Maudite
Et voilà un nouveau chapitre. Vous n'avez pas aimé le cliff du dernier chapitre ? Attendez-vous à une surprise à la fin de celui-ci !
Je remercie encore acheroniastyx pour ses conseils.
Et je vous remercie toutes et tous de me suivre.
Bonne lecture.
Ch12-Retour aux sources
POV Liz
Je me sentais endolorie, un horrible marteau tambourinant dans le crâne.
Edward me tenait entre ses bras, sa bouche contre mon front.
Comme pour n'importe lequel de mes réveils.
Sauf que celui-ci n'était pas habituel. Je ne le découvris qu'au dernier moment, juste avant d'ouvrir les yeux.
« Liz, je t'en prie, je ne peux pas te perdre maintenant ! »
Sa voix me suppliait.
J'eus cependant à peine à me demander ce qu'il se passait pour que tout me revienne.
La soirée d'Halloween. La joie de passer ces heures avec mes amis proches. Et puis le souvenir de la douleur. Quand le couteau s'était enfoncé entre mes côtes, me coupant le souffle. Me l'arrachant.
Un jour, ou plutôt une nuit, j'avais été assassinée.
Je me recroquevillai brusquement, alarmant Edward. Je sentis son regard me scruter avec attention. Ses doigts essuyèrent mes larmes, doucement, comme si je risquais de fuir…Ou de disparaître.
« J'ai été… » Il embrassa mon front pour me soutenir. Je me raclai la gorge et repris « J'ai été assassinée…»
Un frisson d'horreur me parcourut de la tête aux pieds et j'enfonçai encore plus mon visage dans son torse.
« Je suis désolé, Liz…Tellement. »
Et dans sa voix, je compris qu'il me le cachait. Il le savait depuis un moment déjà, et je me souvins que j'avais eu l'impression, quelques jours plus tôt, qu'il ne m'avait pas tout dit. Je gémis, les bras serrés contre mon ventre. J'aurais préféré ne pas m'en souvenir !
Lorsque je m'autorisais à relever la tête, je m'aperçus que nous étions chez lui, dans son lit. Surprise, je réalisai que c'était la première fois qu'il me conduisait ici. Pour me changer les idées, autant que pour découvrir l'endroit où il vivait, je m'appuyai sur les coudes, le regard passant d'une étagère à une autre, en scannant les larges fenêtres et leurs rideaux. Edward se redressa à son tour, remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille, m'incitant à le regarder.
« Comment avons-nous atterri ici ? »
Une lueur d'immense tristesse brillait dans ses pupilles, mais il accepta de répondre à ma question, sachant que je réclamais un temps avant de parler de ce dont je me souvenais et de ce qu'il s'était passé la veille, dans les bois.
« Je t'ai portée. Je préférais avoir Carlisle avec moi si jamais tu en avais besoin. »
Je reportai mon attention sur la pièce, avant de vraiment répondre à la question que je lisais dans son regard.
« Je ne m'en souviens pas. J'ai dormi longtemps ? »
« Tu as été inconsciente pendant près de six heures, Liz. J'ai vraiment eu très peur. »
« Mes parents doivent s'inquiéter de ne pas me trouver ! »
« J'ai prévenu April, qui devait leur dire que tu es avec moi. »
Je le regardai, sceptique et un brin angoissée.
« Edward, tu imagines ce qu'ils vont croire ? Mon père va me tuer et sûrement te cribler de balles ! »
Il ne retint pas son sourire en coin lorsqu'il s'approcha.
« Heureusement que je ne risque rien de ce côté-là, alors. »
« Edward ! D'accord, j'avais besoin de calme et ça n'aurait pas été possible avec ma mère dans la maison, mais tu n'aurais pas pu trouver un mensonge crédible à leur faire avaler ? »
Cette fois il perdit son sourire, et je crus même deviner qu'il était vexé. Je mordis ma lèvre inférieure, triturant mes doigts.
« Je ne pensais pas que ça te dérangerait à ce point, pardonne-moi, je n'y ai pas réfléchi plus longtemps que ça. »
Je pris une longue inspiration avant d'esquisser un sourire.
« Non, ce n'est rien, tant pis. Je suis désolée, je n'ai pas à t'attaquer comme ça, tu as fait ça pour me protéger. Oublie ce que j'ai dit, d'accord ? » Je me serrai contre lui, la tête sur son épaule.
« Je sais. Mais j'aurais pu faire plus attention à ce petit détail. » Il embrassa mon front, je haussai les épaules. « Comment te sens-tu ? » Changea-t-il de sujet.
« Difficile à dire… »
Il prit mon visage en coupe et déclara qu'il ne me croyait pas. Alors je lui dis. J'expliquai à quel point j'avais eu l'impression de mourir, la veille, sentant ce coup dans mes côtes.
« Je ne suis pas morte tout de suite, Edward. Je me souviens avoir eu du mal à respirer pendant un moment alors que le ciel s'éclaircissait autour de moi. Je ne sais ni où, ni quand… ». Je retins des sanglots, réconfortée par son regard doré. « Tu savais, n'est-ce pas ? »
Il détourna les yeux avant de me répondre.
« Jazz s'en est rendu compte en lisant un texte que tu avais écrit sur ton ordinateur à Forks. »
Je fronçai les sourcils, cherchant un souvenir à ce propos, mais je dus abandonner puisque ça ne marchait pas. Sentant mes questions, il m'expliqua rapidement les circonstances dans lesquelles il avait découvert ce document que j'avais ouvert quelques semaines seulement avant ma disparition.
« Pourquoi ne pas me l'avoir dit ? »
« J'avais peur que ça t'effraie, et je ne savais pas comment te le dire non plus. » Avoua-t-il en caressant mon visage avec ferveur.
Je posai la main sur la sienne, tentant un sourire réconfortant.
« Il a trouvé qui j'étais à ce moment-là ? »
« Pas encore, mais il a plusieurs pistes. Pour l'instant, c'est vrai qu'il se consacre aux questions à poser à Paul. »
« D'accord. Au fait, je veux venir, je pourrais sûrement penser à autres choses. »
« Comment comptes-tu lui expliquer ton apparition ? » Hésita-t-il, les sourcils froncés.
