Bonjour à tous et à toutes

Comment vous portez-vous bien avec ce début agréable d'été ? Perso, j'adore cette chaleur et le soleil (même si je sais que tous n'ont pas cette chance, je compatis !)

Comme prévu, je vous livre ce chapitre maintenant que j'ai fini mes études et mes épreuves de concours.

Vive ma liberté ! !

Je veux remercier acheroniastyx pour sa patience avec moi et ses précieux conseils^^

Ma jumelle, merci à toi aussi !

Bien sûr, j'ai adoré lire vos reviews et j'ai surtout apprécié vos suppositions quant à ce qu'il va se passer dans ce chapitre…Certaines ont vu juste, d'autres moins…En tout cas, j'attends vos avis avec impatience !

Je me tais et vous laisse lire.

Chapitre 15- Les vampires sont en ville (suite)

Ses lèvres étaient hésitantes, légères.

Je sentis ses mains prendre mon visage en coupe et essuyer les larmes qui m'échappaient. Il ne demanda rien, il se contenta d'embrasser ma bouche puis mes joues et mes yeux.

Un sanglot m'échappa. Il me serra dans ses bras.

« Je m'en voudrai toute mon existence, Liz. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais. Je me déteste d'avoir cédé. Mais je refuse que cela nous sépare plus longtemps. Tu m'entends ? Je t'aime. Je veux réparer mes erreurs. »

Il parlait doucement au creux de mon oreille, ses bras enlaçant ma taille.

« Je devrais te détester » Murmurai-je, la voix tremblante.

« Je devrais te laisser partir. » Répondit-il en me regardant dans les yeux.

Je n'aurai pas dû rester immobile, mais entourée de son odeur et de ses sentiments aussi conflictuels que les miens, je ne pouvais plus réfléchir. Mes bras glissèrent sous son t-shirt et je m'approchai encore de lui.

« Fais-moi l'amour, Edward. » Exigeai-je en guidant une de ses mains sur ma poitrine.

Je n'eus pas à dire quoique ce soit d'autre. Sa bouche appuya sur la mienne, sa langue en quémandant l'entrée.

Il y avait des dizaines de raisons pour lesquelles j'aurais dû m'éloigner, le haïr, lui faire aussi mal qu'il m'en avait fait.

Mais je ne pouvais plus faire semblant. Mon escapade avec Garrett m'avait au moins montré que je n'aimais pas cette vie. J'avais besoin des Cullen près de moi pour me sentir à l'aise. Et donc besoin d'Edward.

Nos lèvres et nos mains retrouvèrent rapidement leurs habitudes, comme si nous ne nous étions jamais séparés. Je sentis mon corps vibrer sous ses doigts, chacune de ses caresses laissant une marque ineffaçable de sa présence.

Il relâcha ma bouche pour s'attaquer à ma mâchoire et mon cou. Je tentais de reprendre de l'air, le souffle court et difficile. Je l'attirai plus près de moi, mon dos heurtant le mur. Cependant la douleur passa à la seconde où ses doigts tirèrent sur mon t-shirt de nuit. Lentement, ils atteignirent mes seins. La différence de température entre nos deux peaux me fit frissonner, mais je l'ignorai pour me concentrer sur sa caresse. Il joua avec mes mamelons tendus ce qui me sembla une éternité, sa langue dessinant sur la peau de mon épaule.

Je fermai les yeux, laissant mes doigts s'accrocher à ses cheveux pour le guider plus bas sur mon ventre.

Lorsqu'il se tendit, je faillis hurler de frustration. Edward se releva et même si je lisais le désir dans son regard, je ne retins pas ma main. J'eus la satisfaction de voir l'empreinte de mes doigts se dessiner une seconde sur sa peau avant de disparaître.

« Pas ici, Liz. » Me dit-il, sa voix rauque.

« Quoi ? »

Mais il ne répondit pas. Il se contenta de passer un bras sous mes genoux, l'autre dans mon dos, et de sauter par la fenêtre. Je m'accrochai à lui, les paupières légèrement fermées sur le paysage qui défilait à toute allure.

Si j'avais pu n'avoir qu'une chance, je me serais évadée de ses bras pour le détester tout mon soûl. Je savais n'en avoir aucune.

« Pourquoi t'es-tu arrêté ? »

« Les vampires savent où tu vis. »

« Alors pourquoi as-tu commencé ? »

Il me jeta un regard de biais empli de surprise.

« C'est toi qui m'as demandé. »

Je ricanai.

« A une époque tu m'aurais gentiment enjointe à dormir. »

« Tu aurais préféré ? »

« Bien sûr que non ! Je t'aurais fait la misère, Edward. »

« Je n'ose imaginer si cela comprend agir encore une fois comme tu l'as fait ces dernières semaines. » Avoua-t-il.

Je me mordis la lèvre inférieure et posai la tête dans son cou. Je ne voulais pas reparler de ça tout de suite.

« Où va-t-on ? »

« Il y a des chalets isolés près des lacs. »

« Oui. Ne me dis pas que tu t'en es réservé un. »

« Ils ne sont pas occupés à cette époque de l'année, Liz. Les propriétaires n'en sauront rien. »

« L'avantage d'être un vampire. » Grommelai-je.

« Tout à fait. »

Et en plus il en était fier !

Nous gardâmes le silence jusqu'au moment où il me déposa dans la pièce principale de la construction de bois. C'était plutôt mignon. Je tournai sur moi-même pour avoir une vue d'ensemble. Cossu mais très chaleureux, le matériau moderne s'alliait particulièrement bien avec les éléments plus traditionnels de la région des lacs.

« Ne me dis pas que Carlisle et Esmée ont acheté ce chalet ! »

Il fit son sourire en coin et je levai les yeux au ciel.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Un feu de cheminée, il me semblait que c'était suffisamment évident. »

« Et on ne risque pas de se faire repérer? »

« Je les entendrai arriver, mais on ne risque rien. On n'a jamais senti leur piste ici jusqu'à maintenant. »

« Jusqu'à maintenant ! ? »

Il grimaça.

« Edward, vous saviez qu'ils étaient là et vous ne me le dites que maintenant ? »

« On pensait qu'il n'y en avait qu'un. Alice a eu une vision juste avant que je ne te retrouve. »

« Je suis maudite ! »

Je m'affalai presque sur le canapé.

« Je croyais que c'était la réincarnation ta malédiction. » Sourit-il en s'installant de l'autre côté du sofa.

« J'ai le droit d'avoir deux malédictions, non ? »

« A ta guise. »

Je levai les yeux au ciel à son ton désinvolte.

« A ma prochaine réincarnation, cache-moi, tu veux ? J'en ai marre de me taper tous les méchants vampires des environs. »

« J'y veillerai. »

Bien sûr, il s'agissait presque d'un serment pour lui, pas d'une simple plaisanterie de mauvais goût.

Je fis semblant de ne pas voir sa main qui s'approchait de mon épaule, mon regard posé sur les flammes qui grandissaient dans la cheminée.

Lorsque ses doigts frôlèrent ma peau, je fermai les yeux, frissonnante.

