Coucou les gens! après un chapitre riche en révélations de part et d'autre, voici un moment que je dirai « suspendu », un interlude sous les étoiles comme dirait une amie chère à mon coeur...
D'ailleurs que pensez-vous de cette révélation sur Thranduil et Ilyrià? Parce que lorsque j'y pense posément... je me dis que les dés étaient pipés pour eux deux et que quelque part si on prend deux minutes pour s' y pencher, le seul à développer un amour sincère sans intervention divine ni quoi que ce soit c'est Legolas, non? Aussi je propose de s'arrêter un peu longuement sur lui aujourd'hui...
Krassanïa: merci et re merci d'être là, toujours...
Juliefanfic: ahhhh ma ladyloute, que tu lises à peine rentrée chez toi est un véritable honneur et me met la pression d'ailleurs! ^^ je ne voudrai pas te décevoir...
Poly Popy:Merci pour ta review géniale qui a mis du baume à mon petit coeur martyrisé cette semaine... ce chapitre est pour toi, il t'es dédicacé en attendant l'arrivée d'un certain personnage... Comme on dit patience est mère de sûreté! avec ton irréductible en première ligne... ;)
Grenache1: alors malgré cette review non destinée ^^ bienvenue chez moi! et comme tu m'as dit lire depuis le début peut être te reverrai-je bientôt? en tous cas bisouille!
Je voulais comme d'habitude remercier les anonymes et en particulier une personne en direct d'Inde qui se reconnaîtra très certainement... Une personne qui, si elle n'a pas laissé de nom (oh la vilaine!^^), a lu d'une seule traite les 20 chapitres... Merci
je ne dirai qu'une chose: Milyi pour vous servir!
Bonne lecture!
Chapitre 20.
Thranduil,
Enfin l'heure était venue de faire une pause pour la nuit. Il était relativement inhabituel pour les elfes de s'arrêter en chemin au vu de leurs capacités qui leur permettaient de dormir à même leurs chevaux mais le roi était loin d'être pressé d'arriver à destination. De plus, il souhaitait avant toute chose ménager son fils.
Ce dernier, à peine convalescent, avait énormément de mal à tenir sur sa monture malgré l'aide de sa petite Wallen. Elle se démenait comme un démon pour le soutenir du mieux qu'elle le pouvait alors qu'elle même était une piètre cavalière. Un sourire narquois fleurit sur ses lèvres ourlées. La voir se tortiller pour tenir sur Silmë tout en supportant le poids de Legolas était un spectacle somme toute récréatif à défaut de lui faire oublier le sentiment dérangeant qui le martelait sans relâche...
Il ne pouvait se le cacher. Car oui, Thranduil était maladivement jaloux, jaloux de leur proximité physique comme psychique. Il lui était difficile de voir le visage de son fils plongé dans les bouclettes noires et folles de sa princesse. Leur complicité était si évidente... Ils riaient et chuchotaient de façon à n'être entendus que d'eux seuls. Frustrant et irritant tout à la fois. L'ellon résistait tant bien que mal à son envie d'arracher la jeune femme de bras qui n'étaient pas les siens et de l'installer de gré ou de force sur son cerf. Sentir son petit corps chaud alangui contre le sien...
Mais l'elfe savait qu'en l'ayant repoussé si durement la nuit précédente, il l'avait plus que certainement perdue... et réflexion faîte, c'était certainement mieux ainsi.
Leur relation avait pris fin brutalement, laissant de nouveau place à la haine franche et nette qu'ils avaient tout d'abord entretenu. Thranduil pouvait lire l'hostilité dans les yeux brûlants d'Ilyrià lorsque leurs yeux avaient le malheur de se croiser. Il ne pouvait se permettre de la laisser étendre son influence sur lui. Elle occupait déjà trop de place dans son esprit. Son âme était-elle complètement pervertie pour ne pas arriver à se l'ôter de la tête et d'en ressentir colère et découragement?
Le seul point positif de ce voyage était la chevauchée. Quel bonheur de sortir de ses cavernes dont l'air commençait à lui sembler vissié! Il aurait aimé pouvoir s'écha pper seul comme bon lui plaisait et galoper ainsi qu'il l'avait si souvent fait avant d'être roi et écrasé par la charge léguée par son père.
Perdu dans ses souvenirs, il se laissa aller à une profonde rêverie. Il se rappelait comme si c'était hier le sentiment d'horreur qui l'avait envahi à la mort d'Oropher. Le désespoir de la perte de son père le disputait à l'effroi qui l'avait saisi face à ce qui l'attendait désormais... il sentait encore aujourd'hui, des millénaires plus tard, la chape de plomb qui s'était alors abattue sur ses épaules. Il avait pourtant toujours souhaité vivre une vie simple au contact de la nature mais son sens du devoir et son autorité royale naturelle avaient inlassablement pris le dessus... Malgré son statut princier, il n'avait jamais cru jusque là devoir régner un jour, persuadé qu'Oropher demeurerait le souverain inaliénable de la Forêt Noire... tout comme en était persuadé Legolas à l'heure actuelle.
Il voyait cette même étincelle qui s'était éteinte depuis si longtemps chez lui dans le regard de son fils... l'insouciance.
Ce qu'il pouvait l'envier! Thranduil jalousait la liberté de penser et d'action du prince même si lui ne le voyait probablement pas ainsi. Lui aussi s'était cru emprisonné sous le joug de son père jusqu'à ce que la couronne encore chaude du souvenir d'Oropher lui soit posée sur la tête. Là, l'ellon avait bizarrement compris ce jour là le sens des mots soumission et devoir.
Il s'était retrouvé esclave d'une charge à laquelle il s'était sacrifié corps et âme. Oh, il avait été et était toujours un excellent souverain pour qui son peuple et son royaume demeuraient la priorité. Plus les millénaires avaient défilé, plus Thranduil avait perdu la notion du temps et de la vie autour de lui.
La mort de sa femme l'avait plongé un peu plus dans cette léthargie latente qui lui était devenue coutumière...
Des centaines et des centaines d'années que le roi stagnait dans ces cavernes, répliques de Menegroth, asphyxié, ankylosé par son trône. Et voilà que les Dieux lui avaient envoyé ce petit bout de femme aussi petite que perturbatrice qui l'avait obligé à s'extirper de cette zone grisâtre où il s'était enfermé depuis si longtemps.
Le roi leva un bras et tout le convoi s'arrêta comme un seul homme. L'elfe regarda tout autour de lui et sourit, satisfait de son choix. Il connaissait parfaitement les lieux et la clairière était suffisamment grande pour accueillir les tentes de la caravane. La douce lumière du crépuscule filtrait à travers l'épais feuillage et répandait une chaleur bienvenue sur l'espace ainsi dégagé. Ce début d'automne paraît la végétation d'aspect pourtant maladive d'or et lui permettait de faire oublier son habit terne devenu si usuel désormais.
Thranduil descendit de son élan, non sans une caresse sur son chanfrein, et le confia aux soins de l'elfe dévolu à cette unique mais prestigieuse tâche. Il déambula dans le camps jusqu'à l'heure du dîner en évitant soigneusement de croiser Legolas et Ilyrià qui devisaient joyeusement devant la tente du prince. Il lui était difficile de les voir si proches, lui qui s'astreignait à tant de distance et de toute façon être seul face à lui même lui faisait le plus grand bien.
