Maudite

Bonjour !

En ce premier juillet, que diriez-vous d'un nouveau chapitre ?

Ca vous plaît ?

Sortez les mouchoirs alors ! !

Je vous remercie tous pour vos reviews, vous êtes géniaux et vous savez que c'est grâce à vous que je continue de publier.

Je remercier ma relectrice préférée acheroniastyx et ma jumelle.

Merci à ma BSC et Demoisel, sans vous j'aurais peut-être pas écrit les choses de la même manière^^

Bonne lecture.

Chapitre 19- Dix-huit ans

POV Edward

« Je n'ai pas beaucoup de temps, April veut absolument que nous fassions les boutiques avant ce soir. »

Je souris au téléphone en imaginant que Liz pouvait me voir.

« Cette soirée est importante pour elle. » Relativisai-je.

« Je sais. » Elle soupira à l'autre bout du fil et je sentis sa détresse.

« Liz, dans quatre jours tout sera réglé et on se débrouillera pour le lui faire savoir. » Promis-je.

« J'ai peur, Edward. »

Je m'immobilisai dans les escaliers conduisant à ma chambre.

« Tu doutes de la transformation ? »

« Non ! J'ai peur de ne pas me reconnaître…De ne pas me retrouver et de vous faire plus de mal encore. »

Je fermai les yeux. Elle pensait encore aux autres !

« Tout va bien se passer. Nous avons l'habitude, je dirai. Et puis, tu ne pourras pas être pire qu'Emmett. » Tentai-je pour alléger l'atmosphère.

Au rez-de-chaussée, j'entendis vaguement l'intéressé se plaindre et grommeler en appelant à la vengeance. Je l'ignorai pour me concentrer sur le rire de Liz.

« Il faudra me raconter. »

« Bien sûr ! Je suis persuadé que Rose en aura de bien plus belles que moi, d'ailleurs. » Affirmai-je en reprenant le chemin vers ma chambre.

« Où est-ce qu'on se retrouve demain ? »

« Tu ne veux vraiment rien dire à tes parents ? »

« Non. Comment leur expliquer ? J'aime autant ne rien dire et…Aviser par la suite. »

« Je peux passer te chercher avant leur retour, alors. »

« D'accord. Ma mère sera là vers 18h. »

« Je viens avant. »

Le silence à la fois plein d'espoir et de doute s'installa plus encore au point que je crus qu'elle allait tout annuler.

« Dis à Alice que je ne veux pas de fête. »

Le son de sa voix me surprit presque. Je grimaçai avant de me rendre compte qu'elle ne pouvait pas la voir.

« Euh…Tu tolèreras bien un gâteau et… »

« Je vais la tuer. » Grinça-t-elle.

« Désolée. Je la tiendrai si tu veux. »

« Merci. »

Et elle rit encore.

« Elle doit être en train de cogiter à fond pour nous le faire payer. » Parvint-elle à dire entre deux fous rires.

« Je peux t'assurer qu'elle fait tout pour, oui. Elle chante la Marseillaise alors… »

« L'heure est grave. »

Je ne retins pas un sourire et nous rigolâmes un peu plus avant qu'elle ne soit obligée de raccrocher.

« A demain. Et…Edward, merci. »

« Je t'en prie, Liz. A demain et essaie de profiter de cette soirée. »

« Moui… »

Je regardai mon portable encore un instant. Demain. Demain Liz fêterait ses dix-huit ans et nous tenterions de la transformer. C'était irréaliste et tellement évident en même temps !

« Elle aura un gâteau, des cadeaux et elle devra danser ! » Me prévint Alice en entrant dans ma chambre. « Toi, tu devras la reconquérir et tout faire pour qu'elle reste avec nous à son réveil ! » Finit-elle en posant un doigt sur mon torse.

« C'était bien dans mes projets. » Affirmai-je en soutenant son regard.

Elle eut un grand sourire et je captai malgré elle la vision qui lui apparaissait : Liz et moi nous embrassions avec une fougue certaine.

Je détournai les yeux tant pour rompre le contact visuel que pour sortir de ses pensées.

« Ca va être fabuleux ! » Chantonna-t-elle en bondissant dans mon dressing.

Je l'entendis réfléchir à la tenue que j'allais devoir mettre le lendemain soir alors que Carlisle rentrait de l'hôpital. Je descendis le retrouver dans son bureau. Il me parut las je fronçai les sourcils.

« Dure journée ? »

« Un bébé mort-né. » Il passa une main lasse sur son visage puis se composa un air impassible. « Des nouvelles de ton côté ? »

« Je vais chercher Liz demain soir avant que ses parents ne rentrent. »

Je m'assis face à son bureau.

« Ca n'a pas l'air de te plaire. »

« C'est juste que je sais que ça ne lui plait pas de leur mentir sur son avenir comme ça. »

« Si tout se passe bien, elle pourra les rassurer bientôt. »

« Oui. »

Carlisle se posa sur le fauteuil près de moi.

« Qu'y a-t-il, Edward ? »

« J'ai peur de ne pas être capable de m'arrêter. »

« Liz est ta tua cantante, certes, mais tu sauras t'arrêter. Tu trouveras le moment exact. »

« Comment ? » Insistai-je.