« Tu me détestes toujours ? »

J'ouvris les yeux pour le trouver à quelques centimètres de moi. Comment faisait-il encore pour bouger sans que je m'en rende compte ? !

« Un peu. »

« Seulement un peu ? »

Cette fois je me détournai.

Il caressa doucement ma joue et je savais qu'il m'appelait à le regarder dans les yeux.

« Ce n'est pas parce que je me suis calmée que je n'ai plus mal, Edward. »

« Je sais, je m'en doute. Et…Si je pouvais… »

« Je sais, tu agirais autrement. »

Je soutins ses pupilles, les doigts touchant légèrement sa mâchoire.

« Si je pouvais faire ou dire quoi que ce soit pour te ramener à moi pour toujours... » Expliqua-t-il.

« Ca va être compliqué, tu sais. Je suis exigeante et extrêmement têtue. »

« Ca j'étais au courant, j'ai pensé à lire les petites lignes en bas du contrat. » Je ris à l'image qu'il employait. « Liz, veux-tu bien me laisser une seconde chance ? »

« Techniquement, c'est une troisième chance. Bah oui, deux avec moi et une avec Bel… »

Il s'abattit sur moi comme un prédateur sur sa proie. Je me retrouvai allongée, coincée entre le canapé et son corps en trois secondes et demie. En un mouvement de plus il passa son bassin entre mes jambes et imprima son sexe contre le mien.

Oh mon dieu ! Oh mon Dieu… enfin !

Mes bras trouvèrent immédiatement leur chemin sous son t-shirt pendant que ses lèvres se pressaient contre les miennes. Edward se détacha un instant pour ôter son vêtement puis il se réinstalla de manière à ce que je sente son corps moulé au mien. Je gémis contre sa bouche. Il laissa échapper un grondement sourd qui fit vibrer nos corps.

J'ouvris les yeux pour le regarder descendre le long de ma poitrine, sa bouche en première ligne. Lorsqu'il atteignit mon ventre, il poussa doucement le tissu et taquina ma peau en remontant jusqu'à mon nombril, où il laissa traîner sa langue, m'arrachant un cri d'envie. Visiblement fier de lui, il continua sa route et me retira mon t-shirt de nuit avec douceur et, je devais l'avouer, ferveur. Je frissonnai sous son regard brûlant. Mes mamelons se tendirent alors que je le voyais descendre pour les attaquer. Je pris sa tête entre mes mains et le guidai sur ma poitrine.

Alors que sa langue faisait des merveilles, je sentis le plaisir grandir en moi. Et il ne faisait que flatter mes seins !

« Edward ! »

Il prenait les devants, je ne pouvais pas le nier.

Sa main glissa sur ma hanche et lentement, ses doigts élurent domicile entre mes cuisses.

« Bon sang ! » Gronda-t-il et je savais ce qui le faisait réagir comme ça.

Je serrai les jambes autour de sa main, croisai son regard embrasé et entamai par instinct un lent mouvement contre ses doigts. Je mordis ma lèvre inférieure, sentant une délicieuse boule se former au creux de mon intimité. Ma respiration était erratique et je me sentais trembler de désir lorsqu'il ôta sa main et glissa son corps contre le mien. Je tentai de le rattraper mais avec lui il avait entraîné mon short de nuit. Je n'eus pas le temps de réaliser ce qu'il faisait que sa langue trouvait son chemin sur mes cuisses et mon pubis. Je me cambrai contre lui, les jambes sur ses épaules.

Le premier coup de langue fut puissant et me fit presque chavirer. Je cherchai à m'accrocher à quelque chose et je ne trouvai rien d'autre que ses cheveux. Il tendit un bras et tout en attaquant mon bouton de nerf, il pinça mon téton. Le deuxième essai me fut fatal et je criai son prénom en sentant l'explosion en moi. Mais il ne s'arrêta pas. Alors que je tentais de retrouver un minimum mes esprits, je sentais sa langue contre moi en alternance avec les baisers qu'il déposait sur mes hanches. Enfin, Edward releva la tête et remonta avec précaution contre mon corps. Mes bras l'attirèrent plus près et je l'embrassai sans hésitation.

Nous échangeâmes un baiser langoureux et impérieux.

Avant que je ne me rende compte de ce que je faisais, je passai les jambes autour de sa taille ondulant en un mouvement rotatif et hypnotique. Ses yeux se rétrécirent presque dangereusement alors qu'il se penchait pour embrasser mon cou et mes épaules. Je le caressai en intensifiant mon mouvement, ses doigts glissant sur mon bassin avec impatience.

« Liz, je… »

Il releva la tête et je le vis déglutir. Mes ongles tentèrent de griffer ses épaules et il frissonna comme s'il était à deux doigts de perdre le contrôle. Au lieu de ça, il immobilisa mes hanches et me regarda dans les yeux.

« Si tu tentes… » Le sentir si dur contre moi m'empêchait de formuler des pensées cohérentes. « …De te défiler, je jure que tu le regretteras toute l'éternité. » Menaçai-je en prenant ses poignets.

« Je ne suis pas sûr de pouvoir être tendre, Liz, ça fait si longtemps que je te…Désire… »

Je déglutis et hochai la tête.

« On est deux, Edward. »

Le mouvement fut si fluide et si érotiquement brûlant que je sentis à peine qu'il était déjà à mon entrée, nu. Son regard plongea dans le mien comme pour chercher je ne sais quoi. Je hochai à nouveau la tête et ses mains firent pression contre mon bassin pour me surélever. Je m'accrochai à ses épaules et il me pénétra lentement centimètre par centimètre. Je me mordis la lèvre inférieure, ma respiration se bloquant sous la douleur. Lorsqu'il s'arrêta, son regard était plein d'inquiétudes.

« Ca ira ? » Murmura-t-il en passant une mèche derrière mon oreille.

Je récupérais déjà une respiration normale, enfin, aussi normale que possible lors d'un acte amoureux.

Instinctivement, ce fut mon bassin qui répondit en bougeant doucement. Non seulement je m'habituai à sa présence mais en plus le mouvement était bienfaiteur. Edward plongea la tête dans mon cou et entama ce dont j'avais autant besoin que lui.

D'abord lentement, il se retira mais il fallait qu'il revienne. J'avançai légèrement le bassin au même moment que lui. Oui, je préférais largement l'avoir en moi ! Il me fit son sourire en coin et reprit de plus en plus vite ses mouvements.

Nos hanches claquaient l'une contre l'autre, son corps s'imbriquant au mien avec perfection. Je me sentais étirée d'une manière si magnifique que j'en redemandais encore. Mes doigts glissaient sur ses épaules sans vraiment le griffer, et ses mains trouvaient toujours un endroit où se poser.

Un moment sous mes cuisses, un autre sur mes seins, ses mains semblaient être partout sur mon corps. Son rythme aurait dû me paraître impossible à suivre mais je me rendis compte que je réussissais aussi à imposer la cadence. A l'instant où son membre quittait mon corps avant de revenir entièrement en moi, je m'écartai et malgré la frustration de la perte je réussis à lui tenir tête.

