Maudite

Bonsoir !

Voici une revenante ! Vous pouvez le dire ! Entre les révisions, les oraux blancs et les partiels, j'ai cru mourir ! Maintenant, il ne reste que les révisions pour le concours de la semaine prochaine, comme je vous l'avais dit…

Enfin bref, voici un nouveau chapitre, et autant vous dire que c'est un tournant dans l'histoire ^^

Merci pour toutes vos reviews, bienvenue aux nouvelles et nouveaux !

Bonne lecture.

Chapitre 14- Les vampires sont en ville.

POV Liz

Le réveil sonnait pour la seconde fois mais je refusais de m'y intéresser je n'avais pas cours ce matin-là, cependant j'avais rendez-vous avec Cathy et April. Nous étions à deux semaines des vacances de Noël et il nous fallait faire nos achats. Je n'en avais ni l'envie, ni la force.

Ce n'était pas la première fois que je me sentais si mal dès le matin, j'en avais presque pris l'habitude depuis trois semaines que je faisais la fête régulièrement, arrosant bien la soirée au passage. Pourtant, ce matin-là, il fallait ajouter à mon malaise le souvenir de la veille lorsque j'avais retrouvé Edward dans ma chambre à mon retour.

Flashback

Il était tard. Ou tôt, selon le point de vue.

J'avais encore une fois abusé du Malibu et de la vodka alors je n'étais pas du tout d'attaque pour une dispute. Je savais déjà que j'allais avoir mon père sur le dos, et je n'aimais pas l'idée, en trouvant Edward à mon bureau, de ce qui allait se passer.

Il ne bougea pas, aussi ne le découvris-je là qu'après avoir retiré mes vêtements avec maladresse pour enfiler un vieux t-shirt. Rencontrer son regard doré plein de désir me déstabilisa un instant.

« Qu'est-ce que tu fous là ? » Ma voix était pâteuse, mais il avait compris.

« Je t'attends. »

« Ah oui ? »

Je levai les yeux au ciel pour lui signaler que ça ne m'intéressait pas et m'allongeai dans mes draps.

« Liz, tu dois arrêter. Ça va te détruire. »

« Ed…Edward, tu es mal placé pour me…Me dire ce…Qui est le mieux pour moi. » Hoquetai-je en me retournant pour voir ses yeux.

Il était triste et quelque chose d'encore plus profond encore que je me refusais à analyser aussi tard dans la nuit.

« Va-t-en. »

« Je te demande pardon, Liz. J'ai fait une erreur, mais ce n'est pas une raison pour te conduire de manière si désinvolte. »

« Edward…Je…Je ne suis qu'humaine, je ne suis rien devant ta perfection ! »

J'espérais qu'il avait entendu l'acidité de ma voix. A en croire la lueur dans ses prunelles, c'était bien le cas. Je m'auto congratulai et fermai les yeux.

« Je t'aime, Liz. Je refuse de te laisser partir comme ça. »

Je remuai dans mon lit, sentant le sommeil m'emporter.

« Je veux te séduire à nouveau, Liz. Je réussirai, je te le jure. »

« Essaie pour voir. » Réussis-je à murmurer, les paupières déjà à moitié fermées.

Fin flashback.

Je ne me souvenais de rien d'autre mais la dernière phrase qu'il avait prononcée restait dans ma tête. Je soupirai en glissant entièrement sous mon drap.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi après pratiquement six semaines sans contacts ?

La sonnerie de mon téléphone portable interrompit le processus de réflexion intense que j'entamais. Et finalement, ce n'était pas une si mauvaise chose étant donné mon état.

« Oui April, je me lève. »

« Dépêche ! Cathy est là, on arrive. » Prévint-elle avec enthousiasme.

Je grimaçai. C'était raté pour le bain chaud dont je rêvais !

Je descendais au salon près de quinze minutes après, aussi fraîche que possible avec les seules quatre heures de sommeil que j'avais réussi à glaner. J'aperçus le regard inquiet de ma mère, mais je l'ignorai. Je n'avais finalement pas quitté la maison après notre altercation avec mon père, simplement parce qu'il avait dû partir en voyage pour son travail. Ma mère insistait pour nous faire recoller les morceaux, mais j'étais aussi têtue que mon paternel !

« Ah bah enfin ! On a cru être obligées de venir te chercher ! » Sourit Cathy.

« Dure soirée. » Grognai-je en acceptant le croissant que ma mère me tendait.

« Tu m'étonnes ! Garrett est toujours au pieu avec un mal de crâne à en mourir d'après ce qu'il dit. »

« La chance ! »

Nous commençâmes à sortir du salon lorsque Courtney intervint dans la discussion.

« Peut-être que vous devriez y aller mollo sur ce genre de soirée. »

« Mais non, on est jeune, on en profite, c'est tout ! » Je fis un geste de la main comme pour balayer sa remarque.

Elle pinça les lèvres, clairement opposée à ce que je venais de dire. Je ne lui laissai pas le temps d'en rajouter, poussant presque mes amies à l'extérieur.

Une fois dans la voiture, April démarra et Cathy développa le planning de la journée. Nous passerions d'abord en ville pour acheter les cadeaux de nos parents, puis nous pousserions jusqu'à Oakdale où les filles chercheraient ce qu'il fallait pour leurs petits amis.

« Quelqu'un a une idée de cadeaux pour Garrett ? C'est mon tour cette année et je sèche ! » Avoua April en mettant son clignotant.

« Liz, tu dois avoir une idée, toi, non ? »

Cathy se pencha sur les sièges avant.

« Pourquoi j'en aurais une ? »

« Bah ! Tu sors avec lui donc tu dois savoir ce qui lui ferait envie ! »

Je soupirai en la foudroyant du regard.