« Je trouverai. Edward, j'ai besoin de le voir. J'ai besoin de faire quelque chose. J'ai été tuée et je veux savoir qui a fait ça. Il faut donc que je sois avec vous pour faire ces recherches. » Assurai-je en le regardant dans les yeux.
« On va voir ça avec Jasper. » Accepta-t-il.
Je souris et me penchai sur ses lèvres. Je frissonnai entre ses bras, mes doigts accrochés à ses cheveux. Il nous allongea sur le lit, m'enroulant dans une couverture. Nous restâmes silencieux longtemps, seulement désireux de profiter de ce temps à n'être que nous deux, ce qui, en dehors des nuits, ne nous arrivait que rarement. Mes doigts jouaient sur son t-shirt lorsqu'Edward se mit à chantonner. Je prêtai l'oreille et reconnus, comme par une illumination, ma berceuse. Je relevai les yeux sur lui et croisai son regard amoureux. Il me sourit et bientôt j'entendais une nouvelle mélodie.
Je fermai les yeux, consciente que collée à lui, je pouvais la sentir dans mon corps.
Elle était bien plus emportée que ma première berceuse, galopant dans mon être au rythme effréné d'une course contre la montre. Je battais la mesure avec mon pied, laissant remonter mes souvenirs à la surface.
J'étais emplie de plusieurs identités et chacune possédait ses moments, ses envies, ses malheurs…Tout défilait sous mes paupières et, entourée d'Edward et sa mélodie, j'accueillais ces images avec sérénité.
Sans m'en rendre compte, je glissai vers mes souvenirs chez les Linch.
OoOoOo
Je voyais la villa dans laquelle nous vivions depuis toujours et, au bout de la terrasse, Paul m'appelait à le rejoindre. J'avais tout juste dix ans et lui quinze. Il aimait me montrer les animaux, en particulier les insectes qui envahissaient les fleurs de notre mère. Depuis qu'il m'avait expliqué leur rôle pour la serre, je n'en avais plus peur.
« Regarde cette abeille, on la voit à peine sur la fleur. » S'exclama-t-il et je fronçai les sourcils pour voir ce dont il me parlait.
« Ah oui ! Attends, je vais chercher mon calepin. »
Nous avions passé plusieurs heures à parler de cette abeille et de ses collègues. Je leur avais même inventé une vie trépidante.
Quand le ciel s'était obscurci, nous avions observé les couleurs qui apparaissaient, se mêlaient et disparaissaient à la fois.
OoOoOo
« Paul était le plus proche de moi malgré notre différence d'âge et nos deux frères entre nous. » Ressentis-je le besoin de confier à Edward.
Il se tut et m'observa.
« Vous étiez très proches. »
« Oui. Je crois que Danny et Arthur étaient jaloux d'ailleurs. Mais Paul répétait qu'il ne fallait pas les écouter, ni lorsqu'ils se moquaient, ni lorsqu'ils parlaient sur lui. Il voulait que je fasse ma vie sans rapport avec la famille et ce qu'elle représentait à l'époque… » Je m'interrompis, le regard plongé dans celui d'Edward. « Il me manque. Je n'ai pas eu d'autre grand frère, je crois, mais je peux dire qu'il a été idéal. »
Il ne dit rien, me berçant doucement entre ses bras, sa bouche tendre contre ma tempe. Nous gardâmes à nouveau le silence, faiblement éclairés par les rayons du soleil traversant les voilages de la baie vitrée. Je tournai les yeux vers lui et observai sa peau incrustée de diamants. Je passai le bout des doigts sur son visage jusque dans son cou. Je sentis les muscles de sa mâchoire se contracter en même temps que sa main pressait plus fort ma hanche.
Ses yeux glissèrent sur moi et rencontrèrent les miens. Mes doigts se posèrent sur sa nuque et je m'approchai encore plus, une jambe en travers de son bassin, ma poitrine sur son torse. Ses bras s'enroulèrent autour de ma taille et il releva la tête pour m'embrasser. Sa langue s'immisça presque immédiatement dans ma bouche. Je gémis en tirant doucement ses cheveux et me retrouvai bientôt à califourchon sur lui, ses mains glissant sous ma chemise, celle qu'il m'avait passée pendant mon sommeil. Ses doigts s'attardèrent sur l'attache de mon soutien-gorge. Je sentais ma respiration saccadée, son corps sous le mien emplit du même désir, et je crus qu'il allait m'ôter mon carcan afin de poursuivre son chemin.
Sa bouche se faisant plus impérieuse, il fit ce que je ne croyais pas possible.
Les bonnets libérèrent ma poitrine et Edward, les yeux dans les miens, fit glisser chemise et soutien-gorge le long de mes bras.
Je cessai de respirer de peur qu'il ne fasse marche arrière. Je l'observai poser ses mains sur mes seins, me cambrai contre lui et il se redressa pour nous asseoir.
Dans un silence quasi-religieux, il baissa la tête sur mon cou, glissant sa langue sur ma clavicule avant de descendre explorer mes pointes durcies. Mes bras prirent position autour de son cou, l'incitant à poursuivre sa caresse.
Edward gronda contre ma peau, ses doigts s'ajoutant à sa langue. Je me mordis la lèvre inférieure et fermai les yeux, la tête rejetée en arrière. Je ne savais plus comment respirer ni même ordonner à mon cœur de battre. Je n'étais plus que frémissements et gémissements retenus, les doigts s'affairant sur les épaules de celui qui me tourmentait si délicieusement.
« Edward. »
Aucun de nous ne prêta attention à la voix qui nous dérangeait. Il resserra son étreinte, ses lèvres reprenant les miennes avec passion.
« Edward, je sais que tu m'entends, c'est même urgent ! » Exigea Alice en interrompant définitivement le moment.
Nous sentîmes en même temps ce moment où Edward et moi retombâmes sur Terre, retrouvant nos barrières.
« Désolée, mais c'est Courtney »Expliqua Alice derrière la porte, une seconde avant que mon téléphone portable ne sonne.
