Maudite
Et voilà, comme promis, la suite, bien plus rapidement que je ne le pensais finalement ^^
Un grand merci pour votre soutien et toutes vos reviews. J'ai hâte de savoir ce que vous pensez de ce chapitre-ci.
Oh ! Et merci pour vos hypothèses !
J'embrasse fort ma juju.
Je remercie encore et toujours acheroniastyx pour ses conseils et sa patience.
Bonne lecture.
Chapitre 18- Un été pas comme les autres.
POV Edward
« April, Cathy et Liz vont passer presque cinq jours à Boston ! »
« Bah oui ! Ca fait déjà un moment que c'est prévu. »
« Tu savais Rose ? »
« Liz me l'a dit il y a un moment déjà. Elles font ça depuis plusieurs années. April a un oncle là-bas je crois. Ou un cousin. »
« Mais April, Cathy et Liz vont à Boston ! »
La voix d'Alice montait dans les aigus.
« Pourquoi nous on n'a jamais fait ça ? » Continua-t-elle.
« Tu lui imposais bien des journées shopping… »
« Mais ce n'est pas la même chose, Em ! Là elles partent toutes les trois ! »
Elle est où la nuance ? C'est un truc entre filles !
Je regrettai presque de ne pas être dans la même pièce pour pouvoir lui répondre. Au vu des pensées outrées d'Alice ce n'était pas la même chose.
Mais je n'avais pas envie de m'inquiéter sur ce qu'il se passait dans l'autre pièce. Les doigts posés sur les touches du piano, je préférais laisser les pensées des autres où elles étaient et m'intéresser aux miennes. Depuis quelques jours, je me sentais moins emprisonné dans ma vie. Je me sentais plus libre et plus stressé en même temps. Drôle de mélange mais on ne choisit pas. Je fermai les yeux et écoutai les mélodies qui se créaient au bout de mes doigts alors que mes pensées se tournaient vers la discussion entre Liz et moi à ce fameux bal de la Fête Nationale. J'avais conscience de paraître idiot à sourire pour une aussi simple conversation que celle que nous avions eue, mais c'était bien la première depuis des mois et elle avait le don de me redonner espoir.
Les dernières notes se maintinrent un instant de plus avant de s'éteindre doucement.
Je restai immobile comme si je vibrais encore avec les accords. Et c'était peut-être le cas puisque j'avais l'impression que la musique résonnait dans mon corps mort. Je souris en me remémorant son regard lorsqu'elle avait dit « Que veux-tu, je suis comme ça. » Son sourire avait été plus complice qu'il ne l'avait été depuis longtemps avec moi. Son sourire s'était reflété dans ses yeux et je pouvais presque imaginer que nous rattrapions nos erreurs pour retrouver ce que nous avions été…Presque.
Mes épaules s'affaissèrent et je refermai le couvercle du piano. Il y avait encore beaucoup à faire et si peu de temps !
« Et elles partent quand ? »
Jasper intervint dans la discussion.
« Ce soir. Elles veulent arriver à Boston by night. » Expliqua Rosalie d'une voix hautaine.
« Elles vont y faire quoi ? » S'intéressa soudain Emmett.
« Je n'en sais rien ! » S'exclama Alice.
Elle se triturait les doigts nerveusement lorsque je les rejoignis.
« Et tu ne pourrais pas faire en sorte d'empêcher leur départ, Rose ? »
« Alice, pourquoi je ferais ça ? »
« Parce qu'elles ne peuvent pas aller là-bas maintenant ! ! Edward doit parler avec Liz de sa future transformation ! »
« On n'a pris encore aucune décision. » Contrai-je.
« Si tu crois que je vais laisser Edward l'approcher ! »
« Oh Rose, arrête ! Tu as fini un peu de faire des parallèles idiots entre Liz et toi ? Tes sentiments sont les tiens mais ne laisse pas ta rancœur briser ce qu'ils sont, ce que tu sais qu'ils sont ! » S'agaça Alice.
Un silence tendu s'installa.
« Je ne suis pas sûr que Liz accepte que tu continues sur ce chemin encore longtemps, Rose. » Tenta Jasper en étendant un peu de calme en nous.
Alice approuva d'un hochement de tête et même Emmett semblait du même avis.
Elle ne se rend pas compte…Liz…
Rose se tourna vers moi sans un mot avant de monter dans sa chambre.
Nous la suivîmes des yeux, indécis quant à ce qu'il fallait lui dire.
« On doit arrêter les frais, je crois. »
Les paroles d'Emmett nous surprirent mais nous ne pouvions qu'acquiescer.
« Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Je ne peux pas encore attaquer les bougies de la voiture d'April. »Demanda Jasper.
« Elles se poseraient des questions, c'est sûr. » Approuvai-je en m'asseyant.
« La transformation serait une bonne idée. » Réfléchit Carlisle en passant la porte d'entrée, de retour de l'hôpital.
« Et on fait ça comment ? » Nous interrogeâmes Emmett du regard et il se reprit. « Non pas la transformation, je ne suis pas débile, je sais comment ça se fait, mais…Enfin je veux dire, c'est Liz et elle n'est plus vraiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec nous donc… »
Il marchait sur des œufs et je hochai la tête pour l'en remercier.
« Il suffit de lui demander ! »
« Alice, ce n'est pas aussi facile… »
« Edward, vous avez parlé l'autre soir sans en arriver à vous battre ou je ne sais quoi. Ça veut dire quelque chose quand même ! » Insista-t-elle en s'asseyant à son tour.
Je me passai la main dans les cheveux en soupirant.
