Maudite
Bonjour tout le monde, comment allez-vous ?
Je sors d'une matinée studieuse alors je fais une pause et vous donne ce chapitre. Certain(e)s ont lu le trailer, d'autres non. En tout cas, j'espère qu'il va vous plaire.
Attention au POV !
Je lance un grand merci à acheroniastyx pour tous ses précieux conseils.
Chap8-Il faut que je sache.
POV Liz
Mon cerveau allait finir par exploser si je continuais à réfléchir aussi intensément, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Mon esprit passait en revue les images que j'avais de ma vie actuelle et de ma (ou mes ?) vie antérieure.
Je revoyais clairement cette petite sœur avec qui j'aimais passer du temps le soir, avant d'aller dormir. Nous parlions à voix basse, couchées sur une couverture au sol. C'était notre rituel depuis aussi loin que je m'en souvenais. Mais il y avait aussi ces moments avec les Cullen, et mon père, Charlie.
Le prénom était apparu lorsque j'ai rabattu les draps sur moi pour me coucher.
Je soupirai et me retournai dans mon lit. J'avais l'impression que depuis que j'avais mis un mot sur ce qu'il m'arrivait : la réincarnation, mon esprit et mon corps refusaient de s'apaiser ils m'obligeaient à tout revoir et tout ressentir à nouveau. Or, j'avais cours le lendemain et je savais que je ne tiendrais pas si je ne dormais pas un peu.
« S'il-te-plait, laisse-moi au moins quelques heures de répit ! » Suppliai-je en frappant mon oreiller pour me défouler.
J'étais peut-être folle de parler à mon esprit, mais si ça pouvait aider !
Apparemment, ce ne fut pas le cas…
OoOoOoOoO
A peine eussé-je fermé les yeux, je vis apparaître sous mes paupières un de mes pères. Celui que je haïssais pour les obligations qu'il m'imposait dans l'entreprise familiale. Moi qui rêvais d'écrire ce que je voyais, ce que je ressentais... Mon esprit fusait sans cesse d'idées, et en secret, j'aimais les poser sur le papier. Je savais que je n'avais aucune chance de les voir paraître un jour, mais j'avais besoin de les noter, sous peine d'en être hantée.
Surtout depuis que ces étranges images étaient apparues. Parfois, j'avais même l'impression de ne pas appartenir à cette grande famille Linch, mais à une autre. Comme si j'avais été adoptée et me souvenais par bribes de mes premières années avec ma vraie famille.
« Tu viendras à ce bal et tu resteras avec Nikolas jusqu'à la fin cette fois ! »Exigeait encore mon père.
« Je ne veux pas l'avoir sur le dos toute la soirée ! Il est odieux… »
« Cela suffit Victoria ! Tes caprices doivent cesser, tu vas avoir dix-huit ans. »
« Enfin ! Je serai libre, comme ça ! »
Je frissonnai et ouvris les yeux. Comme dans un générique final, je me voyais quitter la pièce où se trouvait mon père. Ce genre de disputes avait souvent lieu. Depuis que j'étais toute petite et que j'avais refusé le rôle de garçon manqué qu'on avait voulu me mettre sur le dos. J'étais la seule fille dans la famille, et mon père ne le supportait pas…
OoOoOoOoO
Le samedi après-midi suivant, je me levais quand le docteur Cullen entra dans son bureau. Il s'immobilisa sur le seuil pour m'étudier, mais je n'eus pas l'impression qu'il était surpris de me voir. Je me dandinai d'un pied à l'autre, tortillant mes doigts sans oser croiser son regard doré.
« Bonjour Elizabeth. »
« Docteur »
« Appelle-moi Carlisle. »Sourit-il en s'installant sur le fauteuil près du mien.
Il m'indiqua de m'asseoir mais j'avais besoin de bouger aussi commençai-je à faire les cent pas.
« Que puis-je pour toi ? »
Il avait une voix calme, comme si j'étais une patiente comme les autres. Les images dans ma tête me disaient que ce n'était pas le cas. Je me retournai et l'observai. Enfin j'osai avouer mes peurs. Carlisle fronça les sourcils, unique signe que j'avais toute son attention.
Je me rassis et le fixai.
« Qui suis-je ? Depuis quand je me réincarne ? D'où je viens ? Combien de temps vais-je devoir encore subir cela ? » Le flot de question parut intarissable et je me sentis obligée de me mordre la lèvre pour que cela cesse enfin.
Le regard inquisiteur de Carlisle me déstabilisa.
« Je vois que tu as beaucoup réfléchi à la question. »
« Ah ! » Soupirai-je, sarcastique.
« Qu'attends-tu de moi exactement, Liz ? »
Je croisai encore son regard, puis sortis mon calepin de mon sac.
