Maudite

Malheureusement, comme je l'ai dit sur mon FB, je n'ai pas eu le temps de poster avant de partir en congés.

Heureusement, j'ai eu le temps d'écrire pendant mes congés, donc j'ai quelques chapitres d'avance, ce qui devrait me permettre de reprendre les posts hebdomadaires.

Je ne vais pas répondre à toutes vos reviews avant de poster ce chapitre, ce serait cruel Lol. Par contre, je me rattrape dès celui-ci.

En tout cas, merci pour votre patience. Dites-moi tout )

Chap7- Savoir ou abandonner ?

Edward POV

Il faisait beau.

Le soleil brillait haut dans le ciel, et je ruminai dans ma chambre.

Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi avait-il fallu que le soleil se montre le jour où je devais veiller sur Bella, et lui éviter d'avoir un nouvel accident ? !

« Je sens ta frustration, Edward, mais ça n'y changera rien. Viens plutôt nous aider pour les recherches. »

« En partant ce matin je lui ai promis de revenir la protéger rapidement, et regarde-moi, bloqué par le soleil ! »

Jasper ne dit rien, il s'appliqua plutôt à me détendre et à ôter la tension dans mon corps.

« Je déteste quand tu fais ça, vieux. » Grognai-je en sentant qu'il avait gagné.

« Je sais. Mais je déteste être sur les dents à cause de toi. »

« Pourquoi ? Parce qu'Alice refuse de céder à tes avances, dans ces cas-là ? »

« Tu nous connais trop bien, Edward, faut vraiment que tu trouves à t'occuper le soir ! » Rit-il en donnant une tape sur mon épaule.

Je souris et acceptai de le suivre au salon où les ordinateurs fumaient sous les doigts de ma famille.

Ils ne levèrent pas les yeux avant que je sois installé face à Alice. Elle ruminait presque aussi fort que moi, et je n'aimais pas ça.

« Ce n'est rien. Elle vient de rejoindre April et Catherine. Elles vont rester sagement à la maison. » Expliqua-t-elle, et malgré tout, je savais qu'il y avait quelque chose.

« Mais encore ? »

« Pas la peine d'avoir les pouvoirs de Jazz pour se rendre compte que tu es sur les dents, Alice. Il se passe quoi ? » Intervint Emmet.

Il reçut un regard noir de la part de Jasper, mais un remerciement silencieux de ma part.

« Vous avez entendu ce que j'ai dit ou vous êtes sourds ? ! Liz est chez April avec Catherine ! » Alice croisa les bras sur sa poitrine, boudant.

« Elle ne vous connaît pas, Alice, pourquoi voudrais-tu qu'elle se réfugie ici ? » Comprit Esmée, apaisante.

« Mais c'est pas juste ! Edward a eu droit à deux moments avec elle et moi…Rien. Nada. Niete ! A moi aussi elle me manque ! »

Je me demandais quand elle pèterait sa durite. Remarqua Emmet par la pensée.

« Alice, si tu perds espoir de pouvoir la voir et t'amuser avec elle à poupée Lizzie-Bella, je crois qu'on ferait mieux de s'en aller. »

Aux regards qu'ils me lancèrent tous, je sus qu'ils ne s'attendaient pas–pas plus que moi en fait-, à m'entendre dire ça, mais je réalisais que ça serait mieux pour nous tous. S'il n'y avait aucune chance pour que nous retrouvions nos rapports avec Bella, je préférais que nous laissions là l'affaire pour quitter la ville et oublier. Ou du moins faire semblant d'oublier…

« Edward Anthony Masen Cullen ! T'es tombé sur la tête ? » S'écria Alice, debout en pointant un doigt sur mon torse.

« Lili, c'est juste que… »

« Je m'en moque ! Je. Ne. T'écoute. Pas ! » Scanda-t-elle en frappant mon torse. « On va retrouver Bella, triple idiot ! Seulement, ça va pas être facile ! Pourquoi tu crois que je vous vois à nouveau ensemble dans mes visions ? »

« C'est vrai ? »

Ma voix était plus choquée et emplie de joie que je le pensais. Alice me lança un regard mauvais, reprenant sa mine boudeuse.

« Oui, c'est vrai. Bon, c'était une seule vision hier soir. Mais oui. Alors ne t'avise surtout pas de lâcher maintenant, sinon c'est moi qui t'arrache le cœur, compris ? »

Sa colère s'estompa au moment où je la prenais dans mes bras et qu'elle répondait à mon étreinte.

« Câlin général ! » S'écria Emmet en nous enlaçant.

Bien que nous n'ayons en théorie pas besoin d'air pour survivre, Alice et moi fûmes rapidement mal à l'aise entre les bras d'Emmet, suffoquant presque.

Nous nous écartâmes, et Emmet sourit, bêtement.

« Ba quoi ? C'était pas le mot de code ? »

« Des fois je me demande s'il ne te manque pas quelques cases, Em. » Avoua Rosalie en se blottissant dans ses bras.

« Oh, ma Rose, c'est pourtant bien ce qui te plait chez moi. »

Il lui fit un clin d'œil, et au moment où Rose ouvrait la bouche pour répondre « Y a pas que ça qui me plaît chez toi », Alice et moi frissonnâmes de concert aux images qu'elle évoquait.