« Cathy, je ne sors pas avec Garrett. »

« C'est pas ce qui se dit au lycée. » Insista-t-elle à la recherche de potins tout frais.

« Cathy, Liz ne sort pas avec mon frère, je le saurais ! » Me défendit April avec un regard appuyé.

Notre amie nous regarda l'une après l'autre jusqu'à ce que je voie la lueur de compréhension dans ses yeux.

« Ah d'accord ! C'est simplement ce que le garçon en E doit croire ! »

« Le garçon en E ? » Je fronçai les sourcils.

« Bah

quoi ? C'est bien son nom de code ou vous avez trouvé autre chose sans m'en parler ? »

Nous échangeâmes un sourire entendu avec April et celle-ci répondit.

« Tu devrais arrêter avec les noms de code, Cathy, on va finir par croire que tu es une espionne. »

« Mais qui sait ? » Laissa-t-elle supposer en s'enfonçant dans le fauteuil, un regard qui se voulait soupçonneux.

J'éclatai de rire vite suivie par mes amies.

« April, freine ! » Lança Cathy en pointant le doigt devant.

La conductrice obéit et sa voiture s'arrêta à un pas du camion qui déboulait de la droite.

« Mais quel con ! Regarde où tu vas ! »

April lâcha quelques jolis noms d'oiseaux alors que Cathy faisait un doigt d'honneur au conducteur du camion qui nous dépassait.

« Cathy, on va avoir des problèmes un jour, si on tombe sur un balaise. » Prévins-je.

« Qu'ils essaient voir ! Je leur montrerai de quel bois je me chauffe ! Non mais même pas il s'est excusé ! Il a forcé le passage et n'a même pas cillé d'avoir failli nous tuer ! » S'exclama-t-elle.

« Les gens sont fous ! »Proclama April en se garant sur le parking de la grande place.

« Amen ! »

Cathy et moi répondîmes en même temps, nous tapant le poing comme des garçons le feraient.

Lorsque nous fûmes toutes sorties, nous rejoignîmes le trottoir où l'on trouvait une série de magasins de babioles, parfums et autres collections.

En nous voyant arriver, Noah, le propriétaire du premier magasin nous salua avec un grand sourire. Alors que les filles commençaient à fouiner, je l'observai conseiller ses clients. Il était chaleureux, un peu comme le papa de tout le monde avec ses trucs et astuces et ses petits mots gentils pour la famille. Une minute plus tard, il s'approcha avec dans les yeux une lueur taquine.

« Alors, voilà mes petites filles adorées. Que puis-je faire pour vous ? »

« Mon père a repéré la casquette des Lakers l'autre jour. Il vous en reste ? » Commença April en regardant autour d'elle.

« Bien sûr ! Ca part comme des petits pains, mais il m'en reste. Je me doutais qu'il la réclamerait. »

Tout en parlant, il nous guida vers le rayon adéquat.

« Et vous les filles ? »

Je haussai les épaules. Je n'avais aucune idée.

« Je pense que j'ai ce qu'il faut pour ta mère, Lizzie. »

« Ah oui ? »

« Suis-moi. » Acquiesça-t-il.

Nous laissâmes les filles discuter de la taille que le père d'April préférerait.

« J'ai appris que ce n'était pas la joie en ce moment, ma belle. »

« Qui t'a dit ça ? »

« J'ai des yeux et des oreilles, Liz. Tiens, que penses-tu de ce magnifique panorama ? »

Je restai interdite devant ce que je voyais. On aurait dit….Je me creusai les méninges et avant de poser la question je savais ce qui était représenté.

« La péninsule de l'Olympic ? » Murmurai-je en sentant le pincement au fond de mon cœur.

« Oui, ma petite. Un petit coin de paradis malgré la pluie et l'humidité. »

« Tu connais ? »

Je remarquai le sourire dans ma voix.

« Malheureusement je n'ai jamais pu m'y rendre, mais j'aimerais bien. »

« Je suis sûre que ça te plairait. » Lui affirmai-je.

Il me lança un regard étonné et je me rendis compte de mon erreur.

« Enfin, j'imagine, en voyant ce panorama. » Me rattrapai-je autant que possible.

La curiosité brillait encore dans ses yeux mais je le devançai en demandant à l'acheter. Il avait raison, ma mère adorerait.

Je retrouvai les filles à la caisse et nous sortîmes avec quelques bricoles en plus de nos achats. Noah exigea de bientôt nous revoir. Nous le lui promîmes.

« Ca, c'est fait ! » Se félicita April en reprenant le volant.

J'acquiesçai en prenant ma place à l'arrière.

« Maintenant, voilà le pire. » Grimaça Cathy en jetant un coup d'œil à son porte-monnaie.

Je ne pouvais qu'approuver.

OoOoOoO

POV Edward

Je sentais sa piste tout autour de moi et je trouvai cela étrange. C'était comme s'il avait….

Il nous encercle ! Pensa Jasper en accourant.

On était d'accord.

Mon 'frère' à mes côtés, je me laissai guider par ses pensées. Il éliminait à tour de rôle les pistes pour n'en sélectionner qu'une. Lorsqu'il la localisa, il eut à peine le temps d'y penser que je me précipitais dessus.

Non loin, je repérai Alice et Emmett qui nous rejoignaient. Elle avait scruté mes actions.

On va l'avoir ! S'enthousiasma Emmett en parvenant à se caler à mon rythme.

« Ne te réjouis pas trop vite. » Lui conseillai-je.

Après tout, ça faisait près d'un mois que ce vampire nous narguait. Il avait élu domicile dans la région, et malgré la traque dont il était victime, nous ne parvenions à rien. D'après Alice c'était un jeune vampire, il avait encore des réflexes de nouveau-né, mais Jasper pensait plutôt à un vieux vampire. C'était d'ailleurs un conflit de discorde dont ils profitaient.