« J'ai essayé de rassembler toutes les images, les plus récurrentes sur ces dessins. Peut-être qu'il y a un détail qui pourra vous aider à trouver des réponses sur mon passé. Mon vrai passé. »
Il tendit la main mais ne prit pas ce que je lui tendais.
« Es-tu sûre de vouloir savoir ? »
« Oui. »
« Il se peut que ça prenne du temps… »
« Je sais. Prenez le temps qu'il faudra, je veux juste…Je veux juste pouvoir me reconnaître. »
Carlisle ne dit plus un mot, se contentant de hocher la tête. Je le vis se lever et aller derrière son bureau. Là, il examina le premier dessin, puis un autre, pris au hasard. Je me rendis compte que je mordillais encore ma lèvre, mais je n'arrivais pas à me retenir. Je me confiais à cet homme parce que je savais que je pouvais lui faire confiance, mais j'avais peur de ce qu'il penserait de mes dessins. Pour la plupart, il ne s'agissait que d'esquisses mais j'y avais couché ce qui se passait dans mon âme.
« Tu es à peine reconnaissable sur celui-ci. »
Sa voix me fit sortir de mon état de stress, et je me penchai sur le dessin en question. Je rougis en reconnaissant l'image. Je me voyais clairement dans les bras d'Edward, des années auparavant. Il était penché au-dessus de moi, des gouttes d'eau glissant de ses cheveux humides. Je pouvais presque me remémorer le moment jusque dans ses moindres détails. Edward m'avait emmenée en balade, sur son dos, et nous avions plongé ensemble dans une rivière. Il m'avait ressortie immédiatement de l'eau pour m'étendre sous lui, dans l'herbe, sous le couvert des arbres…
Je sentis le frisson de bien-être parcourir mon corps et le rougissement de mes joues.
« Je me souviens plus d'Edward que de celle que j'étais. » Dis-je d'une petite voix.
Je cherchai à lire ses émotions du coin de l'œil, mais Carlisle ne laissait rien paraître. Je soupirai puis me levai pour partir.
« Vous avez été heureux.» Affirma-t-il l'air de rien.
« Que voulez-vous dire ? » Je serrai mon sac contre moi.
« Edward n'avait jamais été aussi à l'aise qu'avec toi. Et tu semblais avoir trouvé ton équilibre avec lui. Je ne sais pas ce qu'il se passe, Liz, mais je trouverai. »
« Merci. » Fis-je après un instant à assimiler ce qu'il venait de dire.
Alors que je tournais les talons, je l'entendis me demander
« Connais-tu le nom sous lequel nous t'avons rencontrée ? »
Je me tus un instant pour réfléchir, et il me sembla entendre la voix d'Edward dans ma tête.
« La dernière fois, il m'a appelée Bella. Le diminutif de quelque chose j'imagine. »
Tout en répondant à la question je me rendis compte à quel point je voulais connaitre la réponse.
« Isabella. »
« Isabella. » Répétai-je en écoutant les sonorités.
« Swan. » Compléta Carlisle comme s'il sentait que je restais sur sa faim.
« Isabella Swan. »
Ça sonnait bien. Je me reconnaissais dans cette appellation. Je sentis le regard de Carlisle sur moi, et tournai les yeux.
« Merci Carlisle. »
Il ne jugea pas nécessaire de répondre alors je quittai la pièce. Tout en rejoignant l'arrêt de bus, je réfléchis aux identités que j'avais dû prendre. Lesquelles avaient été les miennes ? Combien en avais-je eues ?
Perdue dans mes pensées, je faillis louper mon arrêt et sautai presque du bus. Je courus entre les gouttes de pluie nouvelles et me secouai rapidement, une fois chez moi. Il n'y avait personne et j'en fus soulagée. En quelques minutes, mon ordinateur était allumé et recherchait tout ce qu'il pouvait sur une certaine Isabella Swan. Il n'y avait pas grand-chose. Excepté l'affiche des personnes portées disparues. Ça me fit un choc de voir mon visage, parce que c'était le mien, sur l'écran d'ordinateur encadré par les informations nécessaires : date de naissance, date de disparition, taille, couleur de cheveux… Isabella Swan avait disparu le lendemain de ses 18 ans, à Forks, dans l'état de Washington. Je fronçai les sourcils. Ce coin ne me disait rien, alors je fis des recherches. Le coin le plus pluvieux au monde, où il n'y a rien à faire sauf aller en cours ou rester chez soi.
« Super ! »
Au rez-de-chaussée, la porte d'entrée se referma avec plus de force que nécessaire. Je réalisai alors que j'observais depuis un moment la page web devant moi. Je clignai des yeux et fermai la fenêtre au moment où ma mère frappait à ma porte.
« Liz, ça ne va pas ? »
« Si, entre. »
Je me tournai et me recomposai un visage impassible.
« On m'a dit que tu étais allée à l'hôpital. »
L'inquiétude était visible sur son visage. Je me levai et la pris dans mes bras.