Il me regarda en face, étudiant mon visage et mes questions.

« Lorsque tu croiras ne plus pouvoir t'en détacher, tu redeviendras lucide un quart de seconde largement suffisant pour réaliser et t'arrêter. »

« Et si ce moment ne venait pas, Carlisle ? Je veux la protéger mais… »

« Il viendra, Edward. Il viendra. » Il posa une main sur mon épaule. « Liz a confiance en toi et nous savons tous que tu ne perdras pas le contrôle. Il te suffit de t'en souvenir lorsque tu la mordras. »

Je hochai la tête doucement. Au bout de quelques secondes, mes 'frères' vinrent frapper à la porte. Carlisle les autorisa à entrer et me sourit.

« Tu seras d'autant plus sous contrôle en t'étant nourri. »

« Ouep parce que ça ferait tâche que tu la vides ! »

« Em ! » Grogna Jasper en lui donnant une tape derrière la tête.

Quoi ? J'ai raison, et tu le sais ! Se défendit-il.

J'acquiesçai en guise de réponse et me retrouvai bientôt à courir avec eux vers notre terrain de prédilection pour la chasse. Nous ralentîmes, chacun à l'affût d'une proie.

« Hey ! » Se plaignit Emmett en me voyant aller dans la direction où il avait justement trouvé la sienne.

Je souris et bifurquai au dernier moment pour prendre à revers la proie que j'avais détectée juste après lui. Emmett se jeta sur la sienne en grognant à mon encontre. Je fermai bientôt mon esprit en approchant de l'animal. Un cerf. Ça ferait l'affaire pour l'instant.

« Si tu recommences ton cirque, je t'arrache un bras. » Menaça mon 'frère' alors que je finissais de boire.

« Si on ne peut plus s'amuser ! » Fis-je avec emphase en me relevant.

« Il n'y a qu'Em qui puisse s'amuser, Edward, tu le sais bien. » Intervint Jasper.

« Ah ! Vous voulez vous la jouer comme ça ? Et bien, prenez garde à vos victimes, les gars, parce que je vous ai à l'œil ! »

Et il disparut comme un boulet de canon.

Jasper secoua la tête et frappa sa main contre la mienne. Débile et puéril, mais tellement agréable ! Nous reprîmes chacun notre course à travers les bois pour dénicher notre repas.

Une fois ou deux, Emmett me passa devant ou me bouscula sciemment pour me ralentir et surtout faire fuir les animaux. Au bout de la troisième fois, il ne fut plus assez malin pour me cacher ses pensées et je l'entendis arriver. Je cherchai l'odeur qui avait pu l'intéresser et me précipitai dans sa direction. En quelques secondes, je l'avais dépassé en lui jetant un coup d'œil par-dessus l'épaule. Il m'insulta copieusement dans ses pensées et accéléra pour me rejoindre.

Apparemment, il n'était plus vraiment question de chasser mais plutôt de faire la course…

Jasper s'incrusta et nous nous chamaillions bientôt comme des gamins en nous projetant contre des arbres innocents ou nous roulant dans la boue et l'herbe pour prendre le dessus sur l'autre.

Sans vraiment nous en apercevoir, nous atterrîmes près des lacs et par chance la pluie avait gardé les humains loin des chalets. Conscients du champ libre, nous ne nous arrêtâmes que lorsque nous fûmes tous les trois dans l'eau, projetés les uns par les autres du haut des rochers. Emmett fut le premier à rendre les armes : à force de se tenir les côtes en riant, il ne parvenait plus à repousser nos assauts.

« Bon sang, Em, t'es barje ! » M'exclamai-je en nageant vers le bord.

« Dit celui qui m'a cherché ! »

« TU m'as cherché » Rappelai-je en insistant sur le sujet.

« Pauvre petite chochotte incapable de se garder sa nourriture pour lui ! » Se moqua-t-il et je grognai en me tournant vers lui.

Jasper s'éloigna, les mains tendues en signe de reddition. Je l'ignorai et me propulsai vers mon autre 'frère' qui éclatait de rire en faisant de même vers moi. Le choc fut terrible, une vague énorme naquit de nos corps et remonta jusqu'à la rive. Jasper fut submergé et cracha la tasse qu'il avait avalée alors qu'Em et moi nous battions pour enfoncer la tête de l'autre dans l'eau.

Soudain, Emmett et moi nous retrouvâmes tous les deux attirés par le fond. Je me débattis avant de capter les pensées amusées de Jasper il se vengeait. Lorsque nous touchâmes le fond, il nous fit un grand sourire et se laissa remonter tranquillement.

T'y comprends quelque chose ? M'interrogea Emmett.

En guise de réponse, je lui indiquai de remonter. Il acquiesça et à peine nos têtes furent-elles à la surface, Jasper s'expliqua.

« C'est bon l'eau ? »

« Je sais pas, j'ai fermé la bouche. » Emmett haussa les épaules.

« Et bah je peux vous dire que non ! Alors la prochaine fois que vous voulez faire une vague, faites en sorte que je ne sois pas dans les environs. » Grogna-t-il en passant une main dans ses cheveux trempés.

« Oui, Jazz, pardonne-nous. » Souris-je avec un clin d'œil à Emmett.