Nous atteignîmes bientôt l'endroit où Rose, Esmée et Carlisle s'étaient postés. Je ralentis, violemment déçu de n'avoir pu attraper ce vampire.

« Il n'est pas passé par ici. » Expliqua Carlisle.

« Bon sang, il est plus rapide qu'Edward et plus intelligent que Jasper réunis ! » S'exclama Emmett en tapant du pied contre un arbre.

« Ce n'est pas vrai. » Grognai-je alors que l'arbre s'écroulait.

« Bravo, Em ! » Jasper leva les yeux au ciel.

« Bon on fait quoi ? » M'impatientai-je.

« Rien. Il nous a échappé. »

« Carlisle ! Il continue à y avoir des victimes parmi les humains. » Désapprouvai-je.

« Et tant qu'on ne saura pas où il se trouve, nous ne pourrons rien faire. Mais Emmett a raison, ce vampire semble plutôt intelligent et rapide. Il n'aura laissé aucune trace. Ou si c'est le cas, vous risqueriez d'avoir des ennuis. »

« Edward, elle ne risque rien. » Assura Alice en plaçant une main sur mon bras comme si elle connaissait ma plus grande peur.

C'était sûrement le cas, d'ailleurs.

Je me rembrunis et fis demi-tour avant d'entendre leur pitié.

En quelques minutes, j'avais rejoint la lisière des bois, derrière chez Liz.

Etant donné l'heure, je me doutais bien de ne pas la voir. Au contraire, Courtney et Scott –qui revenait apparemment de voyage- discutaient.

« Je vais inviter les Cullen à déjeuner demain. » Décida Courtney en triturant ses ongles.

« Je ne sais pas. Liz sera furieuse. »

« J'aime bien Esmée et tu dois avouer qu'elle semblait bien mieux dans sa peau avec Edward qu'elle ne l'avait jamais été. »

« Courtney, elle est déjà en colère contre moi. »

« Raison de plus ! Si elle se rabiboche avec Edward, ça ira bien mieux entre vous. Scott, essayons s'il-te-plait. Je n'en peux plus de voir ma fille s'autodétruire à cause de sa douleur. »

Elle lui prit la main en plongeant son regard dans le sien.

Je me faisais l'effet d'un voyeur, mais j'aimais l'idée que les parents de Liz fassent tout en leur pouvoir pour nous rapprocher….Même si cela signifiait supporter de la nourriture humaine pendant quelques heures.

« On ne sait pas ce qu'il lui a fait. Si ça se trouve, c'est un psychopathe. Ou un dominateur. Ou un sado-maso… »

« Scott ! Je n'y crois pas ! Tu ferais tout pour garder ta petite fille près de toi, mais ça ne marche pas comme ça. Chéri, elle l'aime encore, je le sais. »

« Je vois que tous mes arguments seront balayés d'une parole alors je m'incline. Mais ne te réjouis pas trop vite, ils peuvent très bien dire non. »

« Ah ! Nous verrons, mais n'y compte pas trop ! »

Mon téléphone portable vibra dans ma poche.

« Oui Alice ? »

« Emmett te maudit déjà, mais Esmée compte bien accepter l'invitation. Rose a une drôle de tête mais je ne pense pas qu'il faille s'en faire. »

« Merci. Dis, tu sais où elle se trouve ? »

« Avec les filles, elles font leurs courses de Noël. »

« D'accord. A plus tard. »

Je raccrochai au moment où Scott emportait sa femme dans leur chambre. En quittant mon arbre, je sentis mon corps torturé par la jalousie. Tout semblait si simple pour ce couple !

Mon téléphone vibra à nouveau. Je me raidis, l'appareil à la main.

« Quoi Alice ? » M'inquiétai-je. « Liz va bien ? Que s'est-il passé ? Alice… »

« Si tu me laissais en placer une tu ne serais pas là à trembler comme une feuille. » Prévint-elle avec une certaine urgence dans la voix.

Je me tus, pris une inspiration inutile puis lui indiquai que je l'écoutais.

« Rose vient de partir rejoindre Liz, Cathy et April au McDonald du centre-ville. »

« Pourquoi ? »

« Aucune idée, Edward. Je te tiens au courant des changements. Et puis avoue que c'est étrange ! »

J'approuvai. Ce n'était pas la première fois qu'Alice me prévenait d'une rencontre impromptue de Rose avec Liz. A chaque fois elles se voyaient lorsque nous étions trop loin pour vérifier ce qu'il se passait. Si j'étais assez rapide cette fois-ci, peut-être pourrais-je savoir de quoi il en retournait.

Je filai à l'endroit indiqué pour croiser le regard de Rosalie qui entrait dans le bâtiment.

Attends un peu, Edward.

« Quoi ? »

Je n'avais pas élevé la voix mais je savais qu'elle m'avait entendue. Elle avait déjà disparu dans le fast-food mais ses pensées me répondirent.

Reste dehors. Je te tiens au courant. Et s'il-te-plait, concentre-toi sur autre chose, tu veux bien ?

Alors là, elle pouvait se brosser !

Je m'approchai aussi lentement que possible, mon esprit entièrement tourné vers les quatre filles à l'intérieur. Cathy et Liz attendaient qu'April choisisse son goûter. Rose passa près d'elles, et Liz déclara qu'elle devait aller aux toilettes.

Quelque chose me disait que ce n'était pas la vérité, surtout lorsque je vis Rose s'y engouffrer une seconde avant elle.

Je restai bloqué sur les pensées de ma 'sœur'.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » Demanda Liz et je hochai la tête.

Que se passait-il ?

