Maudite
Bien le bonjour !
Puisqu'on me harcèle pour avoir ce chapitre, je vous le donne. J'espère qu'il vous satisfera )
Il est très court, mais c'était plus facile comme ça^^
Encore un énorme merci à acheroniastyx pour ses précieux conseils.
Nina, je ne veux pas que tu crois que j'ignore ta review, je suis bien embêtée que la relation Tanya/ Edward te cause des regrets. Tu comprendras bien qu'on ne peut pas toujours faire que tout va bien…J'espère avoir de tes nouvelles sur les prochains chapitres.
Bonne lecture
Chapitre 13-Trahie
POV Liz
Je sentais son regard rivé sur moi, mais je refusais de lever les yeux.
Il était hors de question que je le regarde en face après ce qu'il s'était passé ! Je ne pouvais tout simplement pas.
Pourtant, si j'étais honnête avec moi-même, il y avait une part non négligeable de mon esprit âme (peut-être celle qui répondait directement à mon cœur amoureux), qui désespérait de se jeter dans ses bras, qui voulait lui promettre que ce n'était pas grave, que je pouvais oublier…Et l'autre partie, celle qui était profondément blessée, détruite et révulsée, était prête à le trucider sur place, même si cela se révélait être mission impossible.
Bon sang ! Il m'avait trahie !
D'accord, Bella avait disparu et il ne savait pas que j'existais quelque part…Pas si loin que ça…
Mais il n'avait pas le droit de faire ça ! Où étaient donc passées toutes ses belles promesses d'éternité ?
Il me dégoûtait.
J'appuyai tellement fort sur mon stylo que la pointe traversa la feuille. Celle-là même sur laquelle j'étais censée me concentrer pour rendre un devoir d'anglais. Mais à quoi bon ? Je n'y parvenais pas.
Je soupirai et fermai les yeux pour tenter de me reconcentrer. Chose difficile, surtout lorsque le professeur passe à vos côtés avec ce regard qui signifie 'cherche pas, tu fais que des conneries, autant laisser tomber tout de suite !'. Et encore plus difficile lorsque votre dos brûle du regard scrutateur de votre ex.
La sonnerie de fin de cours me libéra de la souffrance de voir ma copie à moitié blanche, mais décupla la sensation d'étouffement qui m'étreignait. Je quittai ma place la tête baissée, les bras chargés de mon sac et des feuilles de dessin avec lesquelles je me promenais depuis plusieurs jours au cas où des souvenirs ou des émotions trop fortes me traverseraient et m'obligeraient à les mettre sur papier. Parce que Dieu seul sait qu'il y en avait des choses dans ma tête. Pas forcément des choses agréables pour que ma souffrance se décide enfin à quitter mon esprit, mais on n'a jamais dit que la logique et la réalité devaient coïncider.
« Tu en as pensé quoi de ce devoir ? »
Je jetai un coup d'œil œil vers April, ma meilleure amie, celle sans qui je n'aurais pas su comment gérer cette situation.
« Je n'ai pas répondu à la moitié des questions. »
C'était vrai. Soit je ne les avais pas comprises, soit je n'arrivais pas à écrire ce qu'il fallait pour mériter les points. Dans tous les cas, j'avais été à deux doigts de déchirer ma copie, rien que pour le plaisir de me défouler.
« Puisque nous n'avons pas cours cette après-midi, Garrett a proposé de nous sortir. Tu veux bien ? »
Je haussai les épaules. Depuis le début de la semaine, lorsqu'il avait appris par sa sœur que j'avais plaqué Edward –sans connaître les raisons, toutefois !- il avait décidé de revenir vers nous. Il nous avait même déjà offert un ciné et une sortie shopping. Et maintenant ça ! Bien sûr, je ne pouvais pas ne pas faire autrement que me souvenir de ce qu'Edward avait dit des pensées qu'il avait entendues. Garrett avait regretté de ne pas avoir tenté sa chance. Peut-être que j'allais le laisser faire, cette fois…
« Et lui, il n'a pas cours ? »
« Il dit que non. »
« Pourquoi pas, alors ! »
Elle acquiesça et sortit son téléphone portable pour prévenir son frère de nous retrouver au McDonald où nous allions manger quelque chose.