Il s'arrêta discuter avec Elwë du parcours qu'ils emprunteraient le lendemain et des consignes de sécurité à suivre. Les temps n'étaient malheureusement pas sûrs comme l'avait prouvé la mésaventure qui avait failli coûter la vie à son fils et sa Wallen. Orcs et arachnides n'étaient jamais très loin des pensées du roi et de son fidèle lieutenant.
L'ellon admira ensuite un groupe d'elfines qui accomplissaient leurs tâches diverses et variées en chantant de merveilleuses complaintes. Il lui était doux de voir des personnes agir calmement et sans aucun déchaînement de violence ou de colère. Leur chant lui réchauffa le coeur et son esprit dériva encore un peu plus. Le vent dans ses cheveux et l'air embaumant le sous-bois mêlé de fleurs sauvages allégèrent un peu son âme agitée et désenchantée.
Tout à sa rêverie, il ne vit pas arriver Gallion qui se râcla la gorge pour lui signaler sa présence. Son échanson, égal à lui même dans sa tunique brune qui soulignait la pâleur de sa peau, le regardait, interrogateur:
- Alors, aran nîn? Que décidez-vous?
Thranduil comprit que l'ellon devait être là depuis quelques minutes et attendait sa réponse à une question qu'il n'avait pas entendu.
- Oui, Gallion? s'impatienta-t-il avec humeur. De quoi s'agit-il?
- De votre repas, mon seigneur. Le voulez-vous dans votre tente ou souhaitez-vous le partager avec Legolas ernil comme il vous en fait la demande?
Il aurait été sage de rester seul mais cette soirée ne s'y prêtait pas. Le roi avait peu l'occasion de sortir des cavernes et encore moins celle de passer la soirée au coin du feu en pleine nature. Sans doute était-il fou et légèrement masochiste car qui disait Legolas disait aussi Wallen... Cependant, la perspective d'être à la fois près de son fils comme de la jeune femme qui s'appropriait allègrement ses pensées le séduisait au plus haut point.
Dîtes au prince que me joindre à lui me sied...
- Aran nîn, il en sera ainsi fait selon vos désirs. Le prince dînera devant la tente wallen d'ici une demi- heure, conclut l'intendant avant de tourner la talons.
Thranduil rentra à la tente qui lui avait été dressée. Le faste dont elle faisait preuve pour une seule soirée le fit sourire. L'ellon se rafraîchit et déboucla sa fine cape pour en passer une un peu plus chaude. Non qu'il craignât le froid mais il appréciait le contact de la fourrure et la puissance qui s'en dégageait. Les elfes n'étaient certes pas de grands amateurs de tueries animales pour le plaisir unique d'ôter la vie et ils savaient remercier ces animaux pour tout ce qu'ils avaient à offrir, tout ce qu'ils pouvaient leur apporter que ce soit leur chair ou tout le reste... Il fallait savoir être reconnaissant de chaque vie qu'Erù, dans son infinie sagesse, avait pu créer sur Arda car chacune d'entres elles y avait son utilité propre...
Le roi grimaça sous l'ironie de cette réflexion peu honnête. Ne pensait-il pas quelques mois en arrière que le peuple wallen ne valait pas grand chose? Et s'il avait appris à en... apprécier une certaine représentante, loin s'en fallait pour qu'il en soit de même pour les autres.
Certes, le Conui était un homme d'honneur mais ses manières étaient si rustres! Quant au cousin d'Ilyrià, il ne savait trop quoi en penser mais les rumeurs et histoires circulant à son sujet n'étaient guère flatteuses.
Et que dire des nains? Pas un pour rattraper les autres... Quiconque le connaissait un tant soit peu était au fait de son désamour pour cette peuplade qu'il jugeait brouillonne et vindicative. Bien évidemment, pour lui qui l'avait vécue, la mise à sac de Doriath et tous les évènements qui avaient pu en découler jouaient un rôle prépondérant dans l'origine de sa haine à leur égard.
Constatant l'heure avancée, Thranduil sortit rapidement. Le camps était en pleine effervescence et d'appétissantes effluves vinrent lui chatouiller ses royales narines. L'elfe s'aperçut, au grondement de son ventre, qu'il avait une faim de loup. Lui qui ne mangeait que frugalement avait l'estomac aiguisé par la chevauchée et cette immersion plus que bienvenue dans la nature même moribonde comme l'était sa forêt.
Il arriva en quelques pas devant la tente occupée par les deux soldats wallens plantée juste à côté de celle de leur princesse, sécurité oblige. Ses sourcils se froncèrent devant la tenue indécente des deux hommes. Il avait beau commencer à les connaître, le roi avait toujours du mal avec leurs manières aussi naturelles que détestables et savoir que son fils n'en était pas plus choqué que cela ne lui plaisait que très moyennement... voire pas du tout.
Le commandant avait roulé les manches de sa chemise jusqu'à ses biceps et elle était si déchirée qu'un maléfice était forcément à l'oeuvre pour qu'elle puisse encore tenir ainsi... Il était en train de se raser avec l'immense coutelas qu'il avait en permanence sur lui devant un miroir que lui tenait une Elëa aussi rouge qu'un coquelicot. D'ailleurs, que faisait-elle donc là? Il savait fort bien qu'elle était la suivante de la princesse vu qu'il était lui même responsable de son placement mais de là à aider le Ceanar dans ses ablutions... Il se promit d'éclaircir le mystère de cette si étrange attitude. Le monde déteignait-il donc sur les Wallens?!
Quant au cousin... alors là... Thranduil darda un oeil outré sur l'homme dragon. Comment pouvait-il s'exhiber dans une telle tenue alors que des dames gravitaient autour de lui?! Mais il savait pertinemment la réponse à cette question fallatieuse. Il s'en fichait royalement. Klaùs faisait exactement ce qu'il voulait, quand il le désirait sans état d'âme aucun pour qui que ce soit. Il ne portait en tout et pour tout que son pantalon de cuir élimé jusqu'à la corde. Ne craignant ni le froid ni aucun autre élément climatique de par sa température corporelle excessivement haute, il avait délaissé sa tunique et ses bottes qui lui comprimaient horriblement ses griffes monstrueuses. On pouvait voir chaque muscle rouler sur son torse puissant. Les écailles pourpres qui y étaient tatouées ondulaient comme si elles se disputaient l'espace avec ses cicatrices nombreuses elles aussi. Le Wallen eut un sourire moqueur en lui adressant une petite courbette.
- A righ... Si vous voulez vous donner la peine de vous asseoir séant, fit-il en lui désignant un siège de fortune devant le feu.
Comme s'il n'allait pas oser s'y installer! Oui, il était un roi mais il était avant tout un elfe... Où pouvait-il être plus à l'aise qu'ici, en plein air? Il arqua un sourcil, narquois. Il prit place, sa cape voletant autour de lui, ses longues jambes allongées devant lui. L'ellon s'était à peine posé que Legolas sortit de l'abri monté pour Ilyrià. Il rougit légèrement devant l'air passablement mécontent de son père mais soutint fermement son regard. Il n'était plus un elfing et savait que l'aval du roi ne lui était plus indispensable. Il était responsable de lui- même et de ses actes.