« Tu as trouvé tous tes cadeaux ? »

« Presque. Il en manque un pour April, mais je sèche. » Liz se passa de l'eau sur le visage puis regarda Rosalie dans la glace. « Je crois que je ne suis pas d'humeur à faire la fête. »

« Alors tu ne vas absolument pas apprécier la petite surprise que tes parents t'ont concoctée. » Grimaça Rose en s'approchant.

Liz soupira mais attendit.

« Demain, on vient déjeuner chez toi. »

« Pardon ? Tu te fiches de moi ? Vous…Comment allez-vous faire ? Pourquoi ? Elle est dingue, je ne peux pas… »

« Calme-toi, je voulais juste que tu sois au courant, histoire que tu ne fasses pas d'arrêt cardiaque chez toi. »

Liz prit une longue inspiration puis croisa le regard de Rose.

« Vous serez tous là. » Sa voix tremblait.

« Tu imagines bien que c'est le plan. »

« C'est pas vrai ! S'ils s'y mettent, je fais quoi, moi ? »

« Le plan fonctionne toujours, non ? »

Quoi ? Quel plan ?

Je scannai ses pensées mais Rose était devenue reine dans l'art de me bloquer son esprit. Je serrai les poings en me rendant compte soudainement que j'avançais vers elles.

« Tu veux dire…Après tout ! Je vois Garrett ce soir, je lui dirai. »

Je lus la question dans les pensées de ma 'sœur' un instant avant qu'elle ne la pose. Elle faisait écho aux miennes.

« Combien de temps encore tu crois que ça va continuer comme ça ? »

« Je n'en sais rien, Rose. Ça a pris de telles proportions ! Il est venu hier soir. »

« Qui ? Edward ? Pourquoi ? »

« Il voulait me faire la morale. Mais…Il y avait quelque chose d'autre… »

« C'est-à-dire ? »

« Je veux te séduire à nouveau, Liz. Je réussirai, je te le jure. » Répéta-t-elle.

« Pardon ? »

« C'est ce qu'il a dit hier soir avant de partir. Rose, je… » Liz s'appuya contre le lavabo comme si tout le poids du monde lui était tombé dessus.

« Le déjeuner de demain est certainement une bonne idée, Liz. Tu as maigri. » Rosalie parla doucement et je réalisai à quel point Alice serait jalouse si elle était témoin d'une telle situation.

« Ce n'est rien, j'ai…Rose, je ne sais plus quoi faire. J'aime bien Garrett, je m'éclate mais…Je sais qu'il attend que je fasse plus et…Une part de moi refuse de céder à la tentation à cause d'Edward. Une partie de moi se pense encore avec lui alors ça serait…Le trahir. »

« Tu es trop gentille pour ton propre bien, Lizzie. » Sourit Rosalie en passant un bras sous celui de Liz.

« Je sais. »

A travers les yeux de Rose je vis le regard de Liz se tourner vers la porte.

« J'y retourne. Merci pour l'info, je vais voir ce que je fais. »

« D'accord, mais…tiens moi au courant, tu veux bien ? »

« Oui. Je te dois bien ça. »

Elles quittèrent enfin les toilettes et je m'éloignai de l'entrée pour ne pas être remarqué. Je vérifiai dans les esprits des filles si j'avais été vu, me rassurai en constatant que ce n'était pas le cas, et m'appuyai au capot de la voiture de ma 'sœur'. Cette fois, je n'allais pas la laisser s'en tirer comme ça. Elle devrait m'expliquer ce qu'il se passe.

Lorsqu'elle quitta le fast-food pour rejoindre sa voiture, elle se força à oublier tout ce à quoi elle aurait pu penser, concentrant son attention sur les regards que les hommes et autres gamins lui lançaient.

« Monte. » Ordonna-t-elle en faisant le tour pour s'installer au volant de sa décapotable.

« De quel plan parliez-vous ? »

« Edward ! Je t'avais demandé de ne pas écouter ! »

« Et je veux savoir de quel plan il s'agit. »

« Te rendre la monnaie de ta pièce, pauvre imbécile. Et je ne dirai rien d'autre parce que tu es assez intelligent pour comprendre le mal que tu lui as fait. J'essaie de l'épauler, c'est un crime ? »

Je fermai les yeux, revoyant derrière mes paupières la douleur qui l'avait traversée.

« Et tu nous l'as caché. » Tentai-je de l'attaquer.

« Tu l'as trahie, Edward. Tu crois qu'elle apprécierait de se confier à moi tout en sachant que je te dis tout ! ? »

Elle marquait un point.

« Comment va-t-elle ? » M'adoucis-je.

« Mal. Elle est perdue, Edward. Veux-tu toujours la récupérer ? »

« Toujours. »

« Un conseil, alors. » Elle tourna son regard sur moi pour chercher le mien. « Bella aurait pu passer outre, et elle le sait. Liz a besoin d'être sûre que c'est elle que tu veux. Que tu voudras à jamais. »

« Elle m'évite. »

« Demain, elle ne pourra pas. Trouve un moyen pour lui redire ce que tu lui as dit hier soir. J'en sais rien, Edward. Trouve ce qu'il faut pour la séduire, pour la convaincre. »

Nous arrivions à la maison, aussi elle se tut en laissant en suspend cette affirmation sibylline. J'improviserais selon ce qui ressortirait du déjeuner du lendemain.

OoOoOoO

Ce n'était pas gagné !

D'abord, Courtney avait préparé un repas pour un régiment entier.

Ensuite, Scott nous interrogeait plus ou moins discrètement sur notre vie et nos envies.

Enfin, Liz avait imposé Garrett au déjeuner.

D'accord, le pire n'était pas la présence de ce jeune homme, mais plutôt la manière dont Liz et lui se comportaient. Ils étaient dans sa chambre lorsque nous étions arrivés et ils faisaient des messes-basses pas vraiment discrètes depuis qu'ils nous avaient rejoints. Courtney était à deux doigts de « péter un câble » comme le pensait Emmett. Et moi à un battement de cils de lui arracher les doigts, les yeux et même…

Edward ! s'écria Alice dans ma tête.