« Ok ! Sympa, Rose. Merci. » Grimaça Jasper en changeant de jambe d'appui.

Emmet rit, accompagné de Rosalie, alors qu'Esmée et Carlisle replongeaient dans leurs recherches. Je me tournai vers eux, inquiet.

« Alors, vous avez quelque chose ? »

Esmée se leva, et vint près de moi avant de me répondre.

« Jasper a contacté un ami. Il devrait trouver tout ce qu'il faut sur Liz et Bella. De notre côté, il s'agit de vérifier sur internet ce qui peut se dire sur la réincarnation, ou tout autre explication sur ce qui arrive à Bella. »

« Et vous avez quoi ? »

« Edward, nous commençons juste. Et ce n'est pas en cherchant 'réincarnation' sur google qu'on aura toutes les réponses à nos questions. » Me rappela Jasper en se rasseyant près d'Alice.

Chacun reprit sa place. Je les observai les uns les autres réalisant combien ils étaient motivés à répondre à mes questions.

« Et moi, je fais quoi ? »

« Réécris-moi ce dont tu te souviens du document que tu as trouvé sur l'ordinateur de Bella, s'il-te-plait. » Demanda Carlisle en ayant toujours le regard sur l'écran.

Je passai une main dans mes cheveux, mais j'obéis. Je pris un bloc note, m'installai dans un fauteuil, et je noircis les pages avec les mots que Bella avait écrit sur ce document Word sans nom il y avait au moins dix-sept ans…

« Edward Anthony Masen Cullen.

J'aime le dire, comme un mantra. Je crois que c'est ma seule chance de m'en souvenir pour les fois prochaines. J'aimerais qu'il n'y ait pas de fois prochaines. J'aimerais que tout s'arrête avec toi. Mais je sens au fond de moi que je me fais de faux espoirs. Je ne sais pas ce qui m'arrive. Je sais juste que ça m'arrive.

Edward Anthony Masen Cullen, je t'aime. Tu me l'as dit de tant de façons cette nuit. Aux souvenirs mon cœur s'emballe à nouveau. C'est comme si je te sentais toujours contre moi. J'en profite. Je sais que bientôt ce sera impossible, j'aurais d'autres souvenirs, d'autres proches…

Edward Anthony Masen Cullen je vais te perdre et j'en meurs avant l'heure. Tu es le seul que je vais regretter réellement…Tu m'offres tant…

Mourir. Revenir. Et mourir à nouveau. Quitter. Tout. Pour toujours et jamais à la fois.

Te reverrai-je ?

Em me fait rire, un peu comme un grand frère. Peut-être qu'il en existe d'autres comme lui ? Peut-être que j'en aurais un ?

Qui aurai-je la prochaine fois ? Où ? Souffrirai-je ? J'ai déjà souffert. Je quitte tous ceux que j'aime.

Je t'aime Edward. Oui, je m'en souviens. Je m'en souviendrai. M'en souviendrai-je ?

Se souvenir. C'est si dur quand tout se mélange. Hier et demain ne font qu'un et en même temps sont si différents. »

« Je m'appelle Isabella Swan. Aujourd'hui. Mais demain ?

J'ai eu tant de noms, et j'ai tout quitté. Pourtant, je ne veux pas quitter celui-là. Bella. Ça va tellement bien dans sa bouche. Surtout quand il me serre contre lui. Edward, serre-moi. J'ai peur. Le lendemain arrive si vite. Aurai-je le temps de faire tout ce que je veux ?

Je m'appelle Isabella Swan et j'aime ce nom.

Je l'aime. »

POV Extérieur

Trois jours plus tard,

Le cours de bio était étrange ce lundi-là. Mais Liz ne savait pas pourquoi. Etait-ce dû au professeur ? Elle avait du mal à supporter son attitude ami-ami qui en fait vous traitait comme des moins que rien. Ou alors c'était les sensations qu'elle avait vis-à-vis d'Edward Cullen ? Elle se sentait étrange ce matin-là, depuis qu'elle l'avait vu sur le parking du lycée. Il l'observait.

Comme à cet instant. Du coin de l'œil, elle vit qu'il la regardait. Et son propre comportement l'agaçait. Elle n'avait pas peur, ni de frisson quelconque en sentant son regard. Non, c'était comme si une partie d'elle ne voulait que ça…

Les images refirent surface.

D'abord floues, elles devenaient plus nettes au fur et à mesure qu'elles défilaient. Liz voyait ces images comme des souvenirs, alors qu'elle savait pertinemment qu'elle n'avait jamais vécu de telles choses avec Edward Cullen. Ni avec ses frères et sœurs. Pourquoi son esprit lui donnait-il des scènes où elle sortait avec lui ? Où elle retrouvait Alice Cullen pour faire du shopping ?

Les Cullen cachaient quelque chose, et Liz n'aimait pas l'idée que cela soit en rapport avec elle.

La sonnerie de fin du cours lui permit d'échapper à son regard, et elle se réfugia auprès de ses amis au self. Ils parlaient, mais elle ne comprenait pas ce qu'ils disaient. Son esprit lui montrait encore des moments qu'elle n'avait jamais vécus. Et cela la déstabilisait.

