Coucou! Hi! Ola! Namaste! Sa salam Alaykom! God dag! Ay! Yambo! Azul! Aloha! Fè! Ni hao!

Coucou les gens! Alors? Vous vous demandez ce qui est arrivé à une certaine elfe de notre connaissance qui a un faible prononcé pour les loups mal dégrossi? ;) bah voilà, je laisse la place.

Krassnaia: déjà 1ere chose: chériiiiiie je t'aiiiiiimmmmeeee! Ensuite, tu es mon roc, mon pilier, celle qui souffre en silence de mes délires paranoïaques (et Dieu sait qu'ils sont nombreux), de mes idées farfelues et qui arrive toujours à mettre le doigt sur ce qui me manque et m'aiguille particulièrement lorsqu'il s'agit des Wallens... un regard et on se comprend... un vrai couple! Ai-je touché à quelqu'un? Réponse un peu plus bas..

Juliefanfic:ma douce Lady, toujours heureuse de te lire! Pour Elëa... et bien je dirai que... nan je dirai absolument rien! A toi de le découvrir! Je suis très heureuse que cette petite histoire te plaise toujours autant! Bisous tout doux fourrés au nougat!

Virginie: fidèle au poste! Merci de me suivre avec une telle assiduité! Tu es trop mimi...

Poly pops: comment ça Klaùs te fout les jetons? Il est aussi doux qu'un agneau cet homme là! Jamais dans les excès... c'est l'incarnation de la constance! ;) tout comme moi! Mon bébé dragon!

Mane-Jei: comme je te l'ai dit, tu as trouvé le clin d'œil! Spéciale dédicace! ^^ et merci de prendre le temps de laisser une trace de ton passage! Klaùs te plaît? Il va falloir que je le partage entre toi et Mathy... Je suis sûre que le défi ne lui fait pas peur! ;)

Mathy: ma tomate! Alors comme ça Thranduil danse le pas de deux?^^ tu vas voir... les choses risquent de s'emballer... Je n'en dis pas plus! N'oublies pas notre accord d'échange interfanfic entre Klaùs et Bombur! Heureuse que tu aies aimé les passages sur les Wallens! Ce sont mes bébés et ils prennent de la place les bougres! Tant de défauts, ce n'est pas gérable! Quant à Klaùs: a-t-il fait quelque chose de mal à Elëa... réponse plus bas... ou pas! et je veux la tonneaumobile aussi!

Sandra: mon Satanas... que dire si ce n'est que tes reviews me font toujours délirer! Aussi folles que nous! Les analyses sont toujours fort pointues et j'aime tes entorses aux règles! C'est si bon d'être vilaine! Quant à Mylène Farmer... savoureux car oui c'est tellement wallen cette ambivalence!.. surtout pour un certain dragon! ;) D'ailleurs, allez lire son histoire plus que terrible: le cœur de la Forêt! ^^ :3

Tyra Misu: merci de ton ajout et pour tes PM... ils sont toujours savoureux, petit dessert sucré que j'aime!

bêta/ relectrice/ revieweuse: Toutouille dont j'adooore la fic Printemps Vigoureux (oui Poly Pops et Krassnaia, c'est bien l'histoire dont je parle très régulièrement!). Merci à toi de prendre le temps de corriger et de relire! un super boulot! Je pense particulièrement à la fin de ce chapitre mais Tùch! ;) les séances de spoilers inter-fanfics sont plutôt cosmiques! Merci aussi pour chacune de tes reviews malgré le peu de temps que tu as... :)

J'espère que vous prendrez plaisir à cette lecture!

Chapitre 25.

La cité sur la Mer, la nuit précédente,

Le Léviathan,

Le Wallen regagna furtivement ses appartements, un rictus torve aux lèvres. Depuis longtemps déjà, il avait appris à se faufiler, à paraître invisible aux yeux de tous. Ce qui lui avait semblé être une malédiction il y a bien des lunes de cela s'était révélée finalement être sa plus grande force, et ce depuis qu'il savait. Il avait enfin avait pris la pleine mesure de qui il était réellement. Il ne souciait plus de ce manque de considération qu'il l'avait tant blessé autrefois. Tout ce à quoi il aspirait désormais passait par la clandestinité.Et quand chacun le verrait dans toute sa splendeur, personne ne pourrait plus alors faire l'impasse sur sa présence. Il n'y aurait plus que lui pour, à la fin, faire corps avec le chaos et le nourrir du sang des peuples d'Arda.

Il alla directement sur sa terrasse, éparpillant au gré de ses pas ses vêtements trempés. L'homme avait profité de l'obscurité de la nuit pour se rendre au fjord de Sÿe, dans la vallée nord de la cité. Là-bas, il avait pu laisser éclater la bête qui ruminait en lui et dévorait son âme si tant qu'il en ait jamais eu une.

Un rire débonnaire secoua tout son corps. En y réfléchissant un peu, il en doutait fortement... de la présence d'une telle entité en lui. Le léviathan prenait trop de place et il pensait réellement que cette fragile étincelle avait été soufflée depuis très longtemps... Son double l'habitait totalement et sa malignité ne pouvait cohabiter avec pareille essence. Il l'en remerciait d'ailleurs. Quel bonheur de ne pas ressentir toutes ces émotions putrides qui parasitaient leurs hôtes! Ce n'était pas comme si lui-même ne ressentait rien. Il était loin d'être une coquille vide. Au contraire, il était galvanisé par tous les sentiments qui se bousculaient en lui; la seule différence était qu'il les laissait l'embraser totalement sans restriction aucune et ce, quelles qu'elles soient. Il acceptait avec joie chaque envie, chaque pulsion avec intensité et les laissaient le guider à leur guise.

Les Wallens avaient beau se prétendre libres, lui savait que ce n'était vrai que dans une certaine mesure. Ils étaient aussi régis par de trop nobles sentiments qui les entravaient. L'honneur, la loyauté, l'amour... autant de transports qui les maintenaient dans un carcan certes invisible mais impossible à rompre. Les seuls qui pouvaient prétendre au semblant de liberté que lui seul possédait étaient les dragons. Ces derniers avaient aussi des vices qu'il leur était particulièrement dur de combattre. Le besoin de possession, la passion charnelle comme matérielle les rendaient peu aisés à enchaîner... C'était là leur propre malédiction.

Il se sentait si bien à cet instant. Son double monstrueux, si gigantesque fut-il, était ardu à rendre aveugle aux yeux de tous et la vallée nord lui permettait de s'y abandonner sans regards indiscrets. Les dimensions pharamineuses de ce lac lui donnaient la possibilité de muer en toute tranquillité, du moment qu'il restait un tant soit peu mesuré dans ses élans.

Ce vallon était de loin le plus dangereux des huit qui composaient les extérieurs de la cité. Il n'était pas habitable et personne n'osait de toute façon s'y risquer y compris pour chasser. Tout, de sa physiologie aux croyances qui s'y rattachaient, faisait qu'il pouvait s'ébattre sans trop de retenue. Lui seul était attiré par cette terre sombre et plus sauvage encore que les autres landes. On racontait que bon nombre d'esprits et autre magie noire en avaient pris le contrôle. Voilà pourquoi lui-même s'y épanouissait complètement. Cette branche du royaume était exclusivement constituée de bocages et terre boueuse. Plusieurs Wallens avaient trouvé la mort, perdus sur cette terre maudite. Les vapeurs blanchâtres qui se dégageaient des marécages gênaient la visibilité des quelques fous qui osaient s'y rendre. Elles provoquaient aussi des états de transe qui n'étaient pas s'en rappeler la catharsis des Prêtas. Sauf que personne n'était apte à recevoir de telles informations si ce n'étaient les jeunes prêtresses. Ces prétendues visions n'étaient que le fruit d'esprits dévoyés par la terre de la vallée. La sensation d'étouffement qu'elle donnait était juste intolérable. Le Wallen le savait pour l'avoir lui-même expérimenté... comme si un troll vous empêchait de bouger, calé sur votre poitrine. La situation épouvantable virait alors à l'effroyable patenté dès lors que le pauvre bougre en prise avec le delirium ne pouvait que subir et ressentir tous les effets du maléfice à l'oeuvre. Rares étaient ceux qui avaient survécu en gardant, a fortiori, leur raison intacte. Lui pouvait se targuer d'y être parvenu tout comme le Ceanar alors qu'il était encore louveteau et qu'il s'était enfui après avoir abrogé la folie de sa propre mère.