« Rassure-toi, c'était juste un contrôle de routine après ma chute la semaine dernière. »
Ma mère se recula d'un pas pour m'observer.
« D'habitude tu ne vas jamais à ces rendez-vous. »
« C'est vrai, mais j'aime bien le docteur Cullen. » Je haussai les épaules et fis semblant de me pencher sur mes vêtements sales.
« Un bel homme, c'est vrai. »
Elle s'assit sur mon lit.
« Mmh »
« Et puis son fils est un véritable dieu vivant. » Insista-t-elle.
« Maman ! »
« Oh allez ! Nous avons des yeux pour voir, ma chérie. »
« Oui, mais quand même. Edward est sympa, mais je ne suis même pas sûre que nous soyons amis. »
« Je ne te parle peut-être pas d'amitié, Lizzie. »
Courtney repoussa une mèche de ses cheveux tout en m'observant farfouiller dans mon panier à linge. Du coin de l'œil, je vis son sourire alors qu'elle se levait pour quitter la pièce.
Je me relevai et croisai mon reflet dans le miroir en pied. Je soupirai. J'avais l'air d'une ado qui bataille avec ses sentiments. La musique annonçant qu'April se connectait sur MSN résonna et je dus m'avouer que je me battais bel et bien avec mes sentiments.
En m'asseyant devant mon ordinateur, je lus la question de ma meilleure amie et souris. Bay Port était une petite ville et tout le monde savait toujours tout sur tout le monde.
« Liz, tt va bien ?
Je n'ai rien, juste une visite de contrôle. » Répondis-je à la question de mon amie.
« Ouf ! Ce soir, tu viens ?
Of course ! Je ne louperai pour rien au monde ce match clandestin !
Lol. »
Quoi ? J'avais le droit de ne pas aimer le côté clandestin du match de baseball qui devait se dérouler ce soir-là, même si j'aimais l'idée de retrouver mes amies pour une soirée…
Edward POV
J'étais sur le perron quand Carlisle rentra enfin de l'hôpital. En descendant de voiture, il croisa mon regard, et j'eus l'impression que c'était lui qui lisait dans les pensées des autres. Il prit le temps de fermer la portière avant de me saluer. Je me plaçai sur son chemin, soutenant son regard impassible.
« Alice a eu une vision… »
« Et tu ne t'es pas présenté à l'hôpital à ce moment-là ? »
Je serrai les mâchoires.
« Alice m'a dit que Liz avait besoin de temps… » Avouai-je.
« Je crois qu'elle a eu raison. Liz avait surtout besoin de poser ses questions. »
« Et tu as eu des réponses à lui fournir ? »
Son regard me renvoyait ma question. Je baissai les yeux.
« Jasper a eu des nouvelles. »
« Allons voir ça alors. »
Carlisle me contourna et je l'entendis ouvrir la porte de la maison. Il la laissa ouverte, sans un mot, mais je compris qu'il m'attendait. J'observai les alentours, tentant de reprendre contenance. J'avais été à deux doigts de me précipiter à l'hôpital, ou même chez Liz. Mais je savais que ça n'aurait servi à rien, à part peut-être la perturber plus qu'elle ne l'était déjà depuis mercredi. Je l'avais observée ces trois derniers jours, et j'avais vu ses questions sur son visage. Mais jamais, elle n'avait osé croiser ni mon regard, ni mon chemin, même si nous avions cours ensemble. Liz s'était refermée sur elle-même et je pouvais le comprendre. Mais je n'aimais quand même pas cela.
Carlisle s'impatientait, alors je me retournai et le rejoignis à l'intérieur.
« Elle semblait bouleversée. » Commença Alice en accueillant Carlisle.
« Je crois seulement qu'elle réalise ce qu'il se passe et les implications de ses réincarnations. Elle a beaucoup de questions et elle nous fait confiance pour y répondre. »
« Elle nous a ignoré tout le reste de la semaine. » Insista Rosalie.
Je croisai son regard et entendis ses pensées. Elle aimait bien Bella, et sa disparition l'avait autant secouée que nous autres. Je lus aussi en elle combien elle se retenait de justesse de se précipiter chez Liz pour tout lui avouer et lui demander si elle comptait revenir avec nous ou pas…
Je détournai le regard le premier. Ses espoirs étaient trop en résonnance avec les miens pour que je ne cède pas à ses pensées.
« Tu ne penses pas que tu aurais fait la même chose, Rose, si tu avais été à sa place ? Liz a beaucoup de choses à remettre en question. C'est sûrement plus simple de s'isoler pour faire le point que de sentir la pression de notre présence. » Intervint Jasper.
« Mmh. Tu as raison. » Céda-t-elle, en n'en pensant pas moins cependant.