Nous nous regardâmes en chien de faïence jusqu'à ce que la sonnerie s'arrête puis, lentement, Edward attrapa la chemise près de nous et la repassa sur mes épaules.
Les doigts tremblants, je la boutonnai et Edward descendit du lit pour me laisser un temps pour me remettre…Et à lui aussi, à en juger par la manière dont il se cachait avant de filer dans la salle de bain.
Je soupirai ou plutôt maudis ma mère en entendant le second appel qu'elle passait. Je m'assis sur le bord du matelas, me raclai la gorge et pris enfin la communication.
« Allô ? »
« Liz, ma puce, tu vas bien ? »
« Oui, désolée, j'étais sous la douche quand tu as appelé la première fois. »
« Bien sûr. Dis, je sais que tu es chez Edward, mais je me demandais si tu voulais que nous mangions ensemble ce midi. Ton père m'a donné ma journée alors… »
Je me mordillai la lèvre, croisant le regard d'Edward qui revenait.
« Merci, mais, j'ai déjà un planning, maman. »
« Ah ? Tu restes avec lui ? »
« Ca ne te dérange pas ? » Espérai-je en sentant son regard sur moi.
« Bien sûr que non, à ce soir alors. » Sourit-elle à l'autre bout du fil.
J'acquiesçai et raccrochai avant de lever les yeux sur mon petit ami.
« Ca ne te dérange pas ? On pourrait passer la journée ensemble. »
« Pas de problèmes, que veux-tu faire ? »
Il se plaça face aux vitres, dos à moi. Je fronçai les sourcils en sentant la tension qui s'installait. Je me retins cependant de l'interroger. Tel que je le connaissais, il serait capable de fuir à cause de ce qu'il venait de se passer.
« On pourrait prendre l'air. »
Il me lança un regard de biais, presque timide, sans répondre. Je soupirai, décidant de le laisser s'auto-flageller le temps de prendre une douche.
Je quittai à mon tour le lit, attrapai les vêtements féminins en évidence sur une étagère, et me rendis à la salle de bain, remerciant intérieurement Alice pour sa prévoyance. Enfin, je m'appuyai contre la porte fermée.
On n'était pas prêt de passer une aussi bonne journée que je l'avais cru…
POV Edward
Surtout ne pas penser. Ne pas réfléchir non plus à la présence de Liz dans la salle de bain, sous la douche.
Surtout ne pas penser…
L'eau se coupa à côté et je repris ma place devant la fenêtre. C'était très lâche de ma part, mais si je restais face à elle, je ne me sentais pas capable de résister à la tentation qu'elle représentait.
Après l'avoir eue dans mon lit la veille, entre la peur au ventre de la perdre et le plaisir de l'entendre se confier au réveil, je n'avais pas pu m'empêcher de la toucher, de la découvrir.
Au point que je n'avais pas entendu l'appel silencieux d'Alice avant qu'elle n'intervienne à la porte.
Je pouvais la remercier, même si une part de moi lui en voulait. Bon sang, j'avais été à deux doigts d'oublier ce qui nous entourait !
Ses pas s'approchèrent avec hésitation Liz prit une profonde inspiration avant de me signaler qu'elle était prête. Je suivis des yeux les contours de sa silhouette dans le reflet de la vitre avant d'acquiescer. Liz attrapa un sac dans lequel elle glissa un bloc et un crayon puis je me tournai vers elle.
Je lui tendis la main. Elle l'attrapa avec un sourire timide, mais en quelques secondes, elle était sur mon dos, ses jambes et ses bras enroulés autour de moi. Je déglutis en sentant les battements de son cœur résonner en moi.
« Prête ? »
« Oui. »
Je ne réfléchis plus et sautai de la baie vitrée sur l'arbre le plus proche. Liz expira violemment au moment où je nous stabilisai, puis, comme j'attendais, elle acquiesça dans mon cou. Je pouvais y aller.
« Accroches-toi » Dis-je en commençant notre ascension.
Je remontai jusqu'à la cime, le souffle de celle que j'aimais dans mon cou.
En quelques minutes, nous avions ensuite rejoint l'arbre le plus haut et le plus confortable des environs. J'avais déjà emmené Liz ici, aussi retrouva-t-elle la place qu'elle avait prise la première fois. Les jambes pendant des deux côtés d'une grosse branche, elle s'appuya contre le tronc, les yeux baissés vers la rivière que nous surplombions de plusieurs mètres. Je m'installai face à elle et observai les émotions qui passaient sur son visage devant un tel panorama.
Puis Liz porta son regard sur moi et il me sembla sentir le courant qui nous traversait. La lueur dans ses prunelles me dit qu'elle l'avait ressentie aussi.
Lâchement, je baissai les yeux en contrebas avant d'oser comprendre qu'elle attendait que je fasse le premier pas.
« Liz, je…Je suis désolé d'avoir réagi comme ça tout à l'heure. »
Je cherchai son regard, mais elle ferma les paupières.
« Que regrettes-tu exactement ? »
« Pardon ? »
« Tu regrettes tes caresses ou le froid glacial que tu as installé après ? »
Une lueur belliqueuse brilla dans ses yeux, touchant un point sensible en moi.
En un mouvement trop rapide pour elle je me retrouvai à quelques millimètres de sa peau, les yeux accrochant les siens.
« Je devrais m'en vouloir de m'être autant laissé aller, Liz. J'ai failli oublier où nous nous trouvions. Je ne voulais que consommer ce désir qui m'emplit… »
« Mais ? »
Et je n'imaginais pas l'espoir dans sa voix.
« Mais je ne peux pas. Je regrette mon détachement, je n'avais pas le droit de te traiter ainsi. » Je passai une main dans mes cheveux. « Je t'aime, et je sais que les limites que j'ai instaurées il y a des années ont été dépassées en grande partie, mais… Je ne peux m'empêcher de craindre… »
« Je te fais confiance, Edward. »
« Je sais, et je t'aime encore plus pour ça, mais… »
Elle détourna le regard, un doigt sur ma bouche pour me faire taire. Je vis ses yeux briller une seconde avant qu'elle se détache de moi, son attention tournée vers le daim au sol qui suivait sa mère pour boire.