Je gardai les yeux braqués sur Liz en sentant le pouvoir de Jasper agir sur mes nerfs. Le pauvre, je n'étais même pas sûr que ses efforts soient récompensés !

« Vous déménagez souvent, alors ? » Interrogea Courtney.

« Baptiste dit qu'on a loupé quelque chose hier soir. » Murmura Garrett, penché sur Liz.

Esmée confirma les propos de Courtney et se sentit obligée de compléter.

« Nous étions à Forks dans l'Etat de Washington avant de venir ici. »

« Ah oui ? » Entendis-je Liz répondre à Garrett.

« Où ça ? » Courtney fronça les sourcils.

« Dans le Nord Ouest des Etats-Unis. Un très beau coin mais très humide. » Sourit Esmée et je vis son regard tourné vers Liz.

Grâce à Jasper, je confirmai mon impression. Liz était tendue et surtout attentive à ce que nous disions.

« Brr ! Lorsque nous partons en voyage, nous essayons de trouver le soleil. » Sourit Courtney en jetant un coup d'œil à son époux.

« Absolument. Jonathan a fait un striptease. Autant te dire qu'il est toujours dément lorsqu'il fait ça ! » S'enthousiasmait Garrett.

« Mes femmes ne supportent pas le froid. » S'amusa Scott en s'adressant à Carlisle avec un clin d'œil, un bras autour des épaules de Courtney.

Mais ça ne valait pas notre baiser alors je ne regrette pas d'être parti plus tôt. Continua Garrett dans ses pensées.

Courtney leva les yeux au ciel, amusée.

« N'oublie pas que tu détestes la neige ! » Lança-t-elle.

« Merci chérie. » Grimaça-t-il.

Mon regard fut attiré par le couple en bout de table. Je tentai de me concentrer sur ce qui se disait du côté des parents, mais je n'y parvenais pas tant que Garrett se remémorait avec précision le goût des lèvres de Liz. Je retins à peine le grognement qui montait en moi lorsqu'il s'imagina reprendre où elle l'avait arrêté la veille. C'est-à-dire plus loin que je ne la pensais capable. Comment avait-elle pu le laisser la caresser ?

Un coup de pied dans le tibia me ramena à ce qui se passait alors que la douleur m'emplissait. Je relevai les yeux sur Rosalie.

Respire.

Je levai les yeux au ciel. Comment pouvait-elle me demander ça ? !

La conversation avait tourné vers la décoration intérieure. Je me détachai encore plus de la discussion, remuant ma fourchette dans l'assiette.

C'est dégoûtant !

J'échangeai un regard entendu avec Emmett et remerciai silencieusement le portable de Garrett qui se mit à sonner. Au moins, ça l'obligerait à penser à autre chose !

« Excusez-moi. » Fit-il en se levant pour se rendre à la cuisine.

Scott le suivit du regard en pensant bien à le trouver entre quatre yeux un peu plus tard. Je souris doucement en entendant ses envies de torture. Et lorsque ses pensées se tournèrent vers moi avec suspicion, je repris un air aussi innocent que possible.

Je tendis une oreille vers la cuisine lorsque Liz s'intéressa visiblement à ce qui retenait Garrett.

Elle est nerveuse. Remarqua Jasper en attrapant le verre d'eau devant lui.

Alors, je tournai ostensiblement mon attention sur Liz et je détectai le moment exact où elle sentit mon regard. Ses épaules se raidirent et elle jeta un coup d'œil dans ma direction. Une vérification qui lui fut fatale puisque je parvins à garder ses prunelles connectées aux miennes. Je tentai encore de lire ses pensées, mais lorsque ses yeux brillèrent, je sus que je pouvais me contenter de lire ses émotions.

Je pris une claque mentale en découvrant toujours cette lueur de douleur vengeresse dans ses prunelles noisette, mais la petite lueur, un peu plus loin, ne pouvait être équivoque. C'était encore de la tendresse. Je m'autorisai à étudier son visage dans son ensemble et détectai les traces de son conflit intérieur. Sous mon inspection, alors que je ne savais pas ce que mon propre visage reflétait, je la vis se mordre la lèvre inférieure.

Je ne pus résister au besoin de la faire cesser.

A la surprise générale, je me levai et m'apprêtai à l'approcher lorsque j'entendis les pas de Garrett qui revenait. Liz sembla réaliser ce qu'il se passait car son regard se fit suppliant, presque effrayé. Une fois Garrett dans la pièce, elle rompit la connexion entre nous et je me résignai à l'avoir perdue.

Garrett posa une main sur son épaule en me jetant un regard condescendant. Je détournai le mien.

Tout le monde reprit le cours des conversations, messes-basses et autres échanges.

Je me sentais comme un étranger parmi ces couples. Je sentais surtout la brûlure de l'amour rejeté.

Cette fois, je me levai sans un regard pour qui que ce soit. J'espérais qu'on me laisserait partir sans faire de vagues, sinon je ne répondais plus de moi.

J'entendis les pensées s'agiter autour de moi mais je les bloquais d'instinct. Je savais que je n'entendrais pas celles que je voulais plus que tout entendre me retenir.

Je sortis de la maison par la porte de la cuisine, à l'arrière. Peu importerait la surprise des parents de Liz, j'avais simplement besoin de m'enfuir. Rien de tel que de partir par derrière.

POV Rosalie

Le voir se lever me prit de court mais son regard était trop torturé pour ne serait-ce que penser à le retenir.

Quel imbécile !

Quoique … A ma droite, Liz le suivit des yeux et je la vis se mordre la lèvre inférieure, visiblement tiraillée.