« Liz ? »

« Hum hum ? ! » Souris-je en lui faisant signe d'approcher.

Il sourit, féroce, et bondit à nouveau sur moi. Je ris en nous sentant basculer du canapé et fus merveilleusement surprise de me retrouver sur lui, les jambes des deux côtés de son bassin.

« Tu l'as prémédité. » M'accusa-t-il avant de saisir mes hanches pour m'empaler sur lui.

Je hurlai de le sentir s'enfouir dans mon intimité si serrée mais repris vite mes esprits. Ce nouvel angle de pénétration était encore meilleur, aussi pris-je mon temps. Je remontai doucement sur sa verge, causant un grognement rauque d'Edward et mon propre gémissement lorsque je repris ma place.

« Liz. » Gémit-il en tendant le cou.

Je me penchai en accédant à sa requête. Nos mouvements reprirent plus vite et je quémandai sa bouche et sa langue. L'ardeur de notre baiser s'accorda à nos mouvements. Edward se redressa soudain et avant que je ne m'habitue à la position, mon corps semblant ne plus pouvoir tenir longtemps à ce rythme si ce n'est après une explosion de jouissance, il s'allongea sur moi, nos mains jointes au-dessus de nos têtes.

Je me cambrai sous lui.

« Ed…Edward ! » Suppliai-je lorsque sa langue attaqua mon cou.

Il sourit contre ma peau, tremblant du plaisir qu'il avait de plus en plus de mal à contenir. Détachant une main de la sienne, je la posai sur ses fesses, mes genoux remontant encore. Il tendit le cou, sa main libre entre nous pour m'emmener avec lui. Au moment où je commençais à brûler de ma jouissance, je me relevai et léchai sa gorge. Il gronda et j'ouvris la bouche à la base de son cou. Je ne risquais pas de le blesser mais j'avais besoin de le goûter ainsi.

« LIZ ! »

Ce fut comme s'il avait relâché toute sa force en moi. Nous sentîmes notre orgasme respectif nous atteindre de plein fouet. Nos corps tremblèrent à l'unisson pendant un moment, comme si tout s'était arrêté autour de nous. Puis quelque chose cassa mais je ne m'en inquiétais pas.

Doucement, je repris ma respiration, sa tête posée sur ma poitrine. Il ne s'était pas dégagé et je n'avais aucune envie de m'en plaindre…

Les doigts jouant sur sa nuque, prise entre la chaleur du feu et la fraîcheur du corps d'Edward, je réalisai doucement ce qu'il venait de se passer. Si on m'avait dit que notre première fois se passerait dans de telles conditions, je n'y aurais pas cru ! Combien de fois avais-je finalement imaginé cette scène ? Dans sa chambre, dans la mienne, à la clairière à Forks…Nullement dans un chalet appartenant à Carlisle et Esmée alors que des vampires me pourchassaient encore.

Comment avions-nous pu en arriver là ?

Des vampires !

Le retour à la réalité fut fracassant.

Je me redressai violemment, surprenant Edward qui fronça les sourcils.

« Oh mon Dieu ! »

« Que se passe-t-il ? »

« April et Cathy ? Edward, vous êtes allés vérifier qu'il ne leur était rien arrivé ? »

A la lueur dans son regard, je compris qu'il n'y avait même pas songé.

« J'appelle Alice. »

Il se leva et attrapa, nu, son téléphone. Une part de mon esprit s'attarda un instant sur les ombres que projetaient les flammes sur son corps, puis je retrouvai mes pensées et me levai à mon tour pour retrouver mes vêtements en pestant contre mon manque total de loyauté. J'avais couché avec Edward, pour ma première fois, alors que mes meilleures amies étaient sûrement en danger ! A cause de moi ! A côté, Edward bougeait et parlait trop vite pour que je puisse le comprendre mais le connaissant il était en train d'organiser le sauvetage de mes amies sans m'y inclure. Il se mettait bien évidemment le doigt dans l'œil jusqu'au coude !

« Alors ? » Demandai-je lorsqu'il raccrocha. Il passa une main dans ses cheveux. Je me tendis. « Edward ? »

« Liz, je… L'un d'eux est allé chercher April lorsqu'il ne t'a pas trouvée. »

« Oh non ! Edward. Elle… »

« Alice m'a assuré qu'elle n'avait rien, pour l'instant. Elle sait où le trouver. Jasper l'accompagne et ils ramènent April… »

« Non. Je ne reste pas ici à me cacher pendant que ma meilleure amie est aux mains d'un vampire dont nous ne savons rien ! »

« Liz, tu ne peux pas y aller, c'est toi qu'il veut. »

« Et bien justement ! »

Je rejoignis la chambre et découvris une paire de bottes à ma taille. Ce n'était pas très glamour comme tenue, mais je n'avais personne à séduire.

Je me retournai et percutai un mur de muscles froids. Ses mains me rattrapèrent par les épaules.

« Tu ne peux pas m'en empêcher, Edward. » Je croisai son regard.

J'y lus ce qu'il pensait. D'un côté il voulait me cacher ici, quitte à me distraire, je l'imaginais parfaitement. De l'autre côté, il comprenait mon besoin de protéger ma meilleure amie. Je soutins son regard en tentant de lui transmettre ma détermination.

Il ne lui fallut pas plus de quelques battements de mon cœur pour le décider à me laisser faire.

« Tu ne quittes pas mon côté. »

« Bien sûr que non ! Je veux aider April, pas me retrouver dans la même situation qu'elle ! »

Il sourit, déposa un baiser sur mes lèvres et m'installa sur son dos dans un même mouvement. Je passai les bras autour de son cou, les yeux ouverts sur le chemin qu'il empruntait.

« Dans combien de temps y sommes-nous ? » Réussis-je à demander entre deux bourrasques de vent provoquées par sa course.

« Deux minutes. »

Décidément, nous étions bien plus près que je ne le pensais !

Quand je réalisais qu'il ne m'avait même pas prévenue de la menace !

« Tu aurais dû me le dire avant. »

« Tu m'évitais, Liz. »

Un point pour lui. Mais il avait bien trouvé le moyen de m'emmener avec lui ce soir, il aurait pu le faire avant !

Lorsqu'il ralentit, je compris que nous approchions. Malgré moi, je me crispai. Edward entama un mouvement apaisant sur mon poignet, ne me lâchant pas, même s'il m'avait reposée au sol.

POV Edward

Jasper ne fit aucun commentaire lorsqu'il nous sentit arriver avec Liz, mais son regard était éloquent.

Qu'aurais-je pu faire ?

Connaissant Liz, elle se serait débrouillée pour retrouver son amie, quitte à se faire tuer. Et il en était hors de question !

Je n'ai rien dit ! Se défendit mon 'frère' en sentant ma détermination.

Je levai les yeux au ciel pour lui signaler qu'il n'en était rien et qu'il le savait.

Alors, ce chalet ?

Je lançai un regard noir à Alice. Malgré la tension et la peur de Liz, elle trouvait le moyen de me pousser dans mes retranchements.

Quoi ? J'ai eu une vision alors…

Raison de plus pour ne rien lui dire, ni rien laisser paraître…A son regard, je compris que j'avais échoué.

