Coucou! Hi! Ola! Namaste! Sa salam Alaykom! God dag! Ay! Yambo! Azul! Aloha! Fè! Ni hao!

Je suis très heureuse de voir au su des reviews et des MP que le dernier chapitre vous a plu! la douceur des histoires des folklores respectifs des elfes et des Wallens a été apprécié et un certain prince elfe ne vous a apparemment pas laissé de glace! :) c'est vrai qu'il dévoile un peu plus son jeu et ses intensions sont claires et nettes! Et cela ne fait que compliquer un peu plus les choses...

LegolasKili: beaucoup de Legolas ne tue pas le Legolas, non? Alors comme ça, on abandonne le roi au profit du prince?! Je t'avoue j'ai beaucoup aimé l'écrire... ;) et heureuse d'avoir été une bouffée d'air dans ton monde de révisions...

Virginie: une petite nouvelle mais non des moindres! :) j'espère combler un peu ton impatience avec ce nouveau chapitre! Pourvu qu'il te plaise tout autant!

Poly Pops: mon dieu! le roi lion! Sors de ce corps sinon je vais souper de cette chanson toute la journée! :) c'est moi qui ai écrit cette histoire de muscles qui roulent? je savais que ça te plairait... du Legolas, du Legolas et encore du Legolas! mais y a qu'à moi qu'il plaît aran Thranduil? quant à savoir s'il lui était là vers le lac... Mystère et banana!

Krassanaia: ma douce... un de tes préférés? Avec des Wallens qui se tatouent, pourquoi ne suis-je pas étonnée?! Et encore... Legolas! mais c'est quoi cette fascination?! XD ... encore merci pour ce nouvel interlude qui est réellement merveilleux! Si vous vous voulez aller lire, je vous le conseille fortement!

Juliefanfiction: toujours fidèle au poste depuis le tout début! heureuse que cette histoire continue de te plaire!

enfin merci à ceux qui m'ont ajouté en favori et en follow! et aux vilains petits anonymes! ;)

aussi un dernier bisou à mon Satanas qui se reconnaîtra sans peine et à Darkklinne dont la fic touche à sa fin et en beauté... une belle aventure! chapeau bas!

ah oui! encore! (oui je sais, je fais le coup à chaque fois!) ma chérie jolie Krassnaia m'a fait un beau cadeau... un blog rien qu'à moi pour abriter mon histoire et mes personnages... si le cœur vous en dit, allez voir et laissez moi vos impressions! .com... c'est fou, non?! Quel cadeau!

Chapitre 21. ( oh my gosh déjà!)

Finnàm,

Le Ceanar gronda dans son sommeil et se redressa, haletant. Le corps brûlant où perlaient de grosses gouttes de sueur, il tremblait de tous ses membres. L'esprit encore égaré par le violent cauchemar qui l'avait tourmenté, le guerrier s'était emparé de son couteau qu'il avait caché sous son oreiller de fortune pour menacer un fantôme invisible.

Elëa qui l'avait discrètement rejoint dans sa tente s'éveilla en sursaut. Elle le regardait maintenant avec appréhension et crainte devant son arme imposante. Elle s'approcha un peu plus près, surmontant sa peur, et posa la main sur sa puissante épaule.

-Que se passe-t-il mellon? demanda-t-elle soucieuse du bien-être de l'homme qui partageait désormais toutes ses nuits. Un mauvais rêve?

-Mauvais rêve? répéta-t-il. Il ricana en replaçant son couteau à sa place. Un cauchemar veux-tu dire, ma douce!

-Veux-tu me raconter et soulager ton esprit?

-Non! cria-t-il violemment.

Le Wallen repoussa la couverture et se releva avec brusquerie avant de sortir sans un mot. Il inspira une grande bouffée d'air froid. L'automne était définitivement là depuis quelques jours et il en était très heureux.

Les habitants de la Cité sur la Mer étaient un peuple du froid qui aimaient se baigner dans les fjords l' hiver, pêcher dans la glace ou bien encore sentir le vent glacial fouetter leurs visages. L'âpreté du temps reflétait si bien leur caractère volontaire, authentique et sauvage...

Il regarda tout autour de lui. Un léger givre recouvrait les branches des arbres leur donnant une allure fantomatique tout à fait exceptionnelle. Leur aspect maladif était ainsi exacerbé mais aussi bizarre que cela puisse paraître ils n'en étaient plus beaux et majestueux.

Ils étaient arrivés à la moitié de l'année qu'ils étaient sensés passer dans le royaume elfique. Bientôt ils repartiraient dans leur contrée, leur princesse en moins. La laisser aux mains des elfes ne le dégoûtait plus autant. Il avait appris sinon à apprécier du moins à respecter les quelques représentants de cette race qu'il avait pu côtoyer tels que le prince, le roi même si l'admettre lui était d'une extrême difficulté et bien sûr Elëa.

Elëa... Par les Valar, il s'en voulait de lui avoir si mal parlé, elle qui ne voulait que le préserver et le soulager de ce qui pouvait le ronger... Comment aurait-il pu lui avouer que son songe ne faisait état que d'elle, de sa mort? Voilà plusieurs jours maintenant qu'il faisait le même cauchemar où il la voyait mourir, à chaque fois de manière différente certes mais la finalité restait toujours la même... et quand ce n'était pas elle, c'était le tour d'Ilyrià... Deux femmes qui avaient partagé ses nuits et une part de son âme.

Il soupira. Que lui arrivait-il donc? Pourquoi se sentait-il si las de son devoir, de ses obligations envers son roi, envers son royaume? Il songeait de plus en plus à tout abandonner pour vivre loin de tout là où absolument personne ne lui demanderait plus rien... où il ne serait pas obligé de fouetter une de ses amies les plus proches... où il n'aurait pas à se battre avec sa soeur...