« Je n'en sais rien du tout Alice. Tu sais que je n'ai pas de nouvelles et qu'elle ne veut pas vraiment entendre parler de nous. »
« Et on ne peut pas demander à Rose d'aller lui proposer ça. » Grimaça Emmett.
« Elle doit passer quelques jours avec ses amies. On avisera après. » Conseilla Jasper.
Carlisle m'interrogea d'une pensée.
Elle part ?
J'acquiesçai et entendis Alice grommeler dans la barbe qu'elle n'avait pas.
« Elle est jalouse. » Expliquai-je lorsqu'elle fut emportée par Jasper à l'extérieur.
« Alice tient à retrouver son amitié avec Liz. »
« Je sais. »
« Que comptes-tu faire en attendant ? » Me demanda-t-il en me faisant signe de le suivre dans son bureau.
« Je ne veux pas tirer de plans sur la comète, Carlisle. J'ai conscience que rien n'est gagné. »
« Penses-tu que l'on puisse trouver un autre moyen d'empêcher sa disparition ? »
Il se posta derrière son bureau couvert de livres tous plus anciens que moi.
« On ne connait pas ses origines, on ne sait donc pas ce qui a causé tout cela. Comment pourrions-nous trouver autre chose ? »
« Elle ne se souvient de rien ? »
« Rose a bien fait des recherches autour des derniers souvenirs de Liz pour sa première mort et elle n'a rien trouvé. »
Il baissa la tête sur la pile de livres devant lui comme s'il y cherchait une solution.
« Tu n'as rien non plus. »
« Non. »
« Dans quoi cherches-tu ? » Je m'approchai pour lire à l'envers quelques lignes.
« J'ai pensé à de la magie mais je ne trouve rien de similaire dans ces ouvrages. »
« C'est-à-dire ? »
Il releva la tête et souda son regard au mien.
« Aucun sort inscrit ici ne peut maudire une personne de la sorte. »
« Si même la magie ne peut pas expliquer cette malédiction, qu'est-ce qu'il se passe tous les dix-huit ans alors ? ! »
Carlisle s'assit, désemparé.
« Je ne sais plus où chercher, Edward. Il va falloir convaincre Liz que la transformation est sa seule chance. Après tout, nous pouvons la transformer sans qu'elle se sente obligée de se joindre à nous dans l'immédiat. »
Je serrai les poings sur le bureau. Carlisle posa une main sur mon poignet.
« Je sais que tu aimerais qu'elle reste mais Liz a son libre-arbitre, Edward. Si elle accepte la transformation elle doit savoir qu'elle ne nous sera pas redevable. Elle pourra choisir sa vie, n'est-ce pas ? »
Sa question était toute rhétorique mais j'avais du mal à l'accepter. Carlisle avait raison, bien sûr, mais la savoir immortelle comme nous l'étions sans pouvoir la garder avec moi ! Bon sang, si elle devenait vampire, je voulais que ça soit par choix, non par obligation. Je voulais que sa transformation lui donne l'occasion d'avoir une nouvelle vie, de prendre ce que je voulais lui offrir depuis longtemps.
« Tu as raison. » Lâchai-je difficilement.
« Je suis désolé, Edward, que tout ne se passe pas aussi bien que nous l'espérions. »
Je secouai la tête et soutins son regard.
« Ce n'est pas votre faute, c'est…La mienne et celle de Liz. » J'avais du mal à l'inclure dans les responsables mais elle en faisait tout autant partie que moi.
Carlisle n'ajouta rien et je savais qu'il attendait que je continue.
« Je n'aurais pas dû la laisser s'éloigner comme ça. » Murmurai-je.
« Peut-être pensais-tu qu'elle devait s'éloigner à cause de ce que tu es ? »
« Non. Je sais, j'y avais songé au début avec Bella mais…Non. Je ne peux plus penser cela maintenant ! »
« Alors pourquoi l'as-tu laissée partir ? »
« Ses yeux. Ils étaient plein d'horreur. » Je me pinçai l'arête du nez. « J'y ai vu mon reflet. J'étais moi aussi horrifié par ce que j'avais fait. »
« Et qu'avais-tu fait ? »
Je grimaçai et commençai à faire les cent pas devant son bureau. Pourquoi me forçait-il à le dire ? Il le savait. Ils le savaient tous.
« Je n'ai plus rien contrôlé et j'ai cédé à Tanya. »
J'allais de plus en plus vite et une partie de mon inconscient imaginait déjà mes pieds en train de tracer un sillon dans le parquet.
« Tout contrôler n'est pas bon non plus. »
« Mais j'avais été assez fort pendant près de 130 ans et d'un seul coup je craque ? ! » Je me tournai vers lui.
« Nous avions perdu Bella depuis presque neuf ans, Edward et tu sais à quel point tu avais du mal à le supporter. Tu n'as pas contrôlé sa disparition et les choses se sont aggravées au fil du temps. »
« Ne me trouve pas d'excuses. » Grimaçai-je.
« Ce n'en sont pas. Vous avez tous les deux vos torts et à ce que j'ai compris vous les assumez. Il ne vous reste qu'à choisir la suite des événements. »
Je l'observai du coin de l'œil. C'était plus facile à dire qu'à faire…
OoOoOoOoO
POV Liz
Les ronflements de Cathy nous empêchaient de dormir depuis déjà deux nuits mais cette fois-ci ça n'était pas le cas. April et moi étions sur le petit balcon du salon, une cigarette à la main et nous n'osions pas vraiment entamer la discussion qui planait pourtant au-dessus de nos têtes depuis l'aube.
Nous étions le 13 juillet. April connaissait l'échéance son regard me le rappelait.