Sans un mot, elle attrapa son sac et se mit à croquer ce qu'elle voyait. Je me reculai pour lui laisser tout l'espace dont elle avait besoin, mais aussi pour mieux l'admirer dans son processus de création, cheveux sur une épaule, doigts rapides et experts sur la feuille.
Le lourd silence qui suivit me renvoya de plein fouet à quel point je l'avais blessée, même si elle semblait se résigner.
Et peut-être que c'était cette résignation qui me gênait le plus…
OoOoOoOoO
J'imaginais facilement comment Liz avait vécu ce lendemain d'Halloween. Alice me l'avait suffisamment montré par la pensée et Jasper n'avait pas caché la blessure de Liz…Même Rose avait été explicite dans ses pensées, me rappelant certains de mes écarts qui ne justifiaient rien à ses yeux…A part peut-être que j'étais un « beau salaud » comme elle le disait.
Autant dire qu'une fois que j'avais ramené Liz chez elle, j'avais passé un mauvais quart d'heure.
J'espérais bien sûr qu'une nuit éloignés l'un de l'autre avait arrangé les choses. Autant que possible.
« Bien dormi ? » Demandai-je en tenant la portière de Liz pour qu'elle s'installe dans ma voiture.
« Très bien, merci. Et ta nuit ? » Son ton enjoué me troubla une seconde, mais je décidai de jouer le jeu, je lui devais bien ça.
« J'ai composé une nouvelle mélodie. »
« Génial ! »
Cette discussion devait au moins lui paraître aussi fausse qu'à moi, n'est-ce pas ?
« On retrouve Jasper à Milwaukee. Il veut voir ce qu'il peut découvrir avant que ton frère te reconnaisse. » Expliquai-je en engageant la voiture sur la route.
« D'accord, on pourra s'arrêter à Sheboygan pour prendre des photos ? J'ai promis à April. »
« Pas de problèmes. »
Elle sourit timidement en acquiesçant puis elle posa la tête sur l'appui et regarda à l'extérieur.
Je l'avais vraiment blessée !
Quel hypocrite je faisais !
Les doigts tellement serrés sur le volant qu'ils blanchissaient, je conduisis en silence, les yeux rivés sur la route comme je ne le faisais jamais.
A côté, Liz ne semblait pas aussi à l'aise qu'à son arrivée, mais son mutisme me signifiait bien que je n'avais pas le droit d'intervenir.
La route fut longue.
Et même notre arrêt à Sheboygan après un peu plus de deux heures de route n'apaisa pas vraiment la tension. Liz prit des photos et sentit même le besoin de croquer quelques éléments : arbres malformés, piétons et portraits d'inconnus lui convinrent pendant près d'une heure. Quand enfin elle se tourna vers moi, j'avais encore une fois la sensation de la perdre. Je priai, en la raccompagnant à la voiture, pour trouver quoi dire ou faire afin d'apaiser ses inquiétudes.
Je repris le volant, les yeux et l'attention uniquement fixés sur Liz cette fois-ci Elle vérifiait ses photos, reprenait quelques tracés de ses dessins…
« Tu as fait de superbes croquis. » Tentai-je en la regardant du coin de l'œil.
« Merci… J'espère que ça ne t'a pas dérangé. »
Elle hésitait sincèrement. Je souris, prenant sa main pour l'amener à mes lèvres.
« Tu as un vrai talent, je m'en serais voulu de t'interrompre. »
Elle sourit la tête penchée sur le côté. Puis, doucement, elle retira sa main.
Je ne pouvais perdre espoir !
Plus tard, j'insérai un CD dans le lecteur alors que Liz farfouillait dans la boîte à gants. Je souris en la voyant faire et me félicitai de mon initiative puisqu'il s'agissait d'une de ses habitudes depuis qu'elle avait mis le nez dedans par hasard en se rendant compte que le stock variait sans cesse. Je lui avais expliqué que les filles et Emmett en particuliers se chargeaient de ça en créant des compiles ou achetant des nouvelles. Et elle aimait les mettre sur son propre ordinateur.
« Nous arrivons. » Signalai-je en entrant dans la ville de Milwaukee près de trois heures plus tard.
Liz releva la tête de son sac pour se concentrer sur la ville où elle avait vécu une de ses vies. Son regard soudainement flou m'indiqua qu'elle était transportée dans ses souvenirs. Je ralentis mon allure, surtout pour ne pas attirer l'attention sur nous et m'engageai dans le dédale des rues qui avait vu Victoria grandir. Repérer le jardin d'enfants et les collégiens en uniforme me fit plonger dans cette vie au même rythme que j'atteignais l'immeuble où Jasper rencontrait le frère ainé de celle que j'aimais.
Liz sembla revenir au présent à la seconde où ses yeux se posèrent sur le building.
« Veux-tu attendre un peu ? Tu n'es pas obligée… »
« Je veux le faire, Edward. C'est mon frère. » Affirma-t-elle en ayant toujours le regard sur le haut du bâtiment.
« D'accord, allons-y. »
Nous sortîmes de la voiture. Je dus attendre un instant que Liz se dégourdisse les jambes. J'avais presque oublié qu'une aussi longue route ne pouvait que laisser des traces.
« Ca va ? » Demandai-je en la voyant me rejoindre sur le trottoir.
Elle acquiesça et alors que nous avancions, Liz se rapprocha de moi, ses doigts frôlant les miens.
« Merci, Edward. »Souffla-t-elle avant de passer la grande porte tournante.
Elle s'arrêta et fit un tour sur elle-même comme pour enregistrer (ou reconnaître ?) ce qui l'entourait. Enfin, elle me regarda en demandant silencieusement ce que nous devions faire. J'écoutai rapidement les pensées autour de moi et trouvai celles de mon 'frère' qui m'avait entendu arriver.