Un sourire sardonique étira les lèvres de l'homme. Penser aux Prêtas lui paraissait si drôle. Ces femmes élevées au rang d'icône intouchable par le peuple sur la Mer étaient toutes puissantes depuis la nuit des temps... jusqu'à ce qu'il y mette bon ordre. Il avait profité de la candeur et de la jeunesse de la toute nouvelle prêtresse pour la mettre sous sa coupe de gré ou de force. Il se mit à rire franchement. Non, il lui fallait être honnête! Pas de gré... de bonnes vieilles menaces de mort avaient amplement suffi à ce qu'elle lui mange dans la main. Il en était le marionnettiste et en jouait en virtuose.

Tout comme il l'avait fait avec le roi nain. La profonde antipathie de ce dernier pour son homologue elfique était si intense qu'il ne lui avait pas été compliqué de jouer sur ces ressorts. Sous des dehors rustres, le Wallen était réellement très doué pour manipuler, truander et exacerber les passions comme attiser les hantises de ceux qui avaient le malheur d'être en travers de sa route. Thror, victime de sa propre folie, était quant à lui un être devenu si méprisable qu'il ne lui avait pas fallu grand chose pour l'entraîner dans son jeu malsain. Une lettre avait suffi pour le faire saliver à l'idée de mettre à mal le seigneur des bois ainsi que son fils. Les faire se dresser l'un contre l'autre. C'était si facile ! Les elfes sylvains, à la différence des autres, n'étaient pas connus pour leur retenue ni leur maîtrise de leurs sentiments. Or le roi en était l'illustration parfaite. Couplé à la réalité de la véritable vision, il ne pouvait résister indéfiniment à l'attraction qu'il ressentait pour la jeune Wallen. Il ne lui restait qu'à allumer la mèche pour enflammer une situation qui, il n'en doutait pas, était déjà plus que tendue. La jeune femme était, elle, bien trop jeune et fougueuse pour réussir à se sortir ce maudit elfe vaniteux de sa petite tête... Au contraire, il comptait sur elle et son caractère hérité de son père pour les pousser à la faute, sans omettre son double sirène qui attiserait ses envies à l'excès. Et lorsque le prince verrait la supercherie, lorsqu'il découvrirait la trahison... Un unique pli au roi sous la montagne où il lui avait expliqué, sans donner plus d'indice quant à son identité, comment faire en exploitant un rite wallen ancestrale. Une danse qui suffirait à tous les perdre.

Le début de la fin. Tout volerait en éclats et il serait là pour, non ramasser les miettes, mais finir de les pulvériser.

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Seannadh, le serpent, cité sur la Mer,quelques nuits plus tôt,

Il avait dû la laisser partir. Encore une fois. Le Guérisseur sans Nom et le roi avaient été très clairs. Elle partait loin de lui à nouveau. Et cette fois, ce serait pour de bon, il le savait. Rien ne serait plus jamais comme avant entre eux. Il s'en était déjà rendu compte... Depuis son retour, sa lionne avait changé. D'éternelle optimiste, la jeune femme était devenue beaucoup plus mature et avait un regard acéré sur le monde qui les entourait comme sur ceux qui le peuplaient. La cité Wallen n'était plus son seul point d'ancrage malgré le fait qu'elle n'avait fait qu'y penser durant son séjour en Forêt Noire. Et ça, il ne pouvait le concevoir. Il était de ceux qui ne voient que par leur royaume, leur roi, leur peuple. Il avait beau être un guerrier redoutable et un homme d'intelligence supérieure, certainement trop pour son bien d'ailleurs, le serpent qu'il était le poussait à se méfier de la nouveauté. Les Wallens devaient rester entre eux tout comme les elfes et les faire se mélanger était non seulement idiot mais risqué. Preuve en était les différentes tentatives contre leur princesse... Si seulement il pouvait mettre la main sur ceux qui avaient osé lever la main sur elle, il leur aurait démontré la force du boa et le venin du crotale.

Il serra les poings en avisant la tunique abandonnée au pied du lit comme un dernier témoignage d'une relation à peine entamée et déjà avortée. Il la prit délicatement entre ses doigts fins pour la porter à sa bouche. Il voulait ressentir une dernière fois le grain de sa peau et son nez ne lui servirait pas à grand chose. Seannadh fit craquer les os de son cou et inspira une grande bouffée d'air. Il lui était dur de ne se laisser muter que partiellement. Le reptile en lui en voulait toujours plus et c'était entre eux deux un combat devenu quotidien. Il ouvrit grand les yeux. Ses prunelles virèrent au vert d'eau tandis que ses pupilles devinrent deux fentes aussi noires que l'onyx. Il entrouvrit les lèvres pour laisser en sortir une langue fendue et sifflante. Du bout de celle-ci, il effleura à plusieurs reprises le tissu chargé des effluves de la jeune femme. Par Erù, quelle odeur! Jasmin, bruyère et quelque chose de plus musqué, animal... Il eut un léger vertige et dût se rattraper au dossier de la chaise devant lui. Il avait toujours su, comme elle, que leur relation ne mènerait à rien même s'ils avaient voulu y croire tous les deux. Contrairement au Ceanar et à Ilyrià qui s'étaient toujours considérés comme des amis sans ambiguïté aucune, eux avaient tenté de construire quelque chose. Mais la réalité les avait bien vite rattrapé. Une lionne et un serpent n'avaient rien à faire ensemble et ne pouvaient que souffrir. La lionne, animal de meute, ne pouvait faire confiance au serpent solitaire et toujours louvoyant.

Comme tous les reptiles de la cité, il était fait pour une vie sans binôme d'aucune sorte. Même au sein de la Garde, il n'avait jamais réussi à s'intégrer totalement. Le Ceanar était l'unique personne à lui avoir fait confiance même si Seannadh agissait toujours seul.

Et il en serait digne. Digne de la confiance que son commandant avait placé en lui à son départ pour le remplacer. Digne de la mission que venait de lui transmettre l'amour de sa vie. Elle avait dû partir sans trouver qui était le traître à sa patrie mais lui le trouverait et lui ferait payer chaque exaction d'une telle façon qu'il regretterait de ne pas avoir rejoint les cavernes de Mandos. Seannadh était certes un serpent mais un Wallen qui plus est. La mansuétude et le compromis ne faisaient pas partie de ces qualités. Il était, à l'instar de ses amis les plus proches les jumeaux ours, quelqu'un qui se repaissait de la brutalité et du sang.

Un bruit à l'extérieur le sortit de ses pensées. Il s'avança et s'adossa négligemment au chambranle de la porte, la tunique toujours serrée entre dans sa main. Le jeune homme vit la silhouette d' Anaïsa se découper dans l'obscurité de la nuit juste à côté d'une celle encapuchonnée d'un homme.

Ils quittaient la cité, ombres glissantes et fantomatiques...