« Tu crois que les choses seront pareilles pour toi ? » Osa-t-elle, rompant le silence triste entre nous.
Sa formulation était étrange mais je savais ce qu'elle voulait dire. Je soutins son regard avec difficulté mais je le lui devais.
« Oui. Je n'ai trouvé aucun moyen et les Cullen non plus. »
« Ca fait mal ? »
Les larmes qu'elle retenait faisaient briller ses yeux dans la pénombre.
« Un peu. »
« Et si on te tenait fort contre nous ? »
Sa voix tremblait et je secouai la tête.
« April, s'il-te-plaît, ne te fais pas de mal comme ça. »
« Mais tu es ma meilleure amie, Liz, je ne peux pas te laisser partir sans rien faire ! »
Je me mis à genoux devant elle et la serrai dans mes bras.
« N'y pense pas, d'accord ? S'il-te-plaît, n'y pense pas. »
Elle sanglota dans mon cou en murmurant à quel point elle avait besoin que je reste.
« Tu es ma meilleure amie. » Répéta-t-elle pendant plusieurs minutes comme si cela pouvait aider à conjurer le sort.
Soudain elle s'écarta, les yeux rougis mais le regard déterminé.
« Le 13 Septembre, tu viens chez moi. On va faire une fête monstre ! »
« April… »
« Et tu seras tellement occupée que tu ne pourras pas disparaître ! Je te tiendrai éveillée au café, à la drogue s'il le faut ! »
Je ne dis rien, la laissant poursuivre. Elle en avait besoin. Puis elle se tut et elle me serra contre elle en silence, les larmes roulant encore sur ses joues.
« Je suis désolée, April. Tellement désolée. »
« Tu ne m'oublieras pas, hein ? »
Je me détachai doucement et ne pus retenir une grimace.
« Je n'espère pas, April. Mais tu sais que j'avais même oublié Edward au début. »
« Tu te souviendras alors et tu viendras me voir, promis ? »
« Je viendrai. » Répétai-je avec une voix solennelle.
« Je t'attendrai. »
Nous nous sourîmes en nous regardant dans les yeux. Ces deux mois allaient être les pires de toutes mes vies, j'en étais sûre.
Le lendemain, Cathy nous entraîna au cinéma pour assister à l'avant-première du film de l'année. Son acteur préféré jouait dedans et à chaque fois qu'elle le pouvait, elle nous emmenait avec elle. Assises dans le noir, partageant un pot géant de pop corn et une glace chacune près de nous, nous vîmes un vampire tomber éperdument amoureux d'une humaine. Je fermai les yeux en me demandant comment un scénariste avait pu avoir une idée aussi débile. Bien évidemment, ils vécurent heureux éternellement parce que l'humaine but le sang de son bien-aimé alors qu'elle était mourante. Heureusement qu'ils n'eurent pas beaucoup d'enfants sinon j'aurais bondi de ma place depuis longtemps.
« Oh mon dieu, c'était trop beau ! » S'exclama Cathy et je me demandais si je pouvais lui dire que dans la réalité, les histoires d'amour n'étaient pas éternelles.
« J'ai bien aimé le moment où elle boit son sang. » Assura April.
« Ca c'était gore. T'as vu les traces de sang qui coulent sur son menton ? »
« Ils ont fait fort. » Confirmai-je alors qu'une idée germait dans mon esprit.
Etait-ce possible ?
Pendant que les filles débattaient de la qualité du jeu des acteurs et de l'intrigue je voyais l'humaine du film boire le sang du vampire à nouveau. Je savais que dans la réalité, c'était impossible…Il fallait le venin du vampire dans le corps de la fille pour qu'elle meure et se transforme en vampire.
« Liz, tu es toujours avec nous ? »
Cathy remua la main devant mes yeux. J'aperçus son sourire alors que l'image se formait dans mon esprit.
Edward accepterait-il de me mordre pour tenter ma transformation ?
Je hochai la tête pour les filles et tentai d'écouter leurs propos même si la question tournait en boucle dans ma tête. Peut-être était-ce la solution mais Edward n'a jamais voulu me mordre lorsque j'étais Bella…Et à présent, avec tous ces obstacles entre nous…
Il avait pourtant eu l'air sincère l'autre soir au bal à dire qu'il ne voulait pas que je me réincarne à nouveau…
« Qu'en penses-tu Liz ? »
Cathy me sortit franchement de mes pensées mais je fus incapable de savoir de quoi elle parlait.
« Pardon, tu disais ? »
« Je disais que tu étais vraiment restée avec le vampire ce n'est pas possible ! Tu vois, je t'avais dit qu'il était canon cet acteur ! »
Je souris et me tournai vers April.
« McDo ou Buffalo grill payé par mon oncle ? » Sourit-elle suspicieuse.
« Buffalo ! Tant qu'on se fait payer le resto, ça me va, tu le sais. »
Je la pris par le bras et nous traversâmes la route.
Cathy nous rappela la filmographie de son acteur, commenta son plat et se remémora les pires frites qu'elle avait pu avaler. April l'incita poliment à continuer, ajouta de-ci, de-là quelques phrases et me scruta avec attention.
Je voulais écouter Cathy et partager ce moment avec elle mais je n'y parvenais pas.
« Je suis désolée, je dois passer un coup de fil. »
Je quittai la table et sortis sur le trottoir pour passer mon appel. Cela faisait des mois que je n'avais pas utilisé ce numéro aussi hésitais-je avant de vraiment lancer la communication. Je soupirai. De toute façon, Alice avait dû voir le coup venir. Je ne pouvais plus me défiler.