Je ne tirerai rien d'autre de lui, vous pouvez monter, mais je ne suis pas sûr du résultat. »
Liz attendait à un pas de là. Je lui répétai les propos de Jasper et elle grimaça en affirmant qu'elle pourrait en savoir plus. En un instant, je connaissais l'étage où les rencontrer et Liz nous conduisit vers le premier ascenseur. Elle s'appuya contre la paroi du fond, fixant les numéros qui défilaient.
« Je me demande s'il s'est marié avec Laurena. »
« Tu l'aimais bien ? »
Elle haussa les épaules.
« Paul semblait bien avec elle. »
Les portes s'ouvrirent à dix étages de notre destination, laissant entrer deux hommes d'affaires et une personne chargée de l'entretien. Je me plaçai près de Liz, conscient des regards et pensées des hommes, mais surtout du sourire amusé qu'elle arborait comme si elle m'avait vu me déplacer de l'autre côté de la cabine exprès lorsqu'ils étaient entrés…Je lui fis mon sourire en coin en réponse et elle leva les yeux au ciel. Son air espiègle me réchauffa le cœur.
Je regagnai des points !
La secrétaire de Paul Linch leva les yeux de son écran d'ordinateur, un sourire aimable aux lèvres. Mais quand elle posa le regard sur Liz, elle blanchit à vue d'œil, le souffle coupé par la surprise.
« Vicky ? » Bredouilla-t-elle avant de fermer et rouvrir les yeux, comme pour vérifier qu'elle ne rêvait pas.
« Madame Sparks ! » Sourit Liz avant de passer derrière le bureau pour la serrer dans ses bras. « Bon sang, ce que vous m'avez manqué ! »
Madame Sparks ne savait visiblement plus où se mettre, mais elle passa les bras autour de Liz. Elle me questionna du regard et je ne pus que lui sourire pour la rassurer.
« Victoria ? C'est bien toi ? »
C'est impossible…Je devrais peut-être reprendre rendez-vous chez mon psy. Le traitement ne fonctionne plus…
Cette fois elle se leva et posa les mains sur les épaules de la jeune femme face à elle.
« Presque. Je sais que c'est étrange, et je ne saurai pas trop comment vous expliquer. »
« Je dois être folle, mais tant pis ! » Elle l'enserra encore une fois puis Jasper ouvrit la porte du bureau.
Les deux femmes se séparèrent et Liz croisa le regard de son frère.
Ils s'immobilisèrent pendant un certain temps avant que Liz sourit doucement.
« C'est impossible. » Tenta de se convaincre Paul, mais il n'y parvint pas.
Cette fois Laurena a raison, je suis atteint !
Il fit le premier pas, et comme je trouvais qu'ils réagissaient vraiment bien à la nouvelle, je m'interrogeai sur la suite des événements.
Liz fut à nouveau enlacée, et cette fois, nous entendîmes tous le sanglot qu'elle retenait difficilement. L'homme face à elle repensait aux questions que Jasper lui avait posées, se disant que si c'était une farce, il l'acceptait de bon cœur, si ça lui permettait de revoir celle à qui il avait eu du mal à dire au revoir depuis tant d'années.
De son côté, Liz profitait de ces retrouvailles en insistant sur le fait qu'il lui avait manqué, qu'elle avait plein de choses à lui expliquer…
Je ne suis pas sûr qu'il soit bon de les laisser se souvenir, Edward.
Je tournai les yeux vers mon 'frère', incertain quant à ce que j'avais entendu de lui.
« Tu ne penses pas… »Commençai-je à voix si basse que lui seul put l'entendre.
« Ils vont poser des questions, ils vont vouloir en parler. » Continua-t-il sur le même ton.
« Tu es devin ? » Grognai-je un peu trop fort pour que le bruit soit entendu.
Les autres nous jetèrent un regard surpris. Liz fronça les sourcils, et je sus qu'elle avait compris que quelque chose se jouait. Je souris doucement, mais elle ne fut pas dupe.
« Viens t'asseoir ! » Exigea Paul en l'entraînant dans son bureau.
Nous le suivîmes.
La pièce était au dernier étage du building. Un bureau en verre prenait presque la totalité d'un pan de mur en face des grandes fenêtres, du canapé et du minibar. Liz fit à nouveau un tour sur elle-même, le sourire aux lèvres, suivie par son frère qui la détaillait encore pour être sûr de l'avoir face à lui.
C'est impossible. Ou alors il y a une formule chimique…Peut-être que ça marcherait sur Agathe…Ma petite-fille nous manque tellement.
« Alors, petite sœur, tu m'expliques ? Bon sang, comment c'est possible ? Tu…Nous t'avons cru morte. »
Liz se tourna vers lui, mais je répondis à sa place.
« Ce qui importe c'est de savoir comment Victoria se comportait avant de…disparaître. »
« Vous êtes qui au fait ? » Répondit-il, sec.
« Edward. Son petit ami. »
Elle n'en a jamais parlé…Que s'est-il passé ?
« Paul, je sais que c'est étrange, mais je n'ai pas encore d'explications. Je me réin… »
« Je vous l'ai dit Paul, votre sœur ne se souvient pas de toute sa vie avec vous, alors si vous avez de nouvelles informations à m'apporter. »
« Ecoutez monsieur Hale, je vous prenais pour un fou, d'accord. Mais maintenant que ma sœur est là, par je ne sais quel miracle, vous et Edward pouvez partir. Je veillerai sur elle. »
« Il en est hors de question ! » Affirmai-je en me plaçant devant Liz.
Il parut surpris par ma nouvelle position, mais il n'en démordait pas. Et je fus mal pour Liz. Elle qui était si excitée à l'idée de retrouver son grand frère, celui dont elle croyait se souvenir, allait être terriblement blessée de se rendre compte de ses intentions.
« Non mais ça va pas ? Qu'est-ce qu'il te prend, Edward ? Paul, excuse-le, il est…Un peu trop sensible. »
« Tu veux que j'appelle la sécurité ? On pourra parler comme on le faisait avant. Vicky tu m'as tellement manqué ! »
Il fit un pas vers nous, et Liz me contourna avant que je l'arrête.