« Où sont-ils ? » Murmura Liz en se détachant de moi pour avancer.

Je la retins par les épaules et la bloquai contre moi.

« Il t'a entendue. »

Jasper et Alice vinrent se positionner autour de nous. Et même si je n'allais pas l'avouer à haute voix, j'appréciais de les avoir à portée de mains.

Je scannai rapidement les pensées du vampire qui approchait. Rien d'intéressant excepté le fait qu'il nous attendait. Je l'expliquai aux autres et sentis Liz se tendre sous mes doigts. Une partie de mon être tremblait de la ramener au chalet, en sécurité, entre mes bras. A l'endroit où elle devait se trouver. Où elle aurait dû se trouver depuis longtemps... Mais l'autre avait détecté le besoin qu'elle avait de faire quelque chose.

Le vampire apparut, accroché à un arbre à quelques mètres de nous. Liz leva la tête et eut un hoquet de surprise en le voyant. Il était plutôt impressionnant, je ne pouvais pas le nier. Avec son crâne rasé, ses épaules deux fois plus larges que celles d'Emmett et son rictus, ce vampire n'était définitivement pas un nouveau-né. Jasper et moi échangeâmes un regard entendu alors qu'il m'expliquait son plan.

Faisons-le parler. Alice pourra tenter de le contourner.

Du coin de l'œil, j'aperçus le hochement de tête de ma 'sœur' qui acceptait l'idée.

« Qui es-tu ? » Commençai-je.

« On s'en fout, Edward. Où est April ? Que lui as-tu fait ? » M'interrompit Liz, vindicative.

« Oula ! Elle mord la petite ! » Ricana le type en descendant de son arbre pour s'approcher encore.

« Tu n'as pas idée ! Libère-la et on te laisse repartir avec tes deux jambes. »

Je posai un regard incertain sur elle, surpris.

Le vampire croisa les bras, franchement amusé. Jasper grogna en pliant les genoux, prêt à attaquer.

« Dites-donc, c'est elle qui commande ou vous allez la museler ? »

« Espèce de… »

J'attrapai Liz par la taille et la bloquai entre mes bras alors que le type courait vers nous. Jasper l'immobilisa par la douleur et Alice fonça tout droit, en direction de l'endroit d'où notre adversaire venait.

« Lâche-moi ! Edward, c'est ma meilleure amie ! »

Elle se débattait en vain. J'espérais qu'elle s'en rendait compte.

« Liz. Calmes-toi. C'est fini… »

« Il résiste. » Grogna Jasper en me jetant un coup d'œil.

Effectivement, je ne savais pas comment ça pouvait être possible, mais je voyais doucement mais sûrement le vampire chauve avancer, comme s'il ne s'agissait que de traverser un vent fort.

Le plus inquiétant fut lorsqu'Alice ne revint pas immédiatement avec April. Serrant à la fois plus fort Liz dans mes bras alors qu'elle maugréait contre moi et apercevant du coin de l'œil les inquiétudes de Jasper, je me résignai à scanner avec attention les pensées du chauve.

Je fus assailli par la force de son pouvoir : il pouvait lui aussi amplifier ses sentiments et émotions mais pas pour les partager avec les autres, non. Il se contentait de les utiliser pour contrer ceux de mon 'frère'.

Un peu plus loin, je pus entendre ses pensées. Et autant dire qu'elles me firent presque froid dans le dos. Presque.

Allez-y mes cocos, occupez-vous de moi…J'en connais un autre qui s'éclate.

Et bien évidemment, il avait en tête l'image d'April et d'Alice aux mains sadiques de son acolyte. J'espérai vraiment qu'Alice ait vu le coup venir !

« Pourquoi vous en prenez-vous à nous ? » L'interrogeai-je en sentant Jasper lâcher prise.

Le vampire tourna son regard sur Liz avant de me regarder dans les yeux. Il n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche. Je lus la réponse dans son esprit : il voyait clairement une affiche de Bella, à Forks,et il la comparait à Liz.

« Edward ! » S'écria-t-elle et je me rendis compte que je la serrai à l'étouffer dans mes bras.

Je relâchai la pression et elle en profita pour s'éloigner en courant.

Laisse-la aller, on peut se battre sans s'inquiéter pour elle.

Elle passa à deux mètres du chauve mais ne ralentit pas.

« Son acolyte est avec les filles ! » Contredis-je mon frère.

Il grimaça, mais sa capacité à choisir ses priorités prit le dessus.

Et si on réussit à tuer celui-ci, l'autre sera seul contre trois.

Il n'avait pas tort. Mais je cherchai tout de même la présence de Liz à travers les bois, tremblant de la perdre alors que j'étais certain de l'avoir enfin retrouvée.

« Alors, les filles, on prend le thé ? » Grogna le chauve en réussissant enfin à se défaire du pouvoir de Jasper.

Nous nous séparâmes. Le chauve prit une position d'attaque, les lèvres retroussées.

Pourquoi il s'en prend à Liz ? Demanda Jasper et je réalisai que je ne lui avais pas donné la réponse.

« Il l'a reconnue. » Je me tournai vers le vampire en question. « Tu pensais faire quoi ? »

« Elle est humaine. » Gronda-t-il en me regardant. « Je veux juste savoir ce qui fait ça. Je suis curieux. » Il bomba le torse, provocateur.

« Que pensiez-vous faire, ton ami et toi ? » L'interrompit Jasper.

« Peut-être bien nous amuser un peu avant de découvrir ce qui lui arrive. Et vous ? Elle n'est pas censée savoir pour nous, mais quelque chose me dit que c'est le cas… »

Je fis un pas de plus et me retrouvai tout près de lui.

Il me regarda de haut avec un sourire suffisant.

« Ne t'avise pas de la blesser. »

« Oh ! Oh ! Terrain miné ? C'est pas ce que j'ai vu l'autre jour…Dis donc, tu gagnes quoi à ce qu'elle se fasse peloter à droite, à gauche ? »

Il n'eut pas d'autres réponses que mon poing dans sa figure. Je fus surpris de ne pas le voir tomber à la renverse mais je réalisais que Jasper le tenait à nouveau dans ses filets.

Je pense que tu en as besoin. Pensa-t-il en se tenant non loin.

Le type grogna et je l'entendis focaliser toute son énergie sur le pouvoir de Jasper pour s'en défaire une nouvelle fois.

Je lui pris les poignets et balayai ses jambes. Il atterrit à genoux dans un grand bruit.

« Où est ton copain ? Que comptiez-vous faire des informations sur elle ? » Grognai-je à son oreille en serrant sa nuque.

« Il s'occupe de ta copine. »

Je lui cognai le visage contre le sol ; son nez se fracassa.

« Je ne répéterai pas ma question. Tu réponds ou je te laisse avec mon frère. » Menaçai-je.

« C'est donc ça ! Tu délègues tout ! »

Cette fois je ne me retiendrais pas !

« Jasper, relâche-le ! »

Il n'était pas sûr que cette décision soit la bonne mais il obéit.