Bien sûr, quitter le lycée en espérant ne pas tomber sur au moins un Cullen était utopique. Mais je plaidais coupable.
Au détour d'un couloir, je tombai nez à nez avec Jasper et son regard mi-interrogateur, mi-solidaire. A mes côtés, April joua parfaitement la fille qui ignore ceux qu'elle ne veut pas voir, alors que je bafouillais, sentant mon cœur s'emballer. Non par peur de Jasper, mais de celui dont le nom même me brisait le cœur en deux, celui qui le suivait toujours, que ce soit en personne ou par la pensée…
« Ce n'est rien. » Tenta-t-il de m'apaiser en voyant sûrement mon regard LE chercher.
Je reposais les yeux sur lui au moment où Alice le rejoignait de son pas lent et non plus dansant comme je l'avais connu auparavant. Je me dépêchai de rejoindre April qui me tenait la porte à quelques pas, ignorant le regard plein d'espoir de mon ancienne meilleure amie.
Je n'étais pas la seule à espérer…
Je courus presque jusqu'à la voiture d'April, je l'avoue, mais je sentais tous leurs regards dans mon dos et j'avais besoin de m'en éloigner. April ne fit aucun commentaire en jetant un coup d'œil dans le rétroviseur intérieur. Elle était à l'origine de mon comportement, en fait. Comme je n'avais pas su taire pour ce qu'il m'arrivait, j'avais été incapable lui cacher ce qu'Edward avait révélé malgré lui. J'avais encore du mal à croire qu'elle m'ait entendue à travers mes sanglots interminables lorsque je m'étais réfugiée chez elle ce deux novembre dernier. Mais elle l'avait fait, et son soutien avait été sans faille. Nous avions élaboré, ou plutôt, elle avait élaboré et j'avais obéi, une stratégie dont l'objectif premier était « œil pour œil ». En gros, je souffrais à cause d'Edward et malgré tous les sentiments que je pouvais avoir pour lui, je ne pouvais pas laisser couler. J'étais humaine et il allait comprendre à quel point il avait largement abusé de sa condition de vampire.
Je me retins difficilement de me retourner vers lui, car je savais qu'il était à sa voiture et nous observait avec son regard si empli de tristesse, impuissance, remords et amour. Je devais lutter. Je pouvais lutter.
« Le week-end prochain, tu viens à la maison ? »
Ma meilleure amie me sortit de mes pensées tout en manœuvrant pour se garer sur un emplacement réservé au personnel du McDonald. Je souris en la voyant hausser les épaules à ma question muette.
« Personne ne vérifie quoi que ce soit ! » Assura-t-elle en ouvrant sa portière.
« Jusqu'au jour où tu te feras prendre, April ! »
Elle haussa encore une fois les épaules, ferma la voiture et attrapa mon bras en quelques mouvements.
« Donc, tu viens ce week-end ? »
« Oui. Enfin, si mon père me laisse sortir en dehors des heures de cours. »
« Arf ! Il doit avoir envie de te dire « J'te l'avais dit ! » »
« Aucune idée, il est…distant. Peut-être qu'il a encore en travers de la gorge le fait qu'il y a même pas une semaine je lui tenais tête pour qu'il accepte ma relation avec… »
« Ça lui passera. Comme cette situation passera ! Ne t'inquiète pas, il reviendra te supplier de le flageller un bon coup avant de le prendre dans toutes les positions possibles et inimaginables lorsqu'il aura compris à quel point il t'a blessée. »
« Tu crois ? »
« Hey ! Il t'a poursuivi lorsqu'il a compris qui tu étais, non ? Ecoute, je ne le défends pas, loin de là. Ce qu'il t'a fait…Il n'y a pas de mots pour le qualifier, surtout venant de lui ! Mais…Je l'ai vu ces derniers jours, et je l'ai vu aussi lorsque vous vous êtes reconnus. Ce type est fou de toi, Lizzie. Il mérite de bonnes angoisses et souffrances mais je suis sûre que vous vous retrouverez. »
Je réfléchis à ses propos alors que nous pénétrions dans le fast-food jusqu'à me rendre compte qu'il était hors de question, maintenant, d'y réfléchir plus. Sinon, j'étais persuadée de ne pas résister au besoin de lui parler, même si je ne savais pas trop quoi lui dire.