« Jasper, as-tu des résultats à nous communiquer ? »
Carlisle replaça la conversation sur le sujet principal.
« J.J a vieilli, comme nous l'a fait remarquer Emmett il y a une semaine, mais il est toujours aussi efficace. »
« Hey ! J'ai jamais dit le contraire ! » S'exclama l'intéressé.
« Qu'a-t-il trouvé ? » M'impatientai-je.
« Je lui ai envoyé le document que Bella avait créé et que tu as retranscrit. Il n'a rien pu en tirer, à part l'idée de la réincarnation et des nombreuses identités et… »Il s'interrompit, mais je lus dans ses pensées ce qu'il voulait cacher.
« Elle a été tuée ? »M'écriai-je en sursaut.
Tous les regards convergèrent sur Jasper et il grimaça d'autant plus. Il croisa mon regard et envoya une bonne dose de calme dans la pièce. Je luttai, mais je savais qu'il avait raison. Nous en avions besoin. Déjà, Rosalie et Esmée s'imaginaient les souffrances de Bella…
« C'est la phrase où elle dit mourir avant l'heure qui lui a donné la puce à l'oreille et maintenant qu'il me l'a faite remarquer, je me demande comment j'ai pu passer à côté. »
« Tu crois que ça aurait pu tout déclencher ? » Intervint Carlisle.
« Je ne sais pas. En tout cas, J.J a retracé les éléments de la vie de Bella et ceux de la vie de Liz. Il y a des similitudes, entre autres les visites à l'hôpital, ce qui pourrait être un point de comparaison avec les prochaines informations que nous réussirons à obtenir. Par contre, les modes de vie, les familles et les amis sont totalement différents. C'est comme si Bella, ça sera plus simple de l'appeler ainsi, jouait à la loterie. Sauf que c'est la loterie de la vie… » Il s'interrompit, au cas où nous ayons des questions, mais comme rien ne vint, il reprit « Il a lancé une recherche sur toutes les jeunes filles qui auraient été portées disparues ou peut-être tuées dans la période de l'anniversaire de Bella. On ne sait jamais. »
« Et ? Il y a des résultats ? » Questionna Esmée.
« Tu n'as pas idée ! Il fait le tri et attend que tous les résultats soient arrivés. Je pense que je vais y faire un tour, ça pourrait aller plus vite. »
Nous acquiesçâmes, chacun impatient d'avoir plus de nouvelles et surtout sous le choc de l'annonce. Bella, ou une de ses vies, avait été assassinée.
« Pourquoi l'aurait-on tuée ? »S'insurgea Rosalie alors que personne n'osait poser la question.
« Malheureusement, tant que nous ne savons pas qui elle est, ou du moins quand tout ça a commencé, nous n'aurons pas de réponses. Mais comme elle n'est pas morte devant nous, je me demande si, pour se réincarner, Bella a vraiment besoin de mourir. Il doit y avoir un autre déclencheur. Ce sera à vérifier dès que nous en aurons plus. »Expliqua Jasper et malgré la véracité de ses propos, j'étais à deux doigts de le secouer comme un prunier.
On ne savait jamais…
Sauf que mon 'frère' le sentit et avec un sourire contrit, il me força à m'apaiser. Je croisai son regard et entendit ses conseils : rester calme, surveiller Liz et ses souvenirs et attendre avant de lui annoncer cette nouvelle…Après tout, nous n'avions aucune preuve, uniquement des suppositions…Je pris une profonde inspiration non seulement pour me reprendre mais aussi pour remercier Jasper.
« Liz t'a donné un bloc, Carlisle, qu'est-ce qu'il comporte ? » Alice rompit le silence.
Carlisle le sortit et l'ouvrit à la première page. Un dessin de notre famille et la sienne ornait la feuille dans son intégralité. Avant que nous ne nous attardions sur les détails, Carlisle passa son pouce sur le bord du bloc, permettant le défilé des pages les unes après les autres, rapidement.
Toutes étaient dessinées avec plus ou moins de précision, de détails, mais chacune représentait un élément de la vie de Liz, ou de Bella ou de…
D'autres de ses identités.
« C'est magnifique. » Alice s'approcha et feuilleta le carnet avec plus d'attention.
Elle s'émerveilla devant la précision du trait et la représentation des scènes. A travers ses yeux, je voyais l'œuvre de Liz. Il était certain que Bella n'avait pas un tel talent, mais dans certains gestes, je reconnaissais ceux qu'elle faisait en marge de ses cahiers en cours.
« Liz est une véritable artiste. » Apprécia Rosalie en se penchant sur l'épaule d'Alice.
« Regarde cette robe. Je jurerais l'avoir déjà vue dans un magazine des années 1970 ! » S'exclama celle-ci.