« Liz, t'es avec nous ? »

« Pardon ? »

Elle croisa le regard furieux de Preston. Elle ouvrit la bouche pour s'excuser, mais il fit un signe négatif de la tête.

« J'en ai marre ! » S'exclama-t-il en prenant ses affaires pour sortir de la cantine.

« Qu'est-ce qui lui prend ? » S'étonna Catherine.

Liz le vit quitter la salle, et ce fut à ce moment-là seulement qu'elle comprit ce qu'il faisait. Elle attrapa son sac et le poursuivit en l'appelant. Ils n'avaient pas discuté ensemble depuis la fête foraine la semaine précédente, il ne pouvait pas la regarder comme ça et se tirer sans lui donner d'explications. Elle préférait être sûre de ce qu'elle supposait.

« Preston, attends !»

« J'en ai marre, Elizabeth. Je ne te reconnais pas. J'en ai marre de faire semblant. »

« J'ai des tonnes de trucs en tête, Preston. Mais t'es pas obligé de me traiter comme ça ! »

« Ah non ? Et bah, tu sais quoi ? J'ai des trucs en tête aussi, des souvenirs et des envies. Mais plus aucun ne parle de toi, Liz. »

Liz sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale. Elle aurait dû se douter qu'il jouerait de ses problèmes contre elle.

« Tu me quittes ? »

« Arrête, Liz. J'ai été le seul à faire des efforts. »

« Ce n'est pas vrai ! »

« Tu n'es pas avec moi, Liz ! Je me demande si on a seulement été vraiment un couple ! » Cracha-t-il avec lassitude.

Cela lui fit l'effet d'une gifle.

« Ah c'est donc ça ! »

« Ne fais pas ta prude, Liz. Tu refuses que jte touche ! »

« Alors parce que je ne veux pas faire l'amour avec toi, tu me quittes ? »

« Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit ! T'es dépressive, Liz ! »

Liz se mordait furieusement la lèvre inférieure. Elle avait fait une erreur.

« D'accord. » Fut sa seule réponse avant qu'elle se dirige vers la grille.

Il pleuvait à torrents ce jour-là, mais elle s'en moquait. Elle avait besoin de faire le vide. Elle devait oublier tout ce qu'il y avait dans sa tête. Elle en avait besoin.

« On ne quitte pas l'établissement, mademoiselle Walter. » La prévint un des surveillants mais elle s'en moqua.

Elizabeth continua sa route, sous la pluie, jusqu'à chez elle. Là-bas, elle avait des photos de tout ce qu'elle avait vécu. Elle saurait quels étaient ses vrais souvenirs. Elle pourrait prouver à son cerveau qu'elle délirait.

Quand elle arriva chez elle, elle reconnut la voiture de sa mère. Liz soupira. Ses parents étaient donc rentrés de leur week-end ! Elle se prépara à ignorer sa mère. Elle n'était pas en état de subir un sermon. Bien sûr, espérer passer inaperçue était vain, puisque sa mère arriva dans l'entrée au moment où elle entrait.

« Liz ? »

La jeune fille ne répondit pas, et monta directement à sa chambre.

« Elizabeth, tu as séché les cours ? » S'écria sa mère du rez-de-chaussée.

Pour toute réponse, Liz claqua sa porte derrière elle. Elle espérait vraiment que sa mère ne monterait pas. Tout ce qu'elle désirait à l'instant, c'était s'allonger et oublier. Elle retira ses vêtements trempés et se retrouva sous sa couverture en quelques secondes. Ce fut à ce moment qu'elle comprit qu'elle pleurait. L'eau sur son visage n'était pas seulement due à la pluie.

Elle sanglota de plus belle en se rendant compte de son état, et frappa un coup de poing dans son oreiller.

Une heure passa, durant laquelle Liz se tourna et se retourna dans son lit. Même si les images s'étaient estompées, Liz y réfléchissait sérieusement. Les propos de Preston lui revinrent aussi en tête. Elle se sentait vexée, mais surtout triste que ça se soit passé comme ça entre eux. En même temps, Preston ne voulait une relation que pour le meilleur, et occultait les difficultés et problèmes qui pouvaient apparaître. Son comportement ne l'étonnait guère, et à bien y réfléchir, il avait tenu plus longtemps qu'elle l'aurait pensé.

Liz soupira et sentit enfin le calme s'installer en elle.

Elle ne savait pas ce qui se passait, mais elle trouverait. Et le seul moyen de trouver était d'être calme. Elle se promit qu'une fois réveillée, elle y réfléchirait à tête reposée.

OoOoOoO

« Liz, ma chérie, tu dors ? »

Liz sortit de son sommeil en entendant sa mère frapper à sa porte. Elle grommela quelque chose comme « laisse-moi » et tenta de repartir dans le monde apaisant qui l'avait envahie.

« Liz, tu veux en parler ? »

« Non. »

« C'est Preston ? »

Liz ferma les paupières, et soupira.

« Non c'est moi. » Murmura-t-elle avant de se décider à se lever.

Sa mère serait entrée et l'aurait harcelée aussi longtemps qu'il l'aurait fallu de toute manière. Courtney fut surprise par l'air triste et en même temps sérieux qu'il y avait sur le visage de sa fille. C'était comme si elle avait pris en maturité.