Peut-être était-ce là l'origine de ses cauchemars? Le choix qu'il devait faire entre son devoir en restant avec sa princesse et tout quitter en emportant l'elfine de ses nuits sous le bras qu'elle soit d'accord ou non d'ailleurs... Un sourire tordit la bouche abîmée de Finnàm. Bien sûr qu'elle serait prête à tout quitter pour le suivre. Sans fausse modestie, il le savait. L'elleth était amoureuse du Wallen sans pour autant lui demander son amour en retour. Elle le considérait comme sa moitié, cette fameuse âme sœur. Lui ne croyait pas à ce genre de choses, à ces considérations cosmiques. Comme le disait Klaùs, ils appartenaient à un peuple très terre-à-terre et lui n'échappait à la règle. Cependant, il éprouvait pour la demoiselle qui partageait sa couche quelque chose de très approchant du sentiment amoureux. Peut-être d'ailleurs l'était-il mais ne savait le reconnaître. Après tout, il n'avait jamais ressenti de l'amour si l'on ne tenait pas compte celui qu'il portait à sa sœur ou même pour Ilyrià. Ils avaient satisfait ensemble des pulsions charnelles et il l'aimait énormément mais ils n'en étaient pas moins que des amis très proches. Une amitié améliorée en somme...

Le commandant s'approcha du brasier et y jeta une ou deux bûches histoire de raviver un peu le foyer avant de s'installer devant en tailleur. Il n'avait pas envie de réfléchir mais ne se voyait pas retourner sous sa tente et retrouver les bras accueillants et si doux de son elfe. Il était trop en colère, trop énervé et savait qu'il ne saurait se montrer que brute avec elle. Il avait plus qu'envie d'y retourner mais la violence de ses émotions lui donnait envie de la prendre avec toute la sauvagerie d'un animal pour la posséder, la marquer comme étant à lui. Et ça, il ne le souhaitait pas. Elle ne soupçonnait cet aspect de lui et il préférait éviter qu'elle ait à le côtoyer avant un moment... Seule Ilyrià connaissait ce côté sombre de sa personnalité car elle même, en bonne Wallen, en était largement pourvue... Le prince risquait d'être plutôt surpris! Finnàm se prit à le plaindre et espérer qu'il était moins chaste et prude que ne le laissait penser les histoires sur les elfes... sinon il se ferait déniaiser assez crûment...

Le Wallen fut pris d'un fou rire incontrôlable. Non! Il était persuadé que Legolas ernil était loin d'être un débutant derrière ses longs cheveux blonds et ses grands yeux! Il lisait assez clairement dans les âmes et était sûr que l'ellon cachait un aspect beaucoup plus sombre de sa personnalité sous ses dehors avenants. Il avait pu voir plus d'une fois maintenant cet éclat sauvage dans son regard azuré en particulier pour tout ce qui touchait à la demoiselle wallen...

Les coudes sur ses genoux repliés, il cala son menton dans une de ses paumes et se mit à tripoter distraitement le bijou qui lui ornait désormais son visage. Il sentit quelques gouttelettes de sang couler le long de sa joue et jura. Il était bon pour un nouveau badigeonnage du cataplasme qu'il avait préparé plus tôt dans la soirée. Elëa lui avait proposé de lui concocter une mixture à base d'athelas mais il avait refusé catégoriquement.

Les nombreuses batailles auxquelles il avait participé comme les entraînements qui dégénéraient souvent lui avaient donné l'occasion d'apprendre certains remèdes basiques. Le Guérisseur sans Nom lui avait ainsi montré comment faire un cataplasme typiquement wallen. Il y était mélangé du romarin connu de son peuple pour ses vertus cicatrisantes comme pour les protéger des mauvais esprits, des champignons qui perpétraient la longévité ainsi qu'un dernier autre élément plus fourbe et traître avec lequel il fallait prendre de grandes précautions, le coquelicot. Peu le savaient mais cet ingrédient était, de tous, un des plus dangereux qui soient. Si ses pétales n'étaient que représentatifs de la symbolique associée au sang et au carnage, il s'agissait aussi un puissant sédatif opiacé. Beaucoup de valeureux guerriers de sa connaissance étaient ainsi tombés entre ses griffes pour finir à Mandos. Tout le secret était dans les proportions et évidemment le savoir-faire.

En grommelant comme un charretier mal dégrossi, il apposa une petite boule de pâte sur la chair martyrisée de sa pommette. Soudain, une ombre s'abattit à côté de lui. Klaùs. Qui d'autre cela aurait-il pu être?! Son second niché dans l'arbre au-dessus de lui n'avait pas perdu une miette de son trouble intérieur.

Toujours torse nu, les flammes fraîchement tatouées semblaient danser sur son dos à la lueur du feu devant eux. De longues traînées carmines avaient séché mais lui s'en fichait royalement. Ses yeux, noirs comme le charbon, luisaient de malice et un grand sourire éclairait son visage barbouillé lui conférant une allure quasi enfantine.

Il s'assit près de Finnàm et allongea ses jambes de manière à ce que ses pieds nus soient le plus proches possible du brasero. Personne n'aurait pu supporter une telle proximité sauf lui. Ce Wallen était complètement et irrémédiablement fou. Le Ceanar avait toujours pensé que la fascination qu'il éprouvait pour cet élément le conduirait un jour à sa perte, volontaire ou accidentelle d'ailleurs.

Quelques minutes passèrent uniquement troublées par le crépitements des bûches. Finnàm rompit ce silence le premier.

-Où étais-tu? Je te croyais endormi, saoul... demanda-t-il brusquement.

Le sourire de Klaùs s'élargit et ses pupilles se fendirent sous l'impulsion de son double reptilien.

-Ah ça mon Ceanar... Un peu ici, dans le camps à jouter avec de jolies elfines aux courbes élancées... Elles montrent une curiosité tout à fait charmante pour l'art du nimh! susurra-t-il avec un rictus prédateur. Un peu là... vers le lac... J'avais terriblement chaud...

-Et tu t'es baigné, en conclut son chef.

-Cha... Je n'ai pas voulu déranger ma cousine, notre princesse... trop occupée avec le prince elfe, répliqua le dragonnet avec une moue réprobatrice. Malgré l'attitude tout à fait irréprochable de Legolas, il avait toujours beaucoup de mal à estimer les elfes.