« Ah voilà qui est mieux ! » Ricana l'autre.

J'acquiesçai et me jetai sur lui, les poings en avant. Nous roulâmes au sol un moment, chacun cherchant à prendre le dessus sur l'autre. Je lui recassai le nez alors que mon crâne se fendillait sous la force de son coup. Je restai étourdi une seconde, ce qui me valut d'être coincé dans sa prise.

Je tentais de m'en défaire lorsque Carlisle apparut entre les arbres, suivi d'Emmett et Rosalie qui tenaient chacun un morceau du corps du nouveau-né qu'ils venaient de tuer. Alice arriva à son tour en me prévenant qu'Esmée ramenait April et Liz chez la première. Jasper resserra sa prise sur mon agresseur. Je me libérai et lui fis la même prise à la seule différence que je serrais bien plus autour de son cou.

« Edward. » Intervint Carlisle avec sa voix calme.

« Tu ne sais pas ce qu'il pensait leur faire. »

« Je peux imaginer. Les filles sont…Saines et sauves. » Je repérai son hésitation et me jetai presque sur ses pensées inaccessibles.

« April est un peu amochée, mais rien de grave. » Me rassura Alice et je scannai son esprit.

Elle me montrait comment elle avait esquivé les coups du nouveau-né et détecté la présence de Liz. Elle avait alors attiré son adversaire à l'écart pendant que Liz retrouvait sa meilleure amie terrorisée.

« Que comptiez-vous faire de notre amie ? » Carlisle se tourna vers 'chauve'.

Celui-ci me lança un regard entendu.

« Je pense que les Volturi auraient été ravis d'apprendre que vous traîniez toujours avec la même fille humaine et quelque chose comme immortelle. Vous imaginez ce qu'Aro… »

Il ne put finir sa phrase. Je lui arrachai la tête.

Rien ne fut dit. Il n'y avait rien à dire. Du regard, je défiai ma famille de m'accuser de quoi que ce soit. Puisqu'ils gardèrent le silence, je pus rejoindre celle que j'aimais.

Mais rien ne se passa comme je l'imaginais.

D'abord, April prenait un bain en pleurant.

Ensuite, Liz se trouvait sur le perron de sa meilleure amie.

Enfin, Garrett sortait pour la rejoindre, deux verres à la main.

Liz releva des yeux rougis par les larmes qu'elle retenait. Elle lui sourit doucement et posa la tête sur son épaule en portant un verre à ses lèvres. Sans un mot, Garrett passa un bras autour de sa taille et embrassa le haut de son crâne. Je refusais d'en supporter plus !

« Ca lui passera. Elle a eu peur avec cet accident, mais elle sait que ce n'est pas ta faute, Lizzie. » Entendis-je le temps de parcourir les derniers mètres entre nous.

« Liz. » L'appelai-je et elle me regarda approcher en silence.

L'enfoiré !

« Dégage, Cullen. Tu ne crois pas que tu as fait assez de mal comme ça ? » M'attaqua-t-il.

Sérieux, le mec les entraîne dans la forêt et les laisse se démerder au point que ma sœur est blessée et il se pointe ici ! ?

« Comment va April ? » Décidai-je de l'ignorer plutôt que de lui sauter à la gorge.

« Elle me déteste. »

Elle avait tenté de contenir le tremblement de sa voix mais je la connaissais.

« Comment te sens-tu ? »

Elle me regarda dans les yeux.

« Je me déteste. »

J'allais m'approcher ou du moins dire quelque chose, n'importe quoi, mais je la voyais déjà se lever et tirer Garrett à l'intérieur.

« Liz. Attends ! »

Mais elle me ferma la porte au nez.

Qu'avait-il bien pu se passer ?

Derrière la porte, j'entendais les pensées d'April qui se remémorait la frayeur ressentie devant le nouveau-né…Il l'avait bousculée et menacée mais il ne l'avait pas touchée comme on aurait pu le craindre. Il y avait aussi les pensées de Garrett qui s'interrogeait sur l'accident que Liz avait dit avoir eu avec sa meilleure amie. Il remarquait qu'elles étaient plus choquées que blessées physiquement et il commençait à douter de leur explication en m'ayant vu. Quoique Liz ne l'ait pas contredit lorsqu'il avait fait allusion à mon implication directe dans cet accident en forêt…

Je frappai à la porte. Il fallait qu'elle me parle. Je devais savoir ce qu'elle pensait, ce qu'elle attendait.

Ils m'ignorèrent.

J'inspirai un grand coup, non par besoin physiologique mais pour m'obliger à penser à autre chose que défoncer la porte.

Elle ne voulait pas me parler tout de suite ? Très bien. J'attendrais.

Je m'assis sur les marches du perron en repensant à ce dont nous devions parler. Non seulement, elle m'avait fermé la porte au nez et je supposais que c'était mêlé à la réaction d'April, mais en plus, nous n'avions pas vraiment parlé de ce qu'il s'était passé cette nuit-là dans le chalet…

Je me pris à y repenser.

Je n'avais pas vraiment prévu les choses de cette manière. Certes, je comptais bien la sortir de chez elle et l'amener à ce chalet, même notre dispute ne m'avait pas surpris plus que ça. En revanche, je ne croyais pas parvenir à l'approcher assez pour pouvoir l'embrasser. Une fois, encore, ça peut passer. Mais deux fois et plus ? !

Je me passai une main dans les cheveux. J'avais cédé à la tentation qu'elle était pour moi depuis des décennies et elle avait semblé oublier ma trahison.

Du moins jusqu'à maintenant, en pleine nuit alors que je me retrouvais sur le perron de sa meilleure amie à l'attendre pour comprendre ce qu'il se passait.

Inévitablement, j'entendais les pensées de Garrett en même temps que leurs propos. Liz se confiait à lui, elle lui expliquait notre soirée et même s'il se révélait capable de garder pour lui sa jalousie, il ne s'empêchait pas de dire ce qu'il pensait de notre comportement.

« Je sais, Garrett. Mais…Laisse tomber. Je veux juste m'expliquer avec April. »

Je la vis, par ses pensées à lui, lever les yeux vers l'étage. Il passa un doigt sur sa joue humide. Je serrai les poings sur les marches et sentis le bois céder.

« Je ne suis pas sûr qu'elle soit en état. Toi non plus, Liz. Va te reposer. Vous en reparlerez demain en cours. »

Ils regardèrent l'heure en même temps.

« Enfin, tout à l'heure. » Rit-il, doucement.

Liz esquissa un sourire tendu mais acquiesça.

« Je n'ai pas le courage de rentrer »

« Viens. »

Il se leva et lui tendit la main.

Je fus à la porte à l'instant où ils passaient devant pour aller à l'étage.

« Liz. »

Je l'entendis soupirer alors que Garrett s'arrêtait net, surpris et franchement prêt à se battre.

La porte s'ouvrit et Liz me regarda un long moment.

« Pas ce soir, Edward. Tu sais que je suis en sécurité. »

J'ouvris la bouche encore pour répondre mais la porte se referma sur un « Je suis désolée » bas et plein de tristesse.