« Ma chérie, que se passe-t-il ? Tu es malade ? »

« Non, j'avais juste besoin d'être seule. »

Courtney regarda sa fille s'asseoir sur son lit, sa couette sur les épaules. Ses cheveux en bataille reposaient tant bien que mal dans son dos, et cachaient une partie de son visage. Elle s'assit près de sa fille et passa une main apaisante sur son bras.

« Tu veux en parler ? » Demanda-t-elle, d'une voix douce.

Liz la regarda dans les yeux, comme si elle se demandait ce qu'elle pouvait dire à sa mère.

« J'ai beaucoup de choses en tête, m'man. C'est rien. » Tenta-t-elle de la rassurer.

Et même si Courtney était frustrée, elle savait que sa fille ne lui dirait que ce qu'elle était prête à partager. Elle l'attira contre elle, et fut rassurée que Liz pose sa tête sur son épaule.

« Preston et moi avons rompu. »

« Je suis désolée, ma chérie. »

« Hum. Je crois que je m'y attendais. »

Liz haussa les épaules, et passa une main dans ses cheveux, sûrement pour tenter de les discipliner.

Le silence s'installa, pendant lequel Courtney étudia le visage fermé de sa fille. Son regard était vague et fixait un point invisible dans la chambre. Et un petit pli apparaissait entre ses sourcils. Courtney y passa son index, et il disparut pendant que sa fille levait les yeux sur elle.

« Ca va aller, maman. Ne t'inquiète pas. J'ai juste eu un passage à vide. »

« Je sais. Tu es forte, ma puce. Tout va bien aller, pour toi, j'en suis sûre. Mais…Si tu as besoin… »

Liz sourit et embrassa la joue de sa mère.

« Je sais, maman. Merci. »

« De rien, c'est fait pour ça. »

Elles sourirent, puis Courtney se leva.

« Tu veux venir manger avec nous ? Ou tu veux juste un bouillon ? »

« Qu'y a-t-il à diner ? »

Courtney sourit en voyant l'air amusé de sa fille.

« Des lasagnes. »

« Alors je descends ! »

Liz se leva, et c'était comme si elle avait déjà oublié ses difficultés. Mais Courtney savait que c'était la manière de sa fille de surmonter ce qui lui arrivait. Elle acquiesça, mais désigna les sous-vêtements de sa fille.

« Tu es très belle, ma chérie, mais je ne suis pas sûre que ton père apprécie de te voir descendre diner dans cette tenue. »

Liz leva les yeux au ciel mais acquiesça à son tour.

« Je m'habille et je viens t'aider. »

Ils se retrouvèrent au rez-de-chaussée pour diner. Scott Walter l'avait enlacée pour lui dire bonjour. Et Liz s'y était accrochée, elle avait eu besoin de ce câlin pour mieux reprendre pied.

« J'ai croisé Esmée Cullen, ce matin. » Courtney raconta sa discussion avec la mère des nouveaux élèves. « C'est une femme très agréable, et vraiment très sympathique. Elle est décoratrice d'intérieur, et je me demande si nous ne devrions pas faire appel à elle pour notre chambre. » Continua-t-elle.

« Vous voulez refaire votre chambre ? » S'étonna Liz.

Elle savait qu'elle n'avait pas été très présente intellectuellement ces derniers temps, mais elle n'aurait pu louper ça.

« Il semblerait. » Répondit Scott, avec prudence.

« Scott ! Cela fait longtemps que j'en ai envie. Après tout, pourquoi ne pas lui demander un devis ? »

« Maman, ce serait gênant pour moi ! Elle referait la chambre de mes parents et ses enfants le sauraient forcément…Brr ! »

« Tu es ridicule ! »

« Nous n'avons qu'à y réfléchir. » Proposa Scott, amusé par le regard de défi que partageaient ses deux femmes.

Il vit Elizabeth se rembrunir, à peine séduite par l'idée, alors que Courtney faisait déjà des projets.

A la fin du repas, ils débarrassèrent ensemble, et Courtney et lui se provoquèrent l'un l'autre pour des broutilles. C'était bien de leur style, se dit Liz en montant pour les laisser à leurs joutes séductrices.

Liz alluma son ordinateur et vit qu'April était connectée sur MSN. Elle se mettait à peine en ligne que sa meilleure amie venait l'interroger.

« Lizzie, ça va ? Tu ns as fait peur. »

« Ca va. Juste besoin de faire le pt. » Répondit-elle en vérifiant en même temps ses mails.

« Preston & toi ? »

« Fini. C mieux comme ça. »

« Sûre ? »

Liz regarda son curseur clignoter dans la barre de réponse. Etait-elle sûre que sa relation avec Preston était finie pour le mieux ?

« Oui. Je t'expliquerai. 2m1 tu viens me chercher ? »

« Pas de pb. 7h45. »

« Ok. »

« Tu as loupé le cours d'histoire euro. »

« Je c. C'était komen ? »

« Troooooo nul ! »

Liz sourit. April avait plutôt l'esprit matheux. Alors l'histoire européenne ou américaine ne l'intéressait pas plus que ça.

