Maudite

Bonjour tout le monde !

J'espère que vous allez toujours bien. De mon côté, tout est tranquille, même si je manque totalement de motivation pour travailler (Liz et Edward monopolisent mes neurones^^). En tout cas, voici un nouveau chapitre avec la sortie cinéma que vous avez tous demandé avec impatience.

En souhaitant qu'elle vous convienne p

Encore merci à acheroniastyx pour tous ses conseils !

Bonne lecture,

Chap9-Révélations

POV Liz

Le vent soufflait et les branches des arbres, de l'autre côté du jardin, bataillaient furieusement entre elles alors qu'un gros nuage, lourd de menaces, les couvrait.

J'avais même l'impression que ce temps avait des répercutions sur moi tant je me sentais fébrile. Assise à mon bureau, je tentais de me concentrer sur le devoir à rendre en histoire européenne, mais mon esprit ne semblait pas du même avis, me rappelant constamment les souvenirs de la veille j'avais failli embrasser Edward.

Je fermai les yeux, soupirant.

Je l'avais regardé partir, guettant son retour à un moment ou à un autre, mais il n'était pas revenu. Il me laissait tout l'espace dont j'avais besoin pour réfléchir à mes sentiments. D'un côté, je lui en étais reconnaissante, mais de l'autre, j'étais prête à lui faire la guerre à cause de ça. Je croisai mon reflet sombre sur l'écran de l'ordinateur et lui tirai la langue. Je me sentais pathétique à me battre ainsi contre moi-même.

Mais n'était-ce pas justifié ? Après tout, Edward m'avait connue sous une autre identité, dans une autre vie. Comment pouvais-je être absolument certaine qu'il mesurait la différence entre la « Bella » qu'il avait connue et moi, Liz, maintenant, ici à Green Bay ?

Mais d'un autre côté, étais-je vraiment si différente de cette Bella ? Je m'étais reconnue dans cette identité la veille et j'avais vu des photos d'elle sur internet. Il y en avait peu mais ses (ou mes ?) parents avaient, semble-t-il, voulu les montrer au monde entier, au cas où…J'avais reconnu mes préférences alimentaires et mes lectures, à travers le portrait qui avait été dressé sur le web. Bella et moi, Liz, étions une seule et même personne, mise dans des contextes différents. Rien d'autre.

Après tout, j'étais proche d'Edward à l'époque, et cette fois encore je me sentais attirée par lui. Par son magnétisme et son regard…Sa force et son côté sombre…

J'appuyai mon front contre le bureau, fermant les yeux à nouveau.

Mon téléphone portable sonna. Je ne reconnus pas le numéro et pensai à ne pas répondre, jusqu'à ce que mon cerveau - cette petite chose qui battait dans ma boîte crânienne - me dise le contraire. C'était sûrement Edward.

« Allô ? »

« Bonjour, Liz. Je ne te dérange pas ? »

S'il savait !

« Non, pas du tout… »

Un silence gêné plana avant qu'Edward se lance.

« Tu es toujours partante pour un cinéma ? »

Je relevai les yeux sur mon écran d'ordinateur.

« Oui, bien sûr. Tu as quelque chose à proposer ? »

« Alice me dit qu'il y a plein de films sympas. Si on y allait et qu'on choisissait là-bas ? »

« Ca me va. »

Je me forçai à respirer normalement, intimant à mon cœur de se calmer un peu. Bon sang, il était temps que je fasse le point sur ce que j'attendais d'Edward. De sa famille, je le savais : des réponses. Mais d'Edward ? C'était flou.

« Je peux venir te chercher après le déjeuner ? »

Je regardai l'heure. Il me restait une heure et demie. Je pouvais le faire.

« Pas de soucis. Tu n'auras qu'à me biper, je descendrai. »

« A tout à l'heure, alors. »

« Oui. »

Nous raccrochâmes et je fixai le téléphone un moment avant de le poser. Les jeux étaient faits, il n'y avait plus qu'à attendre de voir ce qui allait se passer.

L'heure fila à toute vitesse une fois que j'eus réussi à me concentrer. J'avais rédigé mon devoir et étais fière d'y être parvenue. Je lançai l'impression du document Word puis me levai et allai chercher les restes du dîner de mes parents la veille dans le réfrigérateur.

« Tu sors ? »

Scott Walter portait ses affaires du dimanche, c'est-à-dire un jean troué et une vieille chemise par-dessus un t-shirt.

« Oui. Je vais au cinéma. Enfin…ça ne dérange pas ? »

« Avec les filles ? »

Je me sentis rougir doucement et remerciai intérieurement ma mère d'entrer à cet instant.

« Scott ! Tu vois bien que tu la mets mal à l'aise. Tu seras là pour le repas quand même, n'est-ce pas ? »

« Oui, maman. Je ne louperai jamais le dimanche soir à la maison, tu le sais ! »

Je l'embrassai sur la joue, souris à mon père et emmenai mon plat, qui avait réchauffé pendant que ma mère prenait ma défense, jusque dans le salon, devant la télévision. Je changeai de chaîne, tombant sur celle qui ne diffusait que de la musique. Je me laissai emporter, oubliant que ma mère remplissait de la paperasse à côté.