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Thranduil, forêt d'Erebor,

Le roi regarda Klaùs attentivement. Ses vêtements étaient littéralement imbibés de sang et déchirés ou plutôt lacérés avec frénésie. Son visage maculé de terre n'avait plus l'air impassible et ironique qu'il avait perpétuellement. Au lieu de cela, il semblait perdu et terriblement secoué. Voilà quelque chose qui ne lui parut pas de bon augure. Le dragon était un homme des plus flegmatiques, plus encore que le Conui qui avait démontré une légère tendance aux emportements de toutes sortes. Il avait toujours eu l'impression que le cousin de sa Wallen ne voyait les choses que d'un œil tourné vers l'extérieur. Alors quoi? Il n'eut pas le temps de dire quoique ce soit qu'un seul mot franchit les lèvres de l'homme.

- Elëa.

Un court instant, il ne comprit pas ou plutôt il saisit de travers le sens de ce seul petit mot. L'ellon crût que l'elfine les avait surpris et que Klaùs, avec tout le pragmatisme qui le caractérisait, avait réglé le problème à sa manière. Ç'aurait été une réaction tout à fait possible compte tenu du Wallen mais une chose clochait dans cette théorie fumeuse. Klaùs tenait bien trop à sa cousine qui elle aimait énormément l'elleth devenue son amie au fil des mois... sans parler de son Ceanar.

Comme dans un brouillard confus, il vit la jeune femme à ses côtés s'effondrer et eut la rapidité nécessaire pour l'attirer contre lui. Il ne servait à rien de faire semblant. Le dragon savait et leur relation, qu'importent les dangers qu'elle représentait, n'était pas l'ordre du jour... Il aida Ilyrià à se remettre debout. Il sentait sa douleur, sa peine et sa colère filtrer de tous les pores de sa chair. C'était comme si lui même les ressentait et c'était extrêmement déstabilisant. Jamais il n'aurait dû pouvoir arriver à un tel degré de communion avec elle. Ce n'était réservé qu'aux âmes sœurs. Or Erù savait que son épouse avait été la sienne... Il était si perturbé par l'abondance de sensations qu'elle lui renvoyait qu'il n'entendit tout d'abord pas les minces explications données par Klaùs. L'elfe reprit ses esprits quand ils suivirent le Wallen dans le dédale des arbres du bois. La jeune femme tenait difficilement sur ses pieds encore fragilisée par les récentes blessures engendrées par sa chute mais refusait une quelconque aide, la sienne comme celle de son cousin.

En quelques minutes, ils arrivèrent à destination et le spectacle macabre qui se percuta sur sa rétine lui rendit, bizarrement, tout son sang-froid alors qu' Ilyrià perdit complètement pied. Elle hurla et voulut se précipiter mais Klaùs la ceintura pour l'empêcher d'approcher plus près. Il lui murmura quelque chose au creux de l'oreille mais elle se débattait dans ses bras, tentant de se libérer par des ruades plus violentes les unes que les autres. Une fois certain que le Wallen la tenait fermement sans aucune possibilité de reddition, Thranduil, lui, avança d'un pas rapide. Son cœur se glaça devant le corps sans vie de l'elfine.

Elle reposait entre les bras du Conui assis en tailleur à même la terre froide. Les yeux turquoises du Wallen ne la quittaient pas des yeux comme si la fixer aussi intensément la ferait se relever et reprendre le cours de sa vie. Il caressait les longs cheveux de l'elfine poissés de tout le sang qu'elle avait perdu. Lui aussi en était recouvert. Une plaie béante barrait le buste d' Elëa. Il vit une épée un peu plus loin. Une colère froide le prit quand il reconnut la facture de la lame. Naine. Une épée naine!

Le roi se morigéna. Il ne devait pas se laisser aller à la rage qui menaçait de le submerger devant cet état de fait. Il devait analyser avec soin chaque détail et avait besoin de toutes ses capacités de jugement. L' ellon reprit ses esprits quand il avisa la cape dont était enveloppée l' elleth.

C'était celle de sa Wallen.

Un éclair de compréhension l'envahit et il sentit ses veines se figer. Il se tourna vers Klaùs et alla prestement le rejoindre. Ilyrià s'accrochait à son cousin comme à une bouée. Ses yeux pleins de larmes s'entrechoquèrent à ceux du roi. Son air désespéré lui mordit l'âme mais il ne pouvait s'en préoccuper pour le moment. Il devait faire au mieux. C'était là sa responsabilité la plus importante. Il réprima l'envie de l'arracher de ces bras qui n'étaient pas les siens et reporta avec peine son regard sur le dragon.

- La cape, murmura-t-il de façon à n'être entendu que de lui. Il ne voulait pas que les quelques nains qui venaient d'arriver et dont faisait partie Thorin puissent avoir vent de ses paroles.

Il n'eut pas besoin d'en dire plus. Klaùs jeta un coup d'œil au corps de l'elfine et blêmit. Ses narines se dilatèrent et une légère fumée en sortit, seul signe de la fureur qu'il ressentait. Il se força à regarder à nouveau sa cousine, petite chose perdue entre ses bras et fronça des sourcils.

- Plus personne ne doit l'approcher en dehors de moi même, Legolas et des Wallens de sa Garde... souffla le roi, la voix dure... Pas même un des miens, rajouta-t-il à contrecœur.

Le prince nain s'avança vers eux, la mine sombre. Lui aussi avait remarqué l'arme à terre et craignait le retour de flammes des elfes comme des Wallens.

- Aucun nain n'aurait levé la main sur une des vôtres, dit-il en prenant grand soin à choisir ses mots.

Thranduil dût se faire violence pour ne pas l'attraper au collet et le secouer violemment. L'heure n'était point à la rancune sous-jacente qui teintait chacun de ses rapports avec les descendants d'Aüle.

- Je ne le crois pas non plus, Thorin fils de Thrain. Quelque chose nous échappe...

Avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit d'autre, un hurlement lupin retentit à leurs oreilles. Il se tourna vers la provenance de ce cri déchirant et vit qu'il s'agissait de Finnàm. Il hurlait à la mort sa souffrance et sa frustration. Bientôt de nombreux autres vagissements leur parvinrent. Les loups de la forêt réagissaient à la présence d'un alpha parmi eux et se ralliaient à lui. Les jumeaux wallens eux-mêmes, qui venaient d'arriver, ne pouvant que rester impuissants face à la scène, se mirent à pousser des grognements terrifiants tant dans leur puissance que par la bestialité qu'ils dégageaient. Ils s'unissaient à la rage de leur chef, le soutenant du mieux qu'ils le pouvaient, de la seule façon qu'ils connaissaient.

- Il nous faut bouger, marmonna Klaùs en desserrant sa prise sur sa cousine qui ressemblait de plus en plus à une poupée de chiffon au grand dam de son elfe. Il va ameuter tous les loups de cette foutue forêt... dit-il en désignant du menton son Ceanar.

Thranduil ne put qu'acquiescer. Il retourna aux côtés du Wallen prostré et se baissa.

- Conui, souffla-t-il prudemment. Vous devez vous reprendre... Laissez-la-moi. -le Wallen réaffirma farouchement sa prise sur le corps d' Elëa- Laissez-la moi, répéta-t-il un peu plus fermement. Je saurai en prendre soin... N'oubliez pas que c'est une des miennes, maître Wallen. Que croyez-vous? Que je laisserai impuni cet acte odieux?!