« T dessins m'ont manqué »

« Tu m'as manqué. » Répondit Liz.

« Jv dormir. » Annonça April.

« Moi aussi. Bsx. »

« Bsx. Bonne nuit. »

Liz éteignit son ordinateur et alla se préparer pour la nuit. En se démêlant les cheveux, elle ressentit le besoin de mettre sur papier les images qui la hantaient. Elle espérait qu'après les avoir dessinées, elle en serait libérée.

« Je vais me coucher ! » Déclara-t-elle du haut des escaliers, vers le salon où la télévision fonctionnait.

Mais elle n'eut aucune réponse. Elle secoua la tête, amusée, et referma sa porte. Elle s'assit sur son lit, avec un bloc de feuilles blanches. Avec son crayon à la main, elle réfléchit aux images qui l'avaient le plus marquée. Et puis, elle commença à tracer les images, malgré son poignet blessé. Elle s'appliqua autant que s'il s'agissait de ses amis. Elle fut souvent déçue par son travail, et recommença à plusieurs reprises. Elle n'arrivait pas à donner au dessin l'air parfait des Cullen, ni leurs particularités…

Quand son réveil sonna l'heure de se lever, elle releva la tête, surprise et à peine fatiguée malgré la nuit blanche qu'elle venait de passer.

Liz rassembla ses affaires, jeta les feuilles chiffonnées et alla se préparer. Une douche et un habillage plus tard, elle était au rez-de-chaussée, pour prendre un petit déjeuner rapide.

Elle retrouva April quelques minutes plus tard, et elles se rendirent au lycée en papotant et chantant à tue-tête. Juste avant de s'engager sur le parking du lycée, April demanda quand même comment Liz se sentait.

« Je vais bien, April. Je te le jure. Je suis désolée de t'avoir lâchée hier, mais je n'aurais pas été de bonne compagnie. »

« Tu veux dire pire que ce que tu étais ? »

« Hey ! »

Elles sourirent, et sortirent du véhicule. Non loin, Steven, Katherine, Brad et Preston les attendaient. Liz rajusta son sac sur son épaule et alla saluer tout le monde. Quand elle arriva au tour de Preston, elle se mordit la lèvre inférieure, pas tout à fait sûre du comportement qu'elle devait avoir. Il l'observa un instant avant de hausser les épaules d'indifférence. Liz baissa le regard, tout de même blessée dans son fort intérieur.

Elle sentit le regard des autres sur eux, alors elle releva le menton.

« Je ne compte pas pourrir notre groupe avec nos problèmes. Si on peut au moins se supporter lors des réunions, moi ça me va. » Commenta-t-elle.

Preston parut étonné, mais il accepta. Un léger flottement persista avant qu'ils reprennent leurs discussions avec d'infinies prudences. Cathy enlaça Liz par les épaules pour la soutenir et celle-ci acquiesça pour la remercier.

Quand il fut l'heure d'aller en cours, Liz suivit le mouvement, en continuant à bavarder avec Katherine. Cette fille semblait toujours tout connaitre sur tout le monde, et même si Liz pouvait désapprouver ce côté commère, ce matin-là, elle avait l'impression d'avoir une vie entière à rattraper. Et son amie pourrait l'y aider.

La matinée passa plus vite encore qu'elle l'avait imaginé, et Liz avait remis son sourire à sa place et espérait pouvoir le garder encore un moment. Et puis, ce fut l'heure du cours de biologie et ses pas ralentirent alors qu'ils devaient y aller. Son cœur s'emballait, et elle savait qu'elle craignait de ressentir à nouveau ce qui l'avait envahie depuis le début de la semaine.

« Je vais aux toilettes. » Annonça April, et Liz l'en remercia silencieusement.

Elle se dépêcha d'entrer dans la salle, pour mieux apprivoiser l'espace. Mais elle s'arrêta en se rendant compte qu'Edward était déjà assis à sa place. Leurs regards se croisèrent, et elle eut l'impression que les images revenaient en force dans son esprit. Elle cligna plusieurs fois des paupières, et prit son courage à deux mains. Il ne lui restait plus beaucoup de temps avant que les autres arrivent. C'était sa seule chance de l'aborder et lui dire ce qu'elle avait en tête. En partie, du moins.

Tout en avançant vers lui, elle sortit ses croquis de la veille et les posa sur sa paillasse avec brusquerie.

« Je ne te connais ni d'Eve ni d'Adam et pourtant j'ai ça en tête. Tu as une explication ? »

La sonnerie du début du cours retentit à ce moment, et elle rejoignit sa place l'air de rien. Elle s'interdit de se retourner pour vérifier qu'il regardait les dessins. Mais aussi pour éviter d'aller les lui arracher. C'était comme si elle livrait une partie d'elle-même avec ces dessins, et elle ne savait pas ce qu'il allait en faire. Sa raison s'insurgeait alors que son être la rassurait.

Quand April s'assit à ses côtés, elle décida qu'elle aviserait plus tard.

Evidemment, le professeur avait décidé de mettre une interrogation surprise ce jour-là, et même si la classe s'écriait à corps et à cris, tous la subirent en bougonnant. Mais en même temps, ça lui évitait d'avoir à réfléchir à ses dessins et Edward.