« Notre cher Jazz, pardonne-nous ! » Fit-il en tentant de s'incliner.

« Vous vous foutez de moi ! Je comprends pourquoi Alice devient folle quand vous le faites ! »

« Oh oui, notre cher Jazz, nous sommes de bien mauvais serviteurs ! » Insistai-je.

« Toi, t'es mort ! » Il me pointa du doigt avec un air menaçant.

J'acquiesçai avec un sourire débile et il maugréa en retournant vers le bord. Emmett éclata de rire en entendant les tortures dont Jasper parlait mais nous sortîmes tous de l'eau, dégoulinants, les vêtements collés à notre peau.

« Ce sont les filles qui vont adorer nous voir rentrer comme ça ! » Affirma Emmett en passant une main sur son t-shirt.

Bien sûr, la manœuvre faisait ressortir ses pectoraux. J'imaginais tout à fait la réaction des filles en nous voyant ainsi…Je souris tristement en pensant à Liz et sa réaction. Je savais qu'elle ne se jetterait pas sur moi comme le fit Rose sur Emmett à notre retour.

Je laissai mes 'frères et sœurs' se retrouver et me dirigeai plutôt dans ma salle de bain pour me changer. En voyant l'heure, je réalisai que la soirée d'anniversaire de Liz devait déjà avoir commencé.

Je ne pris pas le temps de réfléchir à ma décision. Je me douchai, m'habillai et filai le tout en moins de dix minutes jusque chez April où la fête se déroulait. Avant même d'atteindre l'arbre idéal pour les observer de loin, j'entendis les basses de leur musique se mêler aux battements de cœurs. C'était comme si l'un et l'autre s'encourageaient à battre toujours plus fort et plus rapidement.

Je scannai les esprits. Des lycéens accueillaient des étudiants à la porte. Je reconnus Jonathan, un ami de Garrett, accompagné d'une bande de copains. D'autres étaient déjà dans le salon et chahutaient autour de Liz et ses meilleures amies. Je serrai les poings en entendant certaines pensées pas catholiques du tout envers les filles mais fus rassuré de voir Garrett prendre les choses en main.

« Dégagez les mecs, vous ne voyez pas que vous nous dérangez ? »

Certes, il devait exister une autre manière d'éloigner ces étudiants, surtout au vu de leurs réactions, mais Garrett avait le mérite de savoir veiller sur elles.

« Oh allez ! Joue pas ton mâle alpha qui partage pas son harem ! » Le bouscula l'un d'eux.

« Quoi ? ! »

Garrett se redressa, le regard véritablement effrayant.

« Garrett, laisse tomber. » Soupira Liz en lui attrapant le poignet.

Il baissa les yeux sur elle. A travers ses pensées, je pus voir le jean blanc accordé au débardeur de la même couleur par-dessus lequel le rouge du cache cœur faisait ressortir le léger maquillage qu'elle portait. Elle était magnifique malgré la simplicité de sa tenue. Ses cheveux ramenés sur une épaule libéraient sa nuque et créaient des images plus qu'explicites dans la tête des garçons présents. Toutefois, dans son regard noisette, une lueur de chagrin brillait faiblement comme si Liz était à deux doigts de parvenir à la cacher totalement.

« Excuse-toi. » Exigea Garrett en reprenant le fil des conversations.

Il releva les yeux sur ses homologues le poing serré.

« Ok ! On n'a rien dit. »

Et ils s'éloignèrent. Je restai dans l'esprit de Garrett alors qu'il se rasseyait.

« Regarde-moi un peu ce preux chevalier qui vient au secours de notre réputation ! » S'amusa sa sœur en donnant un coup de coude à Liz.

« C'est toi qui as annoncé qu'une grande fête se déroulerait ici. » Lui rappela l'intéressée avec un clin d'œil.

« Hey ! C'est ma faute, c'est ça que tu es en train de dire ? » Fit-elle semblant de s'outrer.

« Peut-être bien, oui. »

« Ah tu le prends comme ça ! »

April fit mine de se lever mais Liz la rattrapa et heureusement qu'elles étaient déjà au sol car la chute aurait été plus dangereuse. April se retrouva à califourchon sur Liz et elles éclatèrent de rire alors que certains lançaient déjà « Baston ! » pour couvrir la musique. Les filles se regardèrent en rougissant mais parvinrent à se relever.

« Ca vous apprendra à vous foutre de moi ! » Rit Garrett en s'éloignant par peur des retombées.

Je quittai ses pensées et tout en captant celles des autres, je pus entendre ce qu'il se passait du côté des filles. Elles rejoignirent les autres sur la piste de danse et à la manière dont elles dansaient, je pouvais lire l'espoir que les choses s'arrangent pour Liz.

La fête s'arrêta tôt le lendemain matin. Beaucoup s'endormirent à même le sol, d'autres étaient parvenus à rejoindre l'étage mais April et Liz discutaient encore, une cigarette à la main, sur les marches du perron. Je ne les voyais pas mais je lisais les pensées d'April. J'y reconnus le chagrin que j'avais vu dans les yeux de Liz grâce à l'esprit de Garrett.

Liz posa la tête sur l'épaule d'April en soupirant. Son amie lui passa un bras autour des épaules.

« Je ne veux pas que tu partes. » Avoua-t-elle.