Du moins jusqu'à ce que Garrett attire à nouveau son attention !

Comment faisait-il pour réussir cet exploit ? Qu'offrait-il pour que Liz s'autorise de tels abandons près de lui ? Parce qu'elle s'abandonnait presque au point de s'oublier avec Garrett !

Une heure et un dessert plus tard, Esmée annonçait que nous devions prendre congé. Je soupirai de soulagement. Courtney et Scott étaient très sympathiques, d'accord, mais jouer aux humains en avalant ces horreurs… Encore ne serait-ce que deux secondes de plus et j'aurais sûrement craqué !

A la façon dont Emmett me regardait, il pensait la même chose.

« Merci encore pour cette après-midi. » Sourit Esmée alors que Carlisle serrait la main de Scott.

« Merci à vous. Faites attention à la pluie. » Précisa Courtney en jetant un œil à la fenêtre.

Nous acquiesçâmes en même temps, bien dociles.

« Liz » Commença Alice et celle-ci fit un geste vers elle pour lui signifier qu'elle l'écoutait. « On se voit demain. »

La tristesse dans la voix de ma 'sœur' était palpable. Je regardai Liz d'un air entendu et même si la lueur de rébellion brillait dans ses yeux, elle s'adoucit le temps d'accorder un câlin à celle qu'elle appelait sa meilleure amie il n'y avait pas si longtemps. Je vis la joie chez Alice et Jasper qui se détendait. Il lança même un sourire appréciateur à Liz lorsqu'elle croisa son regard.

« Allons-y pendant l'accalmie. » Proposa Carlisle.

« A bientôt. » Salua Esmée en pressant l'épaule d'Alice qui rayonnait presque.

Je savais qu'elle nous en parlerait pour le reste de la nuit.

Ça ne rata pas !

Mais Emmett prit sur lui de nous éviter la crise de joie mêlée d'amertume d'Alice en nous entraînant d'abord dans des parties de Wii pendant lesquelles il se chamailla cordialement avec Jasper, puis il m'attira à l'extérieur. Lorsqu'il avait tendu la main vers moi dans le salon, je savais ce qu'il me réservait. Il commença à courir m'invitant à me caler sur son rythme.

Nous quittâmes doucement le cadre de la villa pour nous enfoncer dans les bois environnants. J'aurais pu rejoindre la cabane qu'il avait construite les yeux fermés, mais j'avais d'autres choses en tête. Des choses qui comprenaient Edward, Liz et leur avenir.

« J'en connais une qui s'en fait bien plus qu'elle ne l'avouera jamais. » Murmura Emmett en m'attirant contre lui, à l'abri des branches.

« Ca se voit tant que ça ? »

« Je te connais, ça aide. » Sourit-il en embrassant la base de ma nuque qu'il avait dégagée.

Je tournai la tête de façon à le regarder dans les yeux.

« Je m'inquiète. C'est si mal que ça ? »

« Pas du tout. Mais je ne pensais pas que ça te perturberait tant que ça. »

« Désolée d'être attachée à voir mon 'frère' et sa petite amie de toujours aussi heureux que nous le sommes ! »

Ma voix était plus acide que je le pensais. Je grimaçai et calai le visage dans son cou.

« Ils me manquent tous les deux. » Soupirai-je.

Emmett me serra plus fort dans ses bras.

« A moi aussi, Rose. Edward était bien plus accessible lorsque Lizbell était dans les parages. » Avoua-t-il.

« Comment cela ? » Je fronçai les sourcils. « Non, attends, Lizbell ? »

« Une contraction entre Liz et Bella, tu n'aimes pas ? »

Je réfléchis.

« Si, j'aime bien. Ça résume même très bien la situation. »

Il acquiesça et entreprit de répondre à ma première question.

« Tu ne trouves pas qu'Edward est plus souvent en famille lorsque Lizbell est dans le coin ? Il accepte bien mieux de participer à nos délires, par exemple. » Argumenta-t-il.

« Mais qui êtes-vous ? Rendez-moi mon grizzli ! » Souris-je en enroulant les bras autour de sa taille.

« Arrête de te fiche de moi. »

« D'accord, mais tu dois avouer que tu ne m'habitues pas à ce genre de discussions. »

« Ne jamais tout dévoiler d'un coup, ça casse l'effet « séduction ». » Affirma-t-il avec un grand sourire.

« Bon sang, quand ne serai-je plus surprise par ce que tu fais ou dis ? ! »

Il me regarda avec un air entendu.

« Jamais, j'espère bien. »

Je levai les yeux au ciel et m'écartai d'un mouvement pour me pencher par la fenêtre qu'il avait installée.

« Le temps se calme, je sens. »

« Ah oui ? J'adore lorsque tu joues à miss météo. »

Il me rejoignit avec son regard de prédateur.

« Ca tombe bien, justement, parce qu'ils annoncent une brusque augmentation de la température pour ce soir. »

Je me passai la langue sur les lèvres, déplaçant mes cheveux sur une épaule.

« Génial ! Depuis le temps qu'on se les caille par ici ! »

Je ris alors qu'il se jetait sur moi. Ses bras s'enroulèrent autour de ma taille et nous basculâmes une ou deux fois jusqu'à ce que je me retrouve bloquée sous lui, les jambes déjà repliées sur ses hanches. Ses yeux étaient noirs de désir, son sourire carnassier visiblement tenté par mes lèvres. Je le regardai en face, les mains passant sous son t-shirt. Lorsque les siennes trouvèrent le chemin de mon ventre et surtout de la fermeture Eclair de mon jean, je sus que la douceur ne faisait pas partie de ses plans immédiats.

Tant mieux, je préférais largement la partie grizzli en lui !