Le prince se détourna pour tendre le bras à la jeune femme derrière lui. Un sourire imperceptible naquit sur les lèvres du souverain alors qu'il entendait l'emballement du coeur de l'indomptable Wallen malgré son regard faussement indifférent. Il se flagella mentalement de ressentir du plaisir devant cette réaction primale mais chassa bien vite ce comportement. Il devait déjà surveiller le moindre de ses propres agissement, aussi comment pouvait-il en plus gérer les émotions de la jeune femme? Il n'était qu'un elfe après tout.
Elle s'installa entre Legolas et Klaùs, soit juste en face de lui, en prenant soin de ne jamais croiser directement son regard. Il ne pouvait que s'en féliciter car, s'il n'avait plus aucun droit sur elle si jamais cela avait été le cas un jour d'ailleurs, l'ellon aurait au moins l'opportunité de la regarder à loisir. Thranduil n'était plus un elfing au cœur tendre et vierge mais l'impétuosité de son caractère s'enflammait au contact de celle de la Wallen. Elle seule détenait ce pouvoir sur lui et s'en était aussi déstabilisant que délicieusement outrageant...
Le début du repas se fit dans un silence pesant entrecoupé par Finnàm qui tentait tant bien que mal de s'intéresser à cette forêt qu'il tenait en horreur et par Legolas, soucieux que son père ne se sente trop mis à l'écart. Cependant, il fut bien vite monopolisé par la jeune femme à sa droite tout en étant attentif à ne pas bouger trop vite du fait de de la douleur engendrée par le moindre mouvement.
Deux charmantes elfines leur apporta leur souper. Ils dinèrent donc de légumes et de viande séchée servis avec une miche de pain à l'odeur diaboliquement alléchante. Il leur fut ensuite servi des fruits et gâteaux de céréales, le tout arrosé de Muruvor, cette boisson énergisante elfique.
Les langues se délièrent peu à peu sous l'effet de ce liquide aux si étranges propriétés et de froide, l'atmosphère se tiédit tout doucement. Ilyrià, fidèle à son manque indécrottable de bonnes manières, repoussa le siège qui lui avait été dressé et s'assit à même le sol, au plus près du brasero. Elle semblait hypnotisée par ses flammes. Sous les yeux passablement outragés du prince et du roi, elle se coucha sur le flanc et appuya sa tempe sur son poing, songeuse.
- Combien de temps jusqu'à Erebor? demanda-t-elle en fixant le feu dansant.
- Nous passerons par Lacville demain en début d'après-midi selon toute vraisemblance ma Dame puis nous arriverons au Royaume nain dans la soirée, répondit Legolas avec un sourire sans joie. L'inimitié évidente que lui aussi démontrait pour la lignée de Durin laissait la jeune femme pantoise.
- La Montagne Solitaire est si proche? s'étonna-t-elle.
- Erebor n'est qu'au nord de la Forêt Noire, intervint Thranduil d'une voix neutre.
- Oh, lâcha Ilyrià, moqueuse. Vous devez vous trouver fort dépité de cette proximité, roi Thranduil...
- Ne parlez pas de ce que vous n'appréhendez pas, pinig, rétorqua-t-il les lèvres si pincées qu'elles ne formaient plus qu'une ligne livide. Vous ne pouvez comprendre, il s'agit de l'histoire de notre peuple. Je vous aurai cru moins prompt à ironiser, Dame Ilyrià...
- Et elle en fera bientôt partie, Ada.
La voix de Legolas claqua un peu plus fort qu'il ne l'avait voulu. Il regarda durement son père et ce dernier put lire dans ses yeux si bleus toute sa détermination. Le roi soupira et prit le parti, pour une fois, de couper court à la querelle qui menaçait d'éclater. Legolas était incroyablement réactif à tout ce qui touchait de près comme de loin la Wallen. Malgré le fait qu'il n'était pas forcément d'accord avec ses pensées ou bien encore ses actes, il la défendait toujours, du moins publiquement. Par égard pour la jeune femme, il attendait d'être seul avec elle pour lui faire part de ses récriminations. Contrairement à lui, il savait gérer ses accès de colère et mieux les cacher sous le couvert d'un visage affable. Cela dit, Thranduil pouvait voir que la réflexion malheureuse d'Ilyrià avait peiné son fils. Ses mâchoires contractées en étaient la preuve.
- Certes ion nîn... Sachez juste que les horreurs perpétrées par ce peuple et leurs souvenirs ont perduré durant ces millénaires. Nous ne pouvons ni ne devons passer outre les atrocités commises à Doriath. Ce ne serait pas rendre justice à nos aïeux.
- Je suis désolée, aran nîn, murmura en sindarin la jeune femme, la voix soudainement adoucie. Je ne voulais me montrer insolente et manquer de respect envers votre vécu... en aucun cas.
- C'est une belle nuit sous la robe de Varda, souffla le souverain, ses yeux de glace fixé sur le manteau de l'obscurité. Et ses enfants nous éclairent de leur douce protection. L'heure n'est pas aux querelles, Wen Ilyrià, mais je vous remercie.
La Wallen leva la tête pour observer la voûte étoilée puis regarda l'elfe à nouveau. Thranduil eut l'impression d'être comme happé par ses yeux immenses. Seuls tous les deux, elle et son petit sourire en coin comme si elle allait l'avaler tout cru et lui et son désir chevillé au corps... Comment faisait-elle pour lui donner en même temps la sensation qu'elle le détestait mais qu'elle allait aussi le dévorer? Depuis quand était-il lui une proie?!
- Je n'ai jamais saisi votre engouement pour les étoiles, grommela Klaùs toujours aussi terre-à-terre en jetant un bout de bois dans le feu. En voilà bien une affaire pour des points lumineux...
- Des points lumineux?! Mais ne connaissez-vous donc pas les constellations et leurs histoires?! fit Thranduil. Il ne pouvait cacher son incrédulité devant tant d'ignorance crasse.
- Non et je ne m'en cache pas... tout comme c'est le cas de ma cousine adorée et de notre respectable Ceanar. Nous n'y sommes pas réceptifs et personne n'a jamais pris le temps de nous l'enseigner. Les Wallens sont proches de la terre, le ciel ne les intéresse que moyennement a righ.
Devant l'air médusé du souverain, Ilyrià ne put contenir un élan instinctif de son cœur pour lui apaiser le sien.
- Peut-être pourriez-vous nous faire partager ce qui semble si cher à votre peuple et qui sera bientôt le mien, Aran nîn, dit-elle d'une voix douce.
Le roi la regarda un peu plus longuement que ne l'aurait voulu la bienséance avant de se détourner de nouveau vers la nuit.
- Voici Menelvagor, expliqua-t-il d'une voix empreinte de respect et de dévotion en leur désignant un groupe d'étoiles, le Bretteur du Ciel, qui mettra définitivement fin aux sombres agissements du funeste Melcor. Le voyez-vous? Quant à celles-ci dans son alignement, il s'agit de Menelmacil, l'épée du Ciel... Regardez comme elles s'alignent dans le prolongement du Combattant... y distinguez-vous son arme la plus fatale?
Il sentit soudain un parfum marin lui emplir délicieusement les narines. Tout à sa contemplation, il n'avait pas vu Ilyrià se relever et s'approcher de lui, le nez en l'air pour mieux suivre ses explications. Thranduil vit avec plaisir l'intérêt de la jeune femme et les étoiles se refléter dans ses yeux à la double couleur tout comme son caractère doux et sauvage. Il résista à l'envie de se rapprocher plus encore.
- Et voilà Helluin... la plus étincelante d'entre toutes...