Combien j'étais mortifiée ?
Combien je le haïssais et le désirais en même temps ?
Combien je souhaitais me venger de son affront avant de le retrouver ?
« Liz ! On a perdu Houston. »
Je fis un sourire d'excuse à la fille derrière sa caisse, passai ma commande et suivis April à la table la plus éloignée et surtout la plus recherchée de la salle. Pour une fois, personne ne s'y installa juste avant nous.
« Tu dois te remettre en chasse, Lizzie. Non seulement ça servira notre plan mais en plus ça te le sortira de la tête pour quelques temps. Que penses-tu de celui-ci ? »
Je grimaçai d'horreur en voyant l'ado boutonneux qu'elle me désignait.
« T'as perdu la tête ? ! »
« Non, je voulais savoir si tu allais réagir. Donc tu es avec moi, alors nous pouvons nous y mettre ! » Sourit-elle en buvant une grande gorgée de son coca, le regard rivé sur les cibles potentielles de son plan.
En entendant le chahut qu'un groupe d'amis fit en rentrant, je l'imitai. Et il y avait de quoi se régaler, finalement !
Les garçons s'installèrent à quelques tables de là, beaucoup de leurs regards rivés sur nous. April me lança un clin d'œil entendu en attaquant son hamburger. Je levai les yeux au ciel, mi-amusée, mi-perturbée par ce qu'il se passait. A côté, les jeunes rivalisaient de ridicule pour attirer notre attention, aussi détournai-je définitivement les yeux de leur table pour m'intéresser au reste de la salle. Je faillis bien m'étouffer en découvrant Emmett et Rosalie, assis de l'autre côté, un énorme coca et une gigantesque portion de frites devant eux.
« Ils se fichent de moi ! »
« Qui ? Oh mon dieu ! Mais…Les…Enfin, ils ne mangent pas de ça normalement, si ? » April fut aussi choquée que moi.
J'avalai ma bouchée en secouant la tête.
« Tu crois…Bon sang, je ne pensais pas qu'ils iraient jusqu'à de telles extrémités quand même. » Réussit-elle à dire.
« Moi non plus. » Avouai-je.
Ce fut avec un frisson d'appréhension que je vis Rosalie se lever pour nous rejoindre. Tous les regards se posèrent sur elle avec admiration, envie et quelques pointes de jalousie, mais elle ne s'y intéressait pas. Apparemment, April et moi étions ses cibles.
« Je vais aux toilettes me repoudrer, tu m'accompagnes ? » Demanda-t-elle, une fois devant moi.
Elle avait un sourire triste qu'elle devait vouloir engageant.
« Et pourquoi elle ferait ça ? » Intervint April en posant une main sur mon bras.
« April, je ne veux rien lui faire, seulement, ce sera plus facile de parler ailleurs qu'entourées d'humains dans ce genre-là. » En parlant, elle indiqua du menton les jeunes dont je venais de me détourner.
« Alors je viens avec vous. »
« Non, April. » Je fus aussi étonnée qu'elle de m'entendre dire ça. Je me raclai la gorge. « Rose a raison, ce sera plus facile ailleurs et puis…Elle refusera de toute façon de me parler franc jeu si tu viens. »
« Liz ! » Elle chercha mon regard mais quand elle le trouva, elle se résigna. « Tu es sûre ? » Tenta-t-elle toutefois.
« Je reviens. » Lui affirmai-je en me levant.
« Ca ne sera pas long. » Rassura Rose en m'entraînant déjà dans son sillage.
