- Certes Ada, reprit Elladan, un éclat malicieux éclairant ses prunelles grises. La soirée fut excellente jusqu'à ce que le roi ne fasse un esclandre suivi de front par l'Aranel.

- Il est certain, confirma alors Galadriel de son timbre musical, que le roi sylvestre n'est guère habitué à ce qu'on lui tienne tête... Voilà une nouvelle donne qui ne pourra faire de mal à cet elfe depuis trop longtemps englué dans sa forêt moribonde...

Elrohir tiqua très légèrement à ces paroles mais personne ne s'en aperçut si ce n'était son aïeule qui darda sur lui son regard acéré sans pour autant dire quoi que ce soit.

Elladan qui prenait à coeur sa tâche continua, inconscient du débat intérieur de son jumeau.

- Le souverain s'implique lui même dans l'apprentissage de Dame Ilyrià. Il est ainsi devenu son maître de sindarin et a pris le relais de Legolas lors de sa viste en Lorien.

- Et vous m'en voyez surpris, fit Elrond avec une pointe d'incrédulité dans la voix. Je ne me figurais pas Thranduil si empressé de prendre part à tout ce qui pouvait concerner la fille du Phénix... Sans doute a-t-il pris conscience de la place qu'elle est destinée à occuper dans un futur proche au sein de son royaume. Thranduil est beaucoup de choses mais ce n'est certes pas un idiot! Il est en revanche dommage que vous n'ayez eu l'occasion de vous entretenir avec cund Legolas. Cependant notre Dame ici présente a pu par elle même se rendre compte de l'attachement grandissant du prince pour sa future femme. La situation semble ainsi moins sombre que nous ne l'avions envisagé tout d'abord.

Elrohir qui avait été jusque là silencieux entendit résonner la voix douce de Galadriel dans son esprit.

- Vous êtes soucieux, Elrohir et ne paraissez pas aussi optimiste que votre frère... Quelque chose dont vous voudriez me faire part?

Il soupira et fronça les sourcils, indifférent à la conversation entre son père et son jumeau. Il se concentra pour répondre à sa grand-mère de son habituel ton badin.

- Non, rien ma Dame. J'ai juste à coeur le devenir de l'Aranel... Après tout, je suis allé la chercher et l'ai arrachée de son foyer pour la conduire vers un destin qui lui faisait horreur...

- Est-ce là tout mon enfant? Ou me cachez-vous quelque chose? Ne le gardez pas dans votre sein, Elrohir. Vous risqueriez de vous empoisonner l'âme avec vos doutes ou vos griefs.

- Non, lâcha l'ellon à voix haute en se levant. Je souhaiterai prendre congé, Ada. Je suis plus fatigué que je ne le pensais. Ces semaines à arpenter nos terres ont dû avoir plus d'impact que d'habitude.

Interloqué, Elrond leur fit signe qu'ils pouvaient tous les trois disposer jusqu'au dîner. Le silence mutique du plus enjoué de ses fils laissait planer une aura de crainte dans toute l'étude. L'air terriblement lourd de cet fin d'après-midi orageux semblait se saturer d'un très sombre pressentiment.

Galadriel se leva, aérienne, pour sortir à pas mesurés sur la terrasse accolée au bureau. Elle laissa son regard se perdre dans le charme de la vallée. La nature se teintait lentement des couleurs automnales et la végétation si luxuriante se paraît d'or et d'orangé. Ce paysage magnifique était réellement un enchantement pour les yeux et l'esprit. L'elfine ne s'étonnait pas que le Perendhil y puisait sa légendaire sérénité.

Son beau-fils vint se poster à ses côtés, les mains croisées dans le dos. Malgré la saison, une chaude brise balayait la Dernière Maison Simple et leur donnait à tous du baume à l'âme.

- Je ne sais quoi penser, murmura l'elleth, les doigts serrant convulsivement la balustrade de bois ouvragée. Il y a... Il y a quelque chose qui nous échappe et nous aveugle, mellon.

Sans la regarder, Elrond ne put qu'acquiesçer à ses paroles.