« Baissez vos crayons. » Exigea le professeur juste avant que la sonnerie ne retentisse.

Ils obéirent, et April soupira.

« Ca a été l'horreur ! » Assura Liz alors que son amie acquiesçait.

« Ca m'apprendra à ne pas réviser ses cours d'une journée à l'autre. » Confirma April.

Elles sourirent et sortirent de la salle pratiquement en dernières. Alors qu'elles se dirigeaient vers la sortie, Edward interpella Liz. Elles s'arrêtèrent, l'une surprise et l'autre intéressée.

Liz se tourna lentement vers lui, et l'interrogea du regard.

« On peut discuter ? »

Il avait une voix envoutante et son regard était vraiment très attirant. Elle s'interrogea quand même sur le gène qui pouvait donner des prunelles marron doré.

« Oui. »

« Liz ? »

« Ca va aller, April. Je vous rejoins. Je t'expliquerai. » Promit-elle en désignant le labo ouvert à côté de la salle de bio.

Edward la laissa passer devant et referma doucement la porte. Liz ne se retourna pas immédiatement, elle devait faire le tri dans les pensées qui l'assaillaient. Elle posa son sac sur un meuble, et entendit Edward s'appuyer contre un mur. Elle inspira à fond et le maudit de ne pas engager lui-même la conversation.

Mais après tout, elle l'avait interrogé, c'était à elle de reprendre où elle en était.

Elle se tourna, et sentit son cœur battre la chamade dans sa poitrine. C'était tellement stressant !

Liz croisa son regard et malgré ses questions, elle les oublia une seconde pour mieux savourer ce visage. Edward avait des traits fins et pourtant virils. Ses cheveux cuivrés étaient savamment décoiffés, et elle se demanda fugacement ce qu'il mettait dessus pour les faire tenir ainsi. Les larges épaules étaient musclées, mais tendues. Serait-il aussi bouleversé qu'elle ?

« J'ai besoin d'une explication, Edward. J'ai tout ça en tête, et… »

« C'est toi qui les as dessinés ? »

« Bien sûr ! Tu crois quoi ? Que je les ai piqués sur internet ? » S'agaça-t-elle, les poings serrés.

« Non. Tu dessines vraiment bien. »

« Merci. Mais on n'est pas là pour ça. » Le rabroua-t-elle.

Mais pourquoi s'avançait-il ainsi ? Liz se recula et se trouva coincée contre le meuble derrière elle. Elle jeta un œil à la porte, de l'autre côté de la petite pièce.

« Je ne te ferai pas de mal, Liz. Pardonne-moi… »

« Ecoute, je veux juste que tu me dises ce que tu me fais. Qui es-tu ? Pourquoi tu m'observes comme ça ? Et pourquoi… »

Elle porta une main à son cou, et fit un pas sur le côté. Elle suffoquait, elle sentait son cerveau tourner à toute vitesse dans son crâne, et des milliers d'images apparurent devant elle. Certaines comportaient les Cullen, d'autres encore des personnes dont elle ignorait le nom mais qui lui semblaient proches. Encore.

« Liz »

Edward la retint alors que ses jambes lâchaient prises. Elle s'accrocha à son t-shirt comme à une bouée de sauvetage et elle écouta sa voix. Une voix douce et rassurante. Il la rassurait.

« Pardonne-moi. Je ne voulais pas t'effrayer. Bel…Liz, respire, ça va aller. Je vais te laisser seule. »

« Non ! »

Elle ne savait pas pourquoi elle avait crié ça. Elle ne le connaissait pas. Elle sentait une violence contenue en lui. Il aurait dû lui faire peur.

« Je… »

Liz secoua la tête, et regretta vite parce que cela lui apporta une migraine. Elle porta ses mains à ses tempes, et se força à reprendre une respiration normale. Quand elle releva la tête, elle croisa ses prunelles mordorées, et se battit pour savoir ce que cela lui rappelait. Son esprit voulait lui dire des choses. Mais cela ne fonctionnait pas.

Elle soupira et s'écarta doucement de lui. Il l'avait aidée. Elle ne voulait pas le vexer. Edward fit un pas en arrière à son tour.

« Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Oublie tout, d'accord ? »

« Liz. »

« Non. S'il-te-plait. Je peux pas. »

Il souffrait. Son visage avait beau paraitre impassible, elle lisait sa souffrance dans ses pupilles. Elle ne savait pas ce qui se passait. Elle ne savait pas non plus qui il était. Mais elle saurait.

« Ah tu es là ! Oh pardon. Liz, c'est ça ? »

Alice Cullen entra dans la pièce, et se stoppa sur le seuil. Liz hocha la tête et reprit son sac, sans croiser leurs regards. Elle sortit de la salle, dans le silence qui s'était installé.

Elle ne se sentait pas capable de savoir tout de suite.

Liz retrouva April sur le parking, seule.

« Les garçons avaient entraînement et Cathy son babysitting. » Expliqua celle-ci en lui désignant la voiture.

Liz acquiesça et prit place dans le véhicule, en sentant son regard mais aussi celui des Cullen dans son dos. Elle se refusa à les croiser, fixant plutôt son regard devant elle. April monta au volant, démarra et quitta le parking. Liz prit sa respiration, l'interrogatoire allait commencer.