L'ellon n'était guère patient et il se sentait dangereusement dériver lui aussi vers un état de nerfs proche de l'explosion. Une de ses elfines avait été impitoyablement abattue, les nains injustement mis en cause il en était certain et Ilyrià probablement visée... Tout cela lui donnait le tournis et menaçait d'avoir raison de lui. Le Ceanar planta son regard dans celui gelé du souverain elfe. Quelques secondes passèrent pendant lesquelles ils se défièrent. Finalement, Finnàm lui remit brutalement le corps mort de son amante dans les bras et sauta sur ses jambes. Avant que qui que ce soit ait eu le temps d'esquisser un pas, il avait filé en courant et s'était enfoncé dans la pénombre des bois. Klaùs fourra alors sa cousine, pantin désarticulé, dans les bras de Fillan avant de leur murmurer à lui comme à son frère quelques consignes. Il sauta ensuite dans l'arbre au-dessus de lui pour disparaître. Le dragon était très proche de son supérieur et Thranduil ne doutait pas qu'il s'était lancé à sa poursuite.

Le souverain monta sur sa monture qui l'avait suivi, Elëa toujours dans les bras. Il était temps de retourner à la montagne. Il devait informer Legolas de la situation et vite repartir entre les murs protecteurs des cavernes de Mirkwood. Il devait protéger Ilyrià, un malheur n'arrivant jamais seul... Il ne pouvait se permettre de prendre pour acquis sa sécurité.

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Finnàm,

Le Wallen courait à travers la forêt, l'esprit totalement déconnecté de son corps. Il essayait de comprendre quelque chose d'intangible, du moins tant qu'il serait dans cet état.

Pourquoi l'avait-il abandonnée? Pourquoi l'avait-il laissée seule? Il avait été si... en colère après elle! Ce qu'elle lui avait tenté de confier lui avait retourné la tête et il n'avait pas voulu lui accorder le moindre crédit. Elle l'avait pourtant supplié de revenir mais lui s'était senti beaucoup trop enragé pour cela... Il avait souhaité tout d'abord se calmer avant d'agir. Une odeur métallique lui avait alors chatouillé les narines et une alarme avait retenti dans sa tête aussi sûrement que la corne d'appel de la cité sur la Mer. Il s'était précipité vers cette effluve de plus en plus persistante avant de s'apercevoir qu'il avait tout bonnement rebroussé le chemin qu'il venait d'emprunter. Il avait su avant même d'arriver... et de la trouver, baignant dans son sang.

De retour à la réalité présente, Finnàm hurla à s'en déchirer les cordes vocales. Encore et encore. Il allait mettre la main sur le responsable du meurtre de sa si douce elleth et lui ferait payer cette atrocité. Jamais barbarie ne porterait mieux son nom. Il l'éplucherait avec un soin tout particulier...

Des larmes de rage coulèrent le long de ses joues. La mort de son elfine lui coupait le souffle de douleur. Il se sentait si coupable...

Lui, le si redoutable soldat wallen, n'avait pas réussi à la protéger...

Il marchait désormais sans savoir vraiment où il se dirigeait, son esprit trop embrouillé par la colère. La peine qui montait de plus en plus menaçait de le submerger. Un soldat se devait de rester froid et insensible devant la mort mais Finnàm s'était tellement attaché à cette elleth... Pour lui qui n'avait plus d'attaches, plus de famille mises à part sa sœur et Ilyrià, il ne savait comment réagir. Il n'avait pas ressenti ce désespoir depuis la mort de ses parents...

Sa soeur était une guerrière et il ne s'inquiétait que rarement pour elle. Ily, elle, était toujours très entourée et qui plus est débrouillarde sous ses dehors brouillons. Jamais il ne s'était lié à un être aussi faible et sans défense qu' Elëa... ce qu'il regrettait déjà ce lien si fort qui c'était créé entre eux! De l'amour? Peut-être... ou alors une amitié teintée de désir et de sentiments. Après tout, il ne savait pas ce qu'était réellement l'amour.

La seule chose qu'il savait en revanche était qu'il n'aurait de repos qu'après avoir trouvé le meurtrier... En ce lieu, il ne devait penser qu'à Elëa et à la vengeance qui l'attendait, lui ouvrant grands les bras. De plus, Finnàm se doutait fortement que sa si douce elfine n'était pas visée. Il n'y avait aucun intérêt à son meurtre. C'est pourquoi il lui fallait trouver le responsable avant qu'il n'atteigne sa véritable proie, à savoir Ilyrià. Il ne pourrait supporter une autre perte sans y laisser la raison.

Le loup tomba à genoux et hurla. Il hurla pour sa compagne mais aussi pour son amie qu'il savait en danger. Ses yeux jaunirent et ses dents s'allongèrent. Ses griffes poussèrent, s'enfonçant dans la terre meuble. Sa meute était plus que jamais menacée. Son souffle se fit erratique. Sa rage essayait de sortir par tous les moyens. Finnàm sentait qu'il perdait peu à peu le contrôle. Son loup le rongeait de l'intérieur et voulait se libérer de la partie encore humaine du Wallen.

Où était Anaïsa? Où était sa sœur? Elle seule pouvait le calmer, lui faire entendre raison...

Un craquement se fit entendre derrière lui. D'un mouvement brusque, toujours accroupi au sol, il se retourna et planta ses yeux furieux dans le regard de son assaillant. Qui osait le surprendre dans un tel moment?

Il se retrouva face à Klaùs. Celui-ci était tendu à l'extrême, prêt à se défendre en cas d'attaque. Il sentait l'aura bestiale qui entourait son Ceanar. Ramassé sur lui même, les muscles crispés sous ses vêtements poisseux, le visage froid et haineux... tout lui indiquait que Finnàm ne le reconnaissait pas. Pourtant ce dernier savait pertinemment qui était son adversaire mais son désir de violence comme de mort supplantait tout le reste. Il fallait qu'il se batte, qu'il laisse la tension de son corps s'évacuer. Il le devait. Un grognement s'échappa de sa gorge. Ses lèvres se retroussèrent sur ses crocs.

Attentif au moindre mouvement brusque, Klaùs mua. Ses pupilles se firent plus fines, ne formant plus qu'une ligne. Les écailles tatouées sur ses joues prirent vie pour se teinter de pourpre. Sa langue s'allongea et se divisa comme celle d'un serpent. Un plaisir immense le parcourut, une fois sa mutation achevée. La liberté... Cette liberté d'être vraiment lui. Rien ne pouvait lui faire ressentir une telle satisfaction. Et puis... la mort de l'elfine le laissait indifférent. Ce qui le touchait étaient la souffrance de sa co-ogha et celle de son commandant.

Finnàm attaqua le premier, se déplaçant à une vitesse folle, et se jeta sur son compagnon d'armes. Il l'attrapa au cou et planta ses griffes dans la fragile membrane de sa peau. La force du geste les envoya au sol, le loup toujours accroché au dragon. Klaùs agrippa les poignets de son chef pour essayer de lui faire lâcher prise. Du sang perla de la plaie. Il résista cependant à la douleur et repoussa son adversaire en plaçant ses genoux sur le torse de celui-ci pour le pousser le plus fort possible. Il envoya ainsi Finnàm au loin. Le Ceanar roula, se releva et chargea de nouveau. Klaùs eut juste le temps de se remettre debout avant d'être percuté de plein fouet. Un véritable combat de titans, chaque coup étant paré à l'instant par l'adversaire.

Un individu extérieur y aurait vu, au-delà de la violence, une danse parfaitement maîtrisée.

Les deux guerriers enchaînèrent les coups de pieds et de poings, chacun évitant l'autre en se baissant avec rapidité, pivotant sur lui même, se jetant en arrière...