« Paul, je ne vais pas rester. Je veux juste savoir une chose. » Elle me lança un regard de biais puis se détourna de moi. « Qu'ont dit papa et maman à ma…disparition ? »
« Ils t'ont cherchée, Vicky, bien sûr ! Pourquoi cette question ? »
Il s'approcha, posa les mains sur ses épaules.
Liz haussa les épaules, mais je sentis, grâce à Jasper la douleur qui la traversait.
« Parce qu'Arthur a ri quand il m'a vue partir. Il a juré que ça serait la meilleure chose qui pouvait arriver puisque les parents en avaient assez de se coltiner une bâtarde. »
Jasper me retint de justesse alors que j'allais emporter Liz loin d'ici. Paul perdit ses couleurs, ses mâchoires violemment contractées. Une larme roula sur la joue de Liz et Paul, distraitement, l'effaça.
« Je ne savais pas, Vicky. Ils n'ont rien dit. »
Elle fit un pas en arrière, secouant la tête comme pour dédramatiser son passé.
« Quant à Arthur, tu sais bien qu'il ne faut pas écouter… »
« Donc tu ne sais pas qui était mon vrai père, n'est-ce pas ? »
« Non. Vicky, Lionel était ton père, j'en suis sûr. Arthur a juste dit quelque chose pour te blesser. »
Il commença à faire les cent pas avant de s'arrêter devant elle.
« Comment ça quand tu es partie ? ! Victoria, on t'a cru morte, même si on n'avait pas ton corps…Bon sang, comment ça se fait que tu reviennes comme ça ? Tu devrais avoir presque 53 ans ! Pas…Pas l'âge d'une adolescente ! »
Cette fois, Liz se tourna vers moi, son regard interrogateur. Je savais qu'elle voulait lui dire, et je savais que c'était pour mieux avoir les informations qu'elle souhaitait. Bon sang, elle n'était pas la fille légitime de Lionel Linch et elle avait vécu ses souvenirs sans rien en dire !
« Je me réincarne, Paul. Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi. Seulement le lendemain de mes dix-huit ans, je disparais comme… »
« Un mirage. »Complétai-je en me plaçant derrière elle pour la prendre dans mes bras.
« Et Arthur… »
« Oui, il était là. Je n'arrivais pas à dormir, alors je suis descendue pour commencer ma journée. Arthur rentrait de sa soirée quand je suis tombée dans l'escalier. Je n'avais plus de forces et je…Disparaissais, comme effacée. Arthur m'a traitée de fantôme avant de répéter l'histoire de la bâtarde. Paul, je veux juste savoir qui était mon père. J'ai besoin…De savoir qui j'ai été. »
« Non. Victoria, tu étais ma petite sœur, celle que maman a protégé depuis toujours contre la colère de notre père parce qu'il voulait des garçons. Peu importe ce qu'a dit Arthur ! »
Il frappa le bureau de son poing, bouleversé par ce qu'il apprenait. Soudain il se redressa.
« Arthur est mort, heureusement pour lui, parce que j'aurais sûrement trouvé à le tuer de mes propres mains pour ce qu'il t'a fait, Vicky. Mais je te le rappelle, peu importe ! Tu es là, profitons-en. Tu es de notre famille, et celui qui ose dire le contraire est un homme mort. Il est hors de question que je te laisse être souillée encore. ».
Il se tourna vers son téléphone et je sus ce qu'il voulait faire.
« Il veut faire une soirée pour annoncer que tu es toujours en vie. » Murmurai-je dans l'oreille de Liz.
Elle tourna son visage vers moi, les yeux rougis par les larmes qu'elle retenait.
« Je ne peux pas, Edward. »
« Je sais. »
Jasper se posta à nos côtés et elle comprit qu'il pouvait faire quelque chose. Elle inspira à fond.
« Paul, pose ce téléphone, s'il-te-plait. »
« Vicky, je veux juste… »
« Oublie ça, Paul. Je suis désolée, c'était une horrible idée. Je ne voulais pas te faire autant de mal, je voulais… En apprendre plus, mais tant pis. Je t'aime, Paul. »
Elle quitta mes bras pour aller vers lui. Il ouvrit ses bras, interdit, mais accepta son embrasse.
« Vicky, peu importe qu'il ait eu raison ou pas. Vis ta vie. Je t'en prie, oublie tout. Je te l'ai toujours dit. Tu vaux mieux que les Linch, Vicky. Tellement mieux. »
« Prends soin de toi, Paul. »
Elle s'écarta, posa un baiser sur sa joue, puis elle fit signe à Jasper de faire ce qu'il avait à faire. Je l'attrapai en un mouvement et l'attirai vers l'ascenseur avant qu'elle fasse demi-tour. Elle passa sans un regard devant la secrétaire et se blottit dans mes bras une fois les portes refermées.
« J'ai l'impression de le trahir, Edward. »
« Tu as compris ce qu'il voulait faire. Et puis, dis-toi que ça n'était pas bon pour son cœur. »
Elle hocha la tête et me demanda dans un souffle ce que Jasper allait faire. Je lui expliquai que son pouvoir pouvait lui permettre de convaincre les sentiments, mais aussi les souvenirs. Madame Sparks et Paul ne se souviendraient jamais de l'avoir revue, ni d'avoir entendu ce qui s'était dit.
Elle ne se permit de pleurer qu'une fois de retour dans la voiture.
C'est fait. On rentre à la maison pour faire un point sur ce que l'on sait ? Questionna Jasper en descendant à son tour.
J'attendis de le voir à sa voiture pour lui répondre que je ne pouvais pas laisser Liz entendre ça tout de suite. Il acquiesça, m'assurant qu'elle s'en remettrait.
Le visage de Liz sur mon épaule, je craignis que ces quelques révélations ne la perturbent plus encore que l'idée qu'on l'ait tuée.
Je fais des recherches sur un possible autre géniteur que Lionel Linch.
« Merci, Jazz. » Dis-je pour lui seul et il quitta la ville en dépassant très largement les limitations de vitesse.
Dire que l'on pensait en connaître suffisamment sur Liz pour savoir qui elle avait été et qui elle était encore maintenant !