« Qu'est-ce qui se passe Lizzie, avec Edward ? »

La question était neutre, comme si elle lui demandait l'heure.

« On peut ne pas aller chez toi tout de suite ? » Espéra Liz, ne répondant délibérément pas à sa question.

April la regarda du coin de l'œil, et lut certainement la détresse dans les yeux de son amie. Elle mit son clignotant pour rejoindre l'opposé de leurs domiciles. Liz soupira de soulagement et remercia la conductrice.

Elles restèrent silencieuses le temps du court trajet. Liz observa les massifs de fleurs dans le parc, elle vit aussi les familles qui repartaient.

April se gara à son emplacement préféré, face au lac, où c'était interdit.

« J'ai dessiné les Cullen hier soir. » Annonça Liz une fois le moteur coupé.

Elle avait les yeux rivés devant elle, craignant de lire ce qu'il y avait dans ceux de sa meilleure amie.

« Edward le sait. » Comprit April et Liz sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine.

« Je les lui ai montrés en bio. » Acquiesça-t-elle.

« Pourquoi ? »

Liz se tourna et croisa le regard d'April. Elle haussa les épaules, perdue.

« Aucune idée, quand je l'ai vu, j'en ai eu…besoin. »

Les deux amies détournèrent leur regard vers le paysage autour d'elles.

« Qu'est-ce qu'il a dit ? »

« Pas grand-chose. J'ai…fait un malaise. »

April avait entendu l'hésitation, mais Liz ignora son regard interrogateur.

« Tu comptes lui parler à nouveau ? »

Liz réfléchit un instant puis hocha la tête.

« Il se passe quelque chose, April, pour laquelle je n'ai pas d'explications. Je crois qu'il en a. »

April garda le silence, Liz s'inquiéta jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole.

« Je veux t'aider. Je veux être au courant de tes conclusions. » Exigea April.

Lizzie se tourna vers sa meilleure amie, surprise, mais aussi soulagée de pouvoir compter sur elle.

« D'accord. Tu es ma meilleure amie, April, c'est évident que je te dirai tout ! »

« Je te tiens à l'œil ! » Sourit-elle avant de tendre les bras pour un câlin.

Liz se pencha vers April, et elles partagèrent ce moment en silence. Quand elles s'écartèrent, April redémarra le moteur.

« Bon, on commence par quoi ? »

« Hein ? »

« Liz, je veux t'aider. Tu penses avoir quelque chose à découvrir ? Je te suis. Mais on va où d'abord ? »

Liz leva les yeux au ciel, April qui se prenait pour un agent du FBI ? Ca remontait à bien loin, quand elles étaient encore enfant…

« J'en sais rien. Là, tout de suite, je veux me mater un bon film. Tu as ça en stock ? »

« Ca doit pouvoir se négocier. » Approuva April.

Liz regarda du coin de l'œil son amie. Elle réalisa combien elles étaient proches, mais au fond d'elle, elle savait qu'elle ne pouvait pas parler tout de suite à April de ce qui se passait dans sa tête à elle. Après tout, elle n'en savait pas encore grand-chose…

OoOoOoO

Liz avait réfléchi toute la nuit. Non seulement, son esprit refusait de la laisser tranquille, lui rappelant les images qu'elle avait dessinées et données à Edward, mais aussi la réaction d'Edward et celle d'April. Sa meilleure amie avait fait grandir l'envie d'en savoir plus au fond d'elle.

C'était pour ça qu'elle se retrouvait devant Edward, à la sortie de cette journée de lycée, qu'elle n'avait pas vu passer à cause de son manque de sommeil.

« Tu me fais confiance ? » Demanda Edward, le regard rivé au sien alors qu'elle venait de lui dire qu'elle avait des questions.

« Quoi ? »

« Tu me fais confiance ? » Répéta-t-il en tendant une main vers elle.

Liz l'observa, elle sentait les interrogations qui émergeaient dans son dos mais elle sentit aussi la curiosité poindre en elle. Sans y réfléchir à deux fois, elle acquiesça et suivit Edward dans sa voiture.

Il croisa le regard d'Alice et bientôt, ils n'étaient plus sur le parking du lycée. Rapidement, Liz eut la réponse à la question qui la taraudait. Ils allaient à l'hôpital.

« Pourquoi l'hôpital ? Tu crois que je suis malade, ou quoi ? » S'emporta-t-elle.

Il la regarda avec surprise, puis son sourire en coin apparut.

« Non, c'est juste que…J'aimerais que Carlisle soit présent, il aura sûrement plus d'explications que moi… »

Liz sentit sa respiration se couper. Ses poings se crispèrent d'angoisse, même si elle faisait en sorte de ne rien laisser paraître.

« Tes dessins signifient quelque chose, Liz. Je n'ai pas toutes les explications, pas encore, mais je peux t'aider. Nous pouvons t'aider. »

Liz le regarda. C'était comme s'il cherchait à se convaincre autant qu'elle. Sans savoir pourquoi, elle tendit la main vers son avant-bras, sentit et ignora à la fois la fraicheur de sa peau.

« J'ai besoin de savoir, Edward. »

Ses yeux quittèrent un instant la route, alors qu'il déglutissait.