Je la suivis parmi les tables, passai devant Emmett qui fronçait les sourcils et la laissai nous enfermer dans les toilettes. Elle vérifia qu'il n'y avait personne. Malheureusement pour la fille qui entrait dans une cabine, Rose la mit dehors. Elle ouvrit aussi tous les robinets d'eau à fond. Enfin, elle se tourna vers moi, les bras croisés, le regard scrutateur. Mal à l'aise, je me triturai les doigts, mordillant ma lèvre.
« Quel est ton plan ? » Exigea-t-elle en s'appuyant contre le rebord du lavabo.
« Comment ? »
A son regard, je me fis l'effet d'être une débile.
« Liz, je ne suis pas idiote. Je connais tes sentiments, les bons comme les mauvais, envers Edward. Je me doute qu'April et toi avez décidé d'un plan pour lui faire payer sa traîtrise. Je veux le connaître. Je veux en être. »
« Tu… » Je pris une longue inspiration et osai m'installer sur le rebord du lavabo. « Pourquoi tu ferais ça, Rose ? C'est ton frère. »
« Par adoption. Et autant te dire que je rêve de le martyriser depuis que j'ai appris ce qu'il s'était passé. »
Sa véhémence me surprit mais elle semblait lancée.
« Lorsque tu as disparu, il souffrait tellement qu'il était à ramasser à la petite cuillère, je n'arrive pas à croire qu'il ait ne serait-ce que pu bander pour cette pouffe décolorée ! Mais il l'a fait, et je veux qu'il souffre. Nous tenions tous énormément à toi et la chance que tu te réincarnes, parce que pour le coup, c'en est une, n'aurait pas dû être gâchée par cet imbécile. Donc, je répète ma question. Quel est ton plan ? »
J'étais littéralement sur le cul. Je la regardai encore avec un air débile, je le savais, mais je ne pouvais pas faire autrement. Comment avait-elle pu trouver les mots ? Ces mêmes mots ancrés en moi depuis une semaine ?
Je déglutis, me lavai les mains pour les passer sur mon visage et enfin je levai les yeux sur elle.
« C'est plutôt le plan d'April, mais j'ai besoin de le faire souffrir, Rose. Je ne suis pas idiote, comme tu dis, je sais qu'on se remettra ensemble. Je veux dire, je le sens en moi. J'ai besoin de lui pour respirer. Mais je ne peux pas passer outre ce qu'il m'a fait. Si seulement il me l'avait dit, encore ! Mais non, il me l'a caché et ça l'a empêché d'aller plus loin avec moi. Rose, je suis profondément blessée par ce mensonge ! »
« Et ça se comprend. Je me dirais que tu es idiote si tu ne cherchais pas à te venger un peu. » Sourit-elle en passant une de mes mèches derrière mes oreilles. « Tu m'as tellement manqué, Liz. Il y a ce nuage au-dessus de vous pour le moment, mais je refuse de perdre notre amitié. »
Les yeux soudainement piquants j'acceptai son câlin.
« Je vais l'ignorer autant que possible. Peut-être même que je le rendrai un peu jaloux. Si c'est le cas, je ne me cacherai pas, Rose. Je veux qu'il me voie avec un autre. Je veux qu'il ressente cette plaie béante et assassine au fond de lui. »
« Excellente idée. Mais s'il-te-plait, si tu fais quoi que ce soit, choisis un autre garçon que ces gamins ringards ! »
Je souris essuyant mes joues humides.
« Je crois que je vais suivre ton conseil, oui. »
« Bien. »
Je sus à son intonation qu'elle voulait ajouter quelque chose. Je l'observai en attendant qu'elle ose.
« Liz, est-ce que…Tu as le droit de ne pas me répondre, mais…Jusqu'où es-tu prête à aller pour le rendre jaloux ? »
C'était bien ce que je pensais. Je me sentis rougir.
« Je n'en ai aucune idée, Rose. Je veux dire, pour moi, les sentiments doivent me conduire à…quelque chose de plus intime. » Je secouai la tête. « Je n'en sais rien, je verrai, j'improviserai. »
« D'accord, ne te sens pas acculée, Liz, c'était juste pour dire que si tu veux en parler, je suis là. »
Je mordis ma lèvre inférieure.