Le loup trouva une faille dans la garde du dragon et projeta avec violence son talon dans son ventre. La force de l'impact fit reculer de plusieurs pas son second, plié par la douleur. Du coin de l'œil, il vit Finnàm se glisser silencieusement sur sa gauche. Il se remit en garde et cette fois, fut prêt quand il chargea. Klaùs bondit en arrière avec un salto parfaitement maîtrisé et envoya son pied rencontrer la mâchoire de son adversaire. Ce dernier tomba lourdement mais, loin d'être sonné, se remit rapidement debout. Les deux hommes se regardèrent en chiens de faïence. A bout de souffle, ils n'en restaient pas moins sur leur garde... Finnàm fit mine d'attaquer Klaùs par la droite mais, d'une rapide rotation, se positionna derrière lui. Il lui attrapa la nuque et lui bloqua un bras dans son dos. Il le poussa et le maintint contre un arbre. Le dragon sentait l'écorce lui labourer le visage. Avec colère et virulence, il se débattit pour se déloger de là mais, à chaque mouvement, son bras remontait, tirant douloureusement son épaule.

Alors, pour cacher son désarroi, il se mit à rire. Un rire glacial.

- Que vas-tu faire, louveteau? demanda-t-il d'un ton moqueur.

Finnàm ne réagit pas. Il était rompu depuis bien longtemps à ce genre d'intimidations. Il colla son torse au dos de Klaùs, emprisonnant un peu plus son bras.

- Je pourrai te déchiqueter avec mes dents... souffla-t-il dans un murmure rauque.

Un frisson parcourut l'échine de Klaùs. Malgré lui et le combat violent, une excitation certaine montait en lui qui s'intensifia quand le loup planta ses crocs dans son cou.

- Je pourrai te tuer... te faire souffrir... gronda-t-il en relevant le bras déjà tordu du dragon, tirant encore un peu plus sur son omoplate.

Klaùs grimaça de douleur. Une souffrance mêlée de désir qui augmentait, remontant le long de sa colonne vertébrale, lui chatouillant les reins.

Alors que Finnàm allait ajouter quelque chose, le visage d' Elëa s'imposa à son esprit. Sa douceur, ses longs cheveux blonds, la tendresse de son regard, sa gentillesse... son amour pour lui.

- Tha mi duilich... (je suis désolé...)

Il n'était même pas sûr de savoir à qui ces paroles étaient destinées... Le loup lâcha son compagnon et recula. La culpabilité le clouait sur place, broyant son cœur meurtri.

Elëa était morte...

Il se remit à hurler. Klaùs ne sut comment réagir. Devait-il intervenir? Être vexé? Le cogner? Il aurait plus penché pour cette dernière solution... Mais le Ceanar ne lui laissa pas le temps de s'appesantir sur cette question.

Sans un regard, il se détourna et partit.

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Thranduil,

Le roi arrivait à peine que Gallion apparut dans son champ de vision alerté par les éclaireurs rentrés quelques instants plus tôt. Il descendit de son élan avec précaution. Il tenait toujours le corps sans vie d' Elëa et le traitait avec toute la déférence qu'il pouvait montrer. Il ne parvenait pas à croire qu'une elfine de sa forêt aussi lumineuse que l'était Elëa avait perdu la vie, terrassée par un destin aussi cruel. Quelques mois plus tôt, il aurait très certainement retourné sa rancœur vers le peuple de la Mer et quelque part, oui, il leur en voulait comme il en voulait aux Valar de l'avoir placé dans une telle position. Qui serait le prochain? La prochaine?

Il jeta un bref coup d'œil à la Wallen qui était toujours entravée dans les bras de son ami ours. Lequel, il n'aurait pas su le dire... Celui avec les cheveux courts. Il la tenait fermement car elle avait tenté de leur fausser compagnie à plusieurs reprises, prétextant qu'elle devait aller à la recherche du mystérieux assassin. Évidemment, elle qui était toute à sa colère ne voyait pas plus loin que le bout du nez de son besoin de vengeance... Elle n'avait pas encore compris qu'elle était la seule personne visée par cet attentat.

Après un dernier regard attendri pour l' elleth qui gisait entre ses bras et quelques paroles douces en sindarin à sa seule attention, il la déposa dans ceux de l'intendant. Les sanglots d' Ilyrià lui déchiraient l'âme et menaçaient de le faire chavirer une bonne fois pour toutes. Il devait trouver un moyen non seulement de la calmer mais de la mettre hors course, qu'il puisse avoir le champ libre pour réfléchir posément à la situation. De plus, il avait peur de la voir se lancer dans une quelconque idiotie héroïque qui ne ferait qu'au mieux ralentir les choses et au pire les envenimer.

- Prenez soin de cette elfine, Gallion. Préparez les nôtres au départ, nous quittons cette montagne maudite où nous n'aurions jamais venir! grinça l' ellon, conscient que sa cupidité à l'égard de certains trésors de Thror avait coûté la vie d'une elfe merveilleuse.

L'intendant allait parler à son tour quand la voix de son seigneur claqua de nouveau.

- Où est mon fils? Où est Legolas?

- Legolas ernil est parti... annonça Gallion d'un ton contrit.

Thranduil sut que quelque chose clochait à la façon de voir l'elfe hésiter ainsi. Il semblait effrayé. Ce fut alors qu'il remarqua l'effervescence qui gravitait un peu partout autour d'eux et plus profondément dans la montagne à en juger d'après les cris étouffés qui en étaient recrachés.

- Que se passe-t-il, Gallion? demanda-t-il, péremptoire.

- Seigneur... Pendant que vous étiez dans la forêt...

- Quoi donc? s'impatienta Thranduil.

- Un assassin masqué a tenté de s'en prendre au prince, le surprenant dans les jardins alors qu'il était en compagnie de son amie la Dunedain... souffla l'intendant, les yeux rivés au sol. Legolas ernil est parti à sa poursuite.

Un cri perçant leur parvint. Ilyrià semblait totalement hors de contrôle. Elle avait entendu les paroles de l'ellon et une fureur indicible s' était emparée d'elle.

- laisse- moi! hurla-t-elle à Fillan en lui écrasant le pied d'un puissant coup de talons. Voyant que son geste n'avait aucun effet sur le soldat autrement plus fort qu'elle, elle profita qu'il l'ait soulevée afin de la ceinturer plus facilement pour lui asséner un violent coup de tête. Un craquement sinistre retentit. L'os du nez du Wallen s'était cassé net. Avec un grognement de douleur, il la lâcha et elle en profita pour tenter de s'enfuir. Thranduil pivota et l'attrapa par la poignet. D'une torsion, il la ramena vers lui, l'emprisonnant d'un bras autour de sa taille contre son torse.

- Occupez-vous d'Elëa. Envoyez des soldats à la recherche de Legolas et tenez-moi informé du moindre renseignement que vous pourrez obtenir, dit-il sans tenir compte des insultes dont l'abreuvait copieusement la jeune femme.

Il reporta ensuite son attention sur Ilyrià qui gesticulait contre lui. Par les Valar! Elle semblait comme possédée! Sans plus de retenue ni prendre congé du prince nain et de ses compagnons, il la chargea sur son épaule. Il grimpa lestement les escaliers qui menaient à ses propres appartements. Il entendait son cœur tambouriner frénétiquement et ses cris lui déchiraient les tympans. Il fallait impérativement qu'elle s'apaise, qu'elle passe outre la rage qui lui assombrissait l'esprit. Entre le meurtre d'Elëa, elle et maintenant Legolas qui battait la campagne seul alors qu'il venait de réchapper à une tentative d'assassinat, tout partait à vau l'eau... Il ouvrit la porte qu'il claqua au nez et à la barbe des deux ours. Il devait être seul avec elle pour lui faire reprendre raison. Sous les yeux de qui que ce soit, ce ne serait pas possible. Il ne pourrait agir avec la liberté d'action dont il avait besoin. La Wallen n'était que fureur et fougue conjuguées. Il devait donc se montrer impassible devant son chagrin ou tout du moins lui faire comprendre qu'il était temps de penser, non ressentir.