En relevant la tête, j'aperçus alors l'heure et me précipitai dans la cuisine pour laver ma vaisselle puis dans ma chambre pour me préparer. Je surveillai mon portable du coin de l'œil, mettant mes converses et glissant un coup de crayon eye-liner sur mes paupières. Un tour dans la salle de bain et j'étais prête. Mon téléphone sonna deux fois et se tut. J'inspirai à fond, attrapai mon sac, mon portable, et descendis les escaliers.

« Bonne après-midi, ma chérie. » Sourit ma mère depuis le salon.

« A ce soir. » Répondis-je en fermant la porte d'entrée derrière moi.

La force du vent me surprit mais je levai les yeux et vis la voiture d'Edward à côté de celle de mon père. Je souris, enfilant ma veste. Edward me rejoignit à la portière côté passager, son sourire en coin était en place.

« Tu as eu le temps de manger ? »

« Oui, ne t'inquiète pas. Et toi ? »

Il ne répondit rien, prétextant sûrement que j'étais déjà assise dans la voiture et qu'il devait en faire le tour pour prendre place. Je le regardai passer avant de s'installer gracieusement. Il mit le moteur en route et quitta la zone pavillonnaire en silence.

J'attendis qu'il prenne la direction du centre, où se trouvaient les cinémas, avant de lui rappeler qu'il n'avait pas répondu à ma question. Edward me regarda du coin de l'œil et je lus la flamme qui apparaissait comme l'indice qu'il n'allait même pas chercher à mentir… Je soupirai.

« Ca aussi je dois le découvrir…Tu ne fais même pas semblant ! »

« Tu voudrais que je fasse semblant ? »

Je réfléchis.

« Non. »

Il hocha la tête. Je détaillai son profil me demandant ce que j'allais découvrir.

« Parle-moi de toi. »

Les paroles quittèrent ma bouche avant que j'y aie réellement pensé.

« Que veux-tu savoir ? »

Je souris pour le remercier puis réfléchis à la première question parmi d'autres que je pourrais poser.

« Quel âge as-tu ? »

« Dix-sept ans. »

Et à cette réponse, je savais au fond de moi que je devais poser une autre question. Une question qui pourrait bien me faire basculer en mode « recherches » sur Edward Cullen et sa famille… J'inspirai à fond et osai le regarder.

« Depuis combien de temps as-tu dix-sept ans ? »

Il prit le temps de se garer maintenant que nous étions arrivés.

« Un moment. »

Son regard doré plongea dans le mien et je savais qu'il me demandait de me souvenir ou du moins de découvrir la vérité.

« Tu ne crois pas que ce serait plus facile si tu me le disais ? » Tentai-je, tournée vers lui autant que lui vers moi.

Il ferma les yeux un instant. Quand il les rouvrit, une de ses mains attrapa doucement les miennes.

« Carlisle a raison, c'est à toi de le découvrir, Liz. Ça pourrait changer ta vie, la mettre en danger, si c'était moi qui le disais. »

« D'accord. Mais tu acceptes de répondre à mes questions ? »

« N'est-ce pas ce que j'ai fait jusqu'à présent ? » Sourit-il.

« Oui, c'est vrai. »

« Mais avant cela, nous devons choisir le film que nous allons voir. » Décida-t-il en s'écartant.

J'acquiesçai, non pas que j'eus envie de choisir ce film, mais parce que j'acceptais de partager ce moment avec lui avant de lui poser des questions.

Nous entrâmes dans le grand hall du complexe, vite assaillis par l'odeur des frites du McDonald et le bruit des jeunes qui jouaient dans la salle de jeux jouxtant l'endroit où nous nous trouvions. Edward leva la tête vers les écrans indiquant les films à l'affiche et les horaires. Je l'imitai, me demandant s'il allait me proposer une comédie romantique ou un film d'action.

« Quelque chose te tente ? »

Il se pencha vers moi.

« Mh…Rien de spécial. » Répondis-je, le regard obstinément tourné vers les écrans.

« Même pas le Sherlock Holmes ? Ou Léonardo DiCaprio dans ? » Sourit-il.

« Ah oui ! Ca me paraît bien. »

Je lui rendis son sourire et il m'entraîna vers les caisses. Il n'y avait plus de places ni pour l'un, ni pour l'autre, aussi nous rabattîmes-nous sur une comédie romantique avec Katherine Heigl. Edward s'était senti obligé de préciser qu'il aimait bien cette actrice.

« En fait, c'était son film que tu voulais voir, avoue-le ! » Le taquinai-je alors que nous nous asseyons tout en haut de la salle de projection.

« Tu m'as découvert ! »

D'un geste théâtral, il plaça sa main sur son cœur. J'éclatai de rire, ce qui me valut les regards des autres spectateurs.

« Oh la honte ! » Je me cachai le visage avec les mains.

« Ne crains rien, ils ne t'ont pas reconnue. » Souffla-t-il à mon oreille.

Je posai les mains sur mes genoux, le regard plongé dans celui d'Edward. Mon cœur se mit à battre la chamade et, sans savoir pourquoi, je savais qu'il l'entendait.