« Je ne pars pas longtemps. Dans quelques jours je pourrai t'appeler, ou Edward le fera, et nous pourrons nous revoir dans quelques mois. » Liz se redressa pour regarder son amie dans les yeux. « Si tu le veux. »

April détourna le regard mais je savais qu'elle ne pouvait pas refuser. Liz était sa meilleure amie et malgré les frayeurs causées par les deux vampires avant Noël, elle ne pouvait pas supporter de ne plus la revoir.

« Tu as intérêt à rappliquer rapidement sinon tu connaîtras mon courroux. »

Liz sourit et acquiesça.

« C'est promis. »

Elles se regardèrent encore un moment en silence, puis elles se décidèrent à monter se coucher. Avant de partir, j'attendis de les savoir allongées. April était déjà sous les couvertures lorsque Liz se posta à la fenêtre et je sus qu'elle me cherchait. Je bougeai doucement au bout de ma branche et elle croisa mon regard. Son sourire atteignit ses yeux et je hochai la tête en signe de complicité.

« Lizzie, tu fais quoi ? »

La voix endormie d'April rompit le charme qui s'installait. Liz baissa la tête et rabattit le rideau.

« Rien, j'avais cru voir quelque chose, mais il n'y a rien. » Expliqua-t-elle en passant sous les draps.

Si, il y avait quelque chose. Elle m'avait 'senti'. Notre lien était reconstruit et elle le savait. Je descendis de mon perchoir en laissant la maison endormie derrière moi. Plus que quelques heures et je la retrouverai.

OoOoOoO

Liz était habillée lorsque je frappais à sa porte en cette fin d'après-midi. Il était dix-sept heures. Je n'avais pas pu attendre plus longtemps. Et puis, devais-je l'avouer, je ne supportais plus les délires de ma 'fratrie'. Ils inventaient tous des choses plus loufoques les unes que les autres pour les siècles à venir.

Mais lorsque je vis Liz en train de retenir ses larmes, je me précipitai à l'intérieur et osai la serrer dans mes bras. Elle cala la tête sur mon épaule, ses bras se rejoignant dans mon dos.

« Ca va aller, je te le promets. » Murmurai-je en reculant vers le salon.

Je nous fis asseoir sur le canapé. Liz se blottit contre moi, une main accrochée à ma chemise.

« Je suis… » Tenta-t-elle mais je resserrai mon étreinte pour la faire taire.

Elle n'était pas prête. Et je pouvais le comprendre. Egoïstement, je n'avais pas écouté ses craintes !

« Nous pouvons encore annuler. » Commençai-je alors que ses sanglots se faisaient plus rares.

« Non. Edward, j'ai… » Elle se redressa en essuyant ses joues. « J'ai simplement écrit une lettre pour mes parents et pour April aussi. C'est…Tu sais, au cas où… » Elle inspira à fond. « Au cas où je ne puisse jamais les revoir. »

« Tu les reverras, Liz. Tu ne seras pas nouveau-né tout le temps. » Promis-je en prenant son visage en coupe.

« Tu dois me trouver ridicule. »

« Jamais. Surtout pas à ce propos, Liz. C'est ta vie entière qui va changer maintenant…J'attendais que tu craques, justement. »

« Tu veux toujours t'en charger ? » Dit-elle d'une toute petite voix.

« Oui, Liz. » Affirmai-je en plongeant dans son regard noisette.

Elle acquiesça et passa une main dans ma nuque ses doigts se mêlèrent à mes cheveux.

« Merci. »

Je savais que ses remerciements ne portaient pas uniquement sur ma promesse mais aussi sur ma présence. Je souris et déposai un baiser sur la peau nue de son bras.

« Es-tu prête ? »

« Oui. Je ne veux rien emporter pour le moment. »

« D'accord. »

Nous nous relevâmes et sa main glissa dans la mienne. Nos doigts entrecroisés, elle s'arrêta pour prendre les enveloppes comportant ses messages et me laissa la guider à ma voiture. Je lui ouvris sa portière, m'installai au volant et m'autorisai seulement à remarquer le chemisier bleu nuit qu'elle portait et qui relevait sa poitrine. Mon regard se porta sur le jean slim noir et ses vieilles converses. Je souris en imaginant la crise d'Alice en la voyant ainsi. Ma 'sœur' lui aurait sûrement trouvé d'autres chaussures. Avec des talons, de préférence.

En engageant la voiture sur la rue principale je m'effrayais tout seul. Depuis quand je m'intéressais donc à ce point à la mode ? !

Heureusement que nous arrivions bientôt, je n'étais pas sûr de pouvoir tolérer mes pensées encore longtemps.

Ah ! Tu dois bien avouer que tu aurais préféré la voir avec des petites sandales à talons que ces immondes converses puantes !

« Elles ne puent pas. » Défendis-je les accusées aussi bas que possible alors que Liz avait droit à un accueil des plus chaleureux.

Alice l'enlaça fermement, Emmett la fit tourner dans ses bras. Esmée lui prit les mains et l'entraîna à sa suite dans la maison. Rosalie resta en arrière, la tête baissée et si je n'avais pas pu lire dans ses pensées j'aurais pu croire qu'elle était repentante. En réalité, elle se retenait de s'écrier que nous n'avions pas le droit de faire ça à Liz.