Le téléphone ne sonna même pas un battement de mon cœur que sa voix résonnait déjà à l'autre bout du fil.
« Allô ? »
Je souris. Il savait très bien que c'était moi mais l'interrogation était présente dans sa voix.
« Edward. »
Ca faisait si longtemps que je n'avais pas dit son nom comme ça ! De bons souvenirs me revinrent. Je pris une inspiration profonde avant d'oser reprendre.
« Je ne te dérange pas ? »
Mais quelle idiote !
« Bien sûr que non je…Je jouais au piano. »
« Oh ! Une nouvelle mélodie ? »
« Oui. »
Je me mordis la lèvre. J'imaginais sa concentration pendant son jeu. J'imaginais ses doigts voler sur les touches noires et blanches.
« Il y a un problème, Liz ? » S'inquiéta-t-il et je me mis une claque pour répondre.
« Non. Enfin, peut-être. Alice a vu ce à quoi j'ai pensé ? »
Je l'imaginais en train de scruter les pensées de sa sœur. Avait-elle vu ? Ce serait sûrement plus simple.
« Je pense. Elle me cache ses pensées. »
Si je pouvais la trucider sur place !
« Liz, que se passe-t-il ? »
« Je suis à Boston et on a été voir un film avec les filles…Je… » Je levai les yeux au ciel, j'étais idiote de tourner autour du pot comme ça. « Je rentre mardi, on pourra se voir ? »
« Dans deux jours ? »
« Oui. »
« D'accord. Où veux-tu… ? »
« Je ne sais pas encore Edward. On doit juste se voir. On doit…Parler. »
J'étais à deux doigts de me redonner une gifle.
« Tu veux bien ? »
« Envoie-moi un SMS lorsque tu auras décidé du lieu. »
« D'accord, super, enfin, je veux dire...Merci. C'est gentil. »
Je sentis mes joues rosirent. J'étais pathétique.
« Je dois y aller, les filles m'attendent. » Me dérobai-je.
« Bien sûr. A mardi alors. Et…Liz…Profite, amuse-toi. »
Je fermai les yeux et souris. Il était irrécupérable !
« Merci. » Soufflai-je avant de raccrocher.
« Liz ? »
Je me tournai rapidement et trouvai April et Cathy sur le seuil du restaurant. Je me mordis la lèvre inférieure.
« Ma mère. J'ai oublié de l'appeler. »
Je montrai mon téléphone portable.
« Tu prends un dessert ou pas ? »
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Approuvai-je en retournant à la table avec elles.
« Fondant au chocolat, glaces, fruits… » Enuméra April.
« Deux boules à la vanille nappées de coulis de fraise » Décidai-je en m'asseyant.
« Je suis sûre qu'on pourrait y trouver plein de symboliques. » Insinua Cathy lorsque nos desserts arrivèrent.
« Toi tu traines trop en classe de littérature. » L'accusa April en la pointant avec sa cuillère.
« Peut-être, mais tu avoueras quand même que c'est bien ambigu après avoir vu un film de vampire ! » Se défendit notre amie et je rougis.
Elle n'avait peut-être pas tort.
« Et à la fille qui choisit un banana split, on ne lui dit rien ? »
« Oh mais c'est qu'elle est en manque de son copain, Liz, c'est tout. » Confirma Cathy en attaquant la glace.
April et moi échangeâmes un regard amusé puis chacune de nous se concentra sur son dessert.
Après avoir discuté en long, en large et en travers sur le métier d'acteur, April sortit la carte bancaire de son oncle et joua du code pour régler notre repas. Elle eut un grand sourire en voyant que la petite machine validait le paiement.
« Tu es machiavélique quand tu fais ça. » Affirma Cathy en récupérant ses affaires.
« Quoi ? »
April releva la tête, surprise. Elle m'interrogea du regard. Je grimaçai.
« J'en ai peur, oui. »
« Pff ! Vous ne comprenez simplement pas ce que c'est que de taper un code en sachant que le débit ne se fera pas sur votre compte ! »
« Et bien j'espère que ça ne m'arrivera jamais parce que c'est vraiment flippant ! » Décréta Cathy en déposant un baiser sur sa joue.
« Mais tu m'aimes quand même ? » S'inquiéta April.
Cathy et moi échangeâmes un regard complice avant de nous précipiter sur notre amie.
« On t'aime April Levingston ! »
Quelques têtes se tournèrent vers nous alors que nous éclations de rire. L'hôtesse qui nous avait fait payer eut même un regard sceptique. J'imaginais qu'elle se félicitait de nous voir partir. C'est clair ! On ne se sait jamais ce que trois copines peuvent inventer dans un restaurant !
Je secouai la tête à mes idées.
OoOoOoOoO
Ces quelques jours, éloignées de nos familles et de nos questions,nous furent bienfaisants. Mais le retour fut difficile. De mon point de vue en tout cas.
Je venais de poser mon sac dans ma chambre lorsque ma mère me rejoignit. Elle s'assit au pied du lit et m'étudia avec attention. Je fis semblant de l'ignorer quelques minutes le temps de défaire mon sac et de récupérer mes photos sur mon ordinateur. Enfin, je me tournai vers elle.
« Que veux-tu savoir ? »
« J'imaginais que tu serais contente de me dire tout ce que vous avez fait. » Elle haussa les épaules.
« Maman, j'ai bientôt dix-huit ans, je n'ai peut-être pas envie… »
« Oh mon dieu, mon bébé va avoir dix-huit ans et ne se sent plus concerné par une discussion mère-fille ! ! »
A sa décharge, elle parvint à prendre un air vraiment horrifié. J'éclatai de rire et décidai que si je ne parlais pas rapidement, elle me harcèlerait jusqu'à l'épuisement.