-Tu les as espionné, maudit reptile!

-Bien sûr! s'exclama le soldat avec un grand rire moqueur. N'aurais-je pas été bien bête de ne pas le faire?! Et crois-moi, caraid, cet ellon est loin de ce que j'avais pu supposer... Il sait mener sa barque!

-Ah oui? marmotta Finnàm, une lueur rusée dansant dans son regard turquoise. Pourquoi ne suis-je pas étonné le moins du monde?...

-Math dhà riribh! (excellent!) reprit son second tandis qu'il s'allongeait à même le sol, les bras croisés sous la nuque.Ily ne s'en est même pas rendue compte mais il l'a menée là où il le voulait lui... Très habile, ce maître elfe!

-Et fort épris...

-Oui certes, répondit Klaùs soudainement plus sombre. Du moment qu'elle, elle fasse la différence entre son peuple et « eux », cela me sied. -il soupira en retroussant ses lèvres comme s'il s'agissait de babines, signe de son mécontentement- Je commence à douter qu'elle sache encore où est cette frontière...

-Elle fera partie des leurs à terme et ce, jusqu'à sa mort, caraid. Elle ne pourra qu'être plus elfe que Wallen...

-Impossible! - Klaùs se rassit et le fusilla du regard- Non! Elle ne peut pas! Elle ne sera jamais des leurs! Ce n'est pas parce qu'un d'entre eux la traite bien que les autres ne lui feront pas sentir qu'elle n'est qu'une étrangère! Jamais elle ne pourra appartenir à leur peuple! S'emporta-t-il.

-Air do shocain mo brathair! (du calme mon frère!). Il ne sert à rien de t'énerver ainsi! Les dés sont jetés et l'avenir n'est pas en pouvoir. Les choses se feront comme elles doivent être...

-Tu es bien philosophe, remarqua Klaùs en se calmant. Et d'ailleurs pourquoi es-tu dehors à subir le froid au lieu de profiter de la chaleur des bras de la douce Elëa?

Finnàm sentit la colère et l'effroi pulser dans ses veines. Ses narines se dilatèrent et ses mâchoires contractées indiquèrent au soldat toute l'urgence de la situation. Il se releva pour s'accroupir devant le Chef gardien. Le jeune homme mit la main sur son épaule et la pressa, l'air sérieux.

-Cauchemars et sombres pressentiments m'assaillent ces temps-ci, saghdear... Je ne suis plus réellement à ce que je suis.

-La tâche qui t'a été dévolue par mon oncle ne devrait pas reposer sur les épaules d'un seul soldat, si bon soit-il. Elle est bien trop ardue... et Sturten le savait! Mon oncle, comme son frère qu'Erù dans sa grande bonté m'a accordé comme géniteur, lâcha-t-il sarcastique, sont égoïstes et ne se rendent pas compte des difficultés que cela engendre... Ne se rendent pas compte ou s'en contrefichent, galla!

Si Klaùs avaient tenu de tels propos quelques mois auparavant, Finnàm l'aurait matraqué avant de lui mettre les fers mais la motivation du Ceanar s'était misérablement effilochée. Aussi, ne releva-t-il pas l'affront du jeune Wallen.

-Surveiller ma cousine est déjà chose impossible en soi! maugréa-t-il en roulant des yeux, hilare. Regarde brathair, la plupart du temps nous sommes quatre à lui tourner autour pour sa seule sécurité et on ne peut pas dire qu'il n'y ait pas eu de failles!

Finnàm se mit rire franchement lui aussi.

-As-tu vu pire peste qui soit que celle-ci?! continua Klaùs, impitoyable envers Ilyrià. Elle n'en fait qu'à sa tête... à supposer qu'elle en ait une! C'est à se demander parfois...

-C'est une Wallen, dit le Ceanar avec un haussement d'épaules comme si cela expliquait tout.

-Mo ton! (mon cul!)... trop facile! Elle est juste a clann (une enfant) butée, capricieuse...

-Attachante et loyale, le contra le Commandant avec une esquisse de sourire.

-Fière et colérique!

-Affectueuse, enjouée et heureuse de vivre!

-De mauvaise foi... des manières dignes d'un orc ou d'un gobelin! Trop gourmande et de tout! -il lui fit un clin d'œil de connivence- ... pas assez effarouchée pour son propre bien!

-Tùch! Cela suffit! rit Finnàm avant de se lever. Tu es fou, mon ami... Trop fou pour ton propre bien, Klaùs! Mais merci, caraid. Oidhche math! (bonne nuit!)

Il le salua et le laissa seul pour retrouver Elëa sous la tente. La vision du corps alangui de l'elleth réveilla ses appétits. Le guerrier se déshabilla entièrement, se moquant bien de la morsure du froid. Il attrapa la couverture et se glissa dessous pour se coller contre la peau chaude de son amante qui gémit. Le Wallen commença à lui mordiller le lobe de l'oreille avant de lui picorer le cou de baisers ardents. Le manque de réaction de l'elfine finit de le frustrer et il n'y tint plus. Le loup en lui prit les commandes et il se laissa porter par ses pulsions animales.

Il arracha le drap et, l'emprisonnant de ses bras en dépit de ses protestations, et la fit rouler sur lui. Puis, dans un second temps, il fit peser son corps musculeux contre le sien doux et soyeux. Il plongea ses yeux turquoises dans ceux, bleutés, de sa compagne. Un grondement sourd remonta dans sa gorge et, d'un mouvement de reins puissant, il la posséda sommairement comme tous les deux en étaient friands. L'heure n'était pas aux jeux mais à l'urgence, celle de l'imprégner, de la faire sienne. La nuit était à eux et il comptait en profiter avant leur arrivée à Erebor, là où leurs contacts seraient malheureusement beaucoup moins aisés.

Et oui, à bien y réfléchir, il se voyait bien passer le reste de de sa courte vie avec elle, loin des tracas et des tourments de sa vie actuelle de soldat.