Elle mérite mieux que ça ! S'insurgea-t-elle en sentant mon regard.

« Alors, Lizzie, qu'as-tu reçu de tes parents ? » S'enthousiasma Emmett en s'asseyant face à elle sur la table basse.

Triple idiot !

Alice avait raison. Comment Liz avait-elle pu voir ses parents en ne rentrant que dans la journée de la fête d'anniversaire ?

« Je ne sais pas, je n'ai pas ouvert les cadeaux même si je sais où ils sont rangés. Ils devaient vouloir me les donner ce soir avant que je parte chez April, selon eux. »

Elle passa une mèche de cheveux derrière son oreille et je me retins de la serrer dans mes bras pour l'emmener loin.

« Tant mieux ! Il n'y aura pas de concurrence alors entre eux et nous ! » Se ragaillardit mon 'frère'.

Sa lèvre inférieure prise entre ses dents, Liz tenta un sourire.

« Et voilà, tu as gâché la soirée, Em ! » L'accusa Alice en venant s'asseoir de l'autre côté de Liz. « Ne t'en fais pas, nous n'avons rien prévu du tout, finalement. A part peut-être une photo ou deux et… »Elle me jeta un regard entendu. « Une surprise ou deux. »

Je levai les yeux au ciel devant tant de suspense.

« Je n'aime pas les surprises, Alice. »

« Je sais ! Mais je les adore suffisamment pour deux ! »

Alice claqua une bise sur la joue de Liz et l'entraîna tout de suite vers le tas de paquets cadeaux. Liz se plia aux volontés de ma 'sœur' : ouvrir les paquets, poser avec les cadeaux ouverts, embrasser l'émetteur. Et ce, jusqu'à l'ouverture du dernier cadeau, le mien.

Je la vis froncer les sourcils je m'approchai pour lui expliquer ce dont il s'agissait.

« Je joue du piano, tu te souviens ? »Elle acquiesça alors je repris. « Je veux jouer pour toi. »

Elle tourna la tête vers moi son sourire resplendissait de bonheur.

« Maintenant ? »

« Si tu veux oui. »

Elle hocha vivement de la tête et nous passâmes dans la pièce d'à côté où se trouvait l'imposant instrument. Je lui fis signe de s'installer près de moi et commençai doucement à jouer. Sans vraiment réfléchir, je commençais par sa berceuse, c'était comme un « bonjour, bienvenue à la maison ». Je sentais sa présence à un centimètre de moi et me laissai emporter par les diverses créations que j'avais faites pendant toutes ces années. Celles qui débordaient de douleur et d'incompréhension s'éloignèrent pour appeler les nouvelles pleines d'espoir, d'amour et pourtant envahies de doutes. C'était là mes excuses pour tout ce qu'il s'était passé et mon besoin de m'appuyer sur notre passé pour construire notre avenir.

Je soufflai l'air inutile entré dans mes poumons comme pour libérer une autre part de moi alors que ma musique s'éteignait. De son côté, Liz reprenait une grande inspiration pour rassembler ses idées. Lorsqu'elle leva les yeux vers moi, elle retenait difficilement ses larmes.

« C'était magnifique. » Murmura-t-elle semblant regretter d'avoir à rompre le silence empli de nos sentiments.

Dans ses yeux, je lisais la peur et le courage qui l'habitaient. Je posai une main sur la sienne.

« Merci. »

Liz posa la tête sur mon épaule, je passai un bras autour de sa taille et embrassai son front. Son cœur battait vite et faiblement à la fois. Son visage était pâle et pourtant plein de vie. Lorsqu'un soupir quitta ses lèvres, je fermai les yeux. L'espoir flottait autour de nous, autant que les craintes. Nous ne voulions pas être séparés encore. Nous voulions réussir le défi que nous nous étions lancés…

« Emmène-moi dans ta chambre. »Demanda-t-elle en soudant son regard au mien.

Je tentai un sourire rassurant et la pris dans mes bras. Elle ne fit pas de gestes contre cette position. Nous plongeâmes dans le regard de l'autre. J'y lus qu'elle pensait la même chose que moi. C'était sa place, dans mes bras. Elle devait se trouver là. Pourquoi risquait-elle de ne pas y être demain ?

Je rejoignis rapidement ma chambre, refermai la porte d'un coup de pied et déposai Liz sur le lit. Ses bras quittèrent mon cou, ses joues humides de larmes silencieuses. Je ne dis rien me contentant de l'attirer contre moi.

Le silence régnait dans la maison tout le monde retenait son souffle.

Liz attrapa une de mes mains et l'entrelaça à la sienne sur mon torse. Son pouce y dessina des petits cercles. Elle cherchait à s'occuper. Je la serrai contre moi un petit peu plus. Sa tête se cala parfaitement dans mon cou. Je sentis son souffle contre ma peau.

« Quand comptes-tu… »

Elle n'avait pas besoin de finir sa phrase. J'inspirai à fond, je voulais conserver son parfum, encore.

« Avec Carlisle, nous avons pensé que le faire vers vingt-deux heures serait préférable. » Expliquai-je lentement.

Elle acquiesça.