« Heureusement que ce genre de salle est toujours sombre. » Déglutis-je avec difficulté.

Malgré l'obscurité, toutefois, je vis les yeux d'Edward se poser sur ma bouche. Je me mordis, involontairement, la lèvre et Edward ferma les yeux pour prendre une grande inspiration. Je crus que toute la salle pouvait sentir ce qu'il se passait entre nous. Je jetai un œil aux alentours, mais tous étaient concentrés sur les bandes annonces. Quand je posais à nouveau mon regard sur Edward, il avait apparemment repris le contrôle de lui-même, enfoncé dans son fauteuil, les yeux rivés sur l'écran géant. Je me dis qu'il avait raison. Après tout, il avait payé nos deux places, autant les rentabiliser en s'intéressant au film.

Mais c'était plus facile à dire qu'à faire. La présence d'Edward me rendait plus fébrile que jamais, je sentais même mon cœur essayer de s'échapper de sa cage d'os. Quant à mon esprit, il était aux abonnés absents pour tout ce qui ne concernait pas Edward. Ses mains sur les bords de son siège… Ses yeux qui brillaient presque dans l'obscurité et me brûlaient au passage… L'envie que j'avais de me blottir contre lui…

Finalement, le générique de fin apparut sur l'écran et je quittai ma place précipitamment. Alors que je descendais les marches, je sentais Edward juste derrière moi. J'avançai de quelques pas de plus une fois arrivée en bas des marches, histoire de ne pas me retrouver nez à nez avec lui.

Nous arrivâmes, silencieux, dans le grand hall du complexe. Encore.

« Hum. C'était un bon film. » Commença-t-il, et je réalisai combien il avait senti la tension lui aussi.

Je m'obligeai à le regarder en face.

« Oui. J'ai bien aimé la scène où elle se casse la figure juste devant son patron. »

« C'était comique. » Approuva-t-il en souriant doucement. « Liz, je suis désolé que tu n'aies pas profité du film… »

« C'est ma faute, je… » Je m'interrompis, espérant qu'il complète pour moi. Ce qu'il ne sembla pas vouloir faire. « Toi aussi, tu as senti cette…tension ? »

« Oui. »

Il eut la décence de détourner le regard. Je me tortillai les doigts et sentis mes joues rosir.

« Tu veux faire quelque chose ? »Rompit-il le silence.

« Parle-moi de…Bella et toi. » Demandai-je doucement.

« Pas ici. »

J'acquiesçai et nous nous rendîmes à sa voiture. Edward savait où il voulait aller, aussi s'y dirigea-t-il sans un mot. Je me contentai de regarder la ville défiler derrière les vitres, me laissant bercer par la conduite souple de mon chauffeur.

Soudain, il ralentit, prit un virage serré et accéléra jusqu'au parc où April m'avait conduite quelques jours plus tôt pour discuter. Je souris, et acceptai qu'il m'ouvre la portière pour sortir.

Lentement, nous rejoignîmes un site où je savais, tout comme lui apparemment, que personne ne s'y rendait. Nous nous assîmes, épaule contre épaule, surplombant le parc et ses environs.

« Bella était solitaire. » Commença-t-il en regardant devant lui.

Je lui laissai le temps de rassembler ses esprits.

« Quand je l'ai vue…Quand je t'ai vue, j'ai su que je ne pourrais pas être indifférent. » J'entendis le pronom qu'il préférait utiliser et je me sentis à ma place. « Tu rougis quand je te regarde intensément, tu es éblouie –ce sont tes propres mots, à l'époque- par mon sourire, tu te sens plus à l'aise avec moi et ma famille que…avec les autres. »

Je l'écoutai parler pendant quelques minutes encore, bercée par sa voix apaisante et pourtant si mélancolique.

Quand il se tut, je rouvris les yeux et plongeai directement dans les siens, mordorés.

« J'ai l'impression que je savais déjà tout ça. » Expliquai-je. « C'est si étrange. Cette identité, Bella, me semble proche et si étrangère à la fois. »

« Tu es elle et une autre à la fois, Liz. Ton âme, s'il s'agit de ton âme, est toujours la même, mais elle est forgée par les expériences que tu vis à chaque fois que tu te réincarnes. »Fit-il, presque fervent.

« Ses…Mes parents ont mis des informations sur internet, avec des photos de moi. » C'était étrange de dire « je » pour parler d'une autre identité, mais après tout, je savais que j'étais aussi cette fille. « J'ai reconnu mes goûts, presque même mes loisirs. »

« J'ai gardé certaines de tes affaires de l'époque. » Avoua-t-il.

« Ah oui ? »

« Je ne pouvais pas partir et les laisser là-bas, c'était…C'était comme t'emmener avec moi. »

Je souris, attendrie par ce que je lisais dans ses pupilles.

« Qu'as-tu pris ? »

Il scruta mon visage comme s'il s'assurait de pouvoir parler librement. Puis il se lança.

« Ton album photo. Celui dans lequel tu avais rassemblé toutes nos photos. Tes exemplaires extra abimés de Roméo et Juliette et Les Hauts de Hurlevent. » Enuméra-t-il.