« Moi aussi, Liz. »

Je posai la paume à plat sur la porte. J'aurais pu la défoncer et emmener Liz sur mon épaule pour la contraindre à ne pas faire ce que je sentais qu'elle s'apprêtait à faire. Mais je n'en fis rien. Je ne voulais pas me la mettre à dos définitivement.

J'avais eu une soirée.

Il me faudrait m'en contenter pour l'instant.

POV Liz

Le réveil fut irréaliste.

Comme après un cauchemar. Sauf que cette fois-ci, c'était le pire cauchemar que j'aie pu faire de toute ma vie. Peut-être même de toutes mes vies !

Et malgré l'interlude avec Edward…Nous avions enfin fait l'amour !... Tout avait dérapé. Et j'avais failli perdre ma meilleure amie.

J'ouvris les yeux pour me souvenir que je dormais dans le lit de Garrett. Il était sur la banquette dans le coin de sa chambre, bien sûr ! Et je m'aperçus de l'heure.

Nous étions bien plus qu'en retard, April et moi, pour les cours.

Je refermai les yeux et m'enfonçai dans mon oreiller.

« Dis, tu veux un petit déj ? » Entendis-je du coin de la chambre.

Je souris, les yeux toujours fermés.

Bon sang qu'avais-je fait ? J'avais couché pour ma première fois avec Edward la veille et je me réveillais avec un autre garçon que lui ! Comment pouvais-je encore penser à me regarder dans un miroir ? !

Avant que je réponde, mon estomac émit un son sans équivoque. Garrett ricana. Il se leva et m'observa, emmitouflée sous la couette.

« Par contre, tu rêves si tu crois que je vais te l'amener dans mon pieu ! »

Je levai les yeux au ciel.

« Ba tiens ! Tu joues au chevalier servant quand ça te chante, toi ! »

« Jamais dit que j'en étais un ! » Affirma-t-il en quittant la pièce.

« Et je veux des œufs brouillés ! » Exigeai-je.

« J'aurais jamais dû te proposer… » Il s'interrompit et j'entendis un timide 'bonjour'.

Je sortis du lit plus vite que je m'en pensais capable et me retrouvai sur le seuil de la porte de Garrett en une seconde.

« April, je… »

« Café. Discussion. Dodo. »Prévint-elle en me pointant du doigt.

« J'accepte ! » Souris-je en suivant frère et sœur au rez-de-chaussée.

« Moi qui craignais de vous laisser seules ! »

« Garrett ! » Grogna April en lui tapant l'épaule.

Il ricana et entra en premier dans la cuisine.

Du coin de l'œil, je vis April me rappeler d'un signe l'ordre d'action qu'elle avait exigé. Je retins mes questions. Nous nous installâmes autour de la table pendant que Garrett s'occupait des assiettes.

Nous n'échangeâmes que peu de mots le temps d'avaler nos petits déjeuners puis Garrett annonça qu'il allait en cours.

« Vous n'allez pas vous entretuer, c'est bon ? »

« Merci, Garrett. »

Je me levai et passai les bras autour de son cou. Il me serra contre lui.

« Quand tu veux, Lizziette. » Affirma-t-il en utilisant encore un de mes surnoms.

« Va-t-en avant qu'elle décide de te donner d'autres petits noms. » Exigea sa sœur.

Il lui lança un baiser de la main et quitta la pièce. Je me rassis et nous écoutâmes les bruits de ses pas dans la maison jusqu'à ce que la porte d'entrée claque à son départ.

Nous nous regardâmes en même temps et je sentis la tension que Garrett était parvenu à atténuer par sa présence reprendre le dessus.

Finalement, j'osai rompre le silence.

« Bien dormi ? »

« Pas vraiment. J'ai longtemps attendu pour être sûre que tout était bien fini. » Avoua-t-elle en commençant la vaisselle.

« Je sais, je comprends. »

J'attrapai un torchon et attendis qu'elle repose les premiers couverts mouillés.

« Tu as dormi avec Garrett ? »

Du coin de l'œil elle observa ma réaction.

« Dans son lit, oui, mais il était sur la couchette, lui. »Me sentis-je obligée de préciser.

Elle garda le silence pendant quelques minutes, le temps de finir de rincer un bol.

« Comment tu as su qu'il…m'avait trouvée ? » Demanda-t-elle en posant les mains sur le bord de l'évier.

Je détournai le regard en repensant aux circonstances.

« Liz. Ce type te cherchait mais quand il ne t'a pas trouvée, c'est ici, qu'il est venu. Où étais-tu ? Comment as-tu su où me trouver finalement ? »

Ses questions étaient légitimes, mais je n'étais pas sûre d'être capable d'y répondre.

Je lui pris la main et l'entraînai à ma suite dans le salon. Nous nous assîmes et je la regardai dans les yeux.

« Edward et sa famille ont su que ces vampires venaient pour moi. Ils ont tout fait pour les retrouver et Edward…Il est venu dans ma chambre pour m'emmener en sécurité. » C'était très édulcoré mais je me doutais qu'elle aurait des questions et je ne voulais pas tout dire d'un seul coup.

Ça me paraissait tellement horrible d'avoir agi ainsi !

« Tu me caches quoi, Liz ? Comment ça, il t'a emmenée en sécurité ! ? »

« Dans un chalet près des lacs. »

Elle m'étudia bien trop à mon goût et je sentis le moment où la dernière pièce du puzzle se mit en place dans sa tête.

« Vous l'avez fait ! Liz, tu as couché avec lui alors que… »

Elle secoua la tête et je réalisai qu'il valait mieux qu'elle soit déjà assise. Je gardai les yeux posés sur le haut de la cheminée.

« Liz…Bon sang, j'ai envie de te demander tous les détails et en même temps de te dire d'aller voir ailleurs si j'y suis ! Tu as couché avec Edward alors que j'étais en danger à cause de celui qui te cherchait toi ! »

Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps.

Au bout de quelques minutes, à moitié surprise, je sentis les bras d'April venir me soutenir. Nous nous enlaçâmes un moment alors que je pleurais en m'excusant et me flagellant. Pas forcément dans cet ordre.

« April, si tu savais comme je m'en veux ! J'ai eu peur, je l'ai suivi…Je n'ai pas pensé qu'ils aient pu te voir, je te le jure ! Et quand j'ai réalisé que j'avais passé la journée avec Cathy et toi, j'ai… Bon sang, j'ai prévenu Edward et Alice et Jazz sont partis immédiatement à ta recherche. Je suis désolée ! » Assurai-je entre deux sanglots.

« Et moi…J'avais peur qu'il te soit arrivé quelque chose et que tu ne puisses pas venir… » Elle pleurait aussi et je savais que si Garrett avait été là, il se serait bien fichu de nous.

« Je croyais que tu me détestais quand tu n'as pas voulu me parler. » Avouai-je.

« Tu m'étonnes ! Liz, j'ai vraiment flippé…Les vampires, c'est pas aussi cool que je le pensais. » Elle tenta un sourire en s'essuyant les joues.

J'entendis la pointe de terreur mêlée au sarcasme. Je grimaçai et ne pus qu'acquiescer.