« Avant la nouvelle journée. »

« Oui. »

Je baissai les yeux sur elle. Elle se mordillait la lèvre inférieure.

« Je ferai vite, Liz. »

« Je sais. »

Elle sourit, appuyant son visage sur ma main qui la caressait.

Son regard quitta le mien et je vis le pli sur son front.

« A quoi tu penses ? »

Elle tourna les yeux vers moi avant de fixer un point dans le vide.

« Appelle April demain quand…Ca aura commencé. Pour la rassurer. »

Je ne savais pas quoi dire. Que dire dans un tel moment ? Il se pouvait que dans moins de six heures celle que j'aimais disparaisse encore sous mes yeux sans que je puisse faire quoi que ce soit pour l'empêcher.

Je la serrai contre moi et m'efforçai de lui transmettre tout ce que je ne pouvais dire. Mes lèvres glissèrent lentement vers les siennes. J'avais peur de sa réaction mais j'avais besoin de la sentir aussi proche. Nos doigts dessinèrent les traits de l'autre comme pour les graver dans nos mémoires. Je ne pouvais pas la laisser partir cette fois, une fois m'avait suffi.

Liz gémit contre ma bouche et je sentis son corps se mouler au mien. Tant de choses s'étaient passées que je n'aurais jamais imaginé une telle réponse de sa part. Avant que je puisse m'écarter pour l'interroger, mes mains l'attirèrent encore plus, pressant sa poitrine contre mon torse. Son cœur battait à tout rompre dans son corps et résonnait dans le mien.

Je n'aurais pas dû, mais je ne résistais pas à l'envie de l'allonger pour la surplomber. Je la laissai respirer, et lentement, alors que dans ses yeux une lueur de désir grandissait en éclipsant celle de doutes, je m'aventurai dans son cou. Je passai une main dans ses cheveux, Liz pencha la tête en arrière, sa respiration erratique. J'inspirai son parfum, reconnaissant encore les mêmes fragrances. Je savais que je pourrai la retrouver partout, sous n'importe quelle forme. Je la connaissais trop par cœur pour l'oublier ou la louper dorénavant. Ma langue goûta sa peau comme un objet interdit et je m'approchai plus encore de son corps. Nous étions maintenant à deux doigts l'un de l'autre.

Je relevai la tête, le regard de Liz était assombri.

« Je t'aime, Liz. »

« Je sais. Je…Je t'aime, Edward. »

Sa voix trembla alors que je m'efforçais de conserver la mienne normale.

« Je t'aiderai, Liz. Je te le promets. »

Liz hocha la tête. Je la vis déglutir avec difficulté, même si elle voulait être forte. Je posai le front sur le sien.

Liz passa les mains dans ma nuque, j'avais encore l'impression qu'elle voulait se raccrocher à moi. Je roulai sur moi-même et l'attirai dans mes bras, sa tête sur mon torse. Je la maintins serrée, écoutant l'angoisse couler dans ses veines. Je fis des petits cercles apaisants dans le bas de ses reins, embrassai le haut de son crâne.

A ce moment-là, je me trouvai encore perdu dans mes espoirs d'entendre ses pensées. Même si au fond de moi, je savais ce qu'elle pensait. Ses pensées avaient la même teneur que les miennes.

Liz releva la tête. Son regard chercha le réveil, puis revint sur moi. Elle soupira. Dans quelques minutes, j'étais censé mêler mon venin à son sang.

Je l'entendis reprendre sa respiration, comme si elle se rendait compte qu'elle avait arrêté de respirer. Je passai un doigt sur sa joue, caressai son nez puis ses lèvres. Nos regards soudés, nous nous rapprochâmes encore et nous embrassâmes.

Dans ma tête, j'entendais les pensées de ma famille, un fond que je refusai d'écouter avec attention. Je ne voulais que sentir Liz contre moi, son corps vibrant doucement sous mes doigts. Elle bougea et sa chemise libéra un bout de peau sur son ventre. Mes doigts s'y posèrent, la faisant frissonner et gémir en même temps. Liz reprit sa respiration alors que j'explorai doucement son ventre et ses reins. J'avais l'impression de me consumer lentement, mon être brûlant de la sentir encore plus.

Je soupirai et m'écartai un petit peu. J'eus presque froid en sentant l'espace entre nous.

Le silence aida Liz à reprendre une respiration calme et je décidai qu'il était l'heure. Enfin, l'heure bien passée. J'espérai que cela n'aurait pas d'incidences.

« Liz. » Je caressai sa joue et désignai le réveil.

Son cœur reprit sa course folle dans sa poitrine et je vis la peur dans ses pupilles. Je souris, tentant d'être rassurant, puis, lentement, je la fis asseoir, m'asseyant au sol. Elle m'observa intensément et lorsque je pris son poignet, elle m'arrêta.

« Non, Edward. Pas là. »

J'avais peur de comprendre ce qu'elle me demandait.

« Non, Liz. »

C'était à mon tour de montrer ma peur.

« J'ai confiance en toi, Edward. »

Elle sourit, caressant mon visage.

Il y avait des tonnes de raisons pour lesquelles je devais refuser, mais à ce moment précis, je n'en voyais aucune. Je me relevai et me plaçai devant elle. Liz décala ses cheveux pour les poser sur une seule épaule, dégageant ainsi une partie de son cou. Pendant toute la manœuvre, je me refusai à observer la veine qui battait à la base de son cou, m'obstinant à plonger dans son regard noisette.