- Où? Je ne la vois pas, bouda la Wallen en scrutant le ciel.
Pris d'une impulsion, le roi saisit la petite main d'Ilyrià et la pointa dans la bonne direction. Le contact, si fugace soit-il, lui fut grisant et il la lâcha comme si elle l'avait brûlé. Le regard de Legolas sur lui le plombait sur place. Il n'avait qu'une peur, en dévoiler trop mais il comprit que son fils avait pris son geste comme celui du dégoût qu'était sensé lui inspirer la Wallen. Il reprit alors:
- Helluin fait référence au prince Ingril qui fut transformé en abeille... Il suivrait ainsi le Combattant avec du miel enflammé qui aurait le pouvoir de l'aider dans sa lutte contre l'obscurité de Melcor et de ses forces noires...
- De bien beaux contes pour a clann! rit Klaùs à gorge déployée alors que sa cousine reprenait place vers le prince. Vous êtes d'une poésie, vous les elfes sans vouloir vous offenser a righ! Je suis malheureusement horriblement terre-à-terre et vos histoires ne sont que cela pour moi... des histoires!
- Maître Wallen, vous êtes désespérant! soupira Legolas avec une caresse inconsciente dans les bouclettes de la jeune femme à ses pieds.
- Et moi, je vous remercie de nous les avoir fait partager, aran nîn, souffla Ilyrià. Elle savait comment l'amadouer et que l'utilisation du sindarin était un de ces moyens. L'entendre parler sa langue même avec toutes ses maladresses et cet accent à couper au couteau était une douce complainte à ses oreilles.
Le geste de son fils électrisa Thranduil qui se releva d'un mouvement brusque après s'être rassis. Il ne souhaitait pas en voir plus. Sa maîtrise de soi avait des limites qu'il ne voulait être sûr de ne pas franchir et là, les frontières de sa patience devenaient de plus en plus floues. L'ellon les salua d'une main sur le cœur et d'un hochement de tête pour prendre congé. Il s'éloigna rapidement non sans sentir la morsure du regard de la Wallen dans son dos. Il résista à l'envie de se retourner une dernière fois. A quoi cela aurait-il servi de toute façon sinon à strictement rien? Il était déchiré entre cette envie qui le prenait aux tripes et son fils dont la joie, fusse-t-elle chimérique, lui comblait son cœur de père.
L'elfe ne comprenait toujours pas pour quelles raisons il réagissait ainsi car, au fond de lui, une voix traîtresse lui soufflait que ce qu'il éprouvait allait bien au delà de la simple attraction physique comme il l'avait tout d'abord craint. Maintenant il en était presque à regretter cette période où il était persuadé que ce n'était là qu'un fugace désir charnel... Mais il ne s'agissait pas d'un sentiment si éphémère à son grand désespoir... Ce qui n'aurait dû être, au grand jamais.
Thranduil avait été marié et qui plus est amoureux de son épouse. Alors quel était ce mauvais tour que lui jouaient les Valar? Il n'aurait jamais dû pouvoir ressentir ça... et pour une femme si loin de ses propres aspirations, s'en était aberrant et limite insultant!
En réalité, non... Elle n'en était pas si éloignée quand on prenait le temps de s'y appesantir et d'y réfléchir.
Ilyrià la Wallen était quoi si ce n'était une digne représentante du naturel à son état le plus pur, dans tout ce qu'il y avait de plus authentique? La jeune femme lui faisait penser à ces paysages sauvages de landes venteuses et rocheuses. Elle en avait toute la violence et le romanesque. Aussi attirante et dangereuse. Un papillon voletant vers une flamme... sauf qu'il aurait été incapable de dire qui était le papillon et qui était la flamme, à moins qu'il ne s'agisse là de destruction mutuelle et uniquement de cela.
La tête lui tournait étrangement. L'elfe ressentit le besoin de se ressourcer, de communier avec cette nature si chère au cœur des elfes. Il en avait toujours été proche et même si les cavernes l'en avaient éloigné un certain temps, il se sentait incroyablement mieux au contact des arbres et de leur pouvoir revitalisant.
D'un pas feutré et sans un bruit, il sortit des limites du camps et s'enfonça dans les bras touffus du bois.
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Ilyrià, Legolas,
- Non mais êtes-vous devenus complètement fous tous les deux?! s'écria la jeune femme éberluée par le spectacle que lui offraient son cousin et Finnàm.
Comment en étaient-ils arrivés là?! Comment faisaient donc les Wallens pour aller toujours plus loin, trop loin dans cette folie de vivre qui leur collait à la peau?! Elle éclata de rire. Il ne lui avait fallu pourtant qu'une dizaine de minutes pour aller à la tente de Legolas chercher ses potions, le veiller comme un enfant pour s'assurer qu'il les prenne bien malgré ses nombreuses protestations et revenir pour les trouver dans une tenue scandaleuse... du moins certainement aux yeux des elfes. Elle pouvait le voir à la mine effarée de son futur fiancé. Il paraissait aussi dérouté que perturbé... Elle- même ne savait pas ce qui était le plus drôle là tout de suite de l'elfe ou des Wallens.
Qu'y avait-il de pire? L'ellon aux yeux si ronds ou les deux hommes à demi nus, l'un assis et l'autre penché au-dessus.
- Rien de pernicieux, maître elfe! s'exclama Klaùs en levant les mains comme pour se rendre.
Il était assis sur un des sièges qu'ils avaient occupé un peu plus tôt, le torse toujours dénudé. Il se tenait le dos rond, une bouteille d'alcool d'hydromel à la main... plus quelques unes à ses pieds. Ses yeux noirs brillaient de mille feux et ses pommettes rosies étaient les preuves irréfutables de leur action sur son organisme. Le Ceanar était derrière lui, penché sur son dos comme s'il l'examinait de très près.
Une seule seconde avait été nécessaire à Ilyrià pour savoir de quoi il retournait. Cicatrice, peau et identité... elle ne connaissait cela que trop bien pour l'avoir elle même expérimenté plus d'une fois. Elle battit des mains, enthousiaste.
- A nimh (un tatouage)?! Par Erù! J'en veux un moi aussi! Et toi prionnsa, veux tu te laisser tenter?
- Certes, non!
La jeune femme se rapprocha de lui, la mine faussement atterrée. Son petit nez plissé et ses grands yeux emplis d'un tristesse factice le firent chavirer mais il était hors de question de lui laisser le champs libre et de martyriser sa peau.
- Mo prionnsa, chuchota-t-elle, caressante. Pourquoi tant de virulence? Il ne s'agit là que d'une pratique tout ce qu'il y a de plus respectable... et même ancestrale dans notre culture. Les tatouages sont là pour nous rappeler qui nous sommes, d'où nous venons et qui nous désirons être...Suis-je donc repoussante à tes yeux?
La Wallen lui avait saisi la main et l'avait posé sur sa joue ronde où étaient encrées les écailles de son avatar. L'elfe laissa traîner son pouce sur les dessins comme s'il pouvait en sentir chaque aspérité, chaque ondulation.
- Non,elles ne le sont pas, loin de là, wen nîn... elles font partie intégrante de toi et je ne saurai les en blâmer, souffla Legolas d'une voix rauque. Mais, même si je souhaite ardemment tout partager avec toi y compris ta culture et la comprendre, je ne saurai non plus en prendre toutes les coutumes...