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Ilyrià,

La caravane avait repris la route aux aurores. Pour elle qui n'était pas du matin, le lever avait été particulièrement dur. La jeune femme s'était couchée tard et, la tête en ébullition (tout comme ses hormones, il fallait bien l'avouer...), elle n'avait pas réussi à fermer l'œil.

L'esprit tourmenté par ce qu'il s'était passé avec Legolas, elle n'avait eu de cesse de se débattre dans ses couvertures si bien que sa couche avait vite ressemblé à un champ de bataille. Elle ne s'était assoupie que très tard ou tôt suivant le point de vue d'où l'on se plaçait, la tête sous l'oreiller.

Le cor avait ainsi retentit, l'arrachant aux bras d'Irmo, quelques minutes après s'être endormie. De ça, elle aurait pu en jurer. Pourquoi tant de haine à son égard? la jeune femme gémit en se levant avec difficulté et enfila à la va-vite quelques vêtements éparpillés ça et là. Ne voyant pas sa camériste, elle se fit la réflexion qu'Elëa elle aussi avait dû louper l'heure du réveil, ce qui était une grande première. Elle sourit, heureuse de ne pas être la seule dans ce cas et une elfine qui plus est! Elle démêla ses cheveux avec ses doigts et sortit de sa tente en sautillant sur un pied alors qu'elle tentait tant bien que mal d'enfiler ses bottes. Perdant l'équilibre, la Wallen tomba littéralement dans les bras de ce qui lui sembla être un géant. Ilyrià grogna et releva son visage vers un Legolas rieur.

L'elfe la retenait d'un bras protecteur enroulé autour de sa taille dont la main s'égarait sur sa hanche pulpeuse. De l'autre, il tenait ce que l'estomac de la jeune femme reconnut aussitôt.

-Lembas! gronda-t-elle en le lui arrachant des doigts.

-Et après, c'est moi qui abuse quand je dis qu'elle doit être l'engeance cachée d'un gobelin?! S'exclama Klaùs en lui tendant un hanap.

Elle s'assit sur un tabouret et versa le lait qui lui avait aussi donné l'ellon dans la coupe d'hydromel. Elle but son contenu d'un trait avant de fourrer un autre morceau de pain dans sa petite bouche avide. Legolas la regarda faire, amusé alors que son cousin s'esclaffait bruyamment.

-Et tu comptes tenir à cheval après un hanap entier? Je pensais plutôt à une gorgée, co-ogha!

-Il me fallait au moins ça pour me réveiller... grommela sa cousine.

-La nuit a été courte? demanda Klaùs d'un ton qui aurait pu paraître anodin sans le clin d'œil appuyé d'un ostentatoire raclement de gorge.

Legolas et Ilyrià rougirent de concert alors que le Wallen éclata de rire. Il se leva en se frottant les mains.

-Bon, bon, bon... direction...?

Nous passerons par Lacville mais nous ferons une dernière halte avant de sortir de la forêt pour que les montures puissent s'abreuver et se reposer, cracha l'ellon et nul besoin d'être devin pour deviner que l'ordre émanant de son père le visait tout particulièrement. Cette sollicitude semblait le frustrer à tel point qu' Ilyrià ne put s'empêcher de lui sourire tendrement. Son regard durci par la colère se radoucit sous la caresse des yeux à la double couleur qu'il chérissait tant.

Ils reprirent la route quelques minutes plus tard, la Wallen juchée une fois de plus sur Silmë. Les deux compagnons de route avaient trouvé un semblant de position de croisière et elle en était fortement soulagée. L'ellon avait beau être longiligne et svelte, il n'en était pas moins lourd pour elle qui lui arrivait à grand'peine au bas des épaules. La jeune femme se rendait bien compte que l'elfe derrière elle était de plus en plus entreprenant... et ce qui la surprenait, c'était qu'elle ne s'en offusquait pas. Le sentir dans son dos, sa chaleur se diffusant de son corps au sien, lui plaisait même si elle refusait de se l'avouer. Il l'avait toujours apaisé mais depuis ce qu'ils avaient subi ensemble avec les orcs, leur relation avait évolué sans qu'elle s'en aperçoive. Et si elle avait eu un doute, le regard noir de Thranduil lorsqu'il passa près d'eux fini de la convaincre. Sans un mot, par un simple coup d'œil, il avait réussi à doucher son enthousiasme. Depuis lors, la jeune femme avait du mal ne serait-ce qu'à parler.

Legolas s'était aperçu de sa mauvaise humeur et avait renoncé à la distraire. D'un geste aussi doux qu'autoritaire, il la cala confortablement contre lui et dirigea Silmë lui même sans son aide. La sentir tout contre son torse le fit sourire. Ainsi installée, elle se laissa aller à une profonde rêverie qui la terrassa rapidement. Elle s'endormit d'un sommeil lourd et peuplé de rêves plus cauchemardesques les uns que les autres.

Ilyrià était seule et abandonnée de tous. Dans un endroit effrayant qu'elle ne remettait pas, la princesse sous la Mer était tout ce qu'il y a de plus égarée, son monde écroulé autour d'elle. Tout n'était plus que cendres et désolation. Finnàm et Klaùs n'étaient plus que poussière tout comme Legolas... Avec son propre père, le roi elfe était à genoux, entravé. Ses si beaux cheveux blancs semblaient brûler sous un feu dévastateur... Et elle ne pouvait rien faire, comme enchâssée dans une terre qui s'ouvrait béante pour l'avaler.

La jeune femme se tortillait et sa tête roulait d'un côté à l'autre. Les mains tremblantes, la respiration erratique et quelques larmes coulant épisodiquement sur ses joues, elle agrippait convulsivement aux manches de la tunique de l'elfe.

Soudain, de l'inconscient où elle se sentait désespérément perdue, une chaleur bienvenue l'enveloppa toute entière. Elle eut l'impression d'être bercée dans les bras les plus protecteurs qui soient. La sensation de bien-être fut renforcée par le son d'une voix mélodieuse qui chantonnait en de suaves murmures contre son oreille.