« Les Cullen sont spéciaux. »

Un nouveau silence plana au-dessus de nos têtes alors que le téléphone sonnait. Nous échangeâmes un regard surpris puis elle alla décrocher.

« Allô ? »

« … »

Elle me lança un regard embêté.

« Oh oui Liz est ici. Nous avons passé une mauvaise nuit. »

« … »

« Oh je ne suis pas sûre qu'on y aille aujourd'hui. »

« … »

« Bien sûr que nous pourrons rattraper ces cours. »

« … »

« D'accord, merci beaucoup Courtney. Liz va bientôt rentrer. »

Je grimaçai mais je savais qu'il le fallait.

April raccrocha et nous restâmes debout à nous observer.

« Que comptes-tu faire pour Edward ? » Hésita-t-elle.

« Il faut que je lui parle, hier, je n'ai pas pu, je n'en avais pas la force. J'avais l'impression de te perdre alors je l'ai ignoré. »

« Pourquoi ? »

Je m'approchai et pris ses mains dans les miennes.

« Tu es ma meilleure amie, April. Je m'en veux terriblement de t'avoir abandonnée au profit…Au profit d'un garçon que j'avais juré de faire souffrir. »

Elle ouvrit la bouche, mais je secouai la tête pour lui dire de ne rien faire.

« Je vais rentrer avant que Courtney appelle la police. Mais, April…S'il-te-plait… »

Elle regarda ailleurs. Je cessai de respirer, inquiète de sa décision.

« Liz, j'ai…Accepté ta réincarnation, tu le sais, je t'aime comme ma sœur, tu…Mais je ne pourrai pas faire semblant avec …Eux. »

Je comprenais. Elle avait été enlevée et malmenée par un vampire. Comment pourrait-elle en côtoyer d'autres, l'air de rien ? Même si nous nous ressemblions beaucoup, April et moi n'avions pas le même besoin de vivre auprès de vampires pour se sentir vivre tout simplement.

« Liz, je ne veux pas t'obliger à choisir…Je connais tes sentiments pour lui et depuis le temps… »

« Je me déteste, April. Je crois qu'une partie de moi regrette ce qu'il s'est passé hier soir avec Edward. »

« Mais… »

« Ca s'est peut-être passé trop vite, ou alors…Je ne sais pas, j'ai besoin d'y réfléchir et surtout d'en parler avec Edward. April, tu es ma meilleure amie, comme ma sœur. Donne-moi juste quelques jours pour me retourner, d'accord ? »

« Je te connais depuis toujours, Liz. D'accord. On peut faire ça. »

Je souris en réponse au sien, timide.

Et puis je partis à mon tour. Avant cela, j'enfilai quand même un long gilet appartenant à ma meilleure amie pour couvrir ma tenue et récupérai mon téléphone-et les trois messages inquiets de Cathy-. En chemin, je réalisai qu'il allait me falloir une excuse pour revenir dans cet état et surtout donner des explications plausibles à Cathy. Meilleures, je l'espérais que celle d'un accident en forêt pendant une sortie avec la famille Cullen qui aurait causé mon besoin d'espace face à Edward et la distance froide entre April et moi... Avant cela, toutefois, je devais parler avec Edward.

En y pensant, je sus qu'il serait déjà là à m'attendre, grâce aux visions d'Alice.

Courtney m'attendait sur le perron et lorsqu'elle vit ma tenue, elle accourut, les bras tendus.

« Liz ! Mon dieu, mais qu'est-ce qu'il s'est passé ! Tu ne nous as pas dit que tu restais chez April ! Et pourquoi rentres-tu encore en pyjama ? »

« Maman ! »

Je posai les mains sur ses épaules et la forçai à se taire. Elle inspira à fond et attendit.

« C'est compliqué. J'ai…J'étais déjà au lit lorsqu'April m'a appelée, elle voulait parler. Je suis partie comme ça, sans réfléchir. »

« Tu es partie sans prévenir ! »

« Il était tard. Je me suis dit que je t'appellerai ce matin. »

« Tu ne l'as pas fait. » Insista-t-elle.

Je me mordis la lèvre inférieure en sentant, au fond de moi, la présence d'Edward. Je m'empêchai de lever les yeux vers la fenêtre de ma chambre pour me concentrer sur ma mère.

« J'allais le faire mais tu as été plus rapide que moi. Avec April on finissait notre petit déjeuner, tu sais comment je suis au réveil… » Souris-je pour la rassurer.

Elle garda le silence semblant soupeser mes propos. D'un geste tendre elle remit une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.

« Je sais oui, tu détestes qu'on te parle. Ne me refais jamais ça, quand même, d'accord ? »

« Promis ! » Je l'embrassai sur la joue, elle passa une main derrière ma nuque.

J'acceptai son câlin en réalisant qu'elle en avait besoin. Je fronçai les sourcils et m'écartai pour la regarder.

« Que se passe-t-il maman ? »

Elle fronça elle aussi les sourcils et m'étudia avec attention. Un doigt sur ma joue, elle semblait réfléchir.

« Je suis simplement contente que tu sois là. Je me suis inquiétée pour ma petite fille. » Dit-elle, l'air ailleurs.

J'eus un moment de panique en l'entendant parler ainsi. Elle ne pouvait pas savoir, n'est-ce pas ? Elle ne pouvait même pas se douter que la veille, j'avais perdu ma virginité. C'était impossible !

Avant que j'aie le temps de penser autre chose, elle m'entraîna à l'intérieur.

« Ton père et moi avons décidé que tu étais punie. »

« Quoi ? »

« Liz, tu as découché sans prévenir et tu sèches les cours. C'est la goutte d'eau, ma chérie. Ton père n'en peut plus et nous nous inquiétons trop. »

« Mais c'est ridicule ! »

« Liz, tu es punie. Tu reviendras immédiatement à la maison après les cours. Tu pourras toujours voir April et Cathy, mais seulement à la maison. »

« Maman ! C'est de l'incarcération ! » Me plaignis-je.

« Peut-être, mais ton père et moi sommes les seuls à décider, ici. »

Je voyais bien qu'elle n'était pas à l'aise avec cette idée mais elle se pliait aux exigences de mon père.

« Je prouverai à papa qu'il peut me faire confiance… Je suis punie jusqu'à quand ? »

« Dès que nous jugerons que tu te comportes mieux. » Expliqua-t-elle.

Elle se détournait lorsqu'elle s'immobilisa.

« Va te doucher et t'habiller pour potasser les cours que tu aurais dû avoir aujourd'hui. Et…Liz, tu ne peux plus voir de garçons non plus. »

J'étais bouche bée, mais que pouvais-je dire ?

J'acquiesçai en ruminant quand même.

« Je monte. » Annonçai-je en l'entendant s'affairer dans la cuisine.

A ma porte, j'hésitai à continuer. Je LE sentais derrière, à m'attendre. Courtney lâcha une injure au rez-de-chaussée, me ramenant à la réalité. Je ne pouvais décemment pas passer la journée ici !

J'ouvris et refermai en une seconde. Je m'y appuyai et cherchai Edward. Il était assis sur mon fauteuil de bureau.