Il la jeta sur le lit en s'asseyant à califourchon sur elle pour la maintenir. Sentir son corps se tortiller sous le sien fit remonter un désir plus que mal venu dans le creux de ses reins qu'il chassa rapidement. Tout en l'entravant d'une main sur son buste qui la comprimait sévèrement, il attrapa une carafe d'eau qu'il lui versa sur le visage sans aucune cérémonie. Elle glapit, furieuse de ce traitement sommaire mais cela eut au moins le mérite de la dissuader de continuer à se débattre ainsi. Les yeux mi-clos, elle le regardait en fronçant les sourcils. Elle passa la pointe de sa langue sur ses lèvres desséchées et jura entre ses dents.

- Lâchez-moi...

- Je vous laisserai si vous me promettez de vous accoiser, wen nîn, la contra le roi.

- Lâchez-moi...

- Dois-je vraiment répéter? la gourmanda-t-il, sa patience s'effritant à mesure qu'elle parlait.

- Lâchez-moi...

- Je...

Il n'eut pas le temps de rajouter un mot qu'une violente douleur lui mordit l'entrejambe. Elle avait osé! Osé lui balancer un virulent coup de genou là où même les elfes étaient sensibles... Ilyrià prit appui sur le matelas et poussa sur ses jambes pour le faire basculer sur la couche. Elle se releva rapidement et susurra vicieusement en se plantant juste à côté de lui:

- Je vous avais bien dit de me lâcher...

Là-dessus, la Wallen ne demanda pas son reste et se mit à courir pour traverser la suite du souverain. Elle atteignit la porte et l'ouvrit à la volée quand elle se retrouva nez à nez avec les deux ours. Ils se saisirent d'elle à d'eux cette fois, un entravant ses bras et l'autre ses jambes tandis que le seigneur elfe revenait vers eux. Il alla à une porte attenante au salon et l'ouvrit. D'un regard plus que glacial, il les enjoignit à emmener Ilyrià à l'intérieur. Ils l'avaient à peine reposée à terre qu'ils refermèrent la porte sous les injures de la jeune femme. Elle les invectivait avec une telle grossièreté qu'il eut l'impression que ses fines oreilles s'étaient mises à saigner. Les coups violents qu'elle mettait dans la porte rendaient l'atmosphère purement assourdissante.

- Je vais l'étriper... grogna Fillan, son appendice nasal en sang. On pouvait voir l'os brisé dévier la cloison de son nez mais il avait l'air de s'en moquer. Seuls l'incommodaient les beuglements de leur princesse.

- Ou il serait plus simple de lui arracher la langue... sourit Fingall, sinistre... lui couper les deux jambes est aussi une possibilité que j'envisage plus que fortement.

Thranduil ne comprenait un traître mot de leur échange. Un tel dialogue de sourd n'était pas pour améliorer la situation. Tout ce qui lui importait désormais était le sort de son fils dont il n'avait aucune nouvelle et cela le dévastait complètement. Quant à la furie enfermée dans sa salle d'eau... et bien pour le moment, elle était très bien là où elle était.

Tout à coup, le Wallen aux longs cheveux de feu le regarda avec insistance en parlant à une vitesse affolante mais lui n'y entendait que des borborygmes insolubles et gutturaux. Alors son frère, qui avait bien évidemment compris le monologue de son jumeau, se mit à gesticuler pour tenter de lui faire comprendre l'idée générale à coups de grands gestes. Devant l'air perdu et légèrement agacé de l'elfe, ils soupirèrent de concert, ce qui eut été drôle sans la situation désespéré. Ils se calmèrent alors tous les deux et lui mimèrent comme quoi ils allaient s'absenter pour mieux revenir ensuite. En véritable bourrasque, ils sortirent en coup de vent.

Thranduil s'adossa à la porte sans tenir compte des coups qu' Ilyrià continuait de porter inlassablement. N'y pouvant plus, il l'ouvrit si brutalement qu'elle lui tomba dessus portée par son élan. La jeune femme s'écrasa contre lui. Avant qu'elle n'ait le temps de faire quoi que ce soit, il emprisonna ses poignets entre ses mains et la cloua contre le mur attenant, bloquant son petit corps avec le sien. Il baissa les yeux vers elle et la vit frissonner sous leur brûlure. Des larmes perlèrent au coin de ses prunelles et se mirent à couler le long de ses joues. Sa lèvre inférieure trembla.

- Crois-tu que c'est de notre faute, mo righ?

- Quoi donc? demanda-t-il doucement.

- Tout ce qui arrive... Est-ce de notre faute? Est- ce là la punition que les dieux nous infligent pour avoir enfreint leurs règles?

Après tant de colère, son visage candide le laissa démuni. Il délaissa un de ses poignets et essuya de son pouce une larme qui menaçait de s'écraser sur sa si tentante petite bouche par trop charnue. Comment lui qui était la froideur et la mesure incarnée avait-il bien pu s'éprendre d'une telle harpie qui n'était qu'excès? Son regard perdu lui était douloureux au- delà de l'impensable, bien au delà de ce que lui- même pouvait y comprendre.

- Legolas... balbutia-t-elle dans un filet de voix. Et s'il lui arrivait quoi que ce soit? Je ne pourrai jamais me le pardonner mo righ... tout comme vous...

- Non, melleth nîn, le châtiment divin n'a rien à voir dans la situation actuelle... Ce n'est pas un Vala qui a tué Elëa ni tenté de s'en prendre à Legolas.

Ilyrià ne l'écoutait pas, désemparée comme elle l'était. Il l'entendait murmurer en wallen et cela l'inquiéta bien plus que ses cris. Il passa la main dans ses cheveux et les lui tira légèrement pour la forcer à réagir et lui faire face. Le voile qu'il percevait sur ses pupilles l'interpela, comme si elle se laisser glisser quelque part où il ne pourrait plus l'atteindre. L'ellon se pressa un peu plus contre elle. Il sentait l'urgence.

- Ilyrià, l'appela-t-il dans un murmure rauque. Réponds moi, melda heri... -devant son air absent, la panique commença à l'envahir et il devint plus brutal- Réponds moi! cria-t-il d'une voix blanche.

Elle ne disait plus rien et se laissait secouer sans rien trouver à répondre. Le vide de son regard le terrifia. Il ne pouvait la perdre, les perdre, elle ou son fils. Il se laissa glisser au sol avec la jeune femme dans les bras. Il l'attrapa par la nuque et plaqua farouchement ses lèvres sur les siennes dans une ultime tentative pour la faire réagir. Quelques instants encore auparavant, elle l'aurait très certainement giflé pour avoir osé penser à un tel acte dans un moment pareil. Or là, il avait l'impression de serrer une coquille vide entre ses bras impuissants.

- Ne peux-tu donc rien faire avec parcimonie, ma Dame? Peux-tu seulement me frapper ou au contraire perdre toute combativité? Ne vois-tu donc les choses que d'une seule et même couleur? souffla-t-il en scrutant son visage. Tu es si jeune... et si inexpérimentée... soupira l'elfe. Tu as tant à apprendre... Je ne suis pas le plus apte à t'enseigner quoi que ce soit. Trop abîmé et toi trop candide malgré ce que tu t'imagines...