OoOoOoO
POV Liz
Une semaine plus tard,
L'eau chaude de la douche coulait sur mes épaules quand ses lèvres se posèrent dans ma nuque. Tendrement, ses mains glissèrent dans mon dos, frôlèrent mes fesses pour se placer sur mon ventre. Je frémis, fermant les yeux, la tête posée contre son torse.
Ses bras enlacèrent ma taille, me pressant contre lui et la fermeté de son sexe érigé.
« Edward » Murmurai-je, ouvrant les yeux pour plonger dans l'océan mordoré des siens.
Son sourire en coin naquit alors qu'il baissait la tête pour m'embrasser. Je pris sa bouche avec avidité, tendant les bras pour tirer sur ses cheveux. Nous n'étions que gémissements mon cœur battant la chamade pour deux. Nos langues bataillèrent longtemps alors que nous étions immobiles, l'eau frappant sur les épaules d'Edward. Plus rien ne comptait que cet instant, dont je rêvais depuis un moment.
Soudain, Edward remonta ses mains sur mes seins, lentement, les empoignant. Ma respiration s'arrêta le temps d'un battement de cils, repartant de plus belle au rythme de mon cœur. Je mordis ma lèvre, les yeux grands ouverts à fixer celui qui jouait avec mes pointes ainsi. Je me tournai dans ses bras, mon ventre appuyant maintenant contre son membre.
J'emmêlai les doigts dans ses cheveux, guidant son visage dans mon cou alors qu'il me prenait dans ses bras, mes jambes s'enroulant par réflexe autour de ses hanches étroites. Je sentis le carrelage de la douche dans mon dos, mon corps vibrant au contact doux et pourtant exigeant des doigts d'Edward. Je savais où cela nous menait, et je savais que nous ne pouvions plus nous arrêter. Je savais aussi que ce comportement ne ressemblait pas à Edward, et j'avais peur de me réveiller, frustrée et seule. Je serrai les bras autour de son corps, sa langue glissant irrévocablement dans mon cou jusqu'à mes pointes durcies. Je savourai son toucher, pleurant presque de ne pas en avoir plus immédiatement. Une de mes mains lâcha ses cheveux pour mieux prendre celle avec laquelle il jouait sur moi, et la guider entre nous, là où j'avais désespérément besoin de le sentir.
Je m'arque-boutai à son toucher direct et pourtant hésitant. Ma tête cogna contre le carrelage, mais le bien-être qui montait en moi, cette boule qui se formait au creux de mon corps, était bien plus importante qu'une légère douleur. Mes hanches bougeaient au rythme de ses caresses, allant les réclamer avec de plus en plus d'impatience.
« Edward, je t'en prie ! » Criai-je quand il cessa de bouger, son regard posé sur mon visage en feu.
Il détaillait mes traits comme s'il voulait s'en souvenir, et même si j'aimais voir la lueur de désir pur dans ses prunelles, je ne voulais surtout pas m'y attarder tout de suite alors que mon corps brûlait de le sentir au plus loin au fond de mon être.
« Fais quelque chose, Edward. »
Ma voix rauque résonna dans la salle de bain et Edward ferma les yeux, penchant la tête en arrière, comme s'il la savourait. Furieusement frustrée, je baissai la tête et mordis, sans vraiment le réaliser, la peau tendre de son cou. Edward eut un mouvement de surprise, son bassin basculant vers le mien avec un geste plus que bienfaisant. Il prit mon menton entre deux doigts et son sourire se fit plus charmeur encore.
« Impatiente, mademoiselle ? »
« Tu n'as pas idée ! » Assurai-je, sentant le goût de son sang sur ma langue.
Edward sourit, ses mains glissant sur mon corps sous mes fesses. Il avança encore pour s'assurer que j'étais bien collée contre le mur, son torse pressant ma poitrine. Et enfin, il vint.
Long, dur, large et si impérieux, Edward s'immisça au centre de mon corps, la tête plongée dans mon cou. Je m'accrochai à ses épaules, tremblante et à l'aise à la fois. Je pris une profonde inspiration, mes hanches et mon corps appréciant le contact tellement particulier et désiré du corps d'Edward contre et en moi. Nous gémîmes de concert aux légers mouvements que je faisais pour m'habituer encore à sa présence.
Puis Edward prit largement les choses en main.
Il se retira, posa une main sur un de mes seins et revint en un souple mouvement que j'eus du mal à analyser pleinement. Tout ce que je savais, c'est que son corps et le mien ne faisaient qu'un. Nous prenions tous les deux le plaisir dont nous avions besoin, veillant à sentir celui de l'autre avant de nous abandonner entièrement à nos instincts. Je repérai la buée qui se formait autour de moi, je sentais aussi les chocs de mon corps bloqué entre le mur et le corps de celui que j'aimais. Mais rien d'autre que mon sang bouillonnant ne comptait, accompagné des coups de boutoir que je recevais.
« Liz ? »
Tout était si intense, si douillet que je ne pouvais pas ouvrir les yeux de peur que tout s'efface.
« Edward, continue. »
C'était si bon, si extrême que j'avais l'impression de rêver éveillée.
« Que je continue quoi ? »
Bon sang, mais de quoi parlait-il ? Il savait ce qu'il me faisait, et il savait que c'était ce que je lui réclamais depuis tant d'années !
Je pris sa main, celle qui s'était posée sur mon visage, et la glissai sous les draps jusque…
J'ouvris les yeux brusquement pour rencontrer le regard surpris de mon petit ami, sa main dans la mienne à mi-chemin entre mon ventre et mon jogging de pyjama.
« Oh mon dieu ! »
Je me reculai vivement, lâchant sa main et tirant les draps sur ma tête.
Je n'arrivais pas à y croire ! Je cessai même de respirer, écoutant l'absence de respiration venant d'Edward. Il devait me prendre pour une folle, ou une obsédée voire …Je n'osais essayer de déterminer ce pour quoi il devait me prendre.
Au bout de quelques minutes, Edward attrapa le haut du drap et le souleva doucement pour glisser un regard en-dessous.
« Ne fais pas ça. » Le suppliai-je, sentant encore mon ventre brûler de ce que j'avais imaginé.