« Merci Rose. »
« J'adore les complots, Liz. Retournons à ta table ou April va péter une durite. »
« Certainement, la pauvre ! »
Nous sortîmes des toilettes copieusement insultées par les filles qui attendaient devant la porte. Je rougis en entendant les propos des garçons. Me voilà donc propulsée au rang de lesbienne !
« Enfin ! » S'exclama April en se levant.
Elle avait fini son plateau et avait même entamé ses ongles à ce que je voyais. Je souris pour la rassurer.
« On en reparle, Liz. Si tu as besoin, tu sais où me joindre. » Promit Rosalie en retournant à sa table.
Je vis Emmett froncer les sourcils, inquiet de ce qui avait pu se dire. En les voyant partir, j'espérai que Rose ne s'attire pas d'ennuis dans sa famille…
« Alors ? » Me pressa April en tirant sur mon bras pour que je m'assoie.
Alors, je lui expliquai. Elle était aussi étonnée que moi mais lorsque le choc fut passé, j'aperçus le sourire calculateur qu'elle arborait soudainement.
« Quoi ? » M'inquiétai-je un peu.
« Rien. J'envisage les possibilités que cela nous donnera pour notre plan. » Elle leva les yeux sur moi. « Autant te dire que j'adore l'idée. »
« Bah voyons ! » Souris-je en finissant mon coca.
« Ne me dis pas que tu abandonnes, quand même ! »
« Bien sûr que non ! Mais je te connais, lorsque tu as des idées en tête, c'est parfois très étrange. » Me défendis-je.
« Je vois que la confiance règne ! » Fit-elle semblant de s'outrer.
Nous nous sourîmes l'une l'autre et l'arrivée de Garrett et deux de ses amis nous empêcha de nous faire un câlin.
« Prêtes les filles ? » Demanda son frère après nous avoir embrassées sur la joue.
« Bien évidemment ! Pourquoi ne serions-nous pas prêtes à passer une après-midi avec des étudiants plutôt canons ? » S'exclama April en se levant.
« Pourquoi, en effet ! »Approuva Garrett en me proposant son bras.
De son côté, April s'accrocha aux deux autres étudiants en souriant. Je lui fis les gros yeux : en théorie, elle sortait avec Brad et il n'aurait pas aimé la voir faire ça. Mais elle me répondit par un regard entendu et je secouai la tête, amusée.
« Après toi. » Signala Garrett en ouvrant la portière côté passager de sa voiture. « Les gars, on se retrouve là-bas ? »
« Pas de soucis. » Répondit Jonathan.
« Et pas de bêtises ! » Garrett pointa du doigt sa petite sœur.
« Pareil pour toi. » Prévint-elle et j'échangeai un regard blasé avec Jonathan.
Son acolyte était déjà au volant et klaxonna vivement pour mettre un terme au jeu des Levingston.
Installés dans la voiture, la radio se mit en route alors qu'il démarrait la voiture. Avec un regard plein de défi, il monta le son sur les vagissements du chanteur de hardcore. Je levai les yeux au ciel et m'enfonçai dans le fauteuil en espérant que nous n'en avions pas pour des heures de route.
« Ça ne te plait vraiment pas, hein ? »
« Ça se voit tant que ça ? »
« Tu as les yeux révulsés, ma chochotte d'amour. »
« Recommence pas avec ces surnoms débiles, je me fais l'effet d'une gamine ! »
« Je te rassure, tu es une gamine. »
Je le frappai sur le bras alors qu'il passait une vitesse.
« Doucement, tigresse ou on va avoir un accident ! » Prévint-il en faisant volontairement une embardée sur la route.
« T'es un grand malade ! » L'accusai-je en me tenant fermement au tableau de bord.
« Je sais, mais les filles adorent ça, tu sais. »
« Ah ! Les folles à lier très certainement. »
« Quoi ? Tu crois que je cours après les tarées ? »
« Qui se ressemble s'assemble, non ? »
« Lizzie Walter, vous allez le regretter. » Menaça-t-il avec un grand sourire aux lèvres.