Il prit possession de ma bouche avec un grognement affamé, tira sur mon chemisier pour libérer ma poitrine de son carcan en même temps que son bassin provoquait le mien.

Je gémis et m'attelai moi aussi à ses vêtements.

En quelques secondes, je me retrouvai assise, nue contre mon amant dévêtu. Une de ses mains pressait mes seins alors que l'autre taquinait mon intimité. Je fermai les yeux, les hanches appelant ses caresses.

« Emmett, s'il-te-plait ! »

Je glissai une main jusqu'à son membre et souris en entendant son hoquet de surprise.

« Putain Rose. » Grogna-t-il lorsque j'imprimai un mouvement de va-et-vient qui, je le savais, le forcerait à arrêter ses tortures pour me pénétrer.

Nos regards se soudèrent et je sus que j'avais gagné la bataille.

Emmett nous releva d'un mouvement et je finis plaquée contre les rondins de bois, son sexe en moi. Nous criâmes à l'unisson au plaisir qui nous consumait.

Ce fut aussi violent que je l'anticipais. Ses hanches claquaient contre les miennes, nos lèvres étaient scellées dans un baiser passionné, nos langues se caressant au rythme de ses coups de reins.

Mon corps tremblait contre le sien, mes ongles griffant autant que possible sa peau si parfaite. Je n'allais pas tenir longtemps et Emmett le réalisa en même temps que moi.

Ses mains prirent des directions différentes dans le seul but de me faire jouir. La gauche prit la mienne pour la tirer au-dessus de nos têtes. La droite titilla mon bouton de nerfs.

En une poussée de plus, je vins en provoquant l'orgasme de mon mari.

Il cria mon prénom et une partie de mon esprit se dit que la distance qui nous éloignait des humains était vraiment une bonne chose.

L'autre partie ne pensa qu'une chose : « Encore ! »

Mais le téléphone portable d'Emmett vibra quelque part dans la cabane.

Qui d'autre que notre famille pouvait bien oser nous interrompre à un tel moment ?

Emmett se retira doucement, posa ses lèvres sur ma bouche pour un baiser tendre et plein de promesses, puis il décrocha.

« Ouais ! » Grogna-t-il en cherchant des yeux son boxer.

« Ce n'est pas un vampire, mais deux minimum. » Entendis-je Jasper.

Nous échangeâmes un regard résigné.

« On est en route. » Affirma-t-il alors que je me battais avec mon chemisier.

« Je préviens Edward. » Répondit Jazz en raccrochant.

« Il va devenir fou. » Grimaça Emmett en m'attrapant par la taille pour nous faire descendre d'un bond de notre cachette.

« Qui ? »

« Edward. Il était déjà fou de savoir un vampire dans les environs mais s'il y en a deux… »

« Au pire, on pourra toujours les éliminer. On est plus nombreux. »

« Peut-être bien oui. »

Il tenta un sourire rassurant mais je ne fus pas convaincue. Apparemment, Emmett avait réfléchi à plus de choses qu'à la relation d'Edward et celle qu'il appelait Lizbell.

En arrivant à la villa, je réalisai qu'il ne serait pas nécessaire d'être doué d'empathie dans les prochaines heures : la tension créait presque un rideau autour de la maison. Avec Emmett, nous échangeâmes un regard inquiet, nos doigts entrecroisés.

Nous rejoignîmes tout le monde au salon sur la pointe des pieds. Emmett eut à peine le temps d'ouvrir la bouche qu'Edward se jetait pratiquement sur Alice, les poings serrés.

« Edward ! » S'exclama Esmée en s'approchant.

« Où. Est. Il ? » Edward détacha les mots avec attention, son corps tremblant.

Emmett et Jasper accoururent près d'Alice. Je me postai de l'autre côté d'Esmée, une main sur le bras d'Edward.

« Je ne sais pas, Edward. » Elle nous regarda tour à tour avant de poursuivre. « Deux vampires en ville ont vu Liz et l'un d'eux envisage de l'approcher. »

« Oh mon dieu. Il faut la prévenir. »

J'acquiesçai aux paroles d'Esmée. Je pensai à peine à le faire qu'Edward se tourna vers moi.

« J'y vais. » Gronda-t-il avec une lueur belliqueuse dans les yeux.

« Edward, elle… »

« J'y vais. » Répéta-t-il. « Trouvez-les et tuez-les. »

Il disparut en courant plus vite qu'il ne l'avait jamais fait.

J'espérais vraiment que les choses s'arrangeraient suffisamment entre Liz et Edward pour qu'elle accepte sa protection.

Je me tournais vers ma famille lorsque je captai le sourire satisfait d'Alice. Je fronçai les sourcils mais elle se contenta de sourire encore plus.

Qu'avait-elle vu ?

POV Liz

Garrett et mes parents partis chacun de leur côté, je montai dans ma chambre avec l'esprit encore plus embrouillé qu'il ne l'avait été ces dernières semaines.

Lorsque Rosalie m'avait prévenue de ce déjeuner, j'avais eu envie de partir en courant aussi loin que possible. Comment allais-je passer l'après-midi si près de Lui alors que je l'évitais consciencieusement ? La question avait tourné en boucle dans ma tête alors que je tentais de me concentrer sur Garrett et ce qu'il disait. Puis son portable avait sonné et j'avais senti Son regard. C'était comme s'il m'avait appelée. Je n'avais pas pu résister.

Il y avait tant de choses dans ses yeux. De la tristesse, de la douleur mais surtout de l'amour. Mon cœur avait tant résonné dans ma tête que je me doutais qu'ils l'entendaient tous, humains comme vampires.

Son visage reflétait tant ce que je ressentais : un combat intérieur si intense que je n'arrivais plus à réfléchir, ni à penser à autre chose, malgré mes tentatives nocturnes pour l'oublier.