Je l'embrassai d'abord. Elle était si tendue qu'il me fallut un peu de temps pour la calmer. Je la serrai contre moi, nos corps pressés l'un contre l'autre. L'une de mes mains atteignit ses reins. Lorsqu'elle eut besoin de respirer, je me persuadai que je devais agir. Ça ne servait à rien de vouloir reporter le moment. Lentement, alors que Liz frissonnait entre mes bras, je posai mes lèvres sur son cou. Son parfum m'enivrait. La pulsation contre mes lèvres m'aida à ouvrir la bouche et à mordre dans sa veine.

Le flot de sang me parvint comme par surprise alors que Liz sursautait. Elle enfonça ses doigts dans mes cheveux, j'avais l'impression qu'elle luttait pour m'éloigner et me garder près d'elle en même temps. Je fermai les yeux et avalai les premiers flots. Je me forçai à ne pas aspirer avidement son sang. Un grondement de satisfaction m'échappa et je me rapprochai encore de son corps. Nous ne faisions pratiquement qu'un.

Liz tendit la tête en arrière et le moment de lucidité dont me parlait Carlisle arriva.

A peine m'étais-je écarté que Liz hurlait de douleur. Je remarquai distraitement que nous étions allongés, j'avais dû nous y inciter dans la manœuvre et vis Liz se recroqueviller de douleur. Elle se mordait les lèvres maintenant, grimaçant mais s'empêchant de laisser échapper un autre son.

« Liz, je te demande pardon, Bella… »

Je cherchai à m'installer près d'elle, mais elle s'éloigna comme un animal apeuré. Je tendis une main vers elle, la distance s'agrandissait entre nous et m'était insupportable.

« Bella… Liz…»

Je tombai au pied du lit à quelques pas de la seule femme que j'avais pu aimer. Sa souffrance me traversait de part en part. Ses yeux révulsés m'apprenaient tout ce que je savais déjà. Le venin brûlait ses veines, atteignant lentement son cœur pour faire son œuvre. J'aurais voulu accélérer le temps. Que les trois jours nécessaires ne deviennent plus que des minutes.

Comment avais-je pu accepter une telle situation ? J'aurais dû me battre autrement contre son destin. J'aurais dû refuser de la faire souffrir. Je savais suffisamment à quel point nous avions tous souffert…

Une main se posa sur mon épaule, des voix vibrèrent au-dessus de moi, mais je me refusais à les rejoindre. Je voulais me trouver dans cet espace-temps suspendu jusqu'à ce que Liz se relève. Parce qu'elle allait se relever. Il était hors de question qu'elle disparaisse après avoir vécu une telle expérience. C'était impossible.

« Rejoins-la, Edward. » Murmura Esmée à mon oreille.

Elle serra mon épaule, son regard maternel me couva un instant, puis je compris ce qu'elle attendait de moi. Je me relevai lentement et approchai de Liz.

« Et si jamais elle ne veut pas de moi ? » M'inquiétai-je.

« Elle t'appelle, Edward. Ecoute. » Me rassura Jasper en m'indiquant ma bien-aimée sur le lit.

Ses cheveux étaient raides autour de son visage. Son corps était tendu comme jamais encore il ne l'avait été. Comment était-ce possible ? Pourquoi l'était-ce ?

Je m'allongeai contre elle, son corps sursauta mais son regard se posa comme avec soulagement sur moi.

« Je suis là, Bella. Je ne pars pas. » Promis-je en sachant pertinemment que je mélangeais ses identités.

Je ne pouvais m'en empêcher.

Liz se recroquevilla soudainement contre moi. Ses bras repliés sur elle-même, entre nous. Je la serrai contre moi. Je voulais la rassurer. Je devais la rassurer. Elle n'était pas seule et ne devait pas se sentir seule. Mes lèvres frôlèrent son front et elle grimaça. Le contact ne lui était pas agréable et je me souvenais que ça avait été la même chose pour Emmett.

« Quelle heure est-il ? » Demandai-je au bout d'un moment

« Une heure du matin. » Me répondit Carlisle.

Il était près du lit, je savais qu'il surveillait les réactions de Liz.

Je hochai la tête pour le remercier puis je décidai de fermer les yeux. Cela ne changerait rien à mon état de stress mais je voulais ne me concentrer que sur Liz, dans mes bras. C'était plus facile ainsi.

J'entendis les mouvements de ma famille autour de moi dans la maison. Je sentais Liz frémir à chaque vague de douleur qui la submergeait. Mais elle ne criait plus. Elle ne bougeait plus. C'était comme si ma présence lui permettait de mieux passer cette étape. C'était ainsi que je voulais interpréter ces longues heures…

Puis elle se figea intégralement. Si je n'avais pas pu entendre son cœur battre dans sa poitrine, ni l'air passer dans ses poumons, j'aurais pu croire qu'elle était morte. Son visage devint impassible et plus blanc encore que la mort elle-même.

« Tiens bon, Bella. Tu peux le faire. » Murmurai-je contre son oreille avant d'y déposer un baiser léger.