« Essaie toujours, grand mammouth. » Le provoquai-je en ressortant l'un des surnoms dont je l'avais moi aussi affublé en étant petite.
Il serra les mâchoires, son regard de biais posé sur moi. Dans ses pupilles marron, je voyais bien qu'il cherchait une réplique mais ne la trouvait pas. Je riais sous cape lorsqu'il s'arrêta au parc où April m'avait amenée en Septembre dernier pour savoir ce qu'il se passait entre Edward et moi…
En repérant le site où Edward et moi nous étions retrouvés après notre première sortie, je sentis mon cœur battre furieusement dans ma poitrine, mon souffle s'arrêtant tellement la douleur qui me frappait était forte.
« Liz, ça va ? »
Je levai les yeux sur Garrett et tentai un sourire rassurant. Il fronça les sourcils et se posta devant moi, les mains sur mes épaules.
« Dis-moi la vérité. »
Je soupirai, mon regard se portant sans ma volonté sur le site. Garrett le remarqua et devina la raison de mon malaise.
« Désolé, je n'y ai pas réfléchi. Si tu préfères, on peut aller ailleurs. »
« Non. Ça ira. Je peux le faire. »
« Tu es sûre ? Tu as le droit de… »
« Garrett, s'il-te-plait, allons-y. Les autres nous attendent. » Ma voix n'avait pas tremblé du tout et j'en étais fière.
Il acquiesça et me prit doucement par le bras pour nous conduire jusqu'aux autres autour du lac.
L'après-midi passa si vite que nous fûmes presque surpris par la fraîcheur qui s'abattit sur nous. Il était interdit de faire du feu dans le parc et les garçons avaient prévu le coup. Je me doutais qu'ils étaient habitués à venir traîner par ici lorsqu'ils rapportèrent des couvertures dont nous nous couvrîmes. Bien sûr, nous aurions pu rentrer chez nous, mais nous étions tellement absorbés par nos discussions que cela ne nous vint pas à l'esprit. Surtout que Brad, Preston, Steven et Cathy nous rejoignaient avec des bouteilles et des cochonneries à grignoter. En trouvant sa copine coincée entre deux étudiants, Brad grimaça, bomba le torse et vint s'intercaler de force entre eux. Il passa même un bras possessif autour de son cou et l'embrassa à pleine bouche. Je détournai les yeux alors que Jonathan et Baptiste ricanaient en se décalant.
« Il paraît qu'il y a une soirée chez Virginie demain soir. Tout le bahut est invité. Vous en dites quoi ? » Proposa Steven en entamant les festivités.
Il ouvrit un sachet de chips qu'il fit passer.
« Bonne idée ! Surtout si elle ressemble à celle d'Halloween le week-end dernier, ça vaudra le détour ! » S'enthousiasma Preston en lançant un regard entendu aux autres.
« Pourquoi ? » Me devança April.
« Preston s'est tapé Virginie mais n'oublie pas que tu as dégueulé tout le reste du week-end, vieux. » Expliqua Steven.
« Tu as couché avec Virginie ? » S'étrangla Cathy.
« Quoi ? Elle s'est déjà tapé la moitié du bahut, je vois pas pourquoi j'y avais pas le droit. »
« Tu es écœurant. » Lâchai-je en quittant le cercle.
« Désolé, je ne voulais pas choquer tes chastes oreilles, Lizzie. » Ricana-t-il avant de s'arrêter net.
Derrière moi, j'entendis Garrett le traiter de « petit con », approuvé par d'autres.
Les poings serrés, je marchai quelques pas de plus avant de sentir SA présence. Je fermai les yeux, tentant de me convaincre que je rêvais. Ou du moins que je pouvais l'ignorer.
« Je me rends compte à quel point on peut être débile quand on s'y met. » Grimaça Garrett en prenant mon rythme.