- Je ne voulais pas trop le montrer mais je suis également inquiet. L'entêtement d'Elrohir à garder le silence ne me dit rien qui vaille...

- Le coeur du fils de Celebrian est rongé par les doutes même s'il ne sait les nommer précisément et qu'il se refuse à l'admettre...

- Doutes partagés dans une moindre mesure par son frère... Depuis quand Elladan est-il aussi prolixe?

- Je ne pense pas qu'il s'agisse de cund Legolas... Comme je vous l'ai dit, le prince commençait à développer certains sentiments envers la Wallen. L'attitude du seigneur Thranduil est, elle, peut-être sujette à controverse... mais le roi sait que même s'il ne peut la souffrir, il doit faire avec...

- Il ne nous reste qu'une seule solution, la coupa l'ellon en se tournant à demi vers elle. Turuhalmë, la fête du solstice d'hiver...La Forêt Noire est restée très attachée à sa célébration.

- Des terres et leurs peuples sont ici concernés... Les Valar ne m'ont fait aucune autre révélation à ce jour mais de ça, je suis absolument certaine... Un échec serait désastreux pour les Elfes comme pour les Wallens. Quelque chose est tapi dans le noir, mellon, quelque chose d'effroyablement néfaste. Rien que d'y penser, mon âme se meurt d'épouvante. Nous ne pouvons l'ignorer et devons tout faire pour que la volonté d'Erù soit respectée...souffla la Dame de Lorien, horrifiée de cette perspective.

- Alors nous devons nous assurer que tout se passe pour le mieux, fit Elrond, décidé. Nous irons à Mirkwood pour la fête du solstice et nous pourrons ainsi nous rassurer sur le devenir de cette union.

- Espérons- le, mellon, espérons- le.

Soudain, un éclair zébra le ciel brumeux comme annonciateur d'une catastrophe imminente.

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La cité sur la Mer,

A des centaines de lieux d'Imladris, un homme regardait lui aussi la voûte céleste se déchirer sous les éclairs de plus en plus forts. Lui qui ne jurait que par le Chaos ne pouvait s'empêcher d'y voir le signe comme quoi son entreprise serait couronnée de succès.

Des vies à patienter et préparer minutieusement dans l'obscurité son oeuvre... Un sourire de mauvaise augure étira les lèvres du Wallen alors que la mer se déchaînait sous son regard amusé. Des rouleaux d'une taille impressionnante se fracassaient impitoyablement sur les flancs escarpés de la cité maudite.

Bientôt son apogée... Apogée de souffrance, de crainte, de mort...

Il ne voulait pas renverser le roi Sturten pour le remplacer sur ce trône moribond comme il ne voualit d'aucun autre royaume d'ailleurs... Non, tout ce qu'il souhaitait, tout ce qu'il désirait, c'était leur absolue destruction à tous... Mirkwood, cité sur la Mer, Imladris et Lorien... Rohan, Gondor, Comté, Harrad et tous les autres.

Le Wallen se mit à rire en imaginant les questions que d'aucun pourrait lui poser sur ses motivations... Pourquoi? Celle-ci serait très certainement la première d'entre toutes... Il n'avait aucune réponse à fournir, du moins pas une seule qui les satisferait, qu'ils pourraient comprendre... Il ne s'agissait là que de sa nature la plus profonde.

Il y avait un nombre d'années incalculables, l'homme avait réussi l'inpensable, ce que tous pensaient impossible. Il avait égalé son souverain... Son double animal, qui l'avait toujours ardemment taraudé, qui lui avait murmuré à l'oreille toute sa vie durant, lui avait enfin fait rendre les armes. Le Wallen s'était alors totalement transformé à l'abri d'un des grands lacs, le plus isolé et dangereux de tous. Il s'était laissé aller sans plus penser à rien, cédant avec délectation à la folie de son double monstrueux... et il en était revenu comme seul le roi en avait la privauté. Revenu et complètement transfiguré.