« Je suis d'accord. Et le meuble au fond ferait penser à un meuble français de la Renaissance. Il a dû coûter une petite fortune à cette famille. »
Elles discutèrent autour de tels détails pendant près d'une heure, comme si elles ne faisaient qu'analyser des œuvres d'arts dans un musée. Pendant ce temps, j'amassais tout ce qu'elles donnaient, pensaient de ces scènes. Ça nous apprenait tellement sur Liz-Bella-ses identités…
« Quelles sont vos conclusions ? » Demanda Carlisle, en revenant de son bureau où il s'était isolé pendant que les filles discutaient.
« Bella se souvient de beaucoup de choses. Certaines sont floues, surtout pour ses vies passées avant de nous rencontrer, étant donné combien ses dessins sont beaucoup moins achevés, mais elle a vécu dans une riche famille, peut-être des entrepreneurs au vu de certains décors. Elle a été fille unique mais aussi fille aînée ou cadette. » Commença Esmée.
« Elle a surtout représenté des scènes heureuses, mais certaines sont ambigües, comme si elles étaient d'abord malheureuses et qu'elle les avait retravaillées pour les rendre joyeuses… »Poursuivit Rosalie.
« Il me semble reconnaître des vêtements de l'après-guerre. » Conclut Alice.
Elles hochèrent toutes la tête en même temps.
« Ok ! Merci les filles. Vous imaginez le nombre de recherches à faire, maintenant ? » Emmett s'effondra sur le canapé.
« C'est pour ça qu'on doit s'y mettre tout de suite ! » Incita Alice.
« Jazz, aurais-tu un moyen de chercher les personnes que Liz a dessinées ? » Demanda Rosalie.
« Reconnaissance faciale dans les bases gouvernementales, tu veux dire ? »
« Quelque chose de légal, évidemment… »Sourit-elle en acquiesçant.
Jasper rit, tendant la main vers le bloc.
« Je dois pouvoir trouver ça. »Affirma-t-il.
Emmett se frotta les mains en s'approchant de Jasper. J'avais dans l'idée qu'il appréciait le fait de pirater le réseau des agences gouvernementales…
« De mon côté, je viens de recevoir les résultats des analyses que j'ai envoyées au laboratoire de la clinique de Forks. J'ai demandé la comparaison des échantillons que l'hôpital a de Liz et ceux de Bella à la clinique. Les similitudes sont trop nombreuses pour n'être qu'une coïncidence. Je pense que nous pourrons nous servir de ces résultats afin d'identifier l'une des identités passées de Bella. A condition que des prélèvements existent. » Expliqua Carlisle avant que chacun ne se sépare pour la nuit.
« Super ! J'ai l'impression de me trouver dans une affaire du NCIS, quand Abby prévient Gibbs qu'il doit trouver un suspect pour qu'elle puisse comparer les données qu'elle a recueillies… » S'exclama Emmett.
« Ce n'est pas comme si tu adorais littéralement Abby ! »Rosalie leva les yeux au ciel.
« Bien sûr que je l'adore ! J'ai toujours rêvé de lui confier des preuves à analyser… » Rêva-t-il, pour la provoquer.
« C'est connu, Emmett a un flair de chien et l'étoffe du poulet. » Balança Rosalie, l'air de rien.
« Hey ! Tu vas voir ce qu'il va te faire, le poulet ! »
Et il la poursuivit jusque dans leur chambre. Alors que Rosalie éclatait de rire, qu'Esmée secouait la tête et que Jasper et Alice s'installaient sur un ordinateur, je me figeai, mitigé entre l'envie de tuer Emmett et Rosalie pour oser s'amuser dans de telles circonstances, et l'envie de les remercier pour l'atmosphère de légèreté qu'ils installaient par leur comportement dans la maison.
« Que comptes-tu faire, Edward ? »
Je tournai mon attention vers Carlisle.
« Vous faites déjà beaucoup. Je pense retrouver Liz, on ne sait jamais. »
Il ne dit rien et je m'avançai vers la porte.
« Il y a plein de films sympas au cinéma en ce moment. » Lança Alice, les yeux posés sur l'écran d'ordinateur.
Je fermai la porte de la maison, une série de visions de ma 'sœur' dans la tête. Apparemment, elle aimait l'idée de nous voir ensemble, Liz et moi…
Je pris ma voiture, cette fois-ci et passai devant chez Liz pour repérer sa présence. Je vis ses parents en plein dîner, sans aucune trace de leur fille. Visiblement, elle devait être chez l'une de ses amies. Je coupai le moteur et scannai les pensées des environs. Je savais qu'April vivait non loin, j'espérais qu'elles étaient chez elle.
Je vérifiai deux fois avant de me rendre à l'évidence. Les amies n'étaient pas chez April. Je soupirai en me calant dans mon siège. J'étais prêt à attendre.