Je lui racontai notre visite au cimetière classé monument historique avec sa chapelle, où l'on trouve des tombes datant de 1630. Lorsque son visage quelque peu dégoûté me suffit, je lui parlais de nos achats sur la Downtown Crossing, ou lieu privilégié du shopping. Je finis par notre balade sur les traces de JFK la veille, en attendant notre avion.
« Et vous n'êtes pas allées danser dans des bars ? » S'étonna-t-elle.
« Maman, nous n'avons pas l'âge légal. » Lui rappelai-je avec un sourire.
« Lizzie, chérie, j'ai eu dix-sept presque dix-huit ans. On trouve toujours un moyen. »
« Oh ! Tu veux dire que tu as agi de manière hors-la-loi à mon âge ? »
« Tout de suite les grands mots ! A mon époque, nous savions nous amuser. »
« Oui, j'avais oublié que c'était l'époque où Buffy traînait dans les cimetières. Vous faisiez de même avec papa ? »
« Ne dis pas de mal de Buffy ! Elle a lutté contre les créatures du mal pendant des années ! »
Nous éclatâmes de rire et je m'assis près d'elle.
« En fait, nous avons plutôt été au cinéma. »
« Ma pauvre enfant ! » Fit-elle avec emphase.
« Mais ensuite on retournait chez l'oncle d'April et on se bourrait la gueule en dansant nues devant les fenêtres. »
Cette fois, je lui coupais le sifflet. Elle me regarda un instant avec hésitation puis elle secoua la tête.
« Je l'ai cherché. » Sourit-elle en déposant un baiser sur mon front. « Vous vous êtes amusées et c'est tout ce qui compte. »
Je hochai la tête. Oui, j'avais réussi à retrouver un peu de mon insouciance passée ces derniers jours. Mais en voyant le soleil se coucher derrière les arbres, je sentais qu'elle fuyait à nouveau pour laisser place à une nouvelle boule au ventre.
J'inspirai à fond et m'écartai de ma mère.
« Je sais que je rentre juste mais après le dîner, je pourrai sortir ? Je ne rentrerai pas tard mais… »
« Où veux-tu aller ? Vous avez déjà prévu une nouvelle soirée avec les filles ? »
« Rose veut me voir. Elle veut tout savoir de notre séjour. »
« Et j'imagine qu'elle en saura plus que moi…Notamment si les voisins étaient mignons ou pas… » Sourit ma mère en levant les yeux au ciel. « Je vois déjà ton père avec son « Les filles ! » fataliste. »
« Ca veut dire oui ? »
« Tu sais bien que ta punition est levée depuis quelques temps déjà. »
« Oui mais…Enfin… »
« Tu ne rentres pas tard ? »
« Non ! »
« Et tu ne me dis pas retrouver Rose alors que tu retrouves un garçon ? »
« Maman ! Je ne te mentirai jamais à ce propos. Je sais que je peux tout te dire. »
Elle prit mon menton entre deux doigts et scruta mon regard. Je le soutins en me disant que je ne lui mentais pas vraiment. D'accord, j'allais retrouver un garçon – Edward en l'occurrence-, mais je n'y allais pas pour coucher avec lui, juste pour discuter.
Ce qu'elle lut dans mes yeux dut la satisfaire car elle hocha la tête et quitta la pièce.
J'attrapai mon portable et envoyai le SMS promis à Edward.
« Au parc, après dîner. »
Une seconde plus tard, je reçus sa réponse.
« J'y serai. »
Je fermai les yeux et pris un instant pour contrôler ma respiration et les battements désordonnés de mon cœur. Il s'agissait de lui exposer les faits et la conclusion s'imposerait d'elle-même. Ce n'était pas plus compliqué que : « Tu ne veux pas que je me réincarne à nouveau. Je ne veux pas perdre mes souvenirs et tout revivre. Tu dois me transformer. ».
Pas plus compliqué que ça, n'est-ce pas ?
Oui, c'était plus facile à dire qu'à faire…
Je garai la voiture de ma mère lorsqu'Edward apparut dans la lumière de mes phares. Je sursautai avant de le reconnaître.
« Désolé. » S'excusa-t-il en m'ouvrant la portière.
« Ce n'est rien. »
Je fermai la voiture d'un clic sur la clé et croisai son regard inquiet.
« Alice n'a pas craché le morceau alors ? » Tentai-je de sourire.
« Non. Et elle sait que je suis à deux doigts de devenir fou. »
Il se passa une main nerveuse dans les cheveux.
Je m'excusai à mon tour en avançant dans le parc. Je le sentis caler son pas au mien jusqu'à ce site en hauteur où nous nous étions déjà retrouvés, plusieurs mois auparavant. Le silence était pesant et reflétait pourtant l'espoir qui semblait naître entre nous de pouvoir arranger les choses.
Nous nous assîmes à un pas l'un de l'autre, le regard porté sur le reste du parc. Je ne savais pas comment aborder le sujet. Il y avait eu tellement de choses pour nous séparer ces derniers mois !
J'inspirai à fond en rassemblant mon courage.
« J'ai peut-être trouvé un moyen pour ne pas disparaître cette fois encore. » Murmurai-je en appuyant la tête contre le muret derrière nous.
Je le sentis se tourner vers moi ; son regard surpris me scruta.
« Lequel ? Liz, ça serait vraiment génial, tu en as le droit et… »
Je posai la main sur ses lèvres pour le faire taire. J'ouvris les yeux et plongeai dans les siens.