« J'adore ces livres. Je suis en train de relire Les Hauts pour le cours de littérature et j'ai l'impression de le découvrir à nouveau. » L'interrompis-je.

« Tu l'adorais ! On a eu plusieurs discussions à son propos. Rosalie s'en mêlait aussi, d'ailleurs. »

« Pourquoi ? » Je me mis en tailleur.

« Parce que vous vous liguiez contre Carlisle et moi pour défendre Heathcliff et Cathy. » Rit-il au souvenir.

« Je l'aime bien. Cette histoire est si triste… »

« Je sais. Le destin avait déjà écrit qu'ils ne finiraient pas ensemble, pas ensemble dans la vraie vie. »

« Oui. »

Une tension s'insinua entre nous et chacun reporta son regard au loin pour quelques instants. Quand je décidai de poser une nouvelle question, je vis qu'il était immobile, perdu dans ses souvenirs. Doucement, pour ne pas l'effrayer, je posai une main sur son poignet. Son regard revint sur moi, très rapidement, et je sentis ses doigts s'entrecroiser aux miens. Nous nous observâmes encore une minute avant que je n'ose ma question.

« Tu appelles Carlisle par son prénom, tu ne dis jamais « papa » ».

« Carlisle nous a…adoptés. »

« Il y a longtemps ? »

« Oui. »

« Où sont tes vrais parents ? »

« Ils sont morts. »

« Je suis désolée. » Je me mordillai la lèvre inférieure, baissant les yeux.

« Ce n'est rien, je n'en ai presque aucun souvenir, de toute façon. »

Il porta un doigt à mes lèvres pour me faire arrêter mon geste. Je cessai de respirer parce qu'il me semblait que son index restait bien plus longtemps que nécessaire sur ma bouche. Je croisai le regard brûlant d'Edward et rougis sous son intensité. Lentement, Edward retira son doigt.

« Tes parents sont très proches. » Dit-il, l'air de rien.

« Oui. Un peu trop parfois, si tu veux mon avis. » Souris-je, reconnaissante qu'il ait changé de sujet.

« Est-ce que tu te souviens des parents que tu as eus avant ? »

« Non. Enfin, j'ai le nom de Charlie. Je crois que Renée était avec Charlie »

« Charlie et Renée ont divorcé lorsque tu étais petite. Tu as emménagé chez lui à l'âge de dix-sept ans, quand Renée s'est remariée. »

« A Forks. » Je hochai la tête. « Je m'en souviens. Un peu. L'autre soir, j'ai revu la cuisine. Je crois…Je crois que c'était un peu avant que j'annonce à Charlie que nous sortions ensemble. J'avais peur de sa réaction, surtout qu'il était Sheriff et qu'il risquait de te tirer dessus pour oser m'approcher. » Ris-je en me souvenant parfaitement de la tête de Charlie à l'époque.

Il avait recraché sa gorgée de bière et m'avait jeté un regard qui disait « si tu te fiches de moi, tu es punie jusqu'à la fin de tes jours ».

« Il a été obligé d'accepter parce que tu as menacé de le laisser tout seul pour retourner chez Renée. »

« Vraiment ? »

« Oui. Tu étais prête à tout pour être avec moi. »

« Tu es d'une modestie incroyable ! » Me moquai-je en détectant la pointe d'humour dans sa voix.

« Quoi ? Je suis parfait ! Pourquoi ne l'aurais-tu pas fait ? »

« Parfait ? Tu rigoles ! Tu as une famille de dingues et ta petite amie se réincarne ! Laisse-moi rire ! »

Ce fut seulement après avoir prononcé ces paroles que je réalisais ce que j'avais dit. Dans les yeux d'Edward, je lus la souffrance mais aussi quelque chose comme de l'espoir.

« Pardon, je n'aurais pas dû dire ça. »

« Dire quoi ? Que tu te réincarnes ou que tu es ma petite amie ? »

Je déglutis avec difficulté et détournai le regard.

« Les deux peut-être. » Finis-je par répondre.

« Tu as raison. C'est trop tôt. »

Une rafale de vent plus forte que les autres nous ébouriffa et je luttai pour rattraper mes cheveux qui fouettaient l'air et le visage d'Edward. Je sentis ses doigts s'y emmêler pour les discipliner sur mon épaule. Je frissonnai, le cœur battant la chamade. Je déglutis avec difficulté. Encore.

« Merci. »

« De rien. »

Je me rendis compte seulement à quel point le temps avait filé lorsque la grosse horloge du parc sonna les heures.

« Il faut que je rentre. » Déclarai-je en me redressant.

« D'accord, je te ramène. »

Il m'aida à me lever et je savais en le suivant jusqu'à la voiture que nos mains jointes n'avaient pas de raison d'être particulière, sauf que nous en avions tous les deux envie.

Le retour se fit dans un silence agréable, excepté le fond sonore qu'Edward avait mis en route. Je ne reconnus pas l'air, mais je sentais au fond de moi que je le connaissais. Je fermai les yeux, espérant que l'information remonte à la surface. En vain.