C'était comme si elle avait enfin retrouvé sa place, comme si le désespoir de la perte de quelque chose de vital s'était comblé. Son esprit dériva encore plus loin vers d'apaisantes contrées où les embruns se disputaient son attention à une lande des plus sauvages. Elle distinguait les contours d'une vague silhouette qui semblait l'attendre mais ne pouvait distinguer qui l'attendait de toute évidence. Elle ne pouvait voir que de longs cheveux aussi éclatants que le soleil...

La Wallen fut réveillée par une caresse rugueuse sur la joue et le désagréable sentiment d'être arrachée de son cocon aimant suivi d'un bruit de sabots au galop. Elle ouvrit les yeux, éblouie par un beau soleil automnal étonnamment lumineux pour la saison déjà bien avancée. Un sourire naquit sur les lèvres du visage penché au-dessus d'elle. Finnàm la reposa à terre sans délicatesse aucune.

-Et bien, mo bana-phrionnsa... Voilà ce qui arrive lorsque l'on boit un hanap entier d'hydromel en guise de petit déjeuner! railla le Ceanar.

-Klaùs le fait bien lui et tous les jours qu'Erù fasse, soupira-t-elle.

-Thu co-ogha is amadan! (ton cousin est un idiot!) C'est pourtant avéré! Depuis quand suis-tu son exemple?!

Ilyrià se massa les tempes, la tête cotonneuse et s'adossa au soldat.

-Rappelle-moi de ne plus boire, mo caraid...

-Jusqu'à la prochaine fois...

-C'est ça, sourit la jeune femme. Heureusement, Legolas m'a soutenu... Je l'ai senti à-travers ce cauchemar de flammes, assura-t-elle certaine.

Finnàm l'attrapa par les bras pour l'obliger à lui faire face. Elle allait protester quand elle vit son visage livide. Ses yeux de mer avaient viré à l'orage et fouillaient les siens, une lueur un peu folle dans le regard.

-Des flammes, dis-tu? Réponds moi, femme!

Il le secoua comme une poupée de chiffon devant les elfes présents médusés. La Wallen tenta de se dégager mais la poigne du Ceanar était trop forte. Une main de fer dans un gant... de fer également. La tête commençait à lui tourner singulièrement, encore groggie par harassante chevauchée.

-Finnàm ! tonna la voix impérieuse de Klaùs. Lâche là!

Il saisit le Commandant en le ceinturant par derrière. Quand il lâcha prise, Ilyrià recula de quelques pas en se massant les bras, les yeux arrondis par la stupeur. Sans demander son reste, elle tourna les talons et s'enfuit en s'enfonçant dans les bois.

Elle courut jusqu'à ce qu'elle trébuche sur une souche et s'étale lamentablement. Si elle n'avait pas été aussi choquée par l'attitude agressive de son ami, elle aurait sûrement ri de sa maladresse. Mais là, la vue de sa tunique souillée de boue tout comme son pantalonlui fit monter les larmes aux yeux. Elle se mit à pleurer et, d'un mince filet, bientôt un torrent se mit à couler sans discontinuité. Toute la frustration acquise depuis des mois et la peur emmagasinée ressurgissaient sans qu'elle puisse y opposer la moindre résistance. Ilyrià resta là à genoux dans une flaque de boue à pleurer sur son sort, son passé et son devenir. Qu'allait-il donc advenir d'elle?

Elle avait cette impression tenace que cette forêt de malheur finirait un jour par avoir sa peau, par la consumer entièrement... Après tout, elle n'était qu'une fille perdue dans un océan de sentiments plus douteux les uns que les autres. Legolas n'avait certainement pas arrangé les choses avec son attitude ambiguë de la nuit. Quoique non, elle ne pouvait pas la qualifier ainsi car l'ellon s'était montré on ne peut plus clair sur ses intensions envers elle. Rien que d'y penser, une bouffée de chaleur envahit le corps de la Wallen. Elle ne pouvait nier l'attirance qu'elle ressentait envers l'elfe. Il la comblait et cet aspect dur et intransigeant qu'il lui avait montré la veille la séduisait assez... à son plus grand dam.

Ilyrià se fustigea intérieurement. Qu'est ce qui n'allait pas chez elle? Comment pouvait-elle éprouver de tels sentiments pour deux êtres aussi proches?! C'était risible. Elle ne pouvait qu'être mauvaise, pourrie de l'intérieur... quoi d'autre sinon? Elle n'apportait que la discorde et finirait par semer le malheur dans ces satanées cavernes... Elle fut prise d'un fou rire in contrôlable qui résonna lugubrement dans le dédale d'arbres. Elle essaya de se redresser mais retomba lourdement sur son séant.

-Oh galla! jura-t-elle entre deux hoquets de rire.

Pour finir de la rendre plus misérable encore, il se mit à pleuvoir. Bientôt, un rideau dru tomba sur la forêt transperçant violemment le feuillage des arbres comme autant de piqûres désagréables. Ilyrià se remit debout et avança péniblement vers ce qui lui sembla être au loin un abri.

C'était bien ça. En quelques foulées, elle arriva devant ce qu'elle reconnut être un talan aux description que lui en avait fait Legolas. L'usure du temps avait fait son œuvre et malgré l'état décrépi de l'échelle, elle monta rapidement. Ses vêtements détrempés lui ne facilitèrent pas la tâche et elle dût prendre garde où elle posait les pieds. Le bois vermoulu qui craquait sinistrement ne lui disait rien qui vaille. Arrivée sur une espèce de terrasse, elle avisa une porte d'entrée et, la pluie faisant de plus en plus rage, la Wallen s'efforça de l'ouvrir. Furieuse de la voir lui résister, elle y mit un grand coup d'épaule.