« Et moi je suis prude ! »
« Mais non. Etant donné que tu as de mauvais souvenirs pour le dernier Halloween, c'est normal que tu réagisses comme ça. Mais ça passera. »
Je levai les yeux sur lui. Il souriait. Il voulait me rassurer. Et même si je lui en étais reconnaissante, sachant pertinemment ce qu'il attendait que je fasse, je sentais aussi au fond de moi la présence d'Edward qui nous observait.
« Peut-être. Dis, ça t'ennuie de me ramener chez moi ? »
« Pas du tout. En plus, je suis censé finir un devoir pour demain, alors ça m'arrange. » Assura-t-il.
« Depuis quand tu fais les devoirs qu'on te demande ? »
« Depuis que j'ai envie qu'on me prenne au sérieux. » Il passa un bras sur mes épaules et il nous ramena vers les autres afin de prendre nos affaires.
Je l'observai expliquer notre départ, lisant l'inquiétude dans les yeux de Cathy et l'envie d'April de nous suivre.
« Je vous vois demain au lycée. » Leur assurai-je en faisant demi-tour.
POV Edward
Elle savait que j'étais là. Je l'avais vu à la manière dont ses épaules s'étaient tendues et cela me rassurait un peu quand même. Malgré notre séparation, malgré mon erreur, elle restait consciente de ma présence.
Quel con cet Edward quand même de l'avoir laissée partir !
Garrett, le frère d'April, celui auquel Liz tenait comme un frère, la guidait à travers le parc pour la ramener chez elle. Et il ne se privait pas de commentaires sur la profondeur de ses yeux, la pâleur de sa peau, sa douceur…J'étais littéralement à deux doigts de me jeter à son cou pour lui rappeler qu'elle était à moi.
Jusqu'à récemment ! Rectifia une petite voix au fond de ma tête.
Je me maudis tout en suivant des yeux la voiture qui partait. Comment avais-je pu être aussi idiot ? Penser être capable de mentir à Liz alors qu'elle me connaissait mieux que moi-même ! La douleur l'avait terrassée ce soir-là lorsqu'elle avait compris. J'avais presque senti son cœur se briser et je n'avais pas su quoi dire pour me rattraper.
Qu'aurais-je pu dire ?
Je l'avais trahie de la pire des façons possibles. Alors bien évidemment, elle m'avait rejetée, elle s'était éloignée de moi. Mais je refusais l'idée de l'avoir perdue. Je savais au fond de moi que j'allais regagner sa confiance.
Quand ?
Comment ?
Je n'en savais rien. Je savais juste que mes sentiments étaient aussi forts qu'ils l'étaient dix-neuf ans plus tôt. Malgré ce que j'avais fait, je savais que je ne pouvais toujours pas vivre sans elle.
Et si pour l'instant, elle avait besoin que je la laisse respirer voire même reprendre confiance en elle selon ce que m'avait expliqué Jasper, alors j'acceptais.
Enfin, jusqu'à un certain point !
Voir Garrett se pencher sur elle, une fois garé devant la maison, me fit l'effet d'une douche froide. Je me retins de justesse à une branche alors que Liz le laissait s'approcher encore de ses lèvres.
Non ! Liz, non !
Ma prière ne fut exaucée que parce que Scott ouvrit grand la porte de la maison en appelant sa fille.
Et merde ! Merci, Scott ! Grinça Garrett en s'écartant.
« Liz, tu as loupé le diner ! »
Pour une fois que j'appréciais les efforts de Scott de garder sa fille loin des garçons !
Liz maugréa dans la barbe qu'elle n'avait pas et sortit sans un regard pour Garrett afin de rejoindre son père sur le perron de la maison.
Garrett redémarra le moteur et s'éloigna vers le campus où il logeait avec les autres.
Je me reconcentrai immédiatement sur la maison en entendant la colère dans les pensées de Scott Walter.
« Je peux savoir ce qu'il se passe chez toi, Elizabeth Walter ? »
« Je suis fatiguée, p'pa. »
Liz tenta de s'échapper, mais il la rappela alors qu'elle montait à sa chambre.
« Il est hors de question que tu te réfugies dans cette chambre, Elizabeth ! Tu viens tout de suite dans le salon. Ta mère et moi avons à te parler. » Exigea-t-il.