Il colla son front à celui de la Wallen muette et ferma les yeux une seconde. Avouer ces semi vérités alors qu'elle ne l'entendait visiblement pas avait un côté lâche mais jamais il ne l'aurait fait sinon. Il était bien trop fier pour cela. A la voir ainsi, il se demanda l'espace d'un moment si elle n'avait pas raison. Après tout, il s'était emparé d'elle alors qu'elle ne lui appartenait pas, loin s'en fallait. Toutefois, aucun retour en arrière n'était plus possible. Elle était bien trop ancrée dans sa chair, s'était bien trop infiltrée dans ses veines comme un poison pour qu'il puisse l'en chasser désormais. Quoiqu'il se passe maintenant, rien ne changerait plus cet état de fait. Elle était à lui. Elle lui appartenait purement et simplement. C'était totalement irrationnel comme sentiment, à la limite de la pulsion animale...

Il se releva et la porta sur son lit, l'installant du mieux qu'il le put. Ses grands yeux ouverts sur le vide lui arrachèrent un grondement. Il s'assit au bord de la couche et lui caressa la joue lorsqu' il entendit un raclement de gorge derrière lui, un unique mot qui le fit frémir au-delà de ce qu'il pensait imaginable.

- Ada.

Thranduil se leva comme s'il venait de s'être fait piquer par un scorpion du Harad et se retourna, le dos raide. Legolas se tenait devant lui, le regard dur comme jamais il ne l'avait vu auparavant. Il était dépenaillé, sa tunique tâchée de terre et de sang. Ses longs cheveux blonds étaient maculés eux aussi de boue et une profonde entaille courait sur sa joue. Son regard allait de la jeune femme couchée sur le lit à son père comme s'il comprenait quelque chose qui lui avait jusque-là échappé. L'heure n'était cependant pas aux tergiversations. Il planta ses yeux assombris par la colère dans ceux polaires et insondables de Thranduil.

- Je n'ai pu rattraper le responsable de mon attaque, dit-il les mâchoires contractées. Cela dit, j'ai pu capturer celui de la mort d'Elëa. Celan'a pas été facile mais c'est fait.

- Et...

- C'est un elfe, le coupa Legolas d'un ton rageur. Un Galadhrim. Il ne s'agit pas d'attaque isolée, aran nîn -il appuya sciemment sur ses derniers mots et Thranduil ne put s'empêcher de tressaillir- c'est tout un complot auquel nous avons affaire. Ma Dame excite bien des convoitises, ironisa l'elfe.

- Legolas, nous devons... tenta d'intervenir le roi cerf.

- Nous devons partir et rentrer, trancha durement son fils. Immédiatement. Je pars faire sceller les chevaux et préparer le prisonnier au transport. Je l'interrogerai à Grand' Peur.

Il tourna les talons et alla à la porte quand il s'arrêta brusquement. Sans même se tourner vers son père, il lâcha d'une voix lugubre:

- Il va sans dire que vous et moi aurons une discussion dès notre retour, Ada. -l'amertume perçante dans ses propos empoisonna le cœur du roi- Nous avons certaines choses à éclaircir, vous et moi... vous, moi et ma Dame, se corrigea-t-il avec aigreur.

Le souverain elfe vit son fils serrer les poings comme s'il avait peur de laisser éclater une fureur que Thranduil ne pouvait qu'intégrer. Legolas sortit en claquant la porte derrière lui. Il ne savait rien de la relation exacte qu'entretenaient son père avec la femme qui lui était promise mais il n'était pas dupe. Quelque chose de louche se tramait et il l'avait senti. Il voudrait des explications sur la vérité qu'il ne venait que d'entrevoir. Et pour ça, il attendrait d'être rentré. C'était un ellon d'honneur et ils se devaient d'être exclusivement tournés vers l'odieux meurtre qui avait été commis sur l'une des leurs. L'heure serait bientôt venue de lui donner des réponses.

Thranduil avait fait un choix et il était temps pour lui de l'assumer. Il avait sciemment choisi de passer outre les sentiments de son fils, ne pouvant refréner et faire taire les siens. Il allait devoir payer l'emprise que la petite âme recroquevillée sur son lit avait sur lui.

Ses jambes lui semblèrent être de plomb, son corps incroyablement lourd... Il alla s'affaler dans un fauteuil près de l'âtre éteint et renversa tête sur le haut dossier. Il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il n'avait pas tout perdu, absolument tout en ces quelques heures funestes. Son fils n'avait jamais été autant hors de sa portée. Quant à la Wallen qui encombrait son esprit, il ne savait quoi penser. Thranduil appuya sa tempe contre son poing serré et ferma les yeux. Quelques mois plus tôt, il était enferré dans une vie qu'au fond de lui il savait ne plus lui convenir mais il avait au moins son fils avec lui. Aujourd'hui, un petit bout de femme avait tout ravagé sur son passage et il avait du mal à admettre le chamboulement qu'elle avait provoqué malgré elle. Thranduil n'était pas sûr d'apprécier ce changement et ce qu'il ferait s'il avait la possibilité de revenir en arrière. Ce qui lui posait le plus problème était l'absence de choix qu'il avait face à la Wallen. Il avait tenté de résister du mieux qu'il le pouvait mais peine perdue. Comment avait-il pu se fourvoyer à ce point?...

Il en était là dans ses réflexions quand la porte se rouvrit avec fracas. L' ellon rouvrit les yeux sûr de se retrouver face à Legolas. Mais non. A la place, il vit Finnàm, les yeux injectés de sang. Il était dans un état encore plus pitoyable que lorsqu'il l'avait quitté un peu plus tôt. Des brindilles dans les tresses qui lui parcouraient le crâne, des coupures partout sur le visage et les bras, un monstrueux bleu lui avait éclaté la pommette gauche... de toute évidence, il s'était battu. Mais avec qui? Pas le Galadhrim. Il était sous bonne garde en attendant qu'ils s'en aillent... Il n'eut pas le temps de s'appesantir sur la question que le Ceanar claquait la porte à son tour d'un coup de coude. Il alluma un cigarillo d'une main tremblante et Thranduil put noter les phalanges explosées du Wallen. Le combat avait été rude...

Le loup tournait comme un lion en cage en jetant de fréquents coups d'œil vers le lit où gisait Ilyrià. Il la voyait bouger et marmonner les yeux grands ouverts. Il avait passé assez de temps sur les champs de bataille pour reconnaître un état traumatique lorsqu'il en voyait un. Aussi ne prit-il pas la peine d'aller voir de plus près. Au moins était-elle en sécurité... si on voulait. Il fuma en silence, tentant de reprendre à peu près ses esprits. Quand il eut terminé, il envoya le mégot d'une pichenette dans le ventre de la cheminée avant de se tourner vers l'elfe.

- A righ, je sais pour le Galadhrim, lâcha-t-il en sindarin d'une voix posée, du moins autant qu'il le pouvait dans de telles circonstances. Je le veux.

Thranduil s'était attendu à cette demande. Il s'y attendait depuis que Legolas lui avait annoncé la capture de l'elfe. Vu la réaction du Conui face à Lomion, il ne pouvait agir autrement mais là, lui ne pouvait le cautionner. Beaucoup de choses entraient en jeu... dont la sécurité de sa petite Wallen et rien que pour ça, il ne pouvait abandonner le traître aux griffes de Finnàm.

- Non, dit-il d'un ton cinglant. Il en est hors de question, Conui.

- Non, répéta le soldat en se ramassant sur lui-même comme s'il allait bondir sur le souverain.

- Non, confirma l'ellon en se levant pour le dominer de toute sa hauteur. Il retourne en forêt Noire avec nous. C'est impératif. Nous devons l'interroger.

- Je peux le faire ici et tout de suite, gronda Finnàm.

- Vous êtes beaucoup trop en colère pour gérer une telle situation, Conui!