Ça ne m'était encore jamais arrivé et je ne savais pas vraiment où me mettre, excepté peut-être sous la douche…Ou pas, étant donné le rêve (le fantasme ?) que je venais de vivre.
« Tu n'as pas à avoir honte de…tes rêves, Liz. »
« Tu sais bien que si ! » Grimaçai-je, toujours cachée sous mon drap.
« Et pourquoi cela ? Si je pouvais rêver, je pense que je ferais le même que toi. »
« Oh crois-moi, ça serait impossible. » Soutins-je en sortant de ma cachette pour rencontrer son regard doré foncé.
« Je suis un garçon, Liz, alors je peux très bien rêver de la même chose que toi, voire même pire, je suis sûr »Sourit-il en caressant du bout des doigts ma joue rouge.
Je mordis ma lèvre inférieure jetant un coup d'œil autour de moi.
« Puis-je connaître la teneur de ce rêve ? »
« Tu rigoles ? Je me suis assez ridiculisée pour le restant de mes jours ! »
Edward rit et passa un bras autour de ma taille, me pressant contre lui. Je ne pus retenir un gémissement d'anticipation, ce qui n'échappa pas à mon vampire. Au contraire, il en profita pour se positionner au-dessus de moi uniquement séparé d'un drap et de quelques vêtements. Bien évidemment, mon corps sentit le sien et surtout la partie de son anatomie dont je rêvais il y a à peine dix minutes. Je rougis détournant le regard, tentant de me concentrer sur n'importe quoi d'autre que la longueur érigée contre mon ventre.
« Je vais donc tenter de deviner par moi-même. »
Sa voix rauque envoya des frissons dans mon corps et la chaleur qui m'avait envahie pendant mon rêve se développa à nouveau. J'inspirai, le regard toujours tourné vers un autre coin de la chambre.
« Tu rêvais de moi en train de te déshabiller, lentement, mes lèvres parcourant ta peau, ma langue s'arrêtant sur tes seins, peut-être même ton nombril. »
Je jure que je ne souhaitais pas lui répondre. Mais ma langue me trahit avant.
« J'étais déjà nue. »
« Ah oui ? » Il arqua un sourcil et reprit ses divagations. « Alors tu étais nue et je t'ai prise dans mes bras, je t'ai embrassée longuement, ton corps frémissant entre mes bras. »
Je déglutis et sentis bien la pression qu'il faisait de son bassin contre le mien.
« J'avais les jambes enroulées autour de tes hanches. » Murmurai-je, mais son ouïe lui permit de ne rien louper.
Il sourit doucement, ses doigts glissant sur la ligne de ma clavicule.
« Et où étions-nous ? »
« Edward… »Suppliai-je, mais une fois mon regard dans le sien je ne pus rien taire.
Je déballai mon rêve, sentant la chaleur amplifier encore dans mon corps, mais aussi dans celui d'Edward. Son regard scruta mon visage et descendit jusqu'au renflement de ma poitrine, cachée par le drap. Il sembla prendre une grande inspiration - inutile certes, mais il semblait en avoir besoin- avant de pouvoir poser ses yeux dans les miens.
« Il semblerait que ton rêve ait eu de l'effet sur moi. » Fit-il, un peu gêné en réalisant la pression que son corps imprimait sur le mien.
J'enroulai mes bras autour de ses épaules pour le maintenir à sa place.
« Je suis désolée Edward, je ne contrôle pas... »
« Je sais. Et je suis désolé de… »Il s'interrompit, secoua la tête et reprit « J'allais dire que je suis désolé de ne pas me contrôler, mais en fait, je me contrôle trop. »
Sa voix, bien plus rauque à la fin de sa phrase qu'au début, accompagnée de la lueur soudaine dans ses prunelles me fit douter de la tournure de cette matinée.
« Est-ce que…Tu…Enfin, on va… »
Il me laissa bredouiller, et même si je me doutais que ce n'était pas intentionnel, je le haïs presque à cet instant. Enfin, il vint à mon secours, son visage plus fermé que je le pensais possible.
« J'en ai très envie, Liz, je…Ne peux visiblement pas te le cacher, mais… »
Edward qui cherchait ses mots, c'était une première !
Je fronçai les sourcils passant un doigt sur sa mâchoire contractée. Il détourna le regard.
Soudain je sus. Il n'avait pas besoin de le dire, je le lisais dans son regard. La lueur qui d'ordinaire éclairait ses prunelles était terne, éteinte, presque absente.
« Qui ? »
Ses yeux s'emplirent d'étonnement.
« Liz, ne t'inflige pas ça. »
Il tenta, enfin fit semblant de tenter, de s'éloigner, mais je le maintins contre moi. Je devais savoir. J'avais le droit de le savoir.
Cette fois-ci, c'était comme s'il lisait dans mes pensées.
« Tanya Denali. »
« Tanya…Je m'en souviens…Vaguement. » J'énonçai un fait et la tension brûlante qui nous entourait devint glaciale.
« C'était il y a longtemps. Je n'aurais pas dû, Liz. Ce n'était pas prémédité, et ça ne s'est pas reproduit. »
« Comment c'était ? »
« Ce n'est pas important. » Voulut-il se dérober.
« Comment ? » Insistai-je.
Il se pinça l'arête du nez mais je savais qu'il allait me le dire. J'attendis.
« Violent. Je crois que notre force a rendu ça comme ça. »
Il scruta mon visage, mais je tentai de ne rien laisser passer. J'assimilai. Après tout, c'était un garçon, comme il l'avait dit et…Mais bon sang, une Denali !
« Liz, dis-moi ce que tu penses. »
« Ca doit t'avoir convaincu que tu refuseras toujours de me faire l'amour. »
Une pointe de reproches était perceptible dans ma voix. Sa mâchoire se contracta, et il détourna les yeux. J'eus ma réponse…
C'était vraiment la pire semaine de ma vie !
Bonnes vacances !
Je n'emmène pas internet dans mes bagages, donc je ne pense pas poster la semaine prochaine. Désolée !
Bisous Spuffy