A travers ses pensées, je vis le regard fermé de Liz. Une fois de plus, j'étais impuissant à lire son esprit.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Tu oses demander, Liz ? » S'énerva Scott mais sa femme mit une main sur son bras pour le restreindre.
« Lizzie, ma puce. Nous nous inquiétons pour toi. »
« Pourquoi ? Je fais mes devoirs, mes corvées et je ramène des notes correctes. Que voulez-vous de plus ? »
Liz haussa les épaules d'impuissance.
« De plus ? Liz, tu n'as encore jamais agi ainsi avec les garçons. Que se passe-t-il ? »
Courtney tentait de jouer la carte de la mère qui peut tout entendre. A côté, Scott bouillonnait de colère et de déception.
« Rien, maman. »
« Je n'y crois pas ! D'abord Preston, ensuite Edward et maintenant Garrett ? » S'emporta Scott en pointant sa fille du doigt. « Liz, en presque trois mois tu es sortie avec trois garçons différents ! Excuse-nous de nous inquiéter ! »
« Quoi ? Je ne sors pas avec Garrett ! »
« Ah oui ? C'est bien lui que tu as embrassé dans la voiture ! »
« Je ne l'ai pas embrassé ! »
« Tu allais le laisser faire, c'est la même chose ! »
Courtney regardait le père et la fille en pleine dispute. Elle semblait les voir pour la première fois.
« Et alors ? J'ai bien le droit ! Je ne suis qu'humaine après tout ! »
« Pas sous mon toit, Elizabeth Walter. Pas sous mon toit ! »
« Très bien ! Alors je pars ! »
« Liz, ne dis pas de bêtises. Scott, calmes-toi. »
« Non maman, je refuse de faire semblant plus longtemps. Après tout, vous serez mieux sans moi ! »
Liz quitta la pièce et grimpa quatre à quatre les escaliers. De mon arbre, je sentais sa détresse. J'aurais aimé la rejoindre, la rassurer. Mais je savais que j'étais la cause de toute cette douleur en elle.
« Elle est ma fille, Courtney, je ne la laisserai pas tomber dans une mauvaise vie. »
« Scott, Liz est plus intelligente que ça. Elle traverse une mauvaise passe, mais je suis sûre que dès demain vous regretterez tous les deux ce qu'il s'est passé. »
Elle le prit dans ses bras, ses pensées tournées vers sa fille à l'étage qui s'acharnait sur les murs de sa chambre. Je fronçai les sourcils en remarquant ce qu'elle faisait. Liz était en train d'arracher tous les dessins qu'elle avait faits. Ses larmes roulaient en silence sur ses joues.
Je ne pouvais pas la laisser ainsi.
Une main s'abaissa sur mon épaule, me contraignant à l'immobilité alors que je voulais courir dans cette chambre, serrer celle que j'aimais dans mes bras…
« Laisse-lui le temps de s'en remettre, Edward. Il fallait qu'elle craque. Elle ne l'avait pas encore fait. »
La voix de Jasper s'insinua dans mon esprit en même temps que je voyais Liz s'effondrer sur son lit. Un goût amer me resta sur la langue bien longtemps après que je fus retourné à la villa avec mon 'frère'. J'avais failli à toutes mes promesses envers Bella et Liz.
Je devais me racheter.
Le bonheur de Liz en dépendait.
Je vous laisse me dire ce que vous pensez de ce chapitre. Que va-t-il se passer ? Que va faire Edward ?
Comme annoncé sur mon FB, j'entre dans la dernière phase de mes études : derniers partiels et surtout dernière ligne droite pour le concours d'instit, donc je ne posterai que le 12-13 mai (avant mon concours) puis le 26-27 mai (après). Par la suite, j'aurai l'intégralité de mes journées de libre, ce qui signifie que je pourrai écrire et poster bien plus souvent (1 à 2 fois par semaine peut-être ?).
A dans 15 jours !
Bisous Spuffy
PS : bon courage à celles et ceux qui sont aussi en période révisions.