Sauf quand j'entendis les pensées de jeunes dans le quartier qui s'interpellaient pour se rendre ensembles au Joannes Park. Je scrutai l'itinéraire dans leurs pensées et m'y rendis rapidement.
Le complexe incluait le stade de baseball et une piscine, en plus des installations ordinaires dans un parc. Je reconnus la majorité des élèves du lycée mais supposai aussi que d'autres lycéens étaient présents, autant que l'université du Wisconsin. Parmi la foule, je sentis la présence de Liz et ses amies, accompagnées de leurs petits copains. Dans les pensées, je lus que les joueurs de baseball avaient décidé de disputer un match ce soir-là. La majorité des jeunes venait pour soutenir l'équipe de leur établissement, mais l'ambiance était plus à la camaraderie qu'à la compétition.
Une fois ma voiture stationnée, je m'avançai jusqu'aux sièges libres dans les gradins. J'étais étonné qu'Alice n'ait pas déjà envoyé Emmett et Rose ici, étant donné combien ils aimaient assister à ce genre d'événements, surtout quand c'était des lycéens sur le terrain. Allez savoir pourquoi !
Deux équipes entrèrent sur le terrain, saluées par leurs supporters. De leur côté du stade, je reconnus Liz, assise entre April et Catherine. Elles discutaient, piquant des pop corn dans le pot devant elles. En la voyant ainsi, les cheveux détachés, le sourire aux lèvres, je luttai contre l'image de son visage livide et mort. Comment quelqu'un avait-il pu la tuer ? Si seulement celui qui avait fait ça avait des chances d'être encore en vie, ça ne serait plus pour très longtemps, me promis-je.
Il y eut un mouvement du côté des filles et je vis leurs regards tournés vers le terrain. Je les suivis et aperçus Steven, Bradley et Preston en train de prendre leur position.
Le coup d'envoi fut lancé, et je m'intéressai quelques minutes au jeu pour ne pas me jeter sur Liz et l'emporter loin d'ici, où, je le savais, personne ne pourrait l'atteindre.
Jusqu'à ce que je capte les pensées de certains.
J'espère que les flics vont pas rappliquer avant qu'ils aient eu leur raclée ! Pensait celui à deux rangs de moi.
Ils vont voir ce qu'ils vont voir ! Peu importe que les poulets se ramènent ! Bay Port est notre ville ! S'insurgeait un autre.
Je relevai les yeux vers Liz. Et croisai son regard.
Elle fronça les sourcils et détourna les yeux vers le jeu. Je serrai les poings, vexé de ne pouvoir m'approcher d'elle. Elle me manquait tellement ! Surtout maintenant que je savais qu'elle cherchait aussi des réponses. Que s'était-il passé pour qu'elle se réincarne ainsi ? Quand pourrions-nous nous retrouver et répondre à la question principale : qu'en était-il de nous ?
Les balles volaient au-dessus du terrain depuis près de trente minutes quand j'entendis les sirènes se rapprocher. Apparemment, ils avaient eu plus de temps que je ne le pensais. Avant qu'une balle soit envoyée, un sifflement se répéta de jeunes en jeunes et prévint les joueurs. Ceux-ci récupérèrent leur matériel et filèrent jusqu'aux sorties de secours. Dans les gradins, certains voulaient résister à « l'oppression des forces de l'ordre sur la nouvelle génération » alors que d'autres s'éloignaient avec plus ou moins de rapidité. Je sortis à mon tour alors que les voitures de police se stationnaient devant les portes, bloquant un maximum de jeunes.
« Ne bougez plus ! Vos papiers ! »
Des ordres fusèrent autour de nous, et alors que je la cherchais, Liz se présenta devant moi. Elle était à un mètre, et elle me faisait signe de la suivre. J'obtempérai, conscient que les autres se faisaient interroger, fouiller voire même arrêter.
Liz semblait connaître l'endroit comme sa poche puisque nous nous retrouvâmes de l'autre côté du stade, sur une allée qui s'enfonçait dans le parc. Même si l'agitation était restée derrière nous, Liz marcha encore un peu, comme pour se fondre dans les arbres. Je lui laissai deux mètres d'avance. Quand elle s'arrêta, elle prit une grande inspiration et il me sembla revoir la scène dix-neuf ans plus tôt lorsqu'elle m'avait annoncé qu'elle savait ce que j'étais. Sauf que cette fois, c'était une colère retenue qui brillait dans ses yeux. Et non pas la curiosité.
« Tu me suis ? »
Je m'approchai, à un pas d'elle. Son corps tremblait presque.
« Je te cherchais. »
Ma voix fut plus un murmure qu'autre chose et son regard réagit en conséquence. Une lueur déconcertée y brilla.
« Pourquoi ? »
Elle croisa les bras sur sa poitrine.
« Tu le sais très bien. »
Liz se mordit la lèvre inférieure. Je me retins d'y passer mes doigts.