« Bonne soirée, Liz. »

Je rouvris les yeux, nous étions déjà arrivés.

« Merci Edward. Pour tout. »

Il sourit et je me forçai à sortir de la voiture immédiatement. Je me retournai, fis un signe de la main et remontai l'allée jusqu'à la porte. Derrière, je n'entendis le moteur vrombir qu'une fois la porte refermée sur moi.

OoOoOoOoO

Le soleil brillait haut dans le ciel de Green Bay en ce lundi matin.

Je me réveillai en douceur, réchauffée par les rayons qui filtraient par la fenêtre. J'entrouvris les yeux avant de les refermer. J'étais mieux dans mon lit qu'en cours.

Du moins jusqu'à ce que ma mère décide de taper à ma porte pour me faire me lever plus vite. Je grognai. Je ne voulais pas quitter la sensation de bien-être que j'avais ressentie la veille. Même si la tension avait persisté un moment entre Edward et moi, la fin d'après-midi avait été agréable. Et le lycée était tout sauf agréable !

« Liz, dépêches-toi ou c'est moi qui te sors du lit !» Menaça ma mère en frappant une fois de plus à ma porte.

Je levai les yeux au ciel, maugréai, mais me levai. C'était dommage que je n'aie pas eu d'accidents ce week-end-là, j'aurais pu feindre une rechute…

« Je me lève ! »Prévins-je alors que ma mère commençait à bouger la poignée de porte.

« Ton petit déjeuner est prêt. » Approuva-t-elle en s'éloignant déjà.

Je secouai la tête et résistai à l'envie de me pelotonner à nouveau sous mes draps. Après tout, j'avais beaucoup à faire aujourd'hui. Non seulement, je voulais interroger Edward sur sa vie pour trouver des indices de ce qu'il me laissait découvrir, mais en plus, je voulais rendre mon devoir en histoire européenne maintenant qu'il était fait. Rapidement, je me douchai, m'habillai et vis le message d'April qui me prévenait de son retard. Apparemment, je n'avais pas été la seule à avoir du mal à me lever. Je souris et pris le temps de petit déjeuner dans la cuisine. Dix minutes après l'heure habituelle, April klaxonna devant chez moi. Ayant déjà vérifié que les fenêtres et portes étaient fermées, je quittai la maison et rejoignis mon amie dans sa voiture.

« Salut ! Tu as oublié de mettre ton réveil ? » Souris-je en m'installant.

« Non, j'ai oublié de lancer le mode répétition. Garrett était à deux doigts de me balancer un seau d'eau quand j'ai émergé pour la seconde fois. »

« Que ne ferait-on pas sans ton frère ? » Fis-je avec emphase.

« Je pourrais faire entrer Brad par ma fenêtre… »Rêva April en entrant sur le parking du lycée.

« Ok ! Je ne veux rien savoir ! »Lançai-je en portant mes mains à mes oreilles.

Nous éclatâmes de rire en sortant du véhicule et riions toujours en retrouvant les autres. April embrassa son petit copain et je repérai sur ses joues des tâches rouges. Je ris d'autant plus et reçus les regards étonnés des autres. Je secouai la tête et chacun demanda des nouvelles des uns et des autres. Apparemment, Preston semblait ne plus vouloir faire comme si je n'existais pas, puisqu'il demanda même de mes nouvelles ! Je haussai les épaules, il n'y avait rien à dire, à part qu'il avait bien joué lors du match samedi soir.

Cependant, alors que nous étions à notre emplacement favori près de la grille, une cigarette à la bouche pour la plupart, et que les autres discutaient, je me remémorai mon dimanche. Inconsciemment du moins, jusqu'à ce que je m'en rende compte quand April me secoua le bras, je cherchai le regard mordoré d'Edward dans la cour. En vain.

« Liz a un amoureux mais elle nous le cache ! » Lança April et je me crispai.

Du coin de l'œil, je repérai même la grimace de Preston.

« Quoi ? Tu dis n'importe quoi ! »

« Alors, c'était qui ton chauffeur samedi soir ? »

« Ah oui ! Tu as disparu au moment le plus drôle ! Les flics ont cherché à tous nous choper, mais on était trop nombreux. » Expliqua Steven.

« Ne fais pas le fier, Steven Hools, tu as fini au poste, je te rappelle ! » Le gronda Catherine.

« Oui, d'accord. Mais la question est : où Liz s'est-elle rendue à ce moment-là ? »

J'avais espéré que Catherine et Steven détournent l'attention mais apparemment, il ne fallait pas trop y compter.

« J'avais besoin de réfléchir. Je suis passée par le parc pour retourner en ville. C'était un ami de mon père dans la voiture et il m'a raccompagnée, rien d'autre. »

Je croisai le regard de chacun de mes amis, consciente que je mentais bien mieux que je ne l'avais fait en étant Bella Swan. Je souris intérieurement et fus soulagée d'entendre la sonnerie du premier cours.