- Tu parles bien, maître elfe, sourit-elle en lui lissant une mèche de ses longs cheveux. Et tu es décidément très adroit. Tes pirouettes verbales sont aussi impressionnantes que tes prouesses au combat, mellon!
Ils fixèrent de nouveau leur attention sur les deux soldats car Klaùs venait d'interpeler le prince en jetant la bouteille qu'il venait de terminer à ses pieds.
- Mo caraid, baragouina-t-il d'une voix aussi forte que bafouillante, venez donc voir comment les Wallens marquent leur peau! Je suis sûr que jamais de votre très longue vie vous n'avez vu tel spectacle! Et quand votre estomac menacera de se vider, et il le fera croyez-moi habile soldat ou pas, pensez donc à votre dulcinée qui l'a maintes fois elle même subi !
Ilyrià savait que son compagnon ne tenait pas plus que cela à voir le Ceanar tatouer la peau de son cousin mais elle lui fut reconnaissante de prendre sur lui et de s'installer sur un des petits tabourets au plus près des deux hommes. Son caractère curieux et incroyablement prévenant était une chose qu'elle aimait beaucoup chez lui. Il dissimulait relativement bien l'impatience qu'il pouvait ressentir pour les autres mais n'hésitait pas une seconde à la protéger quoiqu'elle fasse sans toutefois la laisser le dominer. Il l'avait encore démontré un peu plus tôt dans la soirée lors du dîner avec le roi. Il l'avait certes défendue tout de suite sans chercher plus avant mais la jeune femme savait qu'il la tancerait une fois seuls. D'ailleurs, elle s'en voulait de l'avoir fait souffrir inutilement, tout comme Thranduil, juste parce qu'elle ne pouvait s'empêcher de titiller le roi colérique.
Encore une fois, ces petites piques ou jeu ou quoi que ce soit d'autre ne servait à rien, si ce n'est à pourrir la vie des gens autour d'elle. Et elle devait avouer qu'elle aimait beaucoup le prince. C'était un ami charmant mais qui pouvait tout aussi se montrer dur et inflexible... et imprévisible comme cette fois quelques jours auparavant où il avait osé l'embrasser sans ambages.
Oui, elle lui était destinée mais il ne s' était jamais ainsi déclaré, pas aussi frontalement tout du moins. Elle était une femme. Elle était humaine. Elle n'était donc pas insensible aux attentions du prince elfe. Ilyrià voyait qu'il bien qu'il se montrait plus entreprenant envers elle et plus possessif aussi.
Non, elle ne s'enflammait pas comme avec une certaine autre personne mais la douce chaleur qui l'étreignait au contact de Legolas était réelle elle aussi. Sans conteste aucun... La Wallen était totalement perdue et ne savait que faire de ce ouragan incessant dans sa tête qui ne cessait de tourbillonner. Elle devait penser à autre chose sinon elle risquait d'exploser... littéralement. De toute façon, l'objet de ses pensées délirantes n'était et ne serait jamais accessible...
La jeune femme s'installa aux pieds de Legolas et cala son dos contre les jambes de l'elfe. Elle appuya sa tête contre ses genoux et regarda avec Finnàm agir avec la plus grande attention tout comme le prince qui semblait maintenant captivé par les gestes sûrs et précis du Conui.
Finnàm plongea la main dans un seau mis à sa disposition par Elëa et en sortit une petite poignée de cendres qu'il appliqua consciencieusement sur les dos et la nuque de Klaùs. Ce dernier baissa la tête pour lui faciliter la tâche non sans leur envoyer un clin d'œil. Le commandant attrapa alors une tige de bambou d'une trentaine de centimètres dont le bout avait été affûtée de façon à ne laisser qu'une faible interstice par laquelle devait se diffuser l'encre de charbon. L'aiguille ainsi créée mesurait quant à elle une bonne vingtaine de centimètres... La bouche de Finnàm se tordit en un rictus narquois en voyant la mine déconfite de l'ellon qui s'était raidi.
- Et bien alors, mo prionnsa? Grand guerrier mais peur d'une petite aiguille?
- Ne soyez pas ridicule, Conui... Je ne peux m'empêcher de penser que cette pratique est d'une rare barbarie. Je suis désolé, fit-il à l'égard de la jeune femme penaud, mais pourquoi s'infliger une telle souffrance, wen nîn?
- Le premier fait toujours mal, je ne peux le nier... expliqua-t-elle patiente, mais je dois bien t'avouer mo caraid que l'on prend goût à cette souffrance là comme si le résultat dépassait tout ce que l'on a pu endurer précédemment... Nous sommes tatoués très jeunes lors de nos cérémonies d'initiations et je suppose que ce passage fait depuis partie de nous et de notre corps. Je ne me verrai pas sans ces ornements corporels... ce serait indigne de notre double et de notre peuple... comme si j'avais honte d'appartenir aux Wallens...
Legolas effleura distraitement sa nuque du bout des doigts et elle sourit en sentant le frisson qui parcourut le corps de l'elfe. Frisson dont elle était en partie responsable mais pas que. Finnàm avait commencé à tracer les lignes externes sur la peau et ce moment était le plus douloureux de l'opération.
- Et qu'imprimez-vous sur votre peau, Klaùs? le questionna l'ellon avec une grande curiosité finalement.
- J'ai déjà les écailles du dragon... Alors que me manque-t-il d'autre pour le compléter? lui retourna le Wallen sans bouger d'une once tandis que son supérieur continuait sa tâcha avec application.
- Les flammes évidemment... trouva le prince sans grande difficulté.
- Et voilà! approuva le Wallen avec un sourire en coin.
Il grimaça plusieurs fois sous la douleur mais jamais ne bougea et Legolas fut fort impressionné de leur mental d'acier. La manière dont Klaùs s'obligeait à s'oublier lui et sa souffrance étaient réellement magistrales. Il resta ainsi une paire d'heures avant que Finnàm repose son manche de bois constellé de sang. Le Conui prit alors une petite masse d'herbes macérées dans une jatte et l'apposa en un cataplasme protecteur. Le cousin d'Ilyrià attrapa la nouvelle bouteille que lui lança son chef et l'ouvrit avec les dents avant de cracher le bouchon un peu plus loin. Il la porta à ses lèvres et en but de longues rasades en grondant de satisfaction.
- La récompense! grogna-t-il avant de la jeter à Ilyrià. Celle-ci y but aussi sans cérémonie aucune sous les yeux réprobateurs de l'elfe contre lequel elle était assise.
- Ma Dame, soupira-t-il, vous êtes incorrigible! Vous avez des manières dignes d'un orc!
- Un petit orc tout mignon, tout doux, hoqueta-t-elle en pouffant.
- Tout mignon, je suis amplement d'accord – la jeune femme rougit sous le compliment-... tout doux... cela reste à prouver! se moqua gentiment Legolas en évitant le coup de poing qu'elle tenta de lui donner dans le mollet.
- Ily! l'appela Finnàm en prenant la place de son second sur le siège. Cet idiot a trop bu pour faire son travail correctement! J'ai donc besoin de toi, femme! Tu es meilleure perçeuse que lui de toute façon, mo bana-phrionnsa...
- Tu ne vas pas vraiment tatouer le Conui, ma Dame? intervint l'ellon avec effroi.
- Non, prionnsa... Bien sûr que non, répondit Ilyrià la voix doucereuse en se levant.