« Je dois devenir un vampire. »
« Quoi ? »
Son regard marqua la surprise et je ne pus m'empêcher de mordiller ma lèvre inférieure.
« Ecoute, c'est ridicule, enfin…On a vu ce film avec les filles, le vampire fait boire son sang à l'humaine en train de mourir et elle devient vampire…L'idée m'est venue par hasard et je sais qu'il ne va pas s'agir de boire le sang d'un vampire mais…D'être mordue par l'un d'eux. Et j'ai beaucoup réfléchi, je ne veux pas disparaître encore. Le seul moyen est que je me transforme en vampire. »
J'étais étonnée qu'il m'ait laissée finir. Je m'arrêtai de moi-même et fronçai les sourcils.
« Edward ? »
« Alice t'a vue devenir un vampire. » Dit-il doucement et dans ses yeux je lisais les doutes. « Elle ne t'aurait pas influencée… »
« Je n'ai vu aucun d'entre vous depuis le soir du bal, Edward. » Me rebiffai-je.
Il se pinça l'arête du nez et je ramenai une mèche de cheveux derrière mon oreille.
« Désolé, c'est idiot comme question. C'est juste que depuis qu'elle a eu cette vision elle n'arrête pas d'y penser. »
« Et justement parce que j'y réfléchis, elle te bloque ses pensées. Tu crois que ça cache quelque chose ? »
Il réfléchit une seconde, le regard perdu au-dessus de mon épaule.
« Jasper la trouvait très euphorique ces derniers jours. »
« Euphorique, Alice ? Alors ça c'est étonnant ! » Ris-je.
Il leva les yeux au ciel, son sourire en coin fit son apparition pendant un instant.
« Elle l'était plus que d'habitude. » Concéda-t-il.
« Donc ça veut dire qu'elle ne cache rien excepté qu'elle avait raison et que tu avais tort. »
« Je n'ai jamais dit ça. »
« Edward, je t'ai vu réagir ! Tu es contre cette idée. »
Je commençai à me relever lorsqu'il prit doucement mon poignet. Je me figeai et tournai la tête vers lui.
« Je n'osais pas espérer que tu acceptes aussi bien l'idée. » Affirma-t-il en me regardant dans les yeux.
« Ah oui ? » Il acquiesça et je me rassis près de lui. « Alors, tu n'es pas contre ? »
Une ombre passa si vite sur son visage que je crus l'avoir imaginée.
« Tant que tu es sûre de toi, ça me va. »
« Mais ? »
Il baissa la tête. Me mordillant la lèvre inférieure, encore, je posai un doigt sur son menton pour la lui faire relever.
Il me détailla avec une telle intensité que je me sentis rougir. Mes doigts glissèrent jusqu'à sa joue et je vis ses pupilles rétrécir. Les battements de mon cœur semblèrent s'accélérer dans ma poitrine alors qu'il prenait ma main dans la sienne. Ses yeux se posèrent sur ma bouche et je réalisai que je me passai la langue sur les lèvres. Je fermai la bouche et il déglutit apparemment avec difficulté.
« Mais je ne suis pas sûr d'accepter que l'un de mes frères te mordent. »
« Hum, hum… »Je hochai la tête en laissant mon pouls accélérer encore à son toucher. « Quoi ? » Réalisai-je un instant après.
« Je peux comprendre, Liz. Après tout ce qu'il s'est passé… »
« Non attends, tu acceptes que je devienne un vampire mais tu ne comptes pas le faire toi-même ? »
Ce fut comme si je l'avais frappé. Du moins ce fut l'impression que je vis apparaître sur son visage.
« Tu veux dire… »
Il était à court de mots.
« Edward, je sais…Tout devrait me faire dire non, mais…Je ne peux pas. Si je dois devenir un vampire, je veux que ça soit par ta morsure. »
« Liz… »
Il prit mon visage en coupe, doucement, comme s'il avait peur que je fuie. Je plongeai dans son regard interrogateur et cette fois les battements de mon cœur n'étaient pas dus aux frissons qui étaient apparus plus tôt. Cette fois, ils étaient liés au souvenir de la dernière fois qu'il m'avait touchée. Je fermai les yeux et pris ses poignets pour le faire lâcher prise.
Il se détacha de moi avec un mouvement fluide et pourtant gêné.
« Je suis désolée. » Murmurai-je en m'écartant à mon tour.
« Ce n'est pas à toi de l'être, tu le sais. »
Je grimaçai.
« Si tu acceptes de me mordre, il va falloir que j'accepte que tu me touches. »
« Liz, tu n'es pas obligée. Carlisle… »
« Je veux que ce soit toi, Edward. C'est contradictoire avec ces derniers mois mais depuis que j'y ai pensé l'autre jour…Non, en fait, depuis le bal, je sais que nous devons mettre les choses à plat et essayer d'avancer…Je ne dis pas de nous remettre ensembles, je veux dire, je t'ai fait du mal alors je pourrais comprendre si tu ne voulais pas… »
« Je veux qu'on arrange les choses. » M'interrompit-il. « Et puis je t'ai fait pire. »
« Oui mais je t'ai poussé à bout. »
Son sourire en coin apparut un instant avant qu'il ne secoue la tête.
« Rose a raison. Tu as passé beaucoup trop de temps avec moi au point de te mettre tous les malheurs du monde sur le dos. »
« Rose est trop impliquée dans cette histoire. »
« Peut-être, mais les choses sont vraiment étranges en ce moment avec elle. »
« Ah bon ? »
« Elle semble faire tout ce qu'elle peut pour nous rapporter tes…faits et gestes. C'est parfois…Gênant. »
« Alors là je ne vois pas ce qu'elle a à raconter ! » M'exclamai-je, amusée.