Grand mal lui en avait pris. La porte céda et la jeune femme, emportée par son élan, bascula à l'intérieur. Prenant appui sur une latte plus fragile, son pied passa à travers le plancher suivi par la moitié de son corps. Seule une de ses mains agrippée à la maudite poignée la retenait d'aller s'écraser plusieurs mètres plus bas. Elle se voyait déjà tomber lamentablement et se briser la nuque.

Ci- gît Ilyrià dont la fin grotesque a clos sa vie toute aussi absurde. L'épitaphe était toute trouvée...

Elle ferma les yeux et, l'espace d'un instant, elle éprouva un grand soulagement. L'épuisement la gagnait. La lassitude prenait insidieusement le pas sur son si légendaire appétit de vivre... Alors oui, la Wallen était soulagée.

Soulagée de ne pas avoir à passer sa vie dans ces cavernes. Soulagée de ne pas croiser chaque jour qu'Erù fasse celui auquel elle ne devait pas penser. Soulagée de ne plus avoir à ressentir quoi que ce soit alors que chaque journée qui passait la faisait se noyer un peu plus...

Alors Ilyrià, la fière princesse sous et sur la Mer, rendit les armes et abandonna. Elle ferma les yeux et lâcha la poignée, prête pour l'inévitable. Or rien ne se passa. A la place de la chute à laquelle elle aspirait, elle sentit un étau lui broyer la main. Cette poigne la remonta comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'un bébé étoile de mer pensa-t-elle étourdiment.

Elle se retrouva le nez contre ce qui lui sembla être un torse de granit. En levant les yeux, elle croisa les orbes polaires du roi elfique. Il semblait au delà de la fureur. Une rage incommensurable brouillait les traits magnifiques de son visage. Il attrapa son autre poignet et la ramena vers lui d'un geste brutal. Elle se cacha dans les plis de sa tunique, ne supportant pas le contact visuel qu'il voulait lui imposer. C'était comme s'ils se battaient. Le souverain cherchait à capter son regard alors qu'elle se débattait contre lui pour lui échapper. Perdant toute contenance, il la prit par la taille et la souleva sur son épaule comme un vulgaire sac. Elle avait beau tambouriner sur son dos de ses petits poings avec toute la force sont elle était capable, il n'en avait cure comme si une plume le chatouillait gentiment. La rage qu'elle éprouvait contre lui se mua en pleurs. Elle avait abandonné l'idée de lui faire lâcher prise. Thranduil était bien trop fort. Il descendit prudemment du talan et les abrita sous la terrasse. Pour quoi n'y avait-elle pas pensé au lieu de monter à cette foutue échelle?! Parce qu'elle n'avait plus les idées claires... Il la déposa délicatement à terre avant de se retourner vers un homme qu'elle n'avait pas vu jusque là. A bien le regarder, elle doutait qu'il s'agisse d'un humain lambda. Immense et doté d'une carrure juste incroyable, il était uniquement vêtu d'un pantalon de toile rapiécé. Son torse nu était couturé d'horribles cicatrices et des fers cassés enserraient ses poignets. Son visage était mangé par une barbe imposante et paraissait étrangement animal. Ses yeux mordorés se posèrent sur elle un court instant et la bienveillance qu'elle put y lire lui mit du baume sur son cœur meurtri.

-Merci, maître Beorn, dit l'ellon d'une voix basse et vibrante. Merci de me l'avoir retrouvée et de m'en avoir informé. Je vais la ramener auprès des nôtres.

-Ce n'est pas une elfe, remarqua le dénommé Beorn d'une voix étonnamment douce pour sa corpulence.

-Cette femme est la promise de mon fils, le prince Legolas Vertefeuille, rétorqua Thranduil avec une pointe d'impatience comme si ceci suffisait à expliquer cela.

Alors, je la laisse entre des mains amies... Je vais me retirer maintenant. Je ne souhaite pas rencontrer plus des vôtres, seigneur elfe.

Il se détourna et s'enfonça rapidement dans la forêt après avoir jeté un dernier coup d'œil à la jeune femme recroquevillée sous le grand arbre qui soutenait le talan. Le change-peau parti, l'ellon resta dos à la Wallen comme s'il ne souhaitait pas la regarder. Tétanisée par son absence de réaction, elle appréhendait le moindre mouvement du roi. Il lui apparaissait comme un fauve prêt à bondir sur sa proie. Ilyrià avait l'impression que si elle bougeait, il lui fonderait dessus... et pour quoi? Elle n'en savait rien et cela lui faisait peur. Son dos raide et ses épaules contractées étaient le signe de sa profonde colère. Ilyrià se leva doucement et amorça un pas vers la gauche. Il se retourna vivement et la foudroya du regard. Elle pouvait lire un déferlement de sentiments qui s'y entrechoquaient violemment... le ressentiment et la rancœur tout comme le chagrin et l'amertume.

-Que pensiez-vous faire là? Qu'espériez-vous? Tomber? dit-il, les yeux étincelants.

Elle aurait mille fois préféré qu'il hurle car le murmure rauque qui lui servait de voix la fit frissonner. C'était comme le ciel bleu avant le déferlement de la tempête... et l'œil du cyclone se rapprochait d'elle dangereusement. L'ellon l'accula contre le tronc. Ils ne se touchaient pas mais cette proximité mettait tous ses sens en ébullition comme ceux du roi en face d'elle. Ilyrià avait surtout peur à vrai dire. La frustration qui suintait de tous les pores de la peau de Thranduil lui envoyait des signaux d'alerte.

-Rien, aran nîn... Mes forces m'ont abandonnées, c'est tout ce dont il s'agit... souffla-t-elle, les yeux baissés.

Il donna un coup de poing dans l'arbre juste à quelques millimètres de son visage.

-Ne me mens pas Ilyrià! grinça-t-il, les dents serrées.

Le tutoiement involontaire de l'elfe la laissa pantoise. Il devait être totalement hors de lui pour en arriver là.