- Je suis tout à fait apte, grogna le loup.

Thranduil pouvait voir ses yeux jaunir dangereusement. Il était à deux doigts de craquer.

- Vous ne voulez que le tuer. Il vous faut voir les choses dans leur ensemble, Finnàm.

Les canines du Wallen s'allongèrent. Un doigt...

- La sécurité de votre princesse en dépend, plaida l'ellon avec calme.

- Ah oui... C'est vrai qu'elle vous tient à cœur, a righ, railla le Wallen.

Les narines du roi se pincèrent et il serra les poings de colère. Y avait-il seulement une personne qui n'était pas au courant de sa malheureuse inclination?

- je ne vois absolument pas de quoi vous parlez, Conui.

- Je parle de vous et ma princesse! cracha le Wallen, maintenant hors de lui. Galla! Je ne l'ai pas crue! Je ne l'ai pas crue et elle en est morte!

Thranduil prit de plein fouet les derniers mots du Ceanar. Que voulait-il dire par là? Finnàm tournait maintenant autour de lui comme un prédateur autour de sa proie. Heureusement pour lui, l'ellon avait eu le temps, ces derniers millénaires, de s'aguerrir aux rudiments du combat. Il en fallait plus pour lui faire perdre la face.

- Vous ne savez rien, Conui et je ne saisis pas un mot de ce que vous dîtes là...

- Elëa le savait et... et elle a tenté de m'avertir! Je n'ai pas voulu la croire! Je l'ai repoussée et l'ai laissée seule! Elle en est morte!

- Elle n'aurait pas dû intervenir dans ce qui ne le concernait pas, siffla l'ellon, les dents serrées.

Tout à coup, l'air se satura autour d'eux. Le Wallen jura et se jeta sur l'elfe qui fit un pas de côté pour esquiver la charge. Si Finnàm n'était à ce moment-là que force brute, le roi avait pour lui son esprit plus clair et une précision quasi chirurgicale. Il sauta lestement en arrière et se saisit de son épée posée négligemment sur la desserte. Il ne souhaitait pas blesser plus encore le soldat mais se méfiait grandement des griffes affûtées du loup. Lorsque ce dernier le chargea à nouveau, il se propulsa par-dessus lui et l'envoya au sol d'un coup de pied magistral dans le dos. Il appuya alors la pointe de son arme sur la nuque de l'homme à terre.

- Ne me forcez pas à faire ça, mellon. Je comprends votre douleur pour l'avoir moi-même vécue, murmura l'elfe au-dessus du Wallen qui ne bougeait plus, conscient malgré sa rage de la lame froide sur sa gorge. Quant à Dame Ilyrià...

- Vous l'avez prise, a righ, le coupa Finnàm, sombre.

- Je ne le nierai pas, répondit le roi, mais vous ne pouvez ni ne devez intervenir.

- Elle...

Thranduil accentua la pression de l'acier sur la peau du Conui.

- Cela ne vous concerne pas. Ceci est mon affaire, non la vôtre. Préoccupez-vous seulement de sa sécurité.

- Et pas du lit dans lequel elle se vautre, se gaussa l'homme à terre.

- C'est exactement ça.

Finnàm se releva sans que le roi esquisse le moindre geste pour l'aider. Il n'était tout simplement pas ce genre d'elfe. Ils se dévisagèrent un moment en silence avant que le Wallen ne le rompe.

- Mon roi ne cautionnera jamais cette inclination et vous savez pourquoi, dit Finnàm la voix lourde de sous-entendus. Sans parler de la raison pour laquelle cette union a été décidée... pour le bien de tous.

- Je sais, fit Thranduil laconique.

Ils n'eurent pas le temps d'approfondir plus avant que la porte s'ouvrit sur les jumeaux. Ils regardèrent leur chef et et le seigneur elfe puis, sans accorder plus d'importance à leurs mises défaites, montrèrent une fiole que tenait Fillan. Fingall rentra dans un monologue qu'écouta attentivement le Wallen. Il finit par interrompre le jeune ours d'un geste vague de la main et se tourna vers Thranduil.

- Il s'agit d'un sédatif pour Ilyrià dit-il en lui montrant la minuscule bouteille. Une potion à base de coquelicots, opiacés puissants comme vous devez le savoir, que j'avais préparée pour moi.

- Je doute qu'elle ait besoin d'une telle chose, douta le souverain. La catatonie dans laquelle elle est plongée me paraît bien suffisante en elle-même...

- Il lui faut un sommeil réparateur. Voilà ce qui lui est nécessaire, assura le Ceanar. Elle doit dormir sans pensée ni cauchemar pour parasiter son esprit bien trop déchiré.

Il fit signe à Fillan qui alla d'un pas sûr jusqu'à la couche sur laquelle Ilyrià reposait, suivi par tous ceux. Il s'installa à la tête de la jeune femme et la souleva avec toute la délicatesse dont il était capable, soit fort peu. Il la maintint ainsi contre son torse musculeux. D'une main, il lui ouvrit la bouche sans qu'elle lui oppose la moindre résistance au grand dam de l'ellon et de l'autre versa le liquide rouge sang entre ses lèvres.

Avec la brutalité qui le caractérisait, l'ours alla beaucoup trop vite comme le réalisa Finnàm qui se jeta sur lui pour stopper son geste. En vain. Le jeune Wallen avait déjà vidé la fiole quand son supérieur s'en saisit et l'envoya à terre. Frappé de stupeur, il regarda la jeune femme convulser quelques secondes et se redresser sur son séant en marmonnant des paroles dans leur langue toutes plus incohérentes les unes que les autres. Thranduil resta pétrifié en voyant la femme qu'il aimait se mettre à crier. Ses yeux roulèrent dans ses orbites et elle retomba sur Fillan, totalement inconsciente, le teint cireux et les lèvres semblables à de la craie.

Toute vie semblait l'avoir définitivement quitté.

Finnàm se tourna vers son cadet catastrophé avant de lui dire quelques mots que ne comprit pas l'ellon. Cependant, point lui était nécessaire de comprendre pour savoir que l'ours avait fauté. Il s'approcha d'eux et arracha Ilyrià des bras du jeune homme. La respiration erratique de la princesse le fit frissonner. Il ancra ses yeux polaires dans ceux du Conui. La mine sombre de ce dernier finit de le ravager.

- Qu'avez-vous donc fait? dit Thranduil d'une voix dangereuse.

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voili voilou les didous! impression? Quelque chose à dire? La scène des garçons vous a-t-elle plu? Pas faute d'avoir distillé au gré du vent quelques indices qui le laissait envisager... Hey les gars, on parle de Klaùs et d'un loup fort enragé!^^ Le Léviathan, roi du complot à échelle ardadienne (encore un nouveau mot! Pffff faut que j'arrête mais que voulez-vous, c'est bon la honte!) et... Legolas! ça craint du biiiiiiiiip... quant à Ilyrià, pareil c'est la loose, non?

Je tenais à faire une note sur ce chapitre que je ne pouvais faire plus haut sans dévoiler la scène de Finnàm et de Klaùs: c'est une scène pensée, mûrie et écrite dans sa majeure partie par mon bébé Krassnaia. Un bout de chapitre à quatre mains qui a été savoureux à mettre en scène! je n'ai fait qu' y ajouter mes relouseries (oui même si ça n'existe pas, cela résume bien!). C'était un travail d'équipe que j'ai kiffé ma douce!

Prochain rendez-vous: une sirène dans le coltar, un retour à Mirkwood, un personnage qui fait son entrée dans la lumière après avoir été longtemps dans l'ombre et des explications explicationelles...

bisous tout doux!