« Liz, je suis désolé si je t'ai effrayée…J'ai besoin de te voir, de…te protéger. »
« Je suis en danger ? »
« Pas que je sache, seulement…Tu es un aimant à problèmes. » Souris-je.
Elle se détendit imperceptiblement, se recoiffa nerveusement.
« Je suis désolée de t'avoir agressé. J'ai juste…J'ai peur d'apprendre la vérité, tout en la voulant en même temps. » Avoua-t-elle.
« Je peux comprendre. »
Elle plissa les paupières, comme pour juger de mes paroles. Puis elle se détourna et s'installa sur un banc.
« Carlisle vous a montré mes dessins ? »
« Oui. Alice, Rose et Esmée les ont étudiés avec attention. Elles ont trouvé des indices, ils sont tous en train de travailler dessus à l'heure qu'il est. » Je m'assis à ses côtés et l'observai.
Son visage était aussi fin que celui de Bella, mais ses cheveux étaient plus épais, presque noirs dans l'obscurité qui nous entourait.
« Et toi, tu ne bosses pas dessus ? »
Elle me regarda du coin de l'œil.
« Je ne suis pas très doué pour les recherches sur l'ordinateur, et puis je préfère… »Je m'interrompis, conscient que ce que j'avais en tête pourrait l'effrayer encore plus.
Liz tourna son visage vers moi, son regard était doux, comme je m'en souvenais.
« Tu préfères être auprès de moi. » Comprit-elle, sa voix neutre m'apprit qu'elle l'avait contrôlée de justesse.
« Je ne devrais pas. Je devrais te laisser faire tes choix, vivre cette nouvelle vie dont tu as droit… »
« Je sens quand tu es là. Et…Je crois qu'une partie de moi est plus…calme, quand c'est le cas. » M'interrompit-elle.
Le silence qui nous enveloppait sembla se renforcer à cet instant. Excepté les battements désordonnés de son cœur et sa respiration qui se faisait courte, rien ne troubla cet instant. Je plongeai dans son regard noisette avec autant de plaisir qu'avant. Liz se redressa et sembla se rapprocher de moi.
« Liz »
Ma main glissa malgré moi jusqu'à la sienne sur ses cuisses. Aucun de nous ne toucha l'autre, plus que le simple frôlement de nos doigts ne nous le permettait. Dans son regard, je vis les émotions se succéder, puis le flou significatif de souvenirs. Je ne bougeai pas, j'arrêtai même de faire semblant de respirer. J'attendais, comme la nuit autour de nous, de voir ce qu'il ressortirait de cet instant.
Quand son regard redevint brillant de vie, je me retins de la presser de questions. Liz s'écarta à l'autre bout du banc, l'air de rien. Je repris une position neutre et attendis la suite.
« Il faut que je rentre. »
Elle se leva, je fus plus rapide.
« Tu n'as pas de voiture. » Lui rappelai-je.
Elle sembla juste s'en souvenir. Elle soupira.
« Tu peux me ramener ? »
« Ma voiture est de l'autre côté. » Acquiesçai-je en lui indiquant le chemin.
Liz hocha la tête, le silence s'installant à nouveau.
Je lui ouvris la portière de la voiture, elle fut surprise mais s'assit en me remerciant. Je rejoignis ma place aussi humainement que possible et démarrai la voiture.
Liz était assise, le regard fixe devant elle quand je tournai dans sa rue.
« Comment sais-tu où j'habite ? ! »
Je me tendis. Bien sûr qu'elle était surprise ! Elle ne m'avait rien indiqué.
« J'ai demandé à Carlisle. »
Elle me scruta et j'eus l'impression qu'elle lisait en moi comme dans un livre ouvert. Cependant, elle se détourna, semblant accepter l'explication. Connaissant la perspicacité de Bella, et me doutant que Liz l'était tout autant, je savais que mes paroles ne l'avaient pas satisfaite. Je me garai devant chez elle au moment où son portable sonnait. Elle regarda le nom de l'appelant et grimaça.
« Qu'est-ce que je vais lui dire ? »
« La vérité ? »Proposai-je en voyant qu'il s'agissait d'April.
« Non. Je ne veux pas la mêler à tout ça tant que je n'ai pas de réponses. » Elle secoua la tête.
« Si tu ne réponds pas, je suis sûr qu'elle est capable de venir jusqu'ici. » Souris-je.
« Oui. »
La sonnerie s'interrompit et elle ferma les yeux, la tête appuyée contre le dossier.
« Je suis mal. Elle va rappliquer dans les deux minutes. »
Je scannai les environs. Nous avions même moins de deux minutes.
« Ca me laisse le temps de te proposer un cinéma pour demain. »
« Quoi ? »Liz m'observa, étonnée. Puis elle vit le mouvement d'April qui arrivait. « D'accord. Tu m'appelles. »
Et elle sortit de la voiture pour aller trouver April juste assez loin afin qu'elle ne reconnaisse pas mon véhicule.