Mais l'ombre qui passa encore sur son visage me contredit. Je me rapprochai de lui et l'interrogeai. Il garda le silence en me détaillant.
« Elle nous a raconté la soirée de la Saint Valentin et… » Avoua-t-il enfin.
« Qu'est-ce qu'elle a pu dire ? Je suis partie un peu après vous en fait. »
« Tu… Tu es sûre ? »
« Ah bah oui ! Et puis autant te dire que ça n'était pas une si bonne soirée que ça. Tu le sais, ça a foutu le bazar au bahut. »
« Alors tu n'as pas…Profité de tout ça pour…Oublier ? »
Je pris un instant pour comprendre ce qu'il sous-entendait.
« Tu crois que… Edward, je n'ai rien fait, d'accord ? Ces derniers mois, j'essayais juste de profiter des filles. On s'est amusée, mais à chaque fois j'étais uniquement avec elles et Brad et Steven. »
Il ne dit rien pendant une minute environ, comme s'il soupesait mes paroles.
« Tu n'as pas à te justifier, Liz. Tu as été assez claire quant à tes projets… »
« Edward… »
Il posa son index sur ma bouche et je frissonnai sans trop être sûre des causes.
« Je suis quand même soulagé par ce que tu me dis. » Je fronçai les sourcils. « Je suis jaloux. »
Je restai interdite quelques secondes puis souris doucement.
« C'est un bon début. »
Il passa une main sur ma joue en une légère caresse puis il s'écarta avec un demi-sourire en coin.
« J'imagine. »
Nous restâmes silencieux un moment alors que la nuit tombait plus sûrement autour de nous.
« Tes parents ne vont rien dire que tu sois ici ? »
Je le regardai du coin de l'œil et vis qu'il souriait, entendu.
« Je n'ai toujours pas le droit de voir de garçons. »
« Et tu es ici… »
« Tu sais que je mens mieux aujourd'hui qu'à l''époque. »
« Qui es-tu censée voir alors ? »
« Rose. »
Son téléphone vibra deux fois avant de s'arrêter. Il ne fit pas un geste pour vérifier qui avait envoyé un message.
« Qui est-ce d'après toi ? »
« Tu veux parier que c'est Alice ? »
« Ca pourrait être Rose aussi. » Souris-je.
« Pas faux. » Il sortit le portable. « J'ai gagné. C'est pour nous rappeler qu'il reste un peu moins de deux mois avant ton anniversaire. »
« Laisse-moi deviner. Elle veut savoir ce qu'on fait en attendant ? »
Il leva les yeux sur moi, amusé.
« Oui. »
« Je n'ai pas de réponses. »
« Tu veux que je te morde. »
« Edward, si tu ne veux pas… »
« Non. Enfin, si. Mais…Comme tu disais, il va falloir qu'on se réhabitue à se voir et… »
« A se toucher. » Finis-je pour lui en acquiesçant.
J'inspirai à fond et pris mon temps pour relâcher tout l'air de mes poumons.
« Je le veux. Je suis prête à souffrir la morsure et la transformation pour ne pas subir encore la réincarnation. »
« Ca sera pire qu'un coup de couteau, Liz. »
« Je sais. Mais je m'en sens capable. »
« D'accord. Au pire, il nous reste presque deux mois. »
« Oui. »
Ce fut au tour de mon téléphone de vibrer m'indiquant le message de mon père : « Que fais-tu ? ». Je soupirai mais je devais y aller si je voulais être plus ou moins libre de mes mouvements par la suite.
« Désolée… »Je désignai mon portable.
« Vas-y. » Sourit-il tendrement.
J'acquiesçai et commençai à m'éloigner.
« Oh ! Quand nous revoyons-nous ? »
Il eut un plus grand sourire qui atteignit ses yeux.
« Quand veux-tu ? »
« Je dois préparer l'anniversaire d'April dans les prochains jours…Mais je pense que demain ça serait possible… » Je me sentis rougir.
« Ils prévoient du soleil demain. On pourrait aller sur les lacs. »
« Excellente idée. »
Il acquiesça à son tour et je sentis son regard dans mon dos alors que je retournai à ma voiture. Les mains tremblantes je parvins à démarrer le moteur pour quitter le parc.
Etait-ce une bonne idée de retrouver Edward aussi tôt ?
Mais nous n'avions que deux mois. Je n'avais que deux mois pour m'habituer ne serait-ce qu'à avoir sa main sur mon bras. Après tout, ça serait ses lèvres le jour de mon anniversaire…
OoOoOoO
POV Edward
« Non mais, vieux, vous ne comptez même pas…Recommencer ? »
Emmett devenait vraiment lourd depuis qu'Esmée avait eu la mauvaise idée d'inviter Liz à la maison pour déjeuner le week-end dernier. D'accord, Liz et moi nous revoyions depuis plusieurs semaines assez régulièrement…Presque tous les jours…Mais il n'y avait rien. Nous avions retrouvé un lien particulier, certes, mais ce n'était qu'une amitié, une complicité…Rien de sexuel comme mon 'frère' le sous-entendait dès qu'il me voyait.
« Emmett, si je dis 'non' en chinois, ça t'aidera à comprendre ? »
« Tu ne sais pas parler chinois. »
« Non mais je pourrai bien apprendre si ça te permet de me lâcher la grappe. »
« Oh ! Sujet sensible ! » Ricana-t-il en me poursuivant jusqu'à ma voiture.