Lui qui avait toujours eu le goût du sang et des batailles s'était alors voué au culte du Chaos et à la destruction qui le précédait. Mais ce n'était pas un homme stupide et il avait ainsi tissé subrepticement sa toile car il voulait absolument tout... Pas seulement Arda mais chacun des neuf mondes. Il trouverait comment les atteindre. Patience était mère de sûreté... Engloutir le Grand Arbre -des- Mondes... La Terre du Milieu était la première et la plus importante des étapes de son plan à grande échelle.

L'homme grogna et épousseta sa tunique constellée de gouttelettes d'eau de Mer avant de reprendre son hannap. Il le porta à ses lèvres et le vida d'un trait, le visage soudainement durci.

Saletés de Valar qui tentaient de lui mettre des bâtons dans les roues de l'infiniment loin d'où ils se trouvaient! Ces dieux espéraient, à raison, qu'unir les grands peuples en présence sur Arda les rendraient plus puissants face à la menace inconnue qu'ils pressentaient approcher, tapie dans l'ombre.

Heureusement, lui même avait su tirer profit de cette malencontreuse déconvenue. D'une union fédératrice, il avait réussi, grâce à une vision tronquée par ses soins de la Prêta, à pratiquement la transformer en un fiasco complet. Une nouvelle fois, un fou rire secoua son corps massif. Il savait que les informations envoyées à la Dame elfe étaient par définition sujettes à interprétation et, qu'en jouant finement, il pourrait les manipuler eux aussi. Il avait terrifié la trop jeune Prêta et lui avait dicté quoi dire au roi tout en sachant pertinemment que les elfes, au su de leurs us, ne pourraient que mal comprendre ce qui leur était apparu.

Une Wallen et deux elfes... Une union improbable. Deux elfes dont un avait été exclus d'emblée car déjà marié auparavant et que selon leurs coutumes, les elfes ne pouvaient être marié qu'une seule et unique fois.

Là avait été leur erreur à tous... Evincer le si narcissique et présomptueux roi elfe au profit de son fils qui lui n'aurait dû être présent que pour aider et protéger la véritable union. Le Wallen sourit devant tant d'ignorance. Ces idiots avaient eux même creusé leur tombeau..

Car la bana-phrionnsa tout comme le seigneur elfique ne pourraient au grand jamais résister à une telle attraction, à la communion tant charnelle que spirituelle auxquelles ils aspireraient encore et toujours... à leur union en somme se dit l'homme avec un vague haussement d'épaules. Oh ils essaieraient bien de résister mais la finalité resterait toujours la même et ils retourneraient fatalement l'un vers l'autre. Qu'avaient donc en tête ces dieux pour avoir eux même contrevenu leurs propres règles? ! Il devait avouer que de cela, il était très curieux...

Et quand ces deux là succomberaient, tout volerait alors en éclats. Leurs royaumes respectifs s'entre-déchireraient... Sturten ne pourrait jamais accepter une telle situation, lui qui exécrait Thranduil pour les obscures raisons qu'il lui connaissait.

Alors, il serait là, prêt à répandre mort et destruction... Personne ne se dresserait plus devant lui, trop occupés par leur propre querelle, ils ne le verraient pas venir. Qu'importe le temps que cela prendrait, sa patience était infinie... car telle était la nature du seul et unique Léviathan, le Chaos.

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Alors? Qu'en avez-vous pensé? J'ai vraiment hâte d'avoir vos avis... Je dois admettre que j'étais très anxieuse en postant ce chapitre car, en plus de ne pas y voir nos trois loulous du tout, il est clé dans le déroulement de l'histoire. Plusieurs choses y sont ainsi dévoilées: la raison de l'antipathie profonde de Sturten pour Thranduil et vice versa et pourquoi le roi elfe apparaissait dans la vision de l'union. Et oui, en réalité, il s'agit de lui et non de Legolas... Les dés étaient pipés d'avance mais bon les choses ne sont pas toujours ce qu'elles paraissent être... J'ai personnellement aimé ces passages avec le retour en cité Wallen et à Imladris mais surtout la présence du fameux traître.

Voili voilou! bisous tout doux!

ah oui! J'ai oublié... Savez-vous ce qu'est un Léviathan? ... juste le plus immense, dangereux et vicieux dragons de tous les temps, responsable de l'Apocalypse! ;) charmant garçon...