Alors que nous rejoignions chacun nos cours, j'aperçus le sourire d'April. Aïe ! Je ne l'avais pas convaincue… J'entrai dans la salle de cours et décidai d'ignorer le regard inquisiteur de ma meilleure amie. Celle-ci saurait bien assez tôt à mon goût…

La matinée puis l'après-midi passèrent sans que je m'en rende compte mais aussi, paradoxalement, très lentement à la fois. Du moins étaient-ce les questions dans ma tête qui me donnaient cette impression. Alors que je m'asseyais dans la voiture d'April à la fin de la journée, je scannai une fois de plus les alentours. Je fronçai les sourcils et laissai April bavarder le temps du trajet, ne plaçant que des 'hum' ou des 'oui, c'est vrai' aux moments stratégiques. Dans mon esprit, beaucoup de choses étaient encore floues, comme le nombre de vies que j'avais pu avoir, les noms de mes proches, et le secret de la famille Cullen, bien que je fasse tout mon possible pour faire remonter ces informations à la surface.

« On n'a vu aucun Cullen aujourd'hui. Tu crois qu'ils sont partis ? Je n'ai entendu aucune rumeur… » Demanda April en s'arrêtant devant chez moi.

Je regardai par-delà la maison, vers les arbres vieux de plusieurs décennies. Edward était posté dans l'un d'eux samedi soir, comme il aimait le faire à Forks…

« Liz, ici la Terre, la Lune est connectée ? » Appela April en secouant la main devant mes yeux perdus dans le vague.

Je revins difficilement à la réalité. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, mes souvenirs affluant à ma conscience. J'avais des indices et ne voulais pas les perdre. C'était vital pour moi de savoir la vérité. Tant de choses pourraient changer à ce moment-là…

« Désolée…Tu disais quoi ? » Je me tournai vers April et vis ses gros yeux. « Quoi ? »

« Ne me dis pas que tu réfléchissais encore ! »Lança-t-elle.

« Euh… »

« Tu as découvert quelque chose, pas vrai ? Ces choses en rapport avec Edward Cullen… Et je veux savoir de quoi il s'agit Liz, tu m'as promis ! »

Je lançai un regard vers la maison. C'était pour gagner du temps avant de répondre, je le savais.

« Ils ont des informations sur moi. Je dois te faire promettre de ne rien dire, April. »

« Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en Enfer ! » Jura-t-elle.

« Je…Je ne suis pas vraiment Elizabeth Walter, April. Je ne sais pas trop, je te demande encore un peu de temps. Je sais juste que les Cullen savent des choses sur moi. »

Je n'avais rien trouvé de mieux et j'espérais qu'il n'y ait pas de fuite avant que j'aie pu m'expliquer.

« Ah ouais ? Wow ! Tu me connais, je ne dirais rien, compte sur moi. »Insista April.

« Merci, t'es la meilleure. » Souris-je, soulagée de m'en tirer à si bon compte.

« Tu m'appelles, dis ? »

« Oui. »

Je savais que je ne l'appellerai qu'une fois la vérité et les explications trouvées. Je pensais même que ça ne serait pas le cas avant un moment.

Je quittai la voiture et April s'éloigna en me rappelant que nous nous retrouvions le lendemain pour l'examen de volleyball. La grimace que nous partagions s'effaça de mon visage lorsque j'entrai dans ma chambre et allumai mon ordinateur.

Avant de m'installer à mon bureau, je descendis me préparer un goûter, emportant le tout sur un plateau. Je fermai aussi ma porte de chambre, allumai ma radio, puis sortis un nouveau bloc notes de mon tiroir. J'étais fin prête.

Un crayon à la main, le moteur de recherches scrutant les moindres recoins du Web, je laissai mes souvenirs remonter à la surface pour les noter au fur et à mesure.

« Edward est rapide.

Edward est froid comme la mort.

Edward n'est pas un « super héros », dixit lui-même à la cantine du lycée de Forks.

Edward est dangereux.

Edward lit dans les pensées des gens. »

Je mâchouillai mon crayon un instant, les yeux braqués sur les images à l'écran.

« C'est impossible. » Murmurai-je, me remémorant ce que j'avais lu dans le livre acheté à la librairie de Port-Angeles, le soir-même où j'en avais appris un peu plus sur lui…

En bas, la porte de la maison s'ouvrit et se referma, Scott hélant l'une de ses « femmes » pour l'aider avec les courses. Avant de réfléchir plus longtemps, je pris mon téléphone portable et envoyai un message à Edward.

« Je sais ce que tu es. »

Edward POV

J'étais sur une nouvelle composition au piano quand deux choses se passèrent simultanément. Mon portable sonna pour m'annoncer l'arrivée d'un nouveau message et Alice eut une vision de Liz et moi, en tête à tête.

Je me levai, récupérai mon téléphone, et me figeai.

Le message était clair.

« C'est trop bien ! C'est trop bien ! C'est troooooop bien ! ! » S'exclama Alice en sautillant jusqu'à moi.

« Que se passe-t-il ? » Esmée fronçait les sourcils, inquiète de me voir si immobile.

Je relevai les yeux lentement vers elle.

« Liz sait. » Fut tout ce que je pus dire.

« Et tu dois aller la voir ! » Insista Alice en pointant un doigt sur mon torse.