Elle se pencha vers lui, trop près pour être honnête. Il pouvait sentir son souffle frais sur sa joue et se mordit la lèvre quand elle lui murmura:
- Je ne vais pas le tatouer... Je ne suis pas très douée à cela... Non je vais le percer et après je m'occuperai de ton cas, mon ami!
Elle claqua des dents juste à côté de son oreille et sourit en le voyant sursauter. Qu'il était drôle de le voir agir ainsi lui le fier soldat mais elle ne se rendait pas compte de l'émoi qu'elle lui provoquait inconsciemment. Klaùs la regarda en levant les yeux au ciel et la pressa d'agir d'un grognement sonore. La Wallen se positionna alors devant le Ceanar et plongea la main à son tour dans le pot de cendres pour lui en badigeonner la pommette droite.
- Tu es sûr de le vouloir ici mon ami? C'est... pour le moins original même pour toi!
- Notre Ceanar est le seul à se faire tatouer et percer dans des endroits impensables! rit son second. Crâne tatoué, oreilles et cou percés...
- Le Guérisseur sans Nom, le coupa Ilyrià en saisissant adroitement une espèce d'aiguillon très long et monstrueusement acéré que Legolas reconnut avec stupeur comme être... un os. Je trouve que son perçage est le plus fou que je n'ai jamais cu! -elle se tourna vers Legolas et lui expliqua- Il a la lèvre et le menton reliés par une chaînette d'ambre et d'airain... Personne n'a jamais vu ça... y compris chez nous...
- Oui mais personne n'a jamais vu quelqu'un comme cet homme si tant qu'il en soit un... marmotta Klaùs. Son abus de boisson lui déliait la langue lui qui l'avait de plomb d'habitude: il a la peau d'un Harradrim mais ses yeux sont étrangement plissés, bridés... Ses cheveux sont noirs comme la nuit, on les dirait même bleus tout comme ses yeux qui ne sont que deux billes d'onyx... J'ai toujours douté qu'il s'agisse d'un homme, mes amis, et je suis sûr qu'il en va de même pour vous... conclut-il avec un bâillement à se décrocher les mâchoires.
- Il pique déjà du nez cet idiot! railla Finnàm. Et quand il se rendra compte de ce qu'il a osé dire devant un elfe, il s'auto-flagellera... S'il ne s'était agi de toi, prionnsa, je t'aurai déjà rendu muet d'un magnifique sourire dans la peau tendre de ton cou avec mon ami, fit-il en désignant son couteau du menton.
- Alors merci de votre confiance, mellon.
- Allez, finissons-en, trancha Ilyrià en capturant le menton de Finnàm d'une main ferme.
Elle lui fit pencher le visage en arrière et, d'un mouvement aussi sec que puissant, elle enfonça la tige en os et la fit ressortir un peu plus loin. Un fin arc de métal disparut sous la peau. On ne voyait plus que ses extrêmités qui elles aussi furent vite cachées par deux petites boules faîtes avec les métaux précieux de la cité sur la Mer. Un peu de sang perla là où la chair avait été percée sur le haut de la pommette droite. Ilyrià reprit un peu de cendres et en saupoudra la plaie.
- Pourquoi toute cette cendre? demanda l'ellon, interloqué par cette pratique.
- Pour stériliser et ainsi éviter toute contamination, cher prince... A toi, intima-t-elle, mutine.
Sans attendre sa réponse, elle jeta l'os dans le pot de cendres et posa la main sur l'épaule de Finnàm pour le saluer d'un léger hochement de tête et jeta un coup d'œil furtif vers son cousin endormi à même le sol. Elle le poussa du pied pour vérifier qu'il dormait paisiblement. Le ronflement qu'il lui renvoya lui fit hausser les épaules, fataliste.
- Il est vraiment mais vraiment désespérant! Legolas ernil, je suis désolée de t'avoir fait perdre autant de temps, mo caraid... Je n'ai pas vu l'heure passer...
- Et bien... Fais-toi pardonner, melda heri... dit l'ellon en se relevant et en étirant ses membres douloureux. Viendrais-tu te promener au clair de lune avec moi et me laisser profiter de ta délicieuse compagnie quelques derniers instants?
Ilyrià prit la bras de l'elfe et s'y appuya légèrement.
- Ce sera avec grand plaisir... Allons-y mo prionnsa.
Ils s'enfoncèrent alors dans la forêt. La jeune femme, après un premier mouvement de recul bien légitime entre les arachnides et sa rencontre avec les orcs, se laissa guider sous la douce mais ferme pression de l'elfe. Il l'emmena jusqu'à un lac dont la surface lisse donnait une fausse impression de calme. Les reflets du croissant de lune et des nombreuses étoiles au-dessus d'eux paraîent l'eau d'un milliers de diamants. La nature silencieuse donnait à cet endroit une aura féérique et mortifère tout à la fois.
Après quelques minutes passées à contempler ce paysage unique, Legolas se tourna vers la Wallen, les yeux étrangement brillants dans la nuit déjà avancée.
- Etre ici me fait tellement de bien... Retrouver ma forêt plus calme qu'elle ne l'est désormais... Ce lieu apaise mon âme et mon corps meurtris, ma Dame.
Son regard bleuté s'assombrit, désenchanté.
- Les bois ne sont plus ce qu'ils ont pu être autrefois... Tu le sais mieux que personne pour en avoir fait l'amère expérience, fit-il durement en laissant courir sa main sur le tronc d'un énorme chêne. Le coeur de la forêt s'est perverti sous l'influence néfaste des suppôts de Morgoth... Nous luttons depuis des centaines d'années mais... nous aussi avons changé... Les elfes sylvestres ont eux aussi le cœur dur. Nous sommes de moins en moins réceptifs à la détresse et aux malheurs autour de nous. Notre peuple s'est emmuré entre les murs de ses cavernes et dans sa violence quotidienne... à l'image de son roi... à l'image de son prince, finit l'ellon dans un souffle douloureux.
Ilyrià lui saisit la main et la serra fort entre les siennes, tentant désespérément de capter son regard mais il prenait grand soin à éviter le sien après ce pénible aveu.
- Vous êtes un idiot, amadan prionnsa! Vous êtes l'elfe le plus agréable que je connaisse: merveilleusement prévenant, toujours souriant... enfin presque... si on ne prends pas en compte ces derniers jours, rit-elle.
Legolas dégagea sa main d'un mouvement brusque. Il lui tourna le dos comme pour s'éloigner lorque, pris d'une impulsion, il lui fit face. L'ellon l'attrapa par la taille et l'accula contre le chêne. La Wallen resta pétrifiée devant la mine sombre du prince. Ses yeux lui renvoyait une teinte métallique dure et intransigeante. Ils brillaient d'une lueur carnassière et prédatrice qu'elle ne lui connaissait pas. Un long frisson lui parcourut l'échine. Même les traits fins de son visage délicat s'étaient affermis et semblaient ainsi plus matures.
Penché au-dessus d'elle, la bloquant du rempart de son corps musculeux, il paraissait plus grand... plus impressionnant aussi. L'ellon appuya sa main blessée contre le tronc en laissant l'autre sur la hanche ronde de la jeune femme muette. Ses lèvres touchaient légèrement son oreille quand il reprit la parole et son souffle lui chatouilla le cou.
- Je ne suis pas aussi doux et inoffensif que vous vous plaisez à le croire, wen Ilyrià...