Et il s'était levé. La grâce et le désir avaient commandé ses gestes. Et bien que j'aie de bonnes raisons de détourner le regard pour lui signifier qu'il ne devait pas m'approcher, je mourais d'envie de sentir ses doigts sur ma peau.

Mais Garrett revint à ce moment-là et je ne voulais pas d'esclandre. Ce fut à Edward que je demandais de lâcher prise. A ma grande surprise, il le fit, non sans se sentir blessé au fond de lui, je le lus dans ses yeux. Lorsqu'il partit sans un mot, j'avais été soulagée. Je n'avais plus à me forcer de ne pas le regarder. Au fond de moi, toutefois, c'était bien la déchirure la plus douloureuse que j'aie vécue de toutes mes vies.

Je l'avais bien cherchée !

J'étais trop lasse pour faire semblant de m'intéresser à mes devoirs alors je décidai de prendre une douche et de me coucher. Je fus rapide dans la salle de bain, non seulement parce que j'étais épuisée mais aussi parce que je me souvenais encore du rêve carrément érotique que j'avais fait ce dernier matin-là en me réveillant près d'Edward. Les conséquences avaient été plus difficiles à vivre que la simple honte que j'avais ressentie au premier abord.

« Liz. »

Je sursautai à cette voix avant de me rendre compte qu'il s'agissait d'Edward. Je me tournai vers lui, une main sur la poitrine.

« Bon sang, tu n'as jamais appris à attendre d'être invité ? »

« Nous devons partir. » Il ignora ostensiblement ma panique.

« Je te demande pardon ? »

« S'il-te-plait, Liz, on doit y aller. »

Il tendit la main vers moi. Je la regardai comme s'il s'agissait d'une bête féroce qui m'avait prise pour proie.

« Tu plaisantes, j'espère ? Aurais-tu oublié que je te déteste ? »

Il se prit le mot en pleine figure et malgré un léger tressaillement, il ne flancha pas.

« Liz. Des vampires sont en ville… »

« Sans déc' ! »

Je fis un pas en arrière, consciente de n'avoir aucune chance s'il décidait de m'approcher.

Il se pinça l'arête du nez et malgré ma colère envers lui, je trouvai ce geste délicieusement habituel.

« Et ils ont décidé de t'attaquer. » Poursuivit-il, les mâchoires serrées.

« Quoi ? »

Surprise, je m'appuyai sur le bord de mon bureau.

« Je ne voulais pas te l'annoncer comme ça mais tu ne me laisses pas le choix. Liz, les autres doivent les trouver. Je dois te mettre à l'abri. » Il parlait plus calmement comme s'il savait que j'avais du mal à me reprendre.

« Me mettre à l'abri ? Où ça, Edward ? Et pourquoi moi ? Tu veux m'expliquer ! »

« Liz. »

Il s'approcha d'un pas et ce fut trop pour moi. Je passai de l'autre côté du bureau.

« J'en ai ma claque des vampires, Edward. D'abord toi et ta famille, puis James et sa clique, maintenant ça ! » Je secouai la tête, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. « Je refuse. Laisse tomber. Si c'est ma destinée, j'aime autant, plutôt que me sentir trahie et manipulée comme ça ! »

« Et moi je refuse, Liz. Je refuse de t'abandonner à eux sous prétexte que tu as décidé que nous n'étions plus ensembles. »

Cette fois, il prit sa voix sévère. Celle qu'il utilisait lorsque j'étais Bella et qu'il considérait que je réagissais comme une enfant.

Je relevai la tête.

« J'ai décidé ! Edward, ce n'était pas un simple caprice de ma part ! Tu m'as trompée ! » Je criais presque maintenant.

Il me dévisagea comme s'il ne m'avait jamais vue. Je tremblai de colère et de peur.

« J'ai fait une terrible erreur, Liz. J'ai laissé ma colère et ma peine prendre le dessus. Elle…Tanya… »

« Non ! Je t'interdis de dire son nom devant moi, Edward. Je ne peux pas… »

Je me retrouvai coincée dans un angle de ma chambre, Edward se précipita et ne s'arrêta qu'à un pas de moi.

Il leva le bras. Je tournai le visage sur le côté alors qu'il voulait attraper mon menton.

« Liz. Je te jure que ça n'était pas prémédité. J'étais perdu et elle… » Il posa la main sur ma joue et attendit que je le regarde. « Elle me provoquait depuis quelques jours, elle parlait de toi. » Il secoua la tête pour reprendre ses esprits. « Je voulais lui faire mal, on s'est battu et…Je ne sais pas à quel moment on a… »

Ce fut à mon tour de secouer la tête.

« Va-t-en, Edward. Laisse-moi tranquille bon sang ! »

« Je ne peux pas, Liz. Je t'aime, je ne peux pas t'oublier comme ça. »

« Mais tu l'as fait ! » M'écriai-je en frappant son torse.

J'étais la seule à sentir la douleur de mes gestes mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Ce n'était pas juste ! J'étais toujours la seule à souffrir !

« Tu m'as trahie, Edward. Tu as sali ma mémoire en couchant avec cette pétasse peroxydée ! Comment as-tu pu ? »

Mes bras furent tirés au-dessus de ma tête, mes poignets emprisonnés dans une de ses mains. De l'autre, il prit mon menton.

Je secouai la tête, mais je n'avais aucune chance.

Lorsque j'ouvris les yeux, je croisai son regard.

Alors ses lèvres se posèrent lentement sur les miennes.

Note : Encore merci à acheroniastyx pour ses conseils et autres corrections^^

Alors, lemon ? Pas lemon ? Réconciliation ? Ou non ?

La suite dans quinze jours lorsque je reviens du concours…Enfin, si j'y ai survécu.

Bisous Spuffy