Nos regards se croisèrent dans le silence.

« Je demande un moment 'humain'. » Murmurai-je en attrapant de quoi m'habiller.

Je ne lui laissai pas le temps de répondre et il ne fit pas un geste pour me retenir. Une fois dans la salle de bain, sous le jet de la douche, je réalisai à quel point j'étais engourdie et surtout, je repérai des bleus sur mes épaules, mes poignets et mes hanches. Je me mordis la lèvre inférieure.

C'était raté pour dissimuler ce qu'il s'était passé la veille entre Edward et moi.

D'un air absent, je passai les doigts sur les marques. Je ne savais même pas à quel moment elles avaient vraiment été faites…Je n'avais pas senti de douleur…

En me passant la langue sur les lèvres, je sentis un goût salé et j'eus un instant de doute avant de comprendre que je pleurais. Posant une main contre le mur, je réalisai que je craquais. C'était le contrecoup. Entre mes sentiments contradictoires envers Edward pendant des semaines, la panique qui m'avait parcourue lorsqu'il avait expliqué la présence de ces vampires et puis notre nuit…J'eus un rire amer. J'avais de bonnes excuses de craquer !

Les épaules secouées de sanglots je restais plus longtemps que nécessaire sous l'eau. Lorsque je sortis enfin, j'étais parvenue à atténuer le rouge de mes yeux.

« Lizzie, je vais faire une course. » M'informa ma mère et je lui lançai un « d'accord » avant de refermer ma porte de chambre.

J'entendis la porte d'entrée qui s'ouvrait et se fermait. Je m'appuyai contre la mienne.

« Comment va April ? » Demanda-t-il doucement.

« Elle devrait s'en remettre. On a eu peur. »

« Que s'est-il passé lorsque tu es partie la rejoindre ? »

Il tentait de comprendre où j'en étais, je le sentais. Je m'assis sur le pied de mon lit.

« Alice se battait, enfin, je crois que c'est comme ça qu'on dit, la concernant. April était figée sur une chaise, terrorisée. J'ai eu du mal à la faire bouger. Et puis Esmée et les autres sont arrivés. Esmée m'a aidée à porter April chez elle. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé ensuite de ton côté. Mais Garrett était chez ses parents, il lavait du linge je crois. Il a fallu que je lui raconte un truc pour expliquer l'état dans lequel était April…Et tu es arrivé. »

« Je voulais vérifier que tu allais bien et puis, on avait à parler alors… »

« Je sais. » L'interrompis-je en relevant la tête. « A propos de…Enfin, tu sais… »

Il fronça les sourcils et j'imaginais parfaitement sa frustration de ne pas pouvoir lire dans mes pensées. De mon côté, je crois qu'une part de moi était du même avis. Au moins ça m'éviterait d'avoir à formuler à voix haute mes doutes…

« Je…Je crois qu'on a fait une erreur. »

Je triturai mes doigts alors que la tension grimpait d'un cran dans la pièce.

« Pourquoi ? »

« C'est évident, Edward. »

Je regrettai en partie l'acidité dans ma voix.

« Je ne crois pas non. »

Il se leva en passant une main dans ses cheveux.

« Edward, ça…Ca a été génial, enfin de mon point de vue, bien sûr, mais… »

« Mais quoi ? Liz, c'est toi qui l'as demandé ! »

Il se retourna et je vis la douleur intense dans ses yeux.

Je baissai la tête.

« Je sais. Mais tu dois comprendre, Edward, j'ai…J'ai couché avec toi alors que j'avais peur ! Je n'ai pas plus pensé à mes amies que ça non plus ! Comment veux-tu que je me regarde dans un miroir ? »

« Alors c'est ça…Je n'ai été qu'un passe-temps, comme Garrett. »

« Tu dis n'importe quoi ! Edward, tu sais très bien… »

« Non, justement, je ne sais plus ! Tu as quitté Preston pour venir avec moi et tu as découvert mon erreur avec Tanya. » Je me bouchai les oreilles en posant les mains dessus. Il attrapa mes poignets et me força à le regarder dans les yeux. « Tu es partie, Liz, et j'ai accepté ! J'ai même accepté que Garrett te pelote ! Mais tu n'as pas le droit de dire que tu regrettes ce qu'il s'est passé ! »

« Et pourquoi m'as-tu fait l'amour hier soir alors ? Tu aurais pu faire comme tu l'as toujours fait ! Te défiler ! »

Je me débattis et parvins à le repousser.

« Tu sais quoi ? Après tout, on a eu tous les deux ce qu'on voulait ! Toi, tu m'as sautée, et moi j'ai été dépucelée ! Sérieusement, qu'est-ce qui peut nous pousser à rester ensemble maintenant ? ! »

Son regard fit courir, pour la première fois depuis toujours, un frisson de terreur dans mon corps.

« Oh mais non, Liz. Je n'ai pas encore pris tout ce que je voulais ! »

En un mouvement, il fut sur moi et m'obligea à reculer jusqu'à mon bureau. Je n'osai mettre en mot ce que je lisais sur son visage et pourtant lorsqu'il tira sur mon t-shirt, je ne pouvais pas me le cacher. Il me voulait et il allait me prendre.

Il ne m'embrassa ni ne me caressa pas. Il se contenta de nous retirer nos vêtements.

« Réagis Liz, tu criais la dernière fois. »

« T'es qu'un enfoiré ! » Osai-je le défier avant qu'il me pénètre.

Son membre s'immisça au fond de moi, mon dos posé sur le bureau. J'enroulai les bras et les jambes autour de lui le temps que nous nous ajustions. Puis ses coups de reins furent sans pitié. Ses lèvres laissèrent des marques sur mon cou et ma poitrine. Mon souffle n'était pas erratique mais entrecoupé des sanglots que je ne pus retenir plus longtemps lorsqu'il plaqua ses lèvres sur les miennes. Contre ma volonté, je sentais l'orgasme monter dans mon corps et je n'arrivais pas à croire que nous en soyons vraiment là.

Que s'était-il vraiment passé pour que notre amour se transforme ainsi en haine réciproque ?

Edward jouit une seconde après moi et même si dans son regard je devinais la lueur d'horreur face à ce qu'il venait de faire, je ne pouvais pas nier la flamme dominante de colère.

Sans un mot, il se retira, ramassa ses vêtements et me laissa glisser le long du meuble. J'entendis à peine le mouvement de la fenêtre lorsqu'il l'ouvrit pour sortir.

« Il n'a rien cassé cette fois-ci » fut la pensée que j'eue avant de m'effondrer, la tête sur les genoux.

Tadam !

Je sais, vous voulez me tuer, mais pensez bien que vous n'aurez jamais la résolution de tous ces mystères et problèmes si vous le faites MDR

Le chapitre 16 est déjà en finition. Je le poste dès que ma chère acheroniastyx s'en est occupée (non, je ne te mets pas toute la pression ! Je ne te l'ai pas encore envoyé et j'en ai conscience^^).

Bref, comme dirait Pépin…(oui, je sors, et vite !)

Bisous et encore merci.

Spuffy