Carlisle vint voir comment elle se portait et m'annonça que trois heures approchaient. Je cherchai dans son regard ce qui pouvait bien passer dans son esprit, mais il était aussi hermétique que ses pensées. Même si, d'ordinaire, cela me convenait, cette fois-ci, j'avais besoin d'être rassuré…Bella. Liz subissait la transformation et pour le moment cela se passait comme nous en avions l'habitude. Le risque de disparition était passé, n'est-ce pas ?

C'était du moins ce que je voulais croire.

Même lorsque son souffle redevint calme et que ses pieds m'apparurent plus flous qu'ils n'auraient dû.

« Non. Liz. »

Je la serrai contre moi. J'enroulai même une jambe autour des siennes.

« Bella, tu ne peux pas me faire ça, s'il-te-plait. »

Je baisai son front. Elle devait se réveiller. Je devais entendre sa voix et savoir que tout se passait comme nous le voulions.

« Tu restes avec moi, Liz. »

Ma voix déraillait et ma famille s'amassait à la porte.

« Je t'aime Isabella, je n'y arriverai pas. »

Je pris son visage dans mes mains. Je caressai ses joues et ses yeux.

« Je t'aime, Lizbell. »

Son corps se désintégra entre mes bras et elle ouvrit les yeux.

Je souris. Je devais sourire.

Mais son regard était vide.

Du coin de l'œil, je vis son être disparaître lentement.

Je serrai les mâchoires et grondai. Il en était hors de question.

« Tu dois te battre. Je ne les laisserai pas gagner. »

Je répétai cette phrase avec plus de forces. Elle devait l'entendre.

Mais son esprit n'était déjà plus avec moi. Autant que son corps qui s'effaçait près de moi.

Pour disparaitre.

Un lourd silence tomba dans la maison. Même les pensées de ma famille semblaient s'être éteintes.

Je fixai l'oreiller près de moi.

Son odeur était là. Son poids avait même laissé une marque sur le matelas. Bella. Liz. Elle était là. Encore. C'était obligé.

Bella. Liz. Elles avaient été deux aspects d'une seule personne. Ma Bella. La fille de quelqu'un. La fille que j'aimais. Nous n'avions pas compris ce qu'il se passait. Ni dix-huit ans plus tôt ni maintenant, mais j'allais trouver. Il fallait que je trouve. Comme ça, la prochaine fois, je pourrais garder Bella avec moi. Il le fallait.

Des rayons de soleil parurent dans la chambre. Les grains de poussière volèrent et tombèrent au sol, sur les étagères, sur les photos de Bella et de Liz…

Le grondement quitta ma poitrine avant même que je le décide. Je me levai plus vite que j'avais pu penser en être capable. J'entendis à peine Alice crier mon nom, ni ne sentis les bras d'Emmett qui voulaient me retenir.

J'avais à faire.

Alice POV

Je n'avais jamais vu Edward dans cet état. Pas même lors de la première disparition de Bella.

Pendant deux jours, il était resté immobile sur le lit, dans la même position, comme s'il surplombait encore le corps de Liz. Je crois qu'il attendait simplement que les trois jours de transformation soient passés, et que Liz réapparaisse sous sa nouvelle forme. En vampire. Parce que c'était bien ça le but de la manœuvre. Bella. Liz. Elle devait se transformer en vampire parce que nous pensions que cela aiderait.

Mais ça n'avait pas été le cas.

Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi Bella disparaissait-elle ainsi la nuit de ses 18ans ? Comment était-ce même possible ?

D'accord, l'existence des vampires prouvait que tout ce que les gens pensaient n'était pas vrai. Mais la magie. Cette magie-là. Existait-elle réellement ? Et qui la contrôlait ? Pourquoi ?

J'en revenais aux mêmes questions. Sans cesse.

Sans compter que d'autres étaient apparues lorsqu'Edward avait quitté la maison avec toute sa vitesse. Au moment où il était passé devant moi, je m'étais dit que nous voyions enfin ce dont il était vraiment capable. Mais j'avais aussi vu le regard furieux qu'il avait. Et j'avais senti ce que tous captaient au fur et à mesure. Ce n'était plus Edward. Du moins plus celui que nous connaissions. Non. C'était un Edward amoureux et déterminé qui nous passait devant pour atteindre la sortie. Il y avait dans l'air l'odeur de la vengeance et de l'amour blessé.

Cette fois, Edward ne resterait pas à rien faire…Du moins, il n'allait pas chercher à provoquer les Volturi comme la dernière fois.

Non, cette fois il allait faire bien plus que ce qu'il avait fait à l'époque.

Coûte que coûte, dus-je m'avouer en comprenant la vision qui m'arrivait.

Edward trouverait ce qui se passait avec Lizbell, par n'importe quel moyen…

Désolée pour ceux qui pensaient la fiction finie ici, mais mon esprit a décidé que non.

Liz se réincarne. Il me faut donc un nouveau prénom. Des idées ?

Le chapitre 20 va arriver dans la semaine prochaine je pense. J'ai manqué de temps et n'ai que quelques petits morceaux pour le moment. Mais je m'y mets tout de suite quand même.

Bonnes vacances à celles et ceux qui y sont.

Bon courage aux travailleurs.

Bisous Spuffy