« Non ce n'est pas sensible, Emmett. Simplement, Liz et moi ne sommes pas comme Rose et toi ! »
« Oh ! » Il mit une main sur son cœur avec une grimace qui devait sûrement imité la douleur. « Tu me fends le cœur, mon frère ! »
Je secouai la tête et m'installai au volant sans un mot de plus. Il se déciderait bien à m'oublier, non ?
Alors que je quittai la villa, il fit mine d'embrasser goulument une femme lovée dans ses bras. Non, il ne m'oublierait pas…
En quelques minutes, je parvins au lieu de rendez-vous et garai la voiture devant le chalet. Ce n'était pas, comme se l'imaginait Emmett, le lieu et ses souvenirs qui nous ramenaient ici, mais l'éloignement des routes et la tranquillité du cadre. Liz arriva une minute après moi et comme depuis quelques temps, je ne pouvais remarquer que sa tenue –un simple jean et une chemise large, en l'occurrence-. Je me détachai de ma contemplation pour me concentrer sur son air triste.
« Que s'est-il passé ? »
« Rien. Je ne vais pas pouvoir rester aussi longtemps que d'habitude, c'est tout. » Affirma-t-elle en ouvrant la porte en bois.
Je me retins de grogner de frustration à ne pouvoir lire ses pensées mais je ne pouvais pas la forcer à quoi que ce soit…
« Comment s'est passé l'anniversaire de ta mère ? » Interrogeai-je en la voyant revenir du coin cuisine avec un jus de fruit dans la main.
« Sympa mais ils ont…Un peu abusé hier soir. » Elle rougit et avant que je ne pose une autre question je remarquai son regard entendu.
« Oh ! Je connais… »
« Je te plains ! D'habitude ils sont plus…Discrets. »
Elle s'assit en grimaçant. Je m'installai non loin et étudiai son visage tourné vers la cheminée éteinte.
« C'est pour ça que tu as l'air si triste ? »
Elle ébaucha un sourire et je le gravai dans mon esprit avec empressement. Plus ça allait et plus nous étions à l'aise malgré quelques accrochages. C'était bon signe.
« April tient absolument à faire une fête pour mon anniversaire. »
« Le soir du 13. » Devinai-je.
« Et elle refuse d'entendre mes arguments. Elle n'aime pas l'idée que je sois transformée. »
« Elle n'aime surtout pas que ça soit moi qui le fasses. »
Elle se tourna franchement vers moi, une jambe sous les fesses, mordillant sa lèvre inférieure.
« Je peux la comprendre. Mais j'ai fait mon choix…Je suis une vraie girouette, tu es sûre de vouloir avoir ma transformation sur la conscience ? »
« Je préfère ta transformation à ta disparition. »
Je ne résistai pas à l'envie de passer une mèche de ses cheveux derrière son oreille gauche. Liz pencha la tête pour coincer ma main entre son épaule et sa joue. Elle sourit, déclenchant le mien. Ça faisait tellement de bien de pouvoir la sentir si proche. Son pouls battait contre ma main. Son souffle glissait sur mon bras. Son regard était plongé dans le mien et il me semblait distinguer les sentiments qui se mêlaient en elle. Ce qu'il s'était passé avant Noël était un obstacle de taille qui ne pouvait se surmonter comme ça, nous en avions conscience, mais nous savions que nous ne voulions pas sa disparition une fois de plus. Des compromis devaient être faits pour nous laisser le temps d'arranger les choses définitivement.
« Que comptes-tu faire pour April ? »
« Je n'en sais rien. Mais peut-être que je pourrai la convaincre de faire sa fête la veille. »
« Tu crois qu'elle acceptera ? »
« Elle a intérêt ! Surtout que si la transformation réussit, je ne serais pas disponible avant un moment. »
« Plusieurs mois. » Confirmai-je.
« D'ailleurs, vous avez déjà prévu comment ça allait se passer ? »
« Les détails sont à peaufiner, mais on irait sûrement quelque part en Alaska. » Liz se rapprocha, sa jambe sur le canapé touchant ma cuisse. Je serrai les mâchoires et repris. « Tu sais quoi dire à tes parents pour le 13 ? »
« Je leur dirai qu'April m'invite à une soirée pyjama. »
« Tu es une menteuse professionnelle alors. » Souris-je en m'approchant à mon tour.
« Hey ! Tu parles d'un compliment, toi ! » Elle me frappa sur le torse en riant.
J'attrapai sa main et l'amenai à ma bouche pour l'embrasser. Liz s'immobilisa mais je savais que ce n'était plus la peur qui la guidait. Au contraire, je savais qu'elle appréciait de mieux en mieux nos rencontres. Son cœur s'affola dans sa poitrine alors que mes lèvres glissaient jusqu'à son poignet, mes yeux dans les siens.
« Tu as raison…Je suis désolé…Je te demande pardon… »Dis-je en remontant lentement sur son bras jusqu'à son épaule.
Lorsque je fus près de son visage, Liz posa une main sur ma joue. Je m'arrêtai et scrutai son regard noisette.
« Edward… »
Son souffle balaya mes lèvres et je calmai la sensation qui grandissait en moi. Je devais la laisser aller à son rythme. Je ne pouvais pas demander plus que ce que j'avais déjà.
Alors que je la voyais déjà se rapprocher pour m'embrasser, elle s'écarta avec un soupir où perçaient l'angoisse et le désir. Je repris ma place de l'autre côté du canapé.
Je ne pouvais pas demander plus que ce que j'avais déjà.
Partant quelques jours en voyage, je ne posterai pas avant mon retour. Lundi ou mardi prochain. Profitez-bien.
Bon courage aux bacheliers.
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