« Qui est-ce ? Liz, tu as promis de nous retrouver mais… »
« J'avais besoin de réfléchir. »
Liz entraîna son amie jusque chez elle alors que j'enclenchais la marche arrière.
Je garai la voiture dans le garage de la villa et repartis aussi rapidement chez Liz.
Tout était calme à première vue. Je m'avançai jusqu'à l'arbre habituel où je me postais, autour de la maison, quand Liz alluma sa lampe de chevet. Elle s'assit dans son lit et son regard scruta l'extérieur. Elle soupira, et alors que je m'attendais à la voir s'allonger, elle se leva, attrapa un gros pull et sortit dans le jardin.
« Je compte découvrir ce que tu es, mais pas ce soir. » Prévint-elle.
Liz patienta un instant puis s'agaça.
« Je te l'ai dit, je sais quand tu es là, Edward. Montre-toi. » Exigea-t-elle.
Je descendis de ma branche puis avançai jusqu'à elle. Son regard me détailla lentement pour revenir à mes yeux quand je fus face à elle.
Elle passa une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
« Le soir aussi, n'est-ce pas ? »
Elle n'avait pas besoin de préciser sa pensée et elle le savait.
« Oui. A l'époque, ça t'apaisait. J'ai…gardé l'habitude. »
« C'est perturbant. » Dit-elle.
« J'imagine, je vais… »
Je m'éloignai déjà quand sa main enserra mon poignet. Nos peaux se touchaient à peine que nous fîmes tous les deux un pas en arrière. Liz regarda sa main puis la pressa contre elle.
« Tu es gelé. »
« Je n'ai pas froid. »
Je soutins son regard et elle fut la première à le détourner.
« Non, tu ne sembles pas avoir froid. » Elle s'assit sur la balancelle. « J'imagine que ça fait partie de ce que je dois découvrir par moi-même. »
« Oui. »
« Combien de temps j'ai mis, à l'époque ? »
Je m'appuyai contre la barrière face à elle.
« Un peu moins d'un mois en vrai, mais ça faisait six semaines que nous nous connaissions. » Elle fronça les sourcils. J'expliquai « J'ai fui quand je me suis rendu compte que…tu m'attirais. »
« Pourquoi ? »
Elle commença à se balancer doucement, le bout de ses pieds touchant à peine le sol pour créer le mouvement.
« J'ai eu peur de te blesser. »
Elle hocha la tête, assimilant.
« Tu es dangereux. »
« Pas pour toi. Je l'ai compris une fois que nous nous sommes revus. »
« Tu m'as aimée. » Souffla-t-elle doucement, son regard levé sur moi.
« Oui. »
Dans son regard, je lus qu'elle avait compris que mes sentiments n'étaient pas au passé, mais qu'elle n'était pas prête à l'entendre tout de suite.
« Tu devrais aller dormir. »
Je faisais déjà un pas pour m'éloigner.
« Demain, tu as vraiment envie de faire ce ciné ? »
Je me retournai et fixai son regard noisette.
« Et toi ? » Lui retournai-je la question.
Elle rougit doucement et je souris en m'approchant.
« J'en ai…très envie. » Avoua-t-elle.
« Moi aussi. »
Elle sourit et plaça ses paumes sur mon torse. Dans la manœuvre, elle s'était rapprochée encore.
« C'est mal si j'ai envie de t'embrasser ? » Murmura-t-elle, son souffle sur mes lèvres.
Je déglutis, mes mains entourant sa taille.
« Ca dépend de toi, Liz. » Ne pouvais-je que dire.
Je ne voulais pas qu'elle vienne vers moi si elle n'en avait pas envie pour elle-même. Oui, j'étais encore un peu persuadé que je ne méritais pas une telle jeune femme dans ma vie.
Elle sourit et dans son regard je lus qu'elle avait compris que je la laissais maîtresse des événements. Liz ferma les yeux et posa son front dans mon cou.
« Je ne peux pas, Edward. Pas maintenant, c'est trop… »
« Je sais, Liz. C'est trop tôt, trop perturbant. »
Elle hocha la tête contre moi puis je la libérai. Elle se rassit normalement, plus loin de moi, ses yeux hurlaient tous ses sentiments contradictoires. Je souris et me permis de caresser sa joue avant de rentrer chez moi. Je ne voulais pas qu'elle se sente oppressée par ma présence, même si ça devait me coûter de la laisser seule…
Et un nouveau chapitre, un !
Qu'en pensez-vous ? Et ce rapprochement ?
Comme certains l'ont compris, il va y avoir de plus en plus de révélations dans les prochains chapitres. J'espère qu'elles seront convaincantes p
Bon dimanche et à la semaine prochaine
Bisous Spuffy