Je croisai son regard mordoré nous avions profité du soleil pour aller chasser. J'étais partagé. Etait-ce une bonne chose que Liz ait découvert la vérité sur moi et ma famille aussi vite après notre rencontre ? Après tout, ça ne faisait…que trois semaines.

Mais bien sûr que c'était une bonne nouvelle ! Je pouvais enfin retrouver ma relation avec elle telle qu'elle l'était à l'époque. Sans secrets. Du moins de mon côté. Mais en même temps, dorénavant, je connaissais le secret de Liz. Nous étions à égalité.

« Edward, tu cogites bien trop à mon goût. » Râla Jasper alors que je remontais dans ma chambre.

« Désolé. » Je m'arrêtai brusquement devant lui. « Ce n'est pas un souci si je reprends avec elle, n'est-ce pas ? »

Jasper sourit, posant une main sur mon épaule.

« Je ne suis pas devin mais je crois que pour toi, comme pour elle, ce sera la meilleure chose au monde. Et puis ne t'en fais pas, on trouvera un moyen de la garder. On a un an pour ça. »

Il transféra un soupçon de sa confiance en moi et j'approuvai ses paroles. Nous avions un peu moins d'un an afin de découvrir toutes les raisons pour lesquelles Bella se réincarnait. C'était largement suffisant !

Je me changeai rapidement en voyant le soleil se coucher, impatient de retrouver le jardin de Liz. Je savais qu'elle sentirait ma présence. Je savais qu'elle me demanderait de répondre à ses questions. Et j'avais hâte. Enfin, je voyais une solution à nos retrouvailles.

Et puis, j'avais envie de voir si cette journée, éloignés l'un de l'autre, avait eu des incidences sur ce qui s'était passé la veille… Je n'avais pas cessé d'entendre son cœur battre la chamade dans sa poitrine, je n'avais pas cessé de sentir ses regards sur moi. Voir le soleil se lever ce matin-là m'avait déprimé. Je n'allais pas la voir de toute la journée et cela me coûtait plus encore que nous avions été à deux doigts de nous embrasser…

Le ferions-nous ce soir-là ?

C'était la question qui me tournait en tête quand j'arrivais chez Liz. Ses parents étaient dans leur chambre, discutant de leur journée de travail, et Liz était assise sur la balancelle derrière la maison. Je fus à peine à la lisière des arbres qu'elle levait la tête vers moi. Son regard sembla me trouver instantanément et je m'arrêtai, attendant un signe de sa part sur ce qu'elle voulait que je fasse.

Nous restâmes un moment à nous observer alors que l'obscurité s'installait tout à fait. Aux alentours, le silence était uniquement troublé par le son des télévisions ou les quelques discussions de couples. Liz me fit signe d'attendre encore, rentrant chez elle pour vérifier que ses parents étaient occupés.

Lorsqu' elle ressortit, elle portait un gros pull par-dessus ses vêtements. Ses cheveux attachés en queue de cheval se balançaient au rythme de ses pas alors qu'elle venait vers moi.

Liz me passa devant et dans son regard, je lus qu'elle se souvenait l'avoir fait, la dernière fois… Je la suivis jusque sous les arbres et attendis qu'elle se retourne.

Quand elle se sentit prête, Liz se tourna et ses yeux s'ancrèrent aux miens.

« C'est si étrange. » Commença-t-elle en portant une main à mon visage.

« Je suis d'accord. »

Elle sourit doucement et chercha du regard un endroit où s'asseoir. Elle s'installa au pied d'un arbre, le dos contre le tronc, les yeux posés sur moi.

« Quand je ne t'ai pas vu ce matin, mon esprit a ouvert la porte de mes souvenirs. Mais tout ne m'est revenu que ce soir, lorsque je suis rentrée. Je me suis vue tout découvrir la première fois, j'ai ressenti ce que je ressentais à l'époque… » Elle s'interrompit, souriant à ses souvenirs.

« Tu n'as pas peur ? »

Je m'assis devant elle, doucement, pour ne pas l'effrayer, même si je sentais qu'il n'y avait aucun risque.

« Pourquoi aurais-je ? Tu me protèges. »

Sa main se porta à nouveau sur mon visage. Je fermai les yeux, serrai les poings pour ne pas céder à l'envie de la serrer contre moi.

« Tu m'as manqué, aujourd'hui. » Souffla-t-elle.

Je rouvris les yeux.

« Toi aussi. Mais pas seulement aujourd'hui. » Ma voix était plus rauque que je ne le pensais possible.

Liz se mordit la lèvre inférieure, sa main glissant sur mon épaule jusqu'à ma main. J'entrecroisai mes doigts aux siens.

« Je ne voulais pas te cacher quoi que ce soit, Edward. Mais…J'avais tellement l'espoir de ne pas disparaître ! »

Ses épaules furent secouées de sanglots et bientôt les larmes coulèrent sur ses joues. Je m'approchai et Liz enfonça sa tête dans mon cou.

« Je sais. Ce n'est rien. Je t'ai retrouvée. Je te retrouverai toujours. » Murmurai-je contre son oreille, frottant doucement son dos pour l'apaiser.