- Je n' ai jamais pensé cela, nia-t-elle avec véhémence.
- Silence, laissez-moi terminer, ordonna-t-il en affirmant sa prise sur elle. Vous savez peu de choses à mon encontre en réalité... fort peu. Si vous saviez ce... ce que vous m'inspirez melleth nîn, conclut l'ellon après avoir déposé un baiser rapide sur sa tempe, vous comprendriez mieux...
La Wallen ne sut quoi répondre. Elle restait sous le choc des mots de l'elfe devant elle. Il était tellement fidèle à lui même tout en étant si différent! Il lui faisait penser au silence après l'orage lorsqu'on ne sait si la tempête est passée ou non... Elle ne savait comment réagir, quoi lui répondre... Ces elfes allaient très certainement la rendre folle à la suivre, la guetter ainsi pour l'attirer ou la rejeter suivant leurs humeurs.
Legolas dût s'apercevoir de son état d'esprit digne d'un jeu de massacre car il continua d'un ton plus badin:
-Me faîtes-vous confiance, melda heri? demanda-t-il, espiègle.
La jeune femme sentit la tension de son corps se relâcher un peu et elle sourit, mutine.
- D'ordinaire, sans réfléchir plus avant je dirais oui mais la malice que je lis dans vos yeux maître elfe ne me dit rien qui vaille!
- Il ne me reste donc qu'à passer outre vos récriminations, Dame Wallen!
Il mit alors sa menace à exécution. L'elfe enroula fermement la taille d'Ilyrià de son bras gauche et, attrapant une épaisse branche, il les hissa au sommet de l'arbre sous les cris d'orfraie de sa compagne. Arrivés en haut, il la cala de la façon la plus confortable qui soit possible et s'installa en face d'elle. Il put prendre la mesure de l'ampleur de sa courroux. Ses yeux étincelaient. Elle le frappa sur l'avant bras avec virulence.
- Es-tu fou?! Ta main?! Ton poignet?! Souhaites-tu guérir ou a cha (ou non)? Que dois-je faire pour que tu réalises l'importance de ta blessure, mo caraid?! Tu es un idiot! Ne peux-tu donc pas faire attention à toi? An cuidich thu mi? (peux-tu m'aider un peu?) M'aider à te garder sain et sauf? s'emporta-t-elle.
Il ne lui aurait jamais avoué, sûr et certain qu'elle le truciderait sur place, mais son accès de colère lui fit plaisir. Il ne la laissait de toute évidence pas autant indifférente qu'il avait pu le penser ces derniers temps. Un petit sourire étira ses lèvres moqueuses.
- Bi samhach, boireannach!
Ilyrià regarda le prince, estomaquée. Il avait réussi à lui couper la chique, ce qui n'était pas chose aisée il fallait bien l'admettre.
- Finnàm et Klaùs... Ils m'ont appris quelques rudiments qui pourraient m'être utiles selon eux...
- Comme de me dire de me taire?! Comme de m'appeler « femme »?! s'étrangla la Wallen, rougissante d'indignation.
Un autre sourire narquois fleurit sur le visage du prince. Il était si facile de la faire s'agiter! L'obscurité ne pouvait entièrement cacher sa mine satisfaite et la jeune femme en ressentit un encore plus profond agacement.
- Et cela t'amuse? Moi aussi je vais apprendre certains mots en elfique!
- Il n'existe pas de jurons en sindarin, ma Dame.
- Oui... et bien je pourrai en inventer! s'entêta-t-elle.
L'ellon se rapprocha et la contourna agilement pour s'assoir derrière elle de façon à sentir son dos contre son torse.
- Apprends-moi d'autres mots, ceux qui te siéront davantage bana- phrionnsa, chuchota l'elfe au creux de son oreille.
Ilyrià retint à grand peine un gémissement mais le chair de poule courant sur sa chair n'échappa à l'œil aiguisé de Legolas. Elle fit comme si de rien n'était pour ne pas laisser paraître le trouble qui l'avait envahi et se lança dans une leçon de vocabulaire wallen beaucoup plus intimiste que celle qu'elle avait pu donner quelques mois plus tôt...
- La nuit... oidche, le lac... abhainn, traduisit-elle d'un ton docte en désignant l'étendue d'eau d'un doigt tremblant, la vallée là-bas... glean an sin, quoi d'autre? Je ne sais pas trop comme cela... Tu me prends au dépourvu...
- Je sais moi, ma Dame, dit-il d'une voix rauque. Comment dit-on ma reine?
- Mo banrigh... souffla Ilyrià de moins en moins sûre d'elle.
- Et... mon épouse, ma femme? continua-t-il innocemment.
- Mo bean.
- Ma vie? murmura l'elfe en laissant courir ses doigts sur l'arrête de sa clavicule.
Ilyrià ne bougeait plus. Chacun de ses muscle était goure, comme tétanisé.
- Beatha, répondit-elle sur le même ton. -elle reporta son attention sur la surface de l'eau qu'un banc de poissons venait de troubler- Connais-tu la légende du kelpie prionnsa?
Le prince était très loin d'être un ellon stupide. Il comprit facilement la manœuvre de la jeune femme pour détourner la conversation. Il la laissa faire avec un sourire invisible d'elle de là où il était placé. Il avait les atouts en main et en était conscient.
Elle était la proie et lui son chasseur... Et les Valar savaient à quel point il était doué dans ce domaine! Pour une fois, elle ne ferait pas de lui ce qu'elle, elle voulait. Il caressa sa nuque de sa main pansée.
- Non, de quoi s'agit-il? Contez-moi.
- De qui vous voulez dire, prionnsa, le corrigea Ilyrià toujours sans un regard. Elle n'osait se retourner, elle la fière Wallen. Le kelpie est une créature de notre folklore mi- aquatique mi-chevaline qui vit dans les eaux douces.
- Drôle d'hybride!
- Je n'ai pas terminé, garnement! le gronda la jeune femme. Le kelpie, disais-je, devait rejoindre Tir Na nOg, la Terre de l'Eternelle Jeunesse... oui prionnsa, notre vision de votre Aman... Je reprends, il avait perdu son chemin quand il rencontra la plus belle des femmes et en tomba éperdumment amoureux. Il lui fit la cour mais la femme, maligne, consulta ses devins au sujet de cet étrange courtisan... Le kelpie fut alors capturé et forcé à travailler pour lui apprendre ce qu'était la compassion à lui l'indomptable sauvage. La créature dût choisir entre son envie d'aller rejoindre la terre de ses ancêtres et son amour pour elle. Au final, il but une potion qui lui fit perdre les souvenirs de son ancienne vie et resta aux côtés de celle qu'il avait ainsi choisi.
- Il a fait ce choix par amour... C'est une histoire tout ce qu'il y a de plus magique, ma Dame.
- C'est un beau conte pour les jeunes enfants et les vierges trop romantiques pour leur bien! le contredit Ilyrià autrement plus terre-à-terre.
- Je pourrai renoncer à Valinor moi et je ne suis pourtant pas un jeune premier au coeur tendre...
- Arrête tes bêtises, prince Legolas! La magie ne se refuse pas! Il aurait dû tout vouloir et l'emmener là-bas avec lui...
- C'est tout le romanesque de cette créature...