-Tu ne cesses de nous faire comprendre que tu es une digne représentante de ton peuple, que les Wallens ne sont que force et détermination! Et tu abandonnes... encore et encore... Pinig! Cracha Thranduil. Tu n'es qu'une enfant apeurée en réalité. Tu es effrayée par la moindre difficulté qui se présente à toi... - il lui prit le menton et la força à le regarder droit dans les yeux- Que crains-tu ainsi? Moi?... Legolas?

-Ciod?

-Je ne suis pas idiot, wen nîn, soupira-t-il en lui caressant la joue du bout des doigts malgré la colère et la jalousie qui lui mordaient l'esprit. Je vous ai vu hier... - la bouche d'Ilyrià s'arrondit de surprise- Je ne saurai mentir et dire que cela m'ait plu mais les choses se replacent d'elles-même et... tout est pour le mieux. Il devait en être ainsi... Alors ne vous torturez plus, il n'y a aucune raison à cela...

Bizarrement, alors que la colère du roi s'apaisait, celle de la jeune femme croissait exponentiellement au fil de ses paroles. Il lui donnait son aval? Et puis quoi encore? Pourquoi ne la jetait-il pas directement dans les bras de Legolas comme une vulgaire marchandise? Personne n'avait à lui dire ce qu'elle devait faire et encore moins ressentir! Non mais oh! Pour qui se prenait-il?

-Vous avez raison! dit-elle d'une voix neutre en se dégageant de son emprise. Elle fit quelques pas et reprit: complètement raison, mo righ! Après tout ne lui suis-je pas destinée? Et oui, j'éprouve quelque chose pour lui... un sentiment fort qui s'amplifie de jour en jour... Il est si... Il est toujours présent pour moi, jamais ne me fait défaut... Vous avez dû vous en rendre compte étant donné que vous étiez là, au lac... Nous avez-vous espionné tout du long, righ Thranduil? - sa voix monta d'un octave- Vous devez avoir le sang bien froid aran nîn ou alors... vous avez assouvi une pulsion et passez désormais à autre chose... Je comprends, avec beaucoup de mal mais je comprends...

Elle avait à peine fini sa tirade grandiloquente que l'ellon s'était jeté sur elle. Il la saisit par les bras et la plaqua contre lui en la soulevant de façon à ce que son visage soit contre le sien. Les fjords qui lui servaient d'yeux étaient gelés par la rage froide.

-Tu ne sais rien, petite fille, murmura Thranduil en effleurant ses lèvres des siennes tandis qu'il parlait. Absolument rien. Je fais ce qui doit être fait quoi qu'il m'en coûte en dépit de ce que je voudrais... ainsi est le rôle d'un roi. Le bien du plus grand nombre...

-...prévaut sur les intérêts personnels, finit machinalement la Wallen. Je connais la chanson, a righ. N'oublies pas qui est mon père... Je sais tout ça.

Il la reposa à terre et fit un pas en arrière.

-Alors tu comprends de quoi il retourne, ma Dame. Le lien qui nous unit, et je ne nie pas qu'il existe, ne peut être. Pas comme cela. C'est pourquoi je ne peux venir te secourir ainsi à chaque fois que tu trébucheras... Montres-toi telle que tout le monde te voit, forte... et horripilante... - il se retourna pour regarder autour de lui- Je me demande comment vous avez fait wen nîn pour vous retrouver ici, dit-il d'une voix devenue subitement pensive.

Le passage du tu au vous comme son discours décousu donnaient le tournis à la Wallen. Elle s'avança à côté de lui et observa avec plus d'attention le lieu où elle avait cru trouver refuge. Ils étaient entourés d'arbres immenses et plusieurs fois millénaires à n'en pas douter qui délimitaient un espace tout à fait unique. Il s'agissait d'un ancien campement nomade. Quelques talain étaient encore présents, plateformes fantomatiques entre les branchages, ainsi que plusieurs constructions de bois à même la terre qu'Ilyrià auraitqualifié de huttes. Les éléments naturels autour de ces antiques habitations avaient dû très certainement servir à protéger ses occupants des possibles attaques comme du soleil ou encore de la pluie. Tout semblait être figé comme si le temps n'avait pu entièrement faire son œuvre ici. C'était tout bonnement magique et d'une magnificence mortifère. La vie avait quitté ces lieux, elle pouvait le sentir. Mue par une impulsion, Ilyrià s'approcha d'un grand frêne qui trônait au milieu des habitations. Qu'il était étrange de retrouver un tel arbre au milieu de constructions elfiques elle aurait pu en jurer. Le frêne était wallen et le voir là était comme un présage, une métaphore de sa vie à elle et à eux. Elle passa la main sur l'écorce, douce et rugueuse à la fois. Voilà bien ce qu'elle devait être elle même. Fière et ne pliant pas l'échine. Rester elle en dépit de tout.

-Où sommes-nous? demanda-t-elle avec douceur.

Le roi n'eut pas le temps de répondre qu'une autre voix intervint.

-Vous avez trouvé un des premiers lieux où Oropher a installé les nôtres... avant que la menace noire ne nous fasse reculer et ériger les cavernes qui nous servent désormais de refuge, wen nîn.

La voix forte de Legolas avait claqué dans la bulle de murmures où ils s'étaient enfermés. Ilyrià se retourna vivement et sourit à l'ellon. Il semblait attirer le peu de lumière des bois à lui tout seul. Son arc à la main, il était visiblement à la recherche de quelque chose... ou quelqu'un comprit la jeune femme. Évidemment. Encore une fois. L'éclat froid dans son regard lui fit comprendre qu'il était lui aussi courroucé et affecté par son attitude. Elle avait encore disparu et il avait craint le pire.