« J'en ai besoin aussi… »

Il parla si bas, qu'elle eut du mal à entendre la suite, mais il lui sembla qu'il disait Bella…Elle se tendit et le laissa se garer.

« Ne bouge pas. » Exigea-t-il avec rudesse, et alors qu'elle se rebiffait, il posa une main sur son avant-bras. « S'il-te-plait, Liz. »

Il la suppliait. Tant avec la voix qu'avec son regard. Elle fut déstabilisée et se contenta d'acquiescer. Alors, elle le vit quitter la voiture et venir lui ouvrir la portière. Elle resta sans voix, et réalisa que de toute façon, ce moment ne réclamait pas de paroles.

Liz sentit qu'il se plaçait derrière elle au moment où il s'éloignait d'un pas pour lui indiquer le chemin. Ayant conscience de ses pas derrière elle, Liz avança jusqu'au hall d'accueil et se tourna vers Edward. Il avait le regard rivé sur elle, tendre, et angoissé, s'avoua-t-elle.

« Par là. » Indiqua-t-il d'un geste de la main.

En quelques minutes, ils furent devant le bureau du docteur Carlisle, et Edward frappait légèrement à la porte pour s'annoncer. Il la laissa passer devant, et Liz fut surprise de retrouver Alice assise en face du bureau du médecin. Liz se tourna vers Edward, mais la prière dans son regard l'empêcha de poser des questions. Elle hocha la tête pour lui dire qu'elle acceptait ce qu'il demandait, puis elle salua les deux autres.

« Comment vas-tu, Elizabeth ? » Demanda le docteur en lui indiquant le second fauteuil sur lequel s'installer.

« Bien, merci. Je n'ai pas eu à revenir. » Sourit-elle.

« En effet, tant mieux. Tu connais Alice ? »

« De vue. Bonjour. »

« J'étais impatiente de te rencontrer, crois-moi ! » S'enthousiasma la jeune femme devant elle.

« Liz a des questions. » Commença Edward en se plaçant près d'elle.

Quand elle le sentit si près, elle leva les yeux vers lui, et avec étonnement, elle apprécia sa présence.

« Nous t'écoutons, Elizabeth. » Affirma le docteur Carlisle.

Soudain figée, Liz prit le temps de s'apaiser avant de poser sa grande question.

« Vous savez ce qui m'arrive ? »

A peine ces mots dits, elle sentit que quelque chose dans sa tête tentait de se débloquer, elle savait qu'une porte était sur le point de s'ouvrir. Son cœur battait fort dans sa poitrine, anticipant presque le choc à venir.

« Pas vraiment, Liz. » Avoua Edward.

« Mais vous avez une idée » Insista-t-elle en ne regardant que lui.

Elle pouvait lui faire confiance.

« Crois-tu en la réincarnation ? » Demanda Carlisle, après un silence qu'elle supposait méditatif.

Liz l'observa avec attention. Elle cherchait à voir s'il se moquait d'elle. Mais il était sérieux. Elle soupira. Ça pouvait expliquer beaucoup de choses.

« C'est logique, en quelque sorte. » Acquiesça-t-elle.

Edward s'approcha. Elle le vit tendre la main vers son visage, et s'interrompre. Dans son cœur, il y eut comme un pincement. Elle ne regrettait pas qu'il n'ait pas poursuivi son geste, quand même ?

« Tu n'as pas l'air surprise. » Remarqua-t-il, dans un murmure.

Liz vit ses prunelles dorées s'emplir de douleur.

« J'ai l'impression, des fois, de ne pas appartenir à ce monde, à cette vie. J'ai des images dans la tête, comme si mon esprit savait que quelque chose dans cette vie n'allait pas, sans pouvoir tout remettre en place… » Elle se tut.

C'était étrange de dire à voix haute ce qui lui arrivait. Ça y donnait plus de consistance et ça empirait ses craintes.

« Comment nous sommes-nous connus ? » Osa-t-elle demander.

Ils échangèrent un regard. Ce fut Alice qui répondit.

« Tu sortais avec Edward, lors de ta précédente…vie »

« Ah » Elle le regarda, fronçant les sourcils. « Tu te réincarnes aussi ? »

« Pas vraiment » Grimaça-t-il.

« Mais encore ? Je crois que j'ai le droit de savoir ! » S'agaça-t-elle.

« C'est à toi de le découvrir, Liz. » Intervint Carlisle.

« Mais, vous avez dû me le dire dans mon autre vie ! »

Personne ne put répondre, April arrivait déjà et accaparait l'attention de Liz.

« Lizzie, qu'est-ce qui se passe ? »

« Rien de grave, ne t'en fais pas. » Affirma Liz en entraînant son amie à l'extérieur.

« Liz », elle se tourna vers Edward « Tu l'as déjà découvert »

Liz scruta les yeux dorés jusqu'à ce qu'elle sente les questions dans le regard d'April. Elle hocha la tête et se détourna. De toute façon, elle devait faire le tri dans ce qu'elle savait. Ou croyait savoir.

Note : Comme je l'annonçais sur mon FB, une suite arrive…Enfin, un trailer…

Encore merci pour votre patience.

Bisous et à dans une semaine.

Ciao Spuffy