- Mais pas que, prionnsa. Il n'aurait pas dû oublier qui il était juste pour une femme. Le kelpie était certes irrésistible mais aussi diaboliquement dangereux pour tous ceux qui avaient le malheur de croiser son chemin... Sais-tu que lorsqu'il s'immerge, le tonnerre gronde alors et précède la tempête? Le kelpie est wallen, mo caraid, et il est à l'image de notre peuple.
- Attirant et sauvage, melleth nîn... Pourquoi me raconter cette légende? As-tu peur de te perdre à notre contact? Tu seras toujours toi avec ton histoire et tu porteras à jamais leurs us, leur héritage.
- Je me perds déjà, murmura la Wallen sa voix rocailleuse lointaine. Je ne suis plus vraiment la même qu'à mon arrivée... Quelque chose s'en est allé, je le sens et pourtant je ne peux rien faire contre cela... Je ne suis plus vraiment une Wallen à part entière comme le sera toujours Finnàm mais je n'appartiendrai jamais non plus à ton peuple qui me rejettera jusqu'à ma mort... Je ne suis plus des leurs et jamais une des tiens... N'as-tu as peur qu'il en devienne de même pour toi à t'attacher à moi? Tu risquerais de me détester à la fin...
Soudain, elle tourna la tête vers lui et lui tira la langue avant de se dégager de son emprise d'un mouvement d'épaules. Elle éclata de rire avant de se redresser et de plonger dans l'eau noire. La jeune femme réapparut quelques brasses plus loin. heureuse de barboter et souhaitant oublier leurs dernières paroles, elle paraissait merveilleusement à l'aise dans son élément liquide. L'elfe admira la courbe de son dos soulignée par sa robe qui lui collait à la peau. Malgré la présence du vêtement, il pouvait voir sa teinte mordorée reprendre ses droits sur la chair de la sirène et ses cheveux étaient de nouveau très longs.
- Que fais-tu wen nîn? cria l'ellon.
- Je vais à la chasse au kelpie!
Elle plongea de nouveau et disparut aux yeux de l'elfe mais il ne s'en inquiéta pas. Elle était si sauvage, aussi insaisissable qu'une anguille et avait besoin de s'abandonner, ne serait-ce que peu de temps à son double.
- La chasse au kelpie... marmonna Legolas. Voilà qui paraît bien tentant...
Il se releva et avança d'un pas souple et assuré au bout de la branche. L'eau n'était pas l'élément où il se sentait le plus à l'aise mais après tout n'était-il pas destiné à épouser la princesse sous la mer? Il prit une grande inspiration et, prenant soin de maintenir sa main bandée dans sa tunique, il sauta avec un pirouette dans le lac. Il remonta vite à l'air libre et chercha des yeux sa compagne. Toujours rien... Une légère panique menaçait de le gagner quand l'ellon se sentit happé vers le fond. Il se laissa entraîner sous l'eau et attrapa l'intruse par la taille avant de reprendre son souffle à la surface. Ils riaient tous les deux, bien loin des sombres réflexions qui les avaient agités tous les deux quelques minutes auparavant.
- Tu es impossible, Wallen! railla Legolas, ses longues mèches blondes détrempées collées sur son visage pâle.
- Et je déteins sur toi! Aurais-tu fait ça il y a encore peu de temps?
- Tout habillé comme ça la nuit? Non certes non... J'aurai au moins pris le temps de me dévêtir... dit-il innocemment.
- Prionnsa! s'offusqua Ilyrià en nageant vers la rive. C'est toi qui est impossible! Allez sortons... si Gawën te voit rentré ainsi au camp, il nous tuera de ses propres mains...
- Ce qui serait fort dommageable à sa réputation de guérisseur...
- Legolas!
Ils sortirent de l'eau et leurs vêtements mouillés moulaient leurs corps de manière fort impudique. La Wallen pouvait voir chaque muscle de l'elfe se tendre et rouler à chacun de ses mouvements et elle devait être honnête... Il était horriblement séduisant. Elle- même tenta de décoller sa robe sans succès aucun si ce n'est celui de produire d'horribles bruits de succion qui, eux, n'avaient rien de séducteurs. L'elfe lui offrit le bras et ils rentrèrent discrètement dans le camps sous l'oeil étonné des quelques gardes aux aguets. Erù en soit remercié, ils ne croisèrent ni Wallens, ni guérisseur, ni roi. Arrivés devant la tente de la jeune femme, ils se souhaitèrent la bonne nuit, encore un peu gênés de cette soirée émotionnellement chargée.
Sur une impulsion, Ilyrià dégagea le visage de l'ellon d'une mèche récalcitrante avec un doux sourire. N'y tenant plus, Legolas empauma sa joue et l'attira vers lui avant de l'embrasser. Il marqua durement ses lèvres, exigeant l'accès à sa bouche d'une ferme pression. Elle soupira et le laissa faire, elle même désireuse à son plus grand surprise d'approfondir leur étreinte.
Pourquoi? Parce qu'il était lui, son ami, celui qu'elle devait épouser et pour qui elle éprouvait quelque chose. Quoi exactement, elle ne pouvait le définir, pas avec la même certitude que l'odieux embrasement qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle posait les yeux sur un certain roi mais un sentiment plus noble et pur... ça elle en était certaine. Ce dont elle était également sûre, c'était qu'elle ne voulait pas le blesser d'une manière ou d'une autre. Elle répondit à son baiser, chassant l'image qui s'imposait désespérément à elle. Non, elle était certainement folle car là tout de suite, elle le voulait lui. Elle désirait sentir sa chaleur, son amour contre elle et surtout elle voulait le lui rendre, lui retourner le bien-être qu'il lui procurait.
Elle mit ses mains autour de son cou pour approfondir encore un peu ce baiser et, dans un mouvement simultané, ils se soudèrent l'un à l'autre. La jeune princesse sentit la main de l'elfe quitter sa nuque pour aller fourrager dans ses cheveux mouillés tandis que l'autre se lovait dans le creux de ses reins. A bout de souffle, ils se détachèrent l'un de l'autre. Ilyrià voulut reculer mais Legolas raffermit son bras autour de ses hanches. Il la relâcha à contre coeur.
- Bonne nuit, melda heri.
Sur ces quatre petits mots, il la laissa seule et partit sans se retourner. Un sourire flottait sur ses lèvres ourlées. Il résista à l'envie de se retourner pour la poursuivre jusque sous sa tente et la capturer, que son âme comme son corps soient enfin à lui. Mais il devait se montrer patient...
D'ici quelques mois, l'indomptable Wallen serait à lui, définitivement et entièrement.
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so? qu'en est-il de cet entracte dans l'histoire? J'avais envie d'un moment de réflexion, d'amusement et surtout que Legolas nous montre une facette plus affirmée de son caractère, qu'il fasse part de ses doutes comme de ses envies et ne s'en cache plus... comme je vous l'ai dit au début, je pense réellement que sans intervention divine, il est le seul à développer des sentiments par lui même... Je dois avouer que je l'aime bien quand il prend les choses en main! ;) au moins, elle sait à quoi s'en tenir avec lui... :) quant à Thranduil, il avait besoin d'une petite introspection! Les tatoos c'est une scène pour ma chérie jolie qui m'a aidé sur les techniques anciennes... J'espère que vous avez aimé ce moment suspendu entre mythes et légendes...
merci de me laisser votre sentiment sur l'évolution des persos, que je vois si on est sur la même longueur d'ondes parce que je plane grave des fois quand même... perchée c'est mon deuxième prénom!
bisous tout doux les didous!