La Wallen soupira intérieurement et pinça les lèvres de mécontentement. On ne pouvait donc avoir une crise existentielle en toute tranquillité?! Elle se savait d'une rare mauvaise foi car si le change-peau comme l'avait appelé Thranduil ne l'avait pas averti de sa présence, elle serait morte à cette heure-ci, disloquée au bas d'un arbre... De plus, la maigre conversation avec le roi lui avait ouvert les yeux sur certains des sentiments qui agitaient l'esprit de l'elfe. Oui, il éprouvait quelque chose de fort pour elle mais la préservation de son royaume passerait avant tout le reste. Jamais il ne ferait quoi que ce soit qui en menace sa pérennité. Elle aussi avait mis des mots sur certains émois qui l'agitaient. Elle en avait maintenant une conscience assez aigüe et la honte qu'elle avait pu ressentir un peu plus tôt s'était quelque peu atténuée à défaut de disparaître totalement. Elle était une Wallen. Elle était forte. Thranduil avait raison. Rien ne servait de se laisser submerger par un torrent d'émotions toutes plus contradictoires les unes que les autres. Quelle ironie pour une sirène de se noyer ainsi!... Après un sourire discret pour le roi et un plus franc pour le prince, elle les dépassa et repartit sans les attendre vers le camps, la tête haute.

Il était l'heure de partir et de laisser le passé derrière soi, sous le couvert de ce bois moribond.

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Gallion,

L'urgence. Voilà bien le sentiment qui l'oppressait et lui tordait l'âme. Il était plus que pressé que cette diablesse quitte non seulement son monde mais LE monde. Il ne pouvait laisser pareille engeance fouler le sol d'Arda plus longtemps sinon elle reviendrait encore et encore œuvrer à la perte de son royaume, de son roi et de son prince.

Que pouvaient-ils donc lui trouver à cette petite et misérable chose? Elle n'avait rien pour elle, petite, trop en chair avec des cheveux trop noirs qui ressemblaient... à rien justement! Il détestait tout chez elle. Absolument rien ne trouvait grâce à ses yeux... Et pourtant, elle avait ensorcelé les deux ellons les plus importants de la Forêt Noire si ce n'était de la Terre du Milieu! elle était forcément une sorcière, cette Wallen mal dégrossie.

Il avait pourtant cru l'espace d'un moment que ses prières avaient été entendues des dieux. Son cœur avait fait une embardée dans sa poitrine quand il l'avait vue accrochée à cette porte. Il la voyait déjà morte ensevelie par la terre, à jamais perdue. Mais non! Il avait fallu que ce change-peau la renifle et prévienne le roi qui n'était qu' à quelques pas d'ici. Comme à chaque fois qu' il prenait cette route, le seigneur Thranduil avait souhaité se rendre en pèlerinage sur les premiers lieux où son père avait établi leur colonie... et il l'avait secourue. Ne prenant aucunement garde à lui, il avait accouru pour la sauver et lui avait eu la confirmation de ce qu'il soupçonnait depuis quelques temps...

La colère du souverain comme les regards avec lesquels il la couvait, cette façon de la tenir si près, de presque l'enlacer, de couvrir ses lèvres des siennes... plus aucun doute ne lui était permis. L'habituel remontée gastrique qui le prenait lorsqu'il pensait à la jeune femme remonta dans sa gorge. Mais cette fois, il ne put la retenir et il vomit. La rage, l'amertume, l'agressivité qu'il ressentait à son encontre ne pouvaient plus être contenues.

Il s'assit contre un arbre et inspira. Il devait réfléchir. Calmement et avec tout le recul dont il était capable. Rien ne servait de se jeter la tête la première. Il avait été aux premières loges pour voir que cela ne servait à rien si ce n'était à la rapprocher de ceux dont il voulait au contraire l'éloigner. Depuis son retour au sein des cavernes, il n'avait eu de cesse de suivre ou de faire suivre la Wallen. Il devait connaître le moindre de ses faits et gestes. Il l'avait vu minauder avec le prince Legolas qui ne voyait décidément pas plus loin que le nez de cette maudite sauvageonne. Oh il avait bien remarqué que le prince pouvait aussi se montrer furieux contre elle mais elle avait l'art et la manière de lui retourner l'esprit... La scène évocatrice à laquelle il avait assisté la veille l'avait dégoûté au plus haut point comme de voir le visage douloureux de son roi lui aussi témoin indésirable...

Non, il fallait agir. Heureusement, il avait un plan. Cette visite au royaume nain tombait à point nommé. Elle lui donnait l'occasion qu'il n'avait pas eu jusque là. Il allait pouvoir mettre à exécution ce qu'il avait préparé avec tant de minutie. Elle allait mourir et sa mort serait imputée à l'inimitié que le roi entretenait avec les habitants d'Erebor. Ils seraient des bouc-émissaires plus que crédibles. Encore un jour et la Wallen aurait disparu.

Sa forêt retrouverait enfin toute sa quiétude dont elle manquait si cruellement depuis l'arrivée de cette envoyée de Morgoth. Le roi redeviendrait enfin lui-même. Une seule chose le désespérait et lui asséchait malgré tout le cœur... La perte du prince sacrifié sur l'autel de la préservation du royaume elfique... Car Gallion avait compris une chose. La Wallen ne devait pas être la seule à disparaître. Ils étaient tous les deux concernés par cette prétendue vision des Valar... Et si elle mourrait, qui disait qu'une autre ne serait pas envoyée pour lui succéder et épouser le prince Legolas?

Non. Malheureusement, les deux devaient inévitablement mourir pour couper court à cette calamiteuse union. Il ne pouvait en être autrement.

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Et voilà! c'est la loose, non? Alors? Que va faire Gallion? Et qu'arrivera-t-il à Ily et Legolas? Qu'a-t-elle enfin compris selon vous? Et qu'en sera-t-il pour Thranduil? Et ce Finnàm qui commence à lâcher l'affaire... Quant à Klaùs, bah... c'est Klaùs! je l'adoore celui là! Suite au prochain chapitre avec l'arrivée à Erebor? Je vous promets des nains, de la rancune, de la danse, de l'alcool bref une soirée très mouvementée! ;)

bisous tout doux les didous!

ps/ au fait: team Thranduil ou team Legolas? ;) apparemment tout le monde n'est pas sur la même longueur d'ondes! ^^ ... Et c'est un des moteurs de cette histoire en même temps... entre pulsion et relation sincère qui se croisent, se décroisent et se recroisent... XD