« Je t'aimais, je voulais tellement croire que tout n'était que mon imagination ! »

« Shh ! » La calmai-je en la berçant.

Ses larmes mouillèrent mon t-shirt mais rien d'autre que sa détresse ne m'intéressait. Je la serrai contre moi comme si nos vies en dépendaient, et c'était peut-être bien le cas. Je fermai les yeux, chassant de mon esprit toutes les peurs, toutes les envies de massacre qui m'avaient submergé il y a des années de cela. Plus rien ne comptait d'autres que la présence de Bella contre moi, dans mes bras.

« Je t'aime, Bella. Je t'aime, Liz. »

Sans m'en rendre compte, je répétai ces paroles, doucement, inspirant l'odeur de la jeune femme dans mes bras, calmant ses pleurs avec tout l'amour dont j'étais capable.

POV Liz

Je l'avais appelée, finalement. Je n'avais pas pu m'en empêcher.

Il fallait que j'en parle à quelqu'un.

Il était tôt ce mardi matin là, mais April arriva chez moi bien avant l'heure habituelle. Edward était parti depuis très peu de temps quand j'avais ressenti le besoin de regarder ma vie sous un autre angle. Et quoi de mieux que l'avis de ma meilleure amie pour cela ?

Mes parents étaient encore au lit, mais April et moi étions cachées sous mes draps. Je pleurais, elle me réconfortait. Mon amie me serra contre elle, comme nous le faisions depuis toutes petites, et elle écouta mes révélations : je me réincarnais depuis Dieu seul savait quand, et surtout, mon petit ami était un vampire que j'avais rencontré lors d'une de mes vies antérieures.

April écarquilla les yeux, fronça les sourcils mais jamais, elle ne me traita de folle, ni tenta de s'écarter. Au contraire, lorsque mes paroles cessèrent, elle s'approcha encore plus, passant ses bras autour de mes épaules pour me soutenir.

« Tu l'aimes ? » Murmura-t-elle contre mon oreille.

J'acquiesçai timidement, surprise que la réponse me soit venue si rapidement. Quoique…J'étais amoureuse d'Edward Cullen depuis maintenant dix-neuf ans !

« Tu ne dis rien ? »

Je relevai un peu la tête, essuyant mes joues humides.

April garda le silence un instant, et je savais qu'elle réfléchissait à ce que je lui disais.

« En fait, j'ai toujours su qu'il y avait quelque chose d'inhabituel chez toi. »

« Je suis bizarre. » Confirmai-je.

« Oui, mais…Pour les autres, c'est de la bizarrerie de base, je dirais. Alors que pour moi…Je savais au fond de moi que ma meilleure amie n'était pas comme les autres filles. Ton regard, ou même tes rêves me disaient que tu n'étais pas normale…Je suis désolée, ce n'est pas très clair… »Elle chercha ses mots mais je la soulageais en secouant la tête.

« Tu ne m'en veux pas ? »

« Pour quelle raison ? Je ne m'attendais pas à la réincarnation. L'adoption, à la limite, je l'avoue ou même…l'abus, mais franchement ça ne me dérange pas. Tu n'es pas ordinaire, et je trouve ça trop bien. »

Je souris, attendrie par ses paroles. La porte de la chambre d'à côté s'ouvrit, et j'entendis le pas gauche et mal assuré de mon père au réveil. Nous gardâmes le silence toutes les deux, puis, je croisai son regard marron.

« Et pour…Edward ? »Commençai-je.

« Ca…C'est…Surprenant, et je t'avoue que je ne sais pas trop quoi en penser. Je veux dire… Des vampires, quoi, c'est…Gros. »

« Je peux comprendre. Mais ne t'inquiète pas, ils sont…Inoffensifs, même si Emmett me tuerait s'il entendait ça. Ils ne boivent que du sang animal. »

« Alors c'était eux, mon petit chien ? » Sourit-elle, espiègle.

« Impossible, ils ne prennent que du sang d'animaux sauvages. Ton Yorkshire a été écrasé par Garrett, tout le voisinage le sait. »

« Oui, et je lui en veux encore ! » Maugréa-t-elle, avant de me regarder dans les yeux. « J'accepte que tu te réincarnes, alors je ne vois pas pourquoi je n'accepterais pas les vampires, après… Je ne dis pas qu'on deviendra les meilleurs amis du monde. » Avoua-t-elle.

Surprise et tellement soulagée, je sentis une larme rouler sur ma joue. Je l'essuyai en riant doucement, accompagnée de ma meilleure amie.

Lorsque nous fûmes calmées, il ne restait plus qu'à trouver un bon gros mensonge convenable à servir à mes parents pour expliquer la présence d'April, si tôt ce matin-là.

Sans oublier de convaincre les Cullen que leur secret était à l'abri avec April et moi…

Alors ? Alors ?

On remercie acheroniastyx pour son côté saphisme (gnark, ça t'apprendra) avec le dernier POV de Liz^^ !

Et surtout, un grand merci à tous et à toutes pour votre soutien.

Je file finir un nouveau chapitre.

Bisous à la